La 3ème édition des « Saisons de la création » : « Les fugueuses » de Wafa Taboubi, sacrée meilleure œuvre
La pièce « Les Fugueuses », mise en scène par Wafa Taboubi, a remporté le prix du meilleur spectacle complet lors de la 3ᵉ édition du Festival national du théâtre tunisien « Saisons de la création », organisée du 24 octobre au 8 novembre 2025 entre Tozeur et Tunis. Ce grand prix, doté de 30 000 dinars, succède à « Bakkhara » de Sadok Trabelsi, lauréate 2024.
Coproduite par le Théâtre national tunisien (TNT) et Ostoura Production, avec le soutien du ministère des Affaires culturelles, la pièce raconte l’histoire de cinq femmes étrangères et d’un homme en quête de sens et de liberté, décidant d’abandonner l’attente pour un imaginaire plus vaste.
La pièce « Call Center Tragedy » (Jacaranda) du metteur en scène Nizar Saïdi, s’est distinguée en remportant trois prix : la meilleure scénographie, le meilleur texte signé Abdelhalim Massaoudi, et la meilleure mise en scène, chacun doté de 10 000 dinars.
Cette création du jeune Théâtre National, relevant du TNT, explore « les méandres d’un centre d’appel transformé en théâtre de l’absurde et de la douleur : un espace où les lignes téléphoniques croisent les lignes de vie brisées. »
L’acteur Noomen Hamda a décroché le prix du meilleur comédien dramatique (10 000 dinars) pour son rôle dans « Chute libre », œuvre dont il signe également la mise en scène.
Le prix de la meilleure comédienne dramatique est revenu à Fatma Ben Saïdane pour sa prestation dans « Les Fugueuses »
Au total, 14 productions théâtrales, réalisées entre novembre 2024 et octobre 2025, étaient en compétition. Le jury était présidé par Mohamed Mediouni, aux côtés de Salah El Faleh, Faïza Massaoudi, Ramzi Aziz et Henda Ben Ayed.
Parmi les prix d’encouragement, Sameh Ben Saïd a reçu la meilleure photo de théâtre (1 500 dinars) pour une image de la pièce « Statue en pierre » de Karim Achour.
Hamza Faleh a été récompensé pour la meilleure vidéo de théâtre (1 500 dinars) sur « Call Center Tragedy » (Jacaranda), et Arij Machergui pour le meilleur article critique (Désintégration personnelle et interrogation de la mémoire) sur « Chute libre ».
Placé sous l’égide du ministère des Affaires culturelles, et soutenu par la Fondation Abdelawahab Ben Ayed (FABA), le festival, dirigé par Moez Mrabet est sorti cette année à Tozeur où un programme parallèle a été présenté. Le programme de cette édition, organisé entre Tozeur et Tunis, a comporté également un colloque scientifique sur l’identité et l’altérité dans le théâtre tunisien, l’ouverture d’un nouvel espace d’échanges intitulé « Agora des Saisons », et un cycle « Écrans des Saisons » rendant hommage à Anouar Chaâfi et Fadhel Jaziri.
Une exposition en hommage au peintre Adel Meghdiche, mettant l’accent sur la théâtralisation dans ses œuvres est encore visible au 4ᵉ Art.
Outre la cérémonie de remise des prix, la soirée de clôture a été marquée par la présentation d’un spectacle musical « Arboun 3 », en hommage à Fadhel Jaziri, suivi d’un concert de la chanteuse jordanienne Macadi Nahhas, dédiée à la Palestine.
Transport aérien : Nouvelair lance sa promo Happy Days
Les bonnes habitudes se renouvellent chez Nouvelair qui invite ses passagers à célébrer une nouvelle saison de découvertes avec le retour de sa campagne emblématique Happy Days.
A travers cette offre, la compagnie propose 30 % de réduction sur ses vols au départ et à destination de la Tunisie, vers quatre destinations incontournables : l’Arabie saoudite, l’Algérie, le Maroc et la Turquie.
Voyagez vers Jeddah, aux portes des lieux sacrés, découvrez l’authenticité d’Alger et d’Oran, laissez-vous séduire par la magie de Marrakech et Rabat, ou vibrez au rythme d’Istanbul, la cité aux mille visages. Le tout avec 30% de réduction. Riche d’histoire, de culture et d’hospitalité, chaque destination promet un voyage unique, entre ressourcement et émerveillement. L’équilibre parfait entre escapade et opportunité, pour les voyageurs d’affaires comme pour les passionnés d’évasion.
L’offre est valable pour une date d’achat entre le 4 et le 11 novembre 2025, pour des vols programmés entre le 4 novembre 2025 et le 31 mars 2026, hors période de vacances scolaires.
Détails de la promotion
• Réduction : 30%* sur le prix affiché HT.
• Période de vente : du 04/11/2025 au 11/11/2025.
• Période de voyage : du 04/11/2025 au 31/03/2026 (Hors période de vacances scolaires).
• Destinations : L’Arabie Saoudite, l’Algérie, Le Maroc et la Turquie, au départ et à destination de la Tunisie
Omra : TAV Tunisie inaugure une nouvelle ligne Enfidha-Médine
Dans le cadre du renforcement des programmes de voyages pour la Omra à partir des aéroports qu'elle gère, TAV Tunisie, filiale de TAV Airports – membre du Groupe ADP –, a célébré, le samedi 8 novembre 2025, l’inauguration de la nouvelle ligne reliant les aéroports d’Enfidha-Hammamet et du Prince Mohammed bin Abdulaziz à Médine, en Arabie saoudite. Ces deux plateformes sont gérées par TAV Airports (Groupe ADP).
