Ligue 1 - 11e journée : L'Espérance bat le CABizertin ( 2-0) et pointe à une longueur des leaders
Par Jamel Belhassen
L'EST qui a dominé autrageusement les débats aurait mérité une victoire plus large face à un CAB timide sur le plan offensif et qui n'a fait que de la résistance.
La première période a été dominée par l'Espérance qui a fait l'essentiel du jeu en multipliant les assauts de tous les côtés face à un CABizertin qui a opté pour le bloc median avec un dispositif en 3-5-2.
La domination des Sang et Or devant une défense renforcée n'a abouti qu'à deux opportunités créées par Danoh sur un retourné acrobatique qui passa à côté puis sur un tir qui percuté le poteau de la cage de Maktouf. Et ce qui devait arriva à la (40e) quand Boualia, parti du centre du terrain, loba le gardien des trente mètres pour ouvrir le score (1-0) d'un joli but.
Après les citrons, le CAB avance d'un cran à la recherche d'une égalisation. Dridi, d'un centre-tir oblige Ben Said à se dépenser pour sauver en corner (47e). Dans l'autre camp, Danoh rate le cadre malgré sa bonne position (58e).
Les espaces jouables se multiplient et les attaques se suivent des deux côtés avec toujours une supériorité esperantiste. Konate sollicite Maktouf qui sauve en corner ( 68e). Maacha, entré en course de jeu, rate une nouvelle occasion de la tête ( 83e). Konate ne sera pas plus heureux à la ( 87e).
Et c'est dans la logique des choses que Jabri arrive à trouver le chemin des filets après un service d'Ogbelu (2-0) à la (90e). Et ce n'était pas cher payé pour la défense cabiste.
Classement
1-ST 25 pts
2-CA 25
3- EST 24
4-ESZ 20
5-USM 18
6- ESM 18
7-CSS 18
8-JSO 15
9-CAB 12
10-ESS 12
11-ASM 10
12-JSK 10
13-USBG 9
14-ASS 9
15-OB 8
16-ASG 7
J.B.
Les câbles sous-marins internationaux et nationaux de Tunisie Telecom : Un pilier de la transformation numérique du pays
Les câbles sous-marins, qu’ils soient nationaux ou internationaux, constituent la colonne vertébrale des réseaux de télécommunications dans le monde, puisqu’ils assurent le transport de plus de 95 % du trafic Internet et des échanges de données à l’échelle mondiale.
https://www.thd.tn/wp-content/uploads/2025/02/TT-Medusa.jpg
En Tunisie, Tunisie Telecom, en sa qualité d’opérateur national, joue un rôle central dans la mise en place de cette infrastructure stratégique, garante de la souveraineté numérique du pays et de la continuité de sa connectivité, aussi bien à l’intérieur du territoire qu’avec le reste du monde.
Le câble sous-marin SEA-ME-WE 1 est considéré comme le premier câble sous-marin international qui a relié la Tunisie en 1985. À l'époque, il représentait un tournant majeur dans l'histoire des télécommunications tunisiennes, car il permettait de connecter directement le pays aux réseaux mondiaux via la mer Méditerranée, en passant par plusieurs pays asiatiques et européens.
Depuis la fin du XXᵉ siècle, les câbles sous-marins SEA-ME-WE2 et KELTRA ont marqué des étapes majeures dans le développement du secteur des télécommunications, notamment au niveau de la connectivité internationale.
Le câble SEA-ME-WE2, mis en service en 1992, a permis la première connexion directe à haut débit entre la Tunisie et les réseaux européens et moyen-orientaux, contribuant ainsi à l’amélioration de la qualité des communications internationales et à l’expansion des services Internet.
Quant au câble KELTRA, entré en service en 1995, il a représenté une avancée technologique majeure grâce à l’utilisation de la fibre optique, permettant la transmission de volumes considérables d’informations à très grande vitesse.
Ces deux projets ont contribué à la modernisation de l’infrastructure numérique nationale et ont constitué une base solide pour les futurs projets de câbles sous-marins.
