Égypte : Inauguration du Grand musée dédié à la civilisation pharaonique
Le Caire inaugure officiellement samedi en grand pompe, après des années de retard, le Grand musée égyptien (GEM), vitrine pharaonique de la civilisation antique, avec une soirée fastueuse destinée stimuler le tourisme.
Les environs du musée situé près des pyramides de Guizeh ont été bouclés tôt samedi matin en vue de la grande cérémonie.
Selon l’AFP, près de 80 délégations officielles sont attendues pour la cérémonie, qui doit commencer à 19H30 locales (17H30 GMT), la moitié « dirigées par des rois, des princes, des chefs d’Etat ou de gouvernement », selon les Affaires étrangères égyptiennes.
En prélude au spectacle attendu, la façade colossale du musée, situé sur une pente surplombant le plateau de Gizeh et ses pyramides, a été illuminée ces dernières nuits.
La construction de ce bâtiment de près d’un demi-million de mètres carrés, avec le soutien financier et technique du Japon, a coûté plus d’un milliard de dollars et exigé vingt ans de travaux titanesques.
Son attraction phare est le trésor de Toutânkhamon, découvert en 1922 dans un tombeau inviolé de la Vallée des Rois, en Haute-Egypte, avec ses près de 5.000 objets funéraires, réunis pour la première fois dans le même espace.
Au total, le GEM abrite plus de 100.000 vestiges, dont la moitié seront exposés, soit la plus grande collection au monde consacrée à une seule civilisation, qui a vu défiler trente dynasties sur 5.000 ans d’histoire.
A l’ouverture au public, mardi, les visiteurs y seront accueillis dans l’immense atrium par la statue la plus monumentale du musée – 83 tonnes de granite, onze mètres de haut – représentant Ramsès II, le pharaon qui a régné sur l’Égypte pendant 66 ans il y a plus de 3.000 ans.
Contrairement au musée centenaire, désuet et exigu, du centre de la capitale égyptienne, le GEM propose, entre ses murs en pierre couleur sable, des galeries immersives, un éclairage de précision, des expositions en réalité virtuelle et même un musée pour enfants.
Les férus d’archéologie pourront y suivre, à travers une baie vitrée, les travaux du laboratoire de conservation pour restaurer une barque solaire vieille de 4.500 ans, retrouvée enterrée près de la pyramide de Khéops.
Beaucoup d’obstacles surmontés
Après plusieurs reports liés au Printemps arabe, puis à la pandémie de Covid-19, l’ouverture officielle du musée avait été fixée à début juillet. Mais les autorités égyptiennes ont préféré la reporter en dernière minute en raison des tensions régionales pour offrir à l’événement « l’ampleur mondiale qu’il mérite ».
Les observateurs avertissent que son succès à long terme dépendra d’un tourisme stable et d’une infrastructure de soutien solide. L’archéologue égyptien Hussein Bassir a déclaré que l’avenir du musée dépend de « l’entretien régulier pour préserver le bâtiment et ses trésors ».
« Si l’élan actuel n’est pas maintenu, le musée pourrait rapidement perdre son attrait et le nombre de visiteurs pourrait chuter« , a-t-il déclaré à l’AFP.
Le secteur touristique égyptien, une source vitale de devises étrangères et d’emplois, a été maintes fois ébranlé au cours de la dernière décennie et demie, de l’insurrection de 2011 aux vagues de troubles et aux attaques terroristes sporadiques qui ont suivi.
Elhamy al-Zayat, ancien président de la Fédération égyptienne du tourisme, a déclaré à l’AFP que le musée fait partie d’un plan plus large visant à transformer tout le plateau de Gizeh.
« L’Égypte a créé une toute nouvelle zone culturelle et touristique » sur le plateau, avec un aéroport à proximité et des installations pour visiteurs améliorées aux pyramides, a-t-il déclaré.
Les routes menant au plateau ont été rénovées, un système de billetterie numérique a été introduit et des bus électriques climatisés circulent désormais devant les pyramides.
Ces dernières années, le tourisme a montré des signes de reprise, avec 15 millions de visiteurs en Égypte au cours des neuf premiers mois de 2025, générant 12,5 milliards de dollars, soit une augmentation de 21 % par rapport à l’année précédente.
Les responsables estiment que le GEM à lui seul pourrait attirer jusqu’à sept millions de visiteurs par an, ce qui pourrait porter le nombre total de visiteurs à 30 millions d’ici 2030.
Cependant, certains observateurs restent prudents, affirmant que l’instabilité régionale, y compris les conflits en cours à Gaza et au Soudan, ainsi que les pressions économiques, risquent de compromettre le potentiel du musée à apporter un coup de pouce majeur au secteur touristique égyptien.
Cryptomonnaie : Faut-il adapter nos lois à la réalité ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La Tunisie se classe 10è en Afrique dans l’utilisation des cryptomonnaies, pourtant ce mode de paiement est interdit chez nous. Comment expliquer ce paradoxe ?
Selon le rapport 2025 de la plateforme américaine Chainalysis, la Tunisie se classe 10è en Afrique dans l’utilisation des cryptomonnaies. Ce même classement nous apprend également que la Tunisie se classe 43ᵉ pour les particuliers utilisant des services centralisés, 53ᵉ pour les services centralisés en général, 67ᵉ pour la finance décentralisée et 61ᵉ pour les institutions.
