Drame du lycée de Mezzouna : Cette négligence qui tue …
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le drame du lycée de la ville de Mezzouna survenu lundi dernier en dit long sur l’état catastrophique de l’infrastructure scolaire. Comment expliquer cette nonchalance et que faire pour rendre nos établissements scolaires plus accueillants et plus sûrs?
La rue tunisienne est toujours sous le choc suite au drame survenu au lycée de la ville de Mezzouna, gouvernorat de Sidi Bouzid et ayant fait trois morts parmi les élèves. Certains observateurs pensent qu’il n’y a pas que les clôtures qui s’effondrent et causent morts et chagrin... on se contente de rafistoler jusqu’à ce que la tragédie vienne frapper aux portes de cette chose publique complètement abîmée par le temps et par les hommes. Continuons à regarder ailleurs, à faire semblant, à ignorer les urgences, à laisser ce bateau ivre s’engouffrer dans les abysses de l’ignorance et de l’insouciance, a publié sur sa page officielle l’universitaire Chiheb Boughedir.
Alors pourquoi tant de nonchalance dans l’entretien de l’infrastructure et comment nous n’avons pas pu prévenir un tel drame? Les établissements scolaires (écoles, collèges et lycées) accueillent chaque année 2,4 millions d’élèves, et ce, selon des données fournies par le ministère de l’Education. Ces élèves sont répartis comme suit: 1 million 92 mille 220 sont inscrits au cycle primaire, y compris ceux des classes préparatoires, et 1 million 262 mille 600 élèves inscrits aux collèges (enseignement général et technique) et lycées.
L’actuelle année scolaire a enregistré également une augmentation du nombre des classes (814 nouvelles classes) portant ainsi leur nombre total à 90 635, réparties en 37 892 classes au niveau primaire, y compris la classe préparatoire, et 52 743 classes aux collèges et lycées.
Selon les données du département de l’Education, une légère augmentation de 0,4 % a été enregistrée au niveau du nombre des enseignants (titulaires et contractuels), au cours de l’année scolaire en cours, soit une augmentation de 636 nouveaux enseignants, portant le nombre total d’enseignants à 154 mille 779.
Le nombre d’établissements éducatifs a augmenté, également, durant la rentrée scolaire 2024-2025. Ainsi, 37 nouveaux établissements ont vu le jour, portant leur nombre total à 6 163 établissements, selon la même source.
Tous les avis sont en outre unanimes que l’infrastructure scolaire est peu accueillante et représente parfois même un danger. S’agit-il, de fait, d’un manque de moyens ou d’une mauvaise gestion dans l’entretien de ces établissements ?
Rééquilibrer les dépenses …
Interrogé à ce sujet, l’expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi nous a confié: «Même si lors de la plénière consacrée à l’examen du budget du ministère de l’Education au mois de novembre dernier et ce pour l’exercice de l’année 2025, le ministre avait annoncé que ce budget prévoit des rénovations scolaires, surtout dans les zones rurales, et la construction de nouveaux établissements, l’on se demande pourquoi certains établissements scolaires n’ont pas bénéficié de ces lignes destinées à l’entretien de cette infrastructure. Avec un budget estimé à 8044 millions de dinars, théoriquement le ministère de l’Education dispose des moyens nécessaires pour moderniser les établissements scolaires. En pratique, la grande partie de ce budget est destinée à la masse salariale. Donc, il faut rééquilibrer les dépenses destinées au secteur de l’enseignement. Aussi, il faut mettre le secteur au cœur des priorités de l’Etat et lui allouer les fonds nécessaires à sa modernisation».
Et d’ajouter: «La Tunisie importe aujourd’hui des produits de deuxième nécessité et il est, alors, temps de redéfinir nos priorités. A quoi sert, en effet, d’importer des produits de luxe tels que les produits cosmétiques alors que notre secteur de l’enseignement manque de moyens? Il faut savoir, également, que lors de la dernière visite de la rapporteuse spéciale des Nations unies sur le droit à l’éducation en Tunisie, cette dernière a constaté que l’infrastructure des établissements scolaires en Tunisie est défaillante et souffre de plusieurs insuffisances en dépit de l’engagement de l’Etat à investir dans l’éducation. Elle a, à cet égard, indiqué qu’elle a visité des écoles primaires à Kairouan qui n’avaient ni de l’eau potable, ni de cantine ni de fournitures scolaires et que les bâtiments avaient un besoin urgent de rénovation au point que l’administration a décidé de fermer certaines salles de classe pour des raisons de sécurité pour les élèves».
M.B.S.M.
