Ons Jabeur reprend la compétition cette semaine au tournoi de Madrid
Après une absence de quelques semaines pour blessure, la Tunisienne, Ons Jabeur reprend sa raquette ce vendredi au tournoi de Madrid. Son adversaire reste encore à déterminer. Rappelons qu'elle occupe à l'heure actuelle la 28e place du classement WTA. Souhaitons bon retour et bonne chance à notre ministre du bonheur qui a beaucoup perdu de sa verve ces derniers temps en raison de problèmes de santé
J.B.
Affaire liée au présumé complot contre la sûreté de l’Etat : De lourdes peines, des réactions et des interrogations
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
• Les peines de prison entre 4 et 66 ans
Le verdict dans l’affaire du complot contre la sûreté de l’Etat est tombé à l’aube samedi matin et les accusés ont écopé de peines allant de 4 à 66 ans de prison. Ces lourdes peines prononcées par la justice ont suscité de nombreuses réactions parfois contradictoires.
Après deux ans d’interrogatoires, d’enquête et d’expertise, le tribunal de première instance de Tunis a rendu à l’aube du samedi 19 avril 2025 son verdict dans l’affaire du complot contre la sûreté de l’Etat. Des peines allant de 4 à 66 ans de prison ont été ainsi rendues à l’encontre des quarante accusés dont 66 ans de prison à l’encontre de l’homme d’affaires et lobbyiste, Kamel Ltaief, 48 ans de prison à l’encontre de Khayem Turki, 43 ans de prison à l’encontre de Noureddine Bhiri alors que Jawher Ben Mbarek, Issam Chebbi et Ghazi Chaouachi ainsi que Ridha Belhaj ont écopé de 18 ans de prison chacun. Les autres peines vont de 4 à 13 ans de prison tandis que 3 accusés n’ont pas été jugés pour avoir déposé des recours, devant la cour de Cassation à l’encontre de la décision de la chambre d’accusation. Il il s’agit de Kamel Jendoubi, Noureddine Ben Nticha et Riadh Chiibi. A noter que les audiences au nombre de trois se sont déroulées à distance pour les accusés en état d’arrestation alors que la défense a refusé et rejeté dès le départ cette disposition prise par la cour conformément à l’article 73 de la Loi antiterroriste et 141 bis du Code des procédures pénales et ce selon la présidence du tribunal de première instance de Tunis. Et dès l’annonce du verdict, les réactions se sont multipliées dénonçant pour l’équipe de la défense «des peines lourdes pour un dossier vide» pendant que pour d’autres activistes «ces peines s’expliquent par la gravité des faits reprochés aux accusés»…
Vide ou fondé…?
Alors que les accusés ont été jugés coupables à divers degrés de «complot contre la sûreté de l’État» et pour «adhésion à un groupe terroriste», a précisé un responsable du Parquet antiterroriste, l’avocat du collectif de la défense, Abdessattar Messaoudi, a dès le départ de ce procès indiqué que «le dossier de cette affaire est vide et ne repose sur aucun fondement». Suite à l’annonce du verdict, Me Messaoudi a qualifié les peines rendues à l’encontre des accusés de «massacre judicaire». Et d’ajouter: «Nous n’avons plus qu’un seul choix maintenant, à savoir la cour d’appel». De son côté, l’avocate Samia Abbou a déclaré: «Le pouvoir veut un verdict aujourd’hui» alors qu’il y a «violation flagrante des procédures judiciaires», puisque les accusés «n’ont pas été entendus», dénonçant «une mascarade», en s’exprimant à l’agence française AFP.
D’autres activistes se sont réjouis, en revanche, de ce verdict en saluant «le courage et l’impartialité de la justice». C’est le cas de l’activiste sur les réseaux sociaux Med Amin, lequel a écrit sur sa page Facebook: «Je salue le courage des juges qui ont rendu justice au peuple tunisien en attendant de déraciner les partisans du mouvement Ennahdha de tout le système administratif». Du côté de la rue tunisienne, la grande question est de savoir si ces peines sont définitives.
A ce sujet, l’avocat Me Houssem Eddine Ben Atia nous a indiqué: «Tous les jugements rendus en matière correctionnelle et en matière criminelle peuvent être attaqués par voie d’appel. L’appel des jugements rendus par les tribunaux de première instance en matière correctionnelle et par les tribunaux de première instance statuant en matière de crime est porté de fait devant la cour d’appel. Et ce que vont entamer les avocats de la défense dans cette affaire».
M.B.S.M.
Justice : L'avocat et ancien juge Ahmed Souab placé en garde à vue
L'avocat et ancien juge, Ahmed Souab, a été placé en garde à vue pendant 48 heures. Arrêté à son domicile ce lundi 21 avril 2025 par une dizaine d'agents de police, Ahmed Souab a été conduit au pôle antiterroriste.
Cette arrestation serait liée à une déclaration médiatique qu'il avait faite en marge du procès pour complot contre l'Etat, dans lequel il fait partie du comité de défense. Il convient de rappeler que l’avocat Ahmed Souab a vivement critiqué la justice le jour du procès, vendredi 18 avril, estimant que les juges chargés d’examiner le dossier du complot contre la sûreté de l’État manquent de neutralité, voire agissent sous la menace. Selon certains observateurs, cette déclaration serait à l’origine de son arrestation.
