L'Etoile du Sahel se sépare de Lassaad Dridi
La défaite de l'Etoile du Sahel cet après-midi face à la JSKairouan à Sousse (2-3) après avoir mené par 2 à 0 a été suivie par la colère de tous les Etoilistes, toutes catégories confondues. Déjà, depuis le début de l'actuelle saison, les résultats de l'équipe étaient en deçà des attentes. La décision n'a donc pas attendu longtemps : le Bureau Directeur a décidé de limoger l'entraîneur des seniors Lassaad Dridi. L'équipe qui se prépare à un match de la coupe de la CAF , ce week end, sera dirigée par Mohamed Ali Nafkha.
J.B.
Ligue 1- 6e journée : Le ST confirme, l'EST se reprend, la JSK crée la sensation à Sousse
La première tranche de la sixième journée a été riche en buts et en rebondissements. A Rades, l'Espérance, s'est rachetée après sa défaite au Bardo, en dominant l'ESMetlaoui avec un Blaili en super forme. A la 22e il servit royalement Boualia qui marque sans peine et à la 78e, il est l'artisan d'une attaque qui est ponctuée par un but de Jabri. Auparavant, il fut à l'origine de l'expulsion du défenseur Ben Salem ( 35e). A Beja, le Stade Tunisien a confirmé sa bonne santé en battant l'O.Beja ( 1-2) grâce à deux buts de Kemissi sur coup franc direct ( 17e) et Ndiaye ( 35'). Auparavant, Hosni a inscrit le but bejaois. Enfin, à Sousse, la JSK a réalisé une remontada spectaculaire face à l'Etoile. Menée (0-2) sur des buts de Nawali ( 35e) et Anane (65e) , elle a réussi à marquer trois buts par Liwen (78e), Kanu (pen) (85e) et Zairi( 90+1). A la (104e), le gardien Kairouanais Bejaoui repoussa un penalty de Sanghor.
Résultats
EST -ESM 2 -0
OB- ST 1 -2
ESS -JSK 2 -3
J.B.
Rentrée scolaire 2025-26 Elèves et parents aux aguets…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
2,325 millions élèves encadrés par 160 000 enseignants dans le primaire, le collège et le secondaire ont repris hier le chemin de l’école. Une rentrée scolaire marquée par de nouvelles mesures organisationnelles et réglementaires. Comment élèves et parents ont vécu cette rentrée ?
Presque toutes les familles tunisiennes se sont réveillées tôt hier pour accompagner leurs progénitures lors de cette rentrée scolaire 2025-2026. Parmi eux, des milliers d’élèves qui découvrent les bancs de l’école pour la première fois et d’autres qui retrouvent les salles de classes après des vacances d’été bien méritées. A l’Aouina, cette localité de la banlieue nord de la capitale, l’ambiance est plutôt bon enfant devant les écoles. Les parents, en majorité des mères de famille, sont aux aguets surveillant leurs enfants et s’assurant que rien ne leur manque pour réussir cette rentrée scolaire qui s’est déroulée sous un grand soleil d’automne plutôt pesant et lourd, « C’est un grand jour pour mon fils et je veux qu’il soit à l’aise en découvrant les bancs de l’école pour la première fois de sa vie. J’attends que le portail de l’école s’ouvre pour l’accompagner dans sa salle de classe », nous dira, Ahlem, une parente qui découvre avec son enfant cet établissement scolaire refaite à neuf. De son côté, Nejib, père d’un élève en cinquième année de base, nous a confié : « Je tiens chaque nouvelle rentrée scolaire à venir saluer les enseignants de mon fils tout en leur demandant d’être sévère avec lui notamment en matière de discipline. Je fais partie de l’ancienne génération qui respecte les instituteurs et je veux que mon fils fasse de même et considère son maître ou sa maîtresse comme son deuxième père ou sa deuxième maman ». Qu‘en est-il, toutefois, des nouveautés cette année au niveau des programmes scolaires ? Mise à niveau…
« Améliorer la qualité du système éducatif », tel est le mot d’ordre donné par le ministère de l’Education à tous les intervenants dans le système éducatif afin de hisser le niveau et rendre à l’école publique son éclat. A cet effet, une série de nouvelles mesures organisationnelles et réglementaires, de travaux d’entretien, de réaménagement et d’amélioration des conditions d’enseignement ont été annoncée par le ministre de l’Education, Noureddine Nouri. Le ministre a, en effet, déclaré alors qu’il assistait hier à cette rentrée scolaire dans plusieurs établissements scolaires de la capitale que « la nouveauté de la rentrée scolaire de cette année réside notamment dans la réalisation de travaux de maintenance complets ou partiels, de nouvelles installations et des classes préparatoires dans la plupart des établissements d’enseignement, les travaux étant terminés dans de nombreux établissements et se poursuivant dans d’autres à un rythme soutenu ». Et d’ajouter : « la rentrée scolaire de cette année a également vu la généralisation du processus d’inscription à distance à tous les niveaux d’enseignement. Ce processus s’accompagne d’une collaboration entre le ministère et les sociétés de transport qui se traduit par la mise en place d’un système de transfert numérique des inscriptions, afin de faciliter et d’accélérer les procédures d’obtention et d’attribution des abonnements scolaires pour le transport. Répondant, également, à certaines rumeurs faisant état de l’encombrement au sein des classes, le ministre a expliqué que « cette question était exagérée » , affirmant qu’« il n’y a pas de surcharge insupportable dans les classes ni d’heures supplémentaires comme cela est rapporté », rappelant que le ministère adhère au principe de l’Etat social, qui considère l’enseignant comme le fondement du processus éducatif comme le fondement du développement dans ce pays, et que tout processus de réforme éducative repose sur l’éducateur et l’enseignant, précisant que le ministère ne ménagera aucun effort pour soutenir les enseignants et améliorer leurs conditions matérielles et pratiques.