Programme de renforcement des compétences « Dive into Heritage », à El Jem, du 19 au 23 mai 2025
Après les deux premières sessions à Oman au mois de mars 2023 et en Arabie saoudite, en octobre 2024, la troisième phase du programme de renforcement des compétences dans la région arabe dans le cadre du projet « Dive into Heritage », aura lieu en Tunisie. L’événement est prévu entre le 19 et 23 mai 2025, dans la ville d’El Jem. Et il portera sur le site de l’Amphithéâtre d’El Jem, inscrit depuis 1979 sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Portant sur la documentation numérique des sites du patrimoine mondial dans la région arabe, ce troisième atelier organisé en collaboration avec l’Institut National du Patrimoine (INP), marque la clôture de ce programme dans le cadre du projet « Plongez dans le Patrimoine » financé par le Royaume d’Arabie saoudite et l’UNESCO.
Dans ce contexte, un appel à participation est ouvert à tous les professionnels du patrimoine de la région arabe, de gestionnaires de sites et d’étudiants amenés à traiter la documentation des données du patrimoine numérique dans le cadre de leurs études, de leurs recherches ou de leurs activités professionnelles. Les participants bénéficieront notamment de cours théoriques et de travaux pratiques en photogrammétrie à l’aide de drones et de lasers scanner et d’appareils photo adaptés ainsi qu’à la réalisation de traitement des données collectées sur le terrain.
L’atelier a pour objectif de former des gestionnaires de sites et professionnels émergeants aux techniques de documentation numériques des sites du patrimoine mondial dans la région des Etats arabes, en leur permettant d’acquérir une compréhension approfondie des flux de données numériques et de la documentation numérique des sites culturels.
Il ambitionne de favoriser le partage de connaissances et d’expertises, d’exploiter et de perfectionner l’étude en cours élaborée par l’UNESCO, qui porte sur les lignes directrices, critères et normes, dans le cadre du projet « Dive into Heritage » en vue de définir de nouvelles normes pour la documentation numérique et la promotion des sites du patrimoine mondial.
Le projet « Dive into Heritage » (2022-2024) est une plateforme innovante qui intègre des technologies numériques de pointe pour améliorer l’accès en ligne aux sites du patrimoine mondial et promouvoir les biens du patrimoine mondial.
Ce projet s’inscrit également dans le cadre des efforts du Centre du patrimoine mondial pour mettre en œuvre les objectifs stratégiques de la Convention du patrimoine mondial notamment à travers le programme de renforcement des capacités dans la région arabe qui touche à sa fin avec cet atelier qui se déroulera autour du site de l’amphithéâtre d’El Jem, le plus grand colisée d’Afrique du Nord, édifié au IIIème siècle.
Sfax et son patrimoine racontés dans « Petit Pays, je t’aime beaucoup »
Du haut de ses bâtisses monumentales, aux techniques architecturales uniques, de ses fameux souks (poissons, tapis, cuir, bijoux, tissages, laines, etc.) couverts de voûtes en berceau, jusqu’à son port et ses exportations d’huile d’olive, la région de Sfax sera célébrée dans le cadre de l’exposition photographique collective « Petit Pays, je t’aime beaucoup », dans son édition 2025.
Cap sur Sfax, du 17 au 20 avril 2025, à Dar Ezzit, en plein centre-ville, pour raconter l’histoire de la Tunisie à travers le regard sensible et pluriel d’un collectif de photographes tunisiens et belges : Mehdi Ben Temessek, Sameh Bouchaala, Kai’s, Mona Fekih Khouaja, Dhia Guermit, Yasmine Hadhri, Helmi Jerbi, Charles Siala, Terry Taieb, Alain Van Haverbeke et Skander Zarrad.
Portée par Selima Kriaa Mdhaffer en tant que commissaire et l’artiste Wadii Mhiri dans la scénographie, l’exposition rend hommage à la ville de Sfax, à ses bâtisses historiques et à son patrimoine architectural.
A cette occasion, une grande collection d’anciennes cartes postales sera exposée. Le public pourra également découvrir une vidéo réalisée par un collectif d’architectes sur « Souk Kriaa », véritable joyau de l’architecture locale, témoin du génie des savoir-faire locaux.
Lancée dans une première édition à Tunis en septembre 2024, à l’initiative de L.I.V Advisory avec le soutien notamment de la délégation générale de Wallonie-Bruxelles en Tunisie, cette aventure photographique entame désormais sa tournée dans plusieurs régions de Tunisie.
«Cent livres tunisiens» : Un condensé de livres et d’idées…
Par Imen ABDERRAHMANI
Paru en janvier 2025, «Cent livres tunisiens» est une intéressante exploration des ouvrages écrits entre le milieu du 2è siècle et 2024. Le livre et les deux directeurs de ce projet éditorial sont à rencontrer demain, à la médiathèque de l’IFT, à 18h00.
