Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien : La Tunisie appelle tous les États à assumer leurs responsabilités…
Par Hassan GHEDIRI
Une cérémonie spéciale s’est tenue hier au siège de l’Académie diplomatique internationale de Tunis pour rendre hommage à la résistance d’un peuple qui a enduré des souffrances dépassant tout ce qu’a connu l’histoire de l’humanité…
Organisé par l’ambassade de l’Etat de Palestine en Tunisie en collaboration avec la représentation des Nations unies et mise sous le patronage du ministère des Affaires étrangères, de la migration et des Tunisiens résidant à l’étranger, l’événement, ayant pour thème «la Palestine : de la reconnaissance à la concrétisation de l’Etat », a été une occasion pour la Tunisie pour réaffirmer son soutien inébranlable et inconditionné à la cause palestinienne et réitérer son engagement à œuvrer sans relâche pour que le peuple palestinien recouvre ses droits.
Dans son discours prononcé à cette occasion, Mohamed Ali Nafti, le ministre des Affaires étrangères (AE), a exprimé le souhait de tous les Tunisiens pour que cette journée, instituée depuis près d’un demi-siècle par l’Assemblée générale des Nations unies, soit la dernière avant que la Palestine ne jouisse enfin de son indépendance et de sa souveraineté et que son peuple réalise ses aspirations légitimes de l’autodétermination.
Et de souligner que la célébration de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, chaque année, le 29 novembre, invite (le monde entier) à rendre hommage à la résistance d’un peuple qui a enduré des souffrances dépassant tout ce qu’ont connu d’autres peuples dans l’histoire moderne et contemporaine. « Un peuple déraciné de sa terre mais dont ni la civilisation, ni l’identité, ni la mémoire, ni la volonté n’ont pu être arrachées.
Un peuple attaché à son droit inaliénable au retour, un droit qui ne peut être ni abandonné, ni fragmenté, et qui ne se prescrit pas.de solidarité ». Ce droit, poursuit-il, est consacré, depuis des décennies, par toutes les résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies relatives au renouvellement du mandat de l’UNRWA, la dernière en date ayant été adoptée le 19 de ce mois par la Quatrième commission de l’Assemblée générale.
Rendre justice
S’adressant à une assistance composée d’ambassadeurs et de chancelleries étrangères établies en Tunisie, Nafti s’est exclamé en demandant si le peuple palestinien avait aujourd’hui besoin de simples expressions de solidarité et de sympathie ou bien méritait-il plutôt un véritable appui politique et diplomatique à même de contraindre l’agresseur à se soumettre aux droits et permettre ainsi à ce peuple vaillant d’exercer son droit légitime à l’autodétermination. Un engagement international pour mettre fin à l’occupation, stopper la confiscation de ses terres et de lever le blocus injuste qui l’étouffe.
Le ministre croit que les Etats sont aujourd’hui appelés à rendre justice au peuple palestinien et à soutenir ses droits, après que les peuples du monde lui ont déjà apporté leur soutien sortant par millions pour dénoncer les crimes de guerre, les actes de génocide et pour réclamer la liberté pour la Palestine.
« La Tunisie, doit-il indiquer, appelle tous les Etats à assumer leurs responsabilités juridiques en prenant des mesures concrètes pour consacrer la justice internationale et honorer les obligations qui leur incombent envers l’humanité tout entière, face aux violations délibérées, systématiques et continues commises par l’occupation à l’encontre des normes du droit international.
Elle les appelle également, poursuit-il, à faire pression pour mettre fin aux atteintes sans précédent portées au travail humanitaire, à condamner les violations graves du droit international humanitaire, à en poursuivre les auteurs et à cesser tout soutien financier, politique ou militaire aux politiques de l’occupation. »
L’avenir de Gaza est l’avenir de la Palestine
Dans son allocution, M. Rami Farouk Kaddoumi, l’ambassadeur de l’Etat de Palestine en Tunisie, a salué le soutien solide et infaillible de la Tunisie avec le peuple palestinien. Il a par ailleurs appelé les ambassadeurs et les membres des corps diplomatiques des différents Etats établis en Tunisie et qui ont assisté à la cérémonie à œuvrer activement pour rectifier les erreurs du passé, à faire valoir la notion de l’humanité et la reconnaissance des droits légitimes du peuple palestinien.
Il a estimé, d’autre part, que l’avenir de Gaza ne peut être dissocié de l’avenir de la Palestine, de son système politique et de l’État palestinien indépendant ayant Jérusalem pour capitale ».