« Cette pratique n’est pas réservée à une catégorie spécifique. Tout le monde s’y met, y compris les entreprises et certaines institutions. Ce constat confirme que notre cadre juridique portant sur les transactions en ligne n’est pas adapté à la réalité », nous dira l’avocat Me Houssem Eddine Ben Atiya. De fait, c’est quoi au juste le cryptomonnaie ?
Selon l’expert en économie et finance : «Une cryptomonnaie est un système de paiement numérique qui ne s'appuie pas sur les banques pour vérifier les transactions. Il s'agit d'un système de partage P2P (peer-to-peer) permettant à tout le monde d'envoyer et de recevoir des paiements n'importe où.
Il ne s'agit pas d'argent physique transporté ni échangé dans le monde réel : les paiements en cryptomonnaie sont des saisies purement virtuelles réalisées dans une base de données en ligne et correspondant à certaines transactions particulières. Lorsque vous transférez des fonds en cryptomonnaie, les transactions sont enregistrées dans un registre public.
Les cryptomonnaies sont stockées dans des portefeuilles numériques. Fondée en 2009, Bitcoin a été la première cryptomonnaie et reste la plus échangée. Il existe, cependant, d’autres plateformes qui gèrent d’énormes portefeuilles. La taille du marché de la blockchain est, en effet, en constante augmentation.
Il s'élevait à12,7 milliards de dollars en 2022, soit quatre fois plus qu'en 2020, et devrait atteindre presque 40 milliards d'ici 2025 ». Pourquoi, alors, la Tunisie tarde à adopter ce mode de paiement ?
Risque…
L’affaire du jeune étudiant ingénieur du nom de Houssem Bouguerra, qui a été arrêté en mai 2021 pour possession et utilisation de cryptomonnaies et accusé d’infraction au Code des changes, a révélé au grand jour l’engouement des Tunisiens pour ce nouveau mode de paiement.
Pourtant, la loi interdit formellement l’utilisation des cryptomonnaies. Pour Me Ben Atiya : « La loi 51/2005 du 27 juin 2005 relative au transfert électronique des fonds n’autorise pas le paiement par cryptomonnaies. Le législateur estime que ce mode de paiement constitue une niche idéale pour le blanchiment d’argent.
Par exemple, pour les narcotrafiquants ayant besoin de faire rentrer dans l'économie légale des masses de billets, les crypto-actifs possèdent de sérieux atouts : « Facilité et rapidité de la transaction, pour d’importants montants et avec une anonymisation complète ». Que faire, alors, de ces milliers de Tunisiens qui utilisent clandestinement ce mode de paiement ?
Pour l’expert Jennadi : « Il faut adapter nos lois à la réalité. Qu’on le veuille ou non, les cryptomonnaies sont la monnaie de demain et il vaut mieux ne pas prendre le train en marche alors que nous avons la possibilité d’y être dès le départ.
En effet, les crypto-monnaies offrent des bienfaits économiques comme la réduction des frais de transaction, l'inclusion financière des personnes non bancarisées et des possibilités d'innovation via la finance décentralisée ».
Et d’ajouter : « Il suffit, alors, de se munir des moyens technologiques pour mieux contrôler les transactions et les opérations faites en crypto-monnaies. Ces plateformes doivent avoir justement des obligations clairement contrôlées comme connaitre le client et se sentir obligées comme d’autres banques de vérifier l’honorabilité de leurs clients avec un focus particulier sur la surveillance des opérations, non seulement l’origine et la destination des fonds, mais aussi la cohérence des opérations avec le profil client ».
M.B.S.M.
Editorial : La chasse aux «fonctionnaires fantômes» a-t-elle débuté ?
Par Hassan GHEDIRI
Le gouvernement Zerzri va siffler la fin de la récréation pour les fonctionnaires et agents publics sans scrupule habitués à se la couler douce sur le dos des contribuables. Ce sera, selon toute vraisemblance, la grande guerre contre l’irrespect du temps du travail qui fait perdre, chaque année, à l’Etat des sommes colossales. Car incontestablement, l’indiscipline des fonctionnaires et agents publics concernant le respect du temps du travail est un sport national.
Le phénomène a la peau dure, et il est grand temps pour dire stop à une débandade qui, sans trop exagérer, est vieille comme l’administration. Quantitativement, il est toujours compliqué d’estimer l’ampleur du fléau, mais il y a une chose sûre, c’est que la tension caractérisant les relations des citoyens avec le service public en Tunisie est la conséquence des manquements des agents publics aux règles de la ponctualité et de l’assiduité.
L’antidote prescrit par le gouvernement et que les ministères devaient administrer sans tarder dans l’ensemble des administrations et établissements publics consiste en la mise en place d’un dispositif de contrôle de la présence et de l’assiduité des fonctionnaires et agents publics.
Dans une note signée par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zerzri, et adressée le 23 octobre dernier à tous les ministères, des consignes ont été, ainsi, données pour l’acquisition et le déploiement des systèmes de pointage par empreinte digitale.
L’on peut lire dans cette même note qu’une fois ce système de pointage généralisé et fonctionnel, le gouvernement aura accès à des comptes rendus mensuels comptabilisant toutes les absences et les retards des agents publics ainsi que les éventuelles mesures administratives et disciplinaires prises à leur encontre par leurs hiérarchies respectives.
Il deviendra donc possible, grâce à ce système de pointage, d’évaluer le coût des retards parce qu’il n’était pas possible jusque-là de mesurer les retombées de l’indiscipline dont font preuve des milliers de fonctionnaires et agents publics en Tunisie.
