Nouveaux objets archéologiques récupérés
La Tunisie a récupéré, hier, le jeudi 24 avril, 3852 pièces de monnaie anciennes, datant des époques romaine et de l’Antiquité tardive. Ces pièces, découvertes entre 1990 et 1993 lors des fouilles menées par une mission archéologique américaine à Bir Knisiyah, sur le site historique de Carthage, avaient été provisoirement envoyées aux États-Unis pour y être nettoyées, conservées et étudiées. Elles sont désormais entreposées en toute sécurité dans la salle des coffres du Musée national du Bardo. L’Institut national du patrimoine (INP) a exprimé sa gratitude envers la chercheuse américaine Susan T. Stevens, du Randolph College, pour son rôle déterminant dans le rapatriement de ces pièces, ainsi qu’aux services douaniers tunisiens pour leur collaboration.
Editorial : Trouver la formule originale et ingénieuse
Par Hassan GHEDIRI
Comme chaque année, la Tunisie prend part aux réunions du printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), tenues du 21 au 26 avril à Washington. Une délégation officielle, conduite par le ministre de l’Économie et de la Planification, épaulé par le gouverneur de la Banque centrale, y représente le pays. Une présence qui s’inscrit dans une tradition diplomatique désormais bien ancrée, mais dont la portée réelle suscite de plus en plus d’interrogations.
Car si les relations entre la Tunisie et la Banque mondiale restent solides et actives avec plusieurs programmes de développement toujours en cours dans des domaines clés, le lien avec le FMI est quant à lui rompu de fait depuis octobre 2021. À cette date, il faut le rappeler, le conseil d’administration du Fonds s’est opposé au décaissement d’un prêt de 1,9 milliard de dinars, sollicité par Tunis depuis 2018, et ce, malgré la validation du processus par le comité des experts. Depuis, la Tunisie a été abandonnée à son sort. Principal point de discorde : la divergence radicale sur la nature et la portée des réformes économiques proposées par le FMI. L’institution estime ces réformes indispensables pour assurer la viabilité financière de la Tunisie. Mais le président Kaïs Saïed les a catégoriquement rejetées, y voyant une atteinte à la souveraineté nationale et une ingérence intolérable dans les choix économiques et sociaux du pays. Pour lui, céder aux diktats du Fonds veut dire abandonner les principes fondamentaux de l’équité économique et de la justice sociale, sur lesquels il compte bâtir son modèle de gouvernance.
Le divorce est donc consommé, même s’il n’est jamais été officialisé et reconnu. Les échanges entre Tunis et le FMI se limitent désormais à des rencontres protocolaires sans aucun effet procédural. C’est pour dire que les participations de la Tunisie aux sommets annuels de Washington n’ont de finalité que de maintenir une forme de présence, sans espoir tangible de reprendre les discussions sur d’éventuels nouevaux programmes de financement.
Face à ce blocage, la Tunisie a choisi de faire cavalier seul. Et il faut le reconnaître : elle s’en est jusqu’ici relativement bien sortie, malgré les vents contraires. Grâce à une résilience économique certaine et à des partenariats diversifiés, elle a évité l’asphyxie. Mais cette stratégie d’évitement atteint ses limites dans un environnement international de plus en plus instable, où les sources de financement se raréfient et où les vulnérabilités internes se creusent. L’isolement monétaire ne peut toutefois plus durer. Ce constat ne signifie pas pour autant que la Tunisie doit renoncer à ses principes. Bien au contraire, il est urgent de trouver une formule originale et ingénieuse, un équilibre subtil entre indépendance souveraine et coopération pragmatique. Il ne s’agit ni de céder à la logique du diktat financier, ni de s’enfermer dans une posture rigide qui n’ouvre aucune perspective.
L’enjeu est immense : retrouver une crédibilité auprès des partenaires internationaux sans sacrifier l’identité économique et sociale du pays. Cette équation complexe ne peut être résolue que par un effort de diplomatie économique renouvelée, fondée sur la transparence, la vision de long terme et une capacité réelle à proposer des alternatives viables aux schémas imposés. La Tunisie doit réintégrer, à ses conditions, la sphère monétaire mondiale. Car si la souveraineté est un droit, la viabilité économique est un devoir. Les prochaines réunions de Washington ne changeront peut-être rien à court terme, mais elles rappellent l’impératif d’un dialogue réinventé, où le réalisme stratégique et l’affirmation nationale ne s’excluent pas, mais s’articulent dans un projet cohérent.
H.G.
Sicca Jazz 2025 : Laissez-vous tenter par le jazz et par le Kef
Par Imen Abderrahmani
Encore quelques jours et le rideau se lèvera sur la 10ème édition du Festival Sicca Jazz. Rendez-vous musical printanier qui célèbre la vie et la créativité, au Kef. Le programme.
Elle aura lieu du 30 avril au 4 mai 2025, au grand bonheur des mélomanes, surtout les passionnés du jazz. La nouvelle édition sera une célébration d'une décennie de labeur, de passion, de rencontres qui a fait du Kef une belle destination pour les jazzmen comme pour les mélomanes.
Le comité d'organisation a annoncé plus de 120 concerts, une cinquantaine de spectacles gratuits, des artistes d'horizons différents venant de 30 pays et 200.000 spectateurs pour les neuf précédentes éditions. Des chiffres qui ne peuvent que motiver davantage les organisateurs qui ont choisi de célébrer ces acquis à travers ce programme spécial proposé pour cette 10ème édition et où le Kasbah sera de nouveau le cœur battant de la ville, accueillant une bonne partie des soirées.
