Ligue des champions : L'Espérance s'envole jeudi pour Luanda: objectif: récupérer les points perdus à Tunis
Par Jamel Belhassen
L'ambiance au Parc B n'est pas au beau fixe après la parité frustrante enregistrée à Rades face au Stade Malien. La colère du public Sang et Or a été remarquable au couo de sifflet final. Pourtant l'équipe a réussi une belle prestation et il n'a manqué que les buts face à des Maliens qui ont opté pour la défense durant toute la partie.
Les choses étant ce qu'elles, il appartient aujourd'hui aux Sang et Or d'aller en Angola défier Petro Atletico dans son antre et chercher une victoire qui leur permettra de récupérer les poins perdus à Tunis. Tâche ardue pour les équipiers de Meriah surtout que les Angolais venaient de s'imposer au cours du match de la première journée en déplacement en Tanzanie face à Simba.
En tout cas, l'Espérance n'a pas d'autre choix si elle veux bien aller loin dans cette joute continentale qui lui tient à cœur. Il est vrai que l'absence pour blessure des Toughai, Keita, Blaili et Sasse est pesante mais les Boualia, Konate, Danoh, Ben Hamida et autres Jebali, Tka et Ogbelu ont assez de métier pour se racheter aux yeux de leur large public.
La balle est dans leur camp. Dans celui de Maher Kanzari aussi, lui qui fait l'objet de beaucoup de critiques ces dermers temps dans les rangs des supporters. A rappeler que la délégation de l'Espérance s'envolera pour Luanda, ce jeudi, à bord d'un vol special et que le match face à Petro est programmé pour samedi.
J.B.
Editorial : Quand l’indifférence s’installe - Par Hassan GHEDIRI
Il n’y a que la vérité qui blesse. Et la vérité au sujet de la propreté, c’est que notre pays est très sale. Ceux qui habitent la capitale affirmeront sans détour que c’était plus propre par le passé mais l’état actuel de désolation n’est pas seulement l’apanage des quartiers de Tunis et ses banlieues. Partout, dans quasiment toutes les villes, le constat est le même avec d’un côté les services de propreté qui semblent avoir disparu de la circulation mais qui sont quand même montrés du doigt, et de l’autre côté des riverains qui se plaignent.
Et dans l’absolu rien ne change. Nous vivons une dégradation sans précédent de la propreté dans notre pays et le grand danger c’est cette étrange attitude d’accepter la situation et cohabiter avec la saleté.
A voir la passivité avec laquelle beaucoup de gens réagissent face à l’amoncellement des déchets dans tous les coins de rue l’on se résigne à l’idée que la propreté urbaine n’est plus une condition essentielle de santé publique et du bien-être citoyen mais elle est devenue un luxe de moins en moins inaccessible aux Tunisiens.
Le vrai problème de la propreté, c’est le vivre-ensemble. Résultat des incivilités, le phénomène est le reflet d’un vivre-ensemble qui ne fonctionne pas. Si vous êtes à l’extérieur et que vous ne vous comportez pas comme chez vous, cela signifie tout simplement que vous ne respectez pas le droit des autres à vivre dans un milieu propre. Normalement, l’on ne peut pas obliger les gens à être propres uniquement par la répression.
Il faut d’abord agir pour leur faire prendre conscience que la propreté est essentielle tant pour eux que pour les autres. Changer la conscience collective tend toutefois à être un processus long et très complexe parce qu’il nécessite une transformation radicale des habitudes et des normes partagées par les citoyens. Bref, c’est une action qui s’étale sur des générations.
Sauf qu’au train où vont actuellement les choses, miser sur un changement des mentalités pour rendre la Tunisie plus propre serait complètement ridicule. Les ordures qui puent et qui nous étouffent ne peuvent pas être une fatalité, et c’est aux pouvoirs publics d’agir avec la plus grande fermeté avec des mesures radicales pour se débarrasser une fois pour toute de cette saleté et pour responsabiliser les gens.
Le problème des déchets en Tunisie soulève, en effet, un grand paradoxe, car en face d’un mécontentement général, tout le monde manque à ses devoirs. Il n’y a point une seule partie qui endosse, seule, la responsabilité de la propreté parce que l’hygiène est la responsabilité de tout un chacun. Il relève cependant des prérogatives et des obligations des pouvoirs publics, et donc de l’Etat, de garantir le respect des règles et d’infliger les sanctions dissuasives à l’encontre de ceux qui les transgressent.
Il existe en Tunisie un arsenal juridique dissuasif qui encadre la gestion et l’élimination des déchets mais qui n’est pas en mesure de mettre fin aux atteintes. Dans les villes, c’est l’autorité locale, en l’occurrence la mairie, qui est censée remplir cette mission.
Les maires se sont toutefois vues déposséder de leur pouvoir par la décision présidentielle de dissoudre les conseils municipaux. Aucune alternative n’a été adaptée, ni des ressources déployées dans la foulée pour combler ces insuffisances.
La mauvaise gestion du problème des ordures fait honte et reflète une profonde crise du vivre-ensemble qui, selon certains pessimistes, semble irréversible et irréparable.
Cette banalisation flagrante de la saleté n’est en effet que le symptôme visible d’un dysfonctionnement plus profond de la société tunisienne. L’on est malheureusement en face d’un laisser-aller généralisé qui traduit une rupture silencieuse entre les citoyens et les institutions.
