Le TMM continue à reculer, prudemment : Chronique d’un desserrement lent... et timide
Par Hassan GHEDIRI
Alors que l’inflation prend tout son temps pour reculer, l’assouplissement lent et timide des taux d’intérêt promet d’adoucir les conditions de financement et donc potentiellement à stimuler l’investissement…
Après de nombreuses hausses consécutives depuis 2022 et plusieurs mois de stagnation à 8 % en réaction à la crise inflationniste, la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a attendu tout ce temps pour prendre la décision tant espérée par les opérateurs économiques et la quasi-majorité des experts qui ont beau contester un resserrement monétaire nuisible et trop exagéré. L’institut démission a donc décidé de baisser son taux directeur de 50 points de base pour le fixer à 7,5 % à l’issue de sa réunion du 26 mars 2025. Et comme prévu, ce mouvement n’a pas tardé d’impacter le Taux Moyen du Marché Monétaire (TMM), passé de 7,91 % en mars à 7,50 % en avril 2025, selon les données officielles publiées par la BCT.
Ce repli intervient après plusieurs mois de stabilité relative, où le TMM était maintenu à 7,99 % en janvier et février. Pendant de longs mois, la Banque Centrale avait en effet choisi de maintenir son taux directeur autour de 8 %, dans un contexte économique marqué par une forte inflation et une politique d’austérité rigoureuse. Cette rigidité monétaire, bien qu’ayant pour but de maîtriser l’inflation, a eu des effets collatéraux néfastes sur l’économie réelle.
Les crédits bancaires, qu’ils soient destinés aux entreprises ou aux ménages, sont en effet devenus plus chers, pesant lourdement sur l’investissement privé et freinant la consommation. « Pendant trois longues années, les entreprises, notamment de petite et moyenne taille, ont vu leur accès au financement se restreindre, compromettant leurs projets d’expansion et leur capacité à créer de l’emploi » souligne, avec regret, Mongi Mokaddem, expert en finances. Il explique au Quotidien comment l’investissement productif, déjà fragilisé par un climat d’incertitude économique, avait subi de plein fouet le choc à cause du renchérissement des prêts bancaires. Et de rappeler que ce contexte a amplifié la stagnation de l’activité économique et contribué au ralentissement général que connaît la Tunisie depuis plusieurs trimestres.
Premier geste
Parallèlement, les ménages tunisiens, pris en étau entre l’érosion de leur pouvoir d’achat et la montée des charges d’endettement, ont vu leur capacité de consommation diminuer. «Le renchérissement des crédits à la consommation et immobiliers a pesé lourdement les budgets des ménages, asphyxiant un moteur essentiel de la croissance économique et accentuant la tension sociale» note également notre interlocuteur.
Maintenant, les choses semblent laisser entrevoir de meilleures perspectives. Mongi Mokaddem, pense dans ce sens que la récente baisse du taux directeur, et par ricochet du TMM, peut être perçue comme étant «un geste d’assouplissement monétaire». Il s’agit d’un signal positif pour l’économie nationale, en quête de relance, estime-t-il. Une baisse du TMM est de nature à alléger progressivement le coût des financements bancaires, favoriser la reprise des investissements et apporter une bouffée d’oxygène à la consommation intérieure, moteur essentiel de la croissance. Mais, l’impact de cette mesure ne sera pas immédiat, pense le spécialiste. Car, selon lui, le contexte général demeure marqué par les contraintes budgétaires imposées par la politique d’austérité ne permettant pas à l’État d’avoir de bonnes marges de manœuvres . Pour être pleinement efficace, il croit que cet assouplissement monétaire devrait s’accompagner de mesures ciblées, destinées à restaurer la confiance des opérateurs économiques et à soutenir les secteurs les plus dynamiques. Pour dire que la baisse du TMM constitue sans doute une bouffée d’oxygène pour l’économie tunisienne au bout de souffle. «Elle peut constituer un motivation pour les acteurs économiques pour contribuer à la dynamique de reprise, mais cela semble être conditionné par le déploiement des mesures structurelles qui permettent de desserrer véritablement l’étau qui étrangle la croissance et épuise le pouvoir d’achat des Tunisiens», conclut le spécialiste…
H.G.
Editorial : Menace sur le garde-manger
Par Chokri Baccouche
Décidément, Dame nature aime jouer avec les nerfs des bipèdes. Elle prend un malin plaisir à multiplier les épreuves et les obstacles. Après la sécheresse qui a sévi ces dernières années, voilà qu’elle nous envoie une cavalerie ailée particulièrement vorace, juste pour mettre un peu plus d’ambiance dans notre quotidien assez pointu, rendu difficile par la cherté de la vie. On l’aura certainement deviné, il s’agit des criquets pèlerins qui ont fait leur apparition dans de nombreux pays d’Afrique du nord dont la Tunisie, menaçant les cultures et les pâturages. Ah la poisse ! L’amélioration sensible de la pluviométrie cette année n’a pas été porteuse que de bonnes nouvelles. Si elle a rendu heureux les gens de la terre, elle semble avoir paradoxalement balisé le terrain à la prolifération de ces insectes nuisibles qui ont la particularité de se reproduire par millions à vue d’œil. Pour les profanes, il est bon et instructif de rappeler qu’un seul essaim peut couvrir plusieurs centaines de kilomètres carrés. Un kilomètre carré d’essaim peut contenir, tenez-vous bien, jusqu’à 80 millions d’adultes, capables de dévorer en une seule journée la même quantité de nourriture que 35 mille personnes. Pas besoin d’un dessin pour imaginer, par conséquent, le volume des dégâts incommensurables que peuvent causer plusieurs dizaines d’essaims à la céréaliculture, l’arboriculture, le couvert végétal et tout ce qui pousse et sort de la terre. Bref, ces petites bestioles ne laissent rien sur leur passage, pas même la moindre brindille d’herbe. Après coup, au revoir et merci. A la prochaine les zozos et sans rancune.
