Tunisiens détenus en Israël : Saïed appelle à intensifier les efforts pour les libérer le plus tôt possible
Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu ce jeudi 2 octobre au palais de Carthage, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti.
À cette occasion, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de redoubler d’efforts pour assurer, dans les plus brefs délais, le retour des Tunisiens retenus par les forces de l’occupation israélienne. Il a souligné qu’un travail diplomatique intensif est en cours depuis plusieurs jours, réaffirmant que « l’État tunisien n’abandonnera jamais ses responsabilités nationales ».
Kaïs Saïed a assuré que « toute la Tunisie reste ferme et solidaire dans ses positions de principe », rappelant que la voix du pays est désormais « entendue et respectée dans le monde entier » au sujet des crimes de guerre commis par Israël contre le peuple palestinien.
Le président a, par ailleurs, réitéré la position constante de la Tunisie en faveur du droit du peuple palestinien à retrouver l’ensemble de ses droits et à établir son État indépendant, souverain sur toute la Palestine, avec pour capitale Jérusalem.
Ligue 1: Khaled Guider, contesté par l’Etoile, dirigera le match EST – ESS
La Direction nationale de l'arbitrage a dévoilé la liste des arbitres qui siffleront les matches de la neuvième journée du championnat de Ligue 1. Une journée qui s’étalera sur trois jours avec des rencontres qui se joueront le vendredi 3, le samedi 4 et le dimanche 5 octobre, à partir de 15h30.
Ci-après la désignation des arbitres:
Vendredi 3 octobre:
SG – CA (arbitre: Nidhal Beltaief / Var: Amir Ayadi)
ESM – USBG (arbitre: Houssem Ben Sassi / Var: Haythem Trabelsi)
Samedi 4 octobre:
ST – ESZ (arbitre: Fraj Abdellaoui / Var: Hamza Jaaid)
ASS – CAB (arbitre: Bacem Belaïd / VAR: Montassar Belarbi)
Dimanche 5 octobre:
EST – ESS (arbitre: Khaled Guider / VAR: Oussama Ben Ishak)
OB – ASM (arbitre: Amir Loucif / VAR: Hosni Neili)
USM – JSO (arbitre: Sofiene Ouertani / VAR: Majdi Bellagha)
JSK – CSS (arbitre: Aymen Nasri / VAR: Walid Mansri).
L’Etoile proteste
L’Étoile sportive du Sahel a exprimé dans un communiqué son « refus catégorique » de la désignation de Khaled Gouider comme arbitre principal et d’Osama Ben Ishak à la VAR pour la rencontre de championnat contre l’Espérance de Tunis. Le club estime que ces arbitres sont « connus pour leur appartenance au club adverse », ce qui remettrait en cause « l’impartialité et la transparence » du match.
L’ESS appelle la Fédération tunisienne de football et la direction de l’arbitrage à revoir ce choix, réclamant la désignation « de deux arbitres indépendants et neutres ».
En amical : Tunisie – Brésil au mois de novembre en France
Nous croyons savoir que la sélection nationale de football affrontera, en amical, le Brésil, le 18 novembre, en France, dans le cadre des préparatifs des Aigles de Carthage à la Coupe arabe et à la Coupe d'Afrique des nations.
D’après des sources proches de la FTF, le stade de la rencontre sera fixé ultérieurement.
Il y a lieu de rappeler que les deux sélections se sont affrontées, en France également, dans le cadre de leur préparation pour le Mondial 2022. Les Brésiliens l’avaient remporté (5-1).
K.Z.
Sami Trabelsi annonce la liste des convoqués pour les deux prochains matches
Déjà qualifiés à la coupe du monde 2026, les Aigles de Carthage rencontreront les 10 et 13 octobre courant Sao Tome-et-Principe ainsi que la Namibie pour le compte des derniers matches de qualification. Ce matin, Sami Trabelsi a annoncé la liste des joueurs convoqués pour cette double confrontation. Elle comprend quelques nouveautés et certaines absences.