Les notes de Sicca Jazz continuent de s’élever, de célébrer le printemps et le beau temps, accompagnant la célébration de la Journée internationale du jazz (30 avril), célébrée à travers plus de 190 pays, avec Abou Dhabi comme capitale mondiale en 2025. Des artistes ayant à leur compteur plusieurs expériences et qui ont exploré le jazz différemment seront de la fête. La 10ème édition du Sicca Jazz réunira des artistes de la Tunisie, l'Algérie, la France, la Serbie et l'Autriche.
Sonorités d'ici et de là
Le coup d'envoi sera à la Kasbah avec le compositeur et pianiste tunisien Mohamed Ali Kammoun qui proposera aux mélomanes une nouvelle création où le jazz dialogue avec la musique arabe et précisément avec le patrimoine musical du Kef. Du jazz aux couleurs et sensibilité keffoises tels le menu que propose l'artiste pour marquer la soirée d'ouverture et pour célébrer avec le public comme les organisateurs une décennie de créativité et de résistance.
« Free » de Zied Bagga, une création où le jazz est nourrie des musiques traditionnelles, est à l'affiche lors de la 2ème journée du festival. Applaudi lors de l'édition précédente des Journées musicales de Carthage (JMC), ce projet artistique que propose le trio Zied Bagga mérite le détour non seulement pour son langage musical mais aussi pour les sujets abordés dans les chansons. Le groupe tunisien partagera la scène avec le groupe français "Edredon Sensible", formation singulière et décalée composée de deux batteurs-percussionnistes et deux saxophones.
Figure emblématique de la scène musicale nationale et l'un des pionniers du jazz en Tunisie, le jazzman Faouzi Chekili qui a inspiré toute une génération sera à l'honneur, le 2 mai. Il proposera à l'occasion « Sicca Jazz Taqacim Revival », une relecture jazz du patrimoine musical tunisien, portée par toute la finesse, la profondeur et l’émotion qui caractérisent sa musique, lit-on dans les notes de présentation des artistes sur la page officielle de l'évènement.
Pour la 2ème partie de la soirée, le public aura rendez-vous avec Don Pac (Tunisie, un artiste tunisien multi-instrumentiste, jouant de la percussion, de la batterie, de la basse et de la guitare.
La soirée avant-dernière, celle du 03 mai, sera internationale avec à l'affiche les groupes « Haezz » (Autriche) et « Queen Sensation » (Serbie). La clôture sera avec le groupe « ElBesta » (Algérie), qui connait un franc succès en Algérie et ailleurs, avec une musique explorant une période charnière de l’évolution de la musique raï.
Côté découvertes, « Le Jardin des Pros » offrira une scène ouverte aux artistes émergents Lulia Project (le 2 mai à 17h) et Youssef Oueslati (le 3 mai à 17h). Question d'assurer la relève et d'encourager les jeunes artistes.
Avec la complicité de la salle itinérante « Cinéma T’dour », une bonne sélection de films racontant la musique sera proposée du 2 au 4 mai, avec deux séances à l'affiche, à 11h00 et 17h00.
Le festival sera une occasion également pour promouvoir le tourisme culturel à travers une série de manifestations annoncées telles que la journée dédiée au patrimoine culinaire de la région qui verra la présentation et la dégustation du célèbre « Borzguen », plat emblématique qui fait la renommée de la région. Des randonnées dans la nature, des visites des lieux de mémoire de la ville et du circuit culturel sont au programme de cette édition qui promet de belles histoires.
I.A.
Lancement officiel du partenariat tripartite autour de la promotion de TUNICASH : une solution innovante de transfert de fonds dédiée à la diaspora tunisienne
La GIZ Tunisie, la Société Tunisienne de Banque (STB) et la Tunisian Foreign Bank (TFBank) ont officiellement signé un accord de coopération pour la promotion de TUNICASH, un nouveau dispositif de transfert et d’épargne transfrontalier à destination de la diaspora tunisienne.
Cette collaboration s’inscrit dans le cadre du projet « Promotion de l’inclusion financière et socio-économique en Tunisie – IFSE-EDMEJ-GIZ », cofinancé par l’Union européenne et le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), et mis en œuvre par la GIZ. L’objectif est clair : renforcer l’accès aux services financiers innovants pour les Tunisien(ne)s de retour et les communautés locales, en particulier les femmes et les jeunes.
La cérémonie de signature s’est tenue en présence de Dr. Ariane Borgstedt, Directrice régionale de la GIZ Tunisie et Libye, de M. Rachid Batita, Directeur général de la STB, et de M. Walid Wahabi, Directeur du Développement Commercial et de Communication de la TFBank.
TUNICASH, fruit d’une innovation inédite développée avec une Fintech franco-tunisienne, permet à la diaspora tunisienne en France d’envoyer des fonds de manière instantanée, sécurisée et à moindre coût vers la Tunisie. Cette solution vise à mobiliser l’épargne de la diaspora tunisienne, canaliser leurs rémittences et réduire les transferts informels tout en favorisant une meilleure inclusion financière des communautés locales en Tunisie.
« Ensemble, nous ouvrons la voie vers une Tunisie où chaque transfert de fonds devient un acte d’engagement et de développement durable. », a déclaré Dr. Ariane Borgstedt.
De son côté, M. Rachid Batita a insisté sur la contribution de cette convention dans l'inclusion financière des populations des zones défavorisés de notre pays en facilitant l'accès aux services financiers de transfert instantanées de la part de notre diaspora ce qui constitue une des orientations stratégiques de la STB entant que banque publique, citoyenne et responsable. D’autant plus la présente convention permettra à la TFB de développer son portefeuille clientèle et démontrer une agressivité commerciale indispensable pour rentabiliser davantage cette banque de droit français mais de capital tunisien et qui demeure toujours au service de nos ressortissants en France."