H.G.
Coupe arabe : La Tunisie connaîtra aujourd'hui deux adversaires du premier tour
Par Jamel Belhassen
La sélection tunisienne s'envolera jeudi au Qatar à bord d'un vol régulier pour y participer à la coupe arabe des nations. Seulement, la délégation ne comportera que six joueurs uniquement. Le reste du groupe rejoindra directement Doha en petits groupes d'une manière progressive. Les joueurs de l'Espérance, au nombre de sept, engagés en ligue des champions ce samedi en Angola, seront sur place lundi prochain.
Quelques autres éléments comme Gharbi ou Mastouri sauteront aussi le premier match. Aujourd'hui, la Tunisie connaîtra les noms des deux autres nations du groupe A après les deux matches barrages qui opposeront d'un côté la Syrie au Sud du Soudan et La Palestine à la Libye d'un autre La quatrième nations du groupe étant le Qatar.
Autrement dit, la préparation à cette joute arabe n'est pas optimale dans la mesure où Sami Trabelsi n'aura pas à sa disposition un effectif au complet, notamment pour la première rencontre
J.B.
Journées théâtrales de Carthage : Une rencontre de géants, entre hommages et nouveaux Horizons
Par Imen Abderrahmani
Qu’est-ce que le théâtre et pourquoi continue-t-il d’être nécessaire ? Cette question, au cœur de la nouvelle édition des Journées théâtrales de Carthage, trouve un écho puissant dès l’ouverture du festival et se prolonge à travers l’ensemble de la programmation, jusqu’au volet « Le théâtre de la liberté ».
Le théâtre, selon Artaud, est un art qui révèle l’invisible, un miroir où se dévoilent des vérités profondes. Pour Brook, il devient l’espace d’une rencontre intime, où l’émotion et l’idée se partagent. Ionesco y voit un affrontement avec le vide de l’existence, tandis que Wilson parle de vérité en action, où les personnages deviennent des témoins de leur monde. Vilar, lui, le perçoit comme un miroir de la société, une scène où s’exposent les fractures humaines. Entre poésie et rébellion, le théâtre est ce lieu où l’âme se confronte à sa réalité, où l’individu et la collectivité se rencontrent dans un tourbillon d’émotions et de réflexions.
Qu’est-ce que le théâtre ? Bien que cette question suscite un débat riche et ouvert, la plupart des artistes s'accordent sur l'idée d'un théâtre de résistance, de réflexion et d'éveil, qui interroge une multitude de sujets, allant du social au politique, de l’esthétique à l’écologie, et même à l’économie.
Avec ce bouquet de spectacles que proposent les JTC, cette question trouve un écho dans les différentes sections, à commencer par la cérémonie d’ouverture où le théâtre devient synonyme de reconnaissance, de mémoire, de relève… Ils ont été nombreux à défiler sur la scène du Théâtre de l’Opéra (Cité de la culture), le samedi soir, pour recevoir un Tanit d’honneur pour l’ensemble de leurs carrières, pour des années vouées au 4ème art, pour leur esprit de partage et pour des contributions qui ont marqué les esprits et qui ont aidé au développement de la pratique théâtrale. Ainsi, Dans un élan de mémoire et de reconnaissance, les Journées théâtrales de Carthage ont rendu hommage, cette année, à des figures emblématiques du théâtre qui nous ont quittés, des créateurs dont l’œuvre a marqué l’histoire de la scène arabe et tunisienne. Fethi Haddoui, Anouar Chaafi, Mohamed Fadhel Jaziri, Fraj Chouchane, Ahmed Hadhek El Orf, Abir Jebali, Salah Bourjini, Amara Melliti, Mokhtar Mlayeh, Mohamed Ali Belhareth et Taoufik Hammami ont été salués pour leur créativité et leur engagement, ayant tous contribué à enrichir la scène théâtrale avec des vies nourries de passion et de travail.
Dans la même lignée, la cérémonie a également honoré ceux qui continuent d’enrichir le théâtre arabe, africain et tunisien : Latifa Ahrar (Maroc), Imed Mohsen Ali Chanfari (Sultanat d’Oman), Abderrahman Kamaté (Côte d’Ivoire), ainsi que des figures tunisiennes comme Slim Sanhaji,Ali Khémiri, Leila Rezgui, Fathi Akkari, Lazhar Sebaï et Hédi Boumiïza. Ce dernier, qui a été particulièrement salué, incarne un symbole de la technique théâtrale tunisienne, à qui le directeur Mohamed Mounir Argui a rendu hommage en saluant aussi les techniciens qui, dans l’ombre, assurent la réussite des JTC. Un hommage à la fois émouvant et porteur d’un message de continuité pour un théâtre toujours vivant, riche de ses héritages et de ses générations.
La rencontre des géants
Le choix de « Rêve(s)… Une comédie noire » de Fadhel Jaïbi et Jalila Baccar s’impose comme un coup de maître et un message fort de la part du Comité directeur des Journées théâtrales de Carthage. En mettant en lumière cette création tunisienne, le festival rend hommage à un duo qui a profondément marqué la scène artistique, tant en Tunisie que dans le monde arabe. Jaïbi et Baccar ne sont pas seulement des créateurs, mais véritables pionniers qui ont su fonder une école théâtrale, alliant rigueur artistique et engagement social, et dont l’œuvre continue d’inspirer et de faire réfléchir les nouvelles générations. Jouée à guichets fermés, l’œuvre sera certes l’événement de cette saison culturelle.