En voici les détails : Dahmen, Ben Said, Farhati, Valery, Bronn, Talbi, Naffati, Ghandri, Meriah, Ben Ouannes, Ghram, Sassi, Skhiri, Laidouni, Mejbri. Haj Mahmoud, Gharbi, Belarbi, Ben Romdhane, Sliti, Saad, Tounakti, Chawat, Mastouri, Snana et Letaief.
J.B.
Flottille Soumoud : 9 Tunisiens arrêtés lors de l’interception du bateau « Deir Yassine »
Les forces de l’entité sioniste ont intercepté dans la nuit de mercredi à jeudi plusieurs bateaux de la Flottille mondiale « Sumud » visant à briser le blocus de Gaza, arrêtant des dizaines d’activistes à leur bord, dont des Tunisiens et des ressortissants de diverses nationalités.
Parmi les bateaux ciblés se trouve le « Deir Yassine », dont l’interception a été confirmée par la Flottille maghrébine Soumoud, qui a qualifié cet acte d’« illégal ». Les forces d’occupation ont été accusées d’utiliser la violence, de percuter délibérément un bateau d’employer des canons à eau et de traiter avec brutalité les militants pacifiques.
Selon la page officielle de la flottille maghrébine Soumoud, les Tunisiens arrêtés à bord du « Deir Yassine » sont : Wael Naouar, Ghassen Henchiri, Nabil Channoufi, Mazen Abdellaoui, Yassine Gaïdi, Sirine Ghrairi, Abdallah Messaoudi, Aziz Miliani et Noureddine Salouaj. L’équipage comprend également des participants d’Algérie, du Maroc, de Mauritanie, de Turquie, des États-Unis et du Royaume-Uni.
Le Comité international pour briser le blocus de Gaza a rapporté dans une mise à jour en direct que la marine sioniste tentait de couler le bateau « Maria Cristina » et que l’attaque se poursuivait. La situation des équipages des navires interceptés reste « incertaine », les forces d’occupation ayant arrêté tous les participants. Les bateaux ont été déroutés vers le port d’Ashdod.
Près d’une trentaine de Tunisiens, dont des journalistes, des personnalités politiques, des activistes et des députés, participent à cette flottille qui rassemble 532 participants de plus de 45 pays sur environ 50 bateaux partis d’Espagne, d’Italie et de Tunisie.
Flottille « Soumoud » : interceptions israéliennes malgré une vague de contestation et de manifestations
Partie entre fin août et début septembre de plusieurs ports européens et nord-africains, la Global Sumud Flotilla (ou « flottille Soumoud ») a été interceptée et abordée par la marine israélienne à mesure qu’elle s’approchait de Gaza.
Plusieurs navires ont été déroutés vers le port d’Ashdod et des passagers — parmi lesquels des figures connues — ont été retenus en vue d’une expulsion. Les organisateurs évoquent plus de 40 bateaux et environ 500 personnes issues de plus de 40 pays ; ils affirment que certains convois ont été harcelés (brouillage, approches de vedettes) bien au-delà des eaux territoriales.
Côté israélien, l’argument avancé est l’entrée dans une « zone de combat » autour de Gaza et l’offre de rediriger l’aide par des canaux alternatifs ; côté activistes, l’objectif déclaré reste de défier le blocus.
Nous avons assisté, durant les dernières vingt-quatre heures, des abordages et la conduite sous escorte de navires vers Israël. Des autorités consulaires suivent la situation de leurs ressortissants et demandent des garanties de sécurité ; l’Italie et la Grèce ont, par exemple, exhorté Israël à ne pas recourir à la violence et proposé que l’aide soit remise à un tiers neutre, proposition rejetée par les organisateurs.
Réactions officielles
En Europe, outre l’appel italo-grec à la prudence, plusieurs gouvernements (Espagne, Irlande, entre autres) ont adressé des critiques ou des mises en garde, tandis que Bruxelles rappelle ne pas soutenir les « flottilles d’aide » hors cadres officiels.
En Asie, la Malaisie a dénoncé l’interception et annoncé envisager des voies légales pour défendre ses ressortissants ; la Turquie a indiqué vouloir contribuer à la sécurisation de couloirs humanitaires en mer si nécessaire.