Ce lancement, qui coïncide avec la saison de la Omra, constitue une étape majeure dans le développement des liaisons entre la Tunisie et l’Arabie saoudite. Il s’inscrit dans le cadre d’un programme de vols charters organisé par TAV Tunisie, en partenariat avec plusieurs agences spécialisées dans l’organisation de voyages pour la Omra, dont notamment Liberta Voyages, Sassi Voyages, Mirage Travel & Tours et Options Voyages.
Afin d’offrir aux pèlerins les meilleures conditions de départ, les équipes de TAV Tunisie ont mis en place un dispositif d’accueil dédié, garantissant une assistance fluide, un accompagnement personnalisé et une tranquillité d’esprit tout au long du parcours aéroportuaire. Une attention particulière a été portée aux personnes âgées, aux voyageurs à besoins spécifiques ainsi qu’aux groupes, afin d’assurer un encadrement adapté dès leur arrivée à l’aéroport et jusqu’à l’embarquement.
À cette occasion, l’aéroport international d’Enfidha-Hammamet s’est doté de nouvelles salles de prière, modernes, spacieuses et aménagées pour permettre aux voyageurs de se recueillir dans un cadre serein et confortable avant leur départ.
La cérémonie du lancement de la nouvelle ligne, s’est déroulée en présence de hauts responsables, de représentants de Saudi Airlines – partenaire stratégique de cette opération – ainsi que de plusieurs agences de voyages spécialisées dans la Omra et de membres des médias.
« En reliant deux aéroports opérés par TAV Airports, nous créons une continuité de service unique au sein du réseau du Groupe ADP. Le lancement de cette ligne positionne Enfidha comme un hub stratégique et confirme notre rôle de facilitateur de mobilité vers les Lieux Saints », a déclaré M. Francis Sesplugues, Directeur Général Adjoint de TAV Tunisie.
« Ce vol inaugural de la Omra marque le début d’une saison exceptionnelle, comprenant une trentaine de rotations prévues entre octobre 2025 et avril 2026, contre seulement six vols opérés en 2024.
Cette progression témoigne d’une demande croissante et du renforcement de la connectivité aérienne dédiée aux pèlerins vers les Lieux Saints. Elle illustre la montée en puissance de la connectivité entre deux aéroports opérés par TAV Airports et souligne l’intégration stratégique de nos opérations à l’échelle régionale. Elle reflète la vision du Groupe de bâtir un écosystème aéroportuaire connecté, centré sur la qualité de service aux passagers », a-t-il ajouté.
Handball féminin: Le Club africain sacré champion arabe
L'équipe féminine de handball du Club africain a remporté, ce dimanche soir, le Championnat arabe des clubs, après avoir disposé du Club Sportif de Moknine (30-23), à la salle de Hammamet.
Il est à noter que l'Association sportive de Hammamet a terminé le championnat à la troisième place, après avoir battu l'Association féminine du Sahel (25-23).
E.N. : La liste des Aigles de Carthage pour les trois matches amicaux
Le sélectionneur national Sami Trabelsi a annoncé, au cours de l’émission « Dimanche Sport », la liste des joueurs convoqués pour les trois prochains matches amicaux de la Tunisie au cours du mois de novembre.
Voici la liste des joueurs retenus:
Gardiens de but :
Aymen Dahmen, Noureddine Farhati, Sabri Ben Hassen
Défenseurs :
Yann Valery, Mohamed Ben Ali, Dilan Bronn, Montassar Talbi, Mahmoud Ghorbal, Mortadha Ben Ouannes, Yassine Meriadh, Hamza Jelassi, Marouene Sahraoui, Oussama Haddadi, Ali Abdi, Mohamed Amine Ben Hmida, Ali Maâloul
Milieux :
Ferjani Sassi, Elyes Skhiri, Hannibal Mejbri, Ismail Gharbi, Mohamed Haj Mahmoud, Firas Belarbi, Chiheb Jebali, Houssem Tka, Mohamed Ali Ben Romdhane, Amor Layouni, Sebastien Tounekti
Attaquants :
Naim Sliti, Nassim Dandani, Elyes Saad, Elyes Achouri, Hazem Mastouri, Firas Chaouat, Issam Jebali, Seifeddine Jaziri.
Il est à rappeler que la Tunisie affronte la Mauritanie, le 12 novembre à Tunis, puis la Jordanie, le 14 du même mois, avant de s'envoler à Lille (France), pour défier le Brésil, le 18 novembre.
Formation professionnelle : Les raisons d’un retour en force des jeunes vers les centres spécialisés
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Les offres de formation pour la session de septembre 2025 ont enregistré une hausse notable, soit 23 705 postes de formation, avec l’acceptation d’environ 21 mille nouveaux apprenants d’ici la fin de l’année. Comment expliquer cet engouement des jeunes pour la formation professionnelle ?
Le ministre de l’Emploi a passé en revue les réalisations accomplies par le ministère en 2025, relevant l’augmentation des offres de formation pour la session de septembre 2025, soit 23 705 postes de formation, avec l’acceptation d’environ 21 mille nouveaux apprenants d’ici la fin de l’année.
Le ministère a généralisé la formation au niveau de la certification de compétences en 2025, créé de nouvelles spécialités telles que la spécialité “accompagnant de vie” et mis à jour 30 programmes de formation, mise à part l’élaboration d’un nouveau concept pour les centres de jeunes filles rurales, a-t-il affirmé.
Il a ajouté que son département a élaboré un projet de code de conduite national pour les compétences et les certifications en vue d’établir un système de reconnaissance mutuelle des certificats et de créer une base de données actualisée pour la formation professionnelle au profit des demandeurs de formation, des employeurs, professionnels et formateurs.