La nouvelle est vraiment flippante. Déjà qu’on a du mal à nourrir correctement nos 12 millions de consommateurs, l’invasion possible de ces insectes ne sera pas de la tarte et risque de nous rendre la vie encore plus dure. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) vient d’ailleurs de lancer un appel urgent aux pays d’Afrique du Nord-Ouest pour renforcer la surveillance et mettre en œuvre des mesures de lutte précoce contre les criquets pèlerins. L’alerte est à prendre bien évidemment très au sérieux au regard des enjeux qu’implique de fait ce danger volant qui menace notre garde-manger et cherche à chiper notre pitance.
Aux dernières nouvelles, des petits groupes de criquets pèlerins ont été aperçus à Dehiba dans le gouvernorat de Tataouine. ll s’agirait, selon toute vraisemblance, d’une brigade de quelques milliers de soldats de l’infanterie envoyés en éclaireurs pour prospecter les potentialités de la région. Le gros de la troupe se trouverait actuellement au Sahel africain et il n’attend plus que des vents favorables pour migrer vers le nord. Pour faire face à cette menace et parer à tout imprévu, le ministère de l’Agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche, croit-on savoir, est déjà sur le pied de guerre. Des équipes techniques ont été en effet dépêchées sur place pour suivre les mouvements de ces insectes ravageurs et intervenir à temps afin de sauver les meubles avant qu’il ne soit trop tard.
La lutte contre ce fléau exige une réactivité et une efficacité maximales. L’intervention rapide des autorités compétentes est encourageante bien évidemment mais la partie n’est pas encore gagnée. Une veille de tous les instants, une vigilance permanente et une mobilisation de tous les acteurs, autorités locales et population, sont plus que nécessaires pour protéger l’agriculture et l’environnement du sud tunisien. La voie de salut pour gagner la guerre contre ces insectes nuisibles passe par la conjugaison de tous les efforts et une action rapide et efficace pour étouffer dans l’œuf les larves dont la durée de développement peut s’étendre de deux à six mois.
Les caprices de Dame nature nous valent finalement bien des déboires. Après une longue période de sécheresse qui a duré environ sept années successives, on a eu droit cette année et Dieu merci à une saison relativement pluvieuse. Ce court intermède rafraîchissant qui va nous permettre d’étancher notre soif a cédé la place malheureusement à une autre dure épreuve ayant pour nom scientifique Schistocerca gregaria, ou criquet pèlerin, une espèce qui fait des ravages, bon an, mal an dans de nombreuses régions du globe et plus particulièrement en Afrique et en Asie. Une guerre de trop ? Sans doute ! Mais une guerre qui nous a été imposée et qu’on doit immanquablement remporter par tous les moyens et à n’importe quel prix. Il y va de notre sécurité alimentaire à un moment où le pays se passerait volontiers d’un nouveau tracas qui viendra s’ajouter au magma d’urgences économico-sociales qu’il a déjà sur les bras…
C.B.
Fête du travail : L’UGTT a-t-elle dépassé la crise intérieure ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La fête du 1er mai survient cette année dans un contexte bien particulier et les observateurs s’impatientaient pour voir si l’UGTT est toujours capable de mobiliser ses troupes…
Depuis ses deux fameux congrès de Sousse et de Sfax organisés successivement en 2021 et 2022, les choses au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) ne sont plus comme elles l’avaient été avant ces deux rendez-vous, le premier, rappelons-le, avait été consacré à la révision du règlement intérieur, notamment l’article 20 permettant ainsi des mandats illimités aux dirigeants de la Centrale syndicale, et le deuxième était électif et avait vu la réélection de plusieurs dirigeants dont l’actuel secrétaire général, Noureddine Tabboubi, «Ces deux congrès ont plongé l’UGTT dans une crise sans précédent et depuis trois ans, la première organisation syndicale du pays peine à retrouver ses équilibres tant au niveau purement syndical que populaire et même politique vu que l’Union générale tunisienne du travail a toujours occupé une place sur l’échiquier politique», nous dira l’universitaire Salem Chérif. Alors, ce premier mai 2025 était l’occasion pour les observateurs de voir si la Centrale syndicale est toujours en crise… ?
Pour notre interlocuteur du jour, l’universitaire et activiste, Salem Chérif: «Le premier baromètre pour moi est de mesurer la capacité de l’actuel bureau exécutif à mobiliser les troupes. Le second est de voir si les mécontents résistent toujours à la pression et tiennent à leur position. Certes, alors, que lors de ce 1er mai 2025, la mobilisation était là, mais aussi les opposants, et il semble que chaque partie campe toujours sur ses positions. D’ailleurs et objectivement, on ne pouvait distinguer clairement entre les partisans de l’actuel bureau exécutif et ceux de l’opposition syndicale représentée par l’ancien membre du l’Union régionale du travail de Tunis, Habib Jerjir et les autres anciens dirigeants ».
Des discours …
Concrètement, dans son discours, le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail, Noureddine Tabboubi, a tenu à rappeler l’attachement de l’UGTT aux principes sur lesquels, elle a été fondée, «Au lieu de restreindre les libertés, il faudrait ouvrir un dialogue national inclusif sur les grands enjeux du pays, un dialogue auquel toutes les composantes de la société: Organisations, associations, partis et citoyens, devraient participer». Et d’ajouter: «L’UGTT reste attachée à son rôle social et refuse toute marginalisation ou instrumentalisation dans un contexte national de plus en plus tendu», peut-on lire sur le site Business news. Tabboubi a, également, dénoncé une grave régression des libertés en Tunisie, alertant au passage sur une dérive autoritaire, marquée par la multiplication des procès d’opinion et la criminalisation de toute expression critique. Le secrétaire général de l’UGTT a, en outre, déploré le fait que les attentes sociales et économiques soient reléguées au second plan, au profit d’une gouvernance fondée sur l’exclusion et la répression.