Avec l’intégration de la Tunisie en 2005 au réseau international SEA-ME-WE4, Tunisie Telecom a renforcé la position du pays sur la carte mondiale des télécommunications, en établissant une connexion directe avec plusieurs centres de données en Europe et en Asie.
Le câble Hannibal, qui est une propriété de Tunisie Telecom, a été mis en service en 2009. Reliant Kélibia à l’Italie, ce câble est venu accroître la capacité de la connectivité internationale et améliorer de manière significative la qualité et la rapidité d’Internet en Tunisie.
Sur le plan national, Tunisie Telecom a également mis en place des câbles sous-marins locaux, dont le plus emblématique est le câble El Jorf – Djerba, reliant l’île au continent tunisien. Ce projet a permis de renforcer la stabilité des services Internet, téléphoniques et de transmission de données dans le sud-est du pays, illustrant l’engagement constant de l’entreprise à rapprocher la technologie de tous les citoyens, où qu’ils se trouvent.
Grâce à ces projets intégrés, combinés à un vaste réseau national de fibre optique, Tunisie Telecom s’est imposée comme le moteur de la transformation numérique en Tunisie.
Les câbles sous-marins constituent ainsi le socle sur lequel reposent tous les services modernes de télécommunication : Internet haut débit, centres de données et services de cloud computing, ouvrant la voie au développement de secteurs essentiels tels que l’éducation, la santé et le commerce électronique.
La salle « Ciné Jamil »- El Menzah 6 ferme définitivement ses portes : L’agonie des salles de cinéma tunisienne continue
Par Imen Abderrahmani
C’est une page importante de l’histoire cinématographique tunisienne et de la mémoire audiovisuelle qui se tourne : la salle « Ciné Jamil », situé à El Menzah 6, a annoncé la fermeture définitive de ses portes, une annonce poignante faite le 27 octobre 2025.
Le cinéma tunisien éclaire la scène internationale, récoltant succès et reconnaissance, tandis que ses salles se désertent. Entre l’effervescence des files d'attente lors des Journées Cinématographiques de Carthage et les sièges vides tout au long de l’année, à l’exception de quelques événements isolés, le tableau devient préoccupant.
L’annonce de la fermeture de la salle « Ciné-Jamil », dernière salle de cinéma du gouvernorat de l’Ariana, marque la fin d’une époque pour les cinéphiles et les passionnés de culture en Tunisie. Triste nouvelle pour cette salle qui a réussi depuis son ouverture à être un espace de débat, d’échange, de découverte et de partage de la cinéphilie.
Dans un message publié par la direction de la salle, sur les réseaux sociaux, les mots étaient simples mais chargés de sens, de douleur…
« Ciné Jamil El Menzah 6 ferme ses portes… définitivement. Une page se tourne, chargée d’émotions et de souvenirs. Des films, des rires, des débats, des rencontres, et surtout, des moments inoubliables partagés avec vous. Merci à notre public fidèle, à nos amis du cinéma et de la culture. Ciné Jamil n’est plus, mais son esprit continuera à briller dans le cœur de ceux qui l’ont aimé ». Avec la fermeture de cette salle, la Tunisie perd encore une partie de sa mémoire et l’un de ses lieux culturels de résistance.
La fermeture définitive, bien que difficile à accepter, s’explique par les difficultés financières auxquelles la salle a été confrontée depuis la crise sanitaire du Covid-19. Bien que « Ciné Jamil » ait rouvert ses portes en 2023 après une fermeture temporaire, les conditions économiques actuelles ont rendu son maintien insoutenable. Cette décision marque ainsi la fin d’une aventure qui avait pourtant su se réinventer dans des moments difficiles. Il est ainsi à noter que la direction de la salle après la réouverture a multiplié les projections de nouveaux films, proposant au grand public un éventail choix alliant films tunisiens et étrangers. Après des mois de galère, l’équipe de la salle a jeté l’éponge et a décidé de fermer les portes.