Il a ajouté que le soutien international doit se traduire par des mesures concrètes, parmi lesquelles la nécessité de permettre à l’État de Palestine d’exercer pleinement son autorité sur le terrain et d’assumer l’ensemble de ses responsabilités administratives et sécuritaires dans la bande de Gaza, conformément au principe d’un État unifié, une seule loi et une seule autorité légitime.
Il a également insisté sur la nécessité de mettre fin au blocus financier imposé par la puissance occupante, un blocus qui a atteint 3,7 milliards de dollars, constituant, selon ses termes, « une violation flagrante des lois internationales ».
Il a enfin espéré que le soutien international au peuple palestinien se poursuivra jusqu’à l’établissement de son État indépendant dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, soulignant que la protection de l’État palestinien exige un appui politique, économique et juridique.
Il y a lieu de rappeler enfin que la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien est célébrée chaque année le 29 novembre, et ce depuis 1978. Cette date, choisie en raison de sa signification et de son importance pour le peuple palestinien, est basée sur l'appel de l'Assemblée générale des Nations unies à la célébration annuelle de la résolution sur le plan de partage de la Palestine.
Cette résolution, connue sous le nom de Plan de partage ou de la résolution 181, a été adoptée le 29 novembre 1947 et elle suggère la création d’un État arabe et un État juif.
La Journée internationale de la solidarité offre traditionnellement à la communauté internationale l’occasion de concentrer son attention sur le fait que la question de la Palestine ne soit pas encore réglée et que le peuple palestinien ne jouisse pas encore de ses droits inaliénables, tels que définis par l’Assemblée générale, à savoir le droit à l'autodétermination sans ingérence extérieure, le droit à l'indépendance et à la souveraineté nationale, et le droit des Palestiniens de retourner dans leurs foyers, d'où ils ont été déplacés, et de retrouver leurs biens.
H.G.
Editorial : Le respect, condition sine qua non de relations durables …
Par Chokri Baccouche
Les relations entre la Tunisie et l’Union européenne sont marquées, ces derniers jours, par des tensions exacerbées qui ne sont pas près, apparemment, de s’estomper de sitôt. On peut même dire que les deux parties sont en pleine lune de fiel et jusqu’au cou si l’on en juge par la fréquence des incidents… diplomatiques survenus au courant de cette semaine.
Tout a commencé, rappelons-le, par la convocation par la présidence de la République de l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie. Reçu au Palais de Carthage par Kaïs Saïed, Giuseppe Perroni s’est vu signifier une protestation officielle et ferme pour avoir fait preuve d’un comportement jugé contraire aux usages diplomatiques.
On reproche au diplomate européen son « non-respect des règles diplomatiques » et ce, pour avoir rencontré des figures de l’opposition et de la société civile dont notamment le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Tabboubi. A Carthage, ces rencontres ont été perçues comme une ingérence flagrante et inacceptable dans les affaires intérieures de la Tunisie.
La réaction de l’Union européenne ne s’est pas fait attendre. Elle est intervenue peu de temps après par la voix de son porte-parole Anouar el-Anouni. Ce dernier a précisé que les ambassadeurs européens dialoguent naturellement « avec un large éventail d’acteurs » dans leurs pays d’accueil, y compris les syndicats, la société civile et les organisations professionnelles.
Ces contacts, précise-t-il, font partie intégrante des usages diplomatiques internationaux. Ceux qui avaient pensé que l’affaire allait s’estomper et s’arrêter à ce niveau en ont eu finalement pour leurs frais.
Contre toute attente, le Parlement européen a déterré en effet de plus belle la hache de guerre, en adoptant avec une majorité assez confortable une résolution particulièrement sévère demandant la libération immédiate de l’avocate Sonia Dahmani, dénonçant les procès fondés sur le décret-loi 54, et appelant à la fin des poursuites visant journalistes, opposants et défenseurs des droits.
La contre-offensive de la Présidence tunisienne est intervenue au soir de la même journée de jeudi dernier. La réplique de Kaïs Saïed a été tout aussi ferme et sans concession. Tout en fustigeant le Parlement européen, le chef de l’Etat a accusé cette instance d’ingérence dans les affaires intérieures de la Tunisie, tout en réaffirmant que notre pays, dont la souveraineté est non négociable, n’a de leçon à recevoir de personne.
Jeudi dernier, c’est au tour du ministre tunisien des Affaires étrangères de rajouter une bonne couche à cette affaire. Sur instruction de Kaïs Saïed, Mohamed Ali Nafti a reçu, en effet, au siège de son département, l’ambassadrice du Royaume des Pays-Bas en Tunisie, Joséphine Frantzen, pour lui transmettre une protestation ferme en raison de son non-respect des règles du travail diplomatique.
