Aujourd’hui et demain à Tozeur : le théâtre tunisien et les questions d’identité en débat
Un colloque sur « Le théâtre tunisien : questions d’ ‘identité’ et d’ ‘altérité’, et représentations de la ‘subjectivité’ – Vers une ‘école tunisienne’ du théâtre ? » se tient aujourd’hui et demain à Tozeur, et ce dans le cadre de la troisième édition des « Saisons de la création » (24 octobre au 8 novembre 2025). Les travaux de cette rencontre, organisée en partenariat entre le Théâtre National Tunisien (TNT) et l’Académie Tunisienne des Sciences, des Lettres et des Arts « Beït al-Hikma », seront publiés dans un numéro spécial de la revue de l’Académie.
Ce forum est dirigé par Abdelhalim Messaoudi, chercheur et universitaire, en coordination avec Sahar Riahi avec la participation d’un ensemble d’universitaires, de créateurs et de spécialistes du théâtre, dans le cadre d’un débat approfondi sur les spécificités et les enjeux du théâtre tunisien.
« Le théâtre tunisien contemporain est né dans une « période tourmentée », comme l’a décrit le critique Taoufik Baccar, celle du colonialisme direct où les communautés étrangères ont fondé des théâtres comme instruments de leur domination culturelle », déclare Moez Mrabet, directeur général du Théâtre national Tunisien dans une fiche de présentation de cette rencontre.
Face à cette emprise, la conscience nationale, menacée dans sa terre, son histoire, son existence et sa mémoire, fut appelée à résister par une volonté de libération, opposant aux politiques d’effacement et de négation l’affirmation de soi et la reconstruction d’une identité nouvelle, en réponse aux défis de son temps. Dès ses origines, l’acte théâtral chez les élites modernistes s’est lié à la cause nationale engagée dans la lutte pour l’indépendance, tout en s’inscrivant dans une démarche de réforme sociale visant à libérer l’homme de tout ce qui entrave son émancipation et perpétue son aliénation.
Au cœur de la confrontation entre tradition et modernité, entre le local et l’étranger, s’est affirmée au sein de l’élite une conviction: l’identité nationale ne peut se réaliser qu’à travers l’adhésion à la modernité, porteuse de valeurs émancipatrices devenues patrimoine universel mais sans que cela ne signifie renoncement à la résistance. Ce lien entre conscience nationale et pratique théâtrale s’est nourri après l’indépendance: l’Etat s’est intéressé au théâtre et à ses institutions, lui conférant un rôle de soutien à la modernisation et au développement. Les artistes dans le théâtre se sont mobilisés pour libérer la scène de la tutelle du pouvoir (le Manifeste des Onze, le Manifeste du Nouveau Théâtre), s’opposant à la censure, s’engageant dans les problématiques sociales et la décentralisation culturelle, créant des syndicats professionnels et des structures indépendantes… dans un rapport de tension et de dialogue avec les politiques publiques. En parallèle, la quête de l’identité tunisienne -collective ou individuelle- n’a jamais cessé. Dans le sillage de cette dynamique foisonnante, où l’esthétique se mêle à la pensée, et dans un contexte de profondes mutations sociales marquées par les fractures d’un monde régional et international en perpétuel mouvement – traversé par les conflits et les guerres-, le théâtre tunisien a réagi aux débats contemporains autour du colonialisme et du postcolonialisme, de la modernité, de sa critique et de ses multiples trajectoires, ainsi que de la mondialisation et de sa menace sur la diversité culturelle.
C’est dans ce contexte qu’ont émergé des notions telles que « identité », « altérité », « enracinement », « interculturalité », « singularité », « universalité », « avant-garde », « rupture », « aliénation », « découverte et construction de soi », « modernité » et « postmodernité », ou encore « dramatique » et « postdramatique ». Autant de concepts constituant des cadres idéologiques, locaux ou importés, semblant conditionner tout acte créatif. Cependant, ces notions ont souvent été utilisés par les artistes et les critiques sans clarification rigoureuse, ni véritable approche méthodologique, ni compréhension approfondie des problématiques que soulèvent leurs contextes spécifiques ajoute Moez Mrabet, expliquant que ce colloque propose d’examiner les concepts évoqués dans leurs interactions, d’en explorer les significations idéologiques et esthétiques, ainsi que leurs dimensions sociologiques et anthropologiques, tout en interrogeant les contextes où ils ont pris forme et leurs liens avec les dynamiques à l’œuvre dans la pratique et la création théâtrales.
Meta : Imed Zitouni, un ingénieur tunisien, nommé directeur principal de l’IA
Le chercheur et ingénieur tunisien Imed Zitouni a annoncé avoir rejoint Meta (anciennement l’entité Facebook en tant que Senior Director of Engineering, (Directeur principal en ingénierie) un poste stratégique basé à Bellevue, Washington (États-Unis). Il aura pour mission de renforcer les capacités d’intelligence artificielle (IA) du groupe et de contribuer au développement de la prochaine génération d’expériences propulsées par l’IA, selon le site Managers.
Imed Zitouni a derrière lui une carrière d’une vingtaine d’années passées dans des entreprises technologiques de premier plan telles que Google, Microsoft, IBM et Bell Labs. En outre, il a contribué à des projets notables comme Cortana, Gemini et MUM.
Dans un communiqué, Imed Zitouni s’est réjoui de rejoindre Meta pour soutenir les projets d’intelligence artificielle et pour repousser les frontières des technologies et de la société. En effet, en tant que spécialiste reconnu des modèles de langage, de la machine learning et du traitement automatique du langage, Imed Zitouni incarne une génération de leaders qui façonnent l’avenir de l’IA.
Son engagement envers l’innovation et le développement technologique permet d’avoir un impact significatif sur l’évolution des technologies chez Meta, ajoute la même source.
Titulaire d’un doctorat en informatique de l’Université Henri-Poincaré Nancy 1 (France), il a mené des travaux de recherche sur les modèles statistiques appliqués à la reconnaissance vocale et à la modélisation du langage.
Imed Zitouni est un pur produit de l’université tunisienne. Diplômé en informatique de l’École Nationale Supérieure d’Informatique (ENSI), il poursuit ses études en France et obtient une maîtrise puis un doctorat en informatique à l’Université de Nancy 1 (aujourd’hui Université de Lorraine), tous deux couronnés des plus hautes distinctions.