Important document qui revisite tant de textes et de plumes tombés dans l’oubli. «Cent livres tunisiens», ouvrage collectif qui dépoussière des textes qui ont marqué les annales de la littérature tunisienne, considérés par les deux spécialistes Kamel Ben Ouanès et Chaabane Harbaoui, comme fondamentaux, marquants…
Paru chez Latrach Edition, au début de cette année, édité en français, l’ouvrage explore une centaine d’écrits des auteurs et autrices tunisiens dont 36 francophones et 64 arabophones, minutieusement choisis parmi 1253 titres. Mission qui n’a pas été aussi facile. «Notre objectif n’est pas de sélectionner les cent meilleurs livres tunisiens, comme s’il s’agissait d’une quelconque compétition ou d’un concours littéraire. Loin s’en faut. Bien d’autres ouvrages de qualité et d’un apport immense à notre culture ne figurent pas dans ce livre. Car, faut-il le préciser de prime abord, nous avons décelé, au gré de notre sensibilité forcément subjective, les titres que nous estimons plus à même de traduire une perception, fût-elle partielle, de l’identité tunisienne (…). Pour opérer ce choix, nous avons consulté mille deux cent cinquante-trois titres, tous genres confondus, en ayant constamment présent à l’esprit le souci de cerner, au-delà des spécificités de leurs époques et de leurs genres respectifs, les lignes de recoupement qui attestent d’une certaine continuité entre ces œuvres à travers l’Histoire», lit-on dans l’introduction qu’a signée Kamel Ben Ouanès et Chaâbane Harbaoui et qui explique la méthode du travail sur ces textes qui revisitent la notion de «tunisanité» et qui se veulent une célébration de la mémoire littéraire tunisienne dans sa richesse et dans sa diversité.
Apulée, Ibn Abi Dinar et les autres
Edité avec l’aide du Fonds d’encouragement à la création littéraire et artistique au ministère des Affaires culturelles, cet ouvrage est le fruit d’un travail assidu mené par un collectif comportant cinq auteurs, à savoir Adel Ben Youssef, Amina Chénik, Salah el Gharbi, Ahmed Mahfoudh et Issam Marzouk et dont la coordination générale a été confiée à Younès Ben Hajira.
Avec une présentation du grand philosophe et auteur «Apulée» (Lucius Apuleius) ayant vécu entre 125 et 180 à l’époque carthaginoise, s’ouvre le livre. Il y a de quoi ! Célèbre pour «Les métamorphoses ou l’âne d’or». Un texte qui date du 2è siècle après J-C et serait le premier roman latin qui a été conservé. Selon certains critiques, Apulée de Madaure serait le père du roman moderne dans le monde méditerranéen et occidental, lit-on dans l’ouvrage.
Ce voyage dans le temps et également dans les annales de la littérature tunisienne se poursuit avec des éclairages sur Ahmed Tifâchi, Abdallah Tijani, Ibn Khaldoun Cheikh Ahmed Nefzaoui, Ibn Abi Dinar, Al-Wazir Assaraj, Ahmed Ibn Abi Dhiaf... Tant de noms et tant d’ouvrages que cette publication dépoussière au grand bonheur des jeunes chercheurs comme des passionnées de littérature et de découvertes.
Le voyage se fait au fil de ces 214 pages qui se veulent une invitation pour plonger dans ces beaux livres très souvent méconnus par le grand public des lecteurs mais dont l’apport de leurs auteurs est immense.
Douze autrices sur la liste des cent
La lecture chronologique, l’ouvrage «Cent livres tunisiens» offre à lire des présentations et des notes de lecture des œuvres d’une importante sélection d’auteurs modernes et contemporains qui ont marqué par leurs idées comme par leurs écrits la scène littéraire tunisienne. Parmi lesquels nous citons: Abdelaziz Thaâlbi, Mohamed Tahar ben Achour, Hasan Hosni Abdelwaheb, Tahar Haddad, Abou al–Kacem Chebbi, Ali Douagi, Mohamed El Fadhel ben Achour, Mahmoud Messadi, Béchir Kraief, Paul Sebag, Albert Memmi, Mohamed Talbi, Taoufik Baccar, Mnaouar Smadeh, Béhir Ben Slama, Mustapha Fersi, Habib Boularès, Hichem Djait, Jean Fontaine, Ezzedine Madani, Ali Bécheur, Gilbert Naccache, Abdelmaid Charfi, Youssef Seddik, Abdelwaheb Meddeb, Nacer Khémir, Mohamed Ghozzi, Mohamed Habib Selmi, Fethi Ben Slama, Mohamed Salah Jaabri, Fadhel Jaibi, Hassouna Mosbahi, Houcine Al-Oued, Hédi Khélil, Mohamed Sghaier Ouled Ahmed, Hédi Timoumi, Moncef Ouanès, Soufiane Ben Farhat, Hassen Ben Othman… et Moha Harmel, jeune auteur dont l’œuvre romanesque comporte déjà trois romans, tous récompensés par un prix local, le prestigieux Comar d’Or.