Inquiétante situation
La dégradation des salles de cinéma en Tunisie est aujourd’hui un défi majeur pour le cinéma tunisien. Malgré des initiatives encourageantes de certains jeunes pour rouvrir des salles fermées, depuis de longues années, comme l’initiative de Ghassen Kacem à Jammel avec la réouverture de la salle Founoun, ou celle de Younès Ben Hajria à Moknine, la situation générale des salles de cinéma en Tunisie reste préoccupante. Ces efforts, bien que louables, n’ont pas permis d’inverser la tendance : le nombre de salles de cinéma continue de se dégrader.
La Tunisie ne compte actuellement que 34 salles de cinéma, concentrées dans seulement 7 gouvernorats. Un chiffre bien faible, surtout comparé aux 17 gouvernorats qui n’en possèdent aucune. Parmi les gouvernorats ayant une offre de salles, Tunis arrive en tête avec 11 salles, toujours selon les chiffres du dernier rapport de l’Institut National des Statistiques (2016-2022). L’écart géographique entre la capitale et les autres régions révèle les défis majeurs auxquels le secteur est confronté pour démocratiser l’accès au cinéma à travers tout le pays. En 1970, la Tunisie comptait encore 114 salles de cinéma, un chiffre qui est passé à seulement 34 en 2022.
Ce déclin est dû à divers facteurs, dont la prolifération des plateformes de streaming et le manque d’affluence vers les salles traditionnelles.
Que faut-il faire pour maintenir la flamme de la cinéphilie vivace ? N’est-il pas temps pour réfléchir à une stratégie nationale offrant aux jeunes dans les régions les possibilités de rouvrir les salles fermées et de les ré-exploiter ? N’est-il pas temps pour trouver et réinventer des mécanismes permettant de créer de nouveaux noyaux de cinéphiles, dans les quartiers, les écoles, les universités…et même dans les différents lieux de travail ? Où sont ces syndicats et ces associations ? Où est le Centre National du Cinéma et de l’Image (CNCI) de tout ce qui se passe ? La fermeture du Ciné Jamil n’est qu’une nouvelle sonnette d’alarme qui retentit pour une opération de sauvetage des salles, de ce qui reste de la mémoire cinématographie tunisienne.
Imen.A.
Appel à candidatures pour une résidence de formation à l’écriture de séries pour les scénaristes émergents arabes et africains
L’Institut français de Tunisie (IFT) lance l’ « Arab-African Series Lab » by « Nouvelles Écritures », une résidence de formation à l’écriture de séries pour les scénaristes émergents arabes et africains.
Cette résidence se tiendra à Tunis du 7 au 13 décembre 2025, en amont des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) prévues dans leur 36ème édition, du 13 au 20 décembre.
Neuf scénaristes émergents d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne seront sélectionnés.
L’objectif est de renforcer leurs compétences, de développer leurs projets de séries et de leur donner les clés pour compréhension les réalités de production et de diffusion sur le continent africain.
Les candidatures ouvertes du le 27 octobre au 21 novembre 2025, sont organisées en partenariat avec les Instituts français d’Algérie, de Côte d’Ivoire, d’Égypte, du Liban, de la République démocratique du Congo et du Sénégal.
La formation comprendra un rappel des fondamentaux de la dramaturgie, des ateliers d’écriture en room en binôme, un travail pratique ainsi que des réécritures des concepts de séries des auteurs lauréats.
Cette résidence constitue la première phase d’accompagnement des auteurs lauréats. En 2026, la formation continuera sur plusieurs phases, en présentiel et à distance, afin d’aboutir à une séquence de pitchs devant des professionnels à l’automne 2026.
Plus d’informations sur le site de l’IFT.
A l’IFT : « Imaginons des profs heureux ? », un ouvrage à découvrir
L’écrivain et professeur de français Jomaa Souissi présentera son dernier ouvrage « Imaginons des profs heureux ? » (Editions Nirvana, 2025), lors d’une une rencontre-débat cet après-midi, et ce à partir de 18h, à la médiathèque de l’Institut français de Tunisie (IFT).
Cet ouvrage est un appel à repenser l’école dans lequel l’auteur plaide pour une remise en question du métier d’enseignant. Passionné de lecture et de débats d’idées, Jomaa Souissi anime les rencontres-philo du Nabeul Book Club.
La rencontre sera suivie d’une séance de dédicace.