Le ministre a également « exhorté » l’ambassadrice à « respecter les usages diplomatiques et à s’abstenir de toute forme d’ingérence dans les affaires intérieures de la Tunisie ».
Bref, on peut dire que les relations entre Tunis et Bruxelles ont vécu une semaine inédite de tensions accrues où les remontrances le disputent aux remises à l’ordre sur fond d’un bras-de-fer politico-diplomatique jamais connu auparavant.
L’escalade est à l’ordre du jour apparemment entre une Europe piquée au vif et qui n’a pas du tout digéré la savonnade subie par ses diplomates et une présidence tunisienne, toujours droit dans ses bottes quand il s’agit de défendre bec et ongles et sans concession la souveraineté nationale et qui refuse toute ingérence étrangère dans les affaires intérieures de la Tunisie.
La question qui se pose est de savoir dans quelle mesure les diplomates européens ont-ils outrepassé les limites que leur confère le cadre légal de leurs activités dans le pays hôte conformément aux dispositions fixées par les accords internationaux ?
La Convention de Genève nous apprend à cet effet qu’un diplomate étranger a le droit de contacter la société civile du pays hôte sans nécessairement se référer aux autorités locales, bien que cela doive se faire dans le respect des lois du pays d’accueil ».
Autrement dit, les chefs de missions diplomatiques ont la latitude de prendre attache avec la société civile mais sont tenus, dans le même temps, de respecter les lois et les règlements de l’Etat accréditaire et à ce titre, on peut dire que la Présidence tunisienne n’est pas dans le tort.
On se demande du coup pourquoi l‘affaire a pris une telle envergure alors qu’elle aurait pu être résolue de manière plus soft sans que l’on soit amené, d’un côté comme de l’autre, à faire monter inutilement les enchères. Dans cette navrante affaire, on peut dire qu’il y a trop d’ego froissés surtout de la part de l’Union européenne qui, faute et lieu d’opter pour l’apaisement et la retenue, a choisi l’escalade.
On ignore si cela est dû à un certain ascendant psychologique autoproclamé et imposé par les dirigeants européens, fondé sur une réalité économique qui veut que l’Union européenne est le principal partenaire économique et le premier investisseur étranger en Tunisie.
Et à ce titre, ses représentants dans le pays hôte ont le droit de se comporter et d’agir comme bon leur semble. Cette vision des choses est bien évidemment discutable et c’est ce qui explique justement la réaction souverainiste des autorités tunisiennes qui ont assimilé ce fait accompli à une ingérence, moralement incorrecte et politiquement inacceptable.
Les relations entre la Tunisie et l’Union européenne ne datent pas d’hier. Tout au long des dernières décennies, elles ont connu des hauts et des bas. Il importe aujourd’hui de lever les équivoques afin de rétablir la confiance entre les deux parties et jeter les bases de relations pérennes qui doivent être fondées nécessairement sur le respect mutuel et non point bâties sur les « résidus colonialistes et surannés », d’une époque révolue.
Il y va de l’intérêt de tous les pays des deux rives de Mare Nostrum, cette Méditerranée berceau des civilisations et espace privilégié d’un probable destin commun pour tous les peuples de la région, à l’heure des bouleversements géopolitiques planétaires…
C.B.
L'Espérance proteste contre l'arbitrage de Ndala et saisit la CAF
Par Jamel Belhassen
En colère contre l'arbitrage de Jean Jacques Ndala lors du match de samedi en Ligue des champions contre Pedro Atletico à Luanda, L'Espérance a envoyé une lettre de protestation à la CAF surtout que le dit arbitre a faussé le résultat final en signalant un hors jeu inexistant à la 2e minute contre Danoh qui filait droit vers le but avant de loger la balle dans les filets et en fermant les yeux sur une faute sur Ogbelu faisant l'action se poursuivre et qui a été à l'origine du but de Petro.
L'Espérance attend une explication de la part de la CAF. Rappelons que la dite CAF n'a pas daigné répondre à la requête du club Sang et Or après le match retour de la demi-finale de la saison dernière quand l'arbitre avec la complicité de la VAR a annulé un but de Jabri contre Sundowns à Rades pour un hors jeu inexistant.
J.B.
Loi de finances 2026 : L'article sur les voitures exonérées des droits de douane adopté
L'article 55 du projet de loi de finances 2026 qui prévoit l'octroi d'un avantage fiscal, lors de l'importation d'une voiture, a été remplacé par une version modifiée qui a été approuvée par 131 députés.
L'article autorise, dans sa mouture finale, l'importation d'une voiture exonérée des droits de douane par famille, à condition que son âge ne dépasse pas les huit ans.
