Editorial : Corriger les déséquilibres et éliminer les inégalités - Par Hassan GHEDIRI
Et voilà un nouveau projet de loi de finances qui se veut une réponse aux attentes des différents acteurs et catégories sociales. Le document examiné mardi par les membres du gouvernement ne va sans doute pas déroger à la sacro-sainte règle des équilibres budgétaires. En attendant sa validation et son adoption en Conseil des ministres avant d’être débattues par le parlement, le PLF 2026 définit des objectifs économiques et financiers globaux selon une vision qui, souligne-t-on dans un communiqué gouvernemental, concrétise « les choix constants de l’Etat national et qui matérialise les principes constitutionnels visant à garantir le droit à un développement juste et équitable » pour tous les Tunisiens.
A première vue, l’Exécutif n’a rien laissé au hasard et il semble avoir réglé son budget comme un papier à musique. Il promet des mesures qui consacre l’Etat social, une économie plus dynamique, des régions mieux lotis, une fiscalité plus équitable… Il s’agit, selon les mots du gouvernement, de traduire par des actes « les choix constants de l’Etat national » et « les principes constitutionnels d’un développement juste et équilibré ».
Mais la question qui se pose, est à quelle mesure l’Etat sera dans la capacité d’honorer ces engagements. Car, il faut le rappeler, ce n’est pas la première fois qu’on nous promet justice sociale et croissance inclusive. C’est ce qu’on n’a pas cessé d’inscrire dans pratiquement toutes les lois de finances depuis la révolution. Des budgets qui reprennent les mêmes objectifs et réitèrent les mêmes engagements. Les résultats ?
Ils peuvent toujours attendre. Les chiffres sont là pour le confirmer, parce que le chômage demeure très élevé, le pouvoir d’achat se détériore et des pans entiers de la population sombrent dans la marginalisation et la précarité poussant des centaines de milliers de jeunes à partir en quête d’une meilleure vie sous d’autres cieux. Un décalage flagrant entre les promesses et la réalité.
Le PLF2026 peut-il inverser la tendance et démentir les pronostics alarmistes et pessimistes ? Tout dépendra de comment l’Exécutif entend traduire ses intentions en des actions, car les intentions ne suffisent pas et les Tunisiens en ont marre des belles déclarations. Alléger les impositions en instaurant l’équité fiscale ? Oui, mais cela suppose une transformation radicale de l’économie qui permet de normaliser le secteur informel, c’est-à-dire abolir la contrebande et finir une fois pour toute avec la fraude. Promouvoir le développement régional ?
Bien sûr, mais encore faut-il que les régions disposent des ressources et de l’autonomie pour prendre leur destin en main. Soutenir l’investissement ? C’est chose indispensable, mais cela implique l’abolition de toutes les entraves réglementaires et bureaucratiques. Et surtout, l’Etat doit être cohérent, il ne peut pas promettre de nouveaux recrutements dans le PLF2026 sans garantir, en amont, les conditions de la croissance.
Un projet de loi ne pouvait pas se transformer en un catalogue de promesses non tenues. Les Tunisiens veulent du concret, un pouvoir d’achat qui prend du poil de la bête, des emplois pour des milliers de jeunes et des conditions de vie décente pour tous les citoyens dans toutes les régions. Les Tunisiens veulent des hôpitaux et des écoles publiques dignes de ce nom, et un service de transport respectueux et de qualité.
Le PLF2026 dresse des orientations et défint ses objectifs, mais il n’aura de sens que lorsqu’il apporte des réponses à toutes les attentes, corrige les déséquilibres et élimine les inégalités.
H.G.
Des master-class de musique de chambre pour musiciens tunisiens sont prévus pour octobre 2025
Une série de master-class de Musique de Chambre (répertoire occidental) assurées par deux professeures de renommée internationale au profit des musiciens et musiciennes tunisiens, se tiendront à Tunis, les 19, 21, 23 et 25 octobre 2025.
Les candidats sont appelés à s’inscrire avant le mardi 30 septembre 2025 à minuit. Les inscriptions se font uniquement par email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Ces master-class sont spécifiquement ouvertes aux musiciens et musiciennes tunisiens faisant partie d’une formation de musique de chambre constituée et souhaitant proposer un programme composé d’œuvres ou d’extraits d’œuvres du répertoire occidental. Ils visent à renforcer la formation, l’excellence et la visibilité des musiciens tunisiens dans le domaine de la musique de chambre, a annoncé l’Institut Français où se dérouleront les sessions.
Les formations les plus abouties seront invitées à se produire le samedi 25 octobre à 20h30 au sein de la Cathédrale de Tunis, en première partie d’un concert produit par la Fondation Hasdrubal pour la Culture et les Arts Mohamed Amouri.
Le célèbre Chœur des Petits Chanteurs de la Principauté de Monaco ainsi que de talentueux(ses) choristes tunisien(ne)s assureront la seconde partie de cet événement.
L’Autrichienne Anaïs Tamisier (Autriche), Université de Musique et des Arts du Spectacle de Vienne, et l’Irlandaise Diane Daly, Académie Royale de Musique de Dublin dirigeront ces master-class qui s’inscrivent dans le cadre du programme « Professionnalisation et Entrepreneuriat Culturel en Tunisie ».
Ces master-class sont organisées par la direction musicale de la Fondation Hasdrubal pour la Culture et les Arts Mohamed Amouri, avec le soutien de l’Ambassade de France en Tunisie, de l’Institut français de Tunisie, de l’Ambassade d’Autriche á Tunis- Österreichische Botschaft Tunis, de l’Université de Musique et des Arts du Spectacle de Vienne (MDW – Universität für Musik und darstellende Kunst Wien) et de l’Académie Royale de Musique de Dublin (Royal Academy of Music).
Elles s’insèrent dans le cadre des accords conclus par la Fondation Hasdrubal avec divers partenaires parmi les grands instituts et académies internationaux spécialisés dans la formation musicale. Ces accords visent à ouvrir de larges perspectives pour les musiciens tunisiens à travers la participation à des ateliers de musique dirigés par des artistes internationaux.
La Fondation internationale Hasdrubal est dédiée aux Arts, à la Culture et à la production d’artistes de renommée internationale. Le violoncelliste français Laurent Jost assure la direction musicale de la Fondation à travers des manifestations musicales saisonnières.