En Amérique latine, la Colombie a élevé le ton au plan diplomatique en demandant la libération de ses citoyens ; d’autres exécutifs de la région ont publiquement condamné l’opération navale israélienne.
Mobilisations de rue dans le Monde
Europe. L’interception a déclenché une forte mobilisation en Italie : cortèges à Rome, Naples, Milan, appels à la grève générale et actions syndicales dans des ports. Des rassemblements ont également eu lieu à Bruxelles, Athènes et Berlin.
Amériques. Des milliers de personnes ont manifesté de Mexico à Buenos Aires pour soutenir la flottille et demander un couloir maritime vers Gaza.
Asie-Pacifique. En Australie, des collectifs ont appelé à des rassemblements d’urgence en soutien aux ressortissants australiens présents à bord ; des médias locaux confirment la participation d’au moins six Australiens à la flottille.
Situation actuelle
La séquence d’interceptions est en cours, avec des navires déroutés et des passagers retenus. Des vagues de protestations ont éclaté dans de nombreuses capitales, particulièrement en Italie où l’agenda social (grèves, blocages) s’est rapidement structuré. Les gouvernements multiplient les démarches consulaires ; certains condamnent l’opération, d’autres appellent au calme en demandant la sécurité des activistes.
Trois paramètres vont façonner les prochaines heures : le traitement des détenus (rythme des expulsions, accès consulaire), la capacité de la flottille à reconfigurer ses routes avec des bateaux encore en mer, et l’ampleur des mobilisations annoncées en Europe et au-delà.
Pour le moment, plusieurs dizaines d’embarcations affirment poursuivre leur navigation, tandis que des médias évoquent déjà plus d’une dizaine de bateaux interceptés.
Secteur de l'immobilier : La hausse des prix empêche les Tunisiens de devenir propriétaires...
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
75 % des Tunisiens sont propriétaires de leurs logements et pourtant on parle toujours de crise de logement en Tunisie. Comment expliquer ce paradoxe?
Selon les données présentées dernier lors de la sixième réunion du Comité national du recensement général de la population et de l’habitat 2024, 75,1 % des ménages tunisiens sont propriétaires de leur logement. La Tunisie compte, par ailleurs, aujourd’hui plus de 4,2 millions de logements, mais seuls 3,4 millions d’entre eux sont occupés.
Et pourtant, les experts s'accordent à dire que le secteur de l'immobilier est en crise. Pis encore, l'accès à la propriété est devenu presque impossible pour les jeunes ménages, " les prix sont en hausse et les taux d'intérêt pratiqués par les banques pour les prêts immobiliers sont exorbitants et parmi les plus élevés au monde, ce qui explique en partie cette crise qui secoue le secteur de l'immobilier et freine les ventes", nous dira l'expert Rached Mathlouthi. Et d'ajouter : " On assiste également à une flambée sans précédent des prix des terrains et de l'immobilier, l'augmentation des coûts de construction et le coût du foncier en milieu urbain. A cela s'ajoute la marginalisation du secteur de l'immobilier à vocation sociale. De fait, les familles à faible revenu ne sont pas en mesure d'accéder à la propriété".
En effet, les prix du logement en Tunisie varient considérablement, avec des prix au mètre carré qui oscillent entre 1 200 et 3 926 TND pour l'achat d'appartements et de maisons, selon la localité. En 2025, le marché de l'immobilier en Tunisie a vu une hausse des prix des appartements, particulièrement dans le neuf, avec une évolution de 4% à 5% au premier semestre. Concrètement, les prix des maisons ont bondi de 15,4 %, tandis que ceux des terrains ont progressé de 4,9 %. Les appartements, quant à eux, affichent une stabilité relative avec une légère hausse de 0,1 %. Comment, de fait, redresser cette situation ?
Miser sur le social...
" Construire et investir dans des logements publics ou sans but lucratif est une solution pour les personnes en besoin de logement ", telle est la formule préconisée par l'expert en bâtiment, Rached Mathlouthi. L'expert s'interroge, par ailleurs, pourquoi le gouvernement tarde à activer la stratégie nationale relative à l'habitat prévue dans la loi de finances pour l'exercice de l'année 20z4 ?" Il est proposé dans cette stratégie d'augmenter l'offre de terrains et de logements sociaux, de diversifier les types de logements et de promouvoir le secteur privé.