M.B.S.M.
La 6e journée, à partir d’aujourd’hui : Moment de vérité pour le leader
Par Wahid SMAOUI
Engagements des représentants tunisiens en Ligue des champions africaine et en Coupe de la CAF obligent, la 6e journée a été programmée en début de semaine, étalée sur trois jours en fait. Avec comme principale affiche, l’attrayant plateau de Zarzis, demain, où l’USM ira braver le leader dans son propre antre. Pour les deux équipes, c’est un peu le match de la vérité entre une ESZ qui a mis tout le monde d’accord sur son nouveau statut et une USM qui vaut sûrement mieux et plus que ce qu’elle a arboré jusqu’ici. Mais pour revenir au menu de la première tranche qui se déroule cet après-midi, il y a lieu d’évoquer l’insidieux déplacement du dauphin stadiste à Béja. Un match-piège par excellence, les Cigognes devant s’investir à fond pour se décarcasser d’une place de lanterne rouge ne reflétant pas fidèlement leur valeur foncière. L’EST et l’ESS, quant à elles, seront loin d’évoluer la fleur au fusil face à l’ESM et à la JSK, en dépit de l’avantage du terrain. Demain, hormis le choc de Zarzis, le CAB tentera de confirmer son regain face à un ASG qui perd de son mordant hors de ses murs, alors que le CSS devrait se tenir à carreau face à l’USBG. Quant au CA, il a un double impératif à honorer, la victoire et une copie autrement reluisante à rendre. Une aspiration qui risque d’être écornée par une JSO transcendée quand elle évolue dans son désormais jardin du Zouiten. Enfin après-demain jeudi, la boucle sera bouclée à la faveur du duel des «Avenirs», celui de la Marsa et celui de Soliman. Ragaillardis par leur premier succès de la saison, les Slimanis tenteront d’entretenir cette dynamique, alors que pour les gars du Safsaf, la perspective d’amorcer son opération recollement au ventre mou du classement ne saurait être différée dans le temps.
W.S.
La jeune prodige Camilia Mzah en concert, ce samedi, au Théâtre Municipal de Tunis
Le Théâtre Municipal de Tunis accueillera, ce samedi, à 19h30, la jeune pianiste et cheffe d’orchestre en formation Camilia Mzah, 17 ans, pour un concert exceptionnel intitulé « Rêve d’une jeune prodige ».
Le récital se déroulera en trois temps. Le public aura droit au début de la soirée à une performance solo au piano (œuvres de Chopin, Schubert), puis la jeune artiste jouera en soliste avec l’Orchestre Philharmonique « Les Solistes » et « la Chorale de Mégrine », dirigés par le maestro Achref Bettibi. Et pour un final inédit, la jeune et talentueuse Camilia Mzah dirigera elle-même l’orchestre et la chorale, confirmant son talent de cheffe d’orcehstre.
Révélée très jeune, Camilia Mzah a remporté plusieurs prix nationaux de piano et poursuit une formation en direction d’orchestre entre la Tunisie et la France. Elle s’est déjà produite sur des scènes prestigieuses, dont El Jem, Oudhna, Pau (France), et bien sûr, le Théâtre Municipal de Tunis.
Le concert qui ouvre la saison du Théâtre municipal de Tunis est un rendez-vous à ne pas manquer pour découvrir l’une des figures montantes de la scène musicale tunisienne.
Dar El Kamila ouvre ses portes au public
À l’occasion de la 42ème édition des Journées européennes du patrimoine, les 19 et 20 septembre 2025, la Résidence de France « Dar El Kamila », située à La Marsa, sera exceptionnellement ouverte au public. Cette ouverture intervient à la veille d’une campagne de restauration qui s’étendra sur plusieurs mois.
Les visiteurs auront l’opportunité de découvrir l’architecture, les jardins et l’histoire de ce lieu emblématique, rarement accessible. Au total : Six visites guidées d’une heure, sur inscription évidemment, sont proposées : Le vendredi 19 septembre : entre 15h00–16h00 et 16h30 et 17h30. Pour le samedi 20 septembre: du 10h00 à 11h00, du 11h30 à 12h30, du 15h00 à 16h00 et du 16h30 à 17h30.
L’inscription est obligatoire et s’effectue en ligne via les sites de l’Ambassade de France en Tunisie et de l’Institut français de Tunisie (IFT).
Construite vers 1800, la résidence de France, aujourd’hui connue sous le nom de Dar El Kamila, était à l’origine la demeure du caïd Ahmed al-Mounastiri, figure influente de la bourgeoisie tunisoise. Offerte par Mahmoud Bey vers 1822, elle devient un lieu prisé par les notables de l’époque.
