50.000 postes prévus dans la fonction publique : Où le gouvernement va-t-il trouver 1 milliard de dinars pour rémunérer ses nouveaux employés ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Même si les intentions sont bonnes, les moyens manquent pour réaliser cet objectif prévu dans le projet de loi de finances de 2026 visant à recruter 52.000 employés dans la fonction publique. Comment va procéder le gouvernement pour résoudre ce paradoxe ?
Près de 52.000 affectations sont prévues dans le projet de loi de finances pour l’exercice de l’année 2026. Le même projet porte sur le recrutement de 18.079 fonctionnaires au sein du ministère de l’Education en tant qu’enseignants du primaire et secondaire et d’agents d’encadrement pédagogique et d’orientation pratique en plus de la régularisation des la situation des diplômés de l’École normale supérieure et l’intégration de la promotion de juin 2024 des diplômés de licence appliquée ainsi que le recrutement des titulaires d’un doctorat (promotion 2026).
Le texte pote aussi sur la création au sein du ministère de la Défense nationale de 3.728 postes et 2.695 postes au ministère de l’Intérieur : 2.695 postes sous forme de nouvelles affectations dans les corps de sécurité et diplômés des écoles de formation, de 1.196 au ministère de la Justice, de 1.754 poste au ministère des Finances incluant des institutions comme l’Institut de financement du développement du Maghreb arabe (IFID), l’Institut d’économie douanière et fiscale (IEDF) et les douanes, ainsi que d’autres recrutements dans les administrations financières, de 4.000 postes au ministère de la Santé en tant que médecins, infirmiers, techniciens et cadres paramédicaux pour couvrir les besoins dans les hôpitaux, de 2.358 au ministère de la Jeunesse et des Sports et la régularisation des enseignants d’éducation physique et nouvelles embauches de 1.196 postes au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique en tant que cadres universitaires, administratifs et chercheurs, de 1.155 postes au ministère de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques : 1.155 postes en tant qu’ingénieurs, techniciens et cadres sur le terrain et la régularisation des statuts des ouvriers de chantier avec la création de 12.942 postes.
En chiffres, l’expert en économie et en finance, Mohamed Salah Jennadi, nous apprend que « la masse salariale de la Tunisie pour le budget 2026 est estimée à 25 267 millions de dinars, soit une augmentation de 3,6 % par rapport à 2025. Cette somme représente environ 40 % des charges budgétaires totales et est censée constituer environ 13,4 % du PIB ».
Comment, alors, le gouvernement va procéder pour financer ces nouveaux recrutements d’autant que l’économie tunisienne n’a pas retrouvé encore sa bonne santé ? Assainissement et plan social…
Les experts sont divisés concernant l’impact de ces recrutements en masse dans la fonction publique sur les équilibres financiers, « si cette opération est accompagnée d’un plan social visant à assainir la fonction publique et inciter les agents et fonctionnaires de la tranche d’âge 55-60 ans à partir à la retraite, le gouvernement aura une bonne marge de manœuvre pour maintenir les équilibres financiers à leurs niveaux demandés », nous dira l’expert en économie et en finance, Mohamed Salah Jennadi.
Et d’ajouter : « Malheureusement, l’arrêté du Chef du gouvernement, publié dans le Journal officiel de la République tunisienne le mardi 31 décembre 2024, précisant les conditions et les délais de mise en œuvre de ce programme portant sur la retraite anticipée, n’a pas donné les résultats escomptés à cause des obstacles procéduraux et de la lenteur dans l’examen des dossiers.
Une application de ce décret aurait permis au gouvernement de réduire de 100 mille le nombre d’agents et de fonctionnaires dans la fonction publique. Le gouvernement doit, alors, revoir les conditions d'éligibilité, en tenant compte des particularités de chaque secteur et des motivations des salariés Aussi, une meilleure communication sur les avantages et les coûts du programme pourrait encourager davantage de salariés à y adhérer ».
M.B.S.M.
Le ministre de la Culture roumain se rend au Palais du Théâtre de Halfaouine, au musée national du Bardo et à d’autres lieux culturels emblématiques
Dans le cadre de la visite officielle qu’il effectue en Tunisie, le ministre de la Culture roumain, András István Demeter, accompagné de l'Ambassadeur de Roumanie en Tunisie et de plusieurs hauts responsables du ministère, a effectué, hier le mercredi 12 novembre 2025, une visite de plusieurs sites culturels et patrimoniaux. Parmi ces visites figurait le Théâtre National Tunisien (TNT) au Palais du Théâtre de Halfaouine, où le ministre a échangé avec les présents sur les moyens de renforcer la coopération et l’échange d’expériences dans le domaine du théâtre entre les deux pays.