La stratégie comprend la réintroduction de la location-vente pour les ménages modestes, le renforcement du rôle des acteurs publics comme l'Agence foncière de l'habitat (AFH) et la Société nationale immobilière de Tunisie (SNIT) et la modernisation du secteur via des financements innovants et des techniques de construction plus efficaces sur le plan énergétique ", a-t-il indiqué. Et d'ajouter : "Il faut aussi accroître la disponibilité des terrains à bâtir pour répondre à la demande, notamment sociale, et mettre l'accent sur la réhabilitation et l'amélioration de la gestion du parc de logements existant.
L'autre solution consiste à réintroduire le mécanisme de location-vente, qui permet aux locataires de devenir propriétaires après une période de location, pour aider les classes moyennes et modestes ".
M.B.S.M.
Editorial : Rompre avec une dépendance nuisible - Par Hassan GHEDIRI
«La Tunisie décroche le premier Prix Mario Solinas 2025 de la meilleure huile d’olive extra vierge au monde», «La Tunisie rafle 60 médailles d’or au Global International Olive Oil Competitions à Abu Dhabi», « La Tunisie, leader mondial des exportations de dattes », «Les dattes tunisiennes envahissent de nouveaux marchés », «Près de 12 milliards de dinars générés par les TRE et le tourisme », «Les recettes touristiques et les transferts des Tunisiens de l’étranger capables de couvrir 120% du service de la dette extérieure»… Voilà six exemples de titres qui font la une de journaux depuis un certain temps en Tunisie. Des titres qui, osons le dire, dessinent, avec un petit nombre de phrases et moins de quatre chiffres, les traits de la politique économique générale du pays et expriment en même temps cet étrange contentement de dépendre des secteurs vulnérables et structurellement fragiles face aux chocs extérieurs. C’est que malgré un gigantesque potentiel de développement et d’innombrables opportunités offertes dans de très nombreux secteurs innovants et à très haute valeur ajoutée, tous les gouvernements qui se sont succédé ne jurent que par « l’or vert », « Deglet Nour » et l’agent des touristes et les précieuses devises généreusement versées sur des comptes bancaires nationaux par un peu plus de trois millions de Tunisiens installés à l’étranger. Ensemble, ces secteurs forment en réalité un barrage fragile à peine capable d’empêcher la débâcle. En manquant toujours de diversifier les sources de financement de l’économie par des secteurs solides, performants et durables, la Tunisie met tous ses œufs dans le même panier et se rend extrêmement vulnérable.
Cette dépendance excessive à des secteurs vulnérables est très nuisible à la pérennité de l’économie nationale. Dépendre de sources de revenus extrêmement exposés aux aléas climatiques, sanitaires et géopolitiques est un choix nuisible et dangereux, et il n’est point une stratégie de développement mais une stratégie de survie à court terme. Nuisible parce qu’il perpétue un modèle économique historiquement fragile, peu créateur de valeur ajoutée et d’emplois de qualité. Dangereux, car il expose le pays à de très graves crises de paiements en cas de chocs imprévus et simultanés sur ces secteurs, comme par exemple une calamité naturelle dans l’agriculture couplée à une crise géopolitique mondiale de grande envergure affectant le tourisme et la diaspora. D’où la nécessité de briser cette « satisfaction » et d’engager une diversification économique plus orientée vers les secteurs innovants, plus résilients grâce à des investissements conséquents dans la recherche et une plus grande indépendance et maîtrise technologique.