Le ministère est parvenu à satisfaire les demandes d’inscription dans les filières de formation professionnelle, avec un taux de 84% dans les filières de l’Agence tunisiennes de formation professionnelle en 2025, contre 73,4 % en 2024, a-t-il relevé.
Il a également noté une légère diminution du taux de décrochage dans les centres de formation, qui est passé à 16% en 2025, contre 16,8 % en 2024, avec un objectif de le réduire à 15,5%.
Concernant la formation continue et les promotions, Chaouad a indiqué que le nombre d’entreprises économiques bénéficiant des mécanismes de formation continue a atteint environ 3 mille en 2025, contre 2600 en 2024, avec un objectif d’atteindre 3 230 entreprises au cours de l’année prochaine. Ce retour en force de la formation professionnelle a été salué par les observateurs. Comment expliquer cependant cet engouement des jeunes pour la formation professionnelle ?
Un marché porteur...
Selon les experts dont notamment le spécialiste en bâtiment, Rached Mathlouthi: « Nous assistons depuis quelques années à une reconfiguration des marchés de l’emploi, tant dans les pays du Nord que du Sud. Sans prétendre à l’exhaustivité, citons quelques indices emblématiques de cette évolution.
Signalons d’abord l’avènement d’une économie du savoir dans laquelle les compétences techniques, organisationnelles et scientifiques prennent l’ascendant sur le travail physique. La créativité et la capacité à réagir rapidement aux changements conditionnent de plus en plus la croissance économique, et partant l’essor de l’emploi.
Par ailleurs, le vieillissement de la population dans les pays du Nord conduira probablement à un allongement de la durée de la vie active ; il en découlera des besoins accrus de renouvellement des connaissances ; dès lors, les politiques de formation devront être repensées dans une perspective d’apprentissage tout au long de la vie, comme le révèle une enquête publiée sur le site spécialisé Opinion".
Et d'ajouter : « Étant un pays exportateur de main-d'œuvre spécialisée, la Tunisie n›échappe pas à cette règle, ce qui explique ce retour en force de la formation professionnelle et cet engouement des jeunes pour ce secteur. Alors, il faut s›adapter aussi bien aux besoins du marché local qu'international.
Et même si les spécialités de formation professionnelle couvrent de nombreux secteurs comme l›informatique, la gestion, la santé, le commerce, la mécanique automobile et la logistique, des domaines émergents comme la cybersécurité, l'intelligence artificielle, et l›énergie renouvelable sont également en demande, tout comme les métiers liés à l›environnement, aux soins animaliers, ou au bâtiment.
Pour rappel, en 2026, la capacité de formation sera portée à 400 postes par centre, avec plus de 70 établissements bénéficiant de travaux de maintenance et d’équipement, financés dans le cadre de partenariats internationaux et d’un budget de 8 millions de dinars. De nouvelles spécialités ont été introduites, telles que la mécatronique automobile et le design des structures aéronautiques, répondant aux besoins du marché de l’emploi.
Le système de formation public et privé a attiré 70 000 demandes, dont 25 000 ont été satisfaites dans les centres publics, tandis que le secteur privé offre environ 40 000 postes de formation, couvrant 200 spécialités, principalement dans les services, le tourisme et l’administration. Le total des offres disponibles pour 2025-2026 s’élève à 100 000, incluant les contrats de formation professionnelle.
M.B.S.M.
Ligue 1 (14e J.) : Un derby sans vainqueur et une première défaite pour le ST
Le derby de la capitale, pauvre en spectacle et en exploits techniques, n’a pas connu de moments chauds à part le penalty raté par Florian Danho (55’) qui aurait pu donner au match plus d’intensité.
De part et d’autre, la prudence était de mise avec deux formations qui ont pensé à ne pas perdre plutôt que de prendre des risques pour gagner.
La première période n’a connu quasiment aucun moment chaud et il a fallu attendre la seconde mi-temps pour voir de véritables opportunités s’offrir aux deux équipes avec un Club Africain plus volontaire et une Espérance qui a perdu du mordant en attaque avec les sorties prématurées, sur blessure, de Sasse puis Blaili, les deux attaquants les plus dangereux des Sang et Or.
Pour sa part, le Stade Tunisien n’a pas su profiter de ce nul, concédant sa première défaite de la saison à Ben Guerdane face à une USBG décidée à se ressaisir et qui a su s’imposer grâce à un penalty de Ben Mcharek (15’).
Le troisième match de cette seconde manche a vu l’ES Métlaoui et l’ES Zarzis se neutraliser (0-0). Un nul équitable pour deux équipes installées dans la première moitié du tableau.
K.Z.
Résultats
CA – EST (0-0)
ESM – ESZ (0-0)
USBG – ST (1-0)
Classement
1*Espérance de Tunis 31pts
2*Club Africain 28pts
3*Stade Tunisien 27pts
4*Club Sportif Sfaxien 23pts
5*US Monastirienne 23pts
6*Espérance de Zarzis 21pts
7*ES Métlaoui 20pts
8*Etoile du Sahel 19pts
9*US Ben Guerdane 18pts
10*JS Omrane 16pts (-1)
11*AS Marsa 16pts
12*CA Bizertin 16pts
13*JS Kairouanaise 13pts
14*AS Soliman 11pts
15*AS Gabès 9pts
16*Olympique de Béja 8pts (-1)
Journées théâtrales de Carthage 2025: Le "King Lear", Yahya Al-Fakharani, serait-il à l’ouverture ?