Ligue 1- 7e journée : Le ST solide au poste, L'EST et l'USM confirment,l'ESS réagit
Par Jamel Belhassen
La dernière tranche de la septième journée a été assez intéressante avec des résultats plutôt logiques. Au Bardo, le Stade Tunisien a repris la tête du classement en s'imposant face à l'ASMarsa (1-0) sur un but de Saihi dès la (6e). A Rades, l'Espérance a battu logiquement l'O.Beja, ( 2-0) avec deux goals de Jebali ( 8e) et la nouvelle recrue Danho ( 84e). De son côté, l'Etoile du Sahel a réussi à ramener une victoire importante pour le moral en déplacement contre l'ASSoliman ( 2-0) grâce à deux buts de Sanghor ( 4e) et Laouani ( 64e). Anane ayant raté auparavant un penalty qui a été détourné par Ben Cherifia ( 62e). Enfin, à Monastir, l'Union locale a confirmé sa bonne santé en s'omposant (1-0) devant le CABizertin sur un but de Gadiga ( 65e).
Classement
1) ST 17 points
2) ESZ 16
3) EST 14
4) CA 13
5) USM 13
6) ESM 11
7) JSK 10
8) CSS 9
9) CAB 8
10) JSO 8
11) ESS 8
12 ASM 7
13) USBG 6
14) ASG 6
15) ASS 4
16) OB 2
J.B.
Wahib Zannad expose à l’Archivart Gallery : Une invitation à la contemplation
Du 27 septembre au 27 octobre 2025, l’Archivart Gallery accueille l’exposition de Wahib Zannad, placée sous le signe de la contemplation intérieure.
Intitulée « Dans l’intimité de la contemplation », cette exposition propose une plongée picturale dans l’univers sensible de l’artiste.
Loin des clichés du peintre romantique, Wahib Zannad revendique une approche résolument expressionniste, nourrie par l’héritage des grands maîtres du 19ème siècle. La lumière, véritable matière première de son travail, devient un outil de structuration de l’espace, un vecteur de rythme et un révélateur d’âme. Elle insuffle à ses toiles une tension poétique où formes et couleurs dialoguent en silence.
Les organisateurs décrivent cette exposition comme une invitation à un voyage intérieur, où le spectateur est convié à explorer un monde à la fois profondément personnel et universel. Les œuvres de Zannad se distinguent par leur intensité émotionnelle, leur sensualité assumée et une quête permanente d’harmonie chromatique. Le sujet, souvent prétexte, sert surtout à interroger l’équilibre des formes et à révéler la vibration intime de la lumière.
L’émotion qui émane de ses tableaux s’appuie sur une représentation poétique de l’imaginaire. Un souffle de sublime traverse l’ensemble, porté par une esthétique proche du fauvisme, où les couleurs franches et vibrantes imposent leur force expressive.
Né à Paris en 1979, Wahib Zannad vit et travaille aujourd’hui à Sidi Bou Saïd. Diplômé de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Tunis en Arts et Métiers, ainsi que de l’Université Ibn Khaldoun en Architecture, il entame sa carrière artistique en 2001, après un séjour marquant de deux ans à Dakar.
« Mon œuvre est profondément expérimentale, guidée par le partage d’émotions et une figuration de plus en plus expressionniste. Je me suis toujours refusé à m’enfermer dans un courant ou une école. Pour moi, l’essence des arts plastiques réside dans cette confrontation permanente avec les frontières que certaines tendances tentent d’imposer », confie l’artiste.
À ce jour, Wahib Zannad a présenté trois expositions personnelles : Djerba entre terre et mer (2016), Les enfants des faubourgs (2017) et Méditerranée (2019).
Etat de Palestine : Que vaut cette reconnaissance sans qu’elle ne soit accompagnée d’actes concrets ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Que vaut cette vague de reconnaissance de l’Etat de Palestine sans être accompagnée d’actes concrets de nature à mettre fin à ce génocide qui vise le peuple palestinien… ?
Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, vingt personnalités, dont Philippe Torreton, Joann Sfar, Arthur et Charlotte Gainsbourg, demandent de conditionner la reconnaissance d’un État palestinien à la libération des otages et au démantèlement du Hamas. C’est dire la fragilité de cette reconnaissance qui, d’emblée, va diviser les Palestiniens eux-mêmes. « Il ne faut pas imaginer que Hamas va accepter ces conditions et on peut même assister à une guerre interne au sein même des différentes factions faisant partie du Conseil national palestinien (le parlement de l’Autorité palestinienne), estime Me Houssem Eddine Ben Atiya. Et d’ajouter : « Sans actes concrets et des mesures réelles de nature à donner un caractère souverain à cet Etat, il sera difficile pour les Palestiniens de s’unir autour de ce projet que certains observateurs n’hésitent pas à qualifier de « coup de bluff ». D’ailleurs, le président américain est allé jusqu’à dire qu’il s’agit de mouvements pour la galerie en allusion à la reconnaissance de l’Etat palestinien par les grandes puissances dont notamment 4 membres permanants du Conseil de sécurité de l’ONU. A mon sens, la priorité aujourd’hui est l’arrêt de ce génocide et la levée du blocus. Cela ne peut se faire que par des gestes concrets et clairs, à savoir l’arrêt de toute aide et coopération militaire avec l’entité sioniste de la part des pays comme la Grande- Bretagne et la France. Pour rappel, l’entreprise Israël Aerospace Industrie, principale firme aéronautique et de défense d’Israël, bénéficie de financements européens, notamment pour développer des drones de combat. Et c’est avec ces drones de combat que l’armée sioniste tue quotidiennement des enfants, des femmes et des civils palestiniens ». Que vaut, alors, cette reconnaissance de l’Etat palestinien sans qu’elle ne soit accompagnée de faits concrets ?
Trop tard, trop peu… ?
S’exprimant dans le journal ‘’Le Monde’’ sur cette vague de reconnaissance de l’Etat de Palestine, Monique Chemillier-Gendreau, professeure émérite à l’université Paris Cité, spécialiste du droit international et de la théorie de l’Etat, estime que « c’est trop tard et trop peu. Trop tard, car ces nouveaux pays, qui viennent de reconnaître l’Etat de Palestine, ont laissé Israël détruire, méthodiquement, depuis des décennies, les bases de cet Etat. Le geste symbolique de la reconnaissance procurera sans doute une satisfaction de façade, mais il n’aura pas beaucoup d’effets. Trop peu, car pour accomplir les promesses contenues dans tous les engagements du droit international à l’égard du peuple palestinien, il faut bien d’autres actes. Israël ne pliera que sous la contrainte. Pour l’instant, cette reconnaissance est celle d’un Etat fantôme. Si l’on veut reconnaître un véritable Etat palestinien, il faut lui redonner les bases concrètes de son existence. Comment identifie-t-on un Etat ? Par certains éléments : un territoire viable, une population regroupée librement, des institutions disposant des fonctions régaliennes, une capitale choisie souverainement. Or, Israël s’est employé, depuis sa création, à détruire tous ces éléments et les autres Etats n’ont rien fait. Mais ce qu’Israël n’a pas pu détruire, c’est la conscience nationale palestinienne. Ce à quoi la reconnaissance d’un Etat palestinien rend hommage, c’est à la persistance de ce sentiment national palestinien. Il serait vain, pour ne pas dire très hypocrite, de prendre acte de la légitimité de ce sentiment national sans agir pour lui redonner les bases concrètes ». Ironie du sort, au moment où la France reconnait officiellement l’Etat de Palestine, son président, Emmanuel Macron, fait l’objet d’une plainte déposée devant la Cour internationale de justice pour complicité de génocide contre les Palestiniens.