Nous souhaitons nous réunir dans d’autres occasions de collaboration où toutes les parties engagées, mettront leur expertise et leur savoir-faire pour le bien de tous ».
Enfin, M. Walid WAHABI a souligné : « l’importance de cette coopération tripartite portant sur la promotion de TUNICASH non seulement comme produit de transfert mais en poursuivant la dynamique d’incrémentation de ses fonctionnalités techniques pour qu’il devienne prochainement un véhicule d’investissement et d’inclusion socioéconomique par excellence.
La TF Bank banque référence des TRE en France est consciente des enjeux de la finance digitale ainsi que des besoins évolutifs de la diaspora c’est pourquoi elle ne cesse de se réinventer et d’innover pour mieux accompagner et satisfaire sa clientèle placée au centre de sa préoccupation en France comme en Tunisie »
Dans le cadre de ses efforts pour encourager l’utilisation de canaux formels et digitaux pour les transferts de fonds, le projet EDMEJ-GIZ lancera prochainement une Caravane de sensibilisation à la finance digitale, qui parcourra plusieurs régions est consciente des enjeux du pays. Cette initiative vise à promouvoir des services financiers innovants, accessibles et inclusifs, en mettant en lumière des solutions telles que TUNICASH, facilitant les transferts transfrontaliers de manière rapide, sécurisée et à moindre coût. Elle s’adresse à la fois aux Tunisien(ne)s résident(e)s à l’étranger et aux familles réceptrices de fonds, afin de les sensibiliser à leur rôle dans le développement de la finance digitale et à l’adoption d’outils tels que le crowdfunding, le capital-risque ou encore le capital-investissement, portés par les FinTech tunisiennes. TUNICASH, en tant qu’acteur clé de cette dynamique, jouera un rôle actif au sein de la caravane, en favorisant l’appropriation des services financiers digitaux par les publics cibles. Cette action s’inscrit pleinement dans les efforts de renforcement de l’inclusion financière et de mobilisation des ressources de la diaspora au service du développement économique local.
Ce partenariat marque une étape essentielle vers une inclusion financière durable, en exploitant tout le potentiel des transferts de la diaspora pour soutenir l’investissement, l’épargne, et le développement économique local.
Au Centre des arts, de la culture et des lettres « Ksar Said » : Un mois du patrimoine à la fois festif et académique
Par Imen Abderrahmani
La célébration de la 34ème édition du mois du patrimoine sera riche en débats et en rendez-vous au palais Ksar Saïd, qui ouvrira généreusement, à cette occasion ses portails devant le grand public.
Une série de manifestations est annoncée, tout au long de ce mois, accompagnant les festivités prévues du 18 avril au 18 mai, explorant les différentes possibilités d’interactivité entre les savoir-faire traditionnels et les expressions artistiques, et mettant en exergue cette relation fondamentale entre l’art et la mémoire.
Accueillant chercheurs, experts…et artistes de différents horizons mais qui ont en commun une passion pour le patrimoine et une volonté pour le promouvoir et également le conserver, le programme que propose le Centre des arts, de la culture et des lettres « Ksar Said » et qui a démarré le 19 avril propose des spectacles vivants, des conférences scientifiques, des ateliers et une importante exposition organisée en collaboration avec la Poste tunisienne et la Direction nationale des arts plastiques. L’exposition, dont le vernissage prévu le 26 avril à 17h00, sera une occasion pour faire découvrir au grand public une sélection des œuvres plastiques inspirées du riche patrimoine tunisien et reprenant quelques traditions. Le vernissage de cette exposition sera suivi d’une série d’interventions scientifiques explorant la mémoire plastique tunisienne et revenant sur certaines expériences phares et de témoignages d’artistes qui se sont spécialisés dans la peinture des traditions et des scènes de vie d’antan.
Les Ghbonten et le henné à l’honneur
Parmi les moments forts de la programmation, la présentation du dossier de l’inscription du « Henné : rituels, esthétique et pratiques sociales » sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. La candidature du henné était portée par 16 pays arabes, du Moyen-Orient à l’Afrique du Nord et le « Henné » a intégré en décembre 2024 la liste de l’Unesco. La rencontre proposée le 07 mai à partir de 10h00 sera marquée par trois interventions mettant l’accent sur les spécificités de ce dossier, sur les pratiques qui sont liées à la cérémonie du henné à Siliana et à Kébili et sera accompagné d’un spectacle vivant restituant quelques pratiques de la cérémonie du henné dans plusieurs villes tunisiennes. Ce spectacle est assuré en collaboration avec l’association « Honna » (Elles). Il est à rappeler dans cet ordre d’idées que « Ksar Said » a abrité avant-hier une rencontre sur « Les arts du spectacle chez les Twayef de Ghbonten », également inscrit en décembre dernier la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, qui a été clôturée par la présentation d’un spectacle vivant, au grand bonheur des visiteurs et des participants.
Entre l’académique et le pédagogique
Un atelier scientifique sera également organisé, le 9 mai, à partir de 9h00, par l’Ecole d’Histoire et d’Anthropologie de Tunis, en partenariat avec la Chaire de- l’Organisation mondiale islamique pour l'éducation, la science et la culture- l’ISESCO pour la culture et le Patrimoine. « Hannibal, histoire et mémoire : l’homme, le politique et le stratège » est le thème de cette rencontre.
Pour la 3ème édition de la manifestation « Un monument… et des enfants », prévue les 3 et 4 mai, au Palais El Abdellia, elle verra l’exposition et la projection d’une série de photographies et de vidéos réalisées par des enfants. Le conteur Youssef Baklouti sera de la fête partageant avec les enfants des histoires et des contes du bon vieux temps.