Coupes africaines des clubs : Vers un sursaut du ST et de l’Etoile
Ce week-end, les quatre représentants tunisiens en coupes africaines seront appelés à assurer un passage à la phase de poules en Ligue des champions et en coupe de la CAF.
A part l'Espérance qui semble tranquille après la victoire obtenue à l'aller au Burkina Faso, les trois autres équipes se trouvent devant des missions assez délicates puisqu'elles auront à remonter un passif de trois buts pour l'USM et deux buts pour le ST et l'ESS.
A cœur vaillant, rien d'impossible, dit-on. C'est que le coup est demeure jouable, surtout pour le ST et l'Etoile qui auront à surmonter un handicap de deux buts.
Aussi bien à Rades qu’à Sousse, il y aura du suspense, avec des Stadistes au moral intact après leurs belles performances en championnat et des Etoilés qui feront tout devant leurs supporters pour faire oublier leurs récents faux-pas.
Pour l'US Monastir, ce sera beaucoup plus difficile. Les Usémistes sont appelés à laisser une bonne image à Tizi Ouzou même si, au niveau de la qualification, les jeux semblent faits.
Bonne chance à tous.
K.Z.
Rendez-vous
Ligue des champions
Samedi 25 octobre - 19 h00
Tizi Ouzou : JS Kabylie – US Monastir ( aller 3-0)
Dimanche 26 octobre - 17h00
Stade de Rades : Esperance ST- Rahimo FC - ( Aller 1-0)
Coupe de la CAF
Samedi 25 octobre : stade de Rades : 17h Stade Tunisien- OC Safi ( aller 0-2)
Dimanche 26 octobre, stade de Sousse 18h: Etoile du Sahel- Nairobi United ( aller 0-2)
E.N. Programme des matches jusqu'à la fin de l'année
A partir du mois de novembre et jusqu’à la fin de 2025, les Aigles de Carthage auront beaucoup d’engagements à honorer avec la Coupe arabe des nations au Qatar puis la CAN au Maroc.
Voici le programme des matches amicaux et officiels de la sélection tunisienne jusqu'à la fin de l'année :
12 novembre :
Rencontre amicale : Tunisie 18h30 Mauritanie
14 novembre :
Rencontre amicale : Tunisie 18h30 Jordanie
18 novembre :
Rencontre amicale : Tunisie 20h30 Brésil
1er décembre :
Coupe Arabe des Nations : Tunisie 14h00 Syrie ou Soudan du Sud
04 décembre :
Coupe Arabe des Nations : Tunisie 15h30 Palestine ou Libye
07 décembre :
Coupe Arabe des Nations : Tunisie 18h00 Qatar
(Puis la suite dans cette compétition)
23 décembre
CAN 2025 : Tunisie 21h00 Ouganda
27 décembre
CAN 2025 : Tunisie 21h00 Nigeria
30 décembre
CAN 2025 : Tunisie 17h00 Tanzanie
« Plus belle voiture de l’année 2025 » : Mercedes CLE Coupé 200 et Honda CR-V Hybride sacrées
En partenariat avec MOTUL TUNISIE le Concours Sondage « Plus belle voiture de l’année 2025 », organisé par le magazine web spécialisé tunisieauto.tn et ADCOM AGENCY, a délivré son verdict à travers 1722 votes.
Programmé du 1er septembre au 5 octobre 2025. Ce concours sondage a été partagé sur les réseaux sociaux dans les pages Facebook tunisieauto.tn, MOTUL TUNISIE, Diwan FM et Jawhra FM avec plus de 800 000 personnes atteintes.
Le jury composé de journalistes spécialisés, Arken Ben Fadhel de « Toutes Options » Mosaïque FM, Kais Kaabi, producteur émission AUTO-MOTO sur RTCI, Imed El Kouaili de Knooz FM, Khaled Toumi Auto-Moto Jawhara FM et Slim Ghazai, fondateur de la Fédération tunisienne automobile et pilote professionnel sport auto, ont en effet sélectionnés les 13 plus beaux nouveaux modèles commercialisés au cours de cette année 2025 et répartis en 2 catégories : Premium (4 modèles) et Généraliste (9 modèles).
Dans la catégorie Généraliste, 506 votants ont ainsi plébiscité le nouveau HONDACR-V Hybride. En 2e position, on retrouve la nouvelle CHERY ARRIZO 8 avec un excellent résultat de 200 votes et en 3e position le nouveau SUV 100% électrique KIA EV9 avec 143 votes.
Dans la catégorie Premium, la Mercedes CLE Coupé 200 a remporté les suffrages avec 213 votes. En 2e position, on retrouve l’AUDI Q6 e-tron avec 168 votes et en 3e position ex aequo le SUV BMW X5 Hybride et le SUV Cupra Terramar avec 124 votes.
Lors de la conférence de presse, organisée à l’occasion, les 2 trophées Généraliste et Premium de « Plus belle voiture de l’année 2025 » ont été ainsi remis aux concessionnaires JMC Honda et Le Moteur Mercedes.
Il y a lieu de rappeler, à l’occasion, le grand retour de MOTUL en Formule 1. Cette réintégration au plus haut niveau de la compétition automobile mondiale confirme la position de MOTUL comme leader technologique dans le domaine des lubrifiants, et renforce encore davantage la valeur de la marque aux yeux des passionnés, automobilistes, motards et des professionnels.
Voici, par ailleurs, les résultats complets de ce vote :
Catégorie Généraliste
1/ Honda CR-V Hybride : 506 votes
2/ Chery Arrizo 8 : 200 votes
3/ KIA EV9 : 143 votes
4/ MG 7 : 64 votes
5/Haval TANK 300 : 53 votes
6/ Geely Monjaro : 38 votes
7/ GAC Emzoom : 34 votes
8/ Dacia Duster : 29 votes
9/ Suzuki Swift : 26 votes
Catégorie premium
1/ Mercedes CLE Coupé 200 : 213 votes
2/ AUDI Q6 e-tron : 168 votes
3/ BMW X5 Hybride et Cupra Terramar ex aequo : 124 votes.
