Les JTC 2025 débattront de « L’artiste de théâtre, son temps et son œuvre »
« L’artiste de théâtre, son temps et son œuvre » tel est l’intitulé du forum de la 26ème édition des Journées théâtrales de Carthage (JTC), organisées du 22 au 29 novembre, à Tunis. Ce Forum qui se tiendra du 24 au 26 novembre cherche à rassembler des artistes dramaturges, auteurs dramatiques, metteurs en scène et universitaires en sciences humaines et sociales de Tunisie et d’ailleurs dans le monde. Se voulant un espace « dynamique collaboratif », il se donne comme objectif principal de stimuler une rencontre interactive où se croisent les regards de l’artiste de théâtre, du philosophe et du sociologue. En ce sens, le Forum Théâtral International est une occasion pour témoigner, échanger et partager des expériences, des connaissances et des points de vue, et ce, dans le but de réfléchir en commun, s’interroger et comprendre la place de l’art théâtral en deux volets étroitement corrélatifs : d’une part, dans l’expérience personnelle et professionnelle de l’artiste comme témoin de son temps ; d’autre part, devant les enjeux de son juste positionnement dans un contexte social donné.
Il est à noter que la coordination de ce forum est assurée par Dr. Besma Ferchichi.
Médecine : La Tunisie s’apprête à faire ses premières opérations de chirurgie robotique
La Tunisie s’apprête à franchir une nouvelle étape dans le domaine médical avec le lancement prochain d’opérations pilotes de chirurgie robotique, notamment en chirurgie thoracique, a annoncé le professeur Abdelssalem Hentati, président de la Société tunisienne de chirurgie thoracique et du premier Congrès arabe de chirurgie thoracique tenu à Tunis. Il a également révélé qu’un robot chirurgical a récemment été acquis et installé à l’hôpital universitaire Charles-Nicolle de Tunis, où des interventions expérimentales devraient démarrer dans les prochaines semaines.
Lors du deuxième jour du congrès, organisé du 6 au 9 novembre, le Pr Hentati a également révélé que la Tunisie est dans la phase finale des préparatifs pour réaliser sa première greffe pulmonaire à l’hôpital universitaire Habib Bourguiba de Sfax, prévue à la fin de l’année ou au début de 2026.
Justice : Report du procès de Sonia Dahmani
La cour d’appel de Tunis a décidé de reporter au 21 novembre l’examen de l’affaire visant l’avocate Sonia Dahmani, poursuivie pour des déclarations médiatiques sur les migrants africains en Tunisie.
Sonia Dahmani a comparu en état de détention devant la chambre correctionnelle de la cour d’appel pour contester le jugement de première instance qui l’avait condamnée à deux ans de prison.
Lors de l’audience, l’avocate a indiqué que son équipe de défense n’avait pas été informée de la date de la séance, demandant le report du procès afin de permettre à ses avocats d’y assister.
Sonia va devoir attendre encore pour espérer retrouver sa liberté.
LNFP : L'ASM gagne son match contre l'ESZ sur tapis vert, le carton rouge à Dahmen mystérieusement retiré !
La Ligue Nationale de Football Professionnel, réunie cet après-midi, a rendu son verdict concernant le match de la 12e journée de la Ligue 1 qui opposé l'ES Zarzis à l'AS Marsa et qui a été arrêté à la 70e minute pour jet de projectiles qui a causé la blessure de Ameur Derbal, coach de l'ASM. Comme attendu, les Marsois remportent le match sur tapis vert sur le score de 2 à 0 avec une amende de 20.000 dinars et trois matches à jouer loin de Zarzis pour les Zarzissiens.
Pour sa part, Ameur Derbal a été convoqué à comparaître devant la LNFP pour répondre de son geste jugé déplacé envers un joueur de l’ESZ.
D'un autre côté, la LNFP a décidé de retirer le carton rouge infligé à Aymen Dahmen par l'arbitre Fraj Abdellaoui juste après le match CSS-EST de la 12e journée. Une décision surprenante dans la mesure où la feuille de match comportait des propos injurieux envers l'arbitre. Voilà un précédent grave de la part de la commission de discipline à moins qu'on nous dise qu'il s'agit du gardien de la sélection qui s'apprête à jouer la Coupe arabe des nations et la CAN. Mais, est-ce une raison suffisante? A méditer cette politique de deux poids deux mesures car Dahmen est, avant tout, un joueur comme tous les autres et il n’a point droit à un tel « privilège » !