En 1857, elle est attribuée au consul de France Léon Roches, qui lui donne son nom actuel, évoquant la perfection. Après l’indépendance, le palais devient la résidence officielle de l’ambassadeur de France en Tunisie.
Dar El Kamila est aujourd’hui reconnue pour sa valeur patrimoniale et architecturale exceptionnelle.
Bagdad célèbre le cinéma tunisien
Le Centre National du Cinéma et de l’Image (CNCI) a annoncé que la Tunisie est l’invitée d’honneur de la 2ème édition du Festival du film de Bagdad, qui a démarré hier pur se poursuivre jusqu’au 21 septembre 2025. Cette édition s’inscrit dans le cadre de l’initiative « Bagdad, capitale du tourisme arabe 2025 ».
Le focus sur le cinéma tunisien s’ouvrira avec la projection d’un documentaire consacré à Nejib Ayed (1953-2019), grand producteur et figure emblématique du 7e art tunisien suivie de la projection du film culte « Silences du Palais » (1994), réalisé par Moufida Tlatli (1947-2021).
La Tunisie sera fortement représentée dans la compétition officielle des longs- métrages avec trois films en lice : « Borj Roumi » de Moncef Dhouib, « Asfour Jenna » de Mourad Ben Cheikh, ainsi que « Backstage », coréalisé par la Tunisienne Afef Ben Mahmoud et le Marocain Khalil Ben Kailane.
Du côté des courts- métrages, six œuvres tunisiennes figurent parmi les 24 films en compétition : « Bord à bord » de Sahar El Echi, « Leni Africo » de Marwene Labib, « Keratin Day » de Sami Tlili, « Soudan souviens-toi » de Hind Meddeb, « Rehla » (Ça roule) de Jamil Najjar et « Je te ferai un film » d’Amani Jaafar.
Outre les projections, le cinéma tunisien sera mis en valeur à travers des séances de dédicace d’ouvrages spécialisés, ainsi que lors de séminaires et de rencontres professionnelles réunissant producteurs tunisiens, irakiens et arabes.
L’actrice tunisienne Wahida Dridi sera également parmi le jury de la compétition des courts métrages, présidé par le critique de cinéma irakien Alaa Al-Mofargy, aux côtés de l’actrice égyptienne Dalia El Behery.
Editorial : Un retard irrécupérable… - Par Hassan GHEDIRI
Il était 8h36. Environ une trentaine de citoyens, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes s’impatientent devant la porte verrouillée par du fer forgé de la municipalité de Hamamm-Lif. Agacée par le non-respect de l’horaire du travail, la foule commence à crier son ras-le-bol, en hurlant et en bousculant la portière. Normalement, la séance commence à 8h30 piles, mais il a fallu deux autres longues minutes pour qu’un agent vienne enfin mettre une clé dans la serrure et laisser le monde en colère se précipiter vers les guichets pour former de longues queues désordonnées. L’appareil qui délivre les tickets avec des numéros pour régler le flux des citoyens et optimiser leur temps d’attentes étant en panne, il était impossible de ne pas voir la frustration s’installer à cause de l’incivisme de ceux qui tentent se passer outre la file d’attente. Derrière les guichets vitrés, trois agents vérifient, lentement, leurs registres et leurs tampons avant de commencer à servir les premiers de la file. Coïncidant avec le premier jour de la rentrée des classes, il était normal que le nombre de demandeurs de prestation soit exceptionnel. Mais il est complètement absurde de se voir les Tunisiens, par ces temps où les technologies bouleversent le monde, sacrifier de longues heures dans le va-et-vient entre les administrations et subir, au passage, le comportement irrespectueux et inconscient des agents publics payés avec l’argent des contribuables. Il est inadmissible que l’on continue à obliger les gens à prouver l’authenticité de la signature devant un agent alors que dans le monde, biométrie, QR code et autres moyens de reconnaissance et d’identification électronique ont radicalement transformé les relations entre le citoyen et l’Etat en tant qu’autorité administrative.
Des millions d’heures perdues chaque année dans des files d’attentes interminables un peu partout dans le pays coûtent très cher à la communauté nationale. Ce sont des pertes qui accablent les particuliers et les entreprises et freinent l’économie du pays. Chaque déplacement (inutile) pour régler une procédure physique, chaque tampon apposé après une heure d’attente et chaque formalité régularisée manuellement peuvent être remplacés par un simple clic sur un petit écran tactile. Mais lorsque la bureaucratie l’emporte sur le progrès, c’est tout le pays qui est pris en otage et empêché d’accéder à la modernité. Le plus absurde, c’est que la Tunisie dispose de tout ce qu’il faut pour réussir cette transformation. Des milliers d’ingénieurs et des centaines de start-up spécialisés dans le digital sont sollicités dans beaucoup de pays pour dématérialiser l’administration et les différentes prestations dédiées aux citoyens et aux entreprises. Mais nul n’est prophète dans son pays. Ici, rien ou presque ne change, malgré de nombreuses lois réglementant la dématérialisation votées et adoptées depuis plus de deux décennies. Des conférences et des stratégies axées sur la transition numérique ne débouchant sur rien de concret pour que, le lendemain, les citoyens se trouvent encore et toujours dans les files d’attente en quête d’un tampon comme au siècle dernier. Pendant que dans le monde, tout tournait désormais autour des nouveaux algorithmes de l’IA et des protocoles sécurisant les bases de données interconnectées et les services en ligne, nous persistons à gaspiller notre temps et notre argent dans des pratiques archaïques.