Faux diplômes : Où en sommes-nous dans la purge de l’administration ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le PDG de Tunisair et le secrétaire général du syndicat de la compagnie ont écopé respectivement de 3 et 4 ans de prison dans les affaires des faux diplômes. A quand, justement, une vraie purge au sein de la fonction publique ?
La justice continue à trancher dans les affaires des faux diplômes dont la dernière en date concerne la compagnie Tunisair avec ce verdict prononcé à l’encontre de l’ancien président-directeur général de Tunisair, Khaled Chelly, condamné à trois ans de prison, et l’ancien secrétaire général du syndicat de la compagnie, Najm Eddine Mezoughi, qui a écopé de quatre ans de prison.
Pour certains observateurs dont l’activiste Sahbi Khaldi, «cette affaire n’est que l’arbre qui cache le forêt puisque tout le monde sait que la fonction publique a été inondée tout au long de ces dernières années par des milliers de recrutements sur la base de faux diplômes ». A quand, de fait, une vraie purge au sein de la fonction publique ?
Selon, en effet, une enquête menée en 2023 par l’Association tunisienne de lutte contre la corruption, entre 120 000 et 200 000 fonctionnaires auraient été recrutés entre 2011 et 2021 en utilisant des diplômes frauduleux. Alors, pour assurer plus de transparence au niveau des concours nationaux et les opérations de recrutement, la Tunisie a officiellement mis en œuvre le Système arabe unifié de vérification de l’authenticité des diplômes, s’alignant ainsi sur les autres nations arabes pour simplifier la validation des diplômes.
Introduit le 28 février 2025 dans le cadre des efforts de transformation numérique de la Tunisie, le système permet aux agences et aux recruteurs d’authentifier efficacement les diplômes des établissements d’enseignement supérieur locaux.
Conjointement, une commission a été créée afin de vérifier l’authenticité des diplômes utilisés dans les recrutements au sein de la fonction publique durant la période allant de 2011 à 2021. Où en sommes-nous, en effet, dans les travaux de cette commission ?
Loin du compte…
Même si c’est le président de la République, Kais Saied, qui, en personne, a ordonné l’élaboration d’un certain nombre de textes, notamment sur la question relative à la mise en place de commissions au sein de chaque ministère et dans les institutions et établissements publics en particulier afin de vérifier l’authenticité des diplômes, on ignore toujours le sort de ces commissions et encore les résultats de leurs travaux.
Interrogé, en effet, sur ce sujet, l’activiste Sahbi Khaldi nous a confié : « L'examen d'un certain nombre de dossiers a montré que de nombreux recrutements ont été faits ces dernières années sur la base de faux diplômes ainsi que de loyautés et de favoritisme. Maintenant, c’est à ces commissions de rendre publics les résultats de leurs travaux ». L’autre point fort dans ce dossier est la saisie de la justice dans de nombreuses affaires de faux diplômes.
A cet effet, l’avocat Houssem Eddine Ben Atiya, nous a indiqué : « En Tunisie, le faux et usage de faux sont des délits prévus par le Code pénal tunisien et sont passibles de sanctions lourdes
Les peines varient en fonction de la nature du faux, allant de l'emprisonnement pour une durée de six mois à l'emprisonnement à vie dans des cas graves impliquant des fonctionnaires publics, comme le précise le Code pénal tunisien, des exemples de peines incluent jusqu'à 15 ans de prison et une amende de 300 dinars pour l'établissement de faux par une personne autre qu'un fonctionnaire public, ainsi que des peines plus sévères en fonction des circonstances ».
Et d’ajouter : « Bien évidemment, d’autres sanctions sont prévues comme le licenciement immédiat et l’interdiction d’exercer dans la fonction publique ».
M.B.S.M.
A El Teatro : Hatem Karoui présente sa version de « Twerikh Tounes »
Le slameur et acteur Hatem Karoui présente ce soir, demain et le 1er novembre, à 19h30, sa nouvelle création théâtrale intitulée « Twerikh Tounes », qui porte doublement sa signature, au niveau du texte comme de la mise en scène.