Son état de délabrement est sans égal : Voilà pourquoi le GCT de Gabès est le site le plus dangereux en Tunisie…
Hassan GHEDIRI
A l’occasion de la rencontre mardi dernier entre Kaïs Saïed et la cheffe du gouvernement, huit photos ont été diffusées sur la page officielle de la présidence montrant l’ampleur du danger que représentent les unités du GCT à Gabès.
Des images qui laissent sans voix. A première vue, l’on se croirait en face d’un champ de ruines après un raid aérien. Ce sont des images qui trouveraient facilement place dans les albums des guerres, tellement elles révèlent l’ampleur de l’anarchie et des destructions. Pourtant, ce ne sont point des clichés de guerre, mais des photos bien réelles prises à l’intérieur des unités de transformation du phosphate implantées à Gabès.
Des clichés à l’état brut sans la moindre retouche puisqu’elles ont été publiées sur le réseau social de la présidence de la république. Les images sont d’autant terrifiantes qu’elles montrent l’état de délabrement sans pareil dans lequel se trouvent les usines du Groupe Chimique Tunisien (GCT) qui transforment le phosphate en acide phosphorique et en engrais. Ces mêmes usines qui sont accusées d’empoissonner l’air, la terre et la mer et qui s’attirent aujourd’hui les foudres d’une colère populaire bien justifiée.
Les huit clichés publiés par la présidence de la république, montrent des installations manquant d’entretien depuis une longue période. Des équipements métalliques couverts de rouille et des conduites dans un état de corrosion avancée avec des traces d’oxydation. Des boulons et brides rongés et des éléments endommagés.
Autour des équipements métalliques démantelés, le sol est jonché, des morceaux de tuyauterie cassés témoignant d’un état général de négligence. Des images qui plaident en faveur des habitants de Gabès qui réclament le démantèlement de ces unités et qui semblent ne laisser aucun prétexte aux autorités qui semblent hésiter à prendre des décisions radicales.
Si l’état dans lequel se trouvent aujourd’hui les unités du GCT choque, tellement il reflète un abandon total des procédure d’entretien et de sécurité, la situation était déjà alarmante depuis plusieurs années et n’a cessé de susciter les inquiétudes des spécialistes, s’agissant d’une industrie nécessitant des mesures de protection optimale.
Cauchemar
Lorsqu’il est question d’usines de fabrication d’engrais chimiques, le danger est permanant. Il ne se limite pas dans les fuites de substances toxiques qui contaminent l’environnement et mettent en péril la santé publique, ce qui est aujourd’hui le cas à Gabès.
L’état de délabrement des unités du GCT à Gabès, révélé par les images publiées avant-hier par la présidence de la république, suscite de grandes inquiétudes à cause de la présence à l’intérieur de ces installations de produits dangereux. Comme dans toutes les usines d’engrais dans le monde, le GCT produit le nitrate d’ammonium (l’ammonitrate), un composé chimique qui représente un très fort risque d’explosion.
A Gabès, le GCT fabrique cet engrais en de très grandes quantités mais en entrepose également des milliers de tonnes. Et c’est là que les choses deviennent dangereuses au vu de l’état d’abandon et de la nonchalance qui semble caractériser la gestion de ces sites, et ce, d’après les images qui ne trompent pas.
D’ailleurs, lorsque la population en colère a tenté de prendre d’assaut les installations du GCT, à la fin de la semaine dernière, un porte-parole de la garde nationale a laissé entendre que grâce à l’intervention des unités de sécurité, une catastrophe d’une ampleur inimaginable avait été évitée. Il doit expliquer que le GCT détient dans ses locaux près de 100 mille tonnes de matières dangereuses.
Le problème c’est que des défaillances flagrantes au niveau des procédures d’entretien et de la sécurisation des entrepôts des matières dangereuses chez le GCT ont souvent été épinglées.
Ainsi, le 5 août 2020, au lendemain de l’explosion du port de Beirouth, qui a choqué le monde entier par ses dégâts dignes d’une explosion nucléaire et par son bilan humain, Malek Azzouzi, alors chargé de la réhabilitation de l’usine d’ammonitrate au sein du GCT, a reconnu sur les ondes d’une radio associative que la ville de Gabès et toutes les régions limitrophes risqueraient de subir une catastrophe d’une ampleur encore beaucoup plus grande que ce qui s’est passé au Liban.
Un simple incendie combiné à peu de poussière de l’ammonitrate, dont des dizaines de milliers de tonnes sont stockées dans les entrepôts du groupe chimique, serait capable, selon lui, d’entrainer une détonation des dizaines de fois plus grande qu’à Beyrouth. Il faut souligner qu’à quelques centaines de mètres des sites de stockage du nitrate d’ammonium se trouvent des réservoirs de stockage de l’acide sulfurique et de gaz, et à un vol d’oiseau les unités de traitement du gaz raccordées au projet Nawara.
Pour dire que les unités du GCT constituent une véritable bombe à retardement. Il s’agit, sans exagération, de l’une des zones les plus dangereuses en Tunisie en terme des risques liés aux grands manquements aux normes fondamentales de l’entretien et de la sécurisation des sites dangereux.
Pour la petite histoire, rappelons qu’en 2001, en France est survenue l’une des plus graves explosions impliquant du nitrate d’ammonium lorsqu’un stock de 300 à 400 tonnes de cette matière, détenu par une usine de fabrication d’engrais azotés située à Toulouse, a explosé. Bilan : 31 morts, plus de 2500 blessés et de lourds dégâts matériels.
H.G.
Nouvelle phase de mobilisation sociale et syndicale en vue : L’UGTT cherche-t-elle à profiter des dernières tensions sociales pour se remettre d'aplomb?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La réunion du bureau exécutif élargi de l’UGTT tenue avant-hier à Tunis a examiné les préparatifs des prochaines échéances sociales et syndicales. La Centrale syndicale cherche-t-elle à profiter des dernières tensions sociales pour mettre la pression sur le gouvernement ?
En saluant le succès du syndicat régional de Gabès dans l’organisation et l’encadrement de la grève générale récemment tenue dans la région, considérée comme une étape importante dans la lutte pour la justice sociale et environnementale, le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Noureddine Taboubi, a tenu également lors de la réunion du bureau exécutif élargi de mercredi dernier à rappeler que les préparatifs vont bon train pour réussir les prochaines échéances sociales et syndicales.