J.B.
Les arbitres de la 14e journée : Amir Loussif pour CA-EST, un français à la VAR
La Commission Nationale d'Arbitrage a désigné les arbitres qui sont appelés à officier les matches de la 14e journée de la Ligue 1qui sera dominée par le derby de la capitale entre le Club Africain et l'Espérance de Tunis. Pour cette rencontre, les responsables de l'arbitrage ont opté pour un referee tunisien, Amir Loussif et pour un Français à la VAR, Hamid Guenzoui. Voici en détails, les rencontres et les arbitres choisis :
Samedi 8 novembre 2025
CAB- ESS
Sofiane Ouertani
VAR Walid Mansri
USM- JSK
Haythem Trabelsi
VAR Oussama Ben Ishak
CSS -ASM
Hamza Jaied
VAR Mohamed Ali Karouia
ASG -ASS
Amir Ayadi
VAR Fraj Abdellaoui
Dimanche 9 novembre 2025
CA -EST
Amir Loussif
VAR Hamid Guenaoui ( France)
USBG- ST
Khaled Gouider
VAR Montacer Belarbi
ESM -ESZ
Hosni Naili
VAR Amine Fjaier
Lundi 10 novembre 2025
JSO -OB
Mohamed Akel
VAR Majdi Ballagha
J.B.
Réformes structurelles : Et si la Tunisie avait (malgré elle) répondu aux exigences du FMI ?
Par Hassan GHEDIRI
Plus de trois ans depuis la suspension des négociations avec le FMI, la Tunisie semble avoir rempli un bon nombre de critères qui correspondent aux exigences initiales du bailleur de fonds…
Ridha Chkoundali, professeur universitaire d’économie et analyste financier, considère que tous les indicateurs économiques et monétaires sont aujourd’hui favorables à la Tunisie pour une relance des discussions avec le Fonds monétaire international en vue d’obtenir un prêt avec des conditions beaucoup plus avantageuses que les crédits qui sont jusque-là octroyés par les autres prêteurs.
Il croit, en effet, que notre pays qui s’est vu refuser de signer un accord de prêt de 1,9 milliard de dinars, en raison des conditions jugées inacceptables, est en train de faire des progrès en ce qui concerne la réduction de la masse salariale et la maitrise des subventions, exactement comme l’avait suggéré le FMI.
Il faut rappeler qu’en octobre 2022, la Tunisie était sur le point de conclure un accord final avec l’institution de Bretton Wood pour un prêt de renflouement, mais le président Kaïs Saêid a refusé de signer l’accord affirmant que le diktat étranger conduirait à davantage de dépendance et de pauvreté, affichant la volonté de la Tunisie de compter sur elle-même.
La Tunisie a alors rejeté la plupart des conditions du FMI qui comprennent des mesures d’austérité telles que la réduction des subventions et de la masse salariale du secteur public. La compensation des prix de carburants et la subvention des produits alimentaires sont en place depuis plusieurs décennies en Tunisie et sont censés permettre aux ménages d’accéder aux produits essentiels à des prix abordables.
Aujourd’hui, plus de trois ans depuis la suspension des négociations avec le FMI, la Tunisie semble avoir rempli un certain nombre de critères que requiert le plan de financement préalablement défini.
Contacté par notre rédaction, Chkoundali souligne que le FMI conditionne souvent ses prêts par la mise en place de réformes économiques par le pays emprunteur. Ces réformes constituant un programme d’ajustement structurel visent à rétablir la stabilité économique et la croissance à moyen et à long terme.
Dans cette même optique, notre interlocuteur estime, en substance, qu’il y a au moins deux indicateurs qui confirment que la Tunisie s’est bien engagée dans les réformes telles qu’elles étaient énoncées au départ par le FMI : à savoir la réduction des subventions et la révision à la baisse de la masse salariale par rapport au PIB.
13,4%
Pour le dernier point, les indicateurs montrent que la Tunisie a considérablement allégé les charges salariales du secteur public. Selon le rapport du ministère des Finances sur le projet de budget de l’État, la masse salariale devrait représenter 13,4 % du PIB en 2026, contre 14,1 % prévus en 2025.
Quant à la subvention, Chkoundali considère que même si la levée de subventions n’a pas été officiellement déclarée, les chiffres montrent que l’Etat est en train de faire des économies dans ce poste de dépense. « Ce n’est pas une suppression des subventions au vrai sens du terme mais une réduction indirecte de la compensation réduisant les importations des produits subventionnés.