Les autrices tunisiennes sont bien présentes à cet ouvrage, même si le nombre reste au-dessous de «nos attentes». Parmi les cent auteurs choisis, il n’existe qu’une douzaine d’autrices. Il s’agit de Jalila Hafsia, Emna Belhaj Yahia, Nefla Dhahab, Hélé Béji, Aroussia Nalouti, Azza Filali, Jalila Baccar, Nelly Amri, Amel Benammar Elgaaied, Alia Tabai, Olfa Youssef et Amira Ghenim.
Le livre, ce projet ambitieux et également ses deux responsables Kamel Ben Ouanès et Chaabane Harbaoui seront, demain, les invités du programme «Kteb Tounsi» que propose l’Institut français. «Cent livres tunisiens», un intéressant ouvrage-document à découvrir !
I.A.
Après le drame de Mezzouna: Ouverture d'une enquête judiciaire pour homicide involontaire
Dans une déclaration médiatique ce mardi 15 avril 2025, le porte-parole du tribunal de première instance de Sidi Bouzid, Jawhar Gabsi a annoncé l'ouverture d'une enquête judiciaire liée au décès de trois élèves à Mezzouna à la suite de l'effondrement du mur d'un lycée.
Gabsi a indiqué que l'enquête avait pour but d'identifier les responsables de ce drame. Ils seront accusés d'homicide involontaire et d'avoir provoqué involontairement des lésions corporelles à autrui, commises ou causées par maladresse, imprudence, négligence, inattention ou inobservation des règlements.
Fondation Hasdrubal pour la Culture et les Arts : Du Jazz pour valoriser des expressions musicales contemporaines
Par Kamel Zaïem
Dans le cadre de son engagement pérenne en faveur de la transmission artistique et du perfectionnement des pratiques culturelles, la Fondation Hasdrubal pour la Culture et les Arts Mohamed Amouri a ouvert, à compter du 11 avril 2025, une nouvelle session artistique consacrée au jazz et aux musiques improvisées.
Pour cette édition, Laurent Jost, Directeur musical de la Fondation Hasdrubal, a convié Stéphane Payen, Directeur du département Jazz et Musiques Improvisées du CNSMDP, accompagné de 9 membres de cette institution prestigieuse ainsi que, concernant la scène musicale tunisienne, les artistes Zied Zouari et Omar El Ouaer, aux côtés de 21 musiciennes et musiciens tunisiens réunis pour un travail collaboratif d'une grande exigence artistique.
Organisé en étroite collaboration avec le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP), cet événement bénéficie du soutien institutionnel de l'Institut Français de Tunisie ainsi que de l'Ambassade de France. Il s'inscrit dans une démarche d'échange interculturel et de valorisation des expressions musicales contemporaines.
Cette résidence artistique s'achèvera par un concert de clôture intitulé "Jazz et musiques improvisées", programmé le vendredi 18 avril 2025 à 19h30 au Hasdrubal Hall de Yasmine Hammamet.
Ce moment de restitution offrira au public une création originale, née d'un dialogue fécond entre les artistes invités et leurs homologues tunisiens.
Dans un esprit d'ouverture et de démocratisation culturelle, la Fondation Hasdrubal offre gracieusement l'accès à ce concert aux étudiantes et étudiants tunisiens, sur présentation d'un justificatif de scolarité, et dans la limite des places disponibles.
Par cette initiative d'envergure, la Fondation Hasdrubal confirme son rôle essentiel dans la promotion de la création contemporaine, la valorisation des talents émergents et le renforcement des échanges artistiques internationaux.
K.Z.