Le coût de la non-modernisation ne se calcule toutefois pas seulement en heures de travail perdues ni par les préjudices sociaux et de santé que les citoyens endurent durant les épisodes interminables de stress et de frustration dans leur relation avec l’administration, mais se chiffre par des dommages économiques colossaux sous forme de projets de développement bloqués et un retard irrécupérable sur la voie du progrès.
H.G.
Ligue 1 - En marge de la 5e journée : Un duo ESZ-ST endimanché
Par Wahid SMAOUI
Forte d’un réalisme marmoréen, l’ESZ s’impose dans le difficultueux derby du Sud-Est et se cramponne mordicus à son leadership. Quant aux trois grands formats de la ronde, ils ont fait un seul heureux, le ST qui, en faisant son affaire à l’EST, se pare des plumes du dauphin.
A tout seigneur tout honneur, l’étonnant et tout autant leader de la Ligue 1 tunisienne administre une nouvelle fois la preuve de sa précellence du moment. On peut épiloguer autant qu’on veut sur la qualité de l’opposition d’un second couteau, toujours est-il que la Zliza est connue pour ne pas badiner sur son terrain, comme l’ont appris à leurs dépens plusieurs gros calibres du circuit, outre les impondérables propres à un derby dont les Akkaras ont ingénieusement réchappé. Les Sang et Or du Sud, en se pavanant au faîte du classement, peuvent toujours fièrement faire la roue. Ce qui, pour l’heure, n’est pas le cas de leurs homonymes de Tunis qui avaient raison d’appréhender leur court mais irréductiblement incommodant déplacement au Bardo. Ce derby tunisois était en fait précédé d’un vrombissant ramdam, allusion au rocambolesque arbitrage ayant émaillé les dernières confrontations entre les deux antagonistes, auquel l’absence de la VAR n’était point étrangère. Cette fois-ci, le «remède miracle» était bien présent et il fut de surcroît décisif quand la Video Assistant Referee est intervenue pour invalider très congrûment le penalty accordé par Nidhal Ltaïfa, l’attaquant espérantiste ayant très nettement accroché son adversaire avant d’être crocheté en pleine surface de réparation. Encore une fois, en n’y voyant que du bleu sur une aussi évidente irrégularité, se dépêchant de décréter la sentence suprême, l’arbitre a failli être l’auteur d’un nouveau passe-droit aux conséquences bien déplaisantes. Outre le fait d’avoir tourné un œil aveugle sur certaines incartades méritant des cartons jaunes, voire rouges comme celles d’un défenseur stadiste et de l’«inéluctable» Belaïli à la face de qui un deuxième avertissement aurait dû être brandi et qui, à la fin, devient pour de vrai un «vilain pouacre». Mais la véritable «apothéose» du match, c’est Kanzari qui nous en a fait présent, entendons ce blasphème à l’adresse de l’un de ses joueurs, une monumentale imprécation transmise en direct et qui a pénétré les foyers du monde entier. Non, il y avait quelque chose de plus qu’un simple emportement d’entraîneur à partir de sa guérite, il y avait comme un fiel qui sortait des yeux du sieur, de son hargneux faciès et de ses fracassantes vociférations, comme un irréfrénable ressentiment à l’égard de ceux, un large pan des supporters stadistes, qui n’ont pas pardonné le parjure commis par «l’enfant du club», coupable d’apostat.
Public-joueurs, le béant hiatus
A voir le public clubiste en si grand nombre, déployant son soutien aussi somptueusement, chaque équipe souhaiterait en bénéficier, ce qui lui ferait pousser des ailes pour réaliser les morceaux de bravoure les plus fabuleux. Concernant le onze rouge et blanc, on dirait que c’est l’inverse qui se produit, si bien que les supposés effets transcendants que le public exercerait sur les joueurs se transforment en contrecoups plutôt inhibiteurs et ankylosants. Pour sa prestation contre le CSS, le CA a affiché deux visages antinomiques, un premier, fringant en première période, un second, timoré et trahissant un défaut de personnalité collective, une déplorable fragilité mentale lorsque l’antagoniste sfaxien a retrouvé sa meilleure articulation et que les supporters clubistes ont mis la pression sur leurs joueurs. Mais au lieu que cette dernière les exalte et éperonne leur ardeur conquérante, elle les a plutôt bloqués. Et c’est un constat de plus en plus patent et qui s’est imposé à l’entendement depuis un bon bail. Quant à Faouzi Benzarti, il a non seulement perdu sa bataille tactico-stratégique face à son émule Mohamed Kouki, mais il a rivalisé avec son «poulain» Kanzari, quoique dans un autre registre, à la lumière de ses interminables grognements à l’adresse de ses joueurs. Avec comme point d’orgue, une agression caractérisée à l’égard de l’un d’eux, en fin de match. Consternant constat ! A Monastir, le derby du Sahel a accouché au final d’un petit football, en totale discordance avec le standing des deux clubs. Et si le point moissonné par l’ESS peut suffire à son bonheur, celui des Bleus a de quoi les outrer au vu de leur mainmise plus prononcée sur les péripéties du match. Et si Ribatiens ne perdent pas, 18 matchs sans défaite depuis l’exercice écoulé, série en cours, ils ne gagnent pas non plus, comme le prouve cette quatrième parité en cinq matchs, même si à leur décharge, ils ont eu affaire à des rivaux à l’imposante carrure comme le ST, l’EST Radès, l’ASM au Chtioui…