De manière générale, et selon les résultats provisoires de l’exécution du budget de 2025, les subventions n’ont été réalisées qu’à 36,6 %, avec un maigre taux de réalisation des subventions des produits de base ne dépassant pas 14,6 %. En effet, sur les 3,8 MD destinés aux subventions, à peine 554 millions de dinars avaient été dépensés.
Cela étant, la politique suivie par la Tunisie dans ces deux volets s’inscrivait parfaitement dans l’optique du FMI, parce que, selon Chkoundali, quelle que soit la manière, c’est le résultat qui compte. D’ailleurs, d’après lui, la Tunisie a intérêt de relancer les discussions avec le FMI et de solliciter un soutien financier.
«Le FMI a laissé entendre que les conditions sont devenues favorables à une reprise des négociations susceptible de déboucher sur un accord de financement », souligne Chkundali qui pense qu’un prêt contracté auprès du FMI serait plus avantageux avec un taux d’intérêt beaucoup moins excessif que ce qui est aujourd’hui imposé par les créanciers de la Tunisie.
Par exemple, l’accord de prêt de 500 millions de dollars conclu en octobre 2024 avec la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) est assorti d’un taux d’intérêt d’environ 10%.
H.G.
Festival du Film Franco-Arabe (FFFA) : Focus sur le cinéma tunisien dans sa richesse
La Tunisie est à l’honneur lors de la quatorzième édition du Festival du Film Franco-Arabe (FFFA), qui s’ouvre aujourd’hui pour se clôturer le 16 novembre 2025 à Noisy-le-Sec et Romainville, en banlieue parisienne.
Dédié à la promotion des cinémas et cultures franco-arabes, ce festival met cette année en lumière la vitalité du cinéma tunisien contemporain à travers une dizaine de films qui seront projetés dans le cadre du « Focus Tunisie ». Ces films abordent des thèmes variés tels que l'exil, la mémoire, la jeunesse et les marges, tout en explorant de nouvelles formes narratives.
Le programme « Le cinéma tunisien : de l’exil à la révolution et à la diaspora » présente des œuvres emblématiques, telles que « Les Ambassadeurs » (1975) de Naceur Ktari, qui traite de l’expérience des immigrés tunisiens en France, et « Tunisia Clash » (2015) de Hind Meddeb, qui capte l’énergie contestataire des jeunes rappeurs. Le cinéma tunisien aborde également la diaspora, l’enfance exilée et les tensions identitaires, comme dans « Zaineb n’aime pas la neige » (2016) de Kaouther Ben Hania et « Têtes Brûlées » (2025) de Maja-Ajmia Yde Zellama.
La réalisatrice et scénariste Hind Meddeb est la marraine de cette 14ème édition. Le festival propose également une sélection « hors les murs », donnant la parole aux jeunes cinéastes venus de régions éloignées de Tunis, porteurs de regards neufs et de projets audacieux. Des films inédits et des avant-premières enrichissent la programmation, accompagnés de rencontres avec des cinéastes et d'événements pluridisciplinaires, mettant à l’honneur non seulement le cinéma, mais aussi la musique, le théâtre, les arts plastiques et la littérature. Parmi les films des jeunes réalisateurs qui sont programmés « Bamssi », un documentaire de Mourad Ben Amor (Tunisie/Belgique), « The Image of Ants », poème visuel de Mohamed Rachdi et « Epouvantails de la zone rouge », un documentaire de Jalel Faizi.
Le FFFA 2025 est ainsi un véritable point de convergence entre le cinéma tunisien, l’histoire révolutionnaire, les défis politiques contemporains et les solidarités internationales.
Centre d’art B7L9 : Appel à projets musicaux
Le Centre d’art B7L9 à Bhar Lazreg (La Marsa) a annoncé l’ouverture du premier appel à candidatures pour des projets musicaux dans le cadre de Delia Studio. Le dernier délai de dépôt des candidatures est fixé au 18 novembre 2025.
Installé au sein du centre d’art B7L9, le studio est ouvert aux artistes et entièrement équipé pour les accompagner dans des séances d’enregistrement, de répétition et de développement de leurs projets.
En dépit de la vitalité de la scène musicale tunisienne qui regorge de talents, de nombreux artistes émergents se heurtent encore à d’importants obstacles : un accès limité aux studios professionnels et au matériel d’enregistrement, ainsi qu’un manque d’espaces où ils peuvent expérimenter librement et développer leurs projets musicaux.