Editorial : Il n’y a plus de place pour l’hésitation - Par Hassan GHEDIRI
La balance commerciale tunisienne est historiquement et structurellement déficitaire. Son déficit n’a d’ailleurs pas cessé de croître au cours des deux dernières décennies. Aujourd’hui, beaucoup de facteurs, endogènes et exogènes, sont en train de se réunir et risquent sérieusement de rendre ce déclin quasi-irréparable. L’on ne va, néanmoins pas, tenter ici, dans ces colonnes, d’exposer toutes les causes qui ont conduit à ce résultat et qui sont essentiellement liées à des enjeux économiques internationaux qui font, aujourd’hui, monter et apaiser les tensions géopolitiques, et faire et défaire les alliances géostratégiques influençant directement les marchés et les prix. Au risque de se répéter, il est tout simplement question de rappeler le paradoxe de la Tunisie: un pays économiquement vulnérabilité se laissant malmener par le jeu de domination du commerce international dans un monde boulimique d’énergie. Parce que si, aujourd’hui, la Tunisie est incapable de se redresser, c’est essentiellement à cause de son échec énergétique.
On continuera toujours à affirmer, sans risquer jamais de se tromper, que la Tunisie est handicapée par son déficit énergétique. Les chiffres officiels confirment ce point de vue. Sur les 5 milliards de dinars (MD) de déficit commercial calculé par l’INS au cours du premier trimestre de 2025, qui s’est d’ailleurs aggravé de plus de 66% par rapport à l’année dernière, environ 3 MD sont imputés aux importations d’énergies. Se contenter d’espérer les improbables économies pouvant être réalisées si le prix du baril de pétrole se stabilisait aux environs de 65 dollars est un comportement condamnable et complètement impardonnable pour un pays qui a tous les atouts pour remédier progressivement et durablement à la principale et grande anomalie de sa balance commerciale, en l’occurrence le déficit énergétique. Au risque de se répéter encore une fois, la Tunisie n’a plus aucun prétexte pour ne pas placer sa résilience énergétique à la tête de ses priorités stratégiques.
Au train où vont les choses dans le monde, avec cette montée inédite des tensions entre la Chine et les USA sur fond d’une guerre commerciale qui prend une tournure spectaculaire, il n’y a plus place pour l’hésitation. Pour considérer à sa juste valeur le défi énergétique et estimer les opportunités considérables s’offrant à la Tunisie, il suffit d’observer la course mondiale pour les énergies renouvelables. C’est la Chine, avec qui la Tunisie est déficitaire de plus de 2 MD, soit un peu plus d’un tiers du déficit global, qui domine cette course avec des investissements dans les énergies renouvelables qui ont dépassé en 2024 les 950 milliards de dollars, soit plus que ce que dépensent, ensemble, les USA et les pays de l’Union européens. L’Empire du Milieu, qui fabrique 80% des panneaux photovoltaïques utilisés dans le monde, accapare également 60% de la construction mondiale des voitures électriques en plus des matériaux et composants nécessaires pour la fabrication des batteries de lithium. L’hégémonie commerciale imposée par la Chine au monde entier et qui se manifeste, pour notre pays, par un grave déficit irrémédiable devrait se renforcer dans les années à venir par un monopole sur le marché mondial des énergies renouvelables qui empêchera la Tunisie, si elle reste les bras croisés, de ne jamais rattraper son retard.
H.G.
USBG:Afouane Gharbi, nouvel entraîneur
La valse des entraîneurs continue en Ligue 1 et à quelques quatre journées de la fin de la saison. L'USBen Guerdane vient de nommer Afouane Gharbi qui succède à Jamel Khecharem. Il s'agit là du quatrième entraîneur de la saison après Fakhreddine Guelbi et Mohamed Ali Maalej.... il ne faut donc pas chercher loin le niveau de notre football qui ne fait que poursuivre une descente vers les profondeurs sans fond.
J.B.
EST : Le comité des sages soutient Hamdi Meddeb
Le comité des Sages de l’Espérance sportive de Tunis, réuni, hier, a réitéré son appui au président du club, Hamdi Meddeb, appelant la famille espérantiste élargie à poursuivre son soutien. Ledit comité a estimé que « le climat malsain » qui règne dans le football tunisien ces derniers temps a incité « certaines parties irresponsables » à commettre des actes de sabotage dans le but de nuire à l’image de l’Espérance dans cette étape cruciale de la saison 2024-2025.
J.B.
Le Mazzika Orchestra au Théâtre municipal de Tunis : Douce balade au pays des merveilles
Par Imen Abderrahmani
En tournée dans plusieurs villes européennes, le « Mazzika Orchestra » sous la direction de l’artiste tunisienne Amal Guermazi aura une escale au Théâtre municipal de Tunis, le 17 avril à 20h00.
Son adage : la bonne musique ne se trompe pas, elle va au fond de l’âme. Et c’est pour cette raison qu’elle a créé « Le Mazzika Orchestra », une troupe, un orchestre, qui interprète autrement, avec évidemment beaucoup de fraîcheur et de passion la musique arabe dans sa richesse et sa diversité.