Le ministre András István Demeter s’est ensuite rendu au Musée National du Bardo, l’un des musées les plus prestigieux de la région méditerranéenne, et le deuxième en Afrique, après le musée égyptien du Caire, en termes de richesse de ses collections. Là, il a pu découvrir les trésors inestimables qui en font une référence incontournable et admirer ces superbes collections de mosaïques.
Le ministre a également visité le Centre de Musique Arabe et Méditerranéenne « Ennejma Ezzahra », un lieu emblématique qui représente un exemple majeur du patrimoine architectural tunisien. Ce site, qui fusionne les éléments caractéristiques de l’architecture tunisienne traditionnelle avec des influences architecturales et décoratives étrangères, a particulièrement retenu son attention.
Enfin, le responsable roumain a également visité la Cité de la Culture Chedhly Klibi et le site archéologique de Carthage.
Lors d’une déclaration à la presse, le ministre a exprimé sa joie et sa satisfaction quant à cette visite, qui a été marquée par la signature d’un accord de coopération entre la Tunisie et la Roumanie. Cet accord témoigne de la volonté des deux pays d’approfondir leurs relations bilatérales à travers des projets concrets dans divers domaines culturels et artistiques. M. Demeter a salué cette initiative comme une étape importante, qui permettra non seulement un échange d’expertises, mais aussi un enrichissement mutuel, notamment dans les domaines de la préservation et de la restauration du patrimoine, et au-delà, dans de nombreuses autres perspectives de coopération.
Editorial : Se mettre sur les bons rails - Par Hassan GHEDIRI
Un énième accident impliquant un train de la SNCFT est survenu avant-hier mardi dans le bassin minier à Gafsa, causant la mort de l’aide-conducteur. Un train comptant 35 wagons chargé d’un peu plus de 2 mille tonnes de phosphates en direction de Métlaoui a fini son voyage dans la vallée de djebel Selja après avoir déraillé.
Naturellement, des enquêteurs ont été dépêchés sur le lieu de l’accident pour collecter les indices qui permettent d’expliquer les causes du déraillement et déterminer les responsabilités. Les causes de l’accident ? Osons affirmer d’emblée, sans attendre les résultats des enquêtes, que c’est l’état catastrophique des rails qui a provoqué le déraillement mortel. Les responsables ?
Ce sont ceux aux commandes de la société exploitant le réseau ferroviaire, en l’occurrence la SNCFT, mais aussi ceux qui sont en charge du secteur du transport, c’est-à-dire le ministère du Transport. Car, le délabrement caractérisant pratiquement l’ensemble du réseau ferroviaire en Tunisie est dû à un laisser-aller suicidaire et un manquement flagrant aux exigences élémentaires de maintenance et de sécurité.
En 2024, pourtant, a été annoncé un plan de modernisation des lignes ferroviaires dédiées au transport de phosphate. Le ministère chargé du Transport avait en effet annoncé la conclusion d’un accord de crédit d’environ 103 millions de dinars accordé par le Fonds koweitien pour le développement économique arabe et censé financer une partie d’un plan de renouvellement de 190 kilomètres du réseau ferroviaire dédié au transport de phosphate qui devait coûter un peu plus de 520 millions de dinars.
Par ces temps de morosité monétaire et de grandes tensions sur la trésorerie publique, normalement le cap doit être mis sur les dépenses prioritaires dans chaque secteur. Et pour le transport, la modernisation du parc des sociétés de transport urbain, c’est-à-dire l’acquisition de bus et de métros, est une grande priorité à laquelle l’Etat est en train de consacrer des ressources importantes. Mais pas que.
Les trains et les rails de la SNCFT, surtout à l’intérieur du pays, sont devenus quasi-impraticables obligeant la société à réduire considérablement le trafic mais sans pour autant garantir la sûreté des dessertes et la sécurité des passagers. Le problème c’est que l’on hésite toujours à mettre le cap sur un véritable projet de modernisation du transport ferroviaire.
Même le projet « trop ambitieux », annoncé par le président de la république et qui concerne la construction d’un réseau de train grande vitesse (TGV) reliant le nord au sud de la Tunisie, reste lettre morte. D’ailleurs, à en croire la nouvelle annonce que vient de faire le ministre du Transport à l’ARP, l’on peut estimer que les urgences du transport en Tunisie, l’Etat ne l’entendait pas de cette oreille.
Lors de son audience dans le cadre de la discussion du budget de son département à l’Hémicycle de Bardo, le ministre du Transport a fait savoir que l’Etat comptait mobiliser 3 milliards de dinars au projet d’extension de l’aéroport Tunis-Carthage. Un chantier annoncé depuis plusieurs années et pour lequel l’Etat continue désespérément à rechercher des financements auprès des bailleurs de fonds et pays « frères et amis ».