Cette initiative vise à dynamiser la scène musicale locale et à offrir un véritable tremplin aux jeunes artistes émergents, qu’ils travaillent sur leur premier morceau, l’enregistrement d’un EP ou la mise au point d’un set live. Les projets sélectionnés bénéficieront d’un accès à Delia Studio durant les mois de décembre 2025 et janvier 2026, permettant aux candidats retenus de concrétiser leurs idées et de tisser des liens avec d’autres artistes au fil de cette expérience artistique.
Centres d’appel : Et si la nouvelle loi française sur le démarchage téléphonique s’avérait une opportunité… ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La nouvelle loi votée par le Parlement français interdisant le démarchage téléphonique pourrait menacer des milliers d’emploi en Tunisie et conduire à la fermeture de centaines de centres d’appel. Quelles sont les répercussions de cette loi sur ce secteur ?
Le Parlement français a définitivement voté une loi interdisant le démarchage téléphonique si le consommateur n'a pas donné son consentement pour être appelé.
Selon radio France Inter, un Français reçoit six appels de démarchage chaque semaine, selon les statistiques officielles et, sans grande surprise, 97 % des Français se disent agacés par cette pratique d'après un sondage réalisé en 2025.
Du coup, le principe de cette loi, selon la même source, est assez simple : « Interdire aux entreprises de démarcher par téléphone, directement ou via un sous-traitant, quiconque n'a pas, au préalable, exprimé son consentement.
En clair, une entreprise ne peut pas vous appeler si vous n'avez pas exprimé clairement votre accord pour ça. Si on en croit le texte disponible sur le site du Sénat, le recueil du consentement a lieu à chaque fois que des coordonnées téléphoniques d'un consommateur sont enregistrées quelque part ».
Et lorsqu’on sait que 200 centres d’appel installés en Tunisie sont également concernés par cette loi, il y a de quoi s’inquiéter pour les milliers d’employés qui travaillent dans ce secteur. A quoi, faut-il, alors, s’attendre ?
Interrogé à ce sujet, l’expert en économie et en finance, Mohamed Salah Jennadi, nous a indiqué : «La France est le premier marché pour les 200 centres d’appel en exercice en Tunisie.
La bonne nouvelle est que seulement 20% de ces centres sont concernés par cette loi. Il s’agit de petits centres d’appel qui travaillent d’habitude en sous-traitance. Pour rester optimiste, je dirais que cette loi est une opportunité pour ces centres qui doivent se réinventer et diversifier les services qu’ils proposent d’autant que cette nouvelle loi n’entrera en vigueur qu’au mois d’août 2026 ».
Mise à niveau…
Face aux inquiétudes des professionnels, les experts appellent à une mise à niveau du secteur des centres d’appel afin qu’ils puissent faire face aux nouveaux défis et aux exigences juridiques imposées par certains pays dont la France.
Pour l’expert, Mohamed Salah Jennadi : « On compte aujourd’hui en Tunisie plus de 200 centres d’appel avec des activités diversifiées et touchant à divers secteurs tels que l’informatique, la télécommunication, le tourisme, le transport, les loisirs, la vente et la distribution à distance, les services financiers et bancaires et les assurances.
On dispose, également, aujourd’hui en Tunisie de centres d’appel multilingues : allemands, flamands, espagnols et anglais. Les français sont les plus implantés, viennent en deuxième rang les Italiens et les Allemands en troisième place. Face à ces nouvelles exigences juridiques imposées par la France, la priorité doit donc être donnée à la qualification du personnel, ainsi que sur la diversité et la qualité des prestations.
La Tunisie doit, par ailleurs et à son tour, se doter de structures de contrôle et d’amélioration de la qualité des services, et dans l’espoir de voir le secteur des centres d’appel offshore en Tunisie évoluer rapidement vers l’excellence. Pour le volet technique, les centres d’appel en Tunisie doivent intégrer le meilleur de la technologie, des logiciels et des infrastructures pour offrir d’excellents services à la clientèle.
Au niveau fiscal et administratif, il faut faire connaitre la destination Tunisie en matière d’investissement. En effet, la création rapide de petites structures flexibles ne peut prendre que 48 heures en plus de bénéficier des lois offshore et l’absence d’imposition pendant 5 ans ainsi que le coût de la main-d’œuvre qui reste relativement bas ».