A Beït Al –Hikma : Lumières sur les écrivains siciliens de Tunisie
« Écrivains siciliens de Tunisie d’expression française » tel est l’intitulé d’un colloque international qui aura lieu demain, le mardi 22 avril 2025, au palais de l’Académie Tunisienne des Sciences, des Lettres et des Arts, Beït al-Hikma, à Carthage.
Ce colloque sera consacré à l’étude des œuvres d’auteurs tunisiens d’origine sicilienne. Les écrivains siciliens, après l’indépendance de la Tunisie, ont poursuivi leur parcours en France ou en Italie, et ont en grande partie écrit en langue française, indique l’Institut Culturel Italien de Tunis dans sa newsletter du samedi 12 avril.
Dans le cadre de ce colloque prévue toute la journée, la salle de l’Agora La Marsa abritera, à 19h00, une projection exceptionnelle du film sorti en 2024 « La Bocca dell’Anima » de Guiseppe Carleo. Ce long-métrage de fiction (109′), écrit et réalisé par Guiseppe Carleo, est inspiré d’une histoire vraie dans la Sicile rurale de l’après-guerre. Il sera présenté en version originale sous-titrée en français.
La séance se déroulera en présence du réalisateur Giuseppe Carleo et de l’acteur principal Maziar Firouzi, suivie d’un débat modéré par Mariangela Intorre.
Cet évènement sera organisé par en collaboration entre la Chaire Sicile pour le Dialogue des Cultures et Civilisations de l’Université de La Manouba, l’Académie Beït al-Hikma, l’ICC de Tunis, la section culturelle à l’ambassade d’Italie et l’ambassade de France en Tunisie, L’alliance française de Tunis et la cimenterie Cat Colacem.
L’ouverture des travaux du colloque aura lieu en présence du président de l’Académie Beit al Hikma, de l’ambassadrice de France, du directeur de l’IIC de Tunis et du président de l’Université de la Manouba.
Des allocutions seront prononcées par les auteurs et Pr. à l’Université de la Manouba, Kamel Gaha, Pr. émérite, membre de l’Académie Beit al Hikma, et Alfonso Campisi, Pr. en Philologie Romane et Italienne et président de la Chaire de Langue et Culture Siciliennes.
Né à Trapani en Italie, Campisi est un philologue et méditerranéiste, spécialiste de langue et de culture siciliennes, qui s’intéresse à la Sicile, à la Méditerranée, au Maghreb et notamment à la Tunisie et au dialogue entre cultures et civilisations.
La première séance sera consacrée aux thématiques suivantes : « La francophonie à l’épreuve de la littérature pluriculturelle au Maghreb » (Falviano pisanelli), « Palais Disca : une saga captivante sur l’émigration sicilienne en Tunisie (Jean Louis Amiel) et « De Tunisie en France : itinéraire d’une famille sicilienne » (Jean Bevinetto).
« Le parfum envoûtant du jasmin » (Flavian Errera), « « les éditions arabesques et les Siciliens de Tunisie » (Moncef Chebbi), « scalesi : les soliloques tératologiques ? » (Manoubia ben Ghedahem) et « Terres promises. De Flavignana à Tunis » (Alfonso Campisi) sont au cœur de la deuxième séance.
La troisième séance prévue l’après-midi, prévoit des communications sur : « 100 ans en Tunisie : un passé recomposé » (Marie Giaramidaro), « Migrations italiennes en Tunisie : histoire des Montelatici au début du XIXème siècle » (Rosamaria Maggio), « Rayan ben Abdallah : un inspecteur en Tunisie, entre fiction et réalité » (Giorgia Gritti) et « Migrance et insularité dans les écrits d’Alfonso Campisi » (Bassem Aloui).
L’IIC présente un colloque qui offrira une plateforme d’échange sur les thématiques de la double appartenance et du lien culturel entre les deux rives de la Méditerranée. Les auteurs invités y présenteront leurs publications et participeront à des discussions enrichissantes autour de leurs expériences littéraires et identitaires.
Prix nationaux d’encouragement à la production littéraire et scientifique : Ouverture des candidatures
L’appel à candidatures pour la session 2025 des prix nationaux d’encouragement à la production littéraire et scientifique est ouvert aux auteurs tunisiens et leurs publications dans les différentes langues.
Le dernier délai pour l’envoi des candidatures est fixé au 30 mai 2025, lit-on dans un communiqué publié, sur le réseau social du ministère des Affaires Culturelles.
Les dossiers peuvent être envoyés par voie postale ou déposés auprès du bureau d’ordre de la Direction générale du Livre à l’adresse suivante : 12 Rue d’Arabie Saoudite, Lafayette, Tunis.
Le ministère précise que les prix sont attribués en application du décret gouvernemental n° 2021-76 du 21 janvier 2021, portant création et organisation des prix d’encouragement de l’Etat à la production littéraire et scientifique.
Ces prix sont scindés en 11 catégories: le roman, la nouvelle, la création théâtrale, les études artistiques et esthétiques, les études littéraires, les études en sciences humaines, les études maghrébines, le manuscrit, la création de dictionnaires et d’encyclopédies et la littérature de jeunesse.
Il s’agit de récompenses annuelles dotées de 10 mille dinars chacune. Le contenu du livre candidat doit être en lien avec les 11 catégories susmentionnées.
Les ouvrages sont obligatoirement individuels et parus en une première édition. Chaque dossier doit comporter 6 copies du livre candidat dont la date de parution est entre le 1er janvier et le 31 décembre 2024.