M.B.S.M.
QNB, partenaire de référence du Padel en Tunisie
QNB Tunisia, filiale du Groupe QNB la plus grande institution financière au Moyen-Orient et en Afrique renforce sa position en tant que partenaire de référence du padel en Tunisie, à travers un programme complet alliant le soutien aux athlètes et aux clubs sportifs, la formation et le coaching d’une équipe interne pour représenter la banque lors des compétitions interentreprises, ainsi que des offres bancaires exclusives «QNB FIRST» destinées aux clients Premium amateurs de padel.
Dans ce cadre, et en sa qualité de sponsor officiel, QNB accompagne deux joueuses professionnelles du padel féminin tunisien : Aïda El Fehri et Dorra Chamli. Cette dernière occupe actuellement la première place du classement aux niveaux national, africain et arabe. À travers ce partenariat, la banque valorise des principes tels que la performance, la discipline et l’égalité des chances, contribuant activement au développement de leur parcours à l’échelle nationale et internationale.
Dans le cadre de son engagement sociétal, QNB soutient également la promotion du padel à travers son partenariat avec les clubs Padel Connection à Ariana et Olympsky au Lac. La banque veille à encourager la pratique sportive en participant à l’organisation de tournois et en facilitant l’accès à ses services grâce à l’installation de distribution automatiques de billets (DAB/ATM) au sein des clubs. Par ailleurs, les membres des clubs partenaires pourront bénéficier d’une expérience bancaire sur mesure via les solutions haut de gamme «QNB FIRST», conçues exclusivement pour les clients premium. Les collaborateurs de la banque prennent également part aux événements et compétitions de padel, renforçant le lien direct avec les adhérents et le public, tout en présentant les avantages exclusifs de l’offre QNB FIRST.
L’engagement de QNB s’étend également en interne : une équipe mixte composée de collaborateurs et collaboratrices de la banque participe activement à la Padel Business League, un tournoi dédié aux entreprises. Cette participation illustre la culture d’entreprise de QNB, fondée sur l’esprit d’équipe et l’excellence opérationnelle : des valeurs partagées avec ses clients.
QNB Tunisia est présent dans 11 gouvernorats à travers un réseau d’agences, dont deux agences dédiées aux clients QNB First à Tunis et à Sousse, 3 centres d’affaires dédiés aux entreprises (à Tunis et Hammam Sousse), ainsi que d’un bureau de change à l’aéroport international de Tunis-Carthage.
Retour de l’atelier d’écriture « Ailleurs » : Écrire la mémoire, explorer l’oubli
L’Institut français de Tunisie (IFT) vient d’annoncer le lancement de la troisième édition de son atelier d’écriture « Ailleurs », animé par l’écrivain tunisien Mouha Harmel, lauréat du Comar d’Or 2023. Cette nouvelle session s’étendra de novembre 2025 à juin 2026, avec un total de 20 séances, organisées entre la médiathèque de l’IFT et des lieux partenaires. Le premier atelier se tiendra le samedi 1er novembre, de 14h à 17h. Intitulée « Écritures et mémoires », cette édition propose une réflexion sur le rôle de la mémoire dans la création littéraire. Les participants seront invités à explorer comment les souvenirs, les archives, les mythes ou encore les silences influencent la construction des récits.
Parmi les questions soulevées: Quel est le lien entre mémoire individuelle et mémoire collective ? L’écriture doit-elle rester fidèle au souvenir ou peut-elle le réinventer ? Quelle est la place de l’oubli, de l’amnésie ou de la réminiscence dans la narration ? Pensé comme un espace d’expérimentation et d’accompagnement, « Ailleurs » permet aux participant(e)s de travailler leurs textes, d’esquisser des projets plus aboutis et de partager leurs productions dans un cadre bienveillant.
Un corpus d’œuvres viendra nourrir les échanges et la pratique, avec des textes de Toni Morrison, James Baldwin, Orhan Pamuk, Haruki Murakami, Paul Ricœur, Henri Bergson, Nietzsche, Mohamed Aïssa Meddeb, Rami Abou Jamous entre autres. L’atelier est ouvert à toutes les personnes âgées de 18 ans et plus, sans exigence de niveau, mais avec une réelle motivation à écrire et à s’engager dans un processus créatif collectif. Les inscriptions restent ouvertes jusqu’au samedi 11 octobre 2025 à minuit.
Editorial : Faire progresser le débat - Par Hassan GHEDIRI
Nous avons déjà consacré un éditorial à la question de la statistique en tant qu’outil de détection des tendances et d’aide à la décision, mais pouvant aussi parfois être un instrument de manipulation lorsque la transparence n’est pas garantie et que des incohérences entachent la pertinence de l’interprétation scientifique. Voilà, donc, que nous nous voyons, encore une fois, obligés de s’attarder sur la même problématique et ce à cause d’un débat qui n’en finit pas sur les performances économiques déclarées par le gouvernement. Il faut dire que, partout dans le monde, les statistiques publiques, étant un produit exclusif de l’appareil d’Etat, ne font jamais l’unanimité. Tandis que la théorie veut que la science statistique soit la discipline qui ne laisse, en principe, aucun doute sur l’efficience de la collecte et l’analyse des données et sur l’exactitude des résultats formulés, la pratique laisse, cependant, émerger de nombreuse interrogations sur d’éventuelles manipulations et instrumentalisations des données statistiques. C’est pour cela d’ailleurs que dans un contexte global, il y a toujours des voix qui s’élèvent pour contester les politiques de certains pays qui exhibent de prétendus indicateurs de performance et en camouflant délibérément les résultats qui embarrassent. En l’absence des garde-fous, c’est-à-dire des instruments de régulation qui imposent aux pouvoirs publics d’obéir aux exigences de la transparence et de préserver l’objectivité et la neutralité des données statistiques, il devient très facile d’induire en erreur l’opinion publique.
Conscients des risques de détournement des chiffres, les scientifiques mettent en garde contre la pratique de certains gouvernements qui ont tendance à utiliser l’information statistique pour justifier les politiques adoptées. C’est-à-dire que la statistique est manipulée pour faire croire que tout va bien et que les objectifs visés sont atteints au lieu qu’elle ne soit un outil d’aide à la décision. Cette utilisation des chiffres à mauvais escient suscite, justement, les appréhensions de beaucoup de spécialistes dans notre pays qui ont du mal à croire à la hausse miraculeuse de la croissance du produit intérieur brut déclarée au mois d’août dernier par l’INS. Selon l’autorité publique, notre pays aurait réalisé un taux de croissance de 3,2% au deuxième trimestre, soit deux fois mieux qu’au cours du premier trimestre. Un résultat qui semble diverger avec une réalité économique et financière caractérisée par des déficits qui ne cessent de s’aggraver accentuant les déséquilibres des balances courantes.
