Editorial : Requête indécente …
Par Chokri Baccouche
L’entité sioniste bombarde à tout va ses voisins chaque jour que Dieu fait. Il y a quelques jours, elle a balancé une bombe intelligente lors d’une frappe dans la banlieue sud de Beyrouth. La bombe en question, une GBU-39B de fabrication américaine, visait un commandant du Hezbollah. Fort heureusement pour ce dernier, l’engin n’a pas explosé et a été récupéré intact dans le district de Harat Hreik, un bastion du mouvement chiite libanais.
On peut vraiment dire que le rescapé a une chance insolente. Une chance de cocu comme on dit pour avoir frôlé la mort de si près et s’en être sorti finalement indemne grâce à un coup du destin comme on en voit rarement de nos jours. L’histoire de ce miraculé ne s’arrête pas à ce niveau à propos.
Elle vient de connaitre une prolongation tragi-comique avec l’entrée en scène du pays de l’Oncle Sam. Les Etats-Unis puisque c’est d’eux qu’il s’agit viennent de formuler une requête auprès du gouvernement libanais lui demandant instamment de leur restituer la bombe non explosée.
Washington craint que la technologie militaire sensible contenue dans la bombe, y compris ses systèmes de guidage et de ciblage avancés, ne tombe entre les mains de rivaux, tels que la Russie, la Chine ou l'Iran, qui pourraient tenter de la rétro-concevoir.
Comme dirait un Bobo La Fleur bien inspiré, plus culotté que moi tu meurs mon gars la bouche ouverte. Les dirigeants américains qui se font complices d’un acte criminel et de la violation, par leur trublion protégé israélien, de l’intégrité territoriale d’un pays souverain, veulent donc récupérer leur engin de la mort ou plutôt l’arme du crime qui n’a pas explosé.
Comme si de rien n’était. Ils se font du sang d’encre et redoutent plus que tout que leur technologie tombe entre les mains de rivaux mais se soucient, paradoxalement, comme d’une guigne des conséquences potentiellement catastrophiques que peuvent causer leurs gadgets de la mort. Le tout avec une impertinence et une arrogance inégalée qui donnent une idée exhaustive en réalité sur le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.
A chaque siècle suffisent ses peines, ses heurts et ses malheurs. C’est un secret de polichinelle que d’affirmer que le monde d’aujourd’hui est régi par la loi de la jungle. Un monde aux abois où les plus vulnérables sont engloutis par les puissants qui leur imposent leurs diktats et leur desideratas. De gré si possible, par la force et l’intimidation si nécessaire. Le tout au mépris total du droit et de la légalité internationale.
Le Moyen-Orient est actuellement le terrain de prédilection des passe-droits et autres violations des lois et des conventions internationales perpétrées par l’entité sioniste. Malgré les accords de trêve signés, tour à tour, avec le Hezbollah libanais et le Hamas palestiniens, Israël continue à semer la mort et la désolation dans la région avec l’appui et le soutien inconditionnel et complice de l’administration américaine.
Les chiffres sont têtus et se passent de tout commentaire : en 650 jours de guerre sioniste, pas moins de 125 mille tonnes de bombes ont été larguées sur Gaza. La plupart de ces bombes qui ont fait plus de 70 mille victimes palestiniennes dont de très nombreux femmes et enfants proviennent directement de l’arsenal militaire américain. En plus des dégâts infrastructurels considérables, ces bombes « made in USA » ont fait plus de 150 mille blessés dont un bon nombre porteront les terribles séquelles de cette dure épreuve pour le restant de leur vie.
La bombe atomique larguée, le 6 août 1945 par les Etats-Unis sur la ville japonaise de Hiroshima, était estimée à 13 kilotonnes en puissance explosive et destructrice, représentant selon les experts le dixième de l’ensemble des bombes et divers engins explosifs tirés ou largués par les Israéliens sur la bande Gaza depuis le déclenchement de la guerre le 7 octobre 2023.
Gaza, c’est donc 10 fois Hiroshima : un chiffre qui fait froid dans le dos et donne certainement une idée très instructive sur l’ampleur du drame et du désastre causé par cette guerre. Une sordide guerre qui joue malheureusement les prolongations. Tant que les Etats-Unis continueront à fournir armes et munitions à volonté à Israël, il ne faut pas se faire d’illusion : l’instabilité et la violence continueront à sévir au Moyen-Orient.
Tant que la raison et le bon sens ne l’auront pas emporté sur la cupidité vorace et les velléités hégémoniques, le drame moyen-oriental se poursuivra. Indéfiniment. Avec son cortège funeste de morts, de destructions, de larmes et de sang qui coule déjà à flot depuis des lustres dans cette région oubliée des dieux.
Faute et lieu de se faire du souci pour une bombe non explosée, les Etats-Unis seraient certainement bien inspirés de mettre un peu d’eau dans leur vin et contribuer à l’instauration d’une paix réelle et durable dans la région.
Une paix réclamée a cor et a cri par tous les peuples de la planète mais qui reste malheureusement l’otage d’une entité sioniste qui continue à semer le fatras et la désolation au Moyen-Orient en toute impunité, grâce au soutien indécent de son protecteur américain…
C.B.
CAN 2025 au Maroc : Tout sur le calendrier, les horaires et les affiches
Qui succédera à la Côte d’Ivoire, titrée à domicile en février 2024 ? La prochaine Coupe d’Afrique des nations (CAN) aura lieu au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026. Les préparatifs s'accélèrent et les stades marocains sont prêts à accueillir l'événement. À moins de deux mois de l'évènement, la CAF (Confédération africaine de football) a enfin annoncé les horaires définitifs des matches de la CAN 2025, après une première ébauche provisoire.
L'instance dirigeante du football africain a notamment ajusté l'ordre des matches pour réserver les affiches pour le début de soirée, à l'image de Maroc - Mali le 26 décembre, Nigeria - Tunisie le 27 décembre ou Cameroun - Côte d'Ivoire le 28 décembre.
Les deux premiers de chaque groupe et les quatre meilleurs troisièmes rejoindront les 8ᵉ de finale, qui démarreront le 3 janvier après deux jours de pause.