De son côté, le membre du courant de l’opposition au sein de l’Union générale tunisienne du travail, le syndicaliste, Habib Jerjir, a tenu à rappeler : « Avant de parler de « crise », l’actuel bureau exécutif, avec ses deux blocs, doit évoquer en premier la crise de l’UGTT dont ils sont les seuls responsables en prenant en otage l’organisation syndicale. Nous vivons aujourd’hui une crise de confiance, de légitimité et de trahison aux fondamentaux sur lesquels s’est érigée et acquis sa notoriété l’Union générale tunisienne du travail. Alors, il n’existe qu’une seule solution à savoir une refonte en profondeur de l’organisation. Une refonte qui doit reposer sur les principes de la participation de la base sans exception ou exclusion et dans le respect de l’esprit démocratique et la transparence ».
M.B.S.M.
Foire internationale du livre de Tunis - Au pavillon de l’Arabie Saoudite : Lumières sur le Bisht Hassawi, savoir-faire ancestral
Outre le volet littéraire, la Foire internationale du livre de Tunis met en lumières les traditions autour du patrimoine et des métiers artistiques. L’Arabie Saoudite a choisi de célébrer le Bisht Hassawi
Au pavillon saoudien, le fameux Bisht Hassawi, en référence à la ville d’Al-Ahsa, au Sud du Royaume, est un patrimoine vestimentaire par excellence qui se déploie en couleurs et tissus ornés de motifs, argentés ou dorés, tissés à la main.
L’espace aménagé à l’entrée du pavillon et accueillant ce savoir-faire ancestral capte la curiosité de voir de près le tissage de ce vêtement traditionnel sous forme de manteau long sans manches que l’Arabie Saoudite œuvre à promouvoir, avec d’autres métiers, à travers l’instauration de l’année de l’artisanat en 2025.
Le Bisht est proposé pour inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco dans le cadre d’une candidature multinationale réunissant plusieurs pays arabes qui partagent ce patrimoine immatériel.
Dans une rencontre, avec l’agence TAP, l’artisan Habib Mohamed Khothor a offert un large aperçu de ce savoir-faire du Bisht, un héritage de plusieurs générations, mis en avant sur le pavillon de son pays où est également visible un autre élément emblématique du patrimoine du pays, le «Ogal».
Costume traditionnel et produit synonyme d’authenticité mais aussi de luxe, le Bisht et ses appellations multiples dont la plus connue est celle de «Abaya», se décline en plusieurs modèles et couleurs, dans les tons particulièrement du vert et du camel. Ces couleurs de la terre renvoient vers une géographie du désert racontant la résilience humaine et la capacité de l’homme à se nourrir de son environnement dans des créations qui défient le temps.
Dans la pure tradition…
Originaire de la ville d’Al Ahsa, ville abritant le plus grand oasis au monde qui est classé au patrimoine mondial, et berceau du Bisht, l’artisan, en Abaya blanche avec et les fameux «coiffe» et «ogal» saoudiens, raconte fièrement l’histoire d’un vêtement «porté depuis des siècles par les hommes et les femmes de son pays et soigneusement confectionné à la main, avec passion et patience, sur une durée de 15 à 20 jours».
Ce travail implique de nombreux artisans dont «le nombre va jusqu’à 8 personnes qui se partagent les tâches jusqu’à la dernière trame tissée sur un costume hautement sollicité par les clients chacun selon ses moyens». Ce produit de qualité reproduit la culture du peuple et ses fils argentés ou dorés revisitent les ruisseaux d’eau dans l’Oasis et les branches des palmiers.
Beaucoup plus qu’un simple costume, le Bisht est un costume de prestige et de statut social. Les fils en usage dans le tissage, en or et en argent, sont généralement importés de pays comme l’Allemagne pour les produits de luxe alors que les Abaya normales sont assez souvent brodées par le fils importé de l’Inde ou de France.
La fabrication du Bisht a profité de l’emplacement de la région, carrefour traditionnel pour le commerce dans la péninsule arabique et les pays voisins. Historiquement, il était le costume des princes et des dignitaires du pays avant de devenir progressivement un costume à la portée de la population. Selon M. Khodhor, «les prix les plus élevés peuvent atteindre les 10 mille dollars».
Ces dernières années, le Bisht Hassawi «attire les maisons de couture modernes qui se précipitent pour l’introduire dans leurs créations, en lui insufflant une touche moderne en préservant ce qui fait son authenticité», avance l’artisan.
Passage obligatoire pour tout visiteur de son atelier temporaire au cœur du pavillon saoudien, une photo avec le Bisht sur les épaules crée un dialogue et un contact direct avec une culture millénaire beaucoup plus qu’un simple souvenir sur les rayons du livre.
Le Quotidien avec TAP
En collaboration avec l’Académie Russe des Arts du Théâtre GITIS, le Théâtre national tunisien (TNT) lance un programme de formation
Dans le cadre du renforcement de la coopération en matière de formation artistique avec des institutions spécialisées, le Théâtre National Tunisien (TNT) et l’Ecole Pratique des Métiers du Théâtre ont lancé depuis le 30 avril, à l’auditorium du Palais du Théâtre Halfaouine, un programme de master-class, dans le cadre d’une collaboration avec l’Académie Russe des Arts du Théâtre GITIS.
Composante complémentaire au cursus de formation, ce cycle d’ateliers de cinq jours est animé par des professeurs et spécialistes russes issus de la prestigieuse Académie GITIS. Fondée en 1876, GITIS est la plus ancienne école d’arts dramatiques de Russie, réputée pour l’excellence de ses programmes et son rayonnement international.
Cette collaboration ambitionne notamment de permettre aux apprenants de l’école pratique des métiers du théâtre et de l’Institut supérieur d’art dramatique de Tunis (ISAD), de s’ouvrir aux méthodes pédagogiques contemporaines, de stimuler leur créativité, de faciliter les parcours de formation à l’étranger à travers la participation à des résidences artistiques et d’encourager la coproduction artistique entre les deux institutions.
Parmi les intervenantes russes qui animeront ces ateliers figurent Anna Trifonova, professeure d’art dramatique et de mise en scène, enseignante à GITIS depuis 1997, Maria Gavyrko, cheffe de chœur spécialisée en chant lyrique, collaboratrice à de nombreuses productions d’opéra en Russie et à l’international, enseignante à GITIS depuis 2007, Irina Galibina, professeure de mise en scène, comédienne de théâtre et de cinéma, plusieurs fois primée pour ses performances artistiques.