Par Imen ABDERRAHMANI
Du 22 au 29 novembre, Tunis vibrera au rythme de la 26è édition des Journées théâtrales de Carthage. Ainsi, on croit savoir que « King Lear », l’une des plus grandes tragédies de Shakespeare, magistralement interprétée par Yahia Al-Fakharany, serait à l’ouverture.
Evénement incontournable pour les artistes arabes, africains et internationaux, et également pour le grand public, les Journées théâtrales de Carthage (JTC) approchent à pas sûrs. Encore quelques jours pour que la capitale s’anime et prenne les couleurs de la fête et pour que les salles de spectacles ouvrent généreusement leurs portes et pour que les scènes vibrent aux rythmes de tant de récits d’ici et d’ailleurs.
Outre le programme avec sa sélection officielle, ses master-class, ses rencontres et son forum, les soirées d’ouverture et de clôture attirent l’attention. Deux soirées qui, comme le veut la tradition, seront diffusées en direct sur la télévision nationale tunisienne dans leur partie cérémoniale
Ainsi, pour la 2è partie de la soirée d’ouverture, on croit savoir que les organisateurs ont opté pour « King Lear », interprétée par le maître incontesté du théâtre arabe Yahia Al-Fakharany.
La pièce ouvrirait la 26è édition des Journées théâtrales de Carthage, promettant de marquer les esprits, tant par sa force dramatique que par l’émotion palpable qui émane du talent de ses comédiens.
C’est dans le rôle légendaire du vieux roi Lear, un personnage complexe, dévasté par la folie et la trahison, que Yahia Al-Fakharany renouvelle sa prestation. L’acteur, véritable pilier du théâtre égyptien, avait déjà incarné ce rôle en 2001, dans une mise en scène saluée par la critique.
Depuis lors, cette production a traversé les âges et a connu un succès retentissant en Égypte, captivant des générations de spectateurs au Caire et ailleurs. La pièce s’est inscrite dans les annales du théâtre arabe contemporain, pour sa force poétique et sa profondeur philosophique.
Le retour de « King Lear » en 2019, après une pause, a réaffirmé la puissance de cette œuvre, qui n’a cessé de toucher un public toujours plus large. Toujours avec Yahia Al-Fakharany dans le rôle du Roi Lear, la pièce a été relancée en 2025 avec une nouvelle mise en scène et avec, également, de nouveaux acteurs parmi les plus brillants de leur génération : Sahar El Sayegh, Abed Anani, Tarek Al Desouky et d’autres talents exceptionnels.
La présence de Yahia Al-Fakharany, véritable icône du théâtre arabe sur scène, dans les trois versions, dans le rôle de Lear, est un événement en soi. Sa capacité à incarner la grandeur et la tragédie de ce personnage, tout en y insufflant une humanité poignante, est la clé du succès de cette production qui tire sa force aussi de l’œuvre shakespearienne qui aborde des thèmes universels tels que la quête du pouvoir, la trahison, la vieillesse et la folie. Des thèmes qui trouvent une résonance profonde dans notre monde contemporain.
King Lear, œuvre intemporelle
Elle est l’une des tragédies les plus puissantes et sombres de William Shakespeare. Ecrite vers 1605-1606, la pièce en cinq actes a été jouée pour la 1ère fois en 1606 devant le roi Jacques Ier et sa cour au palais de Whitehall à Londres.
Œuvre majeure du répertoire mondial, Le Roi Lear a traversé le temps et la géographie, séduisant les hommes de théâtre comme les cinéastes. Elle a été interprétée dans toutes les langues.
À l’instar de toutes les grandes tragédies, « King Lear » fait écho aux grandes interrogations existentielles : comment comprendre le monde autour de soi ? Peut-on échapper au destin qui nous est imparti ?
Des questions aussi anciennes qu’universelles que ce roi et son royaume rongé par l’ambition et la guerre tenteront de résoudre… avant d’être engloutis dans la folie.
D'ici la conférence de presse où le programme dans sa totalité sera révélé, et en attendant que la participation de Yahia Al-Fakharany avec son "King Lear" se confirme, le grand public n'a qu'à se préparer pour ce grand rendez-vous où il pourra savourer l'émotion d'une grande production, tout en découvrant une nouvelle facette du théâtre contemporain arabe et africain porté par des artistes d’exception.
I.A.
Editorial : Ces guerres de trop ...
Par Chokri Baccouche
Depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1956, le Soudan enchaine les conflits et traine ses heurts et malheurs comme Sisyphe son rocher. La guerre civile qui fait actuellement rage dans cet immense pays semi-désertique du nord-est de l’Afrique est particulièrement atroce pour les populations civiles.
Déclenchée en avril 2023 par deux chefs de guerre, ex-alliés au pouvoir, cette effroyable guerre a fait, en deux ans et demi, entre 150 et 450 mille morts. Elle oppose les forces armées nationales dirigées par Abdelfattah Al-Burhan et les Forces de Soutien Rapide, un groupe paramilitaire contrôlé par Mohame Hamdane Dagalo, alias Hemedti.
Ce dernier a fait parler de lui de la pire des manières il y a quelques jours. Ses hommes de main ont perpétré, en effet, un horrible massacre à El-Fasher, chef-lieu de la province du Darfour.
Des villages entiers ont été ainsi rasés et pour comprendre l’ampleur du massacre dans une zone difficile d’accès, les laboratoires de recherche humanitaire de Yale aux Etats-Unis ont pris de la hauteur et analysé les images satellites. En quelques heures seulement, ils ont pu détecter et repérer des corps humains empilés partout dans la ville.