En 2016 une enquête menée par la direction de contrôle général des services publics touchant environ 5500 agents et fonctionnaires publics avait, toutefois, révélé un taux d’absentéisme s’élevant à 14% contre un taux de retard pouvant atteindre 40% dans certaines administrations publiques. Les retards sont dans la plupart des cas justifiés par des difficultés de déplacement et les embouteillages.
Quelles que soient les causes, ces retards impliquent des pertes irrémédiables sous forme de millions de jours de travail dilapidés mais qui pèsent lourdement dans les charges salariales supportées par l’Etat mais qui est, en fin de compte, financé par l’argent du contribuable, c’est-à-dire le citoyen qui subit, seul, la frustration du service public.
Un contrôle plus efficace de la ponctualité et de l’assiduité du travail dans le secteur public constitue un mécanisme essentiel pour assurer le bon fonctionnement et la fluidité des administrations, garantir l’efficacité dans l’accomplissement des missions, renforcer la gouvernance et la responsabilité, mais aussi instaurer une culture de discipline et de service dans les établissements publics.
La réussite de cette opération dépendra, avant tout, de la volonté réelle de l’État d’aller jusqu’au bout de sa logique. Car les précédentes tentatives de redressement administratif se sont souvent essoufflées face à la résistance d’un système bureaucratique solidement enraciné, où la complaisance et les passe-droits ont longtemps servi de ciment à la machine publique.
La mise en place des dispositifs de pointage, aussi modernes soient-ils, ne suffira pas si elle n’est pas accompagnée d’un changement profond des mentalités et d’une réhabilitation du sens du devoir.
L’efficacité du service public ne se résume pas à une question d’empreintes digitales, mais bien à une prise de conscience collective. Parce que chaque minute perdue dans un bureau, chaque retard non sanctionné, coûte au pays des millions de dinars et mine la confiance des citoyens envers l’administration.
H.G.
Ligue 1- Les arbitres de la 12e J : Frej Abdellaoui pour CSS - EST
La Commission Nationale d'arbitrage a rendu public les noms des arbitres qui vont officier les rencontres de la 12 ème journée de la Ligue 1 programmée pour ce week-end. Le sommet de la journée qui opposera le C.Sfaxien à L'Espérance a été confié à Fraj Abdellaoui.
En voici les détails.
samedi 1er novembre 2025
CA -ASS Med Ali Karouia
ESS -ESM Nidhal Ben Letaief
ASG -USM Walid Mansri
USBG -JSK Mehrez Melki
Dimanche 2 novembre 2025
CSS -EST Frej Abdellaoui
JSO -ST Aymen Nasri
CAB -OB Houssem Ben Ali
ESZ -ASM Haythem Trabelsi
J.B.
Au Palais Ennejma Ezzahra : Lumières sur ces hommes et femmes autour du Baron…
Le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes (CMAM), à Sidi Bou Said, organisera en 2026 un colloque scientifique international qui s’intitule « People Around the Baron » (Des gens autour du Baron) en hommage au Baron Rodolphe d’Erlanger (1910-1932).
Prévu les 13 au 14 février 2026, ce colloque se déroulera au siège du palais Ennejma Ezzahra, anciennement le Palais du Baron d’Erlanger, situé sur la colline de Sidi Bou Saïd.
Ce colloque international se propose d’étudier les hommes et les femmes qui ont interagi avec le baron d’Erlanger dans différents domaines, tels que la musique, les arts visuels, l’architecture du palais Ennejma Ezzahra, l’horticulture et les secteurs financier et comptable.
Les scientifiques souhaitant participer à ce colloque doivent envoyer leurs dossiers à l’adresse suivante: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.. La date limite pour la soumission des résumés d’articles est fixée au 15 novembre 2025.
Des informations détaillées sur les conditions de participation sont disponibles sur le site du CMAM.
Le Baron, gardien de la mémoire musicale
Le Baron Rodolphe d’Erlanger (1872-1932) fut le premier orientaliste à s’installer dans un pays arabe, la Tunisie, et à s’entourer d’érudits et de maîtres de l’art musical pour initier un projet culturel et civilisationnel inédit aux multiples objectifs : la réhabilitation et la promotion de la musique arabe.
Les archives portants son nom, fruit de la production musicale et scientifique du ce premier Centre de Recherche Musicologique, et des pionniers de cette discipline, constituent une mine précieuse d’informations. Elles renferment des transcriptions musicales et de travaux sur des traditions musicales aujourd’hui disparues ou inconnues, telles que : les cantillations hébraïques des juifs de Tunisie, la musique des Noirs de Tunisie, la musique arabo-andalouse, les chants confrérique, les chants touareg, les airs équestres, les cris de la rue, les airs tripolitains, et les airs d’Arabie. Ces documents contribuent de manière significative au savoir universel en général et sont une ressource inédite pour les chercheurs du monde entier.
Sur proposition soumise par la Tunisie, le fonds musical qui présente l’héritage du Baron, ses archives papiers portant son nom couvrant la période allant de 1910 à 1932) a été inscrit par l’Unesco à son registre Mémoire du monde le 25 mai 2023.
Le dossier « Documents rares sur la musique arabe dans les archives du Baron d’Erlanger », est composé d’une collection de manuscrits rares en lien avec la musique tunisienne, arabe et méditerranéenne. Il a été élaboré par des experts du CMAM qui abrite le Palais du Baron d’Erlanger.