Voici le calendrier complet des matches de la CAN 2025 (heure de Tunis)
Phase de groupes :
Première journée
21 décembre
- 20 h : Maroc - Comores, stade Moulay Abdellah à Rabat (groupe A)
22 décembre
- 15 h 00 : Mali - Zambie, stade Mohammed V de Casablanca (groupe A)
- 18 h : Afrique du Sud - Angola, grand stade de Marrakech (groupe B)
- 21 h : Égypte - Zimbabwe, grand stade d'Agadir (groupe B)
23 décembre
- 13 h 30 : RD Congo - Bénin, stade Al Barid à Rabat (groupe D)
- 16 h : Sénégal - Botswana, grand stade de Tanger (groupe D)
- 18 h 30 : Nigeria - Tanzanie, complexe sportif de Fès (groupe C)
- 21 h : Tunisie - Ouganda, stade olympique de Rabat (groupe C)
24 décembre
- 13 h 30 : Burkina Faso - Guinée équatoriale, stade Mohammed V de Casablanca (groupe E)
- 16 h : Algérie - Soudan, stade Moulay El Hassan à Rabat (groupe E)
- 18 h 30 : Côte d'Ivoire - Mozambique, grand stade de Marrakech (groupe F)
- 21 h : Cameroun - Gabon, grand stade d'Agadir (groupe F)
Deuxième journée
26 décembre
- 13 h 30 : Angola - Zimbabwe, grand stade de Marrakech (groupe B)
- 16 h : Égypte - Afrique du Sud, grand stade d'Agadir (groupe B)
- 18 h 30 : Zambie - Comores, stade Mohammed V de Casablanca (groupe A)
- 21 h : Maroc - Mali, stade Moulay Abdellah à Rabat (groupe A)
27 décembre
- 13 h 30 : Bénin - Botswana, stade olympique de Rabat (groupe D)
- 16 h : RD Congo - Sénégal, grand stade de Tanger (groupe D)
- 18 h 30 : Ouganda - Tanzanie, stade Al Barid à Rabat (groupe C)
- 21 h : Nigeria - Tunisie, complexe sportif de Fès (groupe C)
28 décembre
- 13 h 30 : Gabon - Mozambique, grand stade d'Agadir (groupe F)
- 16 h : Guinée équatoriale - Soudan, stade Mohammed V de Casablanca (groupe E)
- 18 h 30 : Algérie - Burkina Faso, stade Moulay El Hassan à Rabat (groupe E)
- 21 h : Cameroun - Côte d'Ivoire, grand stade de Marrakech (groupe F)
Troisième journée
29 décembre
- 17 h : Égypte - Angola, grand stade d'Agadir (groupe B)
- 17 h : Zimbabwe - Afrique du Sud, grand stade de Marrakech (groupe B)
- 20 h : Comores - Mali, stade Mohammed V de Casablanca (groupe A)
- 20 h : Maroc - Zambie, stade Moulay Abdellah à Rabat (groupe A)
30 décembre
- 17 h : Nigeria - Ouganda, complexe sportif de Fès (groupe C)
- 17 h : Tanzanie - Tunisie, stade olympique de Rabat (groupe C)
- 20 h : Botswana - RD Congo, stade El Barid à Rabat (groupe D)
- 20 h : Bénin - Sénégal, grand stade de Tanger (groupe D)
31 décembre
- 17 h : Guinée équatoriale - Algérie, stade Moulay El Hassan à Rabat (groupe E)
- 17 h : Burkina Faso - Soudan, stade Mohammed V de Casablanca (groupe E)
- 20 h 30 : Cameroun - Mozambique, grand stade d'Agadir (groupe F)
- 20 h 30 : Côte d'Ivoire - Gabon, grand stade de Marrakech (groupe F)
Huitièmes de finale
Les matches de la phase finale se dérouleront à 18 h et 20 h 30, sauf pour la finale à 20 h.
3 janvier 2026
1er groupe D - 3e groupe B/E/F, grand stade de Tanger
2e groupe A - 2e groupe C, stade Mohammed V de Casablanca
4 janvier 2026
2e groupe B - 2e groupe F, stade Moulay Abdellah à Rabat
1er groupe A - 3e groupe C/D/E, stade El Barid à Rabat
5 janvier 2026
1er groupe B - 3e groupe A/C/D, grand stade d'Agadir
1er groupe C - 3e groupe 1/B/F, complexe sportif de Fès
6 janvier 2026
1er groupe F - 2e groupe E, grand stade de Marrakech
1er groupe E - 2e groupe D, stade Moulay El Hassan à Rabat
Quarts de finale
9 janvier 2026
Vainqueur H1-Vainqueur H2, grand stade de Tanger
Vainqueur H3-Vainqueur H4, stade Moulay Abdallah à Rabat
10 janvier 2026
Vainqueur H5-Vainqueur H7, grand stade de Marrakech
Vainqueur H8-Vainqueur H6, grand stade d'Agadir
Demi-finales
14 janvier 2026
Vainqueur Q1-Vainqueur Q3, grand stade de Tanger
Vainqueur Q4-Vainqueur Q2, stade Moulay Abdallah à Rabat
Petite finale (3e place)
17 janvier 2026 (17h) au stade Mohammed V de Casablanca
Finale
18 janvier 2026 (20h) au stade Moulay Abdallah à Rabat
Les Journées Cinématographiques de Carthage 2025 : Sous le signe de l’engagement, de la reconnaissance et de l’audace
· * La Tunisie participe aux trois compétitions par neuf films
· * Des hommages à Zied Rahbani, Fadhel Jaziri, Abdelaziz Ben Mlouka, Claudia Cardinale…et Mohammed Lakhdar-Hamina rythment le festival
PaPar Imen Abderrahmani
La 36ᵉ édition des Journées Cinématographiques de Carthage (JCC), qui se déroulera du 13 au 20 décembre 2025, s’annonce comme un événement incontournable pour les cinéphiles du monde entier. Le tour de la programmation !
Evénement phare du calendrier cinématographique arabe et africain, qui depuis sa création met en avant des films engagés, diversifiés et porteurs de message, le festival proposera cette année une programmation riche et variée, en restant toujours fidèle à l’esprit de la manifestation. Entre compétitions officielles, hommages à des figures majeures du cinéma arabe et africain, projections spéciales et focus sur les nouvelles générations de cinéastes, les JCC offriront une expérience cinématographique unique.
Dévoilé sur la page officielle des JCC sur « facebook », attisant la curiosité des cinéphiles, la compétition officielle des courts-métrages mettra en lumière une sélection variée de films abordant différentes thématiques. Au total : seize films représentant dix pays arabes et africains seront projetés. La Tunisie y est avec trois films en compétition : « Sursis » de Walid Tayaa, « Tomates maudites » de Marwa Tiba et « Le fardeau des ailes » de Rami Jarboui. Les autres pays représentés incluent l’Égypte, le Liban, la Palestine, le Sénégal, ainsi que des films venus d'Afrique du Sud, de l'Algérie, du Cap-Vert, du Togo et de la Syrie.
Dans la compétition des longs-métrages de fiction, plusieurs films forts seront à l’affiche. Ces œuvres venues de pays comme le Nigeria, le Soudan, l’Irak, la Tunisie, l’Arabie Saoudite, l’Egypte… et la Palestine proposeront une réflexion sur les réalités sociales et politiques contemporaines. La Tunisie est bel et bien présente dans cette section avec « La voix de Hind Rajab » de Kaouther Ben Hania, « Promis le ciel » de Erige Sehiri et « D’où vient le vent » de Amel Guellaty.