Il est, également, interdit de cumuler cet avantage avec celui de la voiture populaire ou de céder la voiture avant cinq ans, à compter de sa date d'importation.
Le nombre des voitures bénéficiant de cet avantage doit représenter, au moins, 10% des nouvelles immatriculations, chaque année.
Justice : Arrestation de Chaïma Issa dans l’affaire du Complot contre la sûreté de l’État
Dans la soirée de ce samedi, Chaïma Issa a été arrêtée pour l’exécution de la peine définitive prononcée contre elle dans le cadre de l’affaire du complot contre la sûreté de l’État, a rapporté une source judiciaire à l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP).
Selon cette source, Chaïma Issa a été appréhendée par les agents de la police judiciaire après avoir été inscrite sur la liste des personnes recherchées, conformément à la décision finale de la Cour d’appel de Tunis.
À la suite de cette arrestation, Chaïma Issa sera incarcérée pour purger sa peine, conformément aux dispositions de la loi.
La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme de la Cour d’appel de Tunis avait rendu dans la nuit de vendredi des peines définitives de prison à l’encontre des accusés impliqués dans cette affaire.
Chaïma Issa Ibrahim Ben Bahki (condamnée en état de liberté) a été condamnée à 20 ans de prison, à une amende de 50 000 dinars et à la confiscation de ses fonds dans les établissements financiers tunisiens.
Liga : Rien ne va plus entre le Barça et le Real
En Espagne, « Laporta contre-attaque », affiche Sport en une. Le président du Barça a fracassé Florentino Pérez et le Real Madrid, qualifiant ses propos sur l’affaire Negreira de «déplacés» et signe d’une «barcelonite» obsessionnelle pour détourner l’attention de leurs problèmes internes.
Il nie catégoriquement toute corruption arbitrale au Barça et accuse le Real d’être lui favorisé, citant les deux buts polémiques à Elche : une main de Bellingham et un choc Vinícius-Iñaki Peña qui, selon lui, privent le Barça d’une place de leader aujourd’hui.
Dans Sport, on parle d’une « attaque féroce de Laporta contre Madrid ». Laporta défend les succès passés du Barça et accuse Madrid de paniquer face à un retour au sommet du club catalan. Toujours d’après le président barcelonais, Real Madrid TV et ses dossiers sur les différents arbitres du championnat est un problème. « La chaîne de télévision du Real Madrid tente d’influencer les arbitres chaque semaine. » Cette guerre verbale relance la rivalité institutionnelle entre les deux clubs.
Equipe nationale : Naim Sliti, blessé, pourrait rater la Coupe arabe
Le groupe de la sélection tunisienne à la Coupe Arabe des Nations 2025 pourrait enregistrer l'absence d'un nouveau joueur.
Il s’agit de Naim Sliti qui pourrait déclarer forfait pour la compétition à cause d'une blessure contractée vendredi.
Une décision définitive sera prise aujourd’hui après une dernière tentative de le récupérer.
Coupe Arabe des Nations 2025 : Des récompenses financières alléchantes
Voici les récompenses financières qui seront reçues à la Coupe Arabe des Nations 2025 par les 16 sélections qui prendront part à la compétition :
Vainqueur : 7,1 millions de dollars (20,8 millions de dinars)
Finaliste : 4,2 millions de dollars (12,3 millions de dinars)
Troisième : 2,8 millions de dollars (8,2 millions de dinars)
Quatrième : 2,1 millions de dollars (6,1 millions de dinars)
Du 5e au 8e : 1 million de dollars (2,9 millions de dinars)
Du 9e au 16e : 750 mille dollars (1.6 millions de dinars)
Journées Théâtrales de Carthage 2025 : Le Tanit d’or pour « Les fugueuses » de Wafa Taboubi
La pièce tunisienne « Les Fugueuses » de Wafa Taboubi a remporté le Tanit d’Or de la 26ème édition des Journées Théâtrales de Carthage (JTC) en plus du prix de la meilleure interprétation féminine attribué à Lobna Noomen et du meilleur texte attribué également à Wafa Taboubi.
Le palmarès des compétitions officielle et parallèle des JTC a été dévoilé, samedi soir, au cours d’une cérémonie officielle qui s'est déroulée au Théâtre de l’Opéra de Tunis, à la Cité de la Culture.
Organisée du 22 au 29 novembre, cette 26e édition était placée sous le slogan « Le théâtre, une conscience et un changement. Le théâtre, le cœur battant de la rue ».