Cheffe d’orchestre, directrice artistique, chercheuse et violoniste primée, Amal Guermazi conjugue sa passion pour la musique à tous les temps et les tons. Au Théâtre municipal de Tunis, elle partagera cet amour pour la musique et ses convictions artistiques avec les mélomanes, avec le grand public. Pour ce premier rendez-vous, l’artiste a tout préparé pour sublimer le grand public et pour réussir ce contact « colossal », choisissant d’inviter deux belles voix tunisiennes Mehdi Ayachi et Mehrezia Touil. Pour le programme. Il ne manquera pas de surprises.
Méticuleuse, Amal Guermazi, qui enchaîne, avec son « Mazzika Orchestra », les expériences et les concerts, sait bien comment raviver la flamme des mélomanes et attiser la curiosité des jeunes et ce en invitant, à chaque occasion, des artistes emblématiques de la scène musicale arabe.
Revisitant l’héritage de la musique arabe avec des concerts à thèmes comme « Nuits d’Orient » ou encore « Les divas arabes », l’artiste, violoniste et cheffe d’orchestre mise sur des relectures contemporaines des compositions classiques, apportant fraîcheur et innovation, sans toucher à l’âme de la chanson.
La passion conjuguée à une formation académique solide, Amal Guermazi a réussi à créer une passerelle artistique entre Orient et Occident, entre les artistes d’ici et d’ailleurs, entre le passé et le présent et également à familiariser les nouvelles générations des communautés arabes en Europe avec leur héritage musical.
Docteure en musicologie de Sorbonne Université, chercheure invitée à l’Université de l’Arizona, elle est connue pour son travail académique explorant la musique dans la culture et le cinéma arabes. D’où d’ailleurs sa thèse, intitulée « La musique dans les comédies musicales de Youssef Chahine : spécificités et fonctions ». Une carrière en Ré majeur, Amal Guermazi qui a commencé sa carrière en tant que violoniste, puis soliste, est aujourd’hui la tête pensante, la cheffe du premier orchestre arabe d’Europe, « Le Mazzika Orchestra », basé à Paris. Son concert du 17 avril, au Théâtre municipal de Tunis, promet d’être original, joyeux, riche en sonorités et en notes, chargé en émotions puisqu’il s’agit du premier contact de cette talentueuse musicienne tunisienne avec son public tunisien.
Il est à noter que suite à cette parenthèse musicale printanière tunisienne, « Mazzika Orchestra » sous la baguette de sa cheffe Amal Guermazi sera en tournée, en mois du mai, les 23, 24 et 25, à Brussels, à Paris et à Geneva…D’autres dates sont sur l’agenda de cet orchestre qui excelle là où il se produit.
I.A.
La Tunisie sera l’invitée d’honneur de « Between Music&Arts Festival »
La Tunisie sera l’invitée d’honneur de « Between Music&Arts Festival » qui se déroulera du 22 au 27 juillet 2025 dans l’île de Sicile, dans le sud de l’Italie.
« Le pays invité d’honneur pour 2025 sera la Tunisie, symbole du dialogue entre les deux rives de la Méditerranée, tandis que certaines activités s’inspireront de la figure de Marco Polo, emblème de la découverte et de la rencontre des cultures », a annoncé l’Institut culturel italien (IIC) de Tunis.
L’IIC a annoncé la programmation de cette édition de The Between Music&Arts Festival illuminera le site archéologique de Morgantina et la villa romaine du Casale, impliquant les communes de Piazza Armerina, Aidone, Mazzarino et Pietraperzia.
Le thème central de cette édition est la découverte et le partage comme outils de régénération culturelle, de créativité et de rencontre entre les peuples, dans une perspective interculturelle qui favorise la paix, l’inclusion et le dialogue. Le festival vise à valoriser les identités méditerranéennes, en célébrant la diversité comme une ressource à travers l’art et la musique.
Six jours de concerts, performances, expositions, projections, débats et laboratoires offriront une expérience unique pour les participants avec un focus sur le patrimoine Sicilien et le dialogue interculturel.
La nouvelle section cinéma sera organisée en collaboration avec MedFilm Festival et le Centre Expérimental de Cinématographie de Palerme. « Campus Cinema » offre une opportunité unique pour les jeunes auteurs, de moins de 33 ans, de toutes les nationalités qui seront invités à présenter des courts métrages de 10′ maximum. Les participants travailleront côte à côte dans des ateliers multidisciplinaires, aboutissant à des performances et des projections ouvertes au public.