La compétition officielle des longs-métrages documentaires offrira à voir des œuvres poignantes qui abordent des thématiques universelles. Des films comme « Cimetière de vie » de Mamadou Moustapha Gueye (Sénégal), « Five Eyes » de Karim Debbagh (Maroc), « Home Movie on Location » de Viola Shafik (Égypte), et « L’homme qui plante les baobabs » de K. Michel Zongo (Burkina Faso) figurent parmi les projets sélectionnés. « Le Para-dis » de Majdi Lakhdar, « Notre Semence » d’Anis Lassoued et « On The Hill » de Belhassen Handous, trois docs qui représenteront la Tunisie dans cette section et dans la course pour le Tanit d’or. Au total, pour cette édition 2025, 42 films issus de 19 pays arabes et africains (Burkina Faso, République du Congo, Egypte, Irak, Jordanie, Maroc, Sénégal, Nigeria, Soudan, Tchad, Arabie Saoudite, Algérie, Palestine, Liban, Afrique du Sud, Cap-Vert, Togo, Syrie et Tunisie), répartis dans les trois grandes compétitions du festival, seront en course pour le Tanit, dont neuf films tunisiens (dans les trois catégories)
Pour la mémoire…
Et pour ne pas oublier. Devoir de mémoire l’oblige, la 36ᵉ édition des JCC proposera des focus sur plusieurs figures majeures du cinéma arabe et africain à travers des hommages, projections spéciales et master-classes. Parmi ces artistes marquants dont le festival célèbre le parcours et l’œuvre, nous citons le cinéaste malien Souleymane Cissé, véritable légende du septième art africain que les JCC ont programmé la projection de trois de ses films emblématiques ainsi qu’un documentaire réalisé par sa fille retraçant son parcours et son influence. Les JCC rendront également hommage au producteur tunisien Abdelaziz Ben Mlouka, pilier de l’industrie cinématographique nationale, en projetant plusieurs œuvres qu’il a accompagnées, témoignant de son audace et de sa vision.
La grande Claudia Cardinale, icône internationale née à Tunis, qui nous a quittés en septembre dernier, sera honorée à travers une rétrospective de trois films retraçant sa carrière et sa passion pour la Tunisie. Cette édition proposera également une sélection de films auxquels Ziad Rahbani a participé, l’un des artistes les plus marquants du monde arabe. Sa musique, empreinte du souffle et de la douleur de Beyrouth, ses mots chargés d’amertume et d’ironie, ainsi que son engagement intellectuel, feront écho à sa participation à des films tels que « Le Cerf-volant » de Randa Chahal, « Nahla » de Farouk Beloufa, « Retour à Haïfa » de Kassem Hawal, et « Après cet âge…Ziad Rahbani » de Jad Gosn, tous à découvrir au festival.
Le festival célébrera aussi des personnalités qui ont marqué la pensée critique et la création maghrébine. Un hommage sera rendu au critique libanais Walid Chmait avec la projection d’un documentaire réalisé par son fils, dévoilant la trajectoire d’un intellectuel passionné dont la plume a influencé le cinéma arabe. Enfin, le maître algérien Mohammed Lakhdar-Hamina sera mis à l’honneur avec la projection de trois de ses œuvres majeures, suivie d’une masterclass animée par Malik Lakhdar-Hamina, offrant au public un éclairage privilégié sur l’héritage artistique de l’un des plus grands noms du cinéma maghrébin.
Le cinéaste et homme de théâtre tunisien Fadhel Jaziri (1948-2025) sera également au cœur de cet hommage à travers la projection de deux œuvres majeures auxquelles il a pris part : « La Noce » (1978), film réalisé par le collectif du Nouveau Théâtre, restauré et présenté pour la première fois en Tunisie et « Traversées » (1982) de Mahmoud Ben Mahmoud où il incarne le rôle principal.
La célébration du centenaire de la naissance du cinéaste Paulin Soumanou Vieyra (1925-1987) ne passera pas inaperçue aux JCC qui rendra hommage à ce pionnier du cinéma africain. L’hommage à Vieyra comprend la projection de trois films : « C’était il y a 4 ans » (1954), « En résidence surveillée » (1981) et « Vieyra, le précurseur innovant » (2025) ainsi qu’une exposition qui retrace son œuvre.
Des séances spéciales des films hors compétition sont déjà annoncées : « L’Odyssée de l’Oubli » du réalisateur tunisien Mokhtar Ladjimi, « Redécouvrir Fanon » du réalisateur américain Rico Speight, « Round 13» du réalisateur tunisien Mohamed Ali Nahdi, « The settlement » du réalisateur égyptien Mohamed Rachad, « Têtes Brulées » de la réalisatrice tunisienne Maja-Ajmia Yde Zellama.
Des autres sections comme le cinéma vert, des films « choix officiel, hors compétition », des cinéma arménien, espagnol et de l’Amérique Latine, nous reviendrons demain.
A suivre !
Imen.A.
Djerba : les citernes ancestrales, trésor patrimonial et outil de résilience face au climat
Sur l’île de Djerba, les citernes souterraines, ou fesguias, témoignent d’un savoir-faire ancestral en matière de gestion de l’eau. Inscrites dans un territoire désormais reconnu par l’UNESCO, elles font l’objet de projets de valorisation et de restauration visant à renforcer la résilience climatique et à préserver ce patrimoine hydraulique unique.
Les citernes, ces structures souterraines élaborées pour capter et stocker les eaux de pluie, révèlent l’ingéniosité d’une communauté qui a appris très tôt à composer avec la rareté hydrique. Héritées d’un savoir-faire ancien, elles continuent de jouer un rôle essentiel dans la vie religieuse, domestique et artisanale de l’île, offrant encore aujourd’hui une solution naturelle face aux changements climatiques.
À la différence des bassins à ciel ouvert du modèle tunisien classique, tels que ceux des Aghlabides à Kairouan, Djerba a développé un système entièrement souterrain : de vastes réservoirs alimentés par des canaux en terre cuite installés sous des toitures inclinées pour optimiser l’écoulement. Selon la chercheuse en patrimoine Rawdha Hamzi, ces structures remontent à l’époque romaine et ont perduré durant la période islamique, nourries par la tradition ibadite qui confère à l’eau une dimension sacrée, en écho au verset coranique : « Et Nous avons fait de l’eau toute chose vivante ».
Les mosquées de l’île témoignent de cette centralité de l’eau dans l’architecture religieuse. Dans les mosquées côtières, appelées « mosquées de la plage », une seule citerne était généralement construite afin de priver d’eau un éventuel ennemi venant de la mer, explique la chercheuse. À l’inverse, les mosquées-refuges situées à l’intérieur de l’île disposent de plusieurs citernes – jusqu’à six par site, comme à la mosquée Fadhloun ou à la mosquée Medrajen. Les mosquées-écoles, telles que celles de Sidi Sofien ou Abou Massour, peuvent en compter plus d’une douzaine afin d’assurer l’approvisionnement en eau pour les élèves, les fidèles et les voyageurs.
Dans l’architecture domestique et économique, les citernes (fesguias) demeurent un élément essentiel : on les retrouve dans les ateliers de tissage, les huileries, les fours traditionnels, les poteries, ainsi que dans les maisons où leur emplacement est minutieusement étudié pour conserver la fraîcheur de l’eau. Une citerne de quartier, appelée fessguiat essabil, est aussi construite comme acte de charité pour les passants.
« À Djerba, l’eau est sacrée, identitaire et patrimoniale », souligne Rawdha Hamzi. Elle rappelle que les ustensiles de conservation, les modes de transport et l’usage ritualisé de l’eau témoignent d’une véritable philosophie, intégrée dans l’architecture et la gestion des ressources.
L’île de Djerba est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2023, pour son urbanisme insulaire, ses villages, ses mosquées et son patrimoine culturel. Même si les citernes (fesguias) ne sont pas nommément listées, elles s’inscrivent pleinement dans la logique de gestion durable de l’eau et d’adaptation au territoire.
