A l’espace d’art contemporain « La Boîte » : L’exil, la mémoire et la résistance à travers l’art vidéo
Exposition internationale d’art vidéo créée et développée au cœur du festival Gabès Cinéma Fen, « El Kazma », dont le nom est inspiré de la casemate de la Seconde Guerre mondiale, avec toutes ses œuvres, est à découvrir actuellement à la Boîte-Tunis.
Depuis sept éditions, Gabès Cinéma Fen installe ses conteneurs sur la corniche de Gabès, face à la mer et à l’ancienne casemate, pour y présenter des œuvres d’art vidéo d’artistes internationaux. Ces conteneurs, devenus au fil du temps une véritable signature du festival, font aujourd’hui une nouvelle escale à l’espace d’art contemporain La Boîte à Tunis.
« El Kazma Tunis, out of place », ainsi s’intitule cette édition exceptionnelle présentée en partenariat avec le festival Gabès Cinéma Fen et Focus Gabès, tout en préservant l’esprit et la scénographie singulière de l’exposition : des conteneurs transformés en espaces d’immersion et de réflexion.
L’exposition, qui a démarré avant-hier et se poursuivra jusqu’au 8 janvier 2026, se veut une fenêtre ouverte sur les mutations que connaît l’art vidéo et sur une nouvelle génération d’artistes.
Chaque année, un artiste-curateur tunisien ou étranger se voit confier une carte blanche autour d’un thème et d’une sélection d’œuvres. Présentée dans des conteneurs, métaphores de la casemate originelle, El Kazma interroge les images du monde et leurs résonances politiques, sociales, technologiques ou environnementales.
Curatée par l’artiste et le cinéaste sénégalais Hamedine Kane, l’exposition réunit un groupe d’artistes aux regards multiples et constitue un espace à la fois physique et symbolique, un lieu d’exil et de mémoire où le sable garde la trace de ce qui passe. L’exposition invite le visiteur à découvrir son esprit, son atmosphère et sa manière unique d’accueillir l’art vidéo. « C’est un territoire d’attente, de résistance et d’imaginaire », écrit Hamedine Kane.
Paiements électroniques en Afrique : Le bilan contrasté de la Tunisie…
Par Hassan GHEDIRI
L’adoption des solutions électroniques de paiement instantané en Tunisie progresse avec un rythme hésitant qui illustre les défis et les ambitions d’une transition numérique à l’échelle du continent.
L’état des lieux du déploiement et de l’intégration des systèmes de paiement instantané (SPI) en Afrique montre une expansion inédite des usages dopée par une numérisation accélérée des services financiers sur l’ensemble du continent.
C’est le principal constat qui ressort du rapport de 2025 publié par la fondation AfricaNenda (créée en 2021 avec le soutien de Bill Gates), ayant pour objectif d’informer les acteurs publics et privés en Afrique, mais aussi dans le monde entier, sur les tendances d’évolution des solutions de paiement instantané.
Le rapport diffusé jeudi dernier (13 novembre 2025) évalue dans 28 pages le caractère inclusif et l’accessibilité des SPI pour les usagers finaux, particuliers et professionnels, ainsi que l’implication des différents acteurs dans la conception et la mise en œuvre de ces systèmes.
L’étude porte sur les SPI opérationnels en 2025 et se base sur des données officielles collectées entre janvier et juin derniers auprès des banques centrales et des fournisseurs de ces services. L’adoption des SPI en Afrique affiche une croissance spectaculaire s’illustrant par le volume et la valeur des transactions réalisées entre 2020 et 2024.
Ainsi, d’après le rapport d’AfricaNenda, un peu plus de 64 milliards d’opérations de paiements électroniques instantanées ont été réalisées durant cette période dans toute l’Afrique. La valeur totale des transactions est alors passée de 775,5 milliards de dollars américains (USD) en 2020 à 1.980,62 milliards USD en 2024, réalisant une croissance annuelle moyenne de 26 %.
Comme dans ses éditions précédentes, AfricaNenda a réalisé cette année une étude détaillée sur les paiements numériques afin de mieux comprendre les expériences et les perceptions des usagers particuliers mais aussi des micro, petite et moyennes entreprises. L’enquête a été menée simultanément dans quatre pays, en l’occurrence la Tunisie, l’Angola, la Côte d’Ivoire et le Madagascar.
Un échantillon composé d’une centaine d’utilisateurs a été choisi dans chacun de ces pays pour tirer les enseignements sur le profil, les exigences et les attentes des usagers.
Craintes
En Tunisie, comme dans les trois autres pays étudiés, il s’est avéré que ce sont généralement les personnes qui perçoivent un revenu régulier qui ont tendance à utiliser plus activement les solutions de paiement numérique.
Contrairement à ce que l’on croit souvent, l’enquête fait également ressortir que les adultes de plus de 30 ans recourent souvent aux paiements électroniques plus que les plus jeunes avec en même temps une nette domination des hommes par rapport aux femmes.
S’agissant des usagers professionnels, l’enquête menée en Tunisie montre que le recours aux systèmes de paiement instantané par les commerçants tend à être très contrasté et dépendant grandement de la disponibilité des solutions, de l’engouement des clients pour les paiements numériques et de la facilité d’accès aux services de paiement électronique.