■Palmarès de la Compétition officielle :
- Tanit d’or : « Les fugueuses » de Wafa Tabboubi (Tunisie)
- Tanit d’Argent : « Le mur » de Sinan Al-Azzawi (Irak)
- Tanit de Bronze : « Jacaranda » de Nizar Saidi (Tunisie)
- Prix du meilleur acteur : Ahmed Abou Zid pour son rôle dans « Free Fall » (Chute Libre) de Mohamed Faraj Al-Khachab (Égypte)
- Prix de la meilleure actrice : Lobna Noomen pour son rôle dans « Les Fugueuses » de Wafa Taboubi (Tunisie)
- Prix du meilleur texte : Wafa Taboubi
- Prix de la meilleure scénographie : « Le mur » de Sinan Al-Azzawi (Irak)
Petro Atletico - Espérance (1-1) : Nouvelle parité frustrante pour les Sang et Or
Par Jamel Belhassen
Décidément, les dieux du stade de Luanda n'étaient pas du côté de l'Espérance. Encore une fois, elle fait l'essentiel du jeu, se crée des occasions de buts mais sort avec un seul point , victime d'une indigence offensive criarde et d'un arbitrage maison qui l'a privée d'un but régulier de Danoh dès la 2e minute pour un hors jeu inexistant.
Et ce n'et pas fini. A la (50e), l'arbitre ferme les yeux après une faute sur Ogbelu qui aura comme conséquence le but victorieux de Petro , signé Tiago Reis. ( 1-0). Entre-temps, les Danho ( 15e) tire sur la transversale, Ben Hamida et Konate ratent des buts tout faits ( 52 et 68e).
La domination des Sang et Or finit par être récompensée par un but de Diakite de la tête à la (90e). (1-1). Voici une nouvelle parité frustrante pour l'Espérance car elle méritaitvraimentla victoire. .
Formation de l'Espérance :
Ben Said, Ben Ali, Ben Hamida, Meriah, Jelassi, Ogbelu, Tka, Jebali ( Diakite 83e), Boualia ( Jabri 70e), Danho ( Maacha 82e), Konate .
J.B.
Black friday : Une aubaine pour les uns, une pure arnaque pour les autres...
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La Tunisie vit, à l'instar des autres pays du monde, et ce tout au long de la quinzaine en cours au rythme du principal rendez-vous commercial de la fin de l'année, à savoir le " Black friday ". Que pensent les Tunisiens de cet événement ?
Même les compagnies aériennes et les constructeurs automobiles sont de la partie et proposent des rabais sur leurs prix de base. C'est dire à quel point le Black friday est devenu un rendez-vous commercial incontournable en Tunisie.
En effet, à l’occasion du Black Friday qui débute officiellement aujourd'hui, la compagnie aérienne Nouvelair propose une offre exceptionnelle : 30 % de réduction sur le prix hors taxes de tous les vols de son réseau, au départ et à destination de la Tunisie.
Idem pour la marque de voitures Mahindra qui lance une remise exceptionnelle sur l'un de ses modèles phares. Cette offre exclusive est valable jusqu’au 15 décembre 2025, dans la limite des stocks disponibles. Qu'en est-il, en outre, des autres produits?
La première constatation que nous avons relevée, alors que nous faisions le tour des magasins du centre-ville de Tunis, est que le Black friday est chez certains commerçants le White Friday. " Noir ou blanc, cet événement est l'occasion pour nous de booster les ventes et écouler le stock", nous dira Amine, gérant d'un magasin de prêt-à-porter.
Pour Marouane, gérant d'une boutique de prêt-à-porter ayant enseigne sur rue ä l'avenue de Carthage : " Ce rendez-vous commercial est le bienvenu par ces temps de crise. On espère attirer le maximum de clients en faisant des remises exceptionnelles tout en proposant des articles de qualité. Espérons que la fréquentation sera à la hauteur et que nous pourrons atteindre nos objectifs ".
Black friday tunisien ?
Tradition purement américaine, le Black friday s'est étendu au reste du monde avec les mêmes principes appliqués aux USA. Ce n'est pas apparemment le cas en Tunisie.
Selon, justement, le président de l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (OTIC), Lotfi Riahi, : " Cet événement demeure essentiellement une opération de marketing centrée sur les produits importés ". Riahi a indiqué, dans une déclaration accordée à Tunisie Numérique, que ces produits sont souvent proposés à des prix encore élevés, malgré les annonces de remise, et présentent une qualité parfois discutable.
Et d'ajouter : " Cette tendance s’inscrit dans une stratégie de promotion d’un nouveau modèle de consommation, fortement dépendant des marchandises venues de l’étranger. L’abondance de ces produits introduits sous le label du Black friday entretient une hausse continue des prix. Les consommateurs sont appelés à la vigilance, à vérifier la qualité et à n’acheter qu’à un prix réellement justifié ".