Un véritable carnage qui n’est pas sans rappeler le génocide des Tutsis survenu en 1994 au Rwanda et, plus récemment encore, les massacres de masse perpétrés par l’armée sioniste contre les civils palestiniens à Gaza.
Coauteurs d’un coup d’Etat militaire qui a mis brutalement fin au mandat de Abdallah Hamdok, l’ancien chef du gouvernement intérimaire, Abdelfattah Al-Burhan et Hamdane Dagalo, se livrent depuis une guerre féroce pour le plein pouvoir, plongeant ainsi le pays dans le chaos et la désolation. La rivalité meurtrière entre les deux généraux a provoqué un exode massif des populations civiles. Plus de 14 millions de Soudanais ont dû fuir leur pays pour se réfugier au Tchad notamment, où ils vivotent dans des conditions précaires.
A ces exilés forcés s’ajoute le spectre de la famine qui a frappé de plein fouet près de 25 millions de Soudanais, selon le décompte des agences spécialisées.
Cette tragédie à répétition a des causes profondément inscrites dans l'histoire du Soudan et dans ses innombrables conflits internes. Mais elle a aussi de nombreuses ficelles internationales.
Plus exactement, le Soudan est victime de ses innombrables richesses minérales et de la convoitise des grandes puissances qui cherchent à en prendre le contrôle. L’or à profusion, le fer, le cuivre, le chrome, le pétrole ainsi que d’immenses superficies de terres arables et très fertiles, sur les rives du Nil notamment, sont autant de richesses que compte le pays et qui attirent les prédateurs comme des mouches.
Comme il faut s’y attendre, les deux généraux en lutte pour le pouvoir disposent chacun de sponsors étrangers. Si des pays comme l’Egypte soutiennent officiellement l’armée nationale, d’autres, en revanche, à l’instar notamment des Emirats arabes unis, prêtent main forte aux paramilitaires des Forces de Soutien Rapide en leur procurant équipements militaires et toute la logistique nécessaire.
Le fait que l’or du Soudan est principalement exporté vers l’Egypte et les Emirats arabes unis explique d’une certaine façon l’engagement de ces deux pays, de manière directe et indirecte, dans le conflit soudanais. En somme, le malheur des uns fait le bonheur des autres ou, pour paraphraser un célèbre adage ancestral, il n’y a pas de chat qui chasse pour le Créateur.
Le drame qui se déroule actuellement au Soudan n’est pas sans rappeler d’ailleurs la crise qui fait rage en Libye depuis la chute de Mouammar Kadafi. L’un comme l’autre comportent les mêmes ingrédients et les mêmes causes à quelques menues différences près. L’un et l’autre ont pour toile de fond une lutte pour le pouvoir entre deux rivaux soutenus, chacun, par des parties étrangères.
Lesquelles parties ne le font pas bien évidemment pour des prunes mais pour accaparer une part substantielle du gâteau. Au final, ce sont toujours les populations civiles qui paient les pots cassés par ces guerres fratricides qui constituent une véritable insulte au bon sens et à l’intelligence.
Des guerres atroces qui auraient pu être évitées si leurs principaux protagonistes avaient eu la présence d’esprit de mettre de l’eau dans leur vin en plaçant l’intérêt de leur pays au-dessus des considérations strictement personnelles. Aussi bien Debaiba et Hafter en Libye que Al Borhane et Dagalo au Soudan ont tout intérêt à se rendre à l’évidence que rien ne sert de courir derrière un pouvoir absolu quand il y a risque de perdre l’essentiel et le plus important en cours de route, à savoir l’intégrité et l’indépendance de son propre pays.
C.B.
Gabès : Kais Saied charge Ali Ben Hammoud d'une mission stratégique
Il fallait bouger pour engager un plan susceptible d’améliorer la situation environnementale de Gabès, un joyau industriel du sud-est tunisien qui suffoque sous le poids des années de pollution. Et c’est chose faite puisque Ali Ben Hammoud, un ingénieur en pétrochimie diplômé de Shanghai, a été reçu par le président Kaïs Saïed au Palais de Carthage qui l’a chargé de piloter une mission cruciale de redressement environnemental et économique de la région.
Ali Ben Hammoud a fait ses armes à l’Université des Industries Chimiques de Shanghai, l’une des institutions les plus prestigieuses dans le domaine du génie chimique et des procédés industriels. Spécialiste en pétrochimie, il possède une expertise reconnue dans la valorisation des ressources naturelles et l’optimisation des procédés industriels. Il est décrit comme un cadre hautement qualifié, capable de transformer des défis techniques complexes en solutions concrètes et durables.
Une mission stratégique
Gabès fait face depuis des années à des problèmes environnementaux majeurs : rejets industriels, pollution chimique et dégradation du littoral. La mission confiée à Ali Ben Hammoud est claire et ambitieuse :
*Constituer une équipe pluridisciplinaire pour étudier les solutions techniques et environnementales adaptées à la région ;
*Proposer des mesures concrètes pour restaurer l’équilibre écologique et relancer le développement économique local ;
*Transformer le modèle industriel en passant d’un modèle polluant à un modèle durable, grâce à son expertise en ingénierie pétrochimique.
Au-delà de la technique, cette mission représente un symbole fort : elle illustre comment l’innovation scientifique et le savoir-faire tunisien peuvent devenir des leviers de développement durable. Pour Ali Ben Hammoud, chaque projet industriel est une opportunité de concilier croissance économique et protection de l’environnement.
Dans une région qui a longtemps souffert de la pollution industrielle, l’arrivée de cet ingénieur tunisien ouvre une nouvelle ère, où la science devient un moteur de progrès et un espoir pour les générations futures.
Comme attendu : Washington retire le président syrien Ahmed al-Charaa de sa liste noire des terroristes !