L’œuvre, dont la durée est 1h30, réunit sur scène Samah Sanakri, Mehdi Chammam, Aziz Jedda, Ijlel El Majed, Mohamed Ali Blaiech et Hatem Karoui qui certes ne manquera pas ce rendez-vous pour rencontrer le public.
Que propose-t-il cette fois-ci ? Des personnages historiques « réels » et d’autres « imaginaires » se succèdent sur scène pour prouver quelque chose… qui a existé, ou peut-être pas ! Des conflits et des batailles, racontés jadis d’une manière idéalisée, se verront dépouillés de leur aura sacrée.
« Twerikh Tounes » (Histoires de Tunisie) est un « miroir infidèle aux récits figés dans les manuels. Si vous venez chercher un cours d’Histoire, vous n’êtes pas au bon endroit… Ici, nous rions de nous-mêmes d’abord, et de tous ceux qui croient que l’Histoire est une science exacte, intouchable et sans faille », lit-on dans le texte de présentation de cette nouvelle pièce de théâtre qui vient enrichir le parcours de Hatem Karoui.
Editorial : Un nouveau Rwanda se prépare sous nos yeux - Par Jalel Hamrouni
Au cœur de l’Afrique, le Soudan vit l’un des drames humains les plus terrifiants de notre époque. Dans la région du Darfour, et particulièrement à Al-Fasher, des milliers de civils sont pris au piège d’une guerre fratricide qui ravage le pays depuis avril 2023.
Ce conflit entre l’armée régulière soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) a plongé la population dans un enfer indescriptible: villages incendiés, femmes violées, enfants exécutés, civils massacrés – tout cela sous le regard impassible de la communauté internationale.
Ce qui se déroule aujourd’hui à Al-Fasher n’est pas seulement une tragédie africaine, c’est un crime contre l’humanité commis à ciel ouvert. Les témoignages concordent : des quartiers entiers ont été rasés, les hôpitaux débordent de blessés et des fosses communes se multiplient.
Des organisations humanitaires comme l’ONU ou Médecins Sans Frontières tirent la sonnette d’alarme : le Darfour est au bord d’un génocide silencieux. Pourtant, le monde détourne le regard, prisonnier d’un silence coupable et d’une inertie diplomatique que rien ne justifie.
L’histoire semble tragiquement se répéter. En 1994, au Rwanda, le monde avait promis : « Plus jamais ça». Pourtant, trente ans plus tard, les mêmes mécanismes d’aveuglement et de complicité par le silence sont à l’œuvre.
Les grandes puissances discutent, se renvoient la responsabilité, publient des communiqués «préoccupés», mais aucune action concrète n’est entreprise pour protéger les civils soudanais. Les images de corps mutilés, de familles réfugiées dans le désert sans eau ni nourriture rappellent sinistrement les massacres de Kigali.
L’hypocrisie internationale atteint ici son comble. Quand des conflits éclatent ailleurs – en Europe ou au Moyen-Orient – les capitales occidentales s’empressent de condamner, de sanctionner, d’envoyer des aides militaires ou humanitaires. Mais lorsque les victimes sont africaines, noires et pauvres, le silence devient assourdissant.
Cette politique de deux poids, deux mesures mine la crédibilité morale de la communauté internationale. Les Soudanais ne valent-ils pas autant que les autres peuples? Leur sang aurait-il moins de valeur parce qu’il coule loin des caméras occidentales ?
Le Soudan est aujourd’hui à un tournant historique. Plus de 10 millions de déplacés internes, des millions d’enfants menacés par la famine, des centaines de milliers de réfugiés qui affluent vers le Tchad, le Sud-Soudan et l’Éthiopie.
C’est la plus grande crise humanitaire du monde, selon les Nations unies. Et pourtant, elle reste quasi absente des grands médias internationaux, étouffée par d’autres priorités jugées plus “stratégiques”.
Cette indifférence n’est pas seulement une faute morale, c’est une complicité objective. Chaque jour d’inaction coûte des vies. Les dirigeants mondiaux doivent comprendre que le silence tue autant que les balles.