Par ailleurs, s’il y a un club qui a vaincu sa mauvaise fortune, c’est bien le CAB. Désigné, malgré lui, à «l’indignation publique» à cause d’une ineptie commise par une fripouille qui ne le représente pas, il s’en est allé au lointain Sud, sur un terrain réputé pour son caractère rêche et revêche, celui du 7 Mars de Ben Guerdane, ramener une victoire hichcockienne, ratifiée dans le temps additionnel après une intrépide résistance. Le plus heureux de tous ? Sûrement Chokri Bejaoui, infortuné pour son baptême du feu rembruni par la scélératesse en question, il a pris une belle revanche sur le sort. Une première, cette journée s’en réclame à juste titre et elle est l’apanage de l’ASS qui a fait à vrai dire juste l’essentiel, face à un bien déveinard OB, auteur de deux buts, justement refusés, et qui continue de broyer du noir dans les échancrures du classement. Contrairement à une JSK qui en est à une deuxième victoire des plus regonflantes, engrangée face à un ASM jouant décidément de malchance, ses dernières prestations méritant franchement mieux que les piètres miettes butinées çà et là. Le seul nul blanc de la journée a vu Metlaouiens et Omraniens se colleter en pure perte, un point désappointant en fait pour les Miniers, suffisant au bonheur des gars de Jebel Lahmar.
W.S.
Premier atelier national pour la mise en œuvre du projet des« Indicateurs Culture 2030 de l’Unesco» : Pour des réelles politiques culturelles
Des experts tunisiens, européens et onusiens dans les stratégies culturelles prennent part au premier atelier national pour la mise en œuvre du projet des« Indicateurs Culture 2030 de l’Unesco » en Tunisie démarré lundi, au théâtre des jeunes créateurs, à la Cité de la Culture, pour se poursuivre durant trois jours, du 15 au 17 septembre 2025.
Cet évènement est organisé par le ministère des Affaires Culturelles, la municipalité de Tunis et l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) avec le soutien de l’Union européenne (UE).
La Tunisienne Wafa Belgasmi, experte auprès de l’Unesco et chargée de diriger les travaux de cet atelier national a présenté un évènement offrant « une nouvelle méthodologie développées par l’Unesco en réponse au besoin d’avoir des données simples, faciles à collecter qui pourraient guider les politiques publiques, les plans d’investissement et les stratégies de développement ».
Les participants à cet atelier, comprennent des représentants d’institutions clés liées à divers ministères, ainsi que des groupes et des individus du monde universitaire et de la société civile, qui sont des sources et des transmetteurs de connaissances culturelles, et qui peuvent contribuer à la construction des 22 indicateurs des « Indicateurs Culture 2030 de l’Unesco.
Tunisie : la culture au cœur du plan de développement 2026-2030
S’exprimant au démarrage de l’atelier, lundi matin, Noomène Hamrouni, directeur général au ministère des Affaires Culturelles a déclaré qu’ « une nouvelle politique culturelle mettant la culture au cœur de l’économie et du développement durable sera au cœur du plan de développement 2026-2030 ».
Il a présenté « la stratégie nationale visant à faire de la culture un vecteur de développement, et ce à travers le développement des Industries Culturelles et Créatives (ICC), citant le cadre juridique et le code d’incitation à l’investissement».
« Conscient de la limite de l’impact de ces mesures dans la promotion des ICC et son apport effectif dans le développement, l’Etat a réalisé plusieurs études relatives aux données quantitatives sur les ICC en Tunisie, dont une étude an partenariat avec la BAD (Banque africaine de développement) en 2012, suivie d’une autre étude en 2019, réalisée avec le soutien de l’Union Européenne, a-t-il indiqué.
Cependant, « ces statistiques n’ont pas été intégrées dans une banque de données actualisée en vue de les analyser et les exploiter dans la réalisations des projets », a fait savoir le représentant du ministère.
En parallèle, il a mentionné le rôle de l’Unité de gestion par objectifs (JBO), mise en place par le ministère des Affaires Culturelles depuis 2017, ce qui a permis de développer quelques indicateurs quantitatifs et qualitatifs qui ont couverts tous les secteurs d’action culturelle aussi bien que des indicateurs sur l’égalité des genres et les changements climatiques ».
Tom Ashwanden : la culture est force de transformation
« Vos efforts pour sauvegarder la diversité culturelle et soutenir les industries culturelles et créatives (ICC) sont louables », a déclaré Tom Ashwanden, chef de coopération à la Délégation de l’Union Européenne en Tunisie, depuis 2022.
« L’UE est fière de contribuer à ce projet en terme financier et à la réalisation de ses objectifs » a encore dit le responsable européen citant les projets financés dans les quatre coins du monde par ce programme qui ne visent pas seulement à préserver ce qui existe, mais également d’imaginer ce que pourraient être les écosystèmes culturels dynamiques et inclusifs, stimuler l’innovation et la croissance économique. »
« L’expérience européenne nous a montré que la culture peut être un bien public et mondial et un moteur essentiel de développement », a soutenu le représentant de l’UE en Tunisie et fin connaisseur des politiques culturelles dans le monde.