C’est pourquoi il est essentiel de mettre en place de véritables mécanismes de contrôle et de régulation autonomes et auxquels sont attribués les prérogatives et les ressources appropriées qui leur permettent de garantir que les statistiques publiques, notamment celles produites par l’INS, soient des informations destinées à éclairer l’opinion publique sur les choix économiques et sociaux adoptés par l’Etat. L’impartialité et la neutralité de l’information économique publiée par les institutions spécialisées empêchent que la statistique se transforme en un simple outil de propagande qui légitime les choix politiques au détriment de la vérité économique et sociale. La crédibilité des chiffres officiels dépend de l’engagement des pouvoirs publics à dissiper les doutes et à enlever les ambiguïtés à travers une vraie communication qui fasse progresser le débat public sur les problématiques économiques du pays.
H.G.
Claudia Cardinale, fille de Tunis et reine du grand écran, nous quitte
Par Imen Abderrahmani
Si son cœur s’est arrêté loin de La Goulette, son nom, son sourire, et son esprit restent à jamais inscrits dans la mémoire affective des Tunisiens et surtout des Goulettois. Adieu Claudia Cardinale, cette âme du cinéma mondial forgé sous le soleil de Tunis.
Claudia Cardinale s’est éteinte, hier, en région parisienne, à l’âge de 87 ans après une vie marquée par la passion, la liberté et l’engagement. Icône intemporelle du cinéma européen, muse de Visconti, Fellini ou Leone, elle a été bien plus qu’une actrice : une femme forte, moderne et résolument libre.
Mais avant de conquérir les écrans du monde entier, Claudia Cardinale est d’abord une fille de Tunis. Née le 15 avril 1938 à La Goulette, dans un quartier populaire et cosmopolite de la capitale tunisienne, elle a grandi dans un univers où se croisent les langues, les cultures et les traditions. Cet enracinement en Tunisie, qu’elle n’a jamais renié, a forgé son caractère et nourri son identité d’artiste.
Issue d’une famille d’origine sicilienne installée de longue date en Tunisie, Claudia a parlé le français, le dialecte tunisien et le sicilien avant même d’apprendre l’italien, qu’elle ne maîtrise qu’à son arrivée dans le monde du cinéma.
Pour Claudia, la Tunisie n’est jamais pour elle un simple souvenir d’enfance : elle y a puisé sa force, sa liberté et une identité méditerranéenne plurielle qu’elle revendiquera tout au long de sa vie. Profondément attachée à son pays natal, elle n’a cessé d’en évoquer avec émotion les paysages, les odeurs, les bruits et les couleurs, et elle n’a jamais manqué une invitation pour visiter la Tunisie.
En 2022, Claudia Cardinale est revenue à La Goulette, à son quartier natal, pour y inaugurer une rue à son nom. Reçue comme une héroïne, elle déclare alors émue : « Je suis très honorée car c’est ici où je suis née et où j'ai passé mon enfance (…) C’est un passé important: la Tunisie de mes parents, de mes grands-parents, a été une Tunisie extraordinaire. Une terre de partage, de joie, d’échange. J’ai grandi dans une importe et grande mixité culturelle ». Ces mots résonnent aujourd’hui comme un testament affectif d’une femme qui n’a jamais oublié d’où elle venait.
Elle, qui à 16 ans, a été élue « la plus belle italienne de Tunis », lors d’un concours de beauté.
Et c’est grâce ce titre dont la récompense a été un séjour au Festival du film de Venise que le cours de sa vie a bel et bien changé. Sa beauté solaire séduit immédiatement le monde du cinéma. Pourtant, à l’époque, elle se destine à une carrière d’institutrice.
C’est le réalisateur Mario Monicelli qui l’a convaincu de tenter l’aventure du grand écran. Elle tourne son premier film, « Pigeon » (1958), à Rome, aux côtés de Vittorio Gassman. Très vite, Claudia devient une figure montante du cinéma italien, adoptant son prénom de scène - Claudia -et s’inscrivant au prestigieux Centre expérimental du cinéma de Rome.
Carrière internationale et amour pour la Tunisie
Claudia Cardinale enchaîne les rôles marquants sous la direction des plus grands : Visconti, Fellini, Leone, Blake Edwards, Zurlini… Elle incarne à l’écran une femme méditerranéenne forte, libre et sensuelle, aux antipodes des clichés de l’époque.
Parmi ses rôles emblématiques figurent « Le Guépard » (1963) avec Alain Delon et Burt Lancaster, « Huit et demi » (1963) de Fellini, ou encore « Il était une fois dans l’Ouest » (1968) de Sergio Leone. Elle partage l’affiche avec les plus grands noms du 20ème siècle : Jean-Paul Belmondo, Marcello Mastroianni, Henry Fonda, et bien d’autres.
Mais malgré son succès international, Claudia n’a jamais tourné le dos à ses origines tunisiennes. Elle participe à plusieurs projets cinématographiques tournés en Tunisie ou liés à son histoire : « Les anneaux d’or » de René Vautier (1956), tourné en Tunisie et inspiré d’une histoire tunisienne, « Goha » de Jacques Baratier (1959) dont le tournage a eu lieu à Kairouan, Hammamet, Tunis, et Djerba, pour une durée de 15 semaines à partir de mars 1957, « Un été à la Goulette » de Férid Boughedir (1996), « Le fil » de Mehdi Ben Attia (2009), et « L’île du pardon » de Ridha Béhi (2022). Et c’était sa dernière apparition dans une production cinématographique tunisienne.
Il est à rappeler qu’en 2009, Claudia Cardinale a publié un livre autobiographique intitulé « Ma Tunisie » où elle s’est allée sur les traces de son enfance. « A dix-sept ans, je suis partie pour Venise. Dans ma valise, j'avais emporté un bikini et un burnous, ce grand manteau typique de mon pays. Le premier m’a rendue célèbre. Sous le second, j’avais caché la Tunisie. Bienvenue dans ma Tunisie. », a-t-elle écrit.
Femme libre et engagée
En dehors des plateaux, Claudia Cardinale mène un combat pour la liberté et la dignité des femmes. En 2000, elle devient ambassadrice de bonne volonté à l’UNESCO, où elle se consacre notamment à la défense des droits des femmes dans le monde arabe — un engagement en écho à ses racines tunisiennes.