Des journées pour les arts et métiers traditionnels organisées en collaboration avec le Centre de la céramique d’art-Sidi Kacem Jelizi, et la Délégation régionale de l’artisanat de Tunis sont annoncés, le 14 mai. Un hommage posthume sera rendu le même jour à la doyenne des potières de Sejnane, « Ommi Jomaa » (Jomaa Selmi), qui nous a quittés le 21 février 2025 et qui a contribué avec son savoir-faire à l’élaboration du dossier de l’inscription de la poterie de Sejnane sur la liste du patrimoine immatériel de l’Unesco, en 2018.
Des visites guidées rythmeront le programme qui se clôture le 17 mai par un spectacle grandiose des « Twayef de Ghbonten » à l’amphithéâtre romain de Carthage.
I.A.
Trois maisons d’éditions au 29ème Salon international du livre de Mascate
La Tunisie prend part à la 29ème édition du Salon international du livre de Mascate, qui se tient du 24 avril au 3 mai 2025 au Sultanat d’Oman, sous le thème « Diversité culturelle, richesse des civilisations ». Elle est représentée par trois stands portés par trois maisons d’édition : Latrach Edition spécialisée en livres académiques et universitaires, Masciliana Editions spécialisée en livres de traduction, de pensée et de création, ainsi que l’Union des Editeurs Tunisiens.
Cette 29ème édition du salon international du livre de Mascate réunit 35 pays en provenance des quatre coins du monde, avec l’Arabie Saoudite, en tant qu’invitée d’honneur.
Créé en 1992, le Salon international du livre de Mascate s'est imposé comme l'un des rendez-vous culturels majeurs de la région. Il constitue une plateforme vivante de dialogue entre auteurs et éditeurs et de découverte pour les lecteurs, au service de l'échange des connaissances, de la consécration des valeurs de coexistence et d'ouverture culturelle.
La Tunisie et l’Italie célèbrent « 60 ans de coopération archéologique » au Musée National du Bardo
Le partenariat archéologique entre la Tunisie et l’Italie, entamé dans les années 60, ne cesse de se consolider à travers des accords entre les institutions spécialisées et des travaux de recherche menés par les experts des deux pays.
Dans ce contexte, le Musée National du Bardo abrite, hier et aujourd’hui, deux journées d'études « 60 ans de coopération archéologique tuniso-italienne : bilan et perspectives » marquant le soixantième anniversaire de la première mission archéologique conjointe entre la Tunisie et l’Italie. Une pléiade de chercheurs tunisiens et italiens prennent part à cet évènement organisé par l’Institut National du Patrimoine (INP), l’Ambassade d'Italie en Tunisie et l’Institut Culturel Italien de Tunis.
Dans son intervention à l’ouverture des travaux, hier, Tarek Baccouche, Directeur général de l’Institut national du patrimoine (INP) a parlé d’une coopération très active dans le domaine de la recherche archéologique qui est « héritière d’une longue et riche histoire archéologique ». Il est encore revenu sur le passé glorieux Carthage et Rome qui « ont été pendant de longues périodes, le centre du monde et son pôle d’attraction ».
Revenant sur l’histoire de ce partenariat, Baccouche a fait savoir qu’une équipe conjointe relevant de l’Institut national d’archéologie et d’arts de Tunis, devenu Institut National du Patrimoine, et du Centro di Studi per la Civiltà Fenicia e Punica, a mené, de 1965 à 1966, les première fouilles archéologiques au Cap Bon dans la cité punique de Kerkouane, classée au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1986. Ces fouilles ont été conduites par d’éminents chercheurs et savants, élèves de Sabatino Moscati, fondateur des Etudes Phéniciennes, à l'instar de Piero Bartoloni, Enrico Acquaro, Ferrucia Barreca, Antonia Ciasca, Mohamed Fantar et Fethi Chelbi.
Aujourd’hui, l’INP annonce être « partenaire de projets de coopération transfrontalière avec l’Italie voisine, à travers un programme qui vise à renforcer la coopération entre les rives de la Méditerranée et à soutenir des projets porteurs de développement durable pour principal objectif le soutien à l'éducation, la recherche le développement technologique et l'innovation ».
L’Italie, premier partenaire archéologique
Comme l’a déclaré, l’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas, « ce que nous célébrons aujourd’hui va bien au-delà d’un simple anniversaire. C’est la mise en lumière d’un chemin commun, qui relie passé, présent et avenir et qui repose sur des valeurs solides : le respect mutuel, la confiance, le partage des savoirs et la volonté de valoriser un héritage qui reflète la profondeur des liens entre nos deux pays ».
« Aujourd’hui, avec quatorze missions actives, l’Italie est fière d’être le premier partenaire archéologique de la Tunisie », a encore dit l’ambassadeur italien, affirmant que depuis « le lancement de la première mission archéologique tuniso-italienne, dans les années 60, l’archéologie est devenue un pilier du partenariat » entre les deux pays. Ce partenariat a permis de « bâtir un espace d'échange fécond où se conjuguent rigueur scientifique, innovation, coopération institutionnelle et surtout enrichissement mutuel », a-t-il affirmé.
Le partenariat entre les deux pays s’illustre notamment à travers les accords de coopération signés avec des institutions italiennes de premier plan, telles que le Parc archéologique du Colisée, l’Institut Central pour la Restauration (ICR), l’Institut Central pour l’Archéologie, ainsi qu’avec de grandes universités italiennes pour ne citer que celles de Bologne et La Sapienza de Rome.