Face aux pressions climatiques, ces citernes anciennes font l’objet d’un nouvel intérêt. Plusieurs initiatives locales visent à les protéger et à les valoriser, dont le projet « 3R CC » (Recharge, Rétention et Réutilisation des Citernes d’eau à Djerba), piloté par l’Association pour la sauvegarde de l’île de Djerba (ASSIDJE). Le programme vise à renforcer la gestion durable des citernes, préserver ce patrimoine hydraulique ancestral et assurer un avenir plus résilient pour la population. L’association a recensé 121 fesguias publiques, en a restauré plusieurs et a installé de nouvelles citernes dans certaines écoles.
Parallèlement, le projet « Fesguietna » (Notre fesguia), piloté par l’Association Jlij pour l’Environnement Marin, en partenariat avec le Commissariat régional au Développement agricole et avec le soutien du Fonds mondial pour la nature (World Wide Fund for Nature – WWF) en Afrique du Nord, identifie et valorise les citernes publiques tout en sensibilisant la population locale et en l’impliquant dans la lutte contre la vulnérabilité de l’île face aux changements climatiques. Les interventions portent notamment sur le nettoyage, le retrait des sédiments, la consolidation des parois, l’amélioration des systèmes de collecte des eaux et l’aménagement des abords pour un accès sécurisé.
À Djerba, ces ouvrages hydrauliques ancestraux apparaissent désormais comme une ressource stratégique pour renforcer la résilience de l’île et préserver un patrimoine qui a façonné, pendant des siècles, les rapports entre l’homme, l’eau et le territoire.
Le Quotidien avec TAP
Elle peut renforcer la justice sociale : L’ITES appelle à saisir intelligemment l’opportunité de l’IA
Par Hassan GHEDIRI
Dans une étude destinée à accompagner l’adoption de l’intelligence artificielle dans les politiques publiques, les spécialistes identifient les opportunités de transformation dans les secteurs stratégiques…
Après s’être intéressé par le passé, à des thématiques de recherches traitant des problématiques sociales et économiques majeures telles que la migration clandestine, la fuite des cerveaux, la sécurité énergétique et alimentaire, l’économie informelle, la crise des finances publiques, l’Institut tunisien des études stratégiques vient de rendre publics les résultats d’une nouvelle étude sur l’Intelligence artificielle en tant qu’un instrument au service de ce qu’on appelle Etat social.
Dans l’introduction de cette nouvelle étude réalisée par des experts multidisciplinaires et éditée le 1er décembre 2025, l’ITES souligne que dans un contexte de transformation numérique majeure et accélérée, l’IA s’impose aujourd’hui comme une technologie structurante capable de redessiner en profondeur les modes de production, d’accès et de gestion des services publics.
En tant que telle, et pour ce qui est de la Tunisie qui tarde encore à adopter une stratégie nationale dans laquelle sont défini les orientations et les objectifs à l’égard de ces transformations mondiale, l’IA peut, selon les experts, soit amplifie les déséquilibres sociaux et économiques existants, soit les corriger. Ceci dépendait de l’approche adoptée par les politiques publiques selon laquelle l’IA devait normalement pensée comme un outil de justice sociale.
L’enjeu pour l’Etat tunisien est donc double, parce qu’il consiste, d’après l’ITES d’accompagner l’intégration de l’IA dans les services publics, tout en garantissant son accessibilité, son éthique et sa finalité sociale.
Car l’IA peut, insistent les auteurs, renforcer concrètement le rôle social de l’État en modernisant des secteurs essentiels, tels que l’éducation, la santé, la protection sociale, le transport et la gouvernance publique.
Des solutions
Autant de domaines où les technologies intelligentes et l’automatisation peuvent améliorer la qualité du service public, réduire les inégalités régionales et mieux orienter les politiques sociales vers les populations les plus vulnérables. Dans l’éducation, par exemple, l’IA peut aider à détecter le décrochage scolaire, personnaliser l’apprentissage ou rationnaliser la gestion administrative.
Dans la santé, elle peut soutenir le diagnostic précoce, fluidifier les parcours de soins et pallier les disparités entre régions. Dans la protection sociale, les algorithmes peuvent favoriser un ciblage plus juste des aides, lutter contre les fraudes et optimiser l’allocation des ressources.
Quant aux infrastructures, l’IA offre des solutions de maintenance prédictive, de gestion du trafic ou d’amélioration logistique, contribuant à un meilleur aménagement du territoire. Pour l’ITES, l’enjeu dépasse la simple modernisation technique pour repositionner l’État au cœur des transformations à venir, en évitant que les technologies ne creusent davantage les fractures sociales et territoriales.
L’Institut rappelle, à ce titre, que l’IA ne peut être un instrument de progrès que si elle est accompagnée d’un cadre éthique, d’une gouvernance transparente et d’un accès équitable à ses bénéfices pour tous les citoyens.
En tant qu’instrument d’aide à la décision publique et de pilotage du changement, l’ITES se positionne de manière singulière au niveau national, au cœur des enjeux politiques, économiques, géopolitiques et sociaux du pays.
Ses travaux visent à éclairer le décideur sur les politiques publiques de demain et à faciliter la mise en œuvre des réformes structurelles qu’appelle le processus démocratique dans lequel la Tunisie s’est engagée. Dans cette dynamique, l’intégration maîtrisée et socialement orientée de l’intelligence artificielle apparaît comme l’une des clés majeures du chantier de modernisation de l’État.
H.G.
« Round 13 » de Mohamed Ali Nahdi primé en Iran
Le nouveau long-métrage de Mohamed Ali Nahdi « Round 13 » vient de recevoir le prix du meilleur film au « Fajr international film festival » en Iran. Le film raconte la lutte d’un ancien boxeur pour sauver la vie de son fils d’une grave maladie en lui apprenant à résister comme sur un ring.
Journées théâtrales de Carthage 2025 : Retour sur une édition très particulière
Par Imen Abderrahamani
Voilà, après une semaine de marathon entre représentations théâtrales, master-classes, forum…, le rideau est tombé le samedi soir sur la 26ème édition avec une belle consécration du théâtre tunisien. Retour sur le palmarès et quelques moments forts de l’édition !
Que reste-t-il de cette édition des JTC ? Certes, la triple consécration de la pièce de théâtre tunisienne « Les fugueuses » de Wafa Taboubi, reste l’un des événements marquants de l’édition. La pièce qui a remporté un Tanit d’or et également les prix de la meilleure interprétation féminine attribué à Lobna Nooman et le meilleur texte pour également Wafa Taboubi ne peut pas passer inaperçue. Il a été déjà salué par l’une des figures marquantes de la théorie théâtrale contemporaine Patrice Davis (sa présence aux JTC est également l’un des moments forts de l’édition), lors de son master-class. Ce chercheur qui a à son actif de nombreuses publications spécialisées dans le théâtre dont deux dictionnaires a noté qu’il a bien apprécié la construction narrative et la profondeur des personnages, et également leurs performances minutieuses et captivantes. A cette belle consécration « féminine », s’ajoute une autre victoire théâtrale tunisienne avec le Tanit de Bronze, attribué à « Jacaranda », une production du Théâtre National Tunisien (Jeune), mise en scène par Nizar Saiîdi et écrite par Abdelhalim Messaoudi.