Conformément au programme de l’horizon 2030 et à la déclaration Mondialcult, la culture est force de transformation qui façonne les sociétés, favorise l’innovation et renforce la résilience, a-t-il encore dit, exprimant le vœu que « nous pourrions nous appuyer sur cette conviction commune : explorer les moyens pour mieux comprendre l’Etat et les besoins de la culture en Tunisie »
Ernesto Ottone R.: les indicateurs visent à aider les décideurs
« Le soutien de nos Etats membres dans la mise en œuvre de leurs programmes de développement, nationaux et locaux, à travers la culture, a toujours était au cœur du mandat de l’Unesco », a déclaré Ernesto Ottone R., Sous-Directeur général pour la culture de l’Unesco a déclaré dans une vidéo enregistrée diffusée au démarrage de l’atelier.
Le responsable de l’Organisation onusienne a relevé un défi relatif au manque de données dans la domaine de la culture car « sans données exhaustives et fiables sur le secteur culturel pour alimenter les statistiques nationales et locales, il n’est pas possible de garantir que la culture sera effectivement intégrée sur le long terme dans les discussions, les stratégies et les politiques de mise en œuvre, au niveau national et local. »
Il a affirmé que les indicateurs visent à aider les décideurs en construisant un discours solide et cohérent basé sur des éléments concrets sur la culture et le développement. Il s’agit d’initiatives innovantes ayant pour but d’établir une méthodologie afin de mettre en valeur le rôle de la culture dans la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable (ODD).
Des indicateurs ont été développés en étroite collaboration avec l’Institut des Statistiques de l’Unesco, a-t-il indiqué, ajoutant que cet atelier de lancement présentera la méthodologie dans le cadre de la mise en œuvre des indicateurs. Les données collectées et analysées éclaireront les décisions, les mesures concrètes et les politiques qui ont le but de permettre d’accroire des investissements dans la culture en tant que secteur d’activité et de reconnaitre l’avantage de son rôle transversal pour tous les autres secteurs.
Selon le responsable à l’Unesco, les résultats du projet vont alimenter les rapports nationaux et locaux examinés dans des forums politiques de haut niveau des Nations Unies sur les ODD à New York. Grâce à leurs rapports nationaux et leur examen volontaires, cela permettrait de soutenir les efforts du plaidoyer visant à rendre le rôle de la culture dans le développement durable.
Cet atelier national sur la mise en œuvre des « Indicateurs Culture 2030 de l’Unesco » se tient en prévision de la conférence mondiale de l'UNESCO sur les politiques culturelles MONDIACULT 2025 en Espagne.
MONDIACULT réunira des acteurs du monde de la culture, des partenaires et des dirigeants du monde entier à Barcelone, en Espagne, du 29 septembre au 1er octobre 2025, afin de définir et de s'engager en faveur d’un agenda mondial pour la culture.
Le Quotidien avec TAP
Mondiaux de Tokyo 2025 - Le titre et le record du monde à 6,30 m pour l'extra-terrestre Duplantis
6 mètres 30. Il n’y a même plus de mot. Armand Duplantis a écrit une nouvelle page de sa légende, la plus belle tant cette hauteur symbolique et le scénario d’un concours de dingue ont donné le cadre parfait à son nouvel exploit. Le perchiste suédois, invaincu depuis 2019, a fait tomber le record du monde pour la 14e fois de sa carrière, et la 4e fois cette saison. Il était déjà l’homme qui allait le plus haut au monde. Il s’est encore rapproché un peu plus des étoiles.
Et pourtant, elle a vacillé cette barre. Après un concours immaculé et une victoire assurée quand il a franchi 6,15 m à son premier essai, Mondo a échoué de justesse sur ses deux premiers essais à 6,30 m. Sur le troisième, son genou et son coude sont venus effleurer une barre chancelante, comme si elle hésitait à choisir son destin. Elle a finalement décidé de rester en place. Et Duplantis a explosé de joie dans un stade incandescent.
Il en a déjà connu tant, mais c’est la consécration ultime. Dans une enceinte où il avait décroché le titre olympique en 2021 à défaut de s’offrir un record du monde, échouant à trois reprises à 6,19 m, Duplantis a su ajouter la cerise sur son gâteau japonais cette fois-ci. Un record mythique pour un troisième titre mondial consécutif, après ceux acquis à Eugene en 2022 et Budapest en 2023. Le symbole d’une suprématie absolue, tant il domine sa discipline comme personne.
LNFP : Kanzari convoqué devant la commission disciplinaire
Nous avons appris de source officielle que la commission disciplinaire de la Ligue nationale de football professionnel (LNFP) a décidé, lors de sa réunion tenue ce lundi 15 septembre 2025, de convoquer l’entraîneur de l’Espérance sportive de Tunis, Maher Kanzari, auteur de propos jugés grossiers et inconvenants.
Ce dernier sera entendu jeudi ou vendredi prochain par la commission disciplinaire, qui prendra ensuite une décision le concernant.