Le président de l'OTIC a révélé dans la même déclaration: "Contrairement à l’Europe et à de nombreux pays étrangers où les enseignes appliquent des réductions substantielles pour encourager l’achat, la logique semble inversée en Tunisie.
Plutôt que de rendre leurs produits plus accessibles, certaines marques profitent de l’événement pour mettre en avant des articles sous contrats d’exploitation de marques étrangères, souvent onéreux et peu adaptés aux attentes du marché local ".
Pour Riahi : "Il est urgent de procéder à une réorientation des priorités, à savoir valoriser et promouvoir le produit tunisien, afin de lui offrir une véritable compétitivité et, pourquoi pas, la mise en place d’un « Black friday tunisien » dédié aux productions locales, dans l’objectif de stimuler l’industrie nationale, de renforcer le tissu économique et de réduire la dépendance vis-à-vis des importations ".
M.B.S.M.
Des entreprises tunisiennes remplacent leurs salariés par l’IA : L’urgence pour l’Etat d’anticiper les grands bouleversements…
Par Hassan GHEDIRI
En Tunisie, de plus en plus d’entreprises seraient déjà en passe d’opter pour des solutions d’intelligence artificielle (IA) pour remplacer des employés…
C’est ce qu’a affirmé le ministre des Affaires sociales devant le Parlement à l’occasion de l’examen du budget de son département dans le cadre de la nouvelle loi de finances
Dans sa réponse aux questions des députés sur la stratégie du gouvernement pour s’adapter à de telles transformations, notamment en ce qui concerne les droits des travailleurs et leur accès à la sécurité sociale, il a laissé entendre que son ministère s’active à être au diapason de ces progrès à travers l’élaboration d’un plan d’actions qui permet de répondre aux nouvelles exigences.
Il s’agit, dans un premier temps, de combler le vide juridique auquel se confrontent des milliers de personnes travaillant sur les plateformes numériques de travail sur internet en Tunisie, et ce, pour leur garantir au minimum une protection sociale de base.
Plusieurs pistes sont aujourd’hui étudiées par les départements concernés en vue de faire face aux défis posés par l’émergence de nouvelles formes de travail et pour les entreprises et pour les travailleurs.
Selon le ministre, 11 scénarios sont aujourd’hui examinés et qui visent à créer des mécanismes de protection sociale adaptés aux transformations de la sphère professionnelle d’aujourd’hui et de demain.
Un dispositif de sécurité sociale impliquerait un coût annuel pouvant osciller entre 30 et 160 millions de dinars, selon les estimations du ministère des Affaires sociales. La Tunisie n’est donc pas en marge des transformations radicales et profondes associées à l’automatisation accélérée des métiers dans le monde.
L’IA, qui commence à changer le mode de fonctionnement de plus en plus d’entreprises en Tunisie comme l’avait souligné le ministre des Affaires sociales à l’hémicycle, pourrait certes apporter des gains de productivité et de nouvelles opportunités, mais elle met en même temps le marché du travail devant des défis majeurs. Certaines études indiquent que des millions de postes pourraient disparaître dans les prochaines décennies.
Changements profonds
L’IA ne se contente pas de supprimer des emplois mais elle modifie en profondeur la nature de nombreux métiers existants. Avec son essor, les compétences requises sur le marché du travail évoluent rapidement, forçant les entreprises à s’adapter et imposant à l’Etat de reconsidérer les systèmes de formation et d’enseignement. Il semble d’ailleurs qu’il y a une conviction chez l’exécutif de la nécessité d’engager les réformes pour s’adapter à la nouvelle ère numérique.
Lors de l’examen la semaine dernière du budget du ministère chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique le gouvernement a envisagé de revoir les programmes de formation dispensés dans les établissements d'enseignement supérieur pour les adapter à la nouvelle donne et à étudier toutes les voies de transition vers les nouvelles exigences de l’économie basées sur la numérisation, l'innovation, l'entrepreneuriat.
Les universités tunisiennes ont déjà été invitées à définir les axes stratégiques sur lesquels devait s’articuler leur plan de réforme pour être au diapason des transformations numériques.
Les défis posés par l'intelligence artificielle imposent en effet une refonte des disciplines de formation pour investir dans les compétences connaissant une demande croissante aux niveaux national, régional et international.
Face à ces bouleversements inévitables, le gouvernement doit prendre toutes les dispositions à même de garantir à la fois la sécurité sociale des travailleurs menacés par l’automatisation et l’intégration de l’économie tunisienne dans la transformation numérique mondiale.