Toute œuvre ayant fait l’objet d’une précédente publication ou ayant obtenu des prix en Tunisie ou à l’étranger ne sera pas admise. Idem pour les livres académiques ou scientifiques réalisés dans un but purement professionnel.
Circulation infernale et anarchie urbaine : Que faire pour rendre nos villes plus vivables?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
A l’image de toutes les agglomérations du pays, l’Aouina, par ses embouteillages monstres et l’expansion urbaine folle, est l’exemple type de cette anarchie qui frappe le paysage urbain en Tunisie. Quelle solution?
Située sur la rive gauche de la Route nationale R9 reliant la capitale Tunis à La Marsa, Banlieue nord, la ville de l’Aouina est desservie par trois ponts qui servent d‘entrées aux quartiers résidentiels de l’Aouina et derrière Dar Fadhal et La Soukra, de la cité Essalama et derrière les quartiers d’Al Wahat et sidi Fraj et, enfin, la cité Ain Zaghouane. De fait, il faut avoir des nerfs d’acier et beaucoup de patience pour faire face aux embouteillages monstres qui se forment tous les jours, notamment aux heures de pointe. En effet, c’est le parcours du combattant matin et soir pour les milliers d’automobilistes et autres usagers du transport en commun, soit pour sortir soit pour entrer dans cette mégaville résidentielle. Pis encore et malgré l’urgence d’une solution à cette circulation infernale, on continue à construire des résidences à vingt et même à trente immeubles de sept étages chacun. Ici, le béton coule à flots sans que l’infrastructure et autres zones vertes et autres commodités suivent. Qui sont, en effet, les responsables de cette anarchie et à quand de vraies politiques de planification urbaine?
Pour l’activiste, Rached Mathlouthi, issu d’une famille qui habite la région depuis trois siècles: «Vue de l’extérieur, on peut bien croire que nous sommes dans des quartiers chics dotés de toutes les commodités, y compris une infrastructure routière moderne, des zones vertes et des espaces culturels. Malheureusement, la réalité est tout autre… Il suffit, en effet, de voir ces milliers d’automobilistes coincés notamment dans les heures de pointe sur les ponts et les artères de la ville de l’Aouina pour comprendre que ceux qui ont accordé ces permis de construire aux promoteurs immobiliers pour ériger des milliers d’appartements ont agi à courte vue. Résultat: des milliers de personnes suffoquent sous une pollution record et du béton urbain à perte de vue».
Que faire…?
La ville de l’Aouina n’est que l’exemple vivant des mauvais choix en matière de planification urbaine en Tunisie, «la planification des infrastructures routières implique d’effectuer la maintenance des équipements déjà en place et d’en planifier de nouveaux. Ces équipements comprennent les routes goudronnées, ainsi que tout ce qui leur est associé, comme la signalisation, l’évacuation des eaux et le terrassement. Ce n’est pas malheureusement le cas lorsqu’on décide de bâtir une ville ou procéder à un étalement urbain en Tunisie. Ce qui explique ces problèmes qui surgissent au fur et à mesure que la population augmente et avec les besoins en matière de transport, de loisirs et de services». Et d’ajouter : «L’expansion des zones urbaines et l’extension de leurs infrastructures vont de pair avec le nombre croissant d’avantages socioéconomiques dont de nombreux Tunisiens ont pu bénéficier au cours des dernières décennies. Cependant, certains changements de mode de vie ont une incidence négative durable non seulement sur les espaces ruraux et les paysages naturels, mais aussi sur les paysages urbains. Je veux dire par-là que les vestiges historiques, notamment romains et carthaginois par exemple, situés dans la zone de l’Aouina et de La Soukra ont été sacrifiés au profit de cette expansion urbaine folle. Donc, ce n’est plus uniquement un problème de circulation routière, mais aussi de tout un paysage urbain qui doit être repensé, car le paysage actuel est synonyme de stress, d’anxiété et d’énervement ainsi que du temps de vie de famille et de loisirs en moins, qui impactent très négativement la qualité de vie».
M.B.S.M.
Festival international du monodrame à Fujaïrah : Les artistes tunisiens brillent de mille feux...
Par Imen Abderrahmani
Oussama Kouchkar dans "Seul" de Walid Daghsni et Marwen Salaawi avec son "Dream" ont créé la surprise, lors de la 11ème édition du Festival international du monodrame à Fujaïrah (Emirats arabes unis) remportant tant de grands prix.
Organisée du 10 au 18 avril 2025, avec la participation de nombreuses troupes et de plusieurs artistes du monde entier, la 11ème édition du Festival international du monodrame à Fujaïrah a vu la consécration de deux œuvres et artistes tunisiens, dans deux catégories différentes de la compétition.
Talentueux acteur, avec au compteur de nombreuses œuvres théâtrales, cinématographiques et télévisées réussis, Oussama Kouchkar a su remporter le prix du meilleur acteur, confirmant son talent hors-pair. Ce prix lui a décerné dans la compétition officielle grâce à "Seul", monodrame écrit et mis en scène par Walid Daghsni et produit par "Clandestino". Œuvre qui explore et raconte les fractures de l'âme humaine, la quête de l'être humain d'une vie nouvelle, d'un nouveau départ, et ses déceptions, "Seul" est une réflexion non seulement sur la condition humaine mais surtout sur la capacité de cet être de réinventer son monde, de se libérer de ses malheurs pour se reconstruire. Récit intime, "Seul" est l'écho du vécu de cet être humain aujourd'hui, tiraillé par sa volonté d'avancer et une société compliquée et complexe, un système en perte de vitesse qui le tire vers le bas, vers le chaos...