Briser cette dépendance, c’est avant tout rompre avec une logique de facilité. Il est en effet plus aisé de se célébrer pompeusement les prix internationaux récoltés par l’huile d’olive ou bien de se féliciter des revenus extraordinaires générés par le tourisme et la diaspora qui permettent d’effacer une bonne partie de la dette. Transformer radicalement l’économie à même de créer des sources inépuisables pour financer les dépenses et honorer les créanciers est une autre paire de manches. Miser sur les mêmes leviers depuis des décennies, c’est maintenir le pays dans une zone de confort trompeur. La Tunisie ne manque pourtant pas d’atouts pour changer son destin parce que des milliers de compétences majoritairement jeunes capables d’exceller dans les technologies et l’ingénierie ne demandent qu’à être valorisés et encouragés pour créer cette transformation qualitative majeure. Les opportunités offertes par l’économie numérique, l’intelligence artificielle, la transition énergétique ou encore l’industrie biotechnologique sont immenses. Mais faute de stratégie nationale claire, ces opportunités s’évaporent et les compétences partent massivement pour contribuer à enrichir des économies concurrentes et à appauvrir, malgré eux, la nôtre.
H.G.
Encore quelques heures pour rejoindre à l’atelier de critique de « Tunis Tout Court »
Dans le cadre de la 13ᵉ édition du festival Tunis Tout Court (Festival national du court-métrage professionnel), l’Association Tunisienne pour la Promotion de la Critique Cinématographique (ATPCC) organise un atelier d’écriture critique intitulé :
« L’adaptation comme matrice du cinéma tunisien : enjeux pour la critique », prévu du 3 au 5 octobre 2025.
Cet atelier s’adresse à un public varié : jeunes critiques, étudiants, journalistes culturels, chercheurs, cinéphiles engagés et amateurs d’écriture, motivés par l’analyse du cinéma et désireux de confronter leurs points de vue. Aucun niveau académique spécifique n’est requis — seule la motivation et l’intérêt pour la critique cinématographique sont essentiels.
L’ATPCC précise que les frais de déplacement et d’hébergement ne seront pas pris en charge. Seules 12 personnes seront sélectionnées pour participer à l’atelier.
Les personnes intéressées sont invitées à envoyer une lettre de motivation d’une page à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
La date limite de soumission est fixée au jeudi 2 octobre 2025 à 12h. Encore quelques heures, n’hésitez pas à postuler !
Ce soir, dans le cadre de « Dream City » : Une ouverture en transe entre hommage et résistance
En pré-ouverture de sa 10ᵉ édition, « Dream City » invite, ce soir, son public à une performance chorégraphiée exceptionnelle autour de la danse et de la résistance ou Gaza au cœur !
« Tarab » ainsi s’intitule ce projet artistique dédié aux danseurs gazouis qui ont tombé dans les bombardements de l’occupation sioniste. L’œuvre est un salut à ces artistes qui continuent à rêver malgré la guerre, défiant la mort, le désespoir, la famine…
La performance qui se tiendra, ce soir, à 20h, à l’espace « 43, avenue de Carthage », portera la griffe de l’artiste visuel et chorégraphe professionnel Eric Minh Cuong, connu par ses œuvres reposant sur une exploration innovante et poétique des corps en interaction avec la technologie et les environnements sociaux, et mêlant danse contemporaine, hip-hop et arts numériques. Ses œuvres sont souvent immersives, hybrides, et engagées, mêlant émotion, résistance et expérimentation artistique. Présent à Tunis, il présentera présente « Tarab », une célébration dansée née d’une collaboration entre Eric Minh Cuong et le musicien libanais d’origine palestinienne Rayess Bek, interprétée par sept danseurs tunisiens.
Portés par les rythmes des danses populaires, les deux artistes s’unissent avec une centaine de participants complices, entraînant le public dans une transe joyeuse mêlant traditions ancestrales et expressions contemporaines. La musique devient ainsi un souffle, le rythme une mémoire, et la danse un langage de résistance.
Cette œuvre intense est un émoi qui relie corps et cœurs. « Tarab » rend hommage à deux danseurs de Gaza, Ahmed Medhat, tué en février 2024, et Mumen Khalifa, grièvement blessé. À travers cette pièce, le chorégraphe porte la voix du peuple palestinien, mêlant tragédie et vie.
Elle sera visible, ce soir, à 20h00, à l’espace « 43, avenue de Carthage », et les billets sont disponibles en vente sur les lieux et également en ligne sur Teskerti.tn.