Cette initiative, informe le TNT, menée avec le soutien de la Maison Russe en Tunisie, marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre les expériences théâtrales tunisienne et russe, tout en consolidant les liens culturels et artistiques entre les deux pays.
Le Quotidien avec TAP
Aux Editions Nehed : Les « Poètes tunisiens » aux yeux du poète Taher Bekri
Parmi les nouveautés de la 39ème édition de la Foire internationale du livre de Tunis, le tout récent opus « Poètes tunisiens: textes choisis, traduits de l’arabe » du poète tunisien Tahar Bekri, publié aux Editions Nehed (stand n°1612).
Comme le précise l’auteur, ce livre n’a pas pour ambition de constituer une anthologie complète de la poésie tunisienne de langue arabe, si riche et si profondément enracinée dans l’histoire littéraire mais de rapprocher les deux expressions poétiques existant en Tunisie, au-delà de la question de la langue, invitant le lecteur francophone à découvrir, à travers des voix singulières, la richesse souvent méconnue de la poésie tunisienne de langue arabe.
Le livre rassemble des poètes traduits au fil des années, dans le sillage d’une fréquentation constante de la poésie tunisienne à travers la lecture, la recherche, l’attention et l’écriture.
Sans prétendre à l’exhaustivité, Tahar Bekri souhaite faire découvrir des voix qui ont marqué ou marquent encore le paysage littéraire, certaines étant demeurées méconnues, à quelques exceptions près.
Il s’agit d’un choix restreint, destiné à offrir un aperçu représentatif de la poésie tunisienne contemporaine, plutôt que de dresser un inventaire complet.
Ce travail vise à porter à la connaissance du lecteur francophone une production restée largement réservée à un lectorat arabophone, inscrit dans une sphère géographique et linguistique spécifique : le monde arabe. L’objectif est de réparer, note Tahar Bekri, une injustice et de combler certaines lacunes. Pour Tahar Bekri, ce livre est comme un devoir envers la poésie tunisienne, pour témoigner de sa vitalité, de sa dynamique, de son ambition, et de sa capacité à exprimer l’être intime et collectif dans une vision critique et exigeante.
Tous les genres poétiques, ou presque, sont représentés : qu’il s’agisse de formes classiques, modernes ou expérimentales et d’avant-garde, l’enjeu est de donner une image aussi fidèle que possible de ce qui s’écrit aujourd’hui en langue arabe en Tunisie.
Le livre, de plus de 190 pages, réunit des textes traduits de 29 poètes, toutes générations confondues. Pour chacun, une brève présentation du style d’écriture et une courte biographie accompagnent les textes traduits.
L’opus couvre une large période, depuis l’érudit Ali Al-Hocri (né vers 1042 à Kairouan), en passant par Abou el Kacem Chebbi, Hassine Al-Jaziri, un humoriste de la poésie tunisienne, jusqu’à Mnaouar Smadeh, Souf Abid, Mohamed Agina, Mustapha Habib Bahri, Midani Ben Salah, Mustapha Kraief, Jaafar Majed, Fadhila Chebbi, Ammar El Arbi, Adam Fathi, Amel Moussa, Sghaier Ouled Ahmed, Habib Zannad, voix marquante de la poésie d’avant-garde des années 1970 etc.
Passionnés de poésie, l’ouvrage est à découvrir au stand 1612.
Au stand vénézuélien : Programme copieux de rencontres sur le livre et la lecture
Le Venezuela marque sa présence par un programme culturel mettant en lumière la richesse de son histoire et l’évolution de sa production littéraire. A découvrir au stand 1204.
Outres les publications et séances de dédicace, la programmation comporte des rencontres littéraires et des conférences avec les différents représentants de la délégation culturelle qui réunit des auteurs et penseurs de renom dont Luis Britto Garcia, écrivain, historien, essayiste et dramaturge vénézuélien, lauréat du Prix National de Littérature du Venezuela pour l’ensemble de son œuvre en 2001, Antonio Trujillo, poète, lauréat du Prix National de Littérature 2024-2025 et Carmen Bohorquez, historienne, philosophe et lauréate du Prix National d’Histoire.
Lors d’une rencontre autour de « Francisco de Miranda dans notre histoire », l’historienne vénézuélienne Carmen Bohorquez, spécialiste dans l’étude de la pensée latino-américaine et des mouvements d’indépendance, a souligné le rôle central joué par le stratège et intellectuel Francisco de Miranda (1750-1816) en tant que précurseur des luttes pour l’indépendance de l’Amérique Latine.
Le vice-ministre du développement pour l’économie culturelle, directeur du Centre National du Livre du Venezuela, Raul Cazal, a présenté quant à lui une conférence sur le thème « Le livre et la lecture durant vingt- cinq ans de la Révolution bolivarienne », avec une réflexion sur les transformations culturelles majeures du Venezuela au cours du dernier quart de siècle. Il a abordé les politiques adoptées et les avancées en matière de lecture, de publication et de diffusion littéraire.
Axé sur la pensée littéraire et la production intellectuelle du Venezuela, le programme s’est enrichi d’une rencontre sur le thème « Culture, production du livre et numérisation », où l’accent a été mis sur les défis et opportunités du secteur de l’édition dans un monde en constante évolution technologique.
Autour du « Paysage actuel du roman au Venezuela », la rencontre ayant réuni l’écrivain, historien et essayiste Luis Britto Garcia, ainsi que Raal Cazal, a permis de discuter des formes actuelles du roman vénézuélien en mettant l’accent sur les tendances littéraires émergentes et les thèmes dominants dans la production romanesque contemporaine.
Foire internationale du livre de Tunis : Ils ont été à l’honneur ...
Par Imen ABDERRAHMANI
Lors d’une cérémonie officielle, le palmarès des œuvres littéraires et intellectuelles en compétition pour les différents prix des compétitions a été dévoilé...