La Centrale syndicale cherche-t-elle à profiter des dernières tensions sociales pour mettre la pression sur le gouvernement ?
Pour le juriste Salem Chérif : « Il est évident que la crise écologique qui secoue actuellement la région de Gabès survient au bon moment pour l’Union générale tunisienne du travail qui cherche à se repositionner sur l’échiquier aussi politique que syndical.
En perte de vitesse et perdant, en effet, beaucoup de sa popularité auprès de l’opinion publique, l’organisation syndicale est à la recherche d’une sortie de sa crise qui perdure depuis la tenue des deux congrès de Sousse et de Sfax et l’amendement de ce fameux article 20 ayant permis à l’actuel bureau exécutif de prolonger son mandat. Pis encore, c’est au sein de ce même bureau exécutif controversé que les divergences ont éclaté.
Le groupe dit des «dix» croise le fer avec le groupe dit des «cinq», au sein du même bureau exécutif, tandis que l’opposition syndicale part en guerre contre les deux camps. Jamais, en effet, la Centrale syndicale n’a connu un tel conflit et de telles divergences. Alors, lorsqu’un conflit social éclate, c’est une aubaine pour le bureau exécutif… ».
Escalade …
Mehdi Mabrouk, professeur de sociologie à l’Université de Tunis, estimait en 2024 que « l’appel du dirigeant syndical, Anwar Ben Kaddour, montre à quel point la crise interne est grave, touchant toutes les structures dirigeantes de l'Organisation, du Bureau exécutif au Conseil national ».
D’après lui, « le blocage est dû à l’absence de consensus entre les membres, certains réclamant une autocritique et un repositionnement face au pouvoir ».
Mabrouk ajoutait que « l’UGTT est désormais marginalisée, en raison des divisions internes mais aussi parce que le président de la République, Kais Saied, ne croit pas aux corps intermédiaires comme les partis ou les syndicats ». « C’est dire à quel point la crise au sein de l’organisation syndicale est persistante et seule l’escalade et la fuite en avant peuvent sauver l’actuel bureau exécutif », estime l’universitaire Salem Chèrif.
Et d’ajouter : « On doit s’attendre, alors, dans la période à venir à une vague de mouvements sociaux dans les secteurs clés comme l’enseignement, la santé et le transport. Aussi, il faut s’attendre à une nouvelle escalade à caractère social à chaque fois qu’une région ou un secteur montre des signes de mécontentements.
Des scénarios qui ont pour objectif de mettre la pression sur le gouvernement pour faire sortir le bureau exécutif de l’Union générale tunisienne du travail
de son isolement. Or la sagesse veut que l’UGTT doit rapidement résoudre ses conflits internes, notamment en rétablissant un fonctionnement démocratique et transparent tout en insistant également sur la nécessité de redéfinir son rôle en Tunisie, en tant que défenseur des travailleurs et acteur clé du dialogue social ».
M.B.S.M.
Editorial : Z comme Zorro…
Par Chokri Baccouche
Son nom il le signe à la pointe de l’épée, d’un Z qui veut dire Zorro : ceux qui sont nés durant les années cinquante du siècle dernier se rappellent certainement de ce refrain, fredonné par de nombreuses générations et tiré du générique de la célèbre série télévisée de Disney «Zorro». Zorro qui signifie renard en espagnol est ce justicier masqué qui combat le crime et protège les faibles et les opprimés en Californie au début du 19è siècle sous les traits de Don Diego de la Vega, un riche aristocrate.
Aussi troublant que cela puisse paraitre et on se demande d’ailleurs s’il s’agit d’un simple hasard, la lettre Z est souvent associée à la lutte contre l’injustice comme le prouve d’ailleurs « Z », le titre d’un film à succès de Costa Gavras sorti en 1962 qui relate les péripéties rocambolesques liées à l'assassinat d'un homme politique de gauche et l'enquête qui suit pour découvrir la corruption et les abus de pouvoir au sein des autorités.
De nos jours, la dernière lettre de l’alphabet latin fait toujours parler d’elle dans le même registre. Elle incarne en effet le cri de colère et de ralliement d’une jeunesse marginalisée qui se soulève depuis quelque temps un peu partout dans le monde et plus particulièrement dans les pays en développement, malmenant des gouvernements et provoquant des chutes de régime dont le dernier en date est celui de l’ancien président malgache, Andry Rajoelina, qui a fui le pays il y a quelque jours.
On l’aura certainement deviné, il s’agit de la « Génération Z », ce mouvement juvénile révolutionnaire qui accapare les feux de l’actualité internationale ces derniers temps de la manière la plus bruyante et spectaculaire. Inspiré d’un célèbre manga japonais représentant un groupe de parias luttant contre un régime corrompu et oppressif, ce mouvement est à l’origine des manifestations monstres et des troubles qui ont secoué récemment le Népal, le Maroc, l’Indonésie et le Pérou.
La génération Z incarne donc le cri de colère et de détresse d’une jeunesse internationale désespérée, laissée pour compte, et laminée par un chômage endémique. Une jeunesse désabusée et sans perspective qui se rebiffe contre des systèmes corrompus et un partage inégal des richesses détenues, dans l’écrasante majorité des pays, riches ou pauvres, par une minorité infime qui affiche de manière ostentatoire son opulence.
Elle est l’expression du dégoût et de l’exaspération profonde de cette masse juvénile qui cherche à s’imposer, en désespoir de cause, en tant que force de changement pour faire entendre sa voix et sortir du cercle vicieux de l’indigence et de la misère.
Cette jeunesse qui se révolte aujourd’hui est en fait la victime expiatoire des mauvaises gouvernances mais également de la mondialisation régie par un système international ultra libéral qui s’est développé au détriment des populations les plus vulnérables. A trop tirer sur la corde, elle finit forcément par se casser à la fin. La marmite internationale chauffe dangereusement dans un monde aux abois qui traine de plus en plus ses heurts et malheurs comme Sisyphe son rocher.