Le deuxième grand moment d'une ouverture qui restera gravée dans les mémoires a été sans conteste ce « Roi Lear » égyptien, porté par le talentueux Yahia Fakharani, qui a enchanté le public du Théâtre de l'Opéra lors de cette unique représentation de trois heures. Malgré une vague de froid, les spectateurs, impatients de découvrir cet artiste légendaire, ont répondu présents, fascinés par un acteur de plus de 80 ans qui continue de briller sur les planches et de ravir les amateurs de théâtre. La salle, d'une capacité de 1 200 places, a affiché complet, témoignant de l'engouement et de l'admiration que suscite Fakharani dans le public tunisien. Longuement applaudi par le public, l’artiste a été récompensé par un Tanit d’honneur en reconnaissance de l’ensemble de sa carrière.
Les deux spectacles d’ouverture ont offert une véritable leçon, tant sur le plan théâtral qu’humain, en incarnant avec passion et dévouement l’essence même de la création artistique. Chaque performance a été un témoignage vivant de l'engagement des artistes, qui ont su mêler maîtrise technique et émotion brute pour toucher le cœur du public, tout en célébrant la puissance du théâtre comme vecteur de réflexion, de résistance et de lien humain.
Imen.A.
Journées théâtrales de Carthage 2025 : Prix Salah Al Qassab attribué à l’homme de théâtre tunisien Fadhel Jaïbi
Comme le veut la tradition, le prix Salah Al-Qassab sera décerné dans le cadre des Journées théâtrales de Carthage (JTC), cet événement phare qui célèbre le théâtre arabe. Décerné exclusivement aux artistes arabes, ce prix trouve dans les JTC l’occasion idéale pour célébrer les parcours insolites de nombreux artistes.
Pour cette année, le prix a été attribué à l’homme de théâtre tunisien, à une vraie école dans la mise en scène, l’artiste Fadhel Jaïbi. La cérémonie de remise du prix est prévue le 28 novembre, à 10h00 à l’hôtel Africa, en présence également des professionnels arabes et des médias. Le prix lui a été décerné en reconnaissance de son parcours exceptionnel et de son apport majeur à la transformation du théâtre tunisien et arabe.
Plus qu’un simple hommage, ce prix est une célébration de toute une carrière vouée au 4ème art, depuis ses débuts au Théâtre du Sud à Gafsa jusqu’aujourd’hui. Un parcours exceptionnel de plus de quarante ans marqué par de nombreuses collaborations avec des figures incontournables du théâtre, telles que Fadhel Jaziri, Jalila Baccar et Mohamed Idriss. Sa dernière création, la pièce « Rêve(s)… Une comédie noire », témoigne de son engagement continu pour un théâtre novateur, à la fois audacieux et profondément ancré dans les réalités contemporaines.
Figure incontournable du théâtre arabe, Dr Salah Kassab (1945), cette école théâtrale irakienne, a marqué de son empreinte le paysage culturel avec une œuvre riche, allant des pièces classiques aux écrits académiques. Ancien directeur de la Faculté des Arts de Bagdad, il a formé de nombreux artistes irakiens et a également pratiqué les arts plastiques, avec plusieurs expositions à Bagdad et à l’international.
Pionnier du théâtre de l’image, il a présidé de prestigieux jurys de festivals, dont celui des Journées Théâtrales de Carthage (JTC), qu’il soutient depuis plus de quarante ans. Et c’est au cœur de ce festival qu’il suit depuis des longues qu’il a choisi d’annoncer son prix annuel, convaincu de l’impact de cette manifestation dans la promotion de la modernité et de la réflexion dans le théâtre arabe.
Il est ainsi à rappeler que ce prix a été attribué auparavant à d’autres artistes tunisiens de renom tels que Mouna Noureddine et Moncef Sayem.
L’attribution de ce prix à Fadhel Jaïbi, cet artiste emblématique de la scène artistique tunisienne et arabe est une nouvelle reconnaissance à ce metteur en scène dont l’œuvre continue de nourrir la réflexion sur les enjeux sociaux, politiques et culturels de notre époque, tout en enrichissant le catalogue théâtral tunisien et arabe.
Imen Abderrahmani
L’ATB inaugure sa nouvelle agence au Mall of Sfax : un nouvel espace au service de la proximité et de l’innovation
L’Arab Tunisian Bank (ATB) renforce sa présence dans le Sud avec l’inauguration officielle de sa nouvelle agence au Mall of Sfax, un emplacement stratégique au cœur du plus grand centre commercial de la région.
Cette ouverture s’inscrit dans la stratégie de développement du réseau ATB, qui vise à offrir à sa clientèle des espaces modernes et adaptés à leurs nouveaux besoins. Pour rappel, cette nouvelle implantation fait suite au transfert de l’ agence Sakiet Ezzit vers un emplacement plus moderne et amélioré, doté d’un espace Libre-service dans le but de mieux servir ses clients.
L’agence du Mall of Sfax reflète cette ambition : un environnement accueillant, un design contemporain et des services alliant proximité humaine et innovation digitale.