Outre la remise des prix, la cérémonie de clôture qu’a présenté brillamment le duo Samia Hami et El Wathek Bellah Chakir, a été également une occasion pour saluer la mémoire de deux artistes qui nous ont quittés au cours de la semaine écoulée, au cœur des JTC, l’acteur tunisien Noureddine Ben Ayed et l’actrice algérienne Beyouna. C’était également une occasion pour saluer le parcours de quelques artistes qui ont marqué de leurs empreintes la scène théâtrale tunisienne : le chercheur et l’universitaire Mohamed Messaoud Driss et les artistes Leila Toubel, Abdelhamid Gayess et Aziza Boulabyar.
Au-delà de cette clôture, couronnant la manifestation, l’un des faits marquants de l’édition est l’affluence du public. De nombreux spectacles ont affiché complet, témoignant de l’intérêt croissant pour le festival. Parmi les pièces les plus courues figurent « Le Roi Lear » de Shady Sorour (Égypte) et « Rêve(s)… Une comédie noire » de Fadhel Jaïbi, avec Jalila Baccar à l’écriture. D’autres productions, comme « Amore » de Dippo Delbono, « Métamorphose » de Kaïs Boularès, « Sogra, une étoile dans le ciel » de Hatem Derbal, « Sur le maqam du Carmel » de Walid Ayadi et Naoufel Azara sous la direction de Taoufik Jebali ou « Testostérone » de Cyrine Gannoun, ont également capté un large public, renforçant la notoriété des JTC. Pour les organisateurs comme pour les artistes, cette affluence ne peut qu’être un bon signe, assurant le bon déroulement de la manifestation.
Ces moments marquants
L’un des points forts de l’édition est certes le forum international qui a permis au grand public, généralement formé des professionnels tunisiens et étrangers et des médias nationaux et internationaux d’écouter des hommes et des femmes qui ont voué leurs vies au 4ème art parler de leurs choix artistiques, esthétiques, de leurs visions, dans des débats « spontanés ». Le podium du forum a vu ainsi défiler des sommités de la scène théâtrale comme Taoufik Jebali, Fadhel Jaïbi et Oum Ezzine Ben Chikha (Tunisie), Ali Mahdi Nouri (Soudan), Fabio Tolledi (Italie) qui ont abordé quelques facettes de leurs expériences. Le directeur de l’édition, Mounir Argui, a annoncé que les communications du forum seraient publiées dans un ouvrage, une initiative qui permettra aux chercheurs et au grand public de mieux saisir la richesse des parcours présentés. Une promesse qu’on espère qu’elle trouve de bons échos auprès du comité d’organisation de la prochaine édition.
Le deuxième point fort de cette 26ème est certes ces nombreux ateliers qui se sont déroulés à l’Institut supérieur d’art dramatique et qui ont été animés par des experts dans différentes disciplines telles que la mise en scène, le passage du texte à la scène, le jeu d’acteur et qui ont permis aux jeunes artistes de perfectionner leurs compétences et d’enrichir leur parcours professionnel.
L’édition 2025 des Journées théâtrales de Carthage a été un véritable succès, tant sur le plan artistique qu’en termes de fréquentation. Toutefois, pour que le festival continue de rayonner et de jouer un rôle central dans le développement du théâtre contemporain arabe et africain, quelques ajustements et propositions mériteraient d’être explorés. Parmi elles, la mise en place d'une mini-foire du livre théâtral, l’instauration d’un prix du public pour récompenser la meilleure pièce, ainsi qu’un marché dédié aux spectacles, permettraient de dynamiser encore davantage l’événement et d’enrichir l’expérience des spectateurs et des professionnels. Alors, à la prochaine édition et à bon entendeur !
Imen ABDERRAHMANI
Palmarès complet
**Compétition officielle
Tanit d’Or : « Les Fugueuses », Wafa Taboubi (Tunisie)
Tanit d’Argent : « Le mur », Sinan Al-Azzawi (Irak)
Tanit de Bronze : « Jacaranda », Nizar Saidi (Tunisie)
Meilleure interprétation masculine : Ahmed Abou Zid, « Free Fall » (Égypte)
Meilleure interprétation féminine : Lobna Noomen, « Les Fugueuses » (Tunisie)
Meilleur texte : Wafa Taboubi, « Les Fugueuses » (Tunisie)
Meilleure scénographie : Ali Soudani, « Le mur » (Irak)
** Prix parallèles
· Théâtre de la liberté
Centres de rééducation
Grand Prix : « Une vie sans addiction »- Centre d’El Mourouj (mise en scène : Khaled Al-Amdouni & Seifeddine Oueslati)
Deuxième Prix : « Awlèd ‘Arouche »- Centre de Souk Jedid (mise en scène : Mahmoud El-Ghabi)
Troisième Prix : « Séance secrète »- Centre de Sidi El-Hani (mise en scène : Kholoud Al-Mathnani)
Clubs des institutions pénitentiaires
Grand Prix : « Sadd Aakel »- Prison civile de Borj Erroumi (mise en scène par l’unité des détenus)
Deuxième Prix : « Al Hawia » (Le conteneur)-Prison pour femmes de Manouba (mise en scène : Rebab El Bouzeidi)
Troisième Prix : « Moula El Bache »- Prison civile d’Ennadhour (mise en scène : Hamza Essennani)
· Prix Najiba Hamrouni pour la liberté d’expression, attribué par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) à la pièce « Znous » de Salah Hamouda, avec une mention spéciale pour Métamorphose de Kais Boulares.
Imen.A.
415 nouveaux cas enregistrés et 2236 porteurs du VIH : Où en sommes-nous dans la lutte ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La Société tunisienne de biologie clinique a révélé hier en marge de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA que la Tunisie a enregistré 415 nouveaux cas de VIH. Où en sommes-nous, justement, dans la lutte ?
Selon le coordinateur du programme national de lutte contre le VIH/SIDA à la direction des soins de santé de base, Samir Mokrani, le nombre total de personnes vivant avec le VIH/SIDA et sous traitement en Tunisie a atteint 2 236 jusqu’au mois de décembre 2024 dont 200 étrangers.
Mokrani a également révélé que 415 nouveaux cas ont été mis sous traitement et 36 cas de décès ont été enregistrés durant l’année 2024, « ce chiffre pourraient être plus élevé en raison de décès survenu dans des services de santé non spécialisées dans le traitement du VIH ou à domicile et ne figurant pas dans les statistiques officielles » a-t-il déclaré à l’agence TAP en marge d’une journée d’étude sur la lutte contre le SIDA, organisée par l’association tunisienne de biologie clinique, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA.
Le coordinateur du programme national de lutte contre le VIH/SIDA à la direction des soins de santé de base a, en outre, indiqué que « plus de 80% des personnes vivant avec le virus en Tunisie suivent leur traitement régulièrement et plus de 70% ont une charge virale faible, ce qui les rend non transmissibles ». Et d’ajouter : « Ces chiffres reflètent la réussite du programme national qui garantit un traitement gratuit pour les Tunisiens et les étrangers résidents ».
A rappeler que l’Association tunisienne de lutte contre les maladies avait mis en garde contre l’augmentation des pratiques sexuelles non contrôlées sous effet de la drogue et de l’alcool, dont l’usage se répand chez les jeunes.