Un monde livré aux vents des guerres et de la brutalité, des inégalités sociales, des injustices et de la corruption qui prend des dimensions planétaires. Le gap qui sépare la minorité des nababs qui accaparent selon de sérieuses études plus de 80% des richesses mondiales et la majorité des pauvres se mesure aujourd’hui en années lumière.
Les conflits d’intérêts dans certains pays où la classe dirigeante détient les clefs d’une économie parallèle dans l’économie institutionnelle et officielle atteignent des proportions alarmantes. Dans ces pays où la misère de la masse populaire fait des siennes, les pouvoirs en place sont à la fois juges et avocats et soufflent le chaud et le froid
Ils tiennent sous leur coupe en règle et à titre strictement personnel les entreprises les plus juteuses et les exploitations agricoles les plus florissantes et rentables, ne laissant que des miettes pour le restant de la population. Ce qui était valable hier, l’est certainement aujourd’hui et peut-être même davantage.
La raison en est que la voracité conduit inévitablement au cercle vicieux de l’accoutumance : plus on en a, plus on en veut. Une voracité aveugle dont on mesure aujourd’hui les effets pervers à travers ces révoltes populaires juvéniles qui pourraient avoir un effet domino et se transformer, si rien n’est fait pour porter assistance à cette jeunesse marginalisée, en un mouvement de révolte internationale aux conséquences incertaines pour la paix sociale et la stabilité dans de nombreux pays.
Le chômage, la pauvreté, l’absence de perspectives et les injustices sociales, on le sait, sont le terreau fertile et le combustible pouvant alimenter et nourrir les appréhensions et le désespoir.
En cela, et beaucoup plus qu’un cri de colère, le mouvement fracassant de la Génération Z constitue à bien des égards une véritable sonnette d’alarme que les dirigeants de la planète ont tout intérêt à ne pas occulter afin d’éviter la fâcheuse perspective d’un changement funeste qui risque de s’opérer à la manière du justicier masqué…
C.B.
A la Cathédrale de Tunis : La musique, un pont entre la Tunisie et le Monaco
La Cathédrale de Tunis accueillera demain, à 20h30, un concert réunissant des artistes tunisiens et le prestigieux Chœur des Petits Chanteurs de Monaco, dans le cadre de deux sessions artistiques d’excellence dédiées au Chant Choral, à la Direction de Chœurs et à la Musique de Chambre qui a démarré le 19 octobre pour se clôturer le 30 du même mois. Parmi les intervenants internationaux figurent Anaïs Tamisier (Université Autrichienne de Musique de Vienne), Diane Daly (Académie Royale de Musique de Dublin) et Pierre Debat, directeur du Chœur des Petits Chanteurs de Monaco.
La cheffe de chœur tunisienne Aïda Niati encadre les choristes locaux, tandis que les jeunes choristes monégasques découvrent le répertoire oriental. Cet événement s’inscrit dans les initiatives de la Fondation Hasdrubal pour promouvoir l'excellence musicale et soutenir la jeunesse artistique tunisienne, sous la direction de Laurent Jost.
Les projets de la Fondation sont soutenus par l'Ambassade de France, l’Institut français de Tunisie, l’Ambassade d’Autriche et le Consulat Général de Monaco en Tunisie. Ils s’inscrivent dans les programmes de professionnalisation et d’entrepreneuriat Culturel en Tunisie.
Il est à noter qu’en 2026, Laurent Jost proposera un programme riche en partenariat avec le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP), l’Université Autrichienne de Musique et des Arts du Spectacle de Vienne (MDW), l’Académie Royale de Musique de Londres (RAM) et l’Académie Royale de Musique de Dublin (RIAM).
En février 2026, un moment d’exception, réunira deux des violonistes les plus éminents à l’échelle mondiale, Nemanja Radulović et Patrice Fontanarosa, accompagnés par la pianiste Stéphanie Fontanarosa, sous l’égide de la direction musicale de la Fondation Hasdrubal.
Au ciné-club « Crépuscule » : Les luttes sociales et les révolutions contemporaines racontées sur grand écran
Dans le cadre de son ciné-club « Crépuscule », la Fondation Rosa-Luxemburg propose une série de projections-débats autour de documentaires engagés, offrant un espace de réflexion sur les enjeux sociopolitiques actuels.
Le cycle « Street Beat » dont le coup d’envoi sera donné aujourd’hui, à 19h00 et qui se poursuivra jusqu’au 25 octobre, propose des films puissants sur les luttes sociales, la mémoire collective et les révolutions en cours.
Pour ce premier rendez-vous, le public découvrira « La fille du 8 janvier » de Marouane Meddeb. Long-métrage documentaire, il a figuré dans la compétition nationale des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) 2024. Le film raconte l’histoire de Kaouther Ayari, une militante tunisienne devenue un symbole de la révolution de 2011, revenant sur son discours historique prononcé à la Place Mohamed Ali, un moment clé de la mobilisation contre le régime de Ben Ali. À travers les yeux de Kaouther, le film offre une réflexion profonde sur les années postrévolutionnaires, marquées par les espoirs déçus et les luttes continues pour la justice sociale. Ce documentaire, qui a pris presque quatorze ans à réaliser, s’interroge sur ce qu’il reste de la révolution tunisienne, à travers l’engagement d’une militante déterminée à poursuivre le combat malgré les obstacles politiques et sociaux.
À travers ce portrait, Marouane Meddeb plonge son spectateur dans un processus de mémoire et de résistance, explorant les défis d’une jeunesse militante qui se bat pour des droits sociaux fondamentaux, tout en soulignant les difficultés liées à l'intégrisme, au chômage et à la quête de liberté. Le film est une invitation à comprendre la Tunisie d’après 2011, et à réfléchir sur la place des femmes dans l’histoire de la révolution.
Après la projection de « La fille du 8 janvier », le cycle Street Beat poursuit avec une série de films qui interrogent les mouvements sociaux à travers le monde arabe et au-delà. Pour demain, le vendredi 24 octobre, deux documentaires sont annoncés : à 18h30, Hind Meddeb mène le public à Soudan pour raconter les espoirs et les déceptions de sa jeunesse. Film multi-primé, « Soudan, souviens-toi » explore la mémoire des luttes soudanaises et leurs impacts sociaux et politiques, mettant l’accent sur ces jeunes qui ont défi par leurs poèmes et chants la répression et la dictature.