Lors de la cérémonie d’inauguration, M. Hajjej, Directeur Général de l’ATB, a déclaré: « Cette nouvelle agence incarne notre volonté d’être toujours plus proches de nos clients, tout en leur offrant une expérience bancaire moderne et fluide. Cette relocalisation stratégique vise à offrir un cadre plus confortable et un service optimisé à notre clientèle de la région. Le Mall of Sfax est un lieu de vie et de rencontre, et nous souhaitons que notre agence y devienne un espace de confiance, de conseil et de service. »
Avec cette ouverture, l’ATB poursuit le déploiement de son plan de modernisation du réseau, conjuguant digitalisation et ancrage territorial.
L’agence Mall of Sfax permettra d’accompagner nos clients particuliers, professionnels et entreprises de la région, en mettant à leur disposition l’ensemble des solutions bancaires ATB.
Selon Forbes : Ronaldo en tête du Top 10 des joueurs les mieux payés
Selon les chiffres de Forbes, les dix footballeurs les mieux rémunérés en 2025, sont comme suit :
Cristiano Ronaldo (Al Nassr) : 280 M$ (239 M€)
Lionel Messi (Inter Miami) : 130 M$ (111 M€)
Karim Benzema (Al Ittihad) : 104 M$ (89 M€)
Kylian Mbappé (Real Madrid) : 95 M$ (81 M€)
Erling Haaland (Manchester City) : 80 M$ (68 M€)
Vinicius Jr (Real Madrid) : 60 M$ (51 M€)
Mohamed Salah (Liverpool) : 55 M$ (47 M€)
Sadio Mané (Al Nassr) : 54 M$ (46 M€)
Jude Bellingham (Real Madrid) : 44 M$ (38 M€)
Lamine Yamal (FC Barcelona) : 43 M$ (37 M€)
Comme on le constate, le classement confirme le volet économique titanesque du monde de football dans les cinq plus grands championnats européens, au Golfe et en MLS, où image de marque, droits commerciaux et contrats premium atteignent désormais des sommets inédits.
« Le Roi Lear » : Une ouverture en majesté de la 26ème édition des Journées théâtrales de Carthage
Le Théâtre de l’Opéra de Tunis a donné, samedi soir, le coup d’envoi de la 26ᵉ édition des Journées théâtrales de Carthage (JTC) en dévoilant la première tunisienne de « Le Roi Lear », événement marquant le retour très attendu du géant du théâtre arabe, Yahia Fakharani. À 80 ans, l’acteur égyptien reprend l’un de ses rôles les plus mémorables, qu’il n’avait plus incarné sur scène depuis vingt ans, dans l’une des tragédies les plus profondes de Shakespeare.
Mis en scène par Shady Sorour, le spectacle mêle puissance visuelle, profondeur psychologique et esthétique contemporaine. Le choix d’ouvrir les JTC — placées sous le slogan « Le théâtre, une conscience et un changement. Le théâtre, le cœur battant de la rue » — par ce monument shakespearien a réuni sur scène artistes tunisiens et égyptiens, scellant une collaboration artistique d’une grande richesse.
À la sortie de scène, Yahia Fakharani n’a pas caché son émotion : « Je suis heureux de me présenter en Tunisie… Qui dit culture dit Tunisie. »
Le public lui a réservé une longue ovation, en écho à son lien ancien avec le pays, où il avait reçu en 1984 le Tanit d’argent des Journées cinématographiques de Carthage pour « Porté disparu » de Mohamed Khan.
En hommage à sa carrière exceptionnelle, les JTC lui ont décerné le Tanit d’or honorifique, remis par le directeur artistique et homme de théâtre Mounir Argui.
Sublime
Interprétée en arabe littéraire, la pièce s’enrichit de la musicalité de l’accent égyptien, familier au public tunisien grâce à des décennies de cinéma et de séries. Cette sonorité confère une élégance particulière aux dialogues, renforce la densité émotionnelle de la tragédie et rend l’univers de Shakespeare accessible dans une vibration nouvelle.
Avec une mise en scène nourrie de projections, de fresques visuelles et de séquences chorégraphiées, Shady Sorour propose une lecture énergique et sensible de la chute de Lear.
La production bénéficie de la participation d’une équipe tunisienne de seize danseurs et chorégraphes, sélectionnés quelques jours avant la première. Parmi eux, Rayen Fatnassi et Ahmed Grindi, habitués du Théâtre de l’Opéra, ont confié avoir travaillé quotidiennement pour donner vie aux scènes de bataille, de foule, aux rôles secondaires de soldats, princes et princesses.
Au centre de cette architecture scénique, Fakharani incarne un Lear d’une grande humanité, un roi dont la majesté se fissure sous le poids des trahisons et des choix malheureux. Il évolue aux côtés d’un casting égyptien prestigieux : Tarek Desouki, Hassan Youssef, Ahmed Othman, Tamer El-Kachef, Amal Abdallah, Iman Ragai, Basma Douidar, Tarek Sharaf, Mohamed Azaizi, Adel Khalaf et Mohamed Hassan.