Ligue 1: les arbitres de la 6e journée
La Direction Nationale d'arbitrage a désigné les arbitres suivants pour officier les matches de la 6e journée de la Ligue 1 programmée pour demain, mardi, mercredi et jeudi. Le coup d'envoi des matches sera donné à 15h30.
Mardi 16 octobre 2025
Rades: EST -ESM Khaled Gouider
VAR Emir Ayadi
Beja: OB -ST Mohamed Ali Karouia
VAR Hamza Jaied
Sousse :ESS -JSK Bacem Belaid
VAR. Naim Hosni
Mercredi 17 septembre 2025
Zarzis: ESZ -USM Aymen Nasri
VAR Haythem Guirat
Zouiten: JSO -CA. Walid Mansri
VAR. Majdi Ballagha
Sfax CSS- USBG Fraj Abdellaoui
VAR Emir Loussif
Menzel Bourguiba ( Huis clos)
CAB -ASG Houssem Ben Sassi
VAR Hosni Naili
Jeudi 18 septembre 2025
Marsa :ASM- ASS Montacer Belarbi
VAR Khalil Jari
J.B.
Cinéma -« La voix de Hind Rajab » de Kaouther Ben Hania : ... Une voix qui traverse les murs du silence
Par Imen ABDERRAHMANI
Après avoir bel et bien résonné à Venise, «La voix de Hind Rajab» résonnera à partir du 17 septembre dans les salles de cinéma tunisiennes. Il se lèvera partout dans le monde, rappelant la tragédie de Hind Rajab et des milliers d’enfants palestiniens qui tombent au quotidien sous les tirs barbares de l’entité sioniste.
«S’il te plaît viens me chercher. J’ai peur», a supplié la petite gazaouie Hind Rajab, âgée d’à peine de cinq printemps, Omar, l'un des opérateurs du centre d’appel du Croissant-Rouge palestinien. Mais pour pouvoir intervenir et envoyer les secouristes, il fallait de nombreuses autorisations et il fallait coordonner avec l’armée israélienne qui doit donner son feu vert. Et avec les sionistes, la question humanitaire ne se pose jamais.
Projeté en avant-première devant un parterre de journalistes tunisiens et étrangers, à la salle « Le Colisée », le film de Kaouther Ben Hania, « La voix de Hind Rajab », est attendu à plus d’un titre. Projeté en compétition à la Mostra de Venise, mercredi 3 septembre, le film a reçu une standing ovation record de 24 minutes après avoir bouleversé les spectateurs du Lido, réussissant à faire parler de nouveau de Hind Rajab, des enfants palestiniens qui souffrent non seulement aujourd’hui de la barbarie de l’armée sioniste mais aussi de la famine. Outre la bonne sélection des prix parallèles remportés de Venise, le film a su décrocher Le Lion d’argent de la Mostra de Venise, une première pour le cinéma tunisien.
Joué dans un huis-clos, dans le Centre d’appel du Croissant-Rouge palestinien, le film est à la croisée des genres.
Docu-fiction, basé sur des enregistrements audios, «La voix de Hind Rajab» met en scène les derniers jours de cette fillette palestinienne qui a été pour de longues heures coincées dans une voiture, entourée de six cadavres et effrayée par les chars israéliens qui tirent partout et qui ont déjà ciblé la voiture de ses proches.
Mêlant réalité et fiction, car il n’y a pas de frontières entre les deux, et puisque tout ce qui se passe actuellement à Gaza est inimaginable, le film est une reconstitution des dernières heures de cette fillette dont l'histoire a bouleversé le monde.
Le cri d'une fillette piégée
Le film de 1h30 se déroule dans le centre d’appel du Croissant-Rouge, sous tension entre la volonté de secourir la fillette et la nécessité de respecter les protocoles d’urgence et ne pas mettre en danger les sauveteurs. La réalisatrice peint l'atmosphère émotionnelle et mentale, explore la psychologie de quatre personnes qui faisaient le suivi de cette situation délicate: Omar, le premier qui a reçu l'appel, et qui a été bouleversé voulant à tout prix sauver la fillette; Rana, qui a été également à de nombreuses reprises au téléphone avec Hind, tentant de la rassurer et de la soutenir; Mahdi, le chef du Centre qui a été tiraillé par son devoir de faire respecter les protocoles pour ne pas perdre les derniers secouristes au nord de Gaza et son devoir humanitaire et Nesrine, psychologue qui tentait d'aider l'équipe à surmonter le choc et Hind à tenir bon jusqu'à l'arrivée des secouristes.
La réalisatrice utilise les véritables appels de Hind, mais fait rejouer les scènes dans le film qui retracera son histoire du point de vue des opérateurs du Croissant-Rouge palestinien qui étaient en ligne avec la petite fille durant le bombardement au cours duquel elle a perdu la vie.
Le film raconte ces moments d'espoir (qui ont été rares ) tels que l'écoute de la voix de Hind après des tirs, confirmant qu'elle est encore en vie ou l'obtention du green light (feu vert) et les moments de désespoir et d'impuissance quand l'équipe s'est trouvée confrontée à un protocole alors que la fillette pleurait d'effroi, avec les coupures successives du téléphone qui faisaient croire aux opérateurs que Hind est morte... Mais voilà quand tout semblait aller au mieux et les ambulanciers réussissent à surpasser les difficultés, tout bascule avec ces nouveaux tirs...