"Dans un combat intense entre le passé et le présent, l’acteur oscille entre vengeance et pardon, hésitation et audace. Seul à bord de son poids lourd, il parcourt les routes de sa mémoire, chargé du fardeau des souvenirs et de photos anciennes qui l'empêchent d'oublier. Face à l'absurdité de son destin, il lutte pour redonner un sens à sa vie", c'est sur cet axe que repose ce monodrame qui tente de répondre à la question de départ: Peut-on vraiment retrouver un sens, avancer, au cœur de ces mutations quotidiennes et brusques qui bouleversent le pays où les échos du passé continuent à retentir?
La clôture de la 11ème édition du Festival international du monodrame à Fujaïrah a vu également défiler, sur le podium des heureux lauréats, l'artiste Marwan Salaawi qui a remporté trois grands prix de la catégorie "Théâtre scolaire" grâce à son "Dream" (Rêve). L'artiste a décroché le grand prix de l'œuvre complète, le prix du meilleur texte et également le prix spécial de la meilleure performance d'acteur.
I.A.
Editorial : Le salut par la solidarité…
Par Chokri BACCOUCHE
Quand un pays est sur la dèche et connaît de grandes difficultés comme c’est le cas actuellement de la Tunisie, la solidarité entre les membres de la société, qu’ils soient de simples citoyens ou des entreprises, doit être de mise en principe. Cette commisération permet non seulement d’alléger le fardeau de l’Etat mais de trouver également des solutions tangibles à des problèmes urgents. Les actions relevant du mécénat, de la philanthropie ou de ce qu’on appelle communément la responsabilité sociétale des entreprises s’inscrivent dans ce cadre. Si ces initiatives altruistes sont courantes sous d’autres cieux et plus particulièrement dans les pays dits développés, elles le sont beaucoup moins malheureusement dans nos murs. Rares sont en effet les entreprises ou les groupements d’individus qui prennent l’heureuse décision d’équiper ou de restaurer des salles de classe dans une école ou un collège délabré ou de participer au financement d’un projet d’intérêt public comme l’aménagement d’un espace vert ou un centre culturel. Bref, les entreprises dites citoyennes qui font preuve de générosité à l’égard de la collectivité ne sont pas du tout légion chez nous. La culture de la solidarité spontanée ne fait pas partie du glossaire de la plupart des entreprises dont certaines réalisent, pourtant, des chiffres d’affaires assez cossus bon an, mal an.
C’est le cas notamment de nos banques qui ont affiché ces dernières années des résultats nets très positifs, et ce, malgré les effets pervers et les dégâts causés par la crise sanitaire du Covid-19 qui a fait des ravages dans d’autres secteurs. Que nos banques aient pu s’en sortir à bon compte ne peut que nous en réjouir bien sûr mais force est de reconnaître que le secteur financier apporte non seulement un soutien plutôt timide à l’effort de développement du pays mais n’est pas porté également sur les activités philanthropiques et de mécénat. Bref, elles n’assument pas leur responsabilité sociétale à un moment où le pays connaît une crise multidimensionnelle.
Le drame survenu récemment à Mezzouna, où trois jeunes élèves ont péri dans l’effondrement du mur d’enceinte de leur lycée, est venu nous rappeler l’importance de la solidarité dans une société en difficulté. Combien aurait coûté la restauration ou la reconstruction de ce mur avant qu’il ne tombe sur ces malheureuses victimes en ce jour fatidique du lundi 15 avril 2025? Des vétilles certainement! Cette tragédie aurait certainement pu être évitée si les autorités compétentes, les citoyens et les entreprises de la région avaient été sollicités pour contribuer à temps à la réhabilitation de cette structure. Cela n’a pas été le cas malheureusement et on a dû payer très cher le prix de l’ineptie et de l’irresponsabilité.
Les infrastructures publiques qui accusent vétusté ou sont dans un état de délabrement total se comptent en fait par centaines. La plupart des hôpitaux publics et un grand nombre d’écoles, collèges et lycées tombent en effet en désuétude. Les premiers manquent terriblement d’équipements et de tous les moyens nécessaires pouvant assurer aux malades un service de qualité et les deuxièmes sont devenus carrément des pièges mortels menaçant de s’écrouler à tout moment sur la tête de leurs occupants. La restauration de ces infrastructures publiques revient essentiellement à l’Etat bien sûr mais les contribuables et les entreprises peuvent et doivent également participer à cet effort et apporter leur contribution, dans l’intérêt bien compris de la collectivité. En période de vaches maigres et de crise comme c’est le cas actuellement, la logique et le bon sens nous dictent l’impérieuse nécessité que tout le monde mette la main à la pâte ou plutôt à la poche pour participer à l’effort visant la résolution de certains problèmes urgents et gagner ainsi un temps précieux en attendant des jours meilleurs.
L’histoire nous donne d’ailleurs des exemples édifiants sur l’importance et le bien-fondé des actions collectives. En effet, les Allemands ont réussi en l’espace d’à peine une décennie à remettre sur pied et à reconstruire leur pays complètement ravagé par les bombardements alliés à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. La discipline, la rigueur, la solidarité et un sens aigu du patriotisme qui caractérisent le peuple allemand sont la clé de cette performance spectaculaire. Nos responsables, nos concitoyens et nos chefs d’entreprise gagneraient à s’inspirer de cette mentalité de bon aloi qui a fait ses preuves pour permettre au pays de dépasser le mauvais cap au moment où il en a ardemment besoin. Tous doivent se rendre à l’évidence que la conjugaison des efforts est le seul moyen de maximiser les chances de mener à bon port la barque, prise actuellement dans une satanée bourrasque…
C.B.