A l’instar des autres pays étudiés, les enquêtes menées en Tunisie permettent de constater que le paiement en espèce constitue un filet de sécurité même pour les utilisateurs actifs du numérique parmi les professionnels. Souvent jugés instables et peu sûrs, les SPI suscitent les craintes de fraude et alimentent les préoccupations liées à la sécurité des transactions pour environ 75% des partisans du cash.
D’autres obstacles, tels que les pannes de réseau, le manque de formation, les frais de transaction élevés et les carences du service client tendent également à freiner l’adoption massive des solutions de paiement numérique en Tunisie et un peu partout en Afrique.
Mais toujours selon les résultats de l’enquête, les utilisateurs réguliers des systèmes de paiement électronique sont presque unanimes à considérer que ce sont des solutions plus sûres et plus pratiques que la manipulation d’argent liquide, d’autant plus qu’elles évitent à avoir à rendre ou à chercher de la monnaie.
Deux aspects qui, avec la possibilité de réaliser facilement des transactions avec des montants élevés et la plus grande souplesse qu’offrent les SPI pour les paiements de faible valeur, devraient normalement inciter à une adoption plus généralisée des paiements numériques.
Le rapport souligne que la diversification des usages est indispensable pour renforcer l’adoption des paiements numériques chez les personnes à faible revenu et les petites entreprises, y compris celles de l’économie informelle.
L’acceptation de ces paiements par le plus grand nombre des bénéficiaires nécessite la simplification de leur adoption afin de les rendre plus accessibles pour les transactions de faible montant. Les SPI doivent s’étendre à des usages plus simples tels que le paiement du loyer, des billets de transports publics…
H.G.
Théâtre - « Othello et après… » : Trois distinctions en Jordanie
« Othello et après… », mise en scène par Hamadi Louhaïbi, vient de remporter trois prix prestigieux lors du Festival international du théâtre en Jordanie. Cette brillante adaptation de la tragédie shakespearienne a été saluée pour son excellence artistique, récoltant le prix du meilleur texte décerné à Boukthir Douma pour sa réécriture subtile et moderne de l’œuvre.
L’acteur Mhadheb Remili, dans le rôle d’Othello, a remporté le prix du meilleur acteur et l’actrice Faten El Chaouabi, qui interprète Desdémone, a pu également décrocher le prix de la meilleure actrice. Ces distinctions viennent couronner une production qui a captivé les spectateurs par sa mise en scène audacieuse et ses performances remarquables.
Production du Festival international de Hammamet, « Othello et après… » est une adaptation intense et actuelle de l’une des tragédies les plus célèbres de l’histoire du théâtre, «Othello». La pièce explore des thèmes universels tels que la jalousie, le pouvoir de la manipulation et la destruction de l’honneur.
Louhaïbi a mis sa touche personnelle dans l’œuvre, tout en préservant la profondeur de ses personnages et la puissance de son message, profitant de la réécriture minutieuse de Boukthir Douma.
Accords internationaux : Réviser, c’est bien, se protéger, c’est mieux…!
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Jugés nuisibles aux intérêts tunisiens, certains accords signés avec des pays étrangers et des entités économiques comme l’Union européenne sont dans le collimateur du chef de l’Etat qui a appelé à les réviser. A-t-on, justement, les moyens de revoir ces accords ?
En recevant vendredi dernier au Palais de Carthage le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, le président de la République, Kais Saied, a appelé à revoir plusieurs accords internationaux que le chef de l’État considère comme nuisibles aux intérêts tunisiens.
Saïed a souligné la nécessité de revoir un ensemble d’accords conclus par la Tunisie au fil des années, qu’il estime « gravement préjudiciables » à l’économie nationale. Selon le chef de l’Etat, plusieurs accords « ont pesé lourd sur plusieurs secteurs stratégiques », rappelant que la politique étrangère tunisienne « doit rester guidée par la souveraineté, l’indépendance de décision et la protection des ressources nationales ». Quels sont, de fait, ces accords visés par le chef de l’Etat et quel est l’impact de cette révision sur l’économie nationale ?
Interrogé à ce sujet, l’expert en économie et en finance, Mohamed Salah Jennadi, nous a confié : « On ne peut pas deviner de quel accord il s’agit exactement, mais, à mon avis, deux conventions me semblent les plus concernées par la déclaration du président de la République, Kais Saied.
Je cite l'accord Tunisie-Union européenne dont le plus important est l'Accord d'Association de 1995, qui a instauré une zone de libre-échange pour les produits industriels et a établi un partenariat politique, économique et social.
En 2023, l'UE et la Tunisie ont signé également un Mémorandum d'entente sur un partenariat stratégique et global axé sur la migration, l'économie et l'énergie. Il existe aussi un accord sur la coopération scientifique et technologique depuis 2004.
En deuxième lieu, je citerai l’accord signé avec la Turquie signé en 2004 et entré en vigueur en 2005 puis mis à jour en 2023. Reste à savoir, maintenant, comment ces accords vont être révisés et quel est l’effet de cette révision sur l’économie
nationale ?»