L’inventaire, la description scientifique et la numérisation de ces documents ont nécessité six années de recherche et de travail sous la direction de nombreux experts et chercheurs spécialisés dans des domaines variés, tels que la documentation, les archives, la numérisation et la musicologie.
L’histoire fascinante du Palais du Baron
Le Palais Ennejma Ezzahra, classé monument historique en 1989, est un chef-d'œuvre de l'architecture arabo-islamique en Tunisie. Conçu par le baron Rodolphe François d'Erlanger, un peintre orientaliste et mélomane, le palais incarne l’alliance des influences locales et arabo-andalouses. Avec une superficie totale de 3300 m², dont 1800 m² de dépendances, il reflète la vision esthétique du baron, qui en supervisa la construction de 1911 à 1922, faisant appel à des artisans de toute la région, ainsi qu’à des spécialistes européens pour les installations techniques.
Le palais est implanté sur un promontoire à Cap Carthage, intégrant harmonieusement la colline et offrant une vue spectaculaire sur la baie de Tunis. Sa façade, blanche et imposante depuis la mer, contraste avec la discrétion de ses terrasses et jardins, une caractéristique typique des maisons traditionnelles tunisiennes, où l'intimité et l'intégration dans le paysage priment.
Le style décoratif du palais reflète les préférences du baron pour les motifs géométriques, floraux et calligraphiques, inspirés des traditions andalouses et maghrébines. Après le décès de d'Erlanger en 1932, le palais fut hérité par sa famille puis acquis par l'État tunisien en 1989. Aujourd'hui, il abrite le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes, perpétuant ainsi son rôle dans la culture musicale et architecturale du pays.
La Médiathèque de l’Ariana rouvre ses portes pour accueillir son public le 3 novembre
La Médiathèque de l’Ariana a rouvert, jeudi, ses portes, lors d’une cérémonie officielle présidée par la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi.
L’établissement accueillera à nouveau le public à partir du lundi prochain, 3 novembre, après près un an et demi de fermeture pour des travaux de réaménagement et de maintenance, financés à hauteur de plus d’un million de dinars.
Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme national de réhabilitation et de développement des institutions cultuelles publiques.
La Médiathèque dispose désormais d’espaces modernisés, dont une salle de lecture pouvant accueillir plus de 250 lecteurs, un espace d’animation culturelle et des équipements adaptés aux personnes à besoins spéciaux.
La cérémonie de réouverture s’est déroulée en présence de plusieurs responsables du ministère, de personnalités culturelles et artistiques ainsi qu’un grand nombre d’enfants.
A cette occasion, la ministre a souligné que les travaux de réaménagement visaient à « embellir la médiathèque, tant sur le plan de la forme que du contenu », ajoutant que ce type de projets contribue à « encourager la lecture et à en élever niveau ».
Elle a rappelé que la Médiathèque de l’Ariana constitue un pôle régional majeur, attirant plus de 250 000 visiteurs par an. Sa réouverture intervient à deux jours de la finale du Championnat national de la lecture, prévue dimanche à Radès, « au cours duquel seront couronnés les efforts de toutes les bibliothèques publiques du payse», a-t-elle déclaré.
Ouverte depuis le 21 mars 1998, la Médiathèque de l’Ariana a pour mission d’offrir une information bibliographique, scientifique et iconographique sur les bases de données automatisées, électroniques et virtuelles, tout en mettant à la disposition des usagers les services d’un centre de documentation.
Elle propose à ses adhérents, une vaste gamme de sources d’information, variées et complémentaires : ouvrages imprimés, périodiques, bandes dessinées, encyclopédies, dictionnaires, ouvrages de référence et collections sur supports multimédia.
Cafés et restaurants: Les caisses enregistreuses obligatoires dès samedi
Certaines catégories de commerce seront tenues, à partir de ce samedi 1er novembre 2025, d’utiliser des caisses enregistreuses agréées, a annoncé la Direction générale des impôts (DGI).
Cette mesure, encadrée par un arrêté publié le 14 octobre au Journal officiel (JORT n°125), marque le début d’un dispositif national de traçabilité numérique des ventes. Objectif : transparence et équité fiscale.
Cette première étape concerne les personnes morales exploitant des restaurants touristiques classés, des salons de thé et des cafés de deuxième et troisième catégories.
Les appareils utilisés devront être conformes au cahier des charges établi par la DGI et fournis exclusivement par des prestataires agréés, dont la liste est disponible sur la plateforme jibaya.tn. Les données de vente seront transmises en temps réel à une plateforme centrale conçue par le Centre informatique du ministère des Finances (CIMF).
Le déploiement s’étalera sur quatre phases :
1er novembre 2025 : premières entreprises concernées (restaurants touristiques, salons de thé, cafés 2e et 3e catégories).
1er juillet 2026 : extension à toutes les personnes morales offrant des services de consommation sur place.
1er juillet 2027 : inclusion des personnes physiques soumises au régime réel avec déclaration mensuelle.
1er juillet 2028 : généralisation à toutes les autres personnes physiques concernées.
Sahara occidental : l'ONU apporte son soutien au plan marocain
Vendredi, le Conseil de sécurité de l’ONU a qualifié le plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental de « solution la plus réalisable » pour le territoire disputé, malgré l’opposition de l’Algérie. Ancienne colonie espagnole jusqu’en 1975, le Sahara occidental est majoritairement sous contrôle marocain mais reste considéré comme territoire non autonome par l’ONU. Le conflit oppose le Maroc aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie.