Affaire du complot contre la sûreté de l'État : Le détail des peines prononcées contre les accusés
La 5e chambre criminelle spécialisée dans les affaires du terrorisme auprès du tribunal de première instance de Tunis a prononcé, tard dans la nuit de vendredi, des peines de prison à l'encontre des accusés dans l'affaire du « complot contre la sûreté de l'État ».
Les peines varient entre 4 et 66 ans de réclusion, a indiqué le substitut du procureur de la République auprès du Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme dans une déclaration à TAP.
D'après une liste nominative publiée ce samedi par l'avocat Abdessattar Messaoudi, membre du collectif de défense, les condamnations concernent 37 accusés, certains sont détenus, d'autres en liberté provisoire.
Pour les accusés en fuite, les peines ont été assorties de l'exécution immédiate.
Trois accusés ont été radiés du dossier après avoir formé un pourvoi en cassation contre la décision de la chambre d'accusation de la cour d'appel. Il s'agit de Riadh Chaïbi (en liberté), Mohamed Kamel Jendoubi (en fuite), et Noureddine Ben Ticha (en fuite).
Les charges retenues contre les accusés portent sur des infractions graves, dont le complot contre la sûreté de l'État, constitution et appartenance à une organisation terroriste, atteinte visant à changer la forme du gouvernement ou à inciter les citoyens à s'entre-tuer, troubles, meurtres et pillages liés à des crimes terroristes et atteinte à la sécurité alimentaire et à l'environnement.
Liste des condamnés :
· Kamel Letaïef (détenu) : 66 ans
· Mohamed Khayam Turki (détenu) : 48 ans
· Noureddine Bhiri (détenu) : 43 ans
· Issam Chebbi (détenu) : 18 ans
· Jawher Ben Mbarek (détenu) : 18 ans
· Ghazi Chaouachi (détenu) : 18 ans
· Ridha Belhaj (détenu) : 18 ans
· Abdelhamid Jlassi (détenu) : 13 ans
· Fathi Slama (détenu) : 4 ans
· Ahmed Néjib Chebbi (liberté) : 18 ans
· Chaïma Issa: 18 ans
· Mohamed Lazhar Akremi (en liberté) : 8 ans
· Chokri Bahriya (en liberté) : 13 ans
· Ayachi El Hamami (en liberté) : 8 ans
· Mohamed Hamdi (en liberté) : 13 ans
Riadh Chaïbi (en liberté) : radié
· Noureddine Boutar (en liberté) : 10 ans
· Ridha Charfeddine (détenu dans une autre affaire) : 16 ans
· Sahbi Atig (détenu dans une autre affaire) : 13 ans
· Essaied Mohamed Ferjani (détenu dans une autre affaire) : 13 ans
· Kamel El Bedoui (détenu dans une autre affaire) : 13 ans
· Mohamed El Bedoui (liberté) : 13 ans
· Ali El Hlioui (en fuite) : 33 ans avec exécution immédiate
· Hamza El Meddeb (en fuite) : 33 ans avec exécution immédiate
· Monji El Dhaouadi (en fuite) : 33 ans avec exécution immédiate
· Kamel El Guizani (en fuite) : 33 ans avec exécution immédiate
· Ridha Idriss (en fuite) : 33 ans avec exécution immédiate
· Moustafa Kamel Nabli (en fuite) : 33 ans avec exécution immédiate
· Mohamed Kamel Jendoubi (en fuite) : radié
· Noureddine Ben Ticha (en fuite) : radié
· Kawther El Daassi (en fuite) : 33 ans avec exécution immédiate
· Mohamed Abdelraouf El Wssif Khalfallah (en fuite) : 33 ans avec exécution immédiate
· Abdelmajid Ezzar (en fuite) : 33 ans avec exécution immédiate
· Tasnime Rached El Kheriji (en fuite) : 33 ans avec exécution immédiate
· Nadia Akacha (en fuite) : 33 ans avec exécution immédiate
· Karim El Galleti (liberté) : 25 ans
· Rafik Chaâbouni (en fuite) : 33 ans avec exécution immédiate
· Najla Letaief (en fuite) : 33 ans avec exécution immédiate
· Bouchra Belhaj Hmida (en fuite) : 33 ans avec exécution immédiate
· Bernard-Henri Lévy (en fuite) : 33 ans avec exécution immédiate.
La ministre des Affaires culturelles : Pour une inscription prochaine de la Jebba sur la liste du patrimoine immatériel de l’Unesco
Depuis le site archéologique de Kerkouane (Nabeul), seule cité en Méditerranée à avoir conservé l'ensemble de son tissu urbain et architectural phénico- punique, a été donné, samedi 19 avril 2025, le coup d'envoi officiel des festivités programmées dans le cadre de la 34ème édition du Mois du Patrimoine (18 avril-18 mai), placée sous le thème "Patrimoine et art, mémoire de civilisation".
La cérémonie d'ouverture a été réhaussée de la présence de la ministre des affaires culturelles, Amina Srarfi qui a, dans une déclaration au correspondant de l'agence TAP, annoncé le lancement des préparatifs pour l'élaboration du dossier d'inscription de la jebba tunisienne sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Elle a également annoncé que des projets sont en cours pour préparer de nouveaux dossiers d'inscription d'éléments du patrimoine immatériel, après le dépôt de plusieurs candidatures, dont la plus récente, en décembre 2024, concerne les arts du spectacle chez les twayef de Ghbonten.