Editorial : Les enseignements d’un plébiscite…
Par Chokri Baccouche
C’est un véritable séisme politique qui vient de se produire aux Etats-Unis avec la victoire, avant-hier, de Zahran Mamdani à l’élection municipale de New York. Né en Ouganda dans une famille musulmane d’origine indienne, le nouveau maire de la plus grande ville des Etats-Unis a fait l’objet d’un véritable plébiscite, battant à plate couture tous ses rivaux dont notamment un certain Andrew Cuomo, l’ancien gouverneur démocrate de l’Etat. Du haut de ses 34 ans à peine, Zahran Mamdani incarne désormais l’une des plus incroyables conquêtes électorales de l’histoire politique américaine. Il a réussi à bousculer l’establishment américain et taper dans l’œil des électeurs grâce à son charisme, son style atypique et son programme qui accorde une place prépondérante aux très nombreux citoyens américains laissés pour compte et oubliés du système. Connu pour son franc-parler et sa verve de fin tribun, Zahrane Mamdani n’a pas peur de déranger. Ni les riches qu’il veut taxer, ni les médias qu’il interroge sur leur indépendance, ni les démocrates qu’il secoue par sa radicalité. Et encore moins les racistes qui ne cessent de le cibler à cause de ses origines et de sa religion musulmane assumée. Les bons résultats de Mamdani sont aussi à mettre au crédit de son souhait de rendre la ville de New York financièrement plus accessible à tous, en imposant le gel de certains loyers, en créant des crèches et en mettant en place des bus gratuits. Ils sont dus également, diront les observateurs avertis, aux positions politiques courageuses de cet homme qui n’a eu de cesse de défendre la cause palestinienne en qualifiant Israël de «régime d’apartheid» et la guerre à Gaza de « génocide », des propos qui lui ont valu, d’ailleurs, l’hostilité d’une partie de la communauté juive new-yorkaise. Le fait de dénoncer ouvertement le génocide sioniste à Gaza dans l’une des villes qui abrite la plus importante communauté juive au monde est plus qu’un acte de courage mais un véritable défi susceptible de chambarder tous les codes politiques, dans un pays fort peu habitué il est vrai à des bouleversements d’une telle ampleur.
La victoire de Zahran Mamdani a été vécue comme une douche glaciale par le président américain Donald Trump qui a pesé de tout son poids politique dans l’espoir de faire pencher la balance électorale en faveur de son poulain, Andrew Cuomo. Le locataire de la Maison Blanche s’en est allé même jusqu’à menacer de réduire au strict minimum les fonds fédéraux dédiés à New-York, si les citoyens de la ville venaient à voter en faveur de Mamdani. En vain, et on peut même dire que les menaces de Trump ont fait l’effet contraire dans la mesure où les New Yorkais ont finalement fixé leur choix sur ce jeune candidat musulman, réputé pour être paradoxalement un opposant résolu au président U.S qu’il n’hésite pas à qualifier de "despote". Interpellant directement Donald Trump sur sa politique anti-immigration marquée par des raids violents, Zohran Mamdani a d’ailleurs lancé, lors du discours qu’il a prononcé mardi dernier: "New York restera une ville d'immigrants (...) Pour atteindre l'un d'entre nous, vous devrez d'abord passer à travers nous tous".
Bref, Zahrane Hamdani a réussi à s’imposer parce qu’il a su donner un espoir d’égalité et de justice à ses concitoyens. Son plébiscite illustre par ailleurs la fracture grandissante entre la population et l’establishment aux Etats-Unis. Il faut dire que les sujets de discorde entre les gouvernants et les gouvernés ne manquent pas au pays de l’oncle Sam. Ils touchent pratiquement tous les domaines : de la santé qui évolue à deux vitesses, à la cherté de la vie qui empoisonne l’existence de millions d’Américains. La sordide guerre de Gaza a davantage creusé ce fossé, désormais béant. Les citoyens américains dans leur écrasante majorité reprochent non seulement le soutien aveugle et inconditionnel de leur pays en faveur d’Israël mais n’hésitent pas également à dénoncer les génocides et les massacres de masse perpétrés par l’entité sioniste dans les territoires occupés.
Pour toutes ces considérations et non des moindres, on peut dire que la victoire de Zahrani amorce un changement de mentalité particulièrement chez les jeunes Américains, dans leur diversité culturelle et ethnique plurielle. Ces derniers cherchent et de plus en plus à prendre les destinées de leur pays en main quitte en cela à bousculer les vieux codes ainsi que la mainmise de certains groupes d’influence sur les centres de décision aux Etats-Unis et plus particulièrement le lobby sioniste. Le renouveau tant espéré par de nombreux Américains ne fait peut-être que commencer…
C.B.