Des lacunes à combler…
Même si l’Union européenne est le plus grand client de la Tunisie, l’accord signé avec l’UE a été toujours critiqué par certains experts et composantes de la société civile. « Cet accord expose davantage l’économie tunisienne à la concurrence des produits et des investisseurs européens, notamment l’agriculture et les services, jusqu’ici protégés.
Les effets sociaux de cet accord de libre-échange peuvent constituer une perte de souveraineté économique de la Tunisie », souligne un rapport du Forum économique et sociale publié en 2024.
Selon, en effet, l’Observatoire tunisien de l’économie (OTE), « la majorité des produits agricoles et de pêche tunisiens exportés vers l’Union européenne bénéficient déjà d’un régime préférentiel (huile d’olive, dattes, thon, crevettes, tabac), tandis que les produits majoritairement importés de l’UE sont encore relativement protégés par des droits de douanes élevés (30% en moyenne) ».
L’OTE pointe du doigt le secteur agricole qui représente 17 % des emplois, voire 45 % dans les régions de l’intérieur. Exposée à la concurrence des productions européennes, l’agriculture familiale et paysanne risque d’être extrêmement fragilisée.
Aussi, avec l’Accord dans sa forme actuelle, les secteurs des céréales et de l’élevage, considérés comme des «denrées alimentaires stratégiques», seraient menacés de disparition. Le secteur de la santé souffrirait aussi de l’application de l’ALECA.
Les grandes cliniques européennes pourraient venir s’installer en Tunisie et exercer en toute liberté. Dans son étude sur l’ALECA (Accord de Libre--Echange Complet et Approfondi), le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) craint que cela n’accroisse « la différence entre le secteur public, qui se dégrade, et le secteur privé qui n’est pas accessible à tous ».
Pour l’expert Mohamed Salah Jennadi, : « Même s’il est urgent de procéder à la révision de ces accords, il faut également proposer d’autres alternatives afin d’assurer une transition calme et sécurisée en matière d’économie ».
M.B.S.M.
Editorial : Ces morts qui passent aux aveux…
Par Chokri Baccouche
Les morts ne parlent pas, mais leurs corps racontent des histoires. Ils donnent des preuves formelles sur les circonstances ayant entouré le décès, la manière, le moment et tutti quanti. Mort naturelle, violente ou suspecte, les dépouilles mortelles disent tout avec force détails. Celles des détenus palestiniens qui ont séjourné dans les prisons israéliennes racontent d’horribles histoires.
Des histoires d’une cruauté indicible et un sadisme inhumain et bestial qui donne des haut-le-cœur, comme le confirme une enquête publiée il y a quelques jours par The Guardian.
Le journal britannique rapporte ainsi qu’au moins 135 corps de Palestiniens mutilés par Israël et renvoyés à Gaza étaient ceux de prisonniers torturés et exécutés de manière extrajudiciaire. Les photos des corps palestiniens consultées par les journalistes du Guardian montrent de nombreuses victimes les yeux bandés et les mains derrière le dos.
D’autres portaient les traces d’une corde nouée autour du cou. Les médecins légistes de l’hôpital Nasser de Khan Younes ont déclaré que les examens officiels indiquent clairement qu’Israël a commis des meurtres, des actes de tortures systématiques et des exécutions sommaires contre de nombreux Palestiniens. Le rapport médico-légal évoque des exécutions à bout portant et rapporte que certains corps ont été écrasés sous les chenilles des chars israéliens.
La plupart de ces atrocités ont été perpétrées dans la sinistre prison de Sde Teiman créée en plein désert du Neguev et réputée pour être le « cimetière » des prisonniers palestiniens qui y subissent toutes sortes de tortures. Dans cette antichambre de l’enfer sur terre, les humiliations, les passages à tabac et les traitements inhumains sont le lot réservé à des milliers de détenus palestiniens dont la plupart s’y trouvent depuis plusieurs années sans aucune forme de procès.
Les agressions sexuelles et les viols y sont également monnaie courante. Le journal arabophone londonien Al Qods al-Arabi vient de publier un article émouvant qui évoque le calvaire effroyable d’une prisonnière palestinienne. Mère de famille de son état et détenue de manière arbitraire sans aucune justification légale, la dame a déclaré avoir été victime d’un viol collectif à plusieurs reprises.
Dans la prison de Sde Teiman, les tortures et les sévices à caractère sexuel sont érigés en fait en système bien huilé. Une sinistre politique de la terreur et de l’horreur délibérément orchestrée par les responsables sionistes et pratiquée avec zèle par leurs sous fifres contre les détenus palestiniens dans le but évident de les briser moralement. Comble du sadisme et de la perversité, ces tortures impliquent l’utilisation par les bourreaux israéliens de chiens dressés pour les agressions sexuelles.
Lesquelles agressions, cerise sur le sinistre gâteau, sont même filmées et cataloguées, très certainement pour servir de moyens de pression et de persuasion sur les prochains prisonniers, et peut-être même plus « si affinités… ».