La ministre a d'autre part affirmé que le ministère suit la mise en œuvre des recommandations relatives au dossier d'inscription de l'île de Djerba sur la Liste du patrimoine mondial, et œuvre à finaliser les étapes nécessaires pour le dossier de candidature du "village de Sidi Bou Said : Hub d'inspiration Culturelle et Spirituelle en Méditerranée".
Par ailleurs, le ministère, a- t-elle ajouté, s'est attaché à accorder un intérêt requis aux différentes composantes du patrimoine national, matériel et immatériel, à travers de nombreux programmes et projets d'envergure dont notamment le projet de restauration de la Grande Mosquée Zitouna et de ses abords, celui de la restauration et de la valorisation de la Grande Mosquée de Kairouan et de son environnement immédiat, la réhabilitation des bassins des Aghlabides et de plusieurs éléments du rempart de la médina de Kairouan, l'aménagement du musée archéologique de Carthage ainsi que la restauration de l'amphithéâtre romain d'El Jem. Une attention particulière est également portée à l'ensemble des sites tunisiens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Amina Srarfi a précisé que le choix du site de Kerkouane, inscrit depuis 1986 sur la Liste du patrimoine mondial, pour le lancement officiel de cette édition du Mois du Patrimoine, vise à mettre en valeur les richesses archéologiques et historiques de la Tunisie à travers notamment des approches artistiques créatives et innovantes. Il s'agit aussi d'une invitation à visiter ces lieux d'histoire et de mémoire, à développer des activités culturelles, artistiques et économiques autour d'eux et à mieux les faire connaître tant au niveau national qu'international.
Dans ce sens, le coup d'envoi de l'édition 2025 a été marquée par une performance scénique intitulée "La Dame de Kerkouane" où théâtre, musique, danse et chant en langue punique étaient au rendez-vous, une création immersive, portée par les technologies numériques et les jeux de lumière, qui a offert une relecture sensorielle du quotidien des habitants de la cité punique, tout en retraçant les bouleversements historiques qu'elle a connus au fil des siècles.
Le Quotidien avec TAP
Ligue 1 (27e J.) : L’EST est toujours là, le CA abdique !
Par Kamel ZAIEM
Le derby de la capitale a été décisif dans la course au titre. Vainqueurs sur le score de (1-3), les Sang et Or ont été au rendez-vous de cet important derby qui promet de légitimes espoirs au gagnant et un coup dur pour le perdant.
Après une première mi-temps équilibrée, terminée sur un score de parité, l’Espérance a été plus efficace et plus déterminé à l’emporter, surtout lorsqu’elle s’est trouvée en supériorité numérique après le carton rouge justifié reçu par le keeper clubiste Yefrni (57’). La suite fut plus facile pour les gars de Kanzari qui ont repris l’avantage par Rodrigo sur penalty (85’) avant de corser la note par Jabri (90’+2).
Ainsi, l’Espérance rejoint l’US Monastirienne en tête du classement et tout se jouera lors de leur duel direct de la dernière journée, bien que l’Etoile du Sahel, avec un match en moins, reste aux aguets et demeure capable de surprendre les deux leaders actuels.
K.Z.
Résultats
A – EST (1-3)
USM – ASS (3-0)
USBG – ASG (3-0)
EGSG – CAB (2-0)
Classement
1* US Monastirienne 59pts
2 *Espérance de Tunis 59pts
3*Etoile du Sahel 54pts
4*Club Africain 53pts
5*Espérance de Zarzis 50pts
6*Stade Tunisien 45pts
7*Club Sportif Sfaxien 38pts
8*ES Métlaoui 36pts
9*CA Bizertin 29pts
10*Olympique de Béja 29pts
11*AS Soliman 26pts
12*US Ben Guerdane 24pts
13*JS Omrane 22pts
14*EGS Gafsa 21pts
15*AS Gabés 21pts
16*US Tataouine 18pts
Derby de la capitale : 1-1 à la mi-temps
Le derby de la capitale entre le Club Africain et l’Espérance de Tunis a été assez passionnant au cours de la première mi-temps qui s’est terminée sur le score de (1-1). Les Sang et Or ont été les premiers à trouver le chemin des filets par Jelassi (12’) alors que Laabidi a égalisé sur penalty à la 45e minute.
Cette parité à la mi-temps fait l’affaire de l’US Monastirienne qui a battu l’AS Soliman (3-0) pour s’installer en tête du classement.
Les politiques commerciales de la Tunisie bientôt sous la loupe de l’OMC : Plusieurs réformes dans la ligne de mire…
Par Hassan GHEDIRI
Alors qu’un vent d’incertitude souffle sur le commerce international sur fond de protectionnisme, la Tunisie va prochainement devoir défendre ses politiques commerciales devant l’OMC…
Cette année aura lieu le quatrième examen des politiques commerciales de la Tunisie devant le secrétariat général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et les autres pays membres avec lesquels sont conclus des accords bilatéraux. Ce sera un exercice d’évaluation du respect des règles, des disciplines et des engagements définis dans les accords de l’OMC et d’appréciation des pratiques commerciales et leur incidence (d’appréciation des pratiques commerciales et de leur incidence) sur le commerce extérieur. Le coup d’envoi des préparatifs pour ce rendez-vous crucial, prévu au siège de l’OMC à Genève en Suisse du 25 au 27 novembre 2025, a été donné avant-hier jeudi par le comité national chargé du programme.