Il est urgent d’imposer un cessez-le-feu immédiat, de déployer une force internationale d’interposition sous mandat onusien ou africain, et d’assurer l’accès humanitaire total aux populations piégées. Sans cela, Al-Fasher deviendra le symbole d’une nouvelle tragédie que l’Histoire jugera impardonnable.
L’Union africaine, quant à elle, doit retrouver sa raison d’être.
Elle ne peut se contenter de déclarations symboliques pendant que l’un de ses peuples membres est exterminé. Les pays voisins du Soudan, ainsi que les grandes puissances régionales comme l’Égypte ou l’Arabie saoudite, ont le devoir moral et politique de s’impliquer activement pour mettre fin à cette guerre absurde.
Mais au-delà de l’action diplomatique, il faut aussi un réveil des consciences. Le monde ne peut pas continuer à hiérarchiser la souffrance humaine selon la couleur de peau ou l’intérêt géopolitique. Les Soudanais méritent d’être sauvés, écoutés et respectés. Ils méritent la paix, la justice et la dignité.
Le Rwanda avait été le miroir d’une faillite morale internationale. Al-Fasher risque d’en être le reflet contemporain. Si le monde laisse faire, il portera à jamais la honte d’avoir observé sans agir un nouveau massacre de masse. Les grandes puissances, l’ONU, l’Union européenne, mais aussi les peuples et la société civile doivent se mobiliser maintenant. Il n’y a plus de temps à perdre.
Le Soudan est en train de mourir dans le silence. Et ce silence, s’il perdure, sera la marque indélébile de notre époque : celle d’un monde qui regarde le mal et choisit de se taire.
J.H.
Stade Tunisien: Amine Haboubi, victime d’un traumatisme crânien, hospitalisé
Blessé aujourd’hui mercredi lors du match retard face au Club Sportif Sfaxien, l'attaquant du Stade Tunisien Amine Haboubi a cédé sa place au Sénégalais Boubacar Camara, juste avant la pause.
Le joueur a été aussitôt emmené à l'hôpital où il a été mis sous observation après avoir présenté les signes d'un traumatisme crânien, selon le premier diagnostic.
Selon la Cour des comptes: Des partis politiques impliqués dans des financements étrangers
Lors d’une audition conjointe au Parlement devant les commissions de la législation générale et du règlement intérieur, Alya Baratli, présidente de la chambre de sanctions des erreurs de gestion à la Cour des comptes, a révélé que plusieurs partis tunisiens avaient été impliqués dans des financements étrangers. Certains ne tiennent aucun registre comptable, un autre a falsifié des dons, et un dernier utilise un compte bancaire personnel au nom de son président.
Elle a précisé que « les amendes contre ces partis peuvent sembler excessives, mais ce sont eux-mêmes qui ont fixé ces règles et qui s’en plaignent aujourd’hui ».
Quant aux citoyens ayant participé aux élections par candidatures ou dons sans commettre d’infractions, leurs dossiers restent encadrés par la loi et sont toujours en cours de traitement judiciaire.
Ligue 1 (11e J.) : Le ST rejoint le CA en tête, l’Etoile se reprend
La seconde partie de cette longue onzième journée a vu les Stadistes perdre leurs premiers points sur leur terrain même si le nul face au CSS leur permet de rejoindre le Club Africain à la première place. Pour sa part, l’Etoile a bien réagi à La Marsa alors que l’USM a été incapable de s’imposer à domicile.
Au Bardo, le ST a vu sa série de cinq victoires à domicile s’arrêter. Face à un CSS appliqué, les Stadistes, visiblement amoindris par les absences et les séquelles d’un long marathon, ont manqué de réussite offensive. Le partage de points a été logique à l’issue d’un match de niveau technique très moyen.
A La Marsa, l’avenir local a encore une fois déçu à domicile, se faisant logiquement battre par une Etoile du Sahel en quête de réhabilitation après ses récents faux-pas. Bouslama (63’) et Laouani (68’) ont été les bourreaux des Aveniristes.
A Monastir, l’USM a confirmé ses difficultés du moment avec un nul décevant à domicile (0-0) face à l’US Ben Guerdane. Les visiteurs ont tenu bon face à une équipe locale peu inspirée.