Lear, une œuvre intemporelle
Écrite entre 1603 et 1606, la tragédie de Shakespeare retrace la descente aux enfers d’un roi qui choisit de diviser son royaume selon l’amour proclamé par ses filles. Ingratitude, clairvoyance tardive et vérités refoulées — « une chienne que l’on doit laisser au chenil », selon le Fou — tissent les fils d’une œuvre dont la modernité ne se dément pas.
Dans le monde arabe, Le Roi Lear a été adapté à de multiples reprises, sur scène, au cinéma et à la télévision. La version télévisuelle portée par El-Fakharani a marqué toute une génération. En Tunisie, le défunt Hichem Rostom avait revisité la pièce dans « Le comédien King Lear », méditation poignante sur la solitude de l’artiste vieillissant.
Longuement applaudie, cette première tunisienne a confirmé que « Le Roi Lear » demeure une tragédie universelle, toujours capable d’interroger le pouvoir, la fragilité humaine et la quête de vérité. Porté par l’arabe littéraire et par l’élégance de l’accent égyptien, le texte de Shakespeare a résonné avec une intensité nouvelle.
La performance de Yahia Fakharani, véritable légende vivante, s’impose déjà comme l’un des moments majeurs des JTC 2025, témoignant de la vitalité et de l’audace du théâtre arabe contemporain.
Au Centre Elife au Kef : TANIT- pour des rencontres fructueuses
Construire ensemble des partenariats pour un développement territorial durable est au cœur de l’événement « Les Rencontres du Kef », qui se tiendra le 2 décembre 2025 au centre Elife au Kef.
Organisées dans le cadre du projet TANIT, ces rencontres proposent des séances de dialogue et de mise en réseau autour du patrimoine, du tourisme durable et du développement local.
Le programme prévoit un workshop consacré aux dispositifs numériques au service de la valorisation du patrimoine, un partage d’expériences ainsi qu’une réflexion sur des perspectives communes pour bâtir des dynamiques durables entre territoire, culture et innovation, en plus de la signature de conventions de partenariat.
Lancé en 2024, le projet TANIT est une initiative destinée à renforcer le développement du tourisme durable en Tunisie. Il vise à consolider les capacités des organisations de la société civile (OSC) actives dans ce domaine, en promouvant une approche inclusive qui valorise le riche patrimoine naturel et culturel du pays. Le projet ambitionne également de stimuler le développement économique, en particulier dans les régions intérieures, en diversifiant l’offre touristique au-delà des zones côtières.
Le Kef, comme les sept autres gouvernorats concernés -Jendouba, Siliana, Béja, Zaghouan, Médenine, Gabès et Tataouine- se trouve au cœur des initiatives du projet, avec l’objectif de dynamiser leur potentiel touristique et d’en renforcer l’attractivité.
Cofinancé par l’Union européenne en Tunisie et soutenu par le ministère du Tourisme et de l’Artisanat, le projet est mis en œuvre par Leaders International en partenariat avec Museum Lab, un laboratoire de maquettage et d’expérimentation dédié à la médiation dans le secteur du patrimoine culturel en Tunisie.
Théâtre de la liberté : Une fenêtre sur l’espoir
Les Journées Théâtrales de Carthage poursuivent leur mission d’ouverture en investissant des espaces non communs, inhabituels, où le théâtre devient un moyen d’expression, de réparation et parfois même de renaissance. L’expérience du « Théâtre de la liberté » que proposent depuis des années les Journées théâtrales de Carthage « JTC » en partenariat avec la Direction Générale des Prisons et de la Rééducation, en témoigne. Expérience phare qui rythme depuis neuf ans la manifestation et qui attire l’attention non seulement des médias mais également des professionnels. L’un des moments phares de la programmation et également l’une des sections typiques des JTC, cette initiative donne une visibilité rare aux créations des personnes détenues, présentées au public dans de véritables salles de spectacle.
C’est au complexe culturel et sportif d’El Menzah 6 qu’a été inaugurée la nouvelle édition de cette expérience unique, en présence du Directeur général des Affaires des Détenus, du Directeur de la 26ᵉ édition des JTC, ainsi que de cadres et représentants de l’institution pénitentiaire.
Célébrant l’humain et l’art, célébrant la liberté de créer, cette section est plus qu’une simple vitrine de spectacles. Elle met en lumière des voix marginalisées, des histoires en quête d’expression et des trajectoires créatives qui tentent de réinventer la vie. Elle est une fenêtre sur l’espoir, sur le rêve, sur un lendemain meilleur…
Dans son allocution d’ouverture, le Directeur général des Affaires des Détenus (qui a parlé au nom du directeur Général de la Direction des Prisons et de la Rééducation) a salué le rôle des JTC et du ministère des Affaires culturelles, affirmant que « la dignité humaine est indivisible, que le droit à l’expression ne se perd pas en cas de faute, d’erreur » et rappelant la création, depuis 2017, de clubs de théâtre au sein des établissements pénitentiaires. Il a également souligné « le franc succès des éditions précédentes, la qualité des spectacles et leur impact positif sur les participants ».