« Dream City 2025 » : Un pont artistique entre Tunis, Gaza et le monde…
Par Imen Abderrahmani
« La Palestine n’est pas un « thème » : elle est le centre de gravité moral de l’édition », lit-on dans l’édito de la 10ème édition de la Biennale d’art contemporain « Dream City » qui aura lieu du 3 au 19 de ce mois.
Au total : une cinquantaine d’artistes venus de 22 pays, dont 8 artistes tunisiens, investiront à partir du jeudi 2 octobre 2025 les lieux emblématiques et les espaces publics du centre-ville de Tunis. En attendant le démarrage officiel de cette manifestation qui insuffle une autre vie à la médina de Tunis et qui ouvrira tant de portes qui ont été pour longtemps fermées et retira de l’oubli de nombreux espaces qui ont pour de longues années ont été abandonnés. Ayant pour thème « Fragments d’un monde inachevé : penser malgré l’apocalypse lente », cette édition exceptionnelle proposera en pré-ouverture « un hommage musical aux chorégraphes palestiniens, assassinés à Gaza par l’armée de l’occupation, en 2024. En partenariat avec la « Sharjah Art Foundation », des artistes produisent des contre-cartographies : Jumana Manna, Sille Storihle, Sharif Waked, Raeda Saadeh, Basma Al-Shaif livreront au public une performance puissante et engagée », lit-on dans le dossier de presse.
Programmation dense et engagée
Rendez-vous tant attendu par les artistes dont les œuvres sont « inclassables », fuyant les circuits classiques, La biennale proposera 56 œuvres locales et internationales, mettant résolument la Palestine au centre des réflexions artistiques. Dans un monde en proie aux crises et à la restriction des libertés, Dream City affirme que l’art reste un levier de résistance, de questionnement et de transmission. « Créer pour interroger un monde en effervescence, c’est aussi ouvrir des voies nouvelles et archiver pour l’Histoire », soulignent les organisateurs.
Au fil de 31 lieux à Tunis, dont la Médina, la biennale offrira une programmation éclectique et cosmopolite mêlant danse, performances, installations vidéo, films, musique, conférences et expositions.
Ainsi, les œuvres sélectionnées se répartissent sur sept catégories : « Dream Creations », comportant neuf créations originales produites à Tunis, enracinées dans la réalité locale, « Dream guest » accueillant six artistes internationaux porteurs de valeurs humanistes, « Dream Vidéos et Films » offrant à voir six productions audiovisuelles s’inscrivant dans la même thématique de l’édition, « Dream Collaborations » qui sont en nombre de sept et dont deux sont co- produites avec le Bard College et cinq autres en partenariat avec la Sharjah Art Foundation et l’association TACIR… « Dream city kids » et « Dream Talks & IDeas » qui constitue une tribune de libre d’échange libre entre les artistes et le grand public.
Les curateurs Tania El Khoury et Jan Goossens poursuivent leur collaboration avec Dream City, soutenant des projets transdisciplinaires comme « Resilience Overflow » de Lara Tabet ou encore « In Search for Justice Among the Rubble » du collectif Public Works Studio, annoncent les organisateurs. Des expositions pour penser le monde arabe rythmeront ce rendez-vous. Ainsi, parmi les 27 installations et expositions présentées, l’exposition collective « Suni’a Bisihrika », dirigée par le curateur de renom Tarak Abu El Foutouh. Cette exposition proposera un espace de dialogue autour des réalités du monde arabe, en réunissant des artistes incontournables de la scène contemporaine l’exposition comme Walid Raad, Ala Younes, Philippe Rizk, Alla Abdunabi, Iman Issa, Noor Abuarafeh, Mona Hatoum, Jumana Manna, Joana Hadjithomas & Khalil Joreige, Mounir Salah, Ayman Zedani, Alia Ferid, Haythem Zakaria, Sajjad Abbas, Saif Fradj, Ali Eyal, Etel Adnan, Fradj Moussa et Iman Mersal.