Ligue 1- 13e journée- suite et fin : L'EST consolide sa position en tête, le ST et le CA se neutralisent dans un derby terne
Par Jamel Belhassen
On s'attendait à une beau derby tunisois entre le ST et le CA, on a eu droit à une opposition ennuyeuse avec très peu d'émotions. Au même moment, à Rades, l'EST s'est offerte une démonstration en seconde période face à la JSO après une mi-temps de jeu d'attaque contre défense. Une victoire qui lui permet de fausser compagnie à ses poursuivants.
Au Bardo, le derby entre le ST et le CA, les deux dauphins derrière l'EST, a été juste ennuyeux en première période. Joué sur une pelouse en mauvais état, le match ne pouvait offrir un spectacle de choix. Plusieurs changements ont été remarqués au niveau des formations rentrantes et les occasions de buts étaient presqu'absentes tellement le jeu etait concentré au milieu du terrain.
Les défenses étaient aux aguets devant les essais de Ndiaye et Ourghemmi d'un côté, et Ait Malek et Kinzumbe de l'autre. A peine une occasion par équipe en quarante cinq minutes où on a eu droit à un jeu haché et des passes ratées.
Après les citrons, le niveau du jeu s'est amélioré quelque peu. NDiaye ( 47e) puis Haboubi (70e), de la tête, ratent de peu le but. Le ST se montre plus volontaire que son adversaire. Mesmari, riposte, dans l'autre camp, mais son tir est contré in-extremis ( 76e).
EST- JSO: Il n'y avait pas photo
A Rades, l'Espérance, donnée favorite face à la JSOmrane, a connu les pires difficultés en première mi-temps pour débloquer la situation devant un adversaire replié dans sa zone pour couvrir sa cage. Le jeu s'est concentré dans la zone omranienne dans un jeu d'attaque contre défense.
Sans Danho ni Boualia, l'EST a multiplié les assauts avec des tirs, des combinaisons et des centrages, vainement. Blaili ( 40e), Guennichi( 42e) et Keita( 45e) n'ont pu tromper la vigilance du gardien Essid.
Les Sang et Or arriveront quand même à ouvrir le score sur penalty suite à une faute sur Blaili . Ce dernier tire et trompe Essid (1-0) à la (51e). Et très vite Jebali d'un tir précis marque un très beau but , doublant la marque pour les siens ( 2-0) à la ( 61e). Une avance logique après une domination aussi nette. Maacha, à peine entré en cours de jeu, triple la marque ( 70e) (3-0).
Le match se transforme en une démonstration de la part des Sang et Or. Tka s'offre un autre but sur balle arrêtée (90+4e). (4-0). Il n'y avait pas photo.
Résultats
ST CA (0-0)
EST -JSO (4-0)
Classement après 13 journées
1-EST 30 points
2-CA 27
ST27
4-ESZ 20 ( 12 J)
CSS 20
USM 20
7-ESM 19
8-ESS 18
9-JSO 16
10-USBG 15
CAB 15
12-ASM 13 ( 12 J)
13-JSK 13
14-ASS 10
15- ASG 8
16 OB 8
Ce soir, à la salle « Le 4ème art » : Sogra, cette dernière lumière dans un monde obscur
Figure incontournable de la scène théâtrale d’Afrique du Nord et internationale, Hatem Derbal vous invite, ce soir, à le joindre sur le chemin de « Sogra », dernière lueur d’espoir dans un monde dévasté... A la salle « Le 4ème art », à 19h30.
Le festival des « Saisons de la création » se poursuit jusqu’au 08 novembre, offrant au grand public non seulement un bouquet d’œuvres théâtrales tunisiennes de qualité mais aussi et surtout une plateforme pour débatte de nombreuses questions contemporaines, pour réfléchir sur le monde aujourd’hui et sur les enjeux qu’affronte l’humanité et qui menace l’homme.
« Sogra » de Hatem Derbal s’inscrit dans cette démarche. Au-delà d’être un simple récit sur ce monde qui suffoque, ce monde tiraillé par les conflits, elle se veut une invitation au spectateur pour qu’il réfléchisse sur ce que se passe autour de lui et sur sa place dans ce monde en décombres. Y-a-t-il un futur pour les hommes ? S’il existe, il demeure incertain.