D’aucuns croient cependant que beaucoup d’eau a coulé depuis qu’un tel projet était annoncé pour la première fois, considérant que les priorités ont changé et que les 3 milliards de dinars que l’Eta espère dénicher quelque part pour permettre à l’aéroport Tunis-Carthage d’accueillir 18 millions de passagers, devraient désormais être réorientés vers les projets urgents névralgiques du secteur du transport, entre autres la reconstruction d’un réseau ferroviaire national digne de ce nom.
Il est urgent aujourd’hui pour l’État de se mettre sur les bons rails et revoir la hiérarchie des priorités dans le domaine du transport. Replacer le ferroviaire au cœur des plans de mobilité et de développement garantit un transport accessible, économique, régulier, de qualité et qui permet de désenclaver des territoires économiquement marginalisés. Continuer à négliger le rail est un signe de désorientation et d’échec.
H.G.
Industrie pharmaceutique : Hikma investit 50 millions de dinars dans sa 3e unité de production en Tunisie
Du nouveau, il y en a eu dans le domaine de l’industrie pharmaceutique. En effet, la société pharmaceutique Hikma Tunisie a inauguré, le lundi 10 novembre 2025, sa troisième unité de production lors d’une cérémonie organisée dans la zone industrielle de Sidi Thabet.
L’événement s’est tenu en présence du ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, du directeur général de Hikma Tunisie, Mouin Zaafrane, du chief operating officer du groupe, Tareq Darwazeh, ainsi que de plusieurs responsables du secteur pharmaceutique et de la santé.
Cette inauguration constitue une étape majeure dans la stratégie d’expansion de Hikma Tunisie et réaffirme son engagement en faveur de la souveraineté sanitaire nationale, a souligné le ministre Mustapha Ferjani. Il a également précisé que ce projet a nécessité un investissement de plus de 50 millions de dinars.
Selon Mouin Zaafrane, directeur général de Hikma Tunisie, la nouvelle unité s’étend sur une superficie totale de 6.500 m², dont 2.000 m² couverts dédiés à la production. Elle emploie, pour le moment 40 personnes, portant à 320 le nombre total d’employés de la société, dont 40 % de femmes.
L’usine est spécialisée dans la fabrication de pilules, avec une capacité de production de 200.000 unités par heure. Environ 30 % de la production est destinée à l’exportation vers les pays africains francophones.Plus de 140 produits pharmaceutiques y sont fabriqués selon les normes internationales de qualité.
Zaafrane a également mis en avant l’importance de la formation continue et le caractère 100 % tunisien de l’équipe. Il a rappelé que Hikma Tunisie, forte de 35 ans d’existence, demeure engagée dans la promotion de la santé, l’innovation et le renforcement de l’autonomie pharmaceutique du pays.
Tunisie - BM : accord de 1,4 milliard de dinars pour la modernisation du secteur de l’énergie
Un accord de financement d’un montant de 430 millions de dollars (environ 1,4 milliard de dinars) visant à accompagner le Programme d’amélioration de la fiabilité, de l’efficacité et de la gouvernance énergétiques tunisiennes (TEREG) vient d’être conclu entre le gouvernement tunisien et la Banque mondiale (BM).
D’une durée de cinq ans, le TEREG vise à soutenir la Tunisie dans la mise en place d’un approvisionnement électrique durable, fiable et abordable, a indiqué la BM dans un communiqué publié, mardi.
Il contribuera à accélérer le déploiement des énergies renouvelables, à renforcer la performance de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) et à améliorer la gouvernance globale du secteur.
Aligné sur la stratégie de transition énergétique actualisée du gouvernement, le programme TEREG vise également à attirer les investissements privés et à réduire l’intensité carbone de la production d’électricité, tout en garantissant un accès fiable à l’électricité pour les ménages et les entreprises.
Concrètement, le programme TEREG devrait permettre à la Tunisie de progresser vers ses objectifs de mobilisation de 2,8 milliards de dollars d’investissements privés pour l’ajout de 2,8 gigawatts de nouvelles capacités solaires et éoliennes d’ici 2028, tout en générant plus de 30 000 emplois, principalement durant la phase de construction des projets d’énergie renouvelable.
Il contribuera, également, à réduire de 23% les coûts d’approvisionnement en électricité, à améliorer le taux de recouvrement des coûts de la STEG, qui passerait de 60 % à 80 %, et à diminuer les subventions de 2045 milliards de dinars.
Justice : Trois avocats poursuivis après une plainte du Comité général des prisons et de la rééducation
Le parquet de Tunis a ouvert une enquête contre trois avocats, suite à des plaintes déposées par le Comité général des prisons et de rééducation. Celui-ci les accuse d’avoir relayé de « fausses informations » sur des grèves de la faim et la santé de détenus.