Lors de cette même soirée, un 2ème voyage est annoncé à partir de 20h30, avec comme destination l’Algérie. A l’affiche : « Chroniques Algériennes » de Zak Kedzi qui se veut une réflexion sur l’Algérie d’aujourd’hui.
Pour le 3ème jour et dernier jour de ce cycle, le public découvrira à 11h00, à l’espace bibliothèque, le film « Out on the street » (dehors, dans la rue) de Jasmina Metwaly et Philip Rizk. La projection sera suivie d’un débat en ligne avec les réalisateurs et le chercheur Ali Hussein Al-Adawy qui a proposé ce film.
Chaque film sera suivi de discussions et de débats, permettant d’approfondir les thèmes abordés et d’échanger sur la situation politique et sociale des pays concernés.
Il est à noter que les projections se dérouleront dans les locaux de Rosa à Mutuelle Ville (Tunis). À travers le cycle Street Beat, la Fondation Rosa-Luxemburg offre une plongée saisissante dans les luttes sociales et les révolutions contemporaines, en présentant des films puissants qui interrogent la mémoire collective et les aspirations populaires dans le monde arabe. Ces projections sont bien plus que de simples films : elles sont des invitations à réfléchir sur les transformations profondes qui traversent ces sociétés, et à réévaluer le rôle de la mémoire et de l’engagement dans la quête d’un avenir meilleur. Que ce soit en Tunisie, en Algérie, en Égypte ou au Soudan, le cycle met en lumière la résistance de ceux qui, par leur voix et leurs actions, contribuent à réécrire l’histoire de leurs pays, tout en éclairant les défis politiques, sociaux et culturels qui restent à surmonter.
Imen.A.
Festival national du théâtre « Saisons de la création » : Une édition expansive avec Tozeur en point de départ
Par Imen Abderrahmani
Le festival national du théâtre tunisien « Saisons de la création » prend une nouvelle dimension en 2025 en s’agrandissant et en s’ouvrant sur les régions. Pour sa 3ème édition, l’événement se décentralise et inaugure un nouveau chapitre en prenant la destination de Tozeur.
Placé sous le signe de la créativité et de la diversité, ce festival met à l’honneur la création théâtrale tunisienne, en offrant une vitrine aux productions publiques et privées de l’année, tout en renforçant l’échange et la formation. Aujourd’hui à sa 3ème édition, le festival continue bien son chemin, s’ouvrant sur de nouveaux horizons et allant à d’autres publics, loin de la capitale.
Lors d’un point de presse qu’a accueilli avant-hier la salle « Le 4ème art », le directeur du Théâtre National Tunisien (TNT), Moez Mrabet, également directeur du Festival national du théâtre tunisien « Saisons de la création » n’a pas caché son ambition de vouloir encore aller loin dans la programmation sur le plan géographique, en ciblant dans les prochaines éditions d’autres régions et sur le plan qualitatif quantitatif en intégrant de nouvelles sections pour le théâtre amateur et les théâtre pour enfants. Comme un premier pas, ce festival, devenu un rendez-vous tant attendu par les artistes tunisiens et également par le public, posera ses valises à Tozeur et ce dans le cadre d’une coopération avec le Centre des arts dramatiques et scéniques de la ville que dirige l’homme de théâtre Abdelwahed Ben Mabrouk.
Destination Tozeur
Pour cette escale à Tozeur prévue du 24 au 30 octobre, avant que le festival se poursuive à Tunis, les organisateurs ont joué la carte de la diversité misant sur les représentations théâtrales et sur la réflexion, proposant un bouquet d’œuvres parmi lesquelles nous citons : « Tesâa » (Neuf) de Moez Guediri, « Wahdi » (Seul) de Walid Daghsni, « Chaâla » de Amina Dachraoui, « Nuit d’Amour » (Lilet Hob) de Ferhat Debbech, « Soif » (Atach) de Chaïma Fethi, « Sous Surveillance » de Mohamed Saïdi, « Si vous saviez » (law taâlamoun) de Tahar Alouane et « Chkoun ? (Qui ?) » de Mohamed Chokri Khouja et Nedra Toumi.
Parmi également les moments forts de la programmation de Tozeur, le colloque annoncé pour les 25 et 26 octobre, toujours à Tozeur. Organisé par le TNT en partenariat avec l’Académie Tunisienne des Sciences, des Lettres et des Arts (Beit Al Hikma), le colloque s’intitule « Le Théâtre tunisien : questions d'identité, d'altérité, et représentation de soi – vers une école tunisienne de théâtre ».Plusieurs questions seront soulevées lors de ce rendez-vous académique, théâtrale, tourné vers le débat par les intervenants et plusieurs notions seront disséquées et relies dans le contexte contemporain, tout en se référant à la pratique théâtrale aujourd’hui en Tunisie. « Le colloque propose d’examiner les concepts évoqués dans leurs interactions, d’en explorer les significations idéologiques et esthétiques, ainsi que leurs dimensions sociologiques et anthropologiques, tout en interrogeant les contextes où ils ont pris forme et leurs liens avec les dynamiques à l’œuvre dans la pratique et la création théâtrales » a précisé le directeur du TNT.
Retour à Tunis et à la compétition
Après cette bouffée d’oxygène, en dehors de la capitale, le festival retrouve son rythme habituel, avec le démarrage officiel de l’édition, ipso facto de la compétition. Au total : quatorze pièces de théâtre tunisiennes produites par des structures publiques et privées ont été retenues. Du 1er au 8 novembre 2025, le grand public pourra découvrir et apprécier ce riche catalogue d’œuvres qui seront présentés à la salle du 4ème art (Avenue de Paris) et à l’auditorium du palais du théâtre El Halfaouine.
Un jury présidé par Mohamed Mediouni, et composé de Faiza Mdessaoudi, Salah Felah, et Ramzi Azaiez, récompensera les meilleurs spectacles dans plusieurs catégories : « meilleur spectacle complet », « meilleure mise en scène », « meilleur texte », « meilleure interprétation masculine et féminine ».