Ce partenariat qualifié d’ « exemplaire et pérenne », s’est aussi traduit à travers des expositions organisées dans les deux pays, pour ne citer que « Les Phéniciens » (Palazzo Grassi à Venise, 1988), « Hannibal à Carthage » (Musée du Bardo, 2016), -où trônait le célèbre buste du général carthaginois, œuvre datant de la deuxième moitié du XVIème siècle, conservée à la Galleria dei Busti du Palais du Quirinal-, « Rome Universalis. L’empire et la dynastie venue d’Afrique » (Colisée de Rome, 2018-2019), « Carthage, le mythe immortel » (Colisée de Rome, 2019-2020).
A l’affiche
La salle du Petit Palais au Musée du Bardo accueillera, du 25 avril au 25 juillet 2025, « DACCOURDOU. Aspects et formes de la présence culturelle italienne en Tunisie. Un récit photographique polysémique ». Le prochain grand évènement sera au Parc archéologique du Colisée de Rome qui accueillera « La Magna Mater de Zama à Rome », du 5 juin au 5 novembre 2025. Cette exposition itinérante sera compose d'objets archéologiques mis à jour sur le site de Zama Regia, dans le gouvernorat de Siliana, lors de fouilles réalisées sur des étapes à partir 1996.
Les soixante ans de la coopération tuniso-italienne dans le domaine du patrimoine archéologique ont levé le voile sur de nombreuses découvertes venues compléter et parfois remettre en question nos connaissances sur l'histoire de nos multiples et lointaines civilisations respectives.
Les missions archéologiques conjointes tuniso-italiennes largement actives dans des sites emblématiques comme « Carthage » (Tunis), « Kerkouane » (Cap Bon), « Thuburbo-Majus » (Zaghouan), Thignica, Althiburos, Numluli, Uchi, font l'objet de travaux de recherche, d'étude et de publications scientifiques et académiques qui sont au coeur de ces deux journées au Musée du Bardo.
Le Quotidien avec TAP
Mobilisation générale en Algérie : A quoi faut-il s’attendre ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
L’Algérie vient d’adopter un texte précisant les «dispositions liées aux modalités d’organisation, de préparation et de mise en œuvre de la mobilisation générale». Pour certains observateurs, tous les scénarios sont envisageables y compris le déclenchement d’un conflit régional. Quel sera l’impact d’une éventuelle escalade sur la stabilité de la région ?
C’est l’agence officielle TSA qui l’a révélé : «Le Conseil des ministres a examiné et adopté dimanche 20 avril un projet de loi relatif à la mobilisation générale. Avant même la tenue du conseil, l’annonce de l’inscription de ce point à l’ordre du jour a donné lieu à moult interprétations, d’autant que cela intervient dans une conjoncture de tension dans plusieurs pays frontaliers de l’Algérie.
Tension avec le Maroc et la France, instabilité en Libye et au Sahel, refus catégorique de normalisation avec l’entité sioniste, outre que ses richesses naturelles font de l’Algérie une cible de choix. C’est ce que pensent certains observateurs avertis. Et comme le dit le vieux adage «les gens de la Mecque connaissent mieux ses méandres». A quoi faut-il s’attendre ?
A cet effet, Dr Sahbi Khaldi : «Selon la presse algérienne, le Conseil des ministres a approuvé un projet de loi relatif à la mobilisation générale, visant à définir les dispositions liées aux modalités d’organisation, de préparation et de mise en œuvre de la mobilisation générale, prévue à l’article 99 de la Constitution», indique, également, un communiqué de la présidence de la République à l’issue de la tenue de la réunion du Conseil des ministres. Selon la même source : « L’Algérie n’a donc pas décrété la mobilisation générale et l’adoption du projet de loi ne signifie pas qu’elle s’apprête à le faire dans un proche avenir. Le pays se dote en fait d’un texte d’application d’une disposition prévue par la loi fondamentale. En effet: « l’article 99 de la Constitution prévoit que «le Haut Conseil de sécurité entendu, le président du Conseil de la Nation et le président de l’Assemblée populaire nationale consultés, le président de la République décrète la mobilisation générale en Conseil des ministres».
Guerre ou non ?
Selon Dr Sahbi Khaldi qui évoque la presse algérienne : «L’article en question n’apporte pas de précisions sur les circonstances pouvant motiver la mobilisation générale, sa durée, les modalités de sa mise en application, d’où la nécessité de clarifier les choses juridiquement en prévision d’une éventuelle situation nécessitant la mobilisation de toutes les capacités de la Nation, et pas seulement la mobilisation des troupes de l’armée et le rappel des réservistes. Il s’agit de mettre en place une procédure claire et sans failles permettant la mobilisation efficace et rapide de toutes les potentialités de la Nation en cas de risque de guerre ou de tout autre danger imminent». Et d’ajouter : «Le général d’armée Saïd Chanegriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), a présidé récemment la cérémonie officielle de passation de commandement. Installant le général-major Sid Ahmed Bormana à la tête de cette institution, en remplacement du général Ali Yahia Oulhadj.
Une nomination qui, au-delà de son aspect protocolaire, résonne dans un contexte sécuritaire et géopolitique que les autorités algériennes qualifient elles-mêmes de sensible. Sous le regard des cadres de la Gendarmerie et dans un cadre chargé de symboles, le message délivré par Chanegriha est limpide. Vigilance, loyauté et unité seront les piliers de cette nouvelle ère. Alors, l’Algérie, consciente des changements géopolitiques internationaux, se prépare à tous les scénarios pour justement défendre et protéger ses intérêts. Ce qui est logique...»
M.B.S.M.