Jusqu’ici, le Conseil encourageait le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie à reprendre les négociations suspendues depuis 2019 pour une « solution politique durable et mutuellement acceptable ». La résolution adoptée vendredi à l’initiative des États-Unis, avec 11 votes pour, 3 abstentions et aucune opposition (l’Algérie s’étant abstenue), valide le plan marocain de 2007 : une autonomie sous souveraineté marocaine pour ce territoire riche en phosphate.
Selon l’ONU : 87 % des terres agricoles de Gaza détruites par la guerre
Les Nations unies alertent sur l’ampleur des dégâts agricoles dans la bande de Gaza : selon une analyse conjointe de la FAO et d’UNOSAT, 87 % des terres agricoles ont été endommagées, mettant en péril la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de milliers de familles.
La FAO souligne une destruction massive des serres, puits et infrastructures agricoles, tout en notant que 37 % des zones touchées sont désormais accessibles à la réhabilitation depuis le cessez-le-feu. Environ 600 hectares restent intacts, offrant un espoir de reprise partielle de la production.
Malgré cela, l’agence onusienne déplore que son appel d’urgence de 75 millions de dollars pour Gaza n’ait reçu que 10 % des financements nécessaires.
Justice : Une peine de 5 ans de prison pour Ahmed Souab
La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du tribunal de première instance de Tunis a condamné l’avocat Ahmed Souab à cinq ans de prison et trois ans de surveillance administrative.
Cette décision fait suite au renvoi ordonné par la chambre d’accusation spécialisée auprès de la Cour d’appel de Tunis, qui avait jugé nécessaire de traduire Ahmed Souab devant la juridiction criminelle pour avoir tenu des déclarations concernant la chambre criminelle chargée du dossier relatif à la conspiration contre la sûreté de l’État n°1.
Prochaine grève chez les banquiers : Les paradoxes d’un secteur « immunisé » contre les crises
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La grève des banques, prévue les 3 et le 4 novembre prochain, interpelle l'opinion publique concernant les causes de ce mouvement. Pourquoi le secteur bancaire, considéré pourtant comme l’un des secteurs les plus solides, est mal vu en Tunisie ?
La grève annoncée pour les 3 et 4 novembre prochain dans le secteur bancaire fait d'ores et déjà débat, notamment auprès de l'opinion publique qui s'interroge sur les motifs de ce mouvement social, d’autant que, contrairement a l'idée reçue, les employés des banques sont parmi les fonctionnaires les mieux payés et jouissent de plusieurs privilèges qu'on n'accorde pas dans d'autres secteurs. Pourtant, selon Ahmed Jaziri, secrétaire général de la Fédération générale des banques, des institutions financières et des assurances relevant de l’UGTT: «Les employés du secteur bancaire font partie de la classe moyenne tunisienne et se sentent aujourd’hui marginalisés".
Comment, de fait, expliquer ce paradoxe ?
En se basant sur une enquête de l’Institut National de la Statistique (INS) portant sur l’emploi et les salaires au sein des entreprises en 2022, les données rapportées par l’agence TAP démontrent une grande disparité des salaires de base dans divers secteurs en Tunisie. Les travailleurs du secteur financier et des assurances se distinguent par les rémunérations les plus élevées.
En moyenne, les cadres de ces domaines perçoivent un salaire de base de 3 258 dinars, équivalant à 708 % du salaire minimum légal de 460 dinars (SMIG). De même, les professions intermédiaires, les employés et les ouvriers de ces secteurs bénéficient de rémunérations notables, représentant respectivement 501 % (2 304 dinars), 404 % (1 857 dinars) et 242 % (1 112 dinars) du salaire minimum. Qu'en est-il par ailleurs des états financiers des banques tunisiennes?
Un secteur toujours excédentaire ...
Il est presque impossible de tomber sur une banque tunisienne déficitaire. Même pendant la pandémie du Covid-19, les banques ont en effet continué à dégager des bénéfices. Interrogé à cet effet, l'expert en économie et finances, Mohamed Salah Jennadi, nous apprend que : " Selon les états financiers récemment publiés sur le portail de la Bourse des valeurs mobilières de Tunis (BVMT), les banques publiques, que l'on pensait en difficulté, ont enregistré, en 2024, des résultats bénéficiaires notables, malgré un contexte économique peu favorable. Idem pour les banques privées.
En tête du classement, la BIAT (Banque Internationale arabe de Tunisie) confirme sa position dominante avec un résultat net de 357,8 millions de dinars, enregistrant une progression de 8 % par rapport à l’année précédente. Cette performance consolide le statut de la BIAT comme locomotive du secteur bancaire tunisien.
Derrière la BIAT, Attijari Bank et Amen Bank se distinguent également par leur solidité. Attijari Bank affiche un résultat net de 232,388 millions de dinars (+9,6 %), tandis qu’Amen Bank réalise une croissance impressionnante de 18 % pour atteindre 230 millions de dinars". Et d'ajouter : "Cette tendance a été confirmée en 2026 . En effet, le Produit Net Bancaire a atteint à la fin du 2è trimestre 2025 un montant de 261.150 mille dinars, contre 259.038 mille dinars à la fin du 2è trimestre 2024, soit une progression de +0,82% (+2 112 mille dinars)".
Selon l'activiste Rached Mathlouthi: «Si les banques continuent à réaliser des bénéfices énormes, c'est au détriment des clients, notamment les petits, en leur imposant des taux d'intérêt excessifs et des tarifs exagérés sur les services".
M.B.S.M.
Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) : Le projet tunisien « Cinéphilia catalogue » retenu
Le projet tunisien « Cinéphilia catalogue », issu du secteur du Cinéma et de l’audiovisuel, figure parmi les 12 lauréats du programme « Industries culturelles et découvrabilité » lancé par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).
Initié en avril 2023, « Cinéphilia » est un programme de développement de compétence en médiation culturelle, en mobilisation des publics et en gestion de projets. Il est porté par l’Association « Echos Cinématographiques », en partenariat avec Hakka Distribution et Cinéfilms avec le soutien de l’Institut français de Tunisie (IFT).
Fondée en 2013, Hakka Distribution se spécialise dans le cinéma indépendant et œuvre à la diffusion de la culture cinématographique.
Les projets retenus, portés par des structures du spectacle vivant, des arts visuels, de la littérature et du cinéma, bénéficieront de l’accompagnement de l’OIF afin de renforcer la visibilité des contenus culturels francophones dans l’espace numérique, a annoncé l’organisation francophone basée dans la Capitale française, Paris.
« Ces projets illustrent la diversité des approches visant à renforcer la visibilité et l’accessibilité des contenus culturels francophones dans l’espace numérique », peut-on lire dans le communiqué publié sur le site de l’Organisation francophone.
Cette sélection couvre un large éventail d’initiatives : festivals de courts métrages, événements dédiés aux productions cinématographiques de réalisatrices, plateformes d’innovation culturelle utilisant les technologies immersives et l’intelligence artificielle, ou encore programmes favorisant l’émergence de nouveaux auteurs et artistes francophones.
Dans l’ensemble, ces initiatives contribuent à transformer les modes de diffusion culturelle et à encourager la découverte de créations par des publics diversifiés, souligne la même source.
Dans le cadre son projet « Industries culturelles et découvrabilité », l’OIF avait lancé, en août 2025, un appel à projets « Soutien à la distribution et la découvrabilité ». Clôturé le 20 août 2025, l’appel a enregistré 251 candidatures, dont 141 dossiers complets provenant de l’ensemble de l’espace francophone. Selon l’OIF, cette participation témoigne de la vitalité du secteur culturel ainsi que de l’engagement des professionnels à développer le marché francophone des Industries culturelles et créatives (ICC) en consolidant la diffusion des contenus et leur découvrabilité.
Lancement de la nouvelle plateforme numérique pour la gestion des subventions culturelles
Le ministère des Affaires culturelles a organisé hier une rencontre presse pour présenter sa nouvelle plateforme numérique dédiée à la gestion des subventions dans le secteur culturel. Cette initiative vise à moderniser le processus d'octroi des aides publiques, en le rendant entièrement numérique et transparent.
Accessible via https://portail.mac-subventions.gov.tn, la plateforme est conçue pour simplifier les démarches des porteurs de projets culturels, qu’il s’agisse de personnes physiques, d’associations ou de sociétés de production dans divers domaines artistiques.
Le système permet de centraliser le dépôt, l’évaluation, l’attribution et le suivi des demandes de subvention sur une seule plateforme, garantissant ainsi la transparence et la bonne gouvernance.
Slim Dargachi, directeur des services communs, a souligné que l’objectif est de numériser l’ensemble des étapes du processus, du dépôt des dossiers à l’élaboration des rapports de suivi des projets financés. Cela devrait améliorer l’efficacité dans la gestion des ressources publiques et simplifier les démarches pour les acteurs culturels.
Conçue pour être accessible sur tous les appareils (ordinateurs, smartphones, tablettes) et disponible en arabe et en français, la plateforme permet aux utilisateurs de créer un compte personnel, soumettre leurs demandes en ligne, et suivre l’évolution de leur dossier via un espace privé avec notifications et alertes en temps réel. Cette solution numérique simplifie les circuits administratifs et garantit une gestion fluide et sécurisée des documents échangés.
Le projet a été réalisé en collaboration avec des organismes spécialisés tels que l'Agence nationale de cybersécurité et le Centre national de l’informatique. Il repose sur des technologies avancées de vérification électronique des identités et des informations fiscales, assurant la fiabilité des données fournies par les utilisateurs.
Lancée officiellement le 1er octobre 2025, la plateforme a déjà enregistré 75 comptes utilisateurs et 30 demandes de subvention déposées. Elle offre aussi des outils d’analyse et de collecte de statistiques pour améliorer la planification des financements publics en fonction des catégories de subventions, des projets déposés et de leur répartition géographique et artistique. Ce projet marque une étape importante dans la transition numérique du secteur culturel, garantissant une meilleure gestion des fonds publics et renforçant la confiance entre l’administration et les acteurs du secteur.
Le Grand Musée égyptien : L’ouverture tant attendue demain
Demain, après près de 20 ans de construction, le Grand Musée égyptien, situé à quelques pas des pyramides de Gizeh, ouvre enfin ses portes au public.
Ce musée, l’un des plus grands et des plus ambitieux du monde, accueillera des milliers de trésors inestimables, dont l’intégralité des objets retrouvés dans la tombe de Toutankhamon, le colosse majestueux de Ramsès II, et bien d’autres pièces exceptionnelles.
À travers ses 47 hectares d'exposition et de jardins, le musée plonge les visiteurs dans l’histoire millénaire de l’Égypte ancienne, de ses pharaons légendaires aux merveilles de sa civilisation. L’ouverture de ce lieu monumental marque une étape historique, où passé et présent se rencontrent pour célébrer l’héritage unique de l’Égypte.