Discrète sur sa vie privée, elle s’est néanmoins illustrée par son courage, brisant les tabous sur des sujets sensibles, notamment la violence faite aux femmes.
Tout au long de sa carrière, Rome, Paris et Hollywood, Claudia n’a jamais renié ses origines tunisiennes. Elle disait souvent que c’est en Tunisie qu’elle avait appris à vivre, à observer, à ressentir. Cette richesse intérieure a nourri son jeu d’actrice, fait de sensibilité et de profondeur.
Avec plus de 130 films à son actif, une carrière au théâtre et de nombreuses distinctions — dont un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière à la Mostra de Venise en 1993 — Claudia Cardinale laisse un héritage immense. Son départ marque la fin d’une époque — celle d’un cinéma lumineux, profond, enraciné dans les émotions et la vérité.
Plus qu’un lien de naissance, un lieu de naissance, la Tunisie a été pour Claudia Cardinale une terre d’ancrage, de mémoire et d’âme. Elle n’a jamais cessé de porter en elle ce pays aux mille couleurs, avec tendresse, fidélité et fierté. Les Tunisiens, de leur côté, ne l’ont jamais oubliée. Ils voyaient en elle l’une des leurs, une ambassadrice lumineuse de leur culture, de leur hospitalité, de leur ouverture au monde.
Entre Claudia et la Tunisie, il y avait plus qu’un attachement : il y avait une histoire d’amour réciproque, tissée de respect, de gratitude et de souvenirs communs.
Imen ABDERRAHMANI
Coupes africaines - En marge de la Ligue des Champions : En vadrouille
Par Wahid Smaoui
Finalement, le «tour de chauffe» évoqué pour décrire les confrontations des clubs tunisiens n’était pas aussi abusif qu’il n’y paraissait. Deux scores pléthoriques, qui plus est, en déplacement font de l’acte 2 en fin de semaine, une démarche mineure à accomplir.
«Les Forces armées» n’avaient en dernier ressort de militaire, dans sa large acception d’implacabilité, d’inflexibilité et de rusticité, que le nom. Quoi qu’il en soit, la différence de classe entre les Sang et Or et les Nigériens était telle que la gestion du match s’est apparentée à un exercice élémentaire à exécuter. Ainsi, rythme effréné à l’échelle locale et contrecoups du long voyage obligent, les Tunisois ont préféré observer un tempo allant crescendo. Ainsi, après une première mi-temps globalement gnangnan, soldée par un but d’avance, au cours de laquelle les joueurs n’ont pas trop couru, privilégiant la conservation du ballon pour faire aller au trot l’adversaire, l’essouffler et le mettre hors d’haleine, l’équipe est montée progressivement en puissance. Et à la faveur de changements porteurs, l’incorporation de Diakite et de Jebali en particulier, le jeu des gars de Bab Souika s’est tout autant fluidifié que solidifié.
In fine, 3 à rien à Niamey même fait que la voie royale est toute tracée pour mettre la dernière main à Tunis pour le compte d’un tour préliminaire à la consistance fluette pour un malabar du circuit africain.
Lanterner prestement…
Pour plagier mais inversement Boileau dans son Art poétique «Hâtez-vous lentement…». Le deuxième représentant tunisien dans cette LDC s’est permis à son tour de badauder à sa guise. Pour rappeler le cadre de cette première manche, il y a lieu de préciser qu’eu égard à la non-conformité de leur stade de Freetown aux normes de la CAF, les Sierra-Léonais d’East End Lions se sont portés volontaires pour accueillir les Bleus à Radès même et ce, pour, à l’évidence, des considérations à la fois pécuniaires et logistiques en prévision du match retour. C’est ainsi que les Ribatiens ont joué ce premier acte en tant que visiteurs. Heureusement que les joueurs ont donné l’impression d’évoluer dans leur jardin, contrairement à Montasser Louhichi, leur entraîneur, connu désormais pour ses interminables pleurnicheries et autres geigneries, et qui a trouvé le moyen, l’impudence même, lors de sa déclaration d’après-match, de qualifier ce petit détour par Radès de «déplacement éreintant». Et ce, au lieu de le considérer, une fois objectivement appréhendé dans son contexte, comme une bénédiction tombée du ciel. Côté formation, il y a lieu d’évoquer l’absence du meilleur élément de l’équipe, Moez Haj Ali, pour une raison dont on ne sait si elle trahirait un laxisme de la part des dirigeants usémistes ou si elle serait indépendante de leur volonté. Ne sachant si les avertissements récoltés lors de la dernière édition restent toujours valides la saison suivante ou s’ils sont abrogés, les responsables monastiriens n’ont pas voulu prendre le risque de l’aligner pour se prémunir contre tout malencontreux aléa. Une vaudevillesque situation, pour être laconique. Volet purement jeu, il n’y avait pas photo entre les Tunisiens et les «Leone». A l’instar de tous les clubs tunisiens, l’USM en était à son 7e match en 21 jours, ce qui a poussé l’équipe à jouer pianissimo au début. Quasiment la même option préconisée par l’EST. Un peu trop peinardement même, au vu de l’absence d’accélération aux abords de la surface de réparation adverse. Il a fallu un autogoal d’un défenseur sierra-léonais pour que la situation se débloque. En début de seconde période, un autre don du ciel, une boulette du gardien, qui n’enlève rien au mérite de Herch, qui a exécuté à la perfection un coup franc direct. A (2-0), tout s’est génialement enchaîné. Pour les Bleus, la gratification est faramineuse, dans la mesure où cette large victoire a été acquise sans grande débauche d’énergie.
Pas de quoi se rengorger…
L’entrée en matière de nos représentants à cette 23e édition de la Coupe de la CAF dans sa nouvelle version, a laissé des impressions fort mitigées. Un ST poussif avec à la clé une victoire capillotractée, une ESS se morfondant toujours dans ses travers. Pas de quoi crâner.
(2-0), un score certes pas tout à fait sécurisant, mais aussi pas tout à fait tracassant, dans l’optique du match retour. Au-delà de cette sentence toutefois, c’est la manière qui laisse sur son quant-à-soi. Face aux Mauritaniens de Nouadhibou, Khatoui a prodigué des consignes aux antipodes de celles prodiguées à Niamey et à Radès, soit «faire violence» à l’adversaire d’entrée de jeu pour gérer par la suite, une arme à double tranchant, salvateur en cas de pléthore de buts, dommageable et pénalisant dans le cas contraire, au vu de la fatigue subséquente. Ainsi les Rouge et Vert ont-ils fait montre d’une déconcertante ambivalence : une demi-heure initiale pied au plancher, le reste boulet au pied. Pendant la période euphorique, les Vert et Rouge auraient pu faire carton plein, à la faveur d’une mainmise totale sur les diverses péripéties du match. Premiers sur le ballon, pressing haut asphyxiant, déploiement offensif tous azimuts, à partir des couloirs, Khalfa-Ouerghemmi à droite, Seyhi-Khemissi à gauche, dans le dos des défenseurs adverses, à la verticale à destination de Haboubi et Ndiaye… Au bout, une facture pas cher payée et qui aurait dû être autrement salée pour l’adversaire. Et puis, comme par enchantement, que pouic, une fin de première mi-temps laborieuse et une seconde période dénuée de répondant et de mordant, donnant à voir des joueurs pantelants et un jeu saccadé, spasmodique et heurté.