Et même si la Tunisie dispose de quatre centres publics de soins et de dépistage situés à Tunis, Sfax, Sousse et Monastir, les chiffres sont en hausse à cause entre autre du manque des compagnes de sensibilisation. Où en sommes-nous, justement, dans la lutte contre le SIDA?
Stigmatisation…
Pour l’activiste, Amir Haj Massoud, «la stigmatisation du VIH en Tunisie est un problème majeur qui freine le dépistage, le traitement et la prise en charge des personnes vivant avec le virus. Cette stigmatisation se manifeste par des discriminations, notamment au sein des établissements de santé, et par le poids des tabous qui empêche les personnes de connaître leur statut sérologique et de suivre leur traitement ».
Dans un témoignage accordé au site Nawat, un malade porteur du virus du SIDA a dénoncé le mauvais traitement dont il a été victime dans un hôpital de Nabeul, « J’ai été admis au services d’urgence après un accident de la route et le médecin a découvert un début d’hémorragie au foie et décide de m’opérer. C’est à ce moment que les problèmes commencent. L’anesthésiste de l’opération découvre qu’il est atteint du VIH.
L‘anesthésiste a interpellé ma femme devant les autres patients et commencé à lui poser des questions embarrassantes. Il a continué à l’humilier en public en répétant le mot « Sida » à haute voix. Après, c’était le tour de l’infirmière de harceler ma femme et même le gamin qui était déjà assez traumatisé par l’incident », a-t-il révélé.
Pourtant, la Tunisie dispose depuis les années 2000 d’un programme national de lutte contre le SIDA. Ce programme s'articule autour de programmes de dépistage et de prévention. Le dépistage du VIH est accessible dans les laboratoires de ville ou hospitaliers, et des programmes spécifiques ciblent les populations les plus à risque, comme les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, pour lesquels la prévalence est la plus élevée du pays.
M.B.S.M.
Selon la Cité des sciences : Ramadan 1447 débutera le jeudi 19 février 2026
Sarra Snoussi, la cheffe du service « Espace Univers » à la Cité des sciences, vient de révéler que le jeudi 19 février 2026 marquera le premier jour du mois de Ramadan 1447 de l’hégire. Le mercredi 18 février 2026 constituera donc l’achèvement du mois de Chaabane, conformément aux calculs astronomiques.
Elle a précisé que la conjonction lunaire surviendra le mardi 17 février 2026 à 13h00. L’observation du croissant, effectuée le même soir, reste scientifiquement compromise : le soleil se couchera à 18h02, suivi du coucher de la lune à 18h09. Une fenêtre de quelques minutes seulement, aussi ténue qu’un souffle sur l’horizon, « insuffisante pour discerner le croissant », a-t-elle expliqué. L’altitude du croissant ne dépassera en effet un degré au-dessus de l’horizon, rendant toute observation impossible.
« Dans ces conditions, il sera impossible de détecter le croissant de Ramadan, ni à l’œil nu ni à l’aide d’un télescope », a conclu Sarra Snoussi. Ainsi, le début officiel de Ramadan 1447 est fixé au jeudi 19 février 2026.
Le journal de l’économie
L’élégance en création : Mercedes-Benz célèbre l’art sous toutes ses formes
Le 28 novembre 2025, le showroom Mercedes-Benz de la Charguia 1 s’est transformé en un écrin dédié à la création tunisienne, réunissant onze artistes autour de la vision du maître plasticien Walid Zouari. L’art y devient langage, engagement et prolongement naturel de l’univers Mercedes-Benz.
Cette exposition reflète la volonté de la marque d’ancrer l’innovation dans une démarche humaine, culturelle et responsable.
« Nous voulons rappeler que la mobilité n’a de sens que lorsqu’elle inspire, élève et crée du lien », souligne Meherzia Hamlaoui, Directrice Marketing Le Moteur et initiatrice de l’action.
En ouvrant ses espaces à Walid Zouari et à ce collectif d’artistes tunisiens, Mercedes-Benz célèbre l’audace, la diversité et l’héritage créatif de la scène locale. Peinture, sculpture ou calligraphie : chaque œuvre témoigne d’un regard singulier sur le monde, en écho aux valeurs d’excellence et de sensibilité portées par la marque.
Tetra Pak : Haithem Debbiche nommé au poste de D.G. pour la région Maghreb et Afrique de l'Ouest
Tetra Pak nomme un nouveau Directeur Général Maghreb et Afrique de l’Ouest. Il s’agit de Haithem Debbiche qui occupait depuis 2024 le poste de Directeur général sur la région Afrique de l’Ouest. Il succède à Laurent Rodier sur la région Maghreb et devient ainsi le Directeur Général de toute la région Maghreb & Afrique de l’Ouest.
Diplômé de l'Université Paris Sorbonne et fort de ses 21 ans d’expérience au sein de Tetra Pak, Haithem Debbiche a occupé diverses fonctions stratégiques au sein de l'organisation et a joué un rôle clé dans le développement de ses activités et de ses relations avec ses partenaires au Maghreb et en Afrique de l’Ouest. Avec près de 20 années d’exercice dans la région du Maghreb, Debbiche a construit un savoir-faire et dispose d’une connaissance élargie de la région et de ses caractéristiques.
La Tunisie se prépare à lancer le troisième plus grand supercalculateur d’Afrique
La Tunisie se prépare à lancer le troisième plus grand supercalculateur d’Afrique afin de permettre aux chercheurs de développer leurs recherches, dans le cadre d’un partenariat avec la République Populaire de Chine.
Dans une déclaration faite à la radio nationale, en marge de l’événement « La tournée d’Al-Khawarizmi » (Jaoulat Al-Khawarizmi) qu’abrite la Cité des Sciences à Tunis, le chef de cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur a indiqué que cet ordinateur (supercalculateur) entrerait en service dans les prochaines semaines, précisant qu’il sera mis à la disposition des chercheurs de tous les secteurs.
Il a ajouté que ce supercalculateur provoquera un saut qualitatif au niveau du développement de la recherche tunisienne dans le domaine de l’intelligence artificielle, soulignant que le stockage des informations se fait en Tunisie pour protéger toutes les productions de recherche tunisiennes et les données personnelles, dans le cadre du renforcement de la souveraineté nationale de la recherche scientifique. Il a rappelé que tous les équipements relatifs à cet ordinateur sont disponibles et que les travaux d’installation sont actuellement en cours pour une mise en service dans les prochaines semaines.
Étudier en France : les procédures 2025–2026 et la 4ᵉ édition du Forum des Mobilités
La France demeure l’une des destinations privilégiées des étudiants tunisiens, et Campus France Tunisie joue un rôle central dans l’accompagnement de ces mobilités. Présente dans plus de 135 pays, l’agence s’appuie sur un réseau de plus de 270 espaces, dont trois en Tunisie : Tunis, Sousse et Sfax, rattachés à l’Ambassade de France et à l’Institut français de Tunisie.
Une présence tunisienne toujours en hausse
En 2025, les établissements français d’enseignement supérieur comptent près de 445 000 étudiants internationaux. Les Tunisiens y occupent une place importante, avec 15 949 inscrits. Sur les cinq dernières années, leur nombre a augmenté de 22 %, renforçant la position de la Tunisie comme 6ᵉ pays d’origine des étudiants étrangers en France, derrière le Maroc, la Chine, l’Algérie, l’Italie et le Sénégal.