Ainsi donc, les dépouilles mortelles des prisonniers palestiniens ayant séjourné de leur vivant dans les geôles israéliennes racontent des histoires dignes d’un thriller. Elles font le récit d’une innommable cruauté et une insoutenable perversité. Celles d’un occupant sioniste dont les pratiques inhumaines ne sont pas sans rappeler en fait les crimes de masse perpétrés, de triste et sinistre mémoire, dans les goulags et autres camps de concentration.
Les rescapés palestiniens de l’enfer carcéral sioniste ne sont guère mieux lotis. Ils sont acculés à porter les séquelles des terribles souffrances morales et physiques endurées durant ces longues années de braise pour le restant de leur existence. C’est ainsi que l’entité sioniste a brisé, dans l’impunité la plus totale et le silence assourdissant de la communauté internationale, des milliers de vies palestiniennes.
Non contents de massacrer les prisonniers palestiniens sans avoir à rendre de compte à personne, les dirigeants israéliens viennent de pousser le cynisme à son paroxysme. Le Parlement israélien a approuvé en effet, lundi dernier, une proposition de loi de l’extrême droite taillée sur mesure pour s’appliquer aux Palestiniens.
Le texte propose, en effet, que «quiconque cause intentionnellement ou par indifférence la mort d’un citoyen israélien pour des motifs de racisme ou d’hostilité envers une communauté, et dans le but de nuire à l’Etat d’Israël et à la renaissance du peuple juif dans son pays, sera passible de la peine de mort».
Avec une telle formulation, vicieuse et pernicieuse, la peine de mort pourrait s’appliquer à un Palestinien qui tuerait un Israélien, mais en aucun cas à un Israélien qui tuerait un Palestinien. Pourquoi ? Pour la pure et simple raison qu’en Israël, on part du principe « qu’il n’y a pas de terroriste juif», comme le confirme d’ailleurs le député porteur du texte, Limor Son Har-Melech, dans un entretien au site Ynet.
Grâce à cette nouvelle loi, délibérément discriminatoire, le Premier ministre israélien Netanyahu et la clique extrémiste de son gouvernement se donnent en fait les moyens de poursuivre le génocide et le nettoyage ethnique dans les territoires occupés sous le couvert de la « légitimité ». Au mépris total du droit international et de toutes les valeurs communément admises…
C.B.
En amical à Londres : Le Brésil domine le Sénégal
Le Brésil, qui affrontera les Aigles de Carthage le 18 novembre courant à Lille, en France, s'est imposé (2-0) face au Sénégal, dans une rencontre amicale qui s'est déroulée, ce samedi, à l'Emirates Stadium à Londres.
Estevao Willian a ouvert la marque pour la Seleçao à la 28e minute, tandis que Casemiro a fait le break (35e).
Les Brésiliens mettent, ainsi, un terme à la belle série de 26 matches sans la moindre défaite pour les Lions de la Teranga.
Selon l’INM : Le mois d’octobre a été plus chaud que la normale
Le mois d’octobre 2025 a été plus chaud que la normale avec une anomalie de 0,4°c, selon un bulletin climatologique publié par l’Institut National de la Météorologie (INM) et consacré au mois d’octobre. La température moyenne nationale a atteint 22,2 °C, alors que la moyenne de référence pour les mêmes stations (26 stations principales) est de 21,8°C. Les températures maximales moyennes durant ce mois ont varié entre 21,5°c à Thala et 30,1°c à Tozeur et Kébili.
Quant à la température maximale moyenne nationale, elle a atteint 27,6 °c, supérieure à la moyenne de référence pour les mêmes stations qui est de 27,1°c avec une différence de + 0,5 °c.
Un déficit pluviométrique remarquable
S’agissant de la pluviométrie du même mois, elle a été caractérisée par une forte disparité régionale avec un déficit pluviométrique très remarquable de 80% au sud du pays. Un déficit de 60% a été enregistré au nord et au centre. Par conséquent, octobre 2025 est parmi les mois déficitaires et secs. Le nord du pays a cumulé dans ses dix stations météorologiques 234,4 mm, qui représente ainsi 38,5% de la normale pour les mêmes stations.
Au centre (7 stations), la pluviométrie a été déficitaire (au total 98,8 mm qui représente 41,6% de la normale). Les stations du sud, au nombre de 9 stations, ont cumulé 32,4 mm pour une normale de 178,5 mm (soit 18,2% de la normale).
Tabarka était la plus arrosée pendant ce mois mais son bilan reste toutefois déficitaire de 40%. Elle a cumulé 67,8 mm (alors que la normale est de 116,2 mm).
Mondial U17: Les Aiglons de Carthage éliminés par l’Autriche
L’aventure de la sélection nationale tunisienne de football des moins de 17 ans a pris fin puisqu’ils n'ont pas réussi à atteindre les huitièmes de finale de la Coupe du monde qui se déroule actuellement au Qatar et ce, après leur défaite (0-2) face à l'Autriche, en seizième.
Pourtant, les Tunisiens n’ont pas démérité face à un adversaire solide qui s’est illustré parmi les meilleurs au premier tour. Le score final ne reflète pas la physionomie du match puisque les Aiglons ont été appliqués et ont tout fait sans parvenir à marquer, manquant de réussite devant le but adverse et concédant deux buts lors des dix dernières minutes, signés Johannes Moser coup sur coup aux 83e (sur penalty) et 85e minutes.