Pour les uns le prix attribué vient couronner une carrière de labeur et d’engagement pour le livre. Pour d’autres, le prix ne peut qu’être une motivation pour continuer, pour créer au-delà des sentiers battus.
Avant-hier, devant un parterre de professionnels et de journalistes, le palmarès de cette 39ème édition a été annoncée. La cérémonie officielle a été marquée également par un hommage rendu à des hommes et des femmes oeuvrant dans le secteur du livre et qui ont contribué à l’enrichissement de l’édition. Ainsi, un hommage posthume été rendu à l’écrivain portugais José Saramago, prix Nobel de Littérature 1998.
Le style expérimental, Saramago (1922- 2010) a écrit des histoires allégoriques qui explorent les questions de la vie, de la mort et de la nature humaine.
Son livre «L’Aveuglement» figure sur la liste des 100 meilleurs livres de tous les temps, établie en 2002 par le Cercle norvégien du livre. « l’art romanesque de Saramago, développé avec obstination et présentant des profondeurs insoupçonnées, place l’écrivain à un rang élevé. Avec toute son indépendance, Saramago se rattache à la tradition d’une façon qu’on peut, dans le contexte actuel, qualifier de radicale. Son œuvre se présente comme une série de projets, où l’un désavoue plus ou moins l’autre, mais où tous constituent de nouvelles tentatives pour cerner une réalité fuyante», lit-on dans le communiqué de l’Académie suédoise du prix Nobel.
L’écrivaine, poétesse et traductrice Souad Labbize également à l’honneur. Anthologiste d’expression française et traductrice littéraire algéro-tuniso-française, elle a signé un roman intitulé «J’aurais voulu être un escargot» (2011), et deux recueils «Brouillons amoureux» (2017) et «Je franchis les barbelés» (2019). Elle est également la traductrice du roman de Amira Ghenim «Le désastre de la maison des notables», lauréat du prix de la littérature arabe, décerné par l’Institut du Monde Arabe (IMA) et La Fondation Jean-Luc Lagardère. Grâce également à ce même livre, Souad Labbize a remporté le prix de la traduction Ibn Khaldoun-Senghor 2024.
La liste des personnalités tunisiennes qui ont été à l’honneur comporte le compositeur Mohamed Garfi, l’écrivaine Amna Belhaj Yahia, le poète et traducteur Mohamed Khaldi et les écrivains Ibrahim Darghouthi, Mohamed Massaoud Idriss, Mohamed Saleh Rassaa, Abdelkader Haj Nacer et Hassanine Ben Ammou.
Suite à ce bel hommage, qui se veut un acte e reconnaissance et de célébration de la mémoire, les prix de différentes compétitions ont été annoncés. Le directeur de la 39ème édition de la Foire internationale du livre de Tunis a fait savoir que les primés ont été sélectionnés par des jurys composés de professionnels du livre et de l’édition, de critiques, créateurs et universitaires tunisiens. Au total: neuf prix ont été attribués dans les genres Roman, Nouvelle, Poésie, Traduction, Etudes en littérature et sciences humaines, Etudes philosophiques, dotés de 15.000 dinars chacune.
Des éditeurs ont été également primés dans les catégories Edition et Edition spécial enfants et jeunes, dotés de 10.000 dinars chacune. Les ouvrages primés ont été sélectionnés parmi 17 œuvres dans la liste courte et sur un total de 126 œuvres candidates cette année.
Malgré la présence de deux œuvres en langue française, toutes les œuvres primées sont en arabe.
Le palmarès
Prix Béchir Khraief pour le roman : «Les fantômes de la Skifa» de Maher Abderrahmene (Mascaliani Editions, 2024)
Prix Ali Douagi pour la Nouvelle : «Le musée du conte perdu» de Mohamed Ftoumi (Editions Abjadiat, 2025)
Prix Mustapha Khraief de la créativité littéraire en Poésie : «La porte invisible» de Saif Ali (Editions Abajadiat 2025)
Prix Sadok Mazigh de Traduction de et vers l’arabe : «Introduction dans la Linguistique générale» de Sadok Achour (Institut de traduction de Tunis, 2024)
Prix Tahar Haddad des études en littérature et sciences humaines (ex aequo) : «De la rhétorique tunisienne» de Saleh Ben Romadhane (Editions Maison de la Méditerranée, 2024)/ «La photo en photographie» de Hedi Khelil Editions dar Khraief, 2024)
Prix Fatma Haddad des études philosophiques : «Dans la philosophie politique» d’Abdelaziz Ayadi (Editions Aladin, 2024)
Prix Abdelkader Ben Cheikh de l’Edition spécial enfants et jeunes : Amina Editions
Prix Nourredine Khedher de l’Edition : Contraste Editions
I.A.
Editorial : Changer les mentalités - Par Hassan GHEDIRI
Normalement, les Tunisiens ne devaient pas revivre le cauchemar des étés 2022, 2023 et 2024, et les fameuses mesures de restriction de l’eau censées aider à rationaliser la consommation et à mieux gérer la pénurie liée au manque de précipitations. Des dizaines de milliers de ménages du sud et du centre du pays avaient dû vivre dans une précarité hydrique engendrée par le manque de pluie et aggravée par les mesures de rationnement qui ont réduit le quotidien des gens à des préoccupations primitives qui consistent à remplir seaux et bouteilles dès que cela est rendu possible. La délivrance ? Cela dépendra des capacités de la société nationale de l’exploitation et de la distribution de l’eau (SONEDE) à assurer la régularité et la fluidité du ravitaillement. Parce que, côté quantité, l’on peut dire que nous nous sommes (momentanément !) sortis de «la zone rouge». Le spectre de la soif qui a longuement plané sur nos têtes commence à se dissiper au fur et à mesure de l’amélioration du taux de remplissage des barrages qui, à un moment donné, se sont transformés en de vastes champs de boues offrant un triste spectacle de désolation.
