Par Chokri Baccouche
Depuis le déclenchement de la sordide guerre américano-sioniste contre l’Iran, le président américain est confronté à des opposants, de plus en plus critiques à son endroit au sein de son propre camp MAGA (Make America Great Again). Plusieurs influenceurs renommés, soutiens de la première heure, n’ont pas ménagé ces derniers jours le fantasque locataire de la Maison Blanche.
Il s’agit notamment de Marjolie Taylor Green, ex-élue républicaine qui est tombée en disgrâce pour avoir exprimé un point de vue au vitriol à l’adresse de Trump : «Le président n’a présenté aucun argument valable justifiant la guerre. On vit nos vies ordinaires et on ne se sent pas menacés par l’Iran. Make America Great Again, c'était supposé être l'Amérique d'abord, pas Israël d'abord, pas d'autres pays, mais le peuple américain et nos problèmes", a-t-elle déclaré.
Tucker Carlson vient lui aussi de créer une grande polémique au pays de l’Oncle Sam. L’ex-animateur vedette de Fox News a brisé un tabou en affirmant que le conflit en cours au Moyen-Orient ne sert pas les intérêts des États-Unis, mais exclusivement ceux d’Israël. Selon lui, la guerre n’est pas motivée par la sécurité nationale américaine ni par la question des armes de destruction massive.
Elle n'est pas menée au nom d’objectifs de sécurité américains, pour rendre l'Amérique plus sûre et plus riche. Elle est menée purement parce qu'Israël le voulait."
Connu pour son franc-parler, Tucker Carlson y a rajouté une bonne couche il y a quelques jours.
Il a déclaré que l’agression militaire américano-sioniste contre l’Iran est une « guerre religieuse lancée par les Evangéliques américains et les extrémistes religieux en Israël pour construire le Troisième Temple à Jérusalem en lieu et place de la Mosquée Al-Aqsa et pour établir le Grand Israël ». Mieux encore, il a fait des révélations fracassantes qui ont mis à nu les pratiques sournoises de l’entité sioniste et la bassesse extrême de ses dirigeants.
Le podcasteur conservateur américain a déclaré en effet que l'Arabie saoudite et le Qatar avaient capturé et "arrêté des agents du Mossad israélien prévoyant des attentats dans ces pays". Dans son émission, il a remis en question les motivations d'Israël, demandant : "Pourquoi les Israéliens commettraient-ils des attentats dans des pays du Golfe, qui sont également attaqués par l'Iran ?", soutenant qu'Israël attise délibérément l'instabilité parmi les alliés arabes de Washington.
Bref, on peut vraiment dire qu’au sein de la droite américaine, la vie est loin d’être un long fleuve tranquille et de profondes divisions commencent à se faire sentir. Les critiques à l’encontre d’Israël et des dérives de ses dirigeants se multiplient de plus en plus, annonçant un changement majeur dans les mentalités jusque-là totalement acquises à l’Etat hébreu.
Pour de très nombreux membres du mouvement MAGA, l’entité sioniste est devenue un allié encombrant qui ressemble de plus en plus à un engrenage dangereux dans lequel Washington s’enfonce sans véritable débat stratégique. Ils ont amplement raison car Israël, bien ancré au cœur même du pouvoir américain, mène à sa guise la dance macabre depuis des décennies, en soufflant dans l’oreille des dirigeants washingtoniens ce qu’il faut craindre, qui il faut battre et abattre et quelles guerres il faudrait préparer.
Et la plupart du temps pour ne pas dire toujours, les dirigeants américains appliquent à la lettre sans broncher les diktats et les desideratas de Tel-Aviv. A chaque crise, la mécanique est d’ailleurs la même : lorsque la situation explose à Gaza, que les tensions s’intensifient avec l’Iran ou que le front libanais menace de s’embraser, la diplomatie américaine s’aligne instantanément sur la lecture israélienne apocalyptique du monde.
Les priorités de Tel-Aviv deviennent celles de Washington et les peurs israéliennes deviennent des urgences stratégiques américaines. Dans les capitales africaines, arabes ou asiatiques, le spectacle est devenu familier : les États-Unis invoquent le droit international lorsqu’il s’agit de condamner un pays comme la Russie ou de contenir la Chine, mais découvrent soudain une étonnante souplesse juridique lorsqu’Israël est mis en cause. Ce double standard n’est plus seulement perçu comme une hypocrisie. Il est devenu la signature de la diplomatie américaine.
A force de prêter une oreille attentive aux murmures toxiques d’Israël, les Etats-Unis sont devenus l’instrument de répression privilégié des lobbies israéliens. Une sorte de gourdin au service des extrémistes sionistes dans leur quête désespérée de mettre sous leurs bottes l’ensemble de la région du Moyen-Orient et peut-être même bien au-delà comme l’avait répété à maintes reprises l’extrémiste Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
Rien de surprenant à cela si les Américains se retrouvent ainsi aspirés dans des crises et des guerres interminables qu’ils n’ont pas choisies et dont ils devront assumer les lourdes conséquences. Le paradoxe est saisissant : la première puissance mondiale, celle qui prétend organiser l’ordre international, surprend par son incapacité frustrante de fixer des limites à un allié israélien beaucoup plus petit mais politiquement intouchable à Washington.
L’Amérique est devenue, pour tout dire, l’otage de cet allié nocif qui manipule la puissance étasunienne uniquement pour servir ses sombres dessins au détriment des intérêts des citoyens américains. En se laissant conduire ainsi par le bout du nez, les Etats-Unis ont non seulement perdu leur crédibilité mais ils ont également accentué leur isolement vis-à-vis du reste du monde.
Dans le domaine de la géopolitique, on le sait, les chuchotements toxiques et vénéneux d’un allié psychopathe qui sème le fatras, la mort et la désolation partout où il passe finissent immanquablement par conduire… droit au précipice…
C.B.