Les États-Unis ont retiré vendredi le président syrien par intérim Ahmed al-Charaa de leur liste noire des personnalités considérées comme terroristes, une décision symbolique à quelques jours de sa visite historique à la Maison-Blanche. Cette démarche était largement attendue.
Le dirigeant sera reçu lundi par Donald Trump, première visite d’un président syrien à la Maison-Blanche et consécration pour l’ancien jihadiste qui en moins d’un an de pouvoir a sorti son pays de l’isolement.
Le retrait de la liste des personnalités et organisations terroristes «est prise en reconnaissance des progrès accomplis par les dirigeants syriens après le départ de Bachar al-Assad et plus de 50 ans de répression sous le régime Assad», souligne un porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères dans un communiqué. «Le nouveau gouvernement syrien, dirigé par le président al-Charaa, travaille d’arrache-pied pour retrouver les Américains disparus, respecter ses engagements en matière de lutte contre le terrorisme et le trafic de drogue, éliminer toute trace d’armes chimiques et promouvoir la sécurité et la stabilité régionales, ainsi qu’un processus politique inclusif, mené et contrôlé par la Syrie», poursuit-il.
Ligue 1- 14e J. : L'ESS freinée à Bizerte, l'USM et le CSS victorieux à domicile
Par Jamel Belhassen
En attendant le grand derby de la capitale programmé pour demain, la quatorzième journée nous a proposé aujourd'hui des rencontres intéressantes entre clubs du milieu et du bas du tableau. Après trois victoires de suite, l'ESS a été freinée à Bizerte malgré une supériorité numérique durant plus de quatre-vingt minutes. De leur côté, le CSS et l'USM continuent de monter dans le classement pour se rapprocher du trio de têt.
CAB- ESS (1-1 ) Les Étoilés ratent le coche
Entre des Cabistes en quête de rachat et des Étoilés quidevznt cherchent un quatrième succès de rang, les débats étaient passionnants. Dès la 10e l'expulsion de Dridi pour faute sur Gbo a enflammé le match. En infériorité numérique, le CAB ouvre quand même le score sur penalty à la 30e par Sissoko (1-0).
Et très vite, l'ESS va égaliser par Dhaoui en devancant Maktouf ( 32e) (1-1). Après les citrons, les visiteurs se montrent plus entreprenants par Dhaoui et Kante, ratent quelques opportunités devant des locaux qui tiennent au point du nul.Le CAB a failli réussir le hold up en fin de match mais Ben Hassine sauve le but (90+2e).
USM- JSK ( 2-0) Victoire logique des Bleus
Quatrième au classement, l'USMonastir s'est trouvée devant une belle occasion pour poursuivre son ascension face à une JSKairouan, fébrile en défense. Gannouni ( 8e) et Ben Youssef ( 45+1e) ont matérialisé la supériorité des Saheliens en première période.
Rappelons que les Aghlabides ont marqué un but régulier à la(5e) validé par l'arbitre mais annulé injustement après intervention de la VAR. Après la pause, le score n'a pas changé malgré des assauts répétés de parts et d'autres.
CSS -ASM (2-0): Les Noir et Blanc confirment
Après une victoire en cours de semaine à Beja, le CSSfaxien était décidé à confirmer à domicile devant l'ASMarsa qui venait monter au classement après avoir battu le CAB et empoché mes points du match face à l'ESZarzis sur le tapis.
Le pressing des Noir et Blanc a été payant à la (31e) quand Belwafi , en verve, a donné l'avantage aux siens (1-0). Après la pause, la domination des Sudistes ne sera concrétisee qu'en fin de match par Oudragoo (87e) ( 2-0).
ASG ASS (1-1) : Equitable
Entre deux clubs mal lotis, la lutte était acharnée au milieu du terrain et ce sont les locaux qui ont trouvé les premiers le chemin des filets par Ahouda ( 27e) (1-0) qui a trompé Ben Cherifia.
Auoaravant l'ASSoliman a perdu Khemiri exclu à la (16e) rendant la tâche des siens plus difficile. Mais, de retour des vestiaires, Diarra arrive à égaliser ( 47e) (1-1). La suite n'a été qu'une série d'attaques désorganisées sur une pelouse en mauvais état. La parité finale était équitable même si les locaux en voulaient plus.
J.B.
Publicité médicale : Quand les influenceuses deviennent « médecins »…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le Conseil national de l’Ordre des médecins hausse le ton et décide de poursuivre les patriciens qui publient sur Internet des contenus promotionnels. Comment, justement, préserver l’éthique et la dignité de la profession médicale?
Dans un communiqué publié au début de cette semaine et relayé par Webmanager, le Conseil national de l’Ordre des médecins a exprimé son inquiétude croissante face à la multiplication des publications à caractère publicitaire diffusées par certains médecins sur les réseaux sociaux. Selon la même source, « le Conseil a rappelé que toute forme de publicité, qu’elle soit directe ou indirecte, est strictement interdite par le Code de déontologie médicale.
Il a ainsi appelé l’ensemble des praticiens à respecter scrupuleusement les dispositions de ce code ainsi que celles de la Charte d’éthique de l’usage du web et des médias numériques».
Le Conseil a également exhorté les médecins concernés à retirer immédiatement tout contenu promotionnel publié en ligne, qu’il s’agisse de texte, photo, vidéo, témoignage, sponsoring ou de collaboration avec des influenceurs.
Par ailleurs, le Conseil national a indiqué que des procédures disciplinaires ont déjà été engagées, tandis que d’autres sont en cours contre les médecins ayant enfreint ces règles déontologiques. Il a mis en garde contre toute récidive, précisant que de nouvelles violations pourraient entraîner des poursuites judiciaires, voire une radiation du tableau de l’Ordre.