« Songwriting Camp » est une résidence artistique internationale pour les auteurs-compositeurs-interprètes et compositeurs qui se tiendra pendant le Festival « Between Music&Arts » à Piazza Armerina. L’appel aux jeunes artistes méditerranéens est désormais ouvert pour Between Songwriting Camp 2025 qui sera couronné par un concert en plein air présenté à la clôture du festival. Le thème central de cette année est la musique méditerranéenne à influence jazz, pop et électronique.
Les candidats intéressés peuvent s’inscrire à partir du lien suivant : httpss://iictunisi.esteri.it/…/between-musicarts…/
Le Festival comprend également des installations artistiques, des performances à l’intérieur des sites archéologiques. L’orchestre de jeunes résidents « Musicainsieme a Librino » sera ouvert aux enfants étrangers et à ceux des villes concernées. Le projet The Human Bridge présentera des installations artistiques conçues comme un pont symbolique entre les rives de la Méditerranée et la vision d’un parc d’art sous-marin.
L’IIC présente un festival qui constituera une plateforme de dialogue et de transformation, capable d’entremêler art, communauté et vision éthique, faisant de la Sicile la véritable charnière culturelle de la Méditerranée.
A Beït al-Hikma : Les jeunes créateurs francophones tunisiens à l’honneur
L’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts, Beït al-Hikma, accueillera demain, le mercredi 16 avril 2025, à partir de 9h00, une table ronde intitulée « Les jeunes créateurs francophones tunisiens et les défis de la création ».
Organisée en partenariat avec les Editions Arabesques et le Groupe de réflexion et d’étude sur la littérature tunisienne de langue française, cette rencontre mettra à l’honneur une nouvelle génération d’écrivains sur la scène littéraire nationale.
Les cinq auteurs invités, publiés par les Editions Arabesques, partagent une volonté commune : interroger le monde à travers leurs mots, affirmer leur singularité dans un espace littéraire en mutation, et participer à l’écriture d’un imaginaire propre à leur génération.
Aziz Dridi, avec ses deux romans « L’homme qui voyait demain » et « Les coups de minuit », Ahlem Ben Messaoud, autrice du recueil de poèmes « Con te partiro » et des nouvelles « Une gorgée de vie », Amine Ben Nasr avec son roman « Lanterne », Feryel Saimanouli avec « Elles n’avaient pas le temps », et Insaf Khmaissia, autrice du roman « Avorte-moi Maman », partageront leurs expériences, leur rapport à l’écriture et leur regard sur le monde contemporain.
A travers cette rencontre, l’accent sera mis sur leurs motivations profondes, leurs influences, qu’elles viennent de la littérature, du cinéma, des séries ou des arts visuels, leur processus créatif, (rythmes, routines, méthodes…) ainsi que sur le regard qu’ils portent sur leur époque et la littérature d’aujourd’hui.
Le CSO propose un voyage de Rameau à Fauré
Le Carthage Symphony Orchestra (CSO) donnera le dimanche 20 avril 2025, à 19h30, au Théâtre Municipal de Tunis un concert intitulé « Trésors lyriques de Rameau à Fauré », avec comme invité le ténor Boris Mvuezolo, une success- story révélée en Tunisie.
Ancien choriste du CSO, il a poursuivi son ascension en intégrant le Conservatoire à Rayonnement Régional (CRR) de Paris, puis le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.
Le programme de la soirée propose un voyage à travers des chefs-d’œuvre de la musique française pour chœur, ténor et orchestre, avec des œuvres des compositeurs Jean-Philippe Rameau, Charles Gounod, Georges Bizet, Jacques Offenbach, Jules Massenet et Gabriel Fauré. Des œuvres pour violoncelle et orchestre de Gabriel Fauré et Jules Massenet, interprétées par Wassim Makni au violoncelle, seront également au programme.
Le concert comportera aussi des extraits du programme donné à Belgrade le 20 mars dernier, avec des compositions du maestro Mohamed Makni, du compositeur et violoncelliste Wassim Makni, du chef de chœur et compositeur Mourad Gaaloul, ainsi que des airs traditionnels serbes.
Sous la direction musicale du chef d’orchestre Hafedh Makni, aux côtés du chef de chœur Mourad Gaaloul, le concert est organisé par l’association Musique Sans Frontières (MSF).
Festival « Vues d’Afrique » : Mention spécial pour « Les enfants rouges » et Premier prix pour « Charité »
Deuxième long- métrage de Lotfi Achour, « Les enfants rouges » (Red Path, pour le titre anglais) a remporté une nouvelle distinction, la mention spéciale dans la catégorie « Droits de la Personne » au Festival international de cinéma « Vues d’Afrique » à Montréal (Canada), dont le palmarès de sa 41ème édition a été dévoilé, hier le dimanche 13 avril, lors de la cérémonie de clôture.