Forum Afrique-France des transitions écologique et énergétique : Tunis accueillera la seconde édition
Business France, l'agence française en charge de l'internationalisation de l'économie française organise en Tunisie les 23 et 24 avril, la seconde édition du Forum Afrique-France de la transition écologique et énergétique. Cet événement régional est coorganisé avec le Club ADEME International, en partenariat avec les Régions Provence Alpes Côtes d'Azur et Grand Est, avec le soutien de Total Energies, du Groupe Suez et d'Expertise France.
Cet événement à caractère économique, fera le point sur les Objectifs de développement durable (ODD) des pays participants, les enjeux à court et moyen terme, ainsi que les solutions rapidement utilisables en Afrique en mode gagnant-gagnant. Il offre des opportunités de rencontres et d'échanges sur les transitions écologique et énergétique aux entrepreneurs, décideurs publics, collectivités territoriales, donneurs d'ordres et institutions financières.
Les représentants de neuf pays : Tunisie, Côte d'Ivoire, Maroc, Sénégal, Guinée, Algérie, Mauritanie, Libye, France y participent et exposeront les enjeux et les solutions en faveur de l'environnement, de la transition énergétique et de la ville durable.
Forum d'affaires auquel participent 40 entreprises françaises, il comprend une série de conférences et ateliers portant sur la protection de l'environnement, l'accès à l'eau, le développement des énergies renouvelables, le renforcement de l'économie circulaire, la RSE et la réduction de l'impact carbone. Un autre évènement spécialisé sur la météorologie en Afrique du Nord sera organisé le 21 avril par Business France, en marge du Forum TEE avec Prometeo - association française regroupant les services et technologies liées à l'expertise en météorologie et l'Institut national de la météorologie (INM) de Tunisie.
Enseignement : Visite technique de supervision de l’école primaire de Mornaguia
Dans le cadre de suivi de l’avancement du Programme de Modernisation des Etablissements scolaires en Tunisie II (PMES II), une visite technique de supervision de l’école primaire de Mornaguia a été organisée le mercredi 23 avril 2025. Cette visite s’est déroulée en présence des représentants de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) et de la délégation de l’Union européenne accompagnés par les représentants du Commissariat régional de l'Éducation de la Manouba, et par le Chef de l’unité de gestion par objectifs.
Le PMES II est un programme stratégique conduit par le ministère de l’Éducation, visant à moderniser durablement les infrastructures scolaires publiques en Tunisie. Cofinancé par le gouvernement tunisien, la BEI et l’Union européenne, ce programme est doté d’un budget de 80 millions d’euros pour la période 2024–2029. Il prévoit notamment la construction de 80 écoles primaires certifiées EDGE, l’acquisition de 73 bus scolaires, la fourniture d’équipements pédagogiques, ainsi que le renforcement des capacités des cadres du ministère de l’éducation.
Disparition : Fouad Mebazaa, ancien président intérimaire de la Tunisie, s’est éteint à l’âge de 91 ans
Celui qui fut président de la République par intérim, pour une petite période, du 15 janvier 2011 au 13 décembre 2011, s’est éteint ce mercredi 23 avril 2025, à 91 ans.
Sa disparition marque la fin d’une époque pour une figure politique qui a joué un rôle clé dans la période charnière de la transition démocratique tunisienne, après la Révolution de 2011.
Né le 15 juin 1933 à Tunis, Fouad Mebazaa était diplômé en droit de l’Université de Paris (Sorbonne) et avait également suivi une formation en sciences politiques. Son parcours politique s’est étendu sur plusieurs décennies, d’abord sous Habib Bourguiba, puis sous Zine El Abidine Ben Ali.
Il a occupé plusieurs fonctions de premier plan : gouverneur, député dès les années 1960, ministre de la Jeunesse et des Sports (1973–1976), ministre de la Santé publique, puis ambassadeur de Tunisie à Genève et auprès des Nations unies. Sous Ben Ali, il est resté un pilier institutionnel, notamment en tant que président de la Chambre des députés de 1997 à 2011.
Mais c’est après la chute de Ben Ali, à la suite de la Révolution du 14 janvier 2011, que son nom entre véritablement dans l’histoire nationale. Le 15 janvier 2011, en vertu de l’article 57 de la Constitution, il est désigné président de la République par intérim, succédant brièvement à Mohamed Ghannouchi. Il assumera cette fonction cruciale jusqu’au 13 décembre 2011.
Durant cette période tumultueuse, Fouad Mebazaa a supervisé la transition politique, nommant Béji Caïd Essebsi au poste de Premier ministre en février 2011, et conduisant le pays vers les élections libres de l’Assemblée constituante, organisées le 23 octobre 2011. Son rôle a été largement salué, notamment pour son sens du compromis et son souci de stabilité.
Fouad Mebazaa est parti laissant le souvenir d’un homme d’État respecté, qui a su faire preuve de retenue et de responsabilité dans l’un des moments les plus critiques de l’histoire moderne de la Tunisie.
Paix à son âme.
La Fête culinaire 2025 : Un univers de saveurs et de créativité !
Après un franc succès au cours de ses trois premières éditions depuis 2022, La Fête Culinaire revient en 2025 pour une quatrième édition encore plus savoureuse et animée ! Du 25 au 27 avril, ce festival gastronomique unique met à l’honneur les délices de la cuisine tunisienne et italienne, offrant aux visiteurs un véritable voyage culinaire à travers les traditions et influences du monde entier. Une célébration des saveurs, mais aussi des rencontres et des échanges entre chefs et passionnés de cuisine.