Ceci implique la création de mécanismes de protection adaptés aux nouvelles formes d’emploi, mais également une refonte intégrale des systèmes de formation pour préparer les générations futures aux métiers émergents. Plusieurs pays ont déjà amorcé cette transition en adoptant des cadres juridiques flexibles qui encouragent à la reconversion professionnelle et en investissant massivement dans les spécialités numériques.
La Tunisie doit alors accélérer ses réformes pour protéger ses citoyens tout en saisissant les grandes opportunités offertes par l’IA à l’économie.
H.G.
Editorial :L’Afrique écrira sa propre histoire - Par Jalel HAMROUNI
« Un jour, l’histoire parlera. Non pas l’histoire enseignée à Bruxelles, Paris, Washington ou aux Nations Unies, mais celle enseignée dans le pays libéré du colonialisme et de ses dirigeants fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire, et ce sera une histoire de gloire et de dignité ». C’est avec ces mots que l’homme d’État indépendantiste congolais, Patrice Lumumba, a prédit, il y a soixante ans, le sort du continent africain.
Depuis plus de deux décennies, l’Africa Command (AFRICOM) s’est présenté comme la structure militaire américaine censée soutenir les États africains dans leur lutte contre le terrorisme, renforcer la stabilité et contribuer au développement. Pourtant, les faits, les réalités géopolitiques et les évolutions sur le terrain montrent tout autre chose.
Loin de favoriser la sécurité, la présence militaire étrangère sur le continent – américaine ou autre – s’est progressivement transformée en un levier d’influence qui perpétue, sous des formes modernes, les mécanismes de domination hérités de la période coloniale.
À travers l’AFRICOM, l’Afrique continue d’être un espace stratégique instrumentalisé plutôt qu’un continent souverain respecté. L’enjeu n’a jamais été uniquement la sécurité : ressources naturelles, contrôle des routes commerciales, rivalités avec d’autres puissances, et pression sur les gouvernements figurent parmi les motivations réelles d’une présence dont les Africains ne maîtrisent ni l’agenda ni les conséquences.
Les bases, les accords militaires asymétriques, la surveillance des territoires et l’encadrement des armées locales participent d’une même logique : maintenir l’Afrique dans un système de dépendance qui empêche l’émergence d’une sécurité autonome et d’une souveraineté pleine.
L’opposition à l’AFRICOM s’inscrit donc dans un combat bien plus large : celui contre l’impérialisme, sous toutes ses formes. Car le néocolonialisme ne se présente plus avec la brutalité directe d’hier ; il avance masqué, sous le langage du partenariat, de la coopération sécuritaire ou de l’assistance technique.
Il façonne les économies, influence les choix politiques et impose des modèles de gouvernance alignés sur les intérêts extérieurs plutôt que sur les besoins des peuples. Les programmes militaires, les pressions diplomatiques, les conditionnalités économiques et les ingérences politiques créent un continuum qui affaiblit les marges de manœuvre des États africains et limite leur capacité à définir leur propre avenir.
Face à cela, une nouvelle conscience émerge. Dans plusieurs régions du continent, la demande de souveraineté se fait entendre avec force. Les sociétés civiles, les mouvements panafricanistes, les intellectuels et même certains gouvernements refusent désormais une présence étrangère jugée intrusive et contre-productive.
Ce rejet n’est pas un caprice idéologique mais un constat empirique : malgré la multiplication des programmes sécuritaires internationaux, l’instabilité persiste, parfois même s’aggrave. Les zones où la présence militaire extérieure est la plus marquée sont aussi celles qui connaissent une montée du terrorisme ou une fragilisation des institutions. Ce paradoxe interroge, dérange et pousse à réévaluer les politiques imposées depuis l’extérieur.
Pour que l’Afrique se relève, il ne suffit pas de dénoncer l’AFRICOM ; il faut reconstruire un paradigme africain de sécurité. Cela implique de restaurer la confiance entre États, de renforcer l’Union africaine et les organisations régionales, de développer des forces communes réellement indépendantes, et de privilégier les solutions politiques et sociales aux conflits plutôt que des stratégies purement militaires importées.
La sécurité ne peut pas être externalisée. Elle prend racine dans la justice sociale, dans la lutte contre la pauvreté, dans l’éducation, dans le développement des régions marginalisées. Tant que ces dimensions structurantes resteront négligées, aucune base étrangère, aucun drone, aucun programme d’entraînement ne pourra résoudre les crises africaines.
Mais la souveraineté sécuritaire n’est qu’une facette. L’Afrique doit également rompre avec les chaînes économiques du néocolonialisme : accords commerciaux déséquilibrés, dépendance monétaire, extraction brute des ressources, endettement orchestré. Chaque domaine de dépendance nourrit les autres.