Kamel ZAIEM
Résultats
ST – CSS (0-0)
ASM – ESS (0-2)
USM – USBG (0-0)
Classement
1* Stade Tunisien 25pts
-Club Africain 25pts
3* Espérance de Tunis 21pts (-1)
4* Espérance de Zarzis 20pts
5* US Monastirienne 18pts
-ES Métlaoui 18pts
7* Club Sportif Sfaxien 17pts
8* JS Omrane 15pts
9* CA Bizertin 12pts (-1)
-Etoile du Sahel 12pts
11* AS Marsa 10pts
-JS Kairouanaise 10pts
13* US Ben Guerdane 9pts
-AS Soliman 9pts
15* Olympique de Béja 8pts
16* AS Gabés 7pts
Wafa Masghouni remporte la médaille d'or au championnat du monde de Tae Kwondo
La Tunisienne Wafa Masghouni vient de remporter la médaille d'or au championnat du monde qui se déroule en Chine dans la catégorie-69 kg en battant la championne olympique, l'hongroise Menton Viviana ( 2-0).
Il s'agit là de la seconde médaille d'or après celle remportée par Mohamed Ali Jebdoubi dans la catégorie -63 kg. Bravo.
J.B.
CNAM-CNRPS-CNSS : Quelles alternatives pour sortir les caisses sociales de la crise?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
L’arrêt du régime du tiers payant par la CNAM dit long sur les difficultés financières qui secouent les caisses sociales en Tunisie. Que faire pour sortir de cette crise ?
Le système du tiers payant pour les maladies ordinaires n’est plus appliqué à partir du lundi dernier et cette mesure, décidée lors d’une assemblée générale extraordinaire du Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (SPOT), marque une nouvelle étape dans le bras de fer opposant le syndicat à la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM).
Au-delà de ce conflit, c’est la situation alarmante des caisses sociales en Tunisie qui interpelle aussi bien les assurés sociaux que les observateurs. « Aujourd’hui, c’est tout notre système d’assurance maladie qui est menacé et la mauvaise gestion des caisses sociales, notamment durant la dernière décennie noire, est la cause directe de cette crise », estime l’activiste et juriste Salem Chérif.
En recevant lundi dernier son ministre des Affaires sociales, le président de la République, Kais Saied, est revenu sur cette crise en appelant «à la nécessité de rétablir les équilibres de ces caisses sociales, en recommandant de développer les législations y afférentes afin que ces organismes puissent remplir, comme il se doit, les objectifs pour lesquels ils ont été créés».
Pour notre juriste : «Le constat financier global des caisses sociales est sans appel, l’ampleur des déficits, l’intensité des pressions et la gravité des déséquilibres, autant d’indicateurs pertinents, suggèrent la différenciation du diagnostic aussi bien pour la CNSS, la CNRPS et la CNAM ».
En effet, le niveau des déséquilibres a atteint, selon des chiffres publiés par le site Business news, un niveau sans précédent pour la CNRPS qui se trouve exposée à des pressions de plus en plus lancinantes pour cause du creusement du déficit ayant atteint 600 millions de dinars en 2023 à 700 millions en 2024, et il devrait atteindre 1,13 milliard de dinars en 2025.
La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), elle, affiche un déficit encore plus profond : 950 millions de dinars en 2023, 1,23 milliard en 2024, et plus de 1,4 milliard attendus en 2025. En combinant ces deux caisses, le trou dépasse 2,5 milliards de dinars en 2025, soit près de 1,5 % du PIB national. Idem pour la CNAM qui présente un excédent comptable en apparence : un milliard de dinars en 2023, puis 860 millions en 2024 et 760 millions prévus en 2025.
Mais cet équilibre n’est qu’un mirage : la caisse manque cruellement de liquidités, étranglée par des dettes inter-caisses estimées à huit milliards de dinars. Que faire, alors, pour stopper cette hémorragie ?
Réforme…
Conscient de la gravité de la situation, le gouvernement prévoit dans son projet de loi des finances pour l’exercice de 2026, un plan de sauvetage des caisses sociales dont la création d’un fonds spécial pour stabiliser leur équilibre. D’autres mesures sont également prévues dont notamment l’imposition d’un timbre sur les factures des grandes surfaces, une contribution sur les recharges téléphoniques, une taxe sur les jeux en ligne et un prélèvement sur la location automobile.