Avec un budget d’un milliard d'euros, 130 000 objets à exposer, une importante superficie, et un retard de plus de 10 ans du à de nombreux obstacles (difficultés de construction, crise financière de 2008, printemps arabe de 2011, pandémie de Covid-19)… l’un des plus grands musées du monde, le Grand Musée égyptien, est enfin prêt à accueillir le public à quelques pas des pyramides, sur le plateau de Gizeh, en Égypte. U lieu incontournable pour les passionnés de l’Egypte ancienne et un grand projet qui dynamisera le tourisme culturel en Egypte.
Histoire pleine de rebondissements
Les premières collections égyptiennes, issues des fouilles du XIXe siècle, sont exposées au musée de Boulaq de 1863 à 1889, puis dans l'ancien palais royal de Gizeh, sous la direction de l'égyptologue français Auguste Mariette. Ce dernier décide de fonder le Musée égyptien du Caire, inauguré en 1902, un édifice néoclassique qui deviendra un lieu emblématique, accueillant plus de cent millions de visiteurs en un siècle. Avec plus de 150 000 objets collectés au fil des ans, il est rapidement devenu trop petit et manquait de sécurité pour abriter les trésors nouvellement découverts. Ainsi, pour préserver et exposer ces richesses, l'Égypte décide de lancer le projet du Grand Musée égyptien.
Le projet prend forme après un concours remporté par le cabinet d'architectes irlandais Heneghan Peng Architects. Les travaux débutent en 2002, mais à cause de différentes difficultés, le chantier a pris du retard. Ce n’est qu'après près de 20 ans de travaux que le Grand Musée égyptien est enfin prêt.
Architecture impressionnante
Situé à moins de 3 kilomètres des pyramides, le Grand Musée égyptien se dévoile à travers un parvis monumental, avec un dénivelé qui guide le regard du Nil vers les pyramides, visibles au loin. La façade translucide du bâtiment, ornée de motifs triangulaires, rappelle l’architecture de l’Antiquité. À l’intérieur, une majestueuse statue de Ramsès II accueille les visiteurs dans le hall principal, tandis qu'un grand escalier mène aux étages supérieurs, offrant un panorama unique sur les pyramides depuis de grandes baies vitrées. En plus des espaces d’exposition, le musée abrite des bâtiments dédiés à la conservation et des laboratoires ultramodernes pour les chercheurs.
Les collections du Grand Musée égyptien
Les collections du musée actuel de la place Tahrir, ainsi que celles conservées dans les réserves de divers sites archéologiques, ont été transférées au Grand Musée égyptien. Des vases, des outils, des armes, des bijoux, des statues, des momies, des sarcophages et d’autres artefacts couvrant une période allant de la Préhistoire à l'époque hellénistique y seront exposés. Certaines pièces majeures, comme le buste de Néfertiti ou la pierre de Rosette, seront également représentées. L’ancien musée du Caire sera désormais dédié à l’histoire de l’art égyptien et de l’archéologie, ainsi qu'à l’histoire de ce musée iconique.
Le trésor funéraire de Toutankhamon
Une des attractions majeures du nouveau Grand Musée égyptien sera sans doute l'exposition de l'intégralité des 5500 objets retrouvés dans la tombe de Toutankhamon, découverte intacte en 1922 par l'archéologue britannique Howard Carter. Pour la première fois réunis dans un seul endroit, ces trésors offrent une vue fascinante sur la richesse et les croyances de l'Égypte antique. Parmi les objets exposés, on y trouvera des vêtements, des bijoux, des chars et bien d'autres artefacts inestimables.
L’une des pièces maîtresses de cette collection est sans conteste le masque funéraire de Toutankhamon, une œuvre d'art d'une beauté et d'une précision exceptionnelles. Composé de 10,32 kg d'or massif et orné de pierres semi-précieuses comme le lapis-lazuli, la cornaline, le quartz, l'obsidienne, la turquoise et de la pâte de verre, ce masque est devenu un symbole emblématique de l'Égypte ancienne et de son génie artistique. Son exposition dans le Grand Musée égyptien offrira aux visiteurs un accès unique à ce chef-d'œuvre, tout en leur permettant de découvrir les autres objets fascinants associés à la vie et à la mort du jeune pharaon.
Le colosse de Ramsès II
Une autre pièce majeure du musée est le colosse de Ramsès II, exposé depuis 1954 devant la gare du Caire. Ce géant de pierre, représentant le pharaon à l'apogée de sa puissance, a été restauré et installé dans le hall du Grand Musée égyptien. Avec ses 11 mètres de hauteur, il semble surveiller les innombrables trésors qui l'entourent, gardant un lien symbolique avec le passé glorieux de l'Égypte. Ce colosse, icône de la grandeur de l’Égypte ancienne, ajoute une dimension saisissante au musée, offrant aux visiteurs une rencontre spectaculaire avec l'un des plus grands souverains de l'histoire.
Ce projet pharaonique, qui réunit la grandeur du passé et la technologie moderne, promet de devenir un lieu incontournable pour les passionnés d'Égypte antique.
Editorial : Sombres perspectives… nucléaires…
Par Chokri Baccouche
Pour ceux qui l’ignorent, le monde comptait un nombre record de 70 374 ogives nucléaires dont plus de 40 000 étaient soviétiques et 23 000 américaines. Depuis, l’arsenal des armes de destruction massive n’a cessé de décroître, année après année, grâce aux accords de contrôle des armements signés par Moscou et Washington. Pour l’année 2024, le stock mondial s’élève à 12 121, selon la Fédération des scientifiques américains (FAS), une organisation de chercheurs indépendants faisant référence sur ce type d’évaluation.