Prenant la parole, le directeur des JTC 2025, Mohamed Mounir Argui a précisé que cette section est bien plus qu’un programme parallèle. « Aujourd’hui, nous ouvrons une nouvelle et différente fenêtre, tournée vers l’intérieur, vers des voix oubliées et des cœurs brisées qui espèrent avoir une seconde chance et retrouver leurs voies. Le théâtre, dès sa naissance, a été l’espace qui accueille toutes les personnes sans exception. Dans cet espace, aucun mur n’est plus haut que les mots, aucune chaîne ne peut étouffer la lumière du plateau. »
Mettant l’accent sur le rôle colossal du théâtre dans le processus de réhabilitation, il a souligné que « lorsque l’art rejoint la rééducation, lorsque la création dialogue avec la reconstruction, l’intégration du théâtre n’est pas un luxe, mais une nécessité. Il redonne aux détenus leur dignité et leur offre des outils pour réinventer un avenir fondé sur la conscience et la responsabilité. »
De la souffrance de la personne atteinte du syndrome Jouska, les détenus du club de théâtre de la prison civile de Borj Amri, ont parlé, dans leur spectacle qui donné le coup d’envoi de la programmation. Deux autres spectacles des clubs des prisons de Siliana et Essers (Le Kef) ont également été au programme de cette journée d’ouverture.
Il est à rappeler que cette édition comporte 16 spectacles créés par les détenus : onze pièces issues des unités pénitentiaires masculines, quatre spectacles provenant des centres de rééducation, et un spectacle féminin.
Ouverture des JTC 2025 : Le théâtre pour façonner l’image du monde
Malgré ce froid de canard qui a enveloppé Tunis, il y avait de la chaleur et de la joie dans le théâtre de l’Opéra (Cité de la Culture), qui a accueilli la cérémonie d’ouverture de la 26ᵉ édition des Journées théâtrales de Carthage (JTC). Une cérémonie qui a été marquée par la présence de la ministre des Affaires culturelles Amina Serarfi et d'un bon nombre de diplomates accrédités en Tunisie et évidemment des hôtes de l'édition.
Condensée afin de permettre aux invités de l’édition et au grand public de découvrir ensuite les deux spectacles d’ouverture- « Le Roi Lear », production du Théâtre national égyptien avec à l’affiche l’un des doyens de la scène artistique égyptienne, Yahia Fakhrani, et « Rêve(s)… Une comédie noire », réunissant le duo Fadhel Jaïbi à la mise en scène et Jalila Baccar à l’écriture-cette soirée a mis à l’honneur deux figures marquantes de la scène théâtrale arabe. Les deux spectacles, joués à guichets fermés, ont confirmé l’engouement du public.
Avec l’hymne national, le coup d’envoi de cette cérémonie a été donné, annonçant le démarrage officiel de la 26ᵉ édition des Journées théâtrales de Carthage, placée sous le signe de l’engagement, de la résistance et de la créativité. Élégant et éloquent, le maître de cérémonie, Wathek Bellah Chakir, a su insuffler de l’enthousiasme à la salle, invitant ensuite le directeur de cette édition, l’homme de théâtre Mohamed Mounir Argui, à présenter ce rendez-vous.
« Nous nous retrouvons pour redécouvrir notre première force : la force de se lever, de s’exprimer, de rêver. Le théâtre, comme l’a dit Bertolt Brecht, n’est pas un miroir qui reflète l’image du monde, mais un marteau avec lequel nous façonnons le monde tel qu’il devrait être… plus juste, plus humain, plus lumineux », a-t-il souligné dans son mot de bienvenue, saluant la résistance et l’héroïsme de Gaza et de la Palestine et remerciant les artistes dont les œuvres constituent la colonne vertébrale de la manifestation. Le directeur artistique des Journées a également insisté sur le rôle que joue la manifestation non seulement dans l’éveil des consciences et le soutien aux créateurs, mais aussi dans la formation de celles et ceux qui assureront la relève.
La cérémonie a été l’occasion de rappeler les œuvres en compétition officielle ainsi que celles programmées hors compétition, et de saluer le jury dont la mission s’annonce délicate face à ce florilège de spectacles.
Par devoir de mémoire, les JTC ont également rendu hommage à des faiseurs de rêves, à des créateurs qui nous ont quittés cette année après des vies riches en œuvres et en créativité : Fethi Haddoui, Anouar Chaafi, Mohamed Fadhel Jaziri, Fraj Chouchane, Ahmed Hadhek El Orf, Abir Jebali, Salah Bourjini, Amara Melliti, Mokhtar Mlayeh, Mohamed Ali Belhareth et Taoufik Hammami.
Pour leurs contributions majeures au développement de la pratique théâtrale, et comme le veut la tradition des JTC, la cérémonie a également rendu hommage à celles et ceux qui continuent d’enrichir le théâtre arabe, africain et tunisien : Latifa Ahrar (Maroc), Imed Mohsen Ali Chanfari (Sultanat d’Oman), Abderrahman Kamaté (Côte d’Ivoire), ainsi que, de Tunisie, Slim Sanhaji, Leila Rezgui, Fathi Akkari, Lazhar Sebaï et Hédi Boumiïza. « En célébrant la carrière de Hédi Boumiïza, nous saluons tous les techniciens tunisiens qui, ici et là, assurent le bon déroulement des JTC », a commenté le directeur Mohamed Mounir Argui.
Il est à noter que la soirée a été rythmée par de la musique, avec Mohamed Ali Chebil et le duo Benjemy & Randa Nabouli, qui ont présenté pour l’occasion leurs nouvelles productions.