Cette notable baisse de régime ne peut être, bien évidemment, que d’ordre physique, la confrontation en question étant la troisième en 7 jours et la 7e en trois petites semaines. Mais au-delà de ce défaut de fraîcheur physique, on n’a franchement pas reconnu le Khatoui stratégiste patenté, manœuvrier madré, tacticien roué, surtout quand il a rappelé à la guérite à l’entame de la seconde mi-temps Amine Haboubi, auteur du premier but et qui, surtout, avait la pêche et débordait de vitalité pour n’avoir pas trop souvent joué ces derniers temps.
De même, le positionnement de quelques joueurs comme Saâfi à titre indicatif avait de quoi prendre de court. Cela dit, ce score de (2-0) fait que les Stadistes se jetteront carrément à l’eau à Nouadhibou. D’autant plus que ce onze mauritanien a prouvé qu’il n’était pas un enfant de chœur, combinant ingénieusement «tête» et «jambes». Normal quand on s’en remet à ses deux principaux attributs, niellés dans leur nom, le «culturel» et le «minier». Les Beylicaux savent désormais à quoi s’en tenir.
Toujours de mauvais poil, l’Etoile
Le déclic tant escompté par les fans étoilés subséquemment à la destitution de Lassaâd Dridi ne s’est finalement pas produit, quand bien même dans l’absolu, une défaite par le plus ténu des écarts à l’extérieur ne serait pas une simple sinécure. Mais le nœud de l’affaire est ce rendement en demi-teinte qui perdure, ce profil toujours aussi souffreteux. Et quand on sait que l’adversaire soudanais n’a rien d’un guerrier de génie et que le match s’est déroulé sur pratiquement terrain neutre, dans la lointaine capitale tanzanienne Dar es Salem, sur des terres même pas contiguës au Soudan, on réalise dans quelle mesure les Etoilés ont plus fait de la bouillabaisse que pratiqué un football digne de ce nom.
Rendez-vous est pris ce week-end pour aussi bien le ST que l’ESS pour une expiation de bon aloi, sachant tout l’opprobre dont ils se couvriraient en cas d’anathématisation dès ces préliminaires.
W.S.
Etat palestinien : Les retombées d’une décision historique...
10 nouveaux pays occidentaux reconnaissent l'état indépendant et souverain de la Palestine
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Au moins 151 pays reconnaissent depuis hier la Palestine comme un Etat souverain dont plusieurs puissances internationales. Quelles sont les retombées de cette reconnaissance sur la Cause palestinienne et sur la paix au Proche-Orient ?
Qualifiée de « journée historique » par les analystes du monde entier, la reconnaissance de l’Etat palestinien par pas moins de 151pays dont la Grande Bretagne, la France, Le Canada et l’Australie aura certainement des retombées sur la réalité géopolitique dans toute la région du Proche-Orient voire dans le monde entier, « techniquement, cette reconnaissance ne changera pas le statut de la Palestine au niveau onusien et ce en tant qu’observateur, puisque les USA ont opposé leur véto contre cette décision prises lors du sommet sur l’avenir de la solution à deux Etats organisé en marge de l’assemblée générale annuelle de l’ONU tenue hier à New York et coprésidé par la France et l’Arabie saoudite », estime l’avocat, Me Houssem Eddine Ben Atiya.
Pourtant, cette vague de reconnaissances a eu un tel effet sur les dirigeants de l’entité sioniste que le criminel de guerre, Benjamin Netanyahou a déclaré : « Cela n'arrivera pas. Aucun Etat palestinien ne verra le jour ». Du coup, la majorité des observateurs ont appelé à traduire ce geste par des mesures concrètes, « Une initiative "bienvenue », mais qui doit être accompagnée de « mesures concrètes », selon Max Rodenbeck, de l'International Crisis Group pour la prévention des conflits. Idem pour l’activiste et homme politique, Sahbi Khaldi, qui nous a confié : « Il faut patienter et voir comment cette reconnaissance va être traduite dans la réalité. Je parle des frontières de cet Etat, de ses institutions, de ses relations avec l’extérieur, de son armée, de sa police et de sa souveraineté ». Alors que certains pays ont émis, en effet, des conditions pour finaliser cette reconnaissance, les retombées de cette décision historiques seront très importantes vers la concrétisation d'une paix juste et durable même si Israël ne l’entend pas de cette oreille…
Entre représailles et intimidations…
« Nous ne devons pas nous sentir intimidés par le risque de représailles, parce que, quoi que nous fassions, ces actions vont continuer », a d’ores et déjà rappelé le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres dans un entretien à l'AFP. C’est dire l’effet de cette reconnaissance sur l’entité sioniste et toute la région. Selon, en effet, Sahbi Khaldi : « De prime abord, il faut souligner l’importance de cette reconnaissance qui isole un peu plus Israël et les USA sur la scène internationale. On assiste également et pour la première fois à une vague de contestation internationale de la politique de l’entité sioniste.
En plus, c’est le droit international qui retrouve sa place après avoir été complètement bafoué. Et qui dit droit international dit le droit des peuples à l’autodétermination. Donc, le peuple palestinien va décider tout seul et d’une manière souveraine de son sort ». Et d’ajouter : « Comme les pays occidentaux qui viennent de reconnaitre l’Etat palestinien à une condition à savoir la libération des otages et écarter le Hamas de tout plan de paix, les pays arabes ayant normalisé leurs relation diplomatiques avec l’entité sioniste doivent revoir leurs positions et s’aligner au moins sur le droit internationale et les motions de l’ONU ».
Concrètement, les pays ayant reconnu l’Etat palestinien proposent de nouvelles élections libres et transparentes, « auxquelles le Hamas ne pourrait pas participer, devraient être organisées d'ici 18 mois dans la bande de Gaza afin qu'il y ait un acteur palestinien légitime pour ces négociations. La France par exemple insiste beaucoup sur le fait « qu'il faut mettre le Hamas hors-jeu, qu'il faut désarmer le Hamas et faire en sorte qu'ils n'aient plus la moindre possibilité de participer à l'avenir à une gouvernance palestinienne ». L'instance provisoire, élue démocratiquement, gouvernerait Gaza, bénéficierait d'un soutien international et aurait les moyens d'assurer la sécurité ».