Il y a lieu de rappeler que la Tunisie s'est qualifiée pour les seizièmes parmi les meilleurs troisièmes, suite à un succès (6-0) face aux Fidji et deux défaites (0-1) et (0-2) respectivement face à l'Argentine et à la Belgique au premier tour.
K.Z.
JCC 2025 : Les films tunisiens en compétition
La 36ème édition des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) qui se tiendra du 13 au 20 décembre a révélé la liste des films tunisiens sélectionnés dans la compétition officielle.
*Longs-métrages de fiction
« Where the Wind Comes From » de Amel Guellaty
« La voix de Hind Rajab » de Kaouther Ben Hania
« Promis Le Ciel » de Erige Sehiri
*Longs-métrages documentaires
« Le Para-dis » de Majdi Lakhdar
« Notre Semence » d’Anis Lassoued
« On The Hill » de Belhassen Handous
*Courts-métrages fiction et documentaire
« Le fardeau des ailes » de Rami Jarboui
« Sursis » de Walid Tayaa
« Tomates Maudites » de Marwa Tiba
Entreprises allemandes installées en Tunisie : L’administration et la douane pointées du doigt…
Par Hassan GHEDIRI
En surclassant l’Italie, l’Allemagne était devenue le deuxième investisseur étranger en Tunisie. L’administration et la douane restent toutefois deux entraves majeures auxquelles se heurtent les entreprises allemandes implantées dans notre pays…
Malgré les tensions géopolitiques qui se multiplient et les chocs économiques qui s’enchaînent dans le monde, l’on peut toujours estimer que la Tunisie a su préserver son statut de partenaire privilégié et destination incontournable pour les investisseurs européens. Courant ces deux dernières années, il y avait cependant un changement dans le peloton de tête des plus grands investisseurs.
Derrière une France indétrônable qui demeure le premier partenaire économique de la Tunisie, l’Italie, historiquement deuxième du podium, a cédé sa place à l’Allemagne qui affiche d’ailleurs de grandes ambitions d’investissements dans notre pays.
C’est en effet le constat qui se dégage de l’enquête annuelle réalisée par la chambre tuniso-allemande de l’industrie et du commerce (AHK Tunisie) sur la situation économique et les perspectives des sociétés allemandes en Tunisie. Dans cette nouvelle étude, l’AHK souligne que la Tunisie s’est affirmée comme un partenaire économique clé pour l’Allemagne en Afrique.
Durant 2024, et malgré une chute des exportations allemandes vers le continent, la Tunisie a tiré son épingle du jeu en attirant davantage d’IDE allemands qui ont été de l’ordre de 100 millions d’euros, soit un peu plus de 350 millions de dinars. Ces investissements ont permis la création de plus de 5 mille nouveaux postes d’emploi, principalement dans l’industrie.
Fortement intégrée aux chaînes de valeur industrielles allemandes, la Tunisie constitue, en effet, un site privilégié de délocalisation des industries de haute valeur ajoutée, comme la fabrication des composants électroniques, de câblages automobiles et de biens manufacturés. Et en fait, c’est, entre autres, grâce aux entreprises allemandes exportatrices que la Tunisie avait réalisé un excédent commercial de plus de 900 millions d’euros avec l’Allemagne.
Assainir le climat d’affaires
Par ailleurs, l’enquête de l’AHK a fait ressortir que les entreprises à participation allemande implantées en Tunisie dressent un bilan grosso-modo positif et affichent des perspectives plutôt prometteuses, mais non sans exprimer certaines réserves qui tendent à réduire les ambitions.
Et pour cause, les contraintes d’ordres réglementaire et fiscal. Selon les témoignages des investisseurs allemands installés en Tunisie et rapportés par l’AHK, beaucoup de choses restent à faire, notamment en ce qui concerne les procédures administratives et douanières.
Contrairement aux objectifs affichés par le gouvernement qui prétend multiplier les réformes en vue d’assainir le climat d’affaires et augmenter l’attractivité du site Tunisie, les investisseurs allemands expriment un grand mécontentement à l’égard de l’administration et la douane avec lesquelles les rapports ont tendance à devenir plus compliqués d’une année à l’autre.
Ainsi, les défis liés aux procédures administratives, aux contraintes douanières et autres exigences imposées par la Banque centrale de Tunisie, en ce qui concerne le transfert de devises, ont pris une ampleur plus importante en 2025 par rapport à 2024, d’après l’appréciation des investisseurs allemands. Pour ce qui est de l’année 2026, les entreprises interviewées par l’enquête font montre d’un optimisme prudent.
La moitié d’entre elles n’envisagent aucun plan d’embauche pour l’année 2026, tandis que 10% des entreprises prévoient de réduire leurs effectifs contre 40% qui comptent créer de nouveaux emplois.
H.G.
Adieu Radhia Ziedi et repose en paix…
C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de notre chère collègue, Radhia Ziedi, épouse de notre ami Mohamed Abbou, et même s’il est très difficile pour nous, tes collègues, à Dar Anwar d’apprendre cette triste nouvelle en ce jour si noir, et malgré la tristesse, il est tellement important de se rappeler quelle grande journaliste tu étais. Si talentueuse et si dévouée que tes articles ayant meublé les pages du journal Al Chourouk pendant des années et des années sont toujours présents dans notre mémoire.