À l’instar de tous les pays membres de l’OMC, la Tunisie est soumise à un examen périodique par l’Organe d’examen des politiques commerciales (OEPC). Appartenant au groupe des pays les moins avancés soumis à un examen tous les sept ans et pouvant bénéficier d’un intervalle plus long, la Tunisie passera ainsi son quatrième exercice depuis la création de l’OMC en 1995 à la place des vieux accords du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce). Les trois premiers examens avaient respectivement lieu (ont eu lieu respectivement) en 1995, 2005 et 2016.
Dans le dernier rapport établi en 2016 par le mécanisme d’évaluation des politiques commerciales (MEPC) de l’OMC, la Tunisie a été félicitée pour les évolutions réalisées en matière de commerce et d’investissement depuis l’examen de 2005. Il était notamment question de la croissance positive et de la stabilité macroéconomique qui ont pu être maintenues durant une décennie, permettant au commerce de bien résister malgré un environnement difficile sur le plan politique et de la sécurité (sécuritaire).
De nombreuses réformes stratégiques engagées par la Tunisie après la révolution ont été également jugées satisfaisantes, avec notamment l’adoption de la nouvelle Constitution en 2014. L’OMC, qui a estimé dans son rapport qu’il était compréhensible que le pays accorde la priorité aux réformes politiques et sociales, a encouragé l’État tunisien à libéraliser davantage les secteurs du commerce et de l’investissement, dans le cadre de ses efforts visant à stimuler la croissance économique. Un intérêt particulier a porté (a été porté) sur les réformes réglementaires, notamment dans le domaine de la fiscalité appliquée aux entreprises résidentes et non résidentes, ainsi que les mesures de libéralisation des échanges qui devraient aider, selon l’OMC, à remédier (les mesures de libéralisation au dualisme qui existe depuis longtemps dans l’économie tunisienne.
Discipline
Dans le dernier examen, les membres ont été particulièrement intéressés par le Code d’investissement qui était alors en gestation, et ce au regard des réformes annoncées en ce qui concerne certaines pratiques existantes, telles que les incitations fiscales octroyées aux entreprises exportatrices qui n’ont pas abouti aux objectifs escomptés en matière d’attraction et de développement des Investissements directs étrangers (IDE).
La Tunisie a été, par ailleurs, invitée à revoir les règlements en matière d’autorisation s’appliquant aux acquisitions de sociétés tunisiennes par des étrangers et la Loi de 1961 réservant les activités commerciales aux ressortissants tunisiens. De telles restrictions constituaient, d’après l’OMC, des obstacles à l’investissement étranger qu’il fallait supprimer.
Lors des réunions de novembre prochain à Genève, la délégation tunisienne devrait par ailleurs également exposer les progrès réalisés en ce qui concerne l’adoption d’une nouvelle Loi sur la concurrence, épinglée en 2016 par le mécanisme d’évaluation des politiques commerciale (commerciales). Une réforme des lois sur la concurrence est de nature à accroître la participation du secteur privé au commerce, dans la mesure où la concurrence avait jusqu’à présent été limitée par une intervention importante de l’État et par la multitude des institutions publiques impliquées dans le commerce dans beaucoup de secteurs, parmi lesquels l’agriculture, l’extraction de phosphate, l’énergie, les services bancaires, l’assurance et les services de transport.
La Tunisie avait été cependant félicitée pour avoir réduit considérablement son taux du droit normal non discriminatoire appliqué aux produits importés (NPF) moyens, qui est tombé de 45% en 2006 à 14% en 2016. Mais elle a été appelée à faire des efforts supplémentaires pour réduire les taxes prélevées sur les importations à titre d’impôt sur le revenu ainsi que sur certains régimes d’exonération et de suspension des droits d’importation et de la TVA, et sur les avantages fiscaux utilisés pour gérer les importations.
Lors du prochain examen, la Tunisie devrait, par ailleurs, faire preuve d’une meilleure conformité aux règles du commerce international en ce qui concerne la propriété intellectuelle et la lutte contre la contrefaçon, d’autant plus qu’il était question, lors du troisième examen de 2026 (2016), d’envisager la possibilité de suspendre le dédouanement à l’importation pour les marchandises portant atteinte aux droits de propriété intellectuelle. Il a été entre autres question de l’éventuelle création d’un registre national des indications géographiques dans le cadre de la stratégie de lutte contre la contrefaçon et le piratage.
Notant avec satisfaction que la Tunisie restait profondément attachée au système commercial multilatéral, l’OMC avait toutefois recommandé, en 2016, à notre pays d’accélérer les réformes dans le cadre de l’Accord sur la facilitation des échanges.
H.G.
Editorial : Made in tension … - Par Jalel HAMROUNI
Depuis le déclenchement de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis sur fond des nouvelles lois de douanes imposées par Donald Trump, le monde observe avec inquiétude, l’érosion progressive des règles économiques qui avaient, jusque-là, assurée une relative stabilité mondiale. Loin d’être une simple querelle d’intérêts commerciaux, ce conflit reflète une remise en cause plus large de l’ordre mondial hérité de l’après-guerre, et soulève la question d’une recomposition des alliances géopolitiques à l’échelle planétaire.