Enfin, l’Ordre des médecins a réaffirmé la nécessité de préserver l’éthique et la dignité de la profession médicale, tout en protégeant l’intérêt supérieur des patients et de la société. Que dit, justement, la loi concernant la publicité sur les médicaments et tout acte médical ?
Interrogé à ce sujet, l’avocat Me Houssem Eddine Ben Atiya nous a indiqué : « Selon l’article 40 de la loi de 1973, la publicité concernant les médicaments ne peut être faite sans autorisation préalable du ministre de la Santé publique et un décret déterminera les conditions de réglementation de la publicité et, en général, la publicité directe ou indirecte pour les médecins est strictement interdite par le Code de déontologie médicale et la Charte de l'Ordre des médecins ». Comment, de fait, préserver l’éthique et la dignité de la profession médicale ?
L’effet «réseaux sociaux»…
Même si l’article 24 du Code de déontologie médicale tunisien interdit aux praticiens de faire de la publicité, l’effet « réseaux sociaux » a envahi la profession. Selon Me Ben Atiya : « Les seules indications qu'un médecin est autorisé à faire figurer sur la plaque apposée à la porte de son cabinet ou à l'entrée de l'immeuble l'abritant sont le nom, le prénom, les titres, les qualifications, les jours et heures de consultation. Cette plaque ne doit pas dépasser 25 cm sur 30 cm.
Sur la porte de son domicile, les seules indications qu'un médecin est autorisé à porter sont : le nom et prénom précédés du titre de docteur quel que soit son mode d'exercice ». Et d’ajouter : « Les réseaux sociaux ont peu à peu investi le domaine de la médecine, notamment sur fond de crise du Covid 19. Pis encore, certains praticiens recourent à des influenceurs pour promouvoir un acte médical notamment dans le domaine de la chirurgie esthétique.
Il est, alors, à rappeler que le médecin est autorisé à communiquer en son nom sur les réseaux sociaux à titre éducatif, scientifique ou sanitaire sur sa pratique. Tout autre contenu à caractère publicitaire est strictement interdit
A titre d’exemple, en France, le Conseil de l’Ordre des médecins a condamné un médecin esthétique vantant sur son site sa méthode de « coolsculpting » à deux ans de suspension d’exercice. Nous devons, à mon avis, faire de même afin de préserver la dignité de la profession et protéger les patients des dérives et des dépassements ».
M.B.S.M.
Elle émet un emprunt obligataire de 130 millions de dinars : Tunisair s’offre une bouffée d’oxygène…
Par Hassan GHEDIRI
Tandis que ses concurrents investissent des milliards de dollars dans les carnets de commandes pour renforcer leurs flottes et élargir leur réseau de destinations…
Le transporteur aérien national concentre tous ses efforts sur un objectif essentiel : diversifier ses sources de financement pour surmonter ses difficultés. Parce que, oui, Tunisair tarde encore à sortir définitivement de la zone de turbulence financière qui a violemment déstabilisé ses équilibres et chamboulé ses objectifs d’investissement pendant une longue décennie. Pour tenter de remédier tant bien que mal à ses déficits, elle doit impérativement chercher de nouvelles alternatives.
Ne pouvant plus jeter son dévolu sur le gouvernement qui, lui aussi, se débrouille comme il peut pour honorer ses engagements financiers, la compagnie nationale semble trouver une bonne recette permettent d’obtenir des fonds importants sans céder des parts de capital.
La solution consiste en l’émission d’emprunts obligataires qui, selon la direction de la compagnie, vise «à renforcer les ressources financières et à aider l’entreprise à honorer ses engagements envers ses créanciers».
Un choix qui avait obtenu l’approbation des membres du Conseil d’administration lors de l’assemblée générale ordinaire de la société tenue le 10 septembre dernier autorisant l’émission d’un emprunt obligataire pour un montant global de 150 millions de dinars sans recours à un appel public à l’épargne. C’est-à-dire que cet emprunt n’est pas proposé à monsieur tout-le-monde, mais consiste à lever des fonds auprès des investisseurs institutionnels (banques, société d’assurances, fonds d’investissements…).
Le transporteur aérien national a annoncé dans un premier temps l’émission, le 6 octobre 2025, d’un emprunt obligataire d’un montant de 30 millions de dinars. Les souscriptions ont été clôturées le 17 octobre et permis de lever 25,2 millions de dinars. La direction générale de Tunisair, qui s’est vue confier la mission de procéder à l’émission en une ou plusieurs fois dudit emprunt, a décidé le 30 octobre dernier de lancer un deuxième et dernier placement pour lever le reste du fonds visé, à savoir les 124, 800 millions de dinars d’une durée de 7 ans dont une année de grâce et assorti d’un droit de coupon de 10%.
Quête de stabilité
Mais au-delà de cette opération financière, Tunisair continue de faire face à des défis majeurs qui compromettent sa compétitivité et sa capacité à se redresser durablement.
Depuis plusieurs mois, la compagnie nationale souffre d’une flotte considérablement réduite, dont à peine une dizaine d’appareils sont réellement opérationnels sur la vingtaine qu’elle possède. Une situation qui pousse souvent Tunisair à réduire la fréquence de ses vols, à annuler certaines dessertes. Les pannes répétitives, les retards et les difficultés de maintenance aggravent encore l’image d’une entreprise en quête de stabilité.
A cela s’ajoutent des déficits financiers chroniques fruit d’une mauvaise gestion des dettes accumulées, un sureffectif structurel et une très lourde masse salariale.