Radhia a été une journaliste consciencieuse, travailleuse et efficace pendant de nombreuses années à Al Chourouk. Elle a fait preuve d’une remarquable rigueur et en même temps d’un esprit critique aiguisé, si peu répandu aujourd’hui. Elle n’a cessé de se former pour être à la hauteur des exigences et mutations de sa profession.
Nous gardons d’elle, le souvenir d’une consœur sérieuse, férue de politique et discrète. Elle était toujours prête à transmettre et à aider les jeunes journalistes.
Adieu a Radhia et repose en paix…
Biens confisqués de l’ancien régime : Vol au-dessus d’un nid de corrompus…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le débat est toujours houleux lorsqu’on évoque le dossier des biens confisqués. En cause, la mauvaise gestion de ces biens. Comment remettre de l’ordre dans ce dossier ?
Intervenant jeudi dernier lors de l’examen du budget du ministère des Domaines de l’État et des Affaires foncières, la députée Sonia Ben Mabrouk a revendiqué la publication d’un rapport annuel détaillé concernant le dossier des biens confisqués, incluant des données chiffrées et une liste complète des biens immobiliers concernés.
La députée a également appelé à plus de transparence dans la gestion de ces biens, qualifiant ce dossier de «symbole de blocage et de lenteur administrative », « Bien que le président de la République, Kaïs Saïed, ait insisté à plusieurs reprises sur la nécessité d’accélérer le traitement de ce dossier et d’y accorder davantage de sérieux, un flou total plane toujours sur la gestion de ces biens », nous dira l’expert en économie et en finance, Mohamed Salah Jennadi.
Et d’ajouter : « Selon la Commission de confiscation relevant du ministère des Domaines de l’État et des Affaires foncières, 2.857 décisions de confiscation ont été réalisées depuis 2011. Malheureusement, on ignore toujours le sort de ces décisions. Cela laisse entendre que des dépassements et des abus ont été commis par les responsables de la gestion de ces biens confisqués.
Même le ministère des Finances avait reconnu en 2020 que la cadence de cession de ces biens durant les premières années post-révolution a été en deçà des prévisions et ce pour des considérations objectives et des complications logistiques, juridiques et procédurales »
Jennadi a, par ailleurs, rappelé que le limogeage de l’ancienne ministre des Finances a un lien avec la mauvaise gestion de ce dossier, d’autant que le chef de l’Etat avait déclaré, lors de sa dernière visite à ce département : « Nous sommes toujours au point mort après 14 ans, et ceci est inacceptable. Le peuple doit récupérer ses fonds pillés ». Comment, justement, remettre de l’ordre dans ce dossier ?
Projet de loi…
Pour l’expert Mohamed Salah Jennadi : « Le système mis en place depuis 2011 pour gérer les biens confisqués est complexe et inefficace. Ce dispositif s'articule autour de plusieurs structures clés. Tout d'abord, le Comité de confiscation, créé en 2011, a joué un rôle central, en adoptant 1 864 décisions de confiscation jusqu'à fin 2015.
Ensuite, la société Al Karama Holding a été établie pour gérer les participations confisquées dans 62 entreprises, assurant ainsi la gestion et la valorisation de ces actifs. Par ailleurs, le Comité national pour la récupération des fonds à l'étranger a été initialement créé, puis dissous en 2015, avant d'être remplacé, en 2020, par un comité spécial, placé sous l'égide de la présidence, soulignant l'importance politique de cette mission.
Enfin, le Comité national de gestion des biens confisqués a été institué pour encadrer l'administration et la cessions des actifs saisis, garantissant ainsi une gestion rigoureuse et transparente de ces biens. L'ensemble de ces structures témoigne de la volonté des autorités tunisiennes de récupérer les biens mal acquis et de les réintégrer dans le patrimoine national.
Malheureusement, tous ces organismes ont échoué dans leur mission. Le nouveau projet de loi qui est actuellement en cours d’élaboration doit avoir pour objectif d’unifier le travail des commissions de confiscation et identifier un traitement efficace du système de confiscation et de gestion des biens acquis».
Pour rappel, la cession de participations de l'État a généré des revenus substantiels (2,26 milliards de dinars). Cependant, la récupération des fonds détournés à l'étranger reste un défi majeur. Seulement 28,8 millions de dollars ont été rapatriés, un montant dérisoire comparé aux estimations de 20 à 23 milliards de dollars placés dans divers pays, notamment en Suisse, en France, au Canada et au Luxembourg.
M.B.S.M.
EnviroFest Tunisia : Des films pour respirer, réfléchir et agir…
Par Imen Abderrahmani
De retour à Tunis suite une belle tournée dans quelques villes tunisiennes, EnviroFest Tunisia s’ouvre ce soir, à la Cité de la culture, avec la projection de « Ocean with David Attenborough »… Détails.