Co-écrit par Narjes Ben Ammar et Hatem Derbal, l’œuvre explore autrement le mythe et ces histoires associée à « Argos ». Le duo ne le fait savoir dans leur présentation de l’œuvre, en rappelant que « Sogra » est l’anagramme de « Argos », cette ville mythologique grecque, la cité des héros et le lieu des quêtes épiques. Alors si « Argos » incarne la grandeur et l’héroïsme dans la mythologie, « Sogra » devient un lieu utopique recherché par les personnages. Promesse d’un monde meilleur, dernier refuge de l’humanité, un idéal lointain, « Sogra » est la destination de deux femmes, Kali et Lama. La première se guide par les étoiles alors que la deuxième a réussi à surpasser les décombres et les ruines. Toutes les deux comptent avancer avec l’espoir de retrouver « Sogra », ce havre de paix et de sérénité. Le voyage de deux femmes, leur périple, cette quête de survie n’est qu’une métaphore pour raconter le monde d’aujourd’hui, pour réfléchir notre vie sur une planète ravagée par les conflits et les tensions. Comptant sur l’expertise de Zawak, elles espèrent atteindre cette Cité utopique. Mais Sogra, cette cité de bonheur, existe-t-elle vraiment ? Est-ce un rêve ? Une illusion ? Parviennent-elles à atteindre enfin la Cité rêvée ou c’est simplement l’espoir qui fait vivre ces deux femmes et qui leur donne la force pour continuer malgré toutes les difficultés ? Entre le poétique et le philosophique, entre l’espoir et le désespoir, Hatem Derbal guide le spectateur…
Produite par la compagnie Be Actor, mise en scène par Hatem Derbal, « Sogra » qui a été en tournée dans quelques villes européennes, sera jouée ce soir à la salle « Le 4ème art ». L’histoire est portée sur scène par le trio Taoufik El Ayeb, Besma El Euchi et Senda Ahmadi. N’hésitez pas à les joindre dans cette quête du monde nouveau, de la Cité perdue « Sogra » !
Imen Abderrahmani
Nouveau pont de Bizerte: Plus de 65 % des travaux des premières tranches réalisés
Les bonnes nouvelles se poursuivent concernant le fameux pont qui relie les deux bords du canal de Bizerte. C’est qu’on vient d’annoncer que les travaux des première et troisième tranches du nouveau pont de Bizerte ont dépassé 65%, selon une source de la cellule technique chargée du suivi dudit projet.
Ces deux tranches, confiées à des entreprises tunisiennes expérimentées et hautement qualifiées, ont respecté les délais d’exécution annoncés, malgré la complexité technique du chantier, a souligné la même source, notant que les travaux, d’un coût de 151 millions de dinars devraient être achevés d’ici la fin du second semestre de l’année prochaine.
La première tranche, confiée à l’entreprise tunisienne “Soroubat” pour 76 millions de dinars, concerne la liaison sud et ouest sur 4,7 km, tandis que la troisième, attribuée à l’entreprise Chaâbane pour 75 millions, porte sur la liaison nord sur 2,7 km.
Parallèlement, un projet d’aménagement des quartiers environnants, financé par la Banque africaine de développement (BAD) à hauteur de 6 millions de dinars, a été achevé, comprenant la voirie, l’éclairage et l’assainissement. Le volet foncier a également été clôturé, avec le versement de 45 millions de dinars d’indemnités.
S’agissant de la deuxième tranche, réalisée par des entreprises chinoises, 14% des travaux de fondation ont été achevés pour une mise en service du pont prévue pour la mi-2027, selon l’ambassadeur de Chine en Tunisie.
« Othello et après… » de Hamadi Louhaibi, le 11 novembre au Festival du théâtre en Jordanie
La pièce tunisienne « Othello et après… », mise en scène par Hamadi Louhaibi, participe à la 30ème édition du Festival du Théâtre de Jordanie qui démarre aujourd’hui pour se poursuivre jusqu’au 14 novembre 2025.
La compétition du festival réunit onze productions théâtrales, dont quatre œuvres jordaniennes, ainsi que des pièces venues de Tunisie, du Maroc, d’Arabie Saoudite, d’Irak, du Koweit et du Sultanat d’Oman.
