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Ouverture, ce soir, des Journées Cinématographiques de Carthage: Au-delà du divertissement, le cinéma une prise de position

 

Par Imen Abderrahmani

 

Avec une sélection dense de documentaires et de fictions venus des quatre coins du monde, les Journées cinématographiques de Carthage (JCC) promettent aux cinéphiles des moments inoubliablesoù chaque film explore à sa manière les strates de la mémoire individuelle et collective.

 

Pour cette 36ᵉ édition, le comité d’organisation, présidé par Tarek Ben Chaabane, a choisi de revenir aux racines et de raviver l’héritage des fondateurs. Fidèles à leur identité, les JCC réaffirment leur engagement envers les causes justes et le cinéma d’auteur. Loin des paillettes, le festival demeure avant tout une idée, un esprit : un regard tourné vers la Palestine qui continue à saigner, vers le Soudan meurtri par la guerre, vers un monde en plein chaos. Mais il reste aussi une lueur d’espoir dans la nuit…

Le rideau se lève, ce soir, sur cette nouvelle édition qui porte les espoirs non seulement des organisateurs mais aussi des cinéphiles (public et professionnels). Une importante sélection de films de haute qualité rythme l’édition qu’il s’agit des sections officielles compétitives ou également d’autres sections (panorama du cinéma tunisien, hommages, focus…).

Pour ce soir, outre la cérémonie officielle d’annonce de démarrage de l’édition et qui dont l’une de ses parties sera une plongée dans l’univers fabuleux de ZiadRahbani, disparu le 26 juillet 2025 à l’âge de 69 ans, le public découvrira « Palestine 36 », un film qui ne cesse de faire parler de lui, depuis sa sortie.

Long-métrage de fiction de 120 mn, le film porte la signature de la scénariste et réalisatrice palestinienne AnnemarieJaciret il réunit une distribution internationale : l’acteur oscarisé Jeremy Irons, la star de « Game of Thrones » Liam Cunningham, l’acteur tunisien Dhafer L’Abidine, ainsi que les talents palestiniens HiamAbbass, Yasmine Al-Massri, Kamel El Basha et Saleh Bakri. Le film revient sur la révolte des agriculteurs en 1936 contre la domination coloniale britannique, mettant en lumière des événements décisifs dans l’histoire de la Palestine et dans sa lutte pour la liberté.

Le film sera projeté également le 14 décembre au Cinémadart-Carthage et à la salle « Le 4ème art », le jeudi 18 décembre. Il sera également à l’affiche de la maison de la culture Sidi Bouali (Sousse) et à la maison de la culture Slimane (Nabeul) et au Complexe culturel Ibn Mandhour à Gafsa et ce dans le cadre de la section « JCC dans les régions ».

La mémoire dépoussiérée

Outre l’hommage rendu au cinéaste et homme de théâtre FadhelJaziri (1948-2025) et Claudia Cardinalefigure légendaire du monde du cinéma, née à Tunis et dont la carrière a traversé six décennies, les JCC mettront en avant la carrière de deux figures de proue cinéma africain, deux artistes qui ont marqué de leurs empreintes, avec leurs œuvres, l’histoire du cinéma africain. Ainsi, le centenaire de la naissance de Paulin SoumanouVieyra (1925-1987), réalisateur béninois de naissance et sénégalais d’adoption, ne passera pas sous silence aux JCC. Une exposition documentaire et une projection d’un bouquet de ses films marquants rythmeront cette 36ème édition. Considéré comme le précurseur du cinéma africain, Vieyra sera raconté aux nouvelles générations de cinéastes africains à travers trois œuvres cultes « C’était il y a 4 ans » (1954), « En résidence surveillée » (1981) et « Vieyra, le précurseur innovant » (2025). Dans ce même ordre d’idée, par reconnaissance au rôle majeur qu’il a joué, les JCC célébreront une autre voix majeure du cinéma africain, le cinéaste malien Souleymane Cissé (1940-2025), considéré comme l’un des pères du cinéma africain. Artiste hors-pair, auteur d’une quinzaine de films, il a été primé à deux reprises aux JCC. La première fois avec son film « Baara » (le travail) qui lui a valu, en 1978, le Tanit d’argent. Alors que la 2ème fois, a été avec « Finyé » (le vent), lauréat en 1982 du Tanit d’or.

Cet hommage rendu à cette figure emblématique du cinéma africain sera marqué par la projection de trois de ses œuvres majeures, à savoir, « Den Muso » (1975),  considéré comme le premier long-métrage de fiction malien, « Finyè » (1982) et « Yeelen » (1987), récompensé par le prix du jury du festival de Cannes en 1987. A ces trois films, s’ajoute un 4ème qui porte la signature de sa fille, la cinéaste FatouCissé, qui présentera à l’occasion son film « Hommage d’une fille à son père » (2022). Une ode d’amour et de reconnaissance où elle se raconte, ouvrant son album de souvenirs, retraçant des moments de l’enfance, la jeunesse et de l’œuvre de Souleymane Cissé, le cinéaste et le père.

 

A suivre !

Imen.A. 

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