Les images peuvent-il sauver la planète ? Ces récits récoltés d’ici et là peuvent-ils être inspirants pour les générations futurs ? Le cinéma a –t-il ce pouvoir de changer le monde ? Même si le changement n’est pas immédiat et très souvent invisible, le cinéma peut aider à une meilleure prise de conscience des enjeux environnementaux et écologiques aujourd’hui à travers des récits engageants abordant la pollution des océans, la déforestation ou les effets du réchauffement climatique… Le cinéma, qu’il s'agisse de documentaires ou de fictions, peut exposer des réalités invisibles ou ignorées du grand public et relancer le débat sur la responsabilité individuelle et collective.
EnviroFest Tunisia, le festival du film environnemental de Tunisie, a tenté depuis sa création d’aider à éveiller les consciences, présentant à chaque édition une sélection de films racontant la planète dans tous ses états.
Après quelques escales à La Marsa, Aïn Draham et Sfax, le festival fait son come-back à Tunis et à la Cité de la culture, proposant pour sa soirée d’ouverture, aujourd’hui à 18h00, « Ocean with David Attenborough ».
Sorti en salles en mai 2025 pour marquer le 99e anniversaire d'Attenborough, ce célèbre naturaliste britannique, le film invite le spectateur à découvrir la beauté et la fragilité de nos océans et le rôle fondamental du grand bleu dans la survie de la planète. Le festival, qui mêle cinéma, écologie et citoyenneté, proposera également une série de projections et d’activités visant à sensibiliser le public aux enjeux environnementaux mondiaux et à inspirer des actions concrètes pour la planète.
Des récits d’ici et d’ailleurs
Le festival poursuivra sa mission avec une sélection variée de films. Petits et grands sont conviés à découvrir « La Tortue rouge » de Michael Dudok de Wit (France, Belgique, Japon), une fable animée qui explore la relation fragile entre l’homme et la nature sur une île déserte, « La Rivière » de Dominique Marchais (France), un documentaire poignant qui raconte la lutte de communautés pour préserver leurs rivières face à l’industrialisation et à la pollution, « Les Enfants de Fatma » de Abdelhamid Bouchnak (Tunisie), un court-métrage qui interroge la gestion des ressources en eau en Tunisie et les défis écologiques locaux, « Seeds » de Fathia Kedhir (Tunisie), un moyen-métrage documentaire qui présente la transition vers une agriculture durable et respectueuse de l’environnement.
« Mars Express » de Jérémie Périn (France), « The Last Tourist » de Tyson Sadler (Canada/USA) et « Sparschwein » de Christoph Schwarz (Autriche) sont également au menu de cette édition. Le tourisme responsable, l’industrialisation pollluante, la consommation, le gaspillage alimentaire, l’économie circulaire tant de questions qui sont abordées à travers cette sélection où chaque film présente un angle unique, qu’il soit artistique, scientifique ou sociétal, pour inviter le spectateur à réfléchir sur ses propres comportements et sur les changements nécessaires pour un avenir plus respectueux de la planète.
Rendez-vous au Village Éco-responsable…
En parallèle des projections, EnviroFest Tunisia proposera un Village écoresponsable aujourd’hui et demain de 11h00 à 18h00. Ce lieu d’échanges et d’apprentissage interactif sera l’occasion pour le public de découvrir des solutions concrètes et des initiatives locales pour protéger l’environnement. Les visiteurs pourront y participer à des ateliers pratiques sur l’upcycling, l’éco-design, la gestion des déchets et l'économie circulaire. Des animations interactives et des expériences éco-innovantes seront également proposées pour sensibiliser les participants à l’importance de repenser leur manière de consommer et de vivre au quotidien.
Le festival mettra également en avant des dégustations de produits- bio et du terroir, permettant de promouvoir les circuits courts et les pratiques alimentaires durables. Un programme EnviroFest Kids rythmera le festival, proposant des ateliers ludiques pour initier les enfants au tri sélectif, au recyclage des plastiques et à la réduction des déchets, afin de sensibiliser la future génération aux enjeux écologiques.
Parmi ces activités nous citons, « La fresque du numérique », prévue aujourd’hui de 14h00 à 16h30, et qui invite les participants à une expérience collaborative pour découvrir les enjeux écologiques liés à la production et à l’usage des équipements numériques. Animé par Nadia Souissi et Nadia Lamloum de l’Association Tunisienne des Femmes Ingénieurs (ATFI), cet atelier permettra aux participants de réfléchir sur des actions concrètes à mettre en place pour limiter l’empreinte écologique du numérique.
La bédéiste engagée Nada Dagdoug sera également présente aujourd’hui, entre 14 et 15h00, au stand de Livox pour dédicacer « Yeza », une BD destinée à la jeunesse traitant des questions écologiques et principalement du recyclage et de la gestion des déchets. Cette BD permet aussi de découvrir des beaux endroits de la Tunisie comme Bizerte, Ras Jbel, Rafraf grâce aux excursions du personnage principal éponyme.
Imen.A.
Éditorial : Les murs de la honte - Par Jalel HAMROUNI
L’entité sioniste a érigé des murs de séparation dans la région de Yaroun, rendant inaccessibles plus de 4 000 mètres carrés de territoire libanais aux habitants, constituant des violations de la résolution 1701 du Conseil de sécurité ainsi que de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban. C’est ce qu’a révélé la Force intérimaire des Nations unies au Liban, FINUL.