« Othello et après… » est une création mise en scène par Hamadi Louhaibi, d’après un texte de Boukthir Douma, inspiré de l’œuvre originale du dramaturge anglais William Shakespeare. Produite en 2024 par le Centre culturel international de Hammamet (CCI), la pièce sera présentée le 11 novembre prochain sur la scène principale du Centre culturel royal à Amman, la capitale jordanienne.
Figurent dans le jeu d’acteur Mhadheb Rmili, Noureddine Hammami, Mohamed Chawki Khouja, Bahram Aloui, Samia Bouguerra, Ibaa Hamli et Faten Chouabi.
Cette pièce a déjà été présentée dans plusieurs festivals arabes, dont la 5ème édition du Festival international de Bagdad, où elle a remporté le Prix du meilleur acteur (attribué à Mhadheb Rmili) ainsi que le Prix du meilleur texte, décerné à Boukhthir Douma.
« La voix de Hind Rajab » au Festival international du film de la mer rouge (RSIFF)
« The Voice of Hind Rajab » (La Voix de Hind Rajab) de Kaouther Ben Hania a été sélectionné à la 5ème édition du Festival international du film de la mer rouge (RSIFF), dévoilé mardi, lors d’un point de presse à Djeddah (Arabe saoudite).
Ce film candidat de la Tunisie aux Oscars 2026, a été retenu dans la section « Projections spéciales », hors compétition, avec le thriller « Sirât » d’Oliver Laxe (Espagne-France), lauréat du prix du jury au Festival de Cannes 2025. Ce film représente l’Espagne aux Oscars 2026.
Le RSIFF présente « des projections spéciales de deux films puissants d’Espagne et de Tunisie, qui ont chacun été sélectionnés pour leur impact significatif sur le paysage cinématographique en 2025 ».
Faisal Baltyuor, PDG de la Red Sea Film Foundation, a commenté : « ‘The Voice of Hind Rajab’ est un rappel émouvant du pouvoir du cinéma à révéler la vérité et à éveiller la conscience collective, tandis que Sirât captive par ses visuels saisissants et sa profonde profondeur philosophique », a-t-il souligné.
Ce drame puissant, mêlant fiction et documentaire, est un huis clos de 89 minutes inspiré de faits réels bouleversants. Porté par un casting palestinien composé d’Amer Hlehel, Clara Khoury, Motaz Malhees et Saja Kilani, ce film raconte l’histoire de Hind Rajab, une fillette palestinienne de six ans piégée dans une voiture sous les bombardements à Gaza après avoir perdu sa famille.
Écrit et réalisé par Kaouther Ben Hania, ce docu-fiction a fait sa première mondiale à la 82e Mostra de Venise, où il a remporté le Lion d’argent (Grand Prix du Jury) et six autres prix parallèles. Depuis sa sortie, il a été sélectionné dans divers festivals à travers le monde.
Cette coproduction tuniso-française a été saluée par la critique internationale comme « le film le plus puissant et le plus urgent du festival de cette année ». Des stars hollywoodiennes telles que Brad Pitt, Joaquin Phoenix et Rooney Mara en sont les producteurs exécutifs.
Prévue du 4 au 13 décembre 2025, la 5e édition du RSIFF présente une sélection de 16 œuvres du monde arabe, d’Asie et d’Afrique dans la compétition des longs métrages.
Le biopic « Giant » réalisé par le cinéaste britannico-indien Rowan Athale, a été choisi comme film de d’ouverture. Il sera projeté en première dans la région MENA. Ce film raconte l’histoire du champion de boxe britannico-yéménite, le prince Naseem ‘Naz’ Hamed, interprété par l’acteur égypto-britannique Amir El Masry.
La sélection de cette année comprend sept films soutenus par la Red Sea Film Foundation, dont « Hijra » de Shahad Ameen, candidat de l’Arabie saoudite aux Oscars en 2025, « Roqia » de Yanis Koussim, qui se déroule pendant la décennie noire en Algérie et le film d’animation pour adultes sur un enfant soldat africain « Allah is Not Obliged », présenté en première à Annecy. Le festival présente également la première mondiale de Barni, le premier drame de Mohammed Sheikh, -sur une fille disparue-, se déroulant en Somalie.
La compétition met à l’honneur toutes les formes cinématographiques, de la narration à l’animation en passant par le documentaire. Des œuvres cinématographiques innovantes, qui se distinguent par une narration puissante de voix émergentes et établies.
Les films en compétition sont en lice pour les prestigieux Yusr Awards du RSIFF.
