M.B.S.M.
Editorial : Tsunami diplomatique en faveur de la justice et de la liberté…
Par Chokri BACCOUCHE
Un vent de réalisme politique souffle- à la bonne heure sur l’Occident après plusieurs décennies d’atermoiement et de faux-fuyant calculés. Un pas positif a été accompli sur la voie de la justice et la consécration du droit international. On l’aura certainement deviné, il s’agit de la reconnaissance officielle par de nombreux pays occidentaux de « l’Etat indépendant et souverain de la Palestine ». Le Royaume Uni, le Canada, l’Australie et le Portugal viennent de sauter le pas en rejoignant la cohorte des 150 pays qui ont déjà inscrit leur nom sur la longue liste des nations qui refusent mordicus que la Palestine soit rayé de la carte et son brave peuple décimé au nom d’un fascisme sioniste sans foi ni loi. La France, Andorre, la Belgique, le Luxembourg, Malte et Saint-Marin, viennent d’en faire de même, hier, en reconnaissant à leur tour l’Etat palestinien à l’ouverture de l’Assemblée générale de l’ONU. Cet événement est proprement historique. Il marque un tournant majeur au bénéfice de la Cause palestinienne qui bénéficie d’une solidarité internationale sans équivoque dans sa longue et harassante lutte pour la liberté et l’autodétermination. Quand bien même symboliques, ces reconnaissances ont une portée politique inestimable dès lors qu’elles placent désormais Israël et la Palestine sur un pied d’égalité en termes de leur traitement en vertu du droit international.
Ce tsunami diplomatique cristallise à bien des égards le ras-le-bol de la communauté internationale et son exaspération prononcée face aux massacres au quotidien perpétrés par l’armée israélienne dans les territoires occupés. Il reflète la volonté claire et sans ambages de l’écrasante majorité des peuples de la planète visant à mettre un terme au génocide en cours en balisant le terrain pour l’instauration d’une paix juste et durable au Proche-Orient fondée sur la solution à deux Etats.
Sans exagération aucune, on peut dire que les Palestiniens ont remporté une inestimable victoire politique qui pèsera certainement lourd sur le cours des événements. Le martyre du peuple palestinien et sa détermination légendaire à s’accrocher à la terre de ses ancêtres ont fini par réveiller en sursaut la conscience internationale. Le monde libre se rebiffe en effet contre les horreurs israéliennes. Il se lève comme un seul homme pour dire basta, stop. Il cri à tue-tête son indignation et réclame désespérément la fin de l’effroyable holocauste dont sont victimes les populations civiles palestiniennes. Les citoyens de ce monde qui n’ont jamais perdu leur humanité ne cessent de battre le pavé et de manifester pour que les politiques entendent enfin leurs voix. Aussi bien en Europe, en Amérique latine et même aux Etats-Unis, considérés comme l’épicentre du sionisme mondial, les hommes libres se battent pour mettre un terme à la tragédie palestinienne. L’Italie a été ainsi paralysée, hier, par une grève générale à l’appel du plus grand syndicat pour protester contre les actions militaires d'Israël dans la bande de Gaza et exprimer son soutien au peuple palestinien.
La Confédération générale italienne du travail La CGIL a déclaré que cette initiative visait à exhorter le gouvernement de la Première ministre Giorgia Meloni à suspendre tous les accords commerciaux et de coopération militaire avec Israël jusqu'à la fin du conflit à Gaza et la fin de l'occupation de la Cisjordanie. Cet arrêt du travail de quatre heures éminemment symbolique a touché tous les secteurs économiques, à l'exception des services essentiels tels que les transports et la protection sociale. Au moins quatre autres syndicats devaient également observer, lundi 22 septembre, une deuxième grève qui impliquerait un arrêt de travail de 24 heures des travailleurs des écoles publiques, des universités, des hôpitaux, des services de transport et des principaux ports du pays.
Il est bon de rappeler à cet effet que des actions similaires ont eu lieu en Italie ces dernières semaines. Le 18 septembre, les dockers et les autorités locales de la ville portuaire adriatique de Ravenne ont empêché deux camions soupçonnés de transporter des armes à destination d'Israël d'entrer dans les docks. La Botte donne ainsi un bon coup de pied au fascisme sioniste qui subit un sacré retournement de situation à l’échelle internationale. Le premier ministre israélien Netanyahu récolte en fait les fruits de sa fuite en avant génocidaire. De plus en plus isolé sur la scène internationale, il est traité désormais par la communauté internationale comme un paria et un hors-la-loi recherché par la Cour pénale de justice pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Pis encore, il vit actuellement son pire cauchemar car la reconnaissance par les pays occidentaux de l’Etat palestinien est la pire chose qui puisse arriver à cet extrémiste notoire qui a depuis toujours porté en horreur cette perspective.
Benjamin Netanyahu, l’architecte d’un des plus effroyables génocides de l’histoire est désormais seul avec son délire ubuesque. Il est victime de son fanatisme débridé et sa folie des grandeurs. Son rêve expansionniste est en passe de se fracasser aux pieds de la vérité et de la justice que réclame désormais l’humanité dans son ensemble. Dos au mur, il lui sera bien difficile de continuer à se dérober éternellement à l’inévitable à savoir la création d’un Etat palestinien indépendant et viable, un vœu pieux désormais réclamé à cor et à cri et partagé par l’ensemble de la communauté internationale…
C.B.
Festival international du film de Bagdad : Un beau succès féminin tunisien…
Deux récits de lutte portés par deux réalisatrices tunisiennes Hind Meddeb et Sahar Echi ont été récompensés lors de la 2ème édition du Festival international du film de Bagdad qui s’est déroulée du 15 au 21 septembre.
Le film documentaire « Soudan, souviens-toi » (Soudan Ya Ghali), réalisé par Hind Meddeb, a remporté le Prix du meilleur film documentaire de cette 2ème édition.
La manifestation, organisée dans la capitale irakienne, a réuni pendant une semaine de nombreuses œuvres arabes et internationales à travers des projections, des débats et des rencontres culturelles et a rendu un hommage à Néjib Ayed, figure emblématique du cinéma tunisien.
Le documentaire d’Hind Meddeb dresse un portrait intime et engagé de la jeunesse soudanaise post-dictature, qui, par ses mots, ses poèmes et ses créations, défie la répression militaire pour faire entendre ses aspirations démocratiques.
En croisant les trajectoires de plusieurs protagonistes, la réalisatrice tisse les fragments d’une révolution avortée, depuis ses premiers élans porteurs d’espoir jusqu’à son effondrement dans la guerre, forçant nombre de Soudanais à l’exil. Une correspondance entre la cinéaste et les jeunes militants rythme ce récit sensible, à la fois politique et profondément humain.