La comédie tunisienne en deuil : Noureddine Ben Ayed tire sa révérence à 73 ans
La scène artistique tunisienne a perdu, ce dimanche 23 novembre 2025, l’un de ses plus grands noms avec la disparition du comédien Noureddine Ben Ayed, à l’âge de 73 ans. Figure emblématique du théâtre et de la télévision, il laisse derrière lui un héritage culturel riche, marqué par une longue carrière dans les œuvres dramatiques et humoristiques.
Depuis les années 1980, les téléspectateurs tunisiens ont suivi ses rôles devenus cultes, avant l’apogée de sa carrière dans les années 1990, puis au début des années 2000, où il a continué à inscrire son nom parmi les piliers de la comédie tunisienne.
Considéré comme l’un des visages les plus marquants du paysage artistique national, aussi bien à l’écran que sur les planches, Ben Ayed était une référence majeure de la comédie tunisienne, en particulier durant les années 1990. Son œuvre multiforme a laissé une empreinte durable : ses séries, pièces de théâtre et sketches font aujourd’hui partie de la mémoire collective tunisienne, contribuant à l’évolution de la scène comique et à l’émergence d’un style mêlant humour, humanité et critique sociale.
Parmi ses rôles les plus mémorables figurent notamment celui de « Radar » dans la série Al Aassifa, aux côtés du regretté Fathi Haddaoui, celui de « Azzouz » dans Ghada, ou encore « Ez-Zahi » dans El Hassad au milieu des années 1990 — des personnages qui ont marqué plusieurs générations de téléspectateurs.
Vient de paraître - « La médina au temps des pachas beys » de Mohamed El-Aziz Ben Achour : Lumières sur une architecture d’exception
Dans son dernier ouvrage « La médina au temps des pachas beys. Architecture, société et culture », Mohamed-El Aziz Ben Achour nous invite à un voyage inédit au cœur de la médina de Tunis, à une époque où la ville était dominée par l’influence des pachas beys.
Ce livre, quatrième d’une série consacrée à l’histoire de la capitale tunisienne, explore avec érudition et passion l’architecture, la société et la culture qui ont façonné cet espace emblématique de la ville.
L’ouvrage, paru aux Éditions Leaders, dévoile les secrets cachés derrière les portes somptueusement décorées de la médina et nous plonge dans les maisons et palais qui témoignent de la grandeur d’une civilisation séculaire. À travers une description minutieuse de l’architecture des demeures, des palais et des monuments de l’époque, l’auteur nous permet de revivre l’histoire d’un lieu où se mêlent les vestiges du passé et les traces d’une vie quotidienne vibrante.
Le premier chapitre, «La médina, ses demeures et ses monuments », nous emmène à la découverte de lieux emblématiques tels que Dar el Bey (La Kasbah), Dar Abdelwahab, Dar Djellouli et Dar Husseïn. L’auteur nous guide également à travers des Médersas, des casernes et des sites religieux comme Tourbet el Bey, où il met en lumière la riche diversité architecturale de ces bâtiments historiques.
Il décrit la médina comme un lieu de piété, où la population vivait sous la protection spirituelle de figures religieuses telles que Sidi Mehrèz, Sidi Belhassen ou Sayda Manoubiyya, tout en pratiquant un islam sunnite teinté de croyances populaires.
Dans le deuxième chapitre, intitulé « La société et la vie », Mohamed-El Aziz Ben Achour explore les dynamiques sociales et culturelles de la médina. Il se penche sur la vie des citadins, le Baldi (les habitants de la médina), les familles et les alliances sociales qui façonnaient la société tunisienne de l’époque.
L’auteur nous livre également une description saisissante des souks animés de la médina, véritables carrefours de la vie sociale et commerciale. L’ouvrage nous transporte également dans les banlieues de Tunis, comme au Bardo et à La Manouba, où l’art de vivre au grand air et les villégiatures étaient une part importante de la culture tunisienne.
La médina encore et toujours
L’ouvrage se distingue par ses nombreuses illustrations, photos, plans et croquis, qui viennent enrichir le texte et permettent au lecteur de mieux visualiser les lieux et les personnages évoqués. Ces éléments visuels apportent une dimension supplémentaire à la lecture, rendant l’expérience d’autant plus immersive. La plume de l’auteur, à la fois élégante et soignée, s’appuie sur des recherches rigoureuses et des témoignages personnels, offrant ainsi une lecture aussi instructive que plaisante.
Mohamed-El Aziz Ben Achour, professeur et chercheur reconnu dans le domaine de la civilisation islamique, est un spécialiste de l’histoire et du patrimoine de la Tunisie. Ancien directeur de recherches à l’Institut national du patrimoine de Tunis, il a également occupé des fonctions importantes en tant que ministre de la Culture (2004-2008) et directeur général de l’Alecso (2009-2013).
Auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire de la Tunisie et du monde arabe, il continue de contribuer activement à la préservation et à la valorisation du patrimoine culturel tunisien.
«La médina au temps des pachas beys» s’inscrit dans une série d’ouvrages précédents qui ont rencontré un grand succès, dont « La Tunisie, la Méditerranée et l’Orient au miroir de l’histoire » (2019), «Aux temps des émirs et des beys. Épisodes de l’histoire tunisienne» (2022), et «La Tunisie de jadis et de naguère à la rencontre de l’Occident et de l’Orient» (2024).