Le porte-parole de la direction Ramzi Kouki, a affirmé que la situation des prisonniers était « normale et stable », soulignant que certains d’entre eux continuaient à s’alimenter.
L’administration pénitentiaire a indiqué avoir saisi la justice et transmis les preuves aux autorités compétentes.
En amical: La Tunisie tenue en échec par la Mauritanie (1-1)
Par Jamel Belhassen
Au-delà du résultat final de un but partout, la formation expérimentale de la Tunisie composée de plusieurs éléments qui jouent ensemble pour la première fois, ce test peut être considéré comme utile dans la mesure où le groupe vient de se réunir après un marathon de rencontres de clubs.
On a eu l'occasion de revoir Maaloul, Haddadi, et Issam Jebali tout en remarquant l'intégration des Tka, ch. Jebali et Ben Ali. L'animation offensive a été meilleure en seconde période avec l'entrée de Layouni et de Sassi. Pour l'histoire, Chawat a marqué pour la Tunisie à la (38e ) et Mohamed Sarr a égalisé pour la Mauritanie ( 50e). Ben Romdhane, Layouni et Jaziri avaient eu l'occasion de doubler la marque dans le dernier quart d'heure mas à chaque fois.
La cage gardée par Boubakar Diop a été ratées de peu. Sami Trabelsi a de quoi être satisfait en attendant la rentrée de plusieurs titulaires habituels.
Formation de la Tunisie
Farhati, Ben Ali, Maaloul ( Ben Hamida 63e), Haddadi, Meriah, Tka, Ch. Jebali. Belzrbi ( Sassi 63e), Ben Romdhane. Chawat ( Jaziri 76e), I.Jebali ( Layouni 46e).
J.B.
ESS: Zoubeir Baya quitte définitivement la présidence, Foued Kacem aux commandes
Après deux semaines d'attente fébrile, Zoubeir Baya a annoncé officiellement et définitivement son départ du poste de président de l'Etoile du Sahel malgré toutes les tentatives des Étoilés, toutes parties confondues. Pour l'heure.
C'est Foued Kacem qui occupera le poste de président de Bureau provisoire. Ahmed Gafsi sera le vice-président en attendant la répartition des tâches, annoncée pour ce soir.
J.B.
2000 bâtiments menaçant ruine : Que faire en cas de démolition… ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Plus de 2000 bâtiments menaçants ont été recensés dans plusieurs villes de la Tunisie. Les démolir peut éviter les risques liés à la sécurité des occupants et des passants, mais pourrait, également, ouvrir la voix vers de la spéculation immobilière…
Le directeur de l’Amélioration de l’Habitat auprès du ministère de l’Equipement et de l’Habitat, Moncef Soudani, a annoncé hier, lors d’une intervention radiophonique relayée par Tuniscope, que plus de 2000 bâtiments sont actuellement jugés dangereux dans plusieurs régions du pays.
Tunis, la capitale, abrite à elle seule 1000 habitats menaçant ruine, alors que la ville de Monastir est classée deuxième avec 5000 unités, suivie de Bizerte avec 300 bâtiments, Nabeul 300, 175 à Jendouba et 100 à Kairouan.
Selon Soudani : « Les inspections et tests de sécurité ont déjà commencé afin de planifier les interventions nécessaires. Dans le gouvernorat de Tunis, plus de 500 inspections ont été réalisées, révélant que la majorité des bâtiments présentent un risque imminent et confirmé.
Certaines constructions anciennes, appartenant à des propriétaires étrangers, ont atteint la fin de leur durée de vie et nécessitent une démolition ».
Au niveau juridique, le directeur de l’Amélioration de l’Habitat a précisé que « la loi tunisienne prévoit que le propriétaire doit prendre en charge les réparations. En cas d’impossibilité, la municipalité intervient, mais aux frais du propriétaire ».
Conscient du danger, le ministère de l’Equipement et de l’Habitat a d’ores et déjà transmis trois textes réglementaires relatifs aux bâtiments menaçant ruine à la présidence du gouvernement pour approbation, avec l’espoir qu’ils seront validés en 2026.
Ces textes concernent deux accords, l’un entre propriétaires et municipalité, l’autre entre ministère et propriétaires, ainsi que la création d’une commission chargée de suivre les occupants et d’assurer leur relocation si nécessaire.
Pour l’expert en bâtiment Rached Mathlouthi : « Il est probable que le ministère de l’Equipement et de l’Habitat s’oriente vers la démolition de ces bâtiments. Un choix qui peut éviter les risques liés à la sécurité aussi bien des occupants que des passants, mais qui pourrait, également, ouvrir la voix vers de la spéculation immobilière ».