Conçue depuis sa création par Selma et Sofiane Ouissi, comme un laboratoire artistique et une plateforme d’expérimentation culturelle et artistique, « Dream City », portée par l’association L’Art Rue, s’est imposée comme un carrefour artistique entre le monde arabe, l’Afrique et l’Europe. Cette biennale multidisciplinaire reste fidèle à son ambition : « rêver ensemble un autre avenir, en puisant dans le présent ». Le programme détaillé de la nouvelle édition et également les projets présentés à cette occasion et la liste des artistes participants sont à découvrir sur le site : lartrue.org
Imen.A.
N.B: Photo: Film « We Began by Measuring Distance » de Basma al-Sharif interroge la mémoire palestinienne
Jalel Eddine Saadi primé aux Journées théâtrales arabes de Sétif
L’acteur tunisien Jalel Eddine Saâdi a remporté le Prix de la meilleure interprétation masculine pour son rôle dans la pièce « Al Mouhajirane » (Les Deux Émigrés), mise en scène par Hafedh Khalifa, lors de la 3ème édition des Journées théâtrales arabes de Sétif, en Algérie, qui s’est tenue du 26 au 30 septembre 2025.
Placée sous le thème « Sétif, pôle de l’art et des artistes », cette édition a réuni des troupes venues de Tunisie, d’Algérie, de Libye et d’Irak.
« Al Mouhajirane » était la seule pièce tunisienne en lice. Produite par la société « Les Deux Rives » avec le soutien du Fonds national d’encouragement à la création littéraire, la pièce est adaptée du texte de l’écrivain polonais Slawomir Mrozek par le dramaturge Lassaad Ben Hassine. Elle réunit sur scène deux grands noms du théâtre tunisien : Slah Msadeq et Jalel Eddine Saadi.
Au-delà de la compétition, la Tunisie s’est distinguée par sa forte implication artistique dans cette édition. Le metteur en scène Hafedh Khalifa a animé un atelier de formation intitulé « L’interprétation dans la Commedia dell’Arte italienne », tandis que l’actrice Wahida Dridi a siégé en tant que membre du jury du festival.
Organisées chaque année par l’Association « Art de la Créativité Culturelle », les Journées théâtrales arabes de Sétif s’imposent comme un rendez-vous incontournable du théâtre dans la région maghrébine et arabe.
CNAM : lancement du paiement des créances des pharmacies privées
La vice-présidente du Syndicat des pharmacies privées Molka El Moudir a annoncé mardi le lancement par le ministère des Affaires sociales du paiement des créances des pharmacies privées, accumulées auprès du Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) depuis dix ans.
Elle a ajouté, dans une déclaration aux médias que le syndicat avait décidé d’annuler la suspension de l’émission des ordonnances pour maladies ordinaires (système du médecin de famille), à la suite d’une réunion avec les responsables du ministère des Affaires sociales, lesquels se sont engagés à trouver des solutions durables aux problèmes structurels rencontrés par les pharmacies et à garantir la santé des citoyens.
Molka El Moudir a également précisé que le syndicat mène actuellement une étude pour déterminer le nombre de pharmacies affectées par l’accumulation de ces dettes.
Un plan d’action national pour transformer l’agriculture familiale en Tunisie : En finir avec la marginalisation institutionnalisée
Par Hassan GHEDIRI
Malgré la multiplication et la diversification des filières de production, l’agriculture tunisienne reste vulnérable et peu résiliente parce que majoritairement familiale…
Le modèle de l’agriculture familiale en Tunisie a été la thématique centrale d’un séminaire national organisé hier par l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP).
L’évènement a été consacré à la présentation du projet du plan d’action national (PAN) de l’agriculture familiale et des différentes étapes et composantes de son exécution selon une feuille de route exposée à la même occasion.
En Tunisie, plus de 80% des exploitations agricoles sont gérées par des familles recourant principalement à la main-d’œuvre familiale. C’est donc cette agriculture familiale qui est à l’origine de la production des produits agricoles et marins fournis aux marchés et qui assure la souveraineté alimentaire. Cependant, cette agriculture n’a pas été dotée de stratégies et de programmes pour la soutenir et pour assurer sa durabilité.
Le PAN de l’agriculture familiale en Tunisie s’inscrit, en effet, dans le cadre de l’objectif de la Décennie des Nations unies pour l’agriculture familiale (2019-2028) de mettre en évidence le rôle central de cette agriculture dans l’éradication de la faim et dans la durabilité des systèmes alimentaires.