Pendant ce temps, une compagnie comme Royal Air Maroc mène une stratégie radicalement différente : elle prépare des carnets de commandes pour renforcer sa flotte et renouer avec une ambition de croissance.
Selon les informations disponibles, RAM envisage de lancer d’importantes acquisitions d’appareils neufs, avec l’objectif de passer à une flotte bien plus importante d’ici 2037, tout en louant jusqu’à 13 avions par an dans l’intervalle, afin de répondre à une demande croissante et de consolider sa position sur le marché africain et international.
Une dynamique qui contraste fortement avec la situation de notre compagnie nationale, qui, faute de moyens suffisants pour renouveler ou accroître sa flotte, se trouve dans une logique de survie plutôt que d’investissement.
H.G.
Éditorial : Pas cette fois ... - Par Jalel HAMROUNI
Le débat autour du déploiement d’une force internationale à Gaza revient avec insistance dans les cercles diplomatiques, sous prétexte de garantir un cessez-le-feu durable et de stabiliser la bande meurtrie. Pourtant, cette idée, séduisante en apparence, pourrait s’avérer désastreuse dans la réalité.
L’histoire récente démontre que les forces dites « internationales » ont rarement été neutres ni efficaces lorsqu’il s’agissait de défendre les droits des peuples arabes. Au contraire, leur présence risque de consacrer le statu quo imposé par l’occupation et d’affaiblir encore davantage la souveraineté palestinienne.
Une telle force, souvent sous la bannière de l’ONU mais, dans les faits, soumise à la volonté des grandes puissances, risquerait de servir d’écran à la poursuite des politiques sionistes. Derrière les discours sur la « sécurité » et la « stabilisation », se cache le projet de placer Gaza sous tutelle internationale, c’est-à-dire de retirer aux Palestiniens tout pouvoir réel sur leur propre territoire. Ce serait, une fois de plus, le peuple palestinien qui paierait le prix de l’inaction arabe et de la duplicité occidentale.
L’expérience du Liban en 2006 avec la FINUL est là pour nous rappeler les limites de ces déploiements. Malgré des effectifs considérables, cette force n’a pas empêché les violations répétées de l’espace libanais ni les agressions israéliennes. Dans le cas de Gaza, une mission internationale risquerait de devenir une force d’occupation déguisée, surveillant la population plutôt que l’agresseur. Sous couvert de maintien de la paix, elle instaurerait un contrôle étranger durable sur un territoire palestinien déjà martyrisé.
C’est pourquoi, si la communauté internationale veut réellement contribuer à la paix, elle devrait d’abord s’attaquer à la racine du problème : l’occupation et le blocus illégal imposés à Gaza depuis plus de dix-sept ans. Sans levée du siège, sans reconstruction, sans reconnaissance pleine et entière des droits nationaux du peuple palestinien, aucun déploiement ne saurait produire autre chose qu’une trêve illusoire.
Face à cela, l’alternative crédible réside dans une initiative arabe collective. Les pays arabes disposent non seulement de la légitimité historique et morale, mais aussi de la proximité géographique et culturelle nécessaire pour intervenir efficacement.
Une force arabe — mandatée par la Ligue des États arabes et composée d’Égyptiens, de Jordaniens, de Qataris, de Tunisiens, de Marocains ou d’autres contingents — pourrait assumer la mission de garantir le cessez-le-feu tout en protégeant la population civile palestinienne.
Une telle présence serait radicalement différente d’une mission onusienne dominée par les puissances occidentales. Elle traduirait une volonté politique arabe d’assumer la responsabilité collective envers la Palestine, symbole de la dignité et de la solidarité du monde arabe. Elle permettrait aussi d’établir un cadre de coopération régionale sur des bases d’égalité et de respect mutuel, loin des diktats extérieurs.
Pour réussir, cette force arabe devrait être accompagnée d’un plan global : un engagement clair pour la reconstruction de Gaza, une coordination politique entre les factions palestiniennes, et une pression diplomatique accrue pour la reconnaissance d’un État palestinien souverain avec Al Qods pour capitale. Ce n’est qu’à cette condition que le cessez-le-feu pourra devenir durable et que Gaza pourra enfin respirer après des années de siège et de souffrances.
Le monde arabe a trop souvent laissé d’autres décider à sa place. L’heure est venue de rompre avec cette dépendance stratégique. Le déploiement d’une force arabe à Gaza ne doit pas être perçu comme un geste symbolique, mais comme une affirmation de souveraineté collective et un message fort adressé à la communauté internationale : les Arabes sont capables de défendre leurs propres causes et de garantir leur propre sécurité.
Gaza n’a pas besoin d’être placée sous tutelle étrangère. Elle a besoin d’être protégée par ses frères. Une force internationale, dictée par les intérêts des puissances occidentales, serait fatale : elle gèlerait le conflit sans jamais le résoudre, consacrerait l’occupation et priverait les Palestiniens de leur droit à l’autodétermination. En revanche, une présence arabe concertée serait le premier pas vers une paix juste, enracinée dans la solidarité, la dignité et la justice.
La question palestinienne n’est pas une crise humanitaire parmi d’autres : c’est une cause politique et morale qui engage la conscience de tout le monde arabe. Si les nations arabes veulent peser dans le futur de la région, c’est à Gaza que leur unité et leur crédibilité doivent se mesurer.
C’est là que se joue, aujourd’hui, la frontière entre soumission et indépendance, entre dépendance et dignité.
Le destin de Gaza ne doit pas être décidé à New York ou à Bruxelles, mais dans les capitales arabes.
J.H.
















