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Le prix du pétrole franchi un nouveau cap inédit : Les Tunisiens pourraient s’attendre à une grosse hausse des prix à la pompe…

Par Hassan GHEDIRI

Le cours du baril de pétrole frôle des limites jamais atteintes au cours des dernières années en franchissant la barre de 125 dollars dans la nuit de mercredi au jeudi…

C’est encore une foi lui, Donald Trump qui souffle le froid et le chaud dans le marché de l’énergie dans le monde. En rencontrant, mardi, les patrons du secteur du pétrole aux Etats-Unis, le locataire de la Maison blanche a, en effet, dévoilé son plan pour les prochains mois en ce qui concerne le blocage du détroit d’Ormuz. Trump a dit envisager prolonger le blocus pendant encore « plusieurs mois ».

La réaction du marché du pétrole qui ne s’est pas fait attendre, et s’est rapidement manifesté par un bond spectaculaire du cours du baril. Le prix du Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du pétrole, a grimpé d’environ 6% dans l’après-midi d’avant-hier mercredi en flirtant avec les 117 dollars avant de passer à 126 dollars durant la nuit du mercredi 29 au jeudi 30 avril.

Une fermeture de plusieurs mois du détroit d’Ormuz par lequel transite 20% du pétrole et environ 25% du gaz approvisionnant le monde est de quoi semer la pagaille dans les marchés qui peinent déjà à affronter les pénuries constatées dans certaines régions.

Par ailleurs, un blocus prolongé du détroit d’Ormuz est un évènement de très mauvaise augure pour les pays importateurs du pétrole qui risquent d’entrer dans une dangereuse spirale de hausse des prix sans fin. 

Alors qu’en Europe les observateurs s’attendaient à ce que cette nouvelle flambée des prix du baril se traduise par une hausse inéluctable des prix à la pompe dans les prochains jours, dans beaucoup de pays dépendant des marchés extérieurs, l’impact sera perceptible dans le court terme au niveau de la balance des dépenses.

En Tunisie, où le budget de 2026 a été établi sur l’hypothèse d’un baril à 63,3 dollars, la situation tend à devenir extrêmement préoccupante. Si en France par exemple, où les prix à la pompe suivent sensiblement les mêmes courbes que le cours du baril, chaque dollar supplémentaire sur le marché mondial équivaut à une hausse d’un centime, en Tunisie l’impact financier est calculé en milliards puisque comme l’on tache toujours à le rappeler, chaque dollar du prix du baril au-dessus 63,3 dollars sur lequel a été établi lu budget de 2026, entraîne un surcoût d'environ 164 millions de dinars sous forme de dépenses de compensation.

Le gouvernement qui s’est interdit depuis le début de la guerre au Moyen-Orient de toucher aux prix à la pompe et qui semble faire des acrobaties budgétaires pour amortir le choc pétrolier sur la trésorerie publique, se verra, peut-être, mis dans prochaines semaines devant un fait accompli.

Si les Etats-Unis mettent en exécution le plan évoqué par Donald Trump concernant un blocage durable du détroit d’Ormuz ce qui signifie une crise énergétique internationale des plus sévères, les Tunisiens pourraient alors s’attendre à une grosse hausse des prix à la pompe, et par ricochet un renchérissement généralisé des produits de consommation.  

H.G.

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