Par ailleurs, le court-métrage « Charité », écrit et réalisé par la Tunisienne Feriel Kallel, a reçu le premier prix dans la catégorie « Regards d’Ici ».
Sélectionné dans plus de 50 festivals à travers le monde et ayant raflé plus d'une quinzaine de prix, le film « Les enfants rouges » sera dans les salles à partir du 23 avril prochain offrant aux cinéphiles l’occasion de découvrir l'histoire qui a bouleversé la Tunisie, inspirée de faits réels, celle des deux bergers attaqués par des Jihadistes au moment où ils font paître leur troupeau dans la montagne de Mghilla, région extrêmement pauvre et isolée du Nord-Ouest tunisien, en novembre 2015. Nizar 16 ans, est tué tandis qu'Achraf, 14 ans, doit rapporter un message macabre à sa famille (synopsis).
Scénariste de séries tunisiennes à succès comme « Naouret El Hawa » ou le feuilleton ramadanesque « Flashback » (2016-2017), Feriel Kallel signe avec « Charité » son premier film en tant que réalisatrice. Elle a exprimé, dans un post sur sa page facebook, son immense joie que ce premier prix vienne récompenser sa première oeuvre dans sa toute première sélection officielle dans un festival.
La musique originale de ce film indépendant produit par Fsili Monia est composée par l'artiste, interprète et musicienne Mouna Chtourou. Le court-métrage a bénéficié du soutien de la Fondation Joussour basée au Canada et œuvrant à construire un pont culturel et artistique entre la Tunisie et le Canada, et à encourager les collaborations artistiques multiculturelles. La fondation a exprimé sa fierté d'accompagner cette « oeuvre engagée et profondément humaine » et de soutenir des projets qui rassemblent, interrogent et célèbrent les talents francophones d’ici et d'ailleurs.
Porté par des talents tunisiens, québécois et d'ailleurs, le court-métrage (22minutes), raconte l'histoire de Joe, un sans-abri sexagénaire, qui rencontre par hasard Clara, une jeune femme lui offrant nourriture et abri devant sa maison. Au fil du temps, elle lui apporte quotidiennement des repas, créant une routine réconfortante. Puis, sans explication, ces attentions cessent brutalement et Clara disparaît. Inquiet, Joe part à sa recherche et finit par la retrouver. Ce qu'il découvre alors dépasse toutes ses attentes : ce qu’il croyait être une relation humaine et bienveillante n’était en réalité qu’une arnaque malveillante. Cette rencontre révèle comment une compassion apparente peut parfois masquer des intentions trompeuses (synopsis).
Originaire de Sousse, Feriel Kallel a poursuivi ses études à l'Ecole supérieure des sciences et technologies du design à Tunis (ESSTED). Elle a travaillé comme assistante réalisatrice sur de nombreux projets tunisiens, collaborant avec des réalisateurs de renom, et participant à des séries télévisées populaires ainsi qu'à des tournages de spots publicitaires.
Installée au Canada depuis 2019, elle travaille comme assistante réalisatrice sur la série télévisée « STAT’ », ainsi que sur le long-métrage de fiction « Carnaval » de Akram Adouani. Elle est membre de la Guilde canadienne des réalisateurs (GCR) depuis février 2024.
Le Quotidien avec TAP
Dernier monstre sacré de la littérature sud- américaine, Mario Vargas Llosa s’en va
Figure majeure de la littérature sud-américaine, le romancier péruvien Mario Vargas Llosa, lauréat du prix Nobel de littérature en 2010, s’est éteint, hier, le dimanche 13 avril, à l'âge de 89 ans. Auteur d’une œuvre pléthorique, il a publié une vingtaine de romans, tout autant d’essais et une dizaine de pièces de théâtre ces soixante dernières années. Une carrière littéraire couronnée par le prix Nobel de littérature en 2010 et par son entrée à l'Académie française onze ans plus tard, en 2021, dont il fut le premier membre à n'avoir jamais publié une œuvre en français.
Parmi ses romans les plus célèbres, figurent « Tours et détours de la vilaine fille », « La fête au Bouc », « La tante Julia et le scribouillard », « La maison verte », « Conversation à la cathédrale »ou encore « La ville et les chiens », tous publiés, en France, aux éditions Gallimard. Son dernier livre, « Les vents », a été publié en 2023. Mario Vargas Llosa est aussi un des rares écrivains dont l’œuvre a été publiée de son vivant dans la prestigieuse collection de la Pléiade, comme l’ont été André Gide, André Malraux, Marguerite Yourcenar, Eugène Ionesco ou encore Jean d'Ormesson et Philippe Roth.