Après de longues années de sécheresse, la donne a bel et bien changé et les pluies qui n’ont presque pas cessé de ravitailler généreusement les réserves hydriques depuis l’hiver, ont permis de passer d’un stress hydrique aigu à une situation beaucoup plus confortable. Des hauteurs du nord-ouest aux plaines du centre en passant par le Cap-Bon jusqu’aux régions côtières du sud, les pluies ont contribué au ravitaillement des principaux barrages stratégiques et à ressusciter plusieurs rivières à sec. Le bulletin journalier diffusé par la direction générale des barrages et des grands travaux hydrauliques sur la situation hydrique des barrages a fait état, hier, d’un taux de remplissage global de 38,6%. Ce taux s’élève cependant pour frôler 45% dans les barrages du nord dont la capacité initiale de stockage cumulée est de 1,855 milliard de mètres cubes (m3), soit environ 80% des réserves générales des barrages du pays. L’on peut certes se féliciter de ce niveau inédit depuis une très longue période, mais malgré cette amélioration, les ressources globales ne tolèrent pas les excès et incitent à la modération. Osons dire que les craintes d’un été critique sont désormais levées pour la majorité des barrages, mais la vigilance doit rester de mise surtout avec les grandes incertitudes que suscitent les changements climatiques pour le cas de la Tunisie. Les modèles scientifiques employés par les climatologues affirment malheureusement, que les étés vont devenir de plus en plus chauds dans le monde et particulièrement en Tunisie, pays parmi les plus exposés au phénomène du réchauffement du climat dans la Méditerranée.
L’amélioration récente ne doit donc pas nous faire oublier l’essentiel: la Tunisie reste structurelle- ment exposée au stress hydrique. L’eau est devenue une ressource rare et précieuse, dont la gestion doit s’imposer comme une priorité centrale dans toutes les politiques publiques. Jusqu’ici, les autorités ont privilégié des mesures de restriction d’urgence, sans pour autant agir suffisamment en amont pour modifier les comportements et promouvoir des usages responsables. Il ne suffit pas de rationner l’eau en période de crise ; il faut construire une véritable culture de l’économie et de la préservation de l’eau à l’échelle nationale. L’urgence est d’éduquer, de sensibiliser, d’impliquer chacun, citoyens, agriculteurs, industriels, collectivités locales. Le changement de mentalité est la seule garantie d’une gestion durable. Économiser l’eau, la recycler, moderniser les réseaux vétustes, adopter des techniques agricoles économes: ces démarches doivent devenir la norme, et non plus l’exception. La préservation de l’eau n’est pas une simple affaire technique ou ponctuelle ; c’est un enjeu vital pour notre souveraineté, notre sécurité alimentaire, notre stabilité sociale. Il appartient à l’État d’être le moteur de cette transition, mais c’est à la société tout entière de porter la conscience que sans eau, il n’y a pas d’avenir possible.
H.G.
Journée mondiale du travail : Comment booster le marché de l’emploi ?
ParMyriam BEN SALEM-MISSAOUI
La Tunisie célèbre aujourd’hui la Journée mondiale du travail alors que le marché de l’emploi est de plus en plus sélectif. Que faire pour répondre à ces nouveaux critères imposés par ce marché ?
Même si la garantie de l’emploi est une proposition populaire, soutenue par les syndicats et par l’Etat lui-même, le marché de l’emploi est devenu aujourd’hui tellement sélectif qu’il est difficile pour un non diplômé de trouver un travail. D’ailleurs, selon le 15e rapport sur l’avenir des emplois (2025) du Forum économique mondial, la Tunisie est sur le point de connaître un changement structurel important de 22 % sur son marché du travail au cours des cinq prochaines années. Le même rapport révèle que les opportunités d’emploi émergentes sont principalement centrées sur l’innovation technologique, «nous assistons à une restructuration fondamentale du marché de l’emploi et il faut s’adapter aux nouveaux besoins en main d’œuvre», nous dira l’ingénieur en informatique, Fakher Karouida. Et d’ajouter : «Il faut changer nos politiques en matière de formation. Plus question de laisser les centres de formation et les universités décider de ce qu’il nous faut comme formation et comme études. Il est devenu impératif d’impliquer les entreprises et agir selon leurs besoins. A titre d’exemple, nous n’aurons plus besoin dans un futur proche de comptables, de spécialistes en audit, d’opérations sur chaîne de montage, en grande partie en raison de l’accélération des initiatives d’automatisation et de transformation numérique. Selon les prévisions, le taux de transformation des emplois devrait atteindre, d’ici 2030, 20 % et 80 % des entreprises tunisiennes actives connaitront des pénuries de compétences, ce qui constitue un risque majeur pour leur développement. De fait, pour bien négocier cette phase de transition, il devient urgent et vital de renforcer l’adéquation entre la formation et le marché de l’emploi».
Certains jeunes, d’aujourd’hui, doivent comprendre qu’il est primordial de choisir une formation ou bien une filière qui pourront leur garantir succès, réussite et essentiellement un accès au marché de l’emploi. Un accès rapide au marché de l’emploi nécessite du discernement et de la perspicacité, tout dépendra de la filière que vous avez choisie. Parce que les données ne sont plus les mêmes qu’auparavant. Par exemple, si un jeune choisit une filière qui débouche sur un vide sidéral et qu’à la clef il sera embauché par papa comme apprenti-menuisier et il sera consolé par sa mère, c’est qu’il a cultivé des illusions quant à son aptitude à concurrencer les nombreux chômeurs, estiment certains observateurs.
Adéquation…
Tous les experts en ressources humaines sont unanimes quant à l’adéquation de la formation au marché du travail. Selon notre interlocuteur du jour, en l’occurrence l’ingénieur Fakher Karouida : «Pour adapter la formation professionnelle au marché du travail, une analyse approfondie du marché est essentielle. Il s’agit d’identifier les industries en croissance et les emplois spécifiques dans les secteurs qui sont en forte demande. Selon, justement, une étude récente intitulée «L’avenir de l’emploi en Tunisie», l’Institut arabe des chefs d’entreprise révèle que les opportunités d’emploi émergentes sont principalement centrées sur l’innovation technologique. Cela nécessite, alors, une augmentation des investissements publics dans le développement des compétences afin de combler le fossé croissant entre les capacités actuelles de la main-d’œuvre et les demandes futures du marché». Et d’ajouter : «Cela doit englober l’impact des avancées technologiques, des transformations économiques, des nouvelles méthodes de travail et des évolutions sociétales sur la manière dont nous travaillons. Analyser le «Future of Work» implique d’examiner les tendances et les prédictions concernant différents aspects du travail.