Une étude réalisée en 2023 a montré que même si la Tunisie a réalisé de grands progrès dans son système de protection sociale, certains programmes sont même victimes de leur succès. Aujourd’hui, elle est confrontée à des défis démographiques majeurs et à la nécessité d’intégrer l’efficacité dans les programmes sociaux. Cela nécessite bien évidemment la mobilisation de ressources supplémentaires qui devraient être allouées de la manière la plus efficace possible.
Dans ce contexte, les auteurs de cette étude appellent à la mise en œuvre de réformes fiscales de nature à permettre au gouvernement de maximiser les ressources nationales et d’allouer les fonds nécessaires à la protection sociale. Ces réformes doivent être justes et répartir équitablement la charge fiscale entre les différents acteurs économiques.
Le prélèvement d’une taxe sur les secteurs les plus rentables, surtout en période de crise, augmentera les recettes fiscales pour investir dans les groupes les plus vulnérables, en particulier en période de crise économique prolongée.
M.B.S.M.
Foire nationale du livre tunisien : L’union des éditeurs dénonce la marginalisation
L’Union des éditeurs tunisiens a annoncé suspendre sa participation à la 5e édition de la Foire nationale du livre programmée du 8 au 18 janvier 2026 dénonçant « la marginalisation méthodique » exercée par le ministère de la Culture envers les éditeurs et leurs institutions.
Cette décision a été prise lors de l’assemblée générale de l’Union tenue samedi 25 octobre.
Dans une déclaration dont copie est parvenue à la TAP, les éditeurs tunisiens font part de leur inquiétude face à la dégradation du secteur du livre, appelant la présidence de la République à l’urgence d’intervenir.
L’éditeur tunisien vit une crise sans précédent en l’absence de la subvention publique et la régression des politiques de promotion du livre, souligne la même source qui critique l’éloignement de l’Union des postes de décision et des commissions nationales concernées par le secteur.
L’Union a également dénoncé son exclusion de l’organisation de la Foire nationale du livre de Tunis, tenant à rappeler que cette manifestation culturelle a été lancée par l’Union en 2018 et organisé, durant les quatre précédentes éditions, en partenariat avec le ministère de tutelle.
L’Union évoque dans sa déclaration, son exclusion de plusieurs commissions et consultations culturelles dont la commission des achats et les commissions préparatoires pour la participation de la Tunisie en tant qu’invité d’honneur aux foires internationales.
Prix Ibn Khaldoun-Senghor de la traduction 2025 : Abdelhamid Ladhari parmi les cinq finalistes
Le Tunisien Abdelhamid Ladhari figure parmi les cinq finalistes du Prix Ibn Khaldoun-Senghor de la traduction 2025 pour « Tujan », un roman d’Emna Rmili traduit de l’arabe vers le français par l’Institut de Traduction de Tunis.
La liste des finalistes a été dévoilée par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO).
Les autres finalistes sont Marianne Babut (France), Saïd Boukrami (Maroc), Stéphanie Dujols (France) et Mohamed Kacimi (Algérie).
Le ou la lauréat (e) sera révélé(e) lors de la cérémonie officielle de remise du Prix, qui aura lieu le mercredi 26 novembre 2025, à Tunis,
Ce prix, décerné par l’OIF et l’ALECSO, distingue chaque année une traduction d’exception entre le français et l’arabe.
Le jury s’est réuni en session annuelle de délibération le 21 octobre 2025 par visioconférence afin de procéder à l’évaluation des 22 titres reçus. Il est composé de Bassam Baraké (Liban), Abdel Salam Benabdelali (Maroc), Zahida Darwiche Jabbour (Liban), Fayza El Qasem (France), Mohamed Mahjoub (Tunisie) et Hana Subhi (France et Irak).
« Les traductions retenues se distinguaient par la richesse et la diversité de leurs thématiques, couvrant aussi bien le champ de l’essai que celui de la littérature », indique le jury.
