Une master-class de photographie encadrée et dirigée par Kais Ben Ferhat avec la participation de Amira Zili est également au programme du festival, organisé par le TNT en partenariat et avec le soutien de la Fondation Abdelwaheb Ben Ayed (FABA).
Le festival qui s’agrandit s’ouvre cette année sur un nouvel espace, le Musée d’Art Moderne et Contemporain (MACAM), situé à la Cité de la culture, et en ce dans le cadre d’un hommage rendu à l’une des figures emblématiques du monde artistique tunisien, le peintre Adel Megdiche (1949-2022). « Machhadiyet » (Scènes) ainsi s’intitule cette exposition qui sera dédiée à cet artiste qui a fait dialoguer les arts plastiques et le 4ème art. Cette exposition aura lieu du 1er novembre 2025 au 31 janvier 2026, au grand bonheur des visiteurs, et des passionnés de l’univers mystérieux de Adel Megdiche.
Il est à noter qu’un nouvel hommage sera donné à Fadhel Jaziri (1948-2025), comédien, metteur en scène et producteur pluridisciplinaire, avec la programmation de « Arboun 3 », spectacle annoncé pour la clôture du festival. De plus, un espace dédié à ses œuvres, « Ecrans des saisons », projettera des films et documentaires retraçant sa carrière, du 3 au 7 novembre.
Imen.A.
Encadré
En compétition
- « Ad Vitam » de Leila Toubel
- « Call Center Tragedy » de Nizar Saïdi
- « Les fugueuses » de Wafa Taboubi
- « La Dame de Kerkoine » de Wajdi Gaidi et Houssem Sahli
- « Chute libre » de Nooman Hamda
- « Statue en pierre » de Karim Achour
- « Faux » de Abdelkader Ben Saïd
- « Pet cats » de Aws Ibrahim
- « Rar » de Ezzedine Bachir
- « Inside me » de Mohamed Barkati
- « Whisper » de Youssef Mars
- « Tesaâ » (9) de Moez Guediri
- « Ezznous » (Les diables de la boîte) de Saleh Hamouda
- « Sogra » de Hatem Derbel
Financement occulte des ONG : L’argent de Soros dans le collimateur de la justice…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Une enquête est actuellement en cours portant sur des financements étrangers occultes au profit d’associations et ONG tunisiennes. Comment, justement, sont acheminés ces financements et ont-ils échappé au contrôle de la Banque centrale de Tunisie et la CTAF ?
Selon le site du journal Al Chourouk, le ministère public a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire contre des dizaines d’associations et autres ONG tunisiennes ayant reçu des financements occultes émanant en grande partie de la Fondation Open Society de l’homme d’affaires George Soros.
L’Unité centrale de la Grade nationale de l’Aouina et la Direction de la police judiciaire d’El Gorjani ont été chargées de mener cette enquête qui vise une centaine d’associations et ONG tunisiennes.
Selon l’expert en économie et en finance, Mohamed Salah Jennadi : « L’étude élaborée par le centre Ifada affirme que 29% du tissu associatif n’a pas de comptes courants bancaires ou postaux, contre 11% jugées correctes et transparentes sur le plan comptable. Cela confirme que le financement de la grande partie des associations et des ONG est flou et ambigu.
Un autre rapport, corroboré par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) et la Haute instance indépendante de la communication audio-visuelle (HAICA), indique également que la contribution financière d’ONG étrangères au profit de leurs homologues tunisiennes est passée de 4,7 millions de dinars en 2012 à 37 milliards de nos millimes en 2019».
Et d’ajouter : « En 2023, les autorités judicaires et sécuritaires ont fait état de l’existence de 272 associations sur lesquelles pèsent des soupçons autour de leurs sources de financement et de leurs fonds. 182 d’entre elles ont été immédiatement dissoutes alors que des poursuites judiciaires sont toujours engagées sur les autres ». Comment, justement, sont acheminés ces financements occultes et ont-ils échappé au contrôle de la Banque centrale de Tunisie et de la Commission tunisienne des analyses financières (CTAF) ?
Hors-la-loi …
Le Haut comité du contrôle administratif et financier (HCCAF) a, à son tour, publié son 29e rapport annuel pour l’année 2023. Ce rapport relayé par l’agence TAP, et consacré au financement étranger des associations opérant en Tunisie, fait état de l’existence de quatre associations de « bienfaisance » classées « suspectes » par le Secrétariat général du gouvernement qui ont continué à recevoir des fonds de source étrangère d’un montant de 23,9 millions de dinars.
Ce montant vient s’ajouter aux 27,7 millions de dinars qu’elles avaient reçus auparavant, essentiellement du Qatar, du Koweït et de la Turquie au cours de la période 2012 – 2019. « Pis encore, le rapport souligne également qu’il y a des associations tunisiennes qui ont effectivement obtenu des financements directs provenant des ambassades établies en Tunisie en usant de moyens détournés à l’insue du contrôle de l’intermédiaire officiel, en l’occurrence le ministère des Affaires étrangères », nous dira l’expert en économie et finance, Mohamed Salah Jennadi.
L’expert précise également que selon ce rapport : « 566 associations sur 1005 ont manifestement violé l’obligation de lever les irrégularités commises en matière de réception de fonds étrangers au cours de la période 2014-2019. Il s’agit-là d’une obstination délibérée à refuser de se plier à la loi malgré les incessantes notifications adressées par le secrétariat général du gouvernement ».
Jennadi estime, alors, que « la révision en profondeur du cadre juridique régissant les associations dans le cadre d’une approche participative inclusive et la mise sur pied d’un système de contrôle et de suivi plus efficace du financement étranger des associations devient une urgence ». Pour rappel, le gouvernement tunisien a, en 2024, adopté un projet de loi encadrant la création et le financement des associations.
M.B.S.M.
L'Espérance a formulé des réserves techniques contre la participation de Seif Charfi
Juste avant le coup d'envoi du match de la 10e journée de la Ligue 1 entre l'ESZarzis et l'Espérance de Tunis, les dirigeants du club tunisois ont formulé des réserves contre la participation du gardien zarzissien Seif Charfi qui avait récolté déjà trois cartons jaunes contre successivement le CA, l'USBG et le ST sans purger sa suspension d'un match, documents officiels à l'appui.