C’est à l’UTAP qu’a été confiée la mission de la coordination et de la préparation du plan d’action national de la Tunisie 2022-2030 avec l’appui de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Forum rural mondial (FRM). Le programme de partenariat a été conclu le 29 octobre 2021 lors de la cérémonie officielle tenue à Tunis.
Faiblesses
L’agriculture familiale en Tunisie souffre en effet de plusieurs fragilités structurelles qui freinent son développement et compromettent son rôle stratégique dans la sécurité alimentaire. Elle pâtit d’une quasi-absence de reconnaissance juridique, institutionnelle et politique, se manifestant par le manque de politiques publiques adaptées à ses besoins spécifiques. L’accès aux financements bancaires, demeurant très faible, constitue une autre forme d’exclusion d’une grande partie des exploitants réduisant leur capacité d’investissement. Par ailleurs, le capital foncier se fragmente de plus en plus sous l’effet de l’héritage, aboutissant à des exploitations de très petites tailles, souvent sans titre de propriété, ce qui limite leur productivité et freine toute modernisation.
La faiblesse de la mécanisation et des investissements accentue ces contraintes, empêchant l’adaptation des productions à un environnement changeant et à des marchés de plus en plus compétitifs. Enfin, l’accès limité aux marchés, tant pour l’approvisionnement en intrants que pour la commercialisation des produits, enferme les agriculteurs familiaux dans des circuits étroits, réduisant ainsi leur marge de compétitivité et leur intégration dans les chaînes de valeur agricoles.
Opportunités
La transformation de l’agriculture familiale en Tunisie exige donc un environnement institutionnel et règlementaire favorable qui reconnaît pleinement son rôle stratégique dans la sécurité alimentaire et le développement durable. D’où les recommandations suggérées par le plan d’action présenté hier à l’UTAP et qui appelle à la mise en place des programmes dédiés, un cadre réglementaire adapté et des structures d’appui en faveur de l’agriculture familiale. La mobilisation des ressources dans le cadre de la Décennie des Nations unies constitue une opportunité à saisir pour concrétiser cette vision.
La durabilité du secteur dépend également du soutien aux jeunes, souvent désengagés et confrontés à des difficultés d’accès aux ressources, en leur offrant formation, encadrement, accès au foncier, au crédit, aux technologies et aux marchés, tout en améliorant les infrastructures et les conditions de vie en milieu rural. Un meilleur accès au foncier, aux technologies, à l’éducation et aux financements permettrait de libérer leur potentiel et d’accroître la productivité et la sécurité alimentaire.
La transformation de l’agriculture familiale en Tunisie passe aussi par l’amélioration des infrastructures rurales, la diversification des revenus via l’économie sociale et solidaire et le renforcement de la résilience face aux chocs climatiques.
H.G.
A la demande des autorités tunisiennes : Halima ben Ali placée sous contrôle judiciaire en France
Halima Ben Ali, fille cadette de l'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, a été interpellée à Paris le 30 septembre 2025 à la demande des autorités tunisiennes. Elle a été placée en garde à vue et présentée le 1er octobre devant le conseiller rapporteur de Paris qui a décidé de la placer sous contrôle judiciaire en attendant une audience ultérieure devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel, compétente en matière d’extradition.
Halima Ben Ali est visée par une notice rouge d’Interpol émise par la Tunisie pour des accusations de détournement de fonds publics. Elle réside à Dubaï depuis la chute du régime en 2011 et se rendait à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle pour un vol vers Dubaï lorsqu’elle a été arrêtée.
Son avocate, Me Samia Maktouf, a dénoncé une instrumentalisation judiciaire à caractère politique, affirmant que sa cliente n’a commis aucune infraction et que sa poursuite vise à se venger de son père. Elle a également annoncé son intention de saisir le ministre de l’Intérieur français pour dénoncer les conditions de l’interpellation, au cours de laquelle une policière franco-tunisienne aurait publiquement insulté Halima Ben Ali en la qualifiant de « voleuse ».
