La guerre commerciale a officiellement débuté en 2018, lorsque les États-Unis, sous prétexte de rééquilibrer une balance commerciale déficitaire et de défendre leurs industries, imposèrent une série de droits de douanes sur des centaines de milliards de dollars de produits chinois. Pékin répliqua rapidement par des contre-mesures. Ce bras de fer a depuis affecté non seulement les deux protagonistes, mais également l’ensemble des partenaires économiques intégrés dans les chaînes de valeur mondiales.
Les conséquences économiques sont bien connues: hausse des prix pour les consommateurs américains, ralentissement de la croissance chinoise, perturbation des marchés boursiers et tensions sur les marchés émergents. Mais l’essentiel se joue ailleurs: dans la transformation silencieuse mais décisive des équilibres géopolitiques.
L’unilatéralisme affiché par Donald Trump a ébranlé la confiance d’alliés historiques des États-Unis, notamment en Europe et en Asie. La remise en cause des accords multilatéraux, qu’il s’agisse du Partenariat transpacifique, de l’Accord de Paris sur le climat ou encore de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a mis en lumière une volonté délibérée de rompre avec la diplomatie traditionnelle et de substituer à la coopération, un rapport de force brutal et transactionnel.
Cette rupture a eu pour effet paradoxal d’accélérer des dynamiques alternatives. Des puissances régionales comme la Chine, la Russie ou l’Inde se sont rapprochées, non sans divergences, autour d’un discours contestataire vis-à-vis de l’ordre américain. L’Union européenne, bousculée par les menaces tarifaires et les désengagements américains, tente de renforcer sa propre autonomie stratégique, qu’il s’agisse de défense, de politique énergétique ou de régulation numérique.
Ainsi, à mesure que la politique étrangère américaine se replie sur elle-même, une constellation d’acteurs tente de dessiner les contours d’un nouvel ordre mondial, moins centré sur Washington, et plus ouvert à la multipolarité. Cette mutation reste fragile, et les ambitions chinoises suscitent, elles-mêmes, méfiance et crispations. Cependant, il est indéniable que la guerre commerciale a agi comme catalyseur, accélérant une dynamique de diversification des alliances, d’émergence de nouveaux pôles d’influence et d’émancipation vis-à-vis de l’hégémonie américaine.
L’ordre mondial anti-Trump, ou, plus largement, post-hégémonique, n’est pas une utopie lointaine. Il se construit discrètement, à travers des accords économiques comme le RCEP (Partenariat régional économique global), des partenariats technologiques en dehors des standards américains, ou encore des initiatives en matière de sécurité collective, comme l’Organisation de coopération de Shanghai.
L’histoire retiendra que la guerre commerciale n’a pas seulement été une guerre de taxes et de chiffres, mais avant tout un révélateur de la fin d’une époque: celle où l’économie mondiale reposait sur une confiance implicite envers le leadership américain. Le monde de demain sera, très probablement, plus fragmenté, mais peut-être aussi plus équilibré, si les nations parviennent à privilégier la coopération à l’affrontement.
Le défi, désormais, sera d’éviter que cette transition géopolitique ne dégénère en une nouvelle guerre froide, où la rivalité sino-américaine imposerait à nouveau sa logique binaire au reste du globe.
J.H.
World Press Photo 2025 : Le cri silencieux d’un enfant de Gaza meilleur cliché de l’année
La photo bouleversante d’un garçon palestinien de neuf ans, qui a perdu ses deux bras en fuyant une attaque israélienne à Gaza, a remporté jeudi 17 avril 2025 le premier prix du World Press Photo 2025, selon l’AFP.
L’image, capturée par la photographe palestinienne Samar Abu Elouf pour le New York Times, est un portrait du jeune Mahmoud Ajjour, évacué à Doha après qu’une explosion lui a arraché un bras et mutilé l’autre l’année dernière.
« Travailler sur ce projet a été une expérience unique mais douloureuse », a déclaré Mme Abu Elouf lors de la remise des prix à Amsterdam. « Les enfants palestiniens ont payé un lourd tribut aux horreurs qu’ils ont vécues. Mahmoud est l’un de ces enfants », a ajouté la photojournaliste autodidacte.
Originaire de la ville de Gaza, Mme Abu Elouf est la première photographe palestinienne à remporter le World Press Photo. Évacuée de l’enclave en décembre 2023, la photojournaliste tire le portrait de Palestiniens blessés par la guerre, installés à Doha.
« L’une des choses les plus difficiles que la mère de Mahmoud m’ait expliquées, c’est que lorsque Mahmoud a réalisé que ses bras étaient amputés, la première phrase qu’il lui a dite a été : “Comment vais-je pouvoir te serrer dans mes bras ?” », a déclaré la photographe.
Une photo « qui parle très fort »
« C’est une photo silencieuse, qui pourtant parle très fort. Elle raconte l’histoire d’un garçon, mais aussi d’une guerre encore plus large qui impactera les générations futures », a déclaré Joumana El Zein Khoury, directrice exécutive de World Press Photo.
Le jury a salué la « forte composition et l’attention portée à la lumière » de la photo, ainsi que son sujet qui donne à réfléchir, en particulier sur l’avenir de Mahmoud.
Le garçon apprend maintenant à jouer sur son téléphone, à écrire et à ouvrir des portes avec ses pieds. « Mahmoud a un rêve très simple : il veut obtenir des prothèses et vivre sa vie comme n’importe quel autre enfant », ont déclaré les organisateurs du concours dans un communiqué.
