L’épineuse question des biens des étrangers …
Soixante-dix ans après l’indépendance, la Tunisie peine toujours à résoudre l’épineuse question des biens des étrangers. Pour l’expert en bâtiments Rached Mathlouthi : « La majorité de ces bâtiments en ruine est classée « biens des étrangers ». Il faut, alors, résoudre ce problème avant d’entamer les opérations de démolition. Pour rappel, 5 000 propriétés appartiennent toujours à des étrangers, répartis entre locaux commerciaux et résidentiels ainsi que bon nombre de parcelles de terrains.
A l’Etat, alors, de lever les obstacles procéduraux et administratifs, en particulier les longs délais de règlement qui hypothèquent les processus de règlement ». Et d’ajouter : « Une fois ces obstacles levés, il faut intégrer ces propriétés dans le plan d’aménagement urbain des villes concernées dont notamment la capitale Tunis. Cela doit comporter trois phases, à savoir le classement de ces propriétés et déterminer celles qui doivent être démolies et celles à réparer, respecter le patrimoine architectural et éviter de le dénaturer et intégrer les promoteurs immobiliers dans les opérations de reconstruction selon un cahier des charges bien déterminé.
Il faut savoir aussi que la loi n° 2024-33 du 28 juin 2024, relative aux bâtiments menaçant ruine, a fixé les modalités et les intervenants dans ces bâtiments afin de les évacuer et de les remettre en état avec une restauration lourde, ou de les démolir et les reconstruire, et, le cas échéant, de les exproprier, ainsi que les mesures propres à prévenir le danger et de garantir les droits des propriétaires, locataires ou occupants, et les impératifs de maintien de l'ordre public.
Cette loi fixe également les modalités d'intervention dans le cadre d'opérations d’ensemble de reconstruction, de rénovation, de réparation et de réhabilitation urbaine. La loi en question prévoit, en outre, un processus urbain qui vise à supprimer et à renouveler le tissu urbain ancien et menaçant ruine, à le doter de divers réseaux publics et à aménager les routes et, le cas échéant, les renouveler ».
M.B.S.M.
En amical Tunisie - Mauritanie à 17h45
En prévision des deux prochaines échéances , la Coupe arabe des nations et la coupe d'Afrique des Nations programmées en décembre, la sélection tunisienne entame cet après-midi à Rades à partir de 17h45 sa série de trois matches amicaux contre la Mauritanie. Les deux autres rencontres sont programmées pour le 14 novembre à Rades contre la Jordanie et le 18 face au Brésil à Lille. Les aih qui a convoqué trente six joueurs pour cette préparation aura dès ce soir l'occasion de voir de près l'état de forme de plusieurs éléments qui œuvrent dans le championnat local ou à l'étranger. Historiquement, les Tunisiens ont souvent battu les Mauritaniens et les camarades de Ferjani Sassi tenteront aussi ce soir de rassurer le staff technique et les supporters qui comptent beaucoup sur les deux compétitions du mois prochain.
J.B.
Poésie arabe : 42 textes retenus pour le concours « Fares Al-Kalima » de Radio Monastir
Quarante-deux textes poétiques venus de Tunisie, de Palestine, du Yémen et de Syrie ont été sélectionnés pour le premier tour du concours international de poésie arabe « Fares Al-Kalima » (Le Chevalier du Verbe), organisé par Radio Monastir, ont annoncé lundi les organisateurs.
La compétition, prévue entre l’automne 2025 et l’hiver 2026, a reçu 135 textes au total, dont sept ont été écartés pour non-respect du règlement. Parmi les 128 œuvres examinées, 66 répondaient aux critères poétiques exigés : 38 poèmes classiques, 15 en vers libres et 13 en prose poétique.
Le jury, composé du critique Khmaies Wertani, du poète Ahmed Chaker Ben Dhia et de la poétesse Salwa Rabhi, a retenu les 42 textes finalistes. Ils sont diffusés chaque mardi à 20h dans une émission spéciale animée par Lassaad Ayari.
Le premier tour s’achèvera le 10 février 2026, avant un deuxième tour au printemps et une finale en juin 2026.
Les trois lauréats seront proclamés le 3 août 2026, lors du 49ᵉ anniversaire de Radio Monastir, avec à la clé des prix allant jusqu’à 2 000 dinars tunisiens et la publication d’un recueil poétique.
Encouragement à l’excellence scientifique : IA et nanotechnologie, un duo prometteur pour les jeunes chercheurs tunisiens
Par Hassan GHEDIRI
Quatorze projets de recherche très innovants dans les domaines de la santé, l’énergie, l’agriculture, l’industrie et l’environnement sont sélectionnés au Programme d’Encouragement à l’Excellence Scientifique pour l’année 2025 (P2ES2025) …
« Contrôle automatisé de la qualité de l’huile d’olive à l’aide de l’IA », « traitement du cancer du sein à l’aide des nanomatériaux », « nouvelle technique de détection et d’élimination des polluants dans les stations d’épuration », voilà un petit échantillon des projets de recherche scientifique qui viennent d’obtenir l’approbation du jury pour bénéficier des financements alloués par le ministère de l’Enseignement supérieur au programme de l’encouragement de l’excellence.