Tant que les matières premières africaines serviront principalement à alimenter les industries étrangères, tant que les élites seront encouragées à reproduire des modèles importés, tant que les politiques économiques seront rédigées à Washington, Londres, Paris ou Bruxelles, l’Afrique ne pourra tracer un chemin autonome.
La relève passe aussi par la conscience collective : réhabiliter le panafricanisme comme projet politique concret, promouvoir l’intégration économique continentale, valoriser les connaissances locales et investir massivement dans les infrastructures, la recherche et l’innovation. L’Afrique a les ressources, les talents et l’énergie nécessaires pour se redéfinir. Ce qui lui manque, ce sont les marges de liberté que l’impérialisme moderne continue de restreindre.
L’heure est venue de rompre ces chaînes. Non par confrontation aveugle, mais par affirmation souveraine. Non par isolement, mais par construction d’alternatives solides.
L’Afrique ne doit plus être un territoire surveillé, mais un continent maître de ses choix. Mettre fin à l’AFRICOM n’est pas une fin en soi : c’est un symbole puissant d’un tournant historique. C’est le premier pas vers une Afrique debout, libérée des tutelles et capable d’inscrire son destin dans la dignité, la justice et la liberté.
J.H.
Fin de la campagne de nettoyage sur le site archéologique Henchir Bourgou (Djerba)
L’Association pour la sauvegarde de l’île de Djerba (Assidje), sous la supervision de l’Institut national du patrimoine (INP), a achevé une vaste campagne de nettoyage sur le site archéologique Henchir Bourgou. Les interventions ont porté notamment sur l’évacuation des gravats et des déchets de matériaux de construction, ainsi que sur la sécurisation du lieu grâce à l’installation d’un talus de terre agrémenté de figuiers de barbarie, typiques du paysage djerbien.
Ces travaux ont permis de redonner au site une nouvelle allure, tout en le protégeant d’éventuelles atteintes à son intégrité patrimoniale, dans une démarche globale de préservation et de valorisation.
Situé au nord de la route reliant Houmt Souk à Midoun, ce site, classé monument historique depuis 2022, abrite un mausolée dont la construction remonte à la première moitié du IIème siècle avant J.-C. Il constitue l’un des témoignages archéologiques les plus remarquables de l’architecture funéraire numide et punique de la période hellénistique. Selon les données recueillies par l’Assidje, ce mausolée aurait appartenu à un fortuné notable, allié du célèbre souverain numide Massinissa.
A travers cette initiative, l’Association pour la sauvegarde de l’Ile de Djerba poursuit sa démarche visant à inscrire Henchir Bourgou dans un processus durable de valorisation. Une seconde étape est déjà envisagée, afin d’intégrer le site au parcours touristique et culturel de l’île, pour renforcer davantage son rayonnement patrimonial.
Il est à noter que, dans le cadre de ses activités scientifiques, l’Institut national du patrimoine a mené en juin et juillet 2023 une fouille au cœur de l’ancienne agglomération antique de Henchir Bourgou. Cette campagne a révélé les vestiges d’une vaste demeure construite à l’époque augustéenne, remaniée durant la période flavienne, puis abandonnée à la fin du IIème siècle ou au début du IIIème siècle après J.-C.
Ces découvertes confirment l’importance historique et archéologique de cette cité antique à Djerba. Ses sols en opus signinum de tradition punique témoignent à la fois de la richesse du propriétaire de cette demeure et de la persistance de la culture héritée de Carthage en pleine époque romaine, selon des informations publiées par l’INP.
Entre les mots de Chebbi et les notes de Haydn
Le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes (CMAM), Palais Ennejma Ezzahra, en partenariat avec l’Ambassade d’Autriche en Tunisie, organise, le 4 décembre à partir de 19h30, une rencontre intemporelle aux résonances tuniso-autrichiennes où se tressent poésie et musique, à l’occasion de la célébration du 300ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Tunisie et l’Autriche.
Cette soirée, intitulée « Adagio », conçue et réalisée par l’artiste autrichienne Paula Kraft, avec la participation du pianiste tunisien Bassem Makni, est pensée comme un dialogue sensible entre deux héritages. La rencontre rend hommage à la profondeur lyrique du poète tunisien Abou El Kacem Chebbi et à l’œuvre du grand compositeur autrichien de l’ère classique, Joseph Haydn. Une rencontre à la croisée des mots et des notes, où se rejoignent deux cultures portées par le souffle de trois siècles.
