L’automatisation et l’intelligence artificielle (IA) sont en train de transformer de nombreux emplois et secteurs. En effet, selon cette étude du Forum économique mondial, d’ici 2025, les machines et les algorithmes pourraient effectuer plus de tâches professionnelles que les humains. Cela nécessite une adaptation des compétences et des emplois vers des rôles plus axés sur la créativité, l’intelligence émotionnelle et les capacités humaines uniques. Le travail à distance, les horaires flexibles et les arrangements de travail non traditionnels gagnent, également, en popularité. Les avancées technologiques permettent aux employés de travailler n’importe où et à n’importe quel moment. Dans un article publié sur le site spécialisé Alan, on apprend que l’évolution rapide des compétences requises sur le marché du travail nécessite un apprentissage continu tout au long de la vie. Les employés doivent être prêts à acquérir de nouvelles compétences et à se reconvertir pour s’adapter aux besoins changeants de l’économie».
M.B.S.M.
L'Espérance bat l l'Etoile ( 33-29) et remporte son 37e titre de champion
Par Jamel Belhassen
La loi du plus fort a prévalu. Après avoir remporté le match aller par deux points d'écart à Sousse, l'Espérance s'est vraiment promenée cet après-midi à la salle Zouaoui en battant largement son adversaire. Les camarades de Boughanmi ont réalisé un grand écart à la pause ( 22-12) et qui se passe de tout commentaire. A la reprise, les Étoilés ont tout fait pour réduire d'abord l'écart à six points( 26-20) surtout que les Sang et Or ont commencé à se relâcher quelque peu. Les camarades de Benrhouma reprennent espoir au fil des minutes pour revenir à moins trois. Touchée dans son orgueil, l'Espérance reprend sa course (30-24) et termine le match avec quatre points d'écart ( 33-29). Un énième titre de champion pour les Sanc et Or qui continuent à exercer leur hégémonie sur le handball tunisien.
J.B.
Algérie- Maroc : Quel rôle peut jouer la Tunisie pour apaiser les tensions ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
L’audience officielle accordée par le Roi du Maroc aux ministres des Affaires étrangères des trois pays membres de l’AES intervient quelques jours après l’adoption en Algérie d’une loi portant sur la mobilisation générale. S’agit-t-il d’une escalade de nature à menacer la stabilité dans la région ?
Officiellement, c’est dans le sillage de l’initiative internationale lancée en 2023 visant à favoriser l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique, que le Roi Mohammed VI s’est entretenu lundi dernier avec les ministres des Affaires étrangères des trois pays membres de l’AES. Pour certains observateurs, cependant, il peut s’agir d’une réplique à cette loi adoptée récemment par le voisin algérien portant sur la mobilisation générale. Si, alors, cette interprétation s’avère vraie, c’est toute la stabilité de
la région de l’Afrique du nord et du Sahel qui est menacée. Quel rôle peut jouer notre pays pour apaiser les tensions et éviter le scénario que tout le monde craigne depuis des années à savoir une guerre entre les deux frères ennemis en l’occurrence, l’Algérie et le Maroc ?
Pour l’universitaire, Salem Chérif, que nous avons questionné sur ce dossier: De prime abord, il faut savoir que l’Alliance des États du Sahel, créée en septembre 2023 pour formaliser une nouvelle dynamique de coopération régionale face aux défis communs de sécurité, de développement et de souveraineté politique. Il s’agit là de trois pays enclavés qui sont le Burkina Faso, le Mali et le Niger. De fait, le l’« Initiative Atlantique » portée par le Maroc vise à permettre aux trois pays du Sahel d’accéder à l’océan et ouvrir un accès sécurisé et durable aux marchés mondiaux via des corridors atlantiques. Or, c’est justement, là où réside l’origine de la
crise entre le Maroc et l’Algérie. L’Algérie est favorable à un Sahara occidental indépendant ce qui lui permettrait un accès à l’océan atlantique ce qui constitue
un enjeu économique et sécuritaire majeur. Le Maroc, en revanche, considère le Sahara occidentale comme terre marocaine faisant partie de son territoire.
En tendant, alors, la main aux trois pays du Sahel, le Maroc veut barrer la route à l’Algérie contre toute tentative d’alliance avec ces trois pays. En résumé, c’est une guerre beaucoup plus diplomatique qu’une escalade synonyme d’un conflit militaire entre les deux pays».
Quel rôle peut, alors, jouer la Tunisie pour apaiser cette tension ?
A la croisée des chemins… ! Depuis que l’Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc en 2021, les deux pays sont parvenus à éviter une confrontation armée malgré plusieurs incidents au Sahara occidental qui auraient pu conduire à l’escalade. Seulement, cette tension qui est montée d’un cran ces derniers mois met toute la région à la croisée des chemins.
Selon, l’universitaire, Salem Chérif : «La Tunisie a toujours jouer un rôle important dans la stabilité de toute la région en oeuvrant pour un Grand Maghreb stable et unis. Alors, il faut peut-être au sein de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) qu’il faut chercher la solution. Il ne faut pas, en effet, oublier que le rôle de cette structure régionale consiste à rapprocher politiquement et économiquement les cinq pays membres du Maghreb. Même si le conflit entre le Maroc et l’Algérie apparaît comme le principal facteur de blocage dans la survie de l’UMA, il faut tout faire pour que l’Union remplisse sa mission dans le maintien de la paix et le développement de toute la région du Grand Maghreb. Le cas échéant, l’avenir de notre région peut cacher bien de conflits voire des drames, d’autant que la région attire les convoitises des puissances étrangères qui misent sur des pays du Maghreb faibles et fragiles pour s’accaparer leurs richesses ».