Au total, quatorze projets de recherche très innovants dans les domaines de la santé, l’énergie, l’agriculture, l’industrie et l’environnement ont été sélectionnés dans le cadre de la nouvelle édition du Programme d’Encouragement à l’Excellence Scientifique pour l’année 2025 (P2ES2025). Chaque projet bénéficiera d’un soutien financier d’un montant total de 200 mille dinars décaissables sur deux ans à raison de 100 MD par an.
La première tranche est débloquée à la signature de la convention de financement du projet tandis que la seconde tranche devrait être octroyée courant 2026, son déblocage est conditionné par le parachèvement de la première phase du projet.
Parmi les propositions retenues, un projet présenté par des chercheurs à la faculté des Sciences de Monastir et qui consiste à exploiter intelligence artificielle pour moderniser l’industrie oléicole, secteur clé de l’économie nationale. Il s’agit de la conception et la création d’un système de contrôle qualité automatisé et intelligent.
En utilisant l’IA pour analyser en temps réel les paramètres de qualité de l’huile d’olive, ce projet pourrait considérablement renforcer la compétitivité des producteurs tunisiens sur le marché international.
Nano
Dans un registre plus médical, un autre projet se distingue par son approche novatrice à travers le développement d’une solution de médecine nucléaire basée sur les nanomatériaux pour le traitement du cancer du sein.
En ciblant spécifiquement les cellules cancéreuses via des nanoparticules, cette recherche présentée par la faculté de Médecine dentaire de Monastir souhaite ouvrir de nouvelles perspectives à des thérapies plus précises, moins invasives et personnalisées, ce qui constitue un espoir immense pour des milliers de patientes en Tunisie.
Dans le domaine de l’environnement, un autre projet de recherche sélectionné par le jury propose une solution intégrée pour détecter et éliminer les polluants émergents dans les eaux usées.
Face aux défis environnementaux et sanitaires majeurs que représente aujourd’hui la pollution hydrique en Tunisie, ce projet porté par le centre de recherche et des technologies des eaux de Borj Cedria se veut une réponse scientifique à la problématique de préservation des ressources en eau et à la santé publique.
Le programme d’Encouragement à l’Excellence Scientifique constitue, en effet, un fonds national compétitif destiné à soutenir l’excellence scientifique et à valoriser les compétences des jeunes chercheurs tunisiens.
L’objectif principal étant de stimuler des projets scientifiques à fort impact et à grand potentiel d’innovation dans les domaines présélectionnés et qui portent sur des priorités de développement en Tunisie, en l’occurrence la santé humaine et animale, l’environnement, l’énergie, l’agriculture et les technologies.
Il cherche à encourager ces chercheurs à s'engager dans une culture d'excellence scientifique et à les soutenir dans la réalisation de résultats significatifs en encourageant la participation de jeunes chercheurs (post-doctorants).
H.G.
L’association des bibliophiles de Sousse : De l’écriture féminine sous haute pression, parlons-y !
Par Imen Abderrahmani
Dans un coin du salon ou jardin, usant souvent de la table de cuisine ou celle de la salle à manger, elles enfantent les mots, laissant germer les idées… Cette écriture féminine sous haute pression est au cœur d’une rencontre organisée, aujourd’hui, par l’association des bibliophiles de Sousse.
« Les femmes ont-elles une chambre à elles ? », une question dangereuse que pose l’association des bibliophiles de Sousse, tentant d’explorer le non-dit sur les atmosphères de la création littéraire féminine en Tunisie.
Organisée en partenariat avec l’Organisation non gouvernementale Rosa Luxembourg – section Afrique du Nord, cette rencontre cherche dans l’au-delà de ces livres publiés, signés par nos écrivaines, qu’on voit orner bel et bien les vitrines de nombreuses librairies ou de ces rendez-vous classiques de présentation d’œuvres, pour lever le voile sur ces moments féminins intimes de la création, d’où d’ailleurs ce titre évocateur : « Les femmes ont-elles une chambre à elles ? ». Une question qui fait écho à l’œuvre fondatrice de Virginia Woolf, « Une chambre à soi », livre manifeste de l’écriture féministe.
Dans cet essai littéraire publié pour la première fois en 1929, cette femme de lettres anglaise décortique avec ironie les causes du silence littéraire des femmes pendant de nombreuses décennies.
La rencontre de cet après-midi, à Sousse, n’est pas alors seulement un hommage à une grande écrivaine et philosophe, mais aussi un acte de résistance intellectuelle, un appel à l’émancipation créative des femmes écrivaines, toujours entravées par des structures sociales et familiales parfois étouffantes.