La Tunisie reste par ailleurs le premier pays au monde en ratio d’étudiants par habitant effectuant leurs études en France, avec environ 5 000 départs par an.
La procédure “Études en France” : qui est concerné ?
La plateforme « Études en France » s’adresse aux Tunisiens, ainsi qu’aux ressortissants étrangers non européens résidant en Tunisie, souhaitant poursuivre des études supérieures en France, passer un concours ou effectuer un séjour de recherche.
Les candidatures pour les établissements connectés sont ouvertes :
• jusqu’au 10 décembre 2025 pour les Licence 1 et les écoles d’architecture (ENSA) ;
• jusqu’au 15 janvier 2026 pour les autres formations : BUT, L2/L3, Masters, écoles d’ingénieurs et écoles de commerce.
Pour les établissements non connectés, les candidatures peuvent être déposées tout au long de l’année.
Le Forum des Mobilités revient pour sa 4ᵉ édition
Fort du succès de son édition 2025, qui a attiré plus de 5 000 visiteurs, le Forum des Mobilités revient du 9 au 12 avril 2026. Cet événement majeur offrira aux élèves, étudiants et parents l’opportunité de rencontrer directement des représentants d’établissements français publics et privés : universités, classes préparatoires, écoles d’ingénieurs, écoles de commerce et écoles spécialisées.
Les rencontres se tiendront dans les Instituts français de Tunis, Sousse et Sfax, permettant un accès facilité pour les futurs candidats à la mobilité.
Les informations détaillées sur les procédures de candidature, les formations disponibles et les événements à venir sont accessibles sur le site de Campus France Tunisie : tunisie.campusfrance.org
Mondial 2026 – Selon Opta, l’Espagne est en tête des favoris pour le titre
Opta a livré ses prédictions pour la Coupe du monde 2026. C’est l’Espagne (17% de chances d'aller au bout) qui est en tête, devant les Bleus qui sont la deuxième force en présence avec 14,1% de chances. Ils devancent l'Angleterre et l'Argentine. Demi-finaliste en 2022, le Maroc est loin alors que l'Allemagne se place devant le Portugal. Pour sa part, la Tunisie occupe la 29e place avec 0,2% sur les 38 équipes citées.
Le super-ordinateur d'Opta a parlé. Ainsi soit-il. Ce lundi, il a donné ses prédictions pour la prochaine Coupe du monde classant toutes les nations qualifiées, et même celles qui ne le sont pas encore, selon leur pourcentage de chance d'aller au bout. Le spectre s'étend de l'Espagne, logiquement en tête des pronostics, et ses 17% jusqu'à un trio qui n'a littéralement aucune chance de décrocher le trophée : la Jordanie, le Curaçao et Haïti.
Le mode de calcul reste obscur, mais le classement est limpide. Derrière l'Espagne, ce sont les Français qui s'en sortent le mieux avec 14,1% de chances de remporter une troisième Coupe du monde. Vainqueur en 2018, finaliste en 2022, la France de Kylian Mbappé a évidemment de sérieux arguments pour aller au bout.
L'Argentine, le Maroc et le Portugal sous-cotés ?
Plus surprenant, le faible pourcentage attribué au tenant du titre argentin (8,7%) alors même que l'Albiceleste a écrasé la zone Am'Sud en qualifications et remporté la Copa America 2024. Opta lui préfère, par exemple, l'Angleterre (11,8%) qui n'a pourtant rien gagné depuis 1966. Mais l'élan des dernières années couplées à la grosse campagne de qualifications donnent à Harry Kane et ses coéquipiers une étiquette de favoris.
L'Allemagne, qui n'a plus franchi les poules depuis son dernier titre en 2014, conserve curieusement une courte tête d'avance (7,1% contre 6,6%) sur le Portugal et sa constellation de stars (Ruben Dias, Vitinha, Joao Neves, Nuno Mendes, Bruno Fernandes, Cristiano Ronaldo, etc.). Demi-finaliste en 2022 et toujours aussi performant depuis, le Maroc plafonne à 1,1% tout comme le finaliste 2018 et demi-finaliste en 2022, la Croatie. Les deux nations figurent derrière la Norvège (2,3%), la Colombie (2%) ou le Mexique (1,3%) qui n'ont jamais atteint le dernier carré de la compétition.
Dans ce classement, la Tunisie est loin derrière avec seulement 0,2% alors que l’Algérie et l’Egypte sont légèrement mieux situés (0,3%).
Une seule voiture par famille : Une loi à la tunisienne…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
L’article 55 du projet de loi de finances 2026 portant sur l’importation de voiture pour chaque famille a été adopté le week-end dernier, mais il continue à faire l’objet de nombreuses critiques.
Comme prévu, il y a quelques jours, et ce, dans le cadre du projet de loi de finances 2026, chaque famille tunisienne pourrait bientôt bénéficier d'un avantage fiscal unique pour importer une voiture neuve ou d'occasion après l'approbation de 131 députés samedi dernier.
Sauf que cette nouvelle loi qui permet à chaque famille résidant en Tunisie d’importer ou d’acheter, une seule fois dans la vie, un véhicule neuf ou d’occasion via un avantage fiscal est assorti de plusieurs conditions qui rendent son application presque impossible au vu du Code des changes actuellement en vigueur. Que dit justement ce texte qui commence à faire couler beaucoup d’encre ?
« L’article 55 du projet de loi de finances 2026 exclut du droit de consommation les véhicules électriques, hybrides et ceux produits localement, sous réserve du respect des mêmes seuils de cylindrée pour les motorisations thermiques. Le véhicule acquis ou importé ne doit pas dépasser huit ans d’âge.
Les personnes déjà propriétaires d’un véhicule de moins de huit ans en sont exclues. L’accès au dispositif dépend du revenu brut individuel du demandeur, qui ne doit pas dépasser dix fois le SMIG, ou quatorze fois pour un couple. Le texte interdit la cession du véhicule pendant cinq ans, mention inscrite sur la carte grise.
Le cumul avec un autre régime préférentiel d’acquisition de véhicule est également proscrit. L’article garantit un quota minimal : au moins 10 % du contingent annuel de véhicules autorisés à l’importation doit être réservé aux bénéficiaires de ce dispositif. Le mécanisme s’appuie sur des dispositifs déjà en vigueur, notamment celui des dons des Tunisiens résidant à l’étranger, la prime touristique et l’autorisation d’achat de devises dédiée à l’acquisition du véhicule.
Le texte encadre ainsi l’ensemble des procédures permettant la mise en œuvre de cet avantage fiscal. Et lorsqu’on sait que le Code des changes actuellement en vigueur ne permet pas pour les Tunisiens non résidant à l’étranger le transfert de devises, on imagine mal comment les Tunisiens vont financer l’achat de cette voiture à l’étranger », nous explique l’expert en économie et en finances Mohamed Salah Jennadi.
Restrictions …
Toujours selon notre expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi : « Si on se base sur le nombre des voitures vendues en 2024 qui est de l’ordre de 60 mille nouvelles immatriculations, la nouvelle loi limite l’importation de 10% seulement de ce même nombre, soit 6000 voitures par an.