Il s’agit, en fait, d’un acte d’une gravité extrême qui dépasse le simple geste militaire ponctuel. Elle s’inscrit dans une logique bien plus large: une stratégie de modification unilatérale des frontières, d’imposition du fait accompli et de grignotage territorial méthodique, menée par l’entité sioniste depuis des décennies. Cette politique, déjà observée en Cisjordanie, s’étend aujourd’hui de manière inquiétante aux confins du Liban-Sud, en pleine période de tensions régionales exacerbées.
Le Liban, empêtré dans une crise politique et économique sans précédent, se retrouve une fois de plus confronté aux velléités expansionnistes d’un voisin qui ignore ouvertement les résolutions internationales. La Résolution 1701 du Conseil de sécurité, adoptée à l’issue de la guerre de 2006, impose clairement le respect de la Ligne bleue et interdit toute modification unilatérale du statu quo à la frontière.
Or, la construction de ces murs, infrastructures permanentes et lourdes, revient précisément à redessiner cette ligne selon les intérêts de l’armée sioniste, au mépris du droit international et de la souveraineté du Liban.
À Yaroun, comme ailleurs dans le Sud, les populations vivent déjà sous la menace constante des survols, des incursions et des intimidations sionistes répétées. Ajouter à cela une infrastructure physique qui entaille leurs terres, qui empiète sur les propriétés privées et qui transforme des zones rurales en espaces militarisés, revient à imposer une pression psychologique supplémentaire à des communautés qui n’ont jamais réellement connu la paix. Pour les habitants, ces murs ne sont pas de simples « mesures de sécurité ».
Ils incarnent une tentative claire d’appropriation progressive du territoire. L’argument sécuritaire avancé systématiquement par les sionistes ne tient pas lorsqu’il se traduit par des modifications permanentes et unilatérales de frontières reconnues internationalement. La sécurité d’un État ne peut être assurée en violant la souveraineté d’un autre.
Au contraire, ce type d’action ne fait qu’alimenter les tensions, nourrir le ressentiment et créer les conditions d’une escalade future. En érigeant ces murs, Israël ne crée pas des frontières, mais des foyers potentiels d’affrontement.
Ce qui se produit à Yaroun est également le symptôme d’un déséquilibre plus large : celui de la faiblesse des mécanismes internationaux censés protéger les États les plus vulnérables. La FINUL, bien qu’elle joue un rôle important d’interposition et de surveillance, se retrouve souvent impuissante face aux violations répétées de l’entité sioniste.
Ses rapports détaillent régulièrement les incursions terrestres et aériennes, mais la communauté internationale, absorbée par d’autres crises internationales, réagit rarement avec la fermeté nécessaire. Ce silence, ou du moins cette timidité, encourage de facto la poursuite de ces actions violant ouvertement le droit.
Le Liban, de son côté, ne dispose ni de la stabilité interne, ni des institutions solides nécessaires pour répondre efficacement à ces provocations.
Mais cela ne rend pas ses droits moins légitimes ni ses frontières moins sacrées. La souveraineté d’un pays ne varie pas en fonction de sa puissance. Les principes fondamentaux du droit international doivent s’appliquer à tous les États, sans exception.
Il est essentiel que les pays arabes, et plus largement les acteurs internationaux qui affirment défendre le respect des frontières et de la souveraineté nationale dans d’autres contextes, adoptent une position claire et ferme. L’enjeu dépasse largement l’incident de Yaroun : il concerne l’intégrité territoriale d’un État dont les institutions ont déjà été fragilisées par des décennies de conflits, de crises et de pressions extérieures. Il concerne aussi la crédibilité même des résolutions internationales, constamment bafouées par l’entité sioniste.
La multiplication des murs, dans un monde où l’on prétend œuvrer à l’ouverture, à la coopération et à la stabilité, révèle une contradiction profonde. Les murs ne règlent rien : ils enferment, ils divisent, ils créent des blessures géopolitiques qui mettent des décennies à cicatriser. À Yaroun, comme ailleurs, ils symbolisent un déséquilibre de force, une tentative d’imposer une réalité non négociée.
Il est urgent que cette violation ne passe pas sous silence. Il est tout aussi urgent de rappeler qu’aucune sécurité durable ne peut être construite sur la confiscation progressive des terres et le mépris du droit. Le Liban a le droit, comme tout autre pays, à des frontières respectées, à une souveraineté intacte et à une paix authentique, non dictée par la force mais garantie par la justice.
J.H.
Justice : Report de l’examen de l’affaire Abir Moussi au 5 décembre
La chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a décidé de reporter au 5 décembre l’examen de l’affaire visant la présidente du Parti destourien libre, Abir Moussi, pour les plaidoiries.
Abir Moussi, détenue, a comparu ce vendredi 14 novembre 2025 devant la cour, aux côtés d'une responsable du parti Meriem Sassi, laissée en liberté, dans le cadre de l’affaire liée au bureau d’ordre de la présidence de la République.
