Les femmes ont-elles la liberté d’écrire ?
Dans sa conférence légendaire au Girton College, en 1928, Virginia Woolf soulevait une question qui résonne encore et avec force aujourd’hui : pourquoi une femme n’a-t-elle pas pu écrire un roman aussi monumental que « Guerre et Paix » de Tolstoï ? Elle répondait sans détour que les nombreuses contraintes liées au mariage, à la charge des enfants et du ménage, ne laissant plus le temps aux femmes de se consacrer à l’écriture.
Dans la note de présentation de ce rendez-vous insolite, l’Association des Bibliophiles de Sousse rappelle que les femmes-écrivaines « étaient contraintes de rédiger dans les recoins étouffants de leurs maisons : Elizabeth Gaskell écrivait dans la cuisine, Jane Austen devait interrompre son travail dès qu’une intrusion dans son intimité survenait. La liberté d’écrire, pour elles, était un privilège, un luxe que la société patriarcale leur déniait ».
Depuis, la situation a-t-elle changé ? A-t-elle vraiment changé ? Demandez à des écrivaines dans les quatre coins du monde et vous allez trouver des réponses mitigées. Car, malgré les mutations socio-culturelles et économiques, ces obstacles n’ont pas disparu avec le temps. Bien au contraire, la question reste d’actualité, interrogeant encore et toujours la place de la femme dans la sphère littéraire et publique.
Aujourd’hui, les défis auxquels sont confrontées les femmes écrivaines sont multiples et souvent invisibles. Cette rencontre à Sousse mettra en lumière, grâce à la participation de trois voix créatrices tunisiennes, ces réalités douces-amères.
Lors de ce rendez-vous et à travers leurs expériences personnelles, elles apporteront des éclairages sur certaines questions « intimes » telles que les moments propices pour l’écriture, les espaces convenables pour pouvoir créer en toute tranquillité, les pressions familiales et sociales, le regard de l’autre mais aussi l’impact du mariage et de la maternité avec tous les engagements qu’ils imposent sur le chemin de la création.
Le public est convié ainsi à écouter l’écrivaine Ismahan Chaabouni racontant son expérience et dévoilant quelques secrets de l’écriture de ces œuvres tels que « Le côté de la route » (2021, Éditions Naqoush Arabe) ou « Fille de la vie » (2023, Éditions Arkadia) et la philosophe et écrivaine Faika Ganfali dont les œuvres comme « Je te suis dans l’obscurité » (Éditions Le Méditerranée, 2020) et « Simplement de la douleur » (Éditions Kayan, 2023) sont une exploration sans fard des souffrances silencieuses que vivent les femmes marginalisées. A ce duo s’ajoute l’actrice, scénariste et poétesse Chama Ben Chaabane qui partagera avec l’assistance des fragments de son expérience personnelle mais aussi de sa conception des personnages féminins dans ses scénarii.
Cherchant dans l’impact de la vie personnelle et intime sur l’écrit, et dans le non-dit sur l’écriture féminine en Tunisie, cette rencontre insolite est pour cet après-midi, à 18h00, à l’espace « Trois points » à Sousse. La rencontre sera modérée par Zohra Kadhi.
Imen.A.
Institut National du Patrimoine (INP) : mission archéologique sous-marine pour s’assurer que le tracé du câble Medusa ne touche aucun site subaquatique
Une équipe du Département des études archéologiques sous-marines de la Division de l’inventaire général et des Etudes à l’Institut national du patrimoine (INP) a exploré le tracé du câble sous-marin Medusa au large des côtes du gouvernorat de Bizerte en vue de s’assurer que la zone du projet et les régions traversées par le câble ne comportent aucun site du patrimoine culturel subaquatique.
Selon un communiqué du ministère des Affaires culturelles publié mardi, cette mission d’exploration s’inscrit dans le cadre de la mission de l’INP pour assurer le suivi des projets menés dans le domaine maritime national. L’équipe en charge a effectué des plongées scientifiques et des investigations sous-marines, ainsi que le suivi des travaux d’excavation et de remblayage relatifs à la pose du câble sur le fond marin, sur 1 200 mètres partant de la plage d’Ain Meriem à Bizerte, en coopération avec des plongeurs sous-marins de la Marine tunisienne.
Cette mission a été menée par une équipe de plongeurs spécialisés, comprenant le directeur du département d’archéologie sous-marine et chargé de la recherche archéologique Ahmed Ghadhoum, les conservateurs du patrimoine Khaled Dhifi et Wajih Fadhlaoui, avec le soutien des autres structures de l’INP chargés de la coordination, de l’assurance et du soutien logistique.