Et si on se base sur le nombre de familles tunisiennes ne possédant pas une voiture et qui est de l’ordre de 1 million de foyers, il faut compter 180 ans pour être éligible à l’importation d’une voiture ». Et d’ajouter : « Il faut aussi avoir un proche ou un parent qui réside à l’étranger et qui est prêt à faire un don ou d’être remboursé en dinar tunisien.
Du coup, on est en présence d’un délit, puisque le Code des changes ne permet pas ce type de transactions. Pour la prime touristique qui est de l’ordre de 6000 D actuellement, elle ne permet pas d’acheter une voiture à l’étranger ».
L’expert Jennadi nous rappelle également que pour encadrer ce dispositif, plusieurs garde-fous ont été mis en place, comme le quota annuel. L'octroi de cet avantage fiscal n'est pas illimité.
Il sera accordé dans la limite de 10 % du quota annuel d'importation de voitures. Aussi, l’incessibilité : le véhicule ne pourra être revendu pendant une période de 5 ans (mention inscrite sur la carte grise) et en fin le non-cumul : l'acquisition ne peut être cumulée avec d'autres avantages fiscaux (comme le FCR ou la voiture populaire) ».
M.B.S.M.
Editorial : Ambiguïté - Par Hassan GHEDIRI
Présenté depuis un certain temps comme étant un étendard au nom duquel sont déclamés les discours officiels et surtout sont censés être conçues et appliquées les politiques économiques et sociales, l’Etat social a du mal à s’affirmer dans une approche par laquelle se déploient des actions ayant pour objectif primordial la redistribution équitable des richesses et l’amélioration du niveau de vie de toute la population.
Les difficultés à asseoir l’Etat social ont été constatées lors des discussions budgétaires qui se poursuivent au parlement et qui devraient normalement déboucher dans quelques heures sur l’adoption du document préparé par le gouvernement et qui ne serait, en fin de compte, retouché que très légèrement.
Dans l’absolu, tous les experts sont presque unanimes à considérer que des notions telles que la consolidation de la justice sociale et le renforcement de la souveraineté demeurent des déclarations de bonne intention limitées à des mesures conjoncturelles.
Le rejet de certains articles comme celui suggérant l’augmentation des impositions des plus riches, ou bien celui adopté après un amendement controversé et acrobatique et qui est supposé permettre aux ménages d’acquérir des véhicules d’occasion importés à des prix avantageux sont des exemples qui tendent à contredire les discours sur l’édification de l’Etat social.
Même si l’on se permettait d’admettre, par exemple, l’augmentation des salaires et le recrutement dans le secteur public comme des actions relevant de la responsabilité sociale de l’Etat, de tels choix demeurent sans impact réel parce qu’ils ne s’inscrivent pas dans une stratégie globale de croissance et de justice sociale.
L’Etat social ne peut se traduire seulement par une revalorisation des salaires ni à travers la création de milliers d’emplois non productifs dans la fonction publique. Il ne peut prospérer et s’affirmer que par le biais des politiques le développement porteuses d’une véritable révolution économique et sociale.
C’est-à-dire la mise en œuvre d’actions permettant d’améliorer la qualité des prestations sociales, de réduire le coût de la vie et de soutenir la croissance de manière durable. Ceci implique le financement des grands services publics collectifs comme l’éducation, la santé, la culture, la protection sociale, les transports collectifs, les logements sociaux et l’infrastructure urbaine.
Le projet d’Etat social proclamé par la présidence de la république que le gouvernement doit bâtir laisse cependant une impression d’ambiguïté qui rend difficile tout jugement quant à son implémentation concrète.
D’aucuns sont persuadés que l’idée d’un Etat social ne peut se matérialiser dans un environnement où plus de la moitié de l’économie échappe à la fiscalité, où les classes moyennes s’appauvrissent et où les jeunes diplômés continuent de fuir faute de perspectives sociales et professionnelles dignes.
Les promesses politiques d’instaurer la justice sociale continuent à se heurter à une disparité économique aggravée en permanence par la crise des finances et les difficultés à engager les réformes.
Une situation qui entraine des pertes colossales et incite l’Etat à engager en urgence les réformes qui permettent de juguler l’évasion fiscale d’assainir climat d’investissement, mais aussi à instaurer des mécanismes de protection sociale adaptés aux nouveaux défis de la précarité, la digitalisation et la transformation du marché d’emploi.
H.G.
Anouar Brahem reçoit le Prix d’Honneur 2026 du Preis der deutschen Schallplattenkritik
Le célèbre oudiste et compositeur tunisien Anouar Brahem a été honoré du prestigieux Prix d’Honneur 2026 (Ehrenpreis) du Preis der deutschen Schallplattenkritik, une distinction majeure dans le domaine de la musique. Ce prix est décerné par un comité composé de plus de 160 critiques musicaux et journalistes spécialisés en Allemagne, en Autriche et en Suisse, qui reconnaissent ainsi l’impact et la contribution exceptionnelle de Brahem à la musique mondiale.
Connu et reconnu mondialement par sa maîtrise du oud, cet instrument traditionnel arabe, et pour sa capacité à fusionner avec brio les influences musicales orientales et occidentales, Anouar Brahem a exprimé sa gratitude envers cette reconnaissance prestigieuse via une publication sur sa page Facebook. Il a ainsi tenu à remercier les membres du comité, tout en soulignant l’importance de cette distinction dans sa carrière musicale.
Né à Tunis le 20 octobre 1957, Anouar Brahem a su imposer sa vision artistique unique à travers des compositions qui mêlent jazz, musique classique et répertoires traditionnels arabes. Son parcours est marqué par une recherche constante de nouveaux horizons sonores, en collaborant avec de nombreux musiciens de renom, ce qui lui a permis de se faire une place de choix sur la scène musicale internationale.
Les albums d’Anouar Brahem témoignent de son attachement à ses racines et de sa quête constante d’innovation musicale, alliant habilement les sonorités orientales et occidentales. Depuis son premier album « Le Pas du Chat Noir » (1991), il a su repousser les frontières du oud, en explorant des univers sonores variés, du jazz à la musique classique. Des œuvres comme « Thimar » (1998) et « Mektoub » (2001) ont renforcé sa réputation de compositeur audacieux et visionnaire, où l’improvisation et la poésie se rencontrent avec une rare élégance. Son dernier album, « Vagabonds » (2023), incarne parfaitement cette évolution : une œuvre intime et expansive, où le oud se mêle à une instrumentation moderne, créant une atmosphère à la fois méditative et immersive. À travers cet album, Brahem continue d’explorer des territoires sonores inédits, tout en restant fidèle à son identité musicale profonde, marquée par une touche à la fois personnelle et universelle.
Ce Prix d’Honneur vient ainsi récompenser non seulement la carrière exceptionnelle de l’artiste, mais aussi son rôle clé dans l'élargissement des frontières de la musique arabe et de la fusion musicale. À travers ses albums et ses performances, Brahem a su toucher un large public, consolidant ainsi sa position parmi les plus grands musiciens contemporains.
Il est à rappeler que « Le Preis der deutschen Schallplattenkritik », fondé en 1959, est un prix indépendant qui se distingue par la rigueur et la qualité de ses sélections. Il est attribué chaque année par un comité de critiques spécialisés, qui met en lumière les artistes ayant marqué l'année musicale par leur originalité, leur talent et leur contribution à la culture musicale.
Par Le Quotidien
