Voilà un premier dossier du genre, cette saison sur les bureaux de la Ligue Nationale de Football Professionnel.
J.B.
Une présentation-débat sur « Voyager pour procréer au Maghreb » à l’IRMC
L’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC), à Mutuelleville (Tunis), accueille, cet après-midi à 17h30, une présentation-débat autour de l’ouvrage « Voyager pour procréer au Maghreb. Expériences au sein d’une nouvelle industrie médicale ».
Publié le 27 juillet 2024 aux éditions IRMC-Karthala, ce livre, dirigé par Betty Rouland et Irène Maffi, explore un phénomène émergent : les voyages de couples venant d'Afrique du Nord et d'Afrique subsaharienne en Tunisie pour recourir à l’assistance médicale à la procréation (AMP). À travers les témoignages et analyses, l’ouvrage examine comment cette nouvelle industrie médicale se développe également en Algérie et au Maroc.
Les auteurs s'intéressent à des questions profondes liées à la santé sexuelle et reproductive, mais aussi aux enjeux sociaux autour de la reproduction et de la filialité. L’ouvrage aborde également les normes genrées, les circulations transfrontalières des patients et des professionnels de santé, et le rôle grandissant des industries pharmaceutiques et des cliniques privées dans cette dynamique. L’objectif est d’ouvrir un débat sur les parcours souvent complexes de couples infertiles en quête de maternité/paternité, et sur les conditions de leurs traitements dans un espace transfrontalier.
Le livre met en lumière l’AMP comme un nouveau champ de recherche au Maghreb, tout en renouvelant la réflexion sur les mutations sociales en cours dans des sociétés maghrébines en pleine transformation. Avec une approche Sud-Sud, l’ouvrage décale le regard habituel porté sur les voyages reproductifs, en le centrant sur l’Afrique du Nord et l’Afrique francophone, tout en étudiant l'impact de ces pratiques sur les marchés de la fertilité en pleine expansion.
Les directrices du projet, Betty Rouland et Irène Maffi, sont respectivement chercheuse post-doctorante en géographie à l’Institut Convergences Migrations (CNRS) et professeure en anthropologie à l’Université de Lausanne. Elles ont rassemblé autour d'elles un large éventail d’experts, dont Aicha Benabed, Marc-Éric Gruénais, Lenore Manderson, et Carole Wenger, pour offrir une réflexion approfondie et diversifiée sur ce phénomène.
Editorial : Arrêter de chercher des excuses pour ne rien faire !
Par Hassan GHEDIRI
Spectaculaire a été la démonstration de colère qui a eu lieu mardi dernier à Gabès où les manifestants ont été encore plus nombreux cette fois, se comptant par plusieurs dizaines de milliers selon les estimations, pour réclamer le démantèlement des unités polluantes du Groupe Chimique Tunisien. Commerces, entreprises publiques et privées, administrations, écoles et universités, tout a été fermé à l’occasion de la grève générale qui a totalement paralysé l’ensemble du gouvernorat.
Excédés par une situation qui dure depuis des décennies, les habitants de Gabès ont dit leur mot en exprimant haut et fort leur rejet de tout plan gouvernemental consistant à réformer les usines d’engrais vieillissantes responsables de la catastrophe écologique et sanitaire qui frappe la région.
L’Etat doit apprendre à écouter les doléances des citoyens, favoriser les débats aux politiques imposées et aux solutions parachutées qui ne résolvent pas les problèmes.
L’Etat trouve de grandes difficultés à restaurer la confiance des citoyens dans les politiques publiques. Une rupture qui s’est aggravée au fil des ans par le manque de solution aux problèmes chroniques, source de grandes tensions sociales.
Le problème c’est que face à des crises qui perdurent depuis des années et nécessitant normalement des réponses radicales, l’Etat se contente de réactions improvisées sans stratégies à long terme. Un manque d’anticipation et de planification qui contraint le pouvoir à rester constamment sur la défensive.
La crise de la pollution par le phosphogypse et les gaz toxiques à Gabès, malgré son ampleur, n’est en effet qu’un exemple parmi d’innombrables problèmes éccolo-économiques qui nourrissent une colère populaire, encore silencieuse, mais qui ne manquera peut-être pas de se manifester à travers des vagues de protestations. Une colère qui peut toujours s’expliquer par l’incapacité du pouvoir à comprendre les doléances des populations et à leur offrir l’espoir de vivre dans un environnement décent et paisible.
La crise sanitaire et écologique de Gabès, qui a fait sortir avant-hier dans la rue des centaines de milliers d’habitants pour crier leur ras le bol, n’est absolument pas nouvelle. C’est une crise qui perdure depuis de longues années à laquelle tous les gouvernements qui se sont succédé, tout au long des deux ou trois dernières décennies, ont toujours eu une bonne (mauvaise !) excuse pour ne rien faire. Tout comme la crise de l’eau, de la pauvreté, du chômage, de la disparité régionale, de la marginalisation qui couvent et perdurent…
Nombreuses sont, en effet, les leçons que l’on peut tirer (que le pouvoir doit tirer) et que tout le monde tente, depuis 48 heures, de faire ressortir et de commenter sur les réseaux sociaux. Si, par ailleurs, il y a UNE GRANDE LEÇON qui doit être tirée, c’est que les principales revendications scandées depuis plusieurs jours à Gabès sont quasiment les mêmes partagées actuellement par des millions de Tunisiens et qui peuvent être résumées en cinq petits mots « vivre-dignement-en- bonne- santé ».
En effet, ce sont les revendications d’hier, d’aujourd’hui et de demain qui veulent que les droits fondamentaux des Tunisiens ne peuvent jamais être relégués au second plan, derrière les intérêts économiques et de quelconques engagements commerciaux pris avec certains clients internationaux. Il faut arrêter de chercher l’excuse pour ne pas assumer ses responsabilités et satisfaire les revendications légitimes de la population.
À Gabès comme ailleurs, les Tunisiens ne réclament pas des miracles, mais simplement que l’État fasse son travail. S’il continue à chercher des excuses pour ne rien faire, il finira peut-être par devoir en chercher une dernière, celle d’avoir perdu son… peuple.
H.G.
