Cette intervention s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des conclusions et recommandations de la Commission consultative des activités maritimes, au sein du Secrétariat général aux affaires maritimes auprès de la Présidence du Gouvernement, au sein duquel l’INP siège en tant que représentant du ministère des affaires culturelles.
Editorial : Un verre pour la justice fiscale…
Par Chokri Baccouche
Vider quelques bouteilles de vin ou de bière autour d’un déjeuner ou un dîner copieux est le dada partagé par de nombreux Tunisiens. Avec 1,7 million de consommateurs portés sur la dive bouteille, la Tunisie occupe la première place parmi les pays arabes et la 9è mondiale en termes de consommation d’alcool, nous apprennent des statistiques publiées dernièrement par l’Organisation mondiale de la santé.
Si la pierre qui roule n’amasse pas mousse, comme on s’accorde à le penser, la bière qui coule à flot, en revanche, amasse « flouss » ou argent. Beaucoup de « flouss » qui font les beaux jours des personnes qui s’adonnent au commerce très lucratif des boissons alcoolisées. Ces derniers mènent d’ailleurs la belle vie, dit-on, et n’ont pas du tout à se plaindre côté tiroir-caisse. Bon an, mal an et quelle que soit la conjoncture, leur chiffre d’affaires s’inscrit toujours à la hausse, boosté par une consommation en perpétuelle expansion.
Côté cours donc, tout va pour le mieux Madame la Marquise, le business est florissant et les clients sont contents et satisfaits même si leur lubie leur coûte de plus en plus cher vu que les boissons alcoolisées sont soumises chaque année à des taxes de plus en plus élevées.
Côté jardin en revanche ou plutôt arrière-boutique, il y a des choses à se reprocher et elles ne sont pas du tout agréables à entendre particulièrement par les responsables de l’administration fiscale.
Ali Khelifi, chef de la brigade des investigations et de la lutte contre l’évasion fiscale à la direction générale des impôts du ministère des Finances, a fait sensation, hier, en dévoilant l’ampleur du phénomène d’évasion fiscale dans le secteur de la production et du commerce des boissons alcoolisées en Tunisie. Il a, en effet, estimé à près de 1,8 milliard de dinars le montant global de cette fraude colossale dont 500 millions concernent spécifiquement les bars et les restaurants.
Véritable sport national pratiqué à grande échelle, l’évasion fiscale dans nos murs qui se chiffre à plusieurs milliards de dinars se traduit chaque année par un terrible manque à gagner pour les caisses de l’Etat. Il s’agit d’un phénomène coriace qui a non seulement la peau dure mais qui est devenu également une véritable culture bien ancrée dans le monde des affaires et des entreprises.
Par souci de combler un déficit budgétaire chronique et promouvoir une meilleure justice fiscale, les pouvoirs publics ont décidé, ces dernières années, de saisir, à la bonne heure, le taureau par les cornes. C’est dans ce cadre qu’a été créée en octobre 2017 la brigade des investigations et de la lutte contre l’évasion fiscale.
Cette structure spécialisée relevant de la direction générale des impôts agit sous la supervision des procureurs généraux près les cours d’appel et a pour mission principale de détecter les infractions fiscales à caractère pénal et d’en rassembler les preuves sur l’ensemble du territoire tunisien.
Au-delà des boissons alcoolisées, cette police fiscale enquête également sur le commerce électronique où les fraudes, semble-t-il, sont également légion avec 7 596 personnes identifiées comme exerçant sans identifiant fiscal. Les investigations couvrent aussi les cliniques privées, les médecins, les grossistes en médicaments, les concessionnaires automobiles, les grandes surfaces et les assurances.
Bref, on peut dire que la nasse se resserre peu à peu sur les adeptes de l’évasion fiscale qui sont très nombreux dans nos murs. C’est tant mieux, dira-t-on d’ailleurs, car la crise budgétaire actuelle nécessite plus que jamais la mobilisation des ressources propres de l’Etat pour faire face aux multiples urgences socioéconomiques.
Celles-ci ont pour noms contraintes budgétaires dues à l’endettement extérieur, mais également enjeux socioéconomiques liés à la détérioration du pouvoir d’achat qui est désormais confronté à une tendance inflationniste galopante, au délabrement des services publics qui souffrent d’un sous-investissement public asphyxiant, et à une pauvreté et des inégalités sociales qui ne cessent de s’accentuer.
L’instauration dans nos murs d’une véritable justice fiscale est plus que nécessaire pour répondre à toutes ces urgences. Une justice fiscale réellement équitable qui doit surtout veiller à placer tous les contribuables sur un pied d’égalité, et ce, quelles que soient leur fonction ou leur statut social. La lutte contre les inégalités et les passe-droits qui portent gravement préjudice aux intérêts de la collectivité nationale passe aussi et très certainement par-là…
C.B.
