Cet ouvrage enrichit la réflexion sur l’histoire et la culture de la Tunisie, tout en offrant une fenêtre fascinante sur le passé glorieux de la médina de Tunis.
Un livre incontournable pour tous ceux qui souhaitent comprendre la richesse historique et culturelle de la capitale tunisienne et de son patrimoine architectural.
Cybersécurité : La Tunisie sur le qui-vive depuis le début de l’année
Par Hassan GHEDIRI
L’Agence nationale de la cyber-sécurité (ANCS) place le niveau d’alerte à son plus haut niveau en Tunisie et signale une multiplication inquiétante des vulnérabilités.
Sur le site web (ancs.tn), l’agence qui joue depuis des années un rôle de vigile, rappelle à tous ceux qui voudront bien l’entendre que l’audit de la sécurité des systèmes d’information (SI) en Tunisie est essentiel pour assurer la conformité aux lois locales, notamment celles relatives à la protection des données personnelles et à la cybersécurité.
L’audit est par ailleurs obligatoire pour les SI des organismes publics, des opérateurs de réseaux publics de télécommunications et les fournisseurs des services de télécommunications et d’internet ainsi que pour toutes les entreprises connectées aux réseaux et les hébergeurs de données numériques et autres infrastructures d’importance vitale.
Si vous consultez maintenant le site de l’agence, vous serez d’emblée frappés par la signalisation dynamique occupant le tiers de la page et affichant un niveau d’alerte national «Très élevé». L’ANCS publie en même temps un panorama d’une cybermenace qui semble être grandissante et plus florissante que jamais. *
D’aucuns croient que cela n’a rien d’étonnant, d’une part du fait d’un numérique omniprésent dans la vie de tous les Tunisiens et, d’autre part, à cause de la diversification des stratagèmes des attaquants employant des moyens de plus en plus sophistiqués. Les attaques cybernétiques affectent désormais tous les pans de notre économie et de notre société.
C’est ce que révèle le graphique des alertes nationales élaboré par l’ANCS et qui montre que le niveau d’alerte a été maintenu à son niveau le plus élevé depuis janvier 2025 et durant dix mois. La tendance montre ainsi comment la Tunisie est devenue, comme beaucoup de pays, une cible constante des cyberattaques visant à déstabiliser l’écosystème informatique et compromettre sa cybersécurité.
Une cyber-résilience collective
Comme ne cesse de nos le souligner Heythem Elmir, expert en cybersécurité, la situation nécessite donc le renforcement de la coordination entre tous les acteurs publics et privés en vue de créer une cyber-résilience collective. Le premier axe consiste à renforcer les expertises technologiques indispensables pour contrer les menaces et remédier aux vulnérabilités.
Entretenir un haut niveau d’expertise et préserver une maîtrise autonome des savoirs scientifiques et technologiques en matière de cybersécurité est indispensable pour garantir la cyberdéfense du pays, autant que sa souveraineté, assure l’expert.
Pour y répondre, il faut agir sur trois axes : développer l'expertise sur les technologies à fort enjeu de cybersécurité, accroitre le partage de connaissance et s'adapter aux évolutions techniques des cybermenaces.
La Tunisie doit désormais inscrire la cybersécurité parmi ses priorités nationales, au même titre que la sécurité énergétique ou alimentaire. Les signaux envoyés par l’ANCS doivent inciter à une mobilisation durable, fondée sur des investissements soutenus, une gouvernance cohérente et une culture numérique mieux ancrée dans les institutions comme chez les citoyens.
H.G.
La Maison des arts de Tunis : Rendez-vous avec le peintre du cosmos
La Maison des arts de Tunis (Centre national d’art vivant au Belvédère) accueille pour la première fois une exposition consacrée au "peintre du cosmos", feu Sem Tarek Chaâbane. A découvrir jusqu'au 6 décembre 2025.
Intitulée "De l’Etoile à la Toile”, l’exposition est une invitation à découvrir un voyage visuel et sensoriel où les mystères de l’univers rencontrent les vibrations de la couleur, donnant naissance à une approche artistique qui fusionne science, imaginaire et exploration intérieure. Une plongée dans des horizons cosmiques, des lignes lumineuses et des compositions qui redéfinissent notre perception de l’espace et notre place dans l’infini.
Sem Tarek Chaâbane est un artiste pas comme les autres, porté par un parcours singulier, marqué par l’originalité de sa trajectoire et des étapes de sa vie. Selon le texte de brochure de l’exposition, sa formation de capitaine au long cours et son vif intérêt pour la physique ont profondément nourri sa démarche.
Les seuls domaines où le natif de Sousse n’a pas reçu de formation classique sont précisément ceux qui ont eu le plus d’impact sur sa vie intellectuelle et créatrice. La peinture et les arts plastiques, aimés et pratiqués depuis sa tendre jeunesse, ont accompagné son existence entière.
Sem Tarek Chaâbane n’était pas seulement un capitaine au long cours, mais aussi un artiste au long parcours, qui a déployé une œuvre longue et durable, donnant naissance à des créations remarquables, à de nombreuses expositions et à des démarches esthétiques d’un grand intérêt, particulièrement dans les dernières années de sa vie.
