Un programme gourmand et inoubliable
Lors de ces trois jours, les visiteurs auront l’opportunité de vivre une expérience culinaire immersive grâce à des show cookings animés par des chefs d’exception venus de Tunisie et d’Italie. Pizza, pâtes fraîches, pâtisseries italiennes… chaque plat est une promesse de délices qui fera voyager vos papilles. L’événement se déroulera dans un village gourmand installé sur le parking du magasin général "MG MAXI", sur la route de La Marsa, un lieu parfait pour allier découvertes culinaires et ambiance festive.
Les Temps Forts de l’Événement :
• Vendredi 25 avril : Show cooking Lasagnes
• Samedi 26 avril : Concours de cuisine de 10h à midi
• Dimanche 27 avril : Concours de pâtisserie de 10h à midi
À l’extérieur du magasin, retrouvez des show cookings et des concours animés par la star de la gastronomie tunisienne et internationale, Mounir Arem, ambassadeur de la cuisine tunisienne auprès de l’OMT, et acteur clé dans l’inscription de l’harissa et du couscous au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
Des Chefs d’exception à l’œuvre
Cette année, le chef Feres Brini, reconnu pour son expertise avec plus de 15 ans d’expérience, dont 7 ans en boulangerie en Italie, enflammera les cuisines avec un show cooking mettant en avant la pizza, les pâtes fraîches et la pâtisserie italienne. Chef Brini, élu Eccellenze Italiane 2023 pour la qualité des produits Pomodoro e Mozzarella, apportera son savoir-faire à l’événement, accompagné de chefs tunisiens et étrangers.
Et ce n’est pas tout ! Eleonora Uccella, cheffe italienne de renom, sera également présente pour organiser des concours sur le thème des Black Box, célébrant la cuisine méditerranéenne authentique et créative.
Une Ambiance Unique pour toute la famille
Au-delà des démonstrations culinaires, le festival propose une atmosphère conviviale et festive grâce à une variété d’exposants qui offriront des produits uniques et des délices à découvrir. Des ateliers de cuisine pour enfants, comme la fabrication de goûters sains, ainsi que des spectacles de magie ajouteront une touche de fun et de magie pour toute la famille.
Et pour couronner le tout, deux heures de musique chaque jour garantiront une ambiance joyeuse et animée tout au long de l’événement.
Ligue 1- match rejoué de la 13e journée : L'Etoile s'impose à Gafsa ( 3-2) et s'approche des deux leaders
Par Jamel Belhassen
Le match tant attendu entre EGSGafsa et l'Etoile du Sahel a tourné à l'avantage des visiteurs, plus aguerris et vivant de certitude. Pourtant, les débuts étaient à l'avantage des Sudistes qui obtinrent un penalty pour faute sur Jouini mais Ben Mbarek vit son tir détourné par Gazzah ( 13e). La réussite sera du côté des Saheliens sur une balle arrêtée de Naouali ( 0-1) à la 35e suite à une faute de Mejri qui lui a valu un carton rouge. En seconde période, la tâche des Étoilés est devenue plus facile avec la réalisation de deux autres buts de Laouani ( 56e) et Chawat ( 66e). Cela n'a pas empêché les Gafsiens de continuer à lutter pour réduire le score par Omrani ( 79e) puis sur penalty par Haythem Mbarek ( 2-3) à la (90+5e). L'Etoile se retrouve ainsi à deux points des leaders, L'EST et l'USM, avec 57 points alors que EGSGafsa garde sa quatorzième place avec 21 points.
J.B.
La Tunisie peut facilement doubler ses revenus oléicoles : A quand la fin du vrac ?
Par Hassan GHDIRI
Bien que se classant quatrième sur le podium des exportateurs mondiaux, la Tunisie peine toujours à valoriser son huile d’olive qui se vend encore à l’étranger quasi-exclusivement en vrac.
Selon les données sur le bilan du marché de l’huile d’olive pour la campagne 2024/25 présentées par la Commission européenne, les prix moyens à l’origine de l’huile d’olive extra vierge en Italie sont plus de deux fois supérieurs à ceux de l’Espagne. Négocié en moyenne à 944 euros le quintal, le prix de l’huile d’olive italienne a été quasiment le double de celui de ces deux principaux concurrents, en l’occurrence l’Espagne et la Tunisie. Dans le péninsule ibérique, l’huile d’olive vierge extra se vendait depuis au début de l’année à un prix moyen de 440 euros le quintal. Quant à la Tunisie. le quintal d’huile d’olive extra vierge a perdu 52 % de sa valeur de l’année précédente pour se situer au-dessous de la barre de 400 euros.
Malgré cette dévalorisation de l’huile d’olive tunisienne sur les marchés extérieurs, le ministère chargé du Commerce et de la promotion des exportations s’est tout de même félicité des performances de la filière. Il a récemment annoncé cérémonieusement que la Tunisie se classe quatrième exportateur mondial de l’huile d’olive avec 10% des exportations prévues cette année. Depuis le début de la saison, les exportations auraient généré des recettes d’environ 5 milliards de dinars. Ce qui mérite d’être signalé, c’est bel et bien le fait que les exportations de l’huile d’olive conditionnée n’ont augmenté que très légèrement par rapport à la saison écoulé.
Gain potentiel
Bien qu’occupant la troisième place au podium mondial de la production de l’huile d’olive, la Tunisie demeure fortement orientée vers le vrac. Seuls 21 % de ses exportations sont en aujourd’hui conditionnées, contre 79 % en vrac. Or, comme nous l’avons précédemment souligné, le prix moyen du quintal d’huile d’olive extra vierge tunisienne est tombé sous les 400 euros, enregistrant une chute de 52 % par rapport à l’année précédente. En même temps, l’Italie qui, il faut le noter, importe de très grandes quantités du vrac tunisien, vend son huile à environ 950 euros le quintal, et ce grâce à une forte valorisation par le conditionnement, la traçabilité et le positionnement haut de gamme. Imaginons maintenant que la Tunisie double son taux d’huile exportée conditionnée.