M.B.S.M.
Moustiques : La saison estivale fera-t-elle le bzzzzz?!
Par Hassan GHEDIRI
Alors que nous nous préparons à affronter les fortes chaleurs estivales, une menace silencieuse prend forme dans l’ombre des pluies abondantes depuis l’hiver.
Bien que très bénéfiques pouré agricole, les précipitations abondantes enregistrées ces dernières semaines ont transformé le paysage tunisien en un véritable incubateur à moustiques, avec des nappes phréatiques presque saturées et des eaux qui stagnent un peu partout. Un tableau pas très agréable qui laisse présager une prolifération inéluctable de ces insectes nuisibles, particulièrement dans certaines régions où le moustique tigre, espèce invasive particulièrement dangereuse, a déjà élu domicile.
Les spécialistes en entomologie (discipline de zoologie qui traite des insectes) ont mis en garde depuis près de deux ans sur les risques sanitaires liés à la multiplication des moustiques. Ils croient que les changements climatiques sont en passe de favoriser des conditions météorologiques propices à l’apparition d’espèces invasives comme le moustique tigre. Des risques qui incitent de plus en plus les chercheurs à l’Institut Pasteur de Tunis (IPT) à s’intéresser davantage à ce moustique très spécial. Ali Bouattour, chef du laboratoire d’entomologie à l’IPT, a été le premier à signaler officiellement la présence de Aedes albopictus (nom scientifique du moustique tigre) dans notre pays. Le spécialiste croit en l’importance de la surveillance de l’insecte en vue d’aider à la collecte des données relatives à sa prolifération dans le pays. Au cours des deux dernières années, l’on a pu constater une augmentation inquiétante des moustiques dans plusieurs gouvernorats.
Cette année, tout laisse croire que la situation sera particulièrement préoccupante surtout dans les zones urbaines proches des sebkhas et lagunes. À Sijoumi, par exemple, les riverains habitant à proximité de la célèbre sebkha risquent de vive un été cauchemardesque. Les services municipaux chargés de la démoustication ont toujours été impuissants devant l’ampleur du fléau.
Problème de santé publique
Manquant cruellement d’équipements et de moyens humains, les municipalités se contentent de quelques opérations de désinfestation qui s’avèrent souvent inutiles. Devant ce problème qui empire chaque année, les spécialistes croient en la nécessité de renforcer la prévention qui nécessite le renforcement des moyens alloués aux municipalités, la mise en place d’un système de surveillance entomologique performant, et surtout une action coordonnée impliquant tous les ministères concernés.
Au-delà de la simple nuisance, il s’agit d’un vrai problème de santé publique. Avec l’installation du moustique tigre en Tunisie, le risque d’émergence de certaines maladies virales particulièrement dangereuses devient réel. Et ce sont les populations vivant dans des quartiers pas très bien aménagés et n’ayant pas accès aux services de santé de qualité qui seraient les premiers touchés en cas d’épidémie.
Alors que l’été pointe déjà son nez et ne tardera pas à faire grimper le mercure, la question n’est plus de savoir s’il y a une recrudescence des moustiques, mais plutôt quelle sera son ampleur et quelles seront les actions que les autorités vont entreprendre pour y faire face. La balle est donc dans le camp des pouvoir publics qui doivent impérativement prendre leurs dispositions pour éviter que la situation devienne incontrôlable.
H.G.
L’ATUGE signe son premier long-métrage documentaire « Bâtisseurs »
L’ATUGE (Association des Tunisiens des grandes écoles) dévoile, aujourd’hui, à l’Ecole nationale d’ingénieurs de Tunis (ENIT) son premier long-métrage documentaire, « Bâtisseurs », un film de 1h08 réalisé par Hinde Boujemaa.
À travers les parcours de sept figures majeures mais souvent méconnues, ce documentaire rend hommage à une génération de Grands Hommes qui, dans les premières décennies suivant l’indépendance de la Tunisie, a contribué à jeter les fondations de l’État moderne.
Ces « bâtisseurs » ont œuvré, avec passion et détermination, dans un contexte souvent difficile, à l’émergence d’un pays qui a été parmi les plus prospères de la région.
Le film met en lumière leurs contributions décisives dans des domaines aussi variés que les infrastructures, les télécommunications, la finance, l’énergie, l’agriculture ou encore l’industrie chimique et manufacturière, lit-on dans le communiqué de presse de l’ATUGE.
Parmi ces personnalités : Mokhtar Latiri (infrastructure), Ali Boukhris (industrie chimique),
Mansour Moalla (finance), Brahim Khouaja (télécommunications), Ameur Horchani (agriculture), Mekki Zidi (énergie), Abdelwaheb Ben Ayed (industrie)
Le film s’attache à raconter leurs réalisations concrètes, mais aussi les obstacles qu’ils ont surmontés, sans jamais que ces difficultés ne les détournent de leur mission.
« Bâtisseurs » est aussi un message d’espoir et d’inspiration à destination des jeunes générations : il rappelle qu’avec de la vision, de l’audace, de la rigueur et un travail acharné, il est possible de transformer un pays.
Le documentaire repose sur de la recherche, incluant la collecte de documents d’archives, d’images rares, et de nombreux témoignages de proches, de collaborateurs et de membres des familles de ces « bâtisseurs ».
Avec ce projet, l’ATUGE célèbre ses 35 ans en offrant un document unique de mémoire collective, et espère raviver la fierté de ce que la Tunisie a su accomplir, tout en réaffirmant l’importance de la transmission et de l’engagement.
FILT : Horaires prolongés jusqu'à 20h les mercredi et jeudi
La direction de la 39ème édition de la Foire internationale du Livre de Tunis (FILT) a annoncé, mardi soir, que la foire sera ouverte au public jusqu’à 20h, exceptionnellement les mercredi 30 avril et jeudi 1er mai 2025. Il est à rappeler que la clôture de cette édition aura lieu le 04 mai 2025.
