Mais les apparences sont trompeuses. Cette diminution est essentiellement le résultat du démantèlement des ogives nucléaires américaines et russes retirées du service. Soit celles qui ne sont plus dans les stocks militaires, qui regroupent les ogives considérées comme opérationnelles (déployées dans des armes) et celles en réserves. Ces dernières années, seuls les Etats-Unis ont continué à diminuer leur stock militaire, et seuls la France et Israël ont conservé un nombre égal d’ogives, selon la FAS.
Mais cette embellie n’aura été finalement que de courte durée puisqu’on assiste aujourd’hui à une relance tous azimuts de la course nucléaire dans un contexte de rivalités exacerbées entre les grandes puissances, jamais connue auparavant depuis la fin de la guerre froide.
Selon les dernières statistiques, il y aurait actuellement plus de 17 mille ogives nucléaires dans le monde détenues par neuf pays qui font partie du club très sélect des puissances atomiques. Avec 5044 têtes nucléaires environ, la Russie occupe la première place du hit parade. Elle est talonnée par les Etats-Unis (5.044 ogives), la Chine (500), la France (290), le Royaume Uni (225), l’Inde (170) ex æquo avec le Pakistan (170), Israël (90) et enfin la Corée du Nord (50 ogives nucléaires environ).
Question : qu’est-ce qu’on peut faire avec un tel arsenal nucléaire ? Eh bien, on peut faire péter par exemple la planète toute entière plus d’une centaine de fois successives.
Pour faire plus simple, cela revient à détruire toute forme de vie sur la terre. C’est-à-dire qu’il n’y aura plus aucun être humain, sauf peut-être quelques rares privilégiés qui ont les moyens de se barricader dans des bunkers souterrains et sauver ainsi leur peau momentanément, plus aucun bonobo, ni éléphant, plus aucun hippopotame, ni kangourou… Bref, il n’y aura plus aucun œil pour pleurer ce qui adviendra du monde tel qu’on l’a depuis toujours connu.
Selon la cotation mondiale Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires (Ican), il suffirait de 1.000 têtes nucléaires, soit 5 % des réserves mondiales, pour rendre la planète inhabitable.
Les conséquences dans ce cas précis seraient incalculables et donnent froid dans le dos : 150 millions de tonnes de fumée seraient ainsi émises dans la stratosphère, ce qui entraînerait une réduction de 45 % des précipitations dans le monde et le refroidissement de 7 à 8 °C de la température moyenne au sol, soit davantage qu'à l'ère glaciaire.
Les particules radioactives causeraient une réduction grave et prolongée de la couche d'ozone, avec une augmentation du rayonnement ultraviolet et des cancers de la peau, ainsi qu'une destruction de la vie marine.
Adieu la vie, bonjour l’Armageddon ou l’apocalypse, au choix : tel est le destin funeste qui sera inévitablement réservé à l’ensemble des humains au cas où un « potentat nucléaire » viendrait à appuyer sur le bouton pour déclencher une guerre mondiale nucléarisée. Il faut dire que le monde retient son souffle avec la montée des tensions entre les grandes puissances qui font étalage, ces derniers temps et à qui mieux mieux, de leur puissance et leur capacité nucléaire.
Face à un tel danger qui menace la planète, est-il possible d’envisager un monde dénucléarisé ? Dans un discours prononcé à Prague, l’ancien président américain, Obama, a créé la surprise en évoquant cette éventualité que les experts considèrent comme l’unique alternative pour éviter le pire. Mais, de la parole aux actes, il y a un fossé que les puissances nucléaires ne sont pas encore prêtes à franchir.
La raison en est que ces puissances craignent qu’une dénucléarisation progressive de la planète changerait les rapports de force. En un mot comme en cent, elles voudraient bien faire évoluer les choses mais sans que les équilibres actuels qui tournent à leur avantage ne soient remis pour autant en question. Le Conseil de sécurité des Nations unies donne à cet effet un exemple frappant dans la mesure où les cinq membres permanents de cet organe décisionnaire sont les cinq grandes puissances nucléaires.
De ce qui précède, on peut vraiment dire que la planète n’est pas près de sortir de sitôt de la galère atomique. La détention par une poignée de pays du monopole de la terreur a des visées non seulement dissuasives mais elle est envisagée également comme un moyen de domination à des fins géopolitiques et stratégiques. Dans un monde de plus en plus régi par la loi de la jungle et où le droit et la justice n’ont plus droit de cité, la course aux armements qui fait rage actuellement n’est, en définitive, qu’une conséquence logique de cet état de fait.
Tous les pays s’y lancent pour protéger leurs arrières et se prémunir contre les convoitises et les appétits voraces des prédateurs. De là à penser que les humains portent les germes de leur propre destruction, il n’y a qu’un pas que beaucoup ont déjà franchi depuis belle lurette.
L’humanité est-elle condamnée à vivre sous la menace permanente de l’épée nucléaire ? ça sera le cas apparemment et on peut même dire que le sort des terriens ne tient plus désormais qu’à un fil ténu : il suffit en effet qu’un politicien détraqué décide, pour une raison ou une autre, de déclencher les hostilités atomiques pour ouvrir durablement les portes de l’enfer…
C.B.
