« Bord à bord », séduit le jury
Autre moment fort pour le cinéma tunisien est la consécration de « Bord à bord » (On the edge), court- métrage réalisé par Sahar Echi, par le Prix du Jury.
Produit en 2024, le film suit Mounira, une trentenaire qui tient un petit stand de plats à emporter hérité de son père, dans une banlieue populaire au sud de Tunis. Confrontée à un environnement dominé par les hommes, Mounira incarne une génération de femmes tunisiennes résilientes, qui luttent chaque jour pour leur place dans la société. Malgré les pressions et les obstacles, elle poursuit son activité avec une détermination farouche, symbole d’une force silencieuse mais tenace.
Il est à rappeler que le festival du film de Bagdad a fait de la Tunisie, le pays invité d’honneur de cette édition. Le public irakien a pu découvrir une sélection d’œuvres tunisiennes contemporaines et classiques, ainsi que participer à des rencontres intellectuelles réunissant cinéastes tunisiens, irakiens et arabes. Des débats ouverts ont permis d’aborder les enjeux de la création cinématographique tunisienne, son évolution, ses défis et sa reconnaissance croissante sur les scènes arabe et internationale. L’universitaire tunisienne et critique de cinéma Lamia Belkaied Guiga a signé également, dans le cadre de ce focus tunisien, son livre « La caméra Témoins des générations post-révolution ».
Imen.A.
« Barzakh » de Kays Mejri : A découvrir à partir de demain dans les salles
Premier long- métrage du cinéaste tunisien Kays Mejri, « Barzakh » sortira, demain, dans les salles de cinéma tunisiennes. Ce thriller psychologique s’annonce comme une œuvre marquante de cette nouvelle saison artistique et culturelle.
Au cœur du récit : Farah, une jeune femme qui se rend dans la ferme familiale pour revoir son oncle Rachid, frappé par une maladie soudaine. Dernier membre vivant de sa famille, Rachid représente tout ce qu’il lui reste. Animée par le désir de le ramener en ville pour prendre soin de lui, Farah s’engage dans ce voyage avec les meilleures intentions, lit-on dans le synopsis.
Mais dès son arrivée, l’ambiance se charge d’étrangeté. Des visions perturbantes, des phénomènes inexpliqués et une atmosphère de plus en plus étouffante viennent troubler son séjour. Peu à peu, Farah est confrontée à ses propres démons. Ce voyage initiatique la forcera à affronter un passé douloureux, ses peurs les plus profondes… et un destin auquel elle ne pourra échapper.
Réalisateur installé entre Tunis et Montréal, Kays Mejri est diplômé de l’École d’Art et de Décoration de Tunis. Après avoir signé cinq courts- métrages remarqués, il passe au long format avec « Barzakh », un film où l’on retrouve une signature visuelle forte et une tension psychologique maîtrisée.
Déjà salué par les professionnels, « Barzakh » a été sélectionné dans le catalogue officiel des Journées Cinématographiques de Carthage (JCC) 2024, où il a concouru dans la compétition nationale des longs-métrages de fiction.
Imen.A.
Le site archéologique Zama Regia : 30 ans de fouilles racontés sur les pages d’ « AFRICA »
L’Institut National du Patrimoine (INP) vient d’annoncer la publication du 28ème numéro de sa revue scientifique AFRICA, édition spéciale qui a été entièrement dédiée au site archéologique de Zama Regia, situé dans le gouvernorat de Siliana.
C’est pour la première fois, depuis la création de la revue en 1966, qu’un numéro est exclusivement consacré à un seul site.
Ce numéro exceptionnel, placé sous la direction de Tarek Baccouche, Directeur Général de l’INP, rassemble une sélection d’articles scientifiques retraçant plus de trois décennies de recherches archéologiques menées à Zama Regia. Il met en lumière les découvertes majeures qui ont permis de révéler l’importance historique et culturelle de cette cité numide romanisée, longtemps éclipsée par d’autres grands sites antiques tunisiens.
« Pour beaucoup, Zama reste liée à la bataille de 202 av. J.-C., dernier épisode de la deuxième guerre punique. Mais c’est bien plus que cela », rappelle l’archéologue Fathi Béjaoui, auteur de l’introduction du numéro et ancien directeur des premières fouilles entre 1996 et 2007.
Au fil des pages, les chercheurs reviennent sur les différents aspects de la ville : son organisation urbaine, son économie, son système hydraulique, son architecture défensive, ses rites funéraires et ses croyances religieuses. L’ensemble des contributions apporte un éclairage nouveau sur une cité florissante de l’Afrique antique, occupée jusqu’au Moyen Âge.
Publication en écho de l’exposition à Rome
La parution de ce numéro coïncide avec un autre événement majeur : l’exposition « La Magna Mater de Zama à Rome », organisée du 5 juin au 5 novembre 2025 au Parc archéologique du Colisée, en Italie. Elle présente une trentaine d’artefacts découverts à Zama Regia, restaurés dans les laboratoires du parc avec la participation de l’INP.
Ces objets, issus des fouilles menées entre 1996 et 2016, illustrent la richesse artistique, religieuse et sociale de la ville, à travers les époques numide, punique, romaine et médiévale. Après Rome, l’exposition fera escale au Musée national du Bardo à Tunis dès le mois de décembre.
Revue de référence en archéologie
La revue AFRICA, éditée par l’INP, publie des recherches archéologiques originales dans plusieurs langues (arabe, français, anglais, italien, espagnol, portugais et allemand). Elle accueille des articles, rapports de fouilles et notes scientifiques, tout en s’ouvrant aux travaux d’inventaire, de préservation et de valorisation du patrimoine.
Ce 28ème numéro a été coordonné par Mouna Hermassi, avec une conception graphique signée Anis Chkondali. Le comité scientifique comprend, aux côtés de Mounir Fantar (rédacteur en chef), les chercheurs Fathi Béjaoui, Moheddine Chaouali et Samira Sehili.
Les lecteurs peuvent consulter l’intégralité du numéro en ligne à l’adresse suivante : https://bit.ly/47D2yO2
Zama Regia, de l’ombre à la lumière
Mentionnée dans de nombreuses sources antiques (Salluste, Tite-Live, Strabon, Vitruve...), Zama Regia a été un centre urbain majeur de l’Afrique du Nord antique. Longtemps tombée dans l’oubli, elle retrouve aujourd’hui sa place grâce à un ambitieux programme de fouilles et de valorisation initié par l’INP, et soutenu par une jeune génération de chercheurs tunisiens.
Ce numéro spécial de « AFRICA » rend hommage à ce patrimoine exceptionnel et confirme l’importance de la recherche scientifique pour faire revivre les pages enfouies de l’histoire tunisienne.
