Sur une exportation annuelle moyenne de 230 mille tonnes (2,3 millions de quintaux), cela représenterait plus de 960 mille quintaux conditionnés au lieu de 480 mille actuellement. En supposant une valorisation supplémentaire de 200 euros par quintal conditionné, cela représenterait un gain potentiel de plus 95 millions d’euros, soit environ 320 millions de dinars tunisiens.
Ce calcul ne tient même pas compte des retombées positives indirectes, comme la création d’emplois dans les secteurs de l’emballage, du marketing, du design, et de la logistique, ni les bénéfices économiques d’une meilleure visibilité internationale de l’huile d’olive tunisienne. Dans un contexte de baisse des prix à l’export qui devrait se confirmer la saison prochaine grâce (ou à cause) de la très bonne pluviométrie enregistrée en Tunisie et dans les principaux pays producteurs de la Méditerranée, la valorisation par le conditionnement n’est plus un luxe, mais une nécessité économique stratégique. Promouvoir le conditionnement local et investir dans une montée en gamme permettraient à notre pays de renforcer la résilience de sa filière oléicole qui joue un rôle fondamental dans le maintien de l’équilibre de la balance commerciale agricole.
H.G.
Editorial : S’adapter à un environnement mondial de plus en plus hostile
Par Chokri Baccouche
La guerre commerciale décrétée par le président américain Donald Trump va inévitablement impacter les pays arabes. Les nouveaux tarifs douaniers imposés par la Maison Blanche menacent en effet la rondelette somme de 22 milliards de dollars d’exportations arabes hors pétrole. Le Maroc, l’Egypte, la Jordanie et la Tunisie figurent en tête de liste des Etats arabes qui seront affectés par le paiement d’intérêts souverains supplémentaires en 2025. C’est ce que vient de révéler la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale dans une note d’orientation publiée il y a quelques jours. L’instance onusienne précise également que le Maroc et la Tunisie pourraient subir les effets négatifs d’une demande réduite de certains de leurs partenaires clés et notamment l’Union européenne qui absorbe 72% des exportations tunisiennes et 69% de celles du Maroc.
Dans une économie mondialisée, la moindre secousse génère des ondes de choc qui se répercutent inévitablement au-delà de l’épicentre du tremblement de terre, et ce, quelle que soit son intensité. C’est ce qui ressort en tout cas du constat dressé par la Commission onusienne qui met en garde contre les dommages collatéraux, directs ou indirects, résultant des nouveaux tarifs douaniers américains. Plus exactement, la beuverie se passe en Amérique, mais c’est l’Europe qui va se saouler et ce sont les pays maghrébins partenaires de l’U.E qui vont avoir, par ricochet, la gueule de bois. Bref, on peut dire que les perspectives ne sont pas du tout rassurantes surtout que la récession qui frappe de plein fouet l’économie mondiale s’est propagée aux quatre coins de la planète mettant à mal même les plus solides économies européennes où l’inflation atteint depuis quelque temps des sommets.
La Tunisie n’est pas épargnée malheureusement par ce tsunami inflationniste comme le confirment d’ailleurs et entre autres les déboires de l’huile d’olive tunisienne dont les recettes à l’exportation ont baissé, au terme des cinq premiers mois de la campagne 2024-2025, de 28,5% par rapport à la même période de la campagne 2023-2024. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, cette baisse a été enregistrée malgré l’augmentation de 46% des quantités exportées. Elle s’explique, selon l’Observatoire national de l’agriculture, par la forte réduction (-54%) du prix moyen de l’huile d’olive sur le marché international durant le mois de mars par rapport à la même période de la campagne précédente. De ce qui précède, on peut déduire qu’un avis de tempête se profile à l’horizon annonciateur d’une bourrasque. Les pressions inflationnistes qui vont crescendo et la récession qui affecte nos principaux partenaires économiques, européens notamment, vont inévitablement se répercuter sur l’économie nationale et risquent d’aggraver au passage le déficit de notre balance commerciale. Et pour ne rien arranger les choses, la récente imposition par l’administration américaine d’un droit de douane de 28% aux importations en provenance de la Tunisie, constituées majoritairement d’huile d’olive, est de nature à corser davantage la situation.
Pour prémunir l’économie nationale des aléas et des effets pervers liés à ce contexte international extrêmement difficile, nos décideurs seraient bien inspirés de trouver dans l’urgence des solutions alternatives. La voie de salut passe par l’exploration et la conquête de nouveaux marchés pour les produits tunisiens et l’établissement de nouveaux partenariats économiques avec des pays prometteurs en Asie, en Afrique ou ailleurs. Là où il y a une opportunité d’exporter ou de faire des affaires, nos acteurs économiques doivent être sur la brèche et faire preuve d’audace, de créativité et d’agressivité pour imposer le «made in Tunisia» dans cet environnement international de plus en plus concurrentiel. Il est plus que nécessaire à ce propos que l’Etat accompagne et soutienne pleinement cette dynamique en levant les obstacles administratifs et en assurant la promotion tous azimuts des exportations qui demeurent le véritable moteur de la croissance et la pierre angulaire du développement économique. Bref, on doit pouvoir s’en sortir à bon compte mais à la condition de nous adapter et de répondre à temps aux exigences de cet ordre économique mondial en pleine effervescence et qui fait peu de cas aux retardataires. Encore moins à ceux qui persistent à dormir sur leurs lauriers en attendant qu’un miracle céleste les tire d’affaire sans avoir à bouger le petit doigt….
C.B.
