La mémoire comme ultime résistance
Film engagé, "La voix de Hind Rajab", au-delà d'être un hommage à cette Gazaouie, il s'interroge sur le destin des enfants palestiniens, sur de nombreux accords des droits de l'homme violés à chaque instant par les sionistes, sur ces frappes continues ciblant les ambulanciers et les travailleurs humanitaires...
Pour bien tirer son épingle du jeu, la réalisatrice a fait appel à des acteurs palestiniens qui ont réussi à merveille à porter la voix des opérateurs des centres du Croissant-Rouge qui reçoivent chaque jour des innombrables appels à secours et qui se trouvent très souvent incapables d'aider pour des raisons qui leur échappent. Elle a également pris le témoignage de la mère de Hind, ajoutant une version intime au film. Le film s'achève avec un petit rappel pour ceux qui ont la mémoire courte: il faut douze jours pour que le Croissant-Rouge parvienne à envoyer une nouvelle équipe sur place. Elle y découvre "les corps en décomposition" de Hind Rajab et de ses proches, dans une voiture "criblée de balles", révèle un rapport de l'ONU (Nouvelle fenêtre) rendu public en juillet 2024. L'ambulance venue à sa recherche est retrouvée quelques dizaines de mètres plus loin, "complètement détruite", avec à son bord "les dépouilles de deux secouristes", précise le document.
Après avoir résonné à Venise, la voix de Hind Rajab résonnera dans les salles de cinéma tunisiennes, coïncidant avec les préparatifs de la flottille Soumoud pour prendre la mer, afin de briser le blocus sur Gaza. Il résonnera encore dans plusieurs salles de cinéma dans le monde et des écrans des festivals, dérangeant ceux qui préfèrent fermer les yeux sur les génocides commis par l’armée israélienne.
"La voix de Hind Rajab", à partir du 17 septembre dans les salles de cinéma tunisiennes.
I.A.
La dette publique en Tunisie aurait dépassé 100 milliards de dinars : Et si on faisait un grand «coup d’éponge comptable» ?
Par Hassan GHEDIRI
Le mécanisme de compensation des dettes permet aux entreprises publiques, souvent surendettées les unes envers les autres, de tenter une remise des compteurs à zéro sans passer à la caisse…
Le chiffre donne la chair de poule et met l’Etat le dos au mur : l’endettement cumulé des entreprises et établissements publics en Tunisie dépasserait aujourd’hui 100 milliards de dinars. En fait, c’est ce qui ressortait des données comptables officielles que certains experts ont pu consulter. Abdelbasset Sammari, expert en finances, qui semble avoir eu l’opportunité d’examiner des documents comptables sur la dette publique a mis en garde contre ce qu’il considérait comme « un danger imminent ».
Samamri pense, en effet, que cette dette colossale, alimentée principalement par le poids des charges financières et du service de la dette, représente aujourd’hui une menace directe pour les équilibres budgétaires de l’État et pour sa capacité à financer les investissements dont dépend la relance économique. Transparence exige, il appelle les autorités compétentes, à savoir le ministère des Finances, l’INS et la Cour des comptes à publier les états et comptes détaillés des entreprises publiques des cinq dernières années (2019-2024), c’est-à-dire l’encours de la dette, le service de la dette, les comptes annuels et la liste des garanties.
Dans cette situation exceptionnelle, l’expert pense qu’il faut prendre des mesures exceptionnelles et adaptées et exigées par les circonstances. Ainsi, il propose un plan d’actions global visant à alléger ce fardeau et à restaurer la crédibilité financière du secteur public. Au cœur de sa réflexion se trouve le recours au mécanisme de compensation des dettes entre entreprises publiques. A première vue, le principe parait complexe. Pour comprendre la démarche, admettons que la plupart des entreprises et organismes publics en Tunisie sont à la fois débiteurs et créanciers les uns envers les autres. La SONEDE doit par exemple régler ses factures d’électricité à la STEG, laquelle est elle-même endettée auprès de la Compagnie tunisienne de navigation pour le transport de gaz. Dans le même temps, l’État demeure redevable envers la SONEDE de subventions couvrant une partie de ses coûts. Ainsi, au lieu de laisser cette spirale d’obligations réciproques devenir infernale et complètement incontrôlable étouffant au passage la trésorerie des entreprises, l’expert propose l’emploi du mécanisme de compensation des dettes qui permet de les annuler partiellement à travers un jeu d’écritures comptables. Les créances d’une société viennent ainsi couvrir ses dettes envers une autre, ce qui réduit le volume global des arriérés et redonne une bouffée d’oxygène financière sans mobiliser de liquidités immédiates.
Cette solution ne résout toutefois qu’une partie du problème de l’endettement public en Tunisie. Pour restaurer les équilibres, les spécialistes suggèrent la mise en place d’un plan national de désendettement progressif passant par le rééchelonnement des échéances et la renégociation des taux d’intérêt. Ils insistent également sur la nécessité de relancer et de dynamiser l’investissement public et privé dans les secteurs stratégiques, afin de soutenir la croissance et la création d’emplois. Enfin, le cap doit être mis sur la transparence et sur la bonne gouvernance, impliquant la publication régulière des états financiers des entreprises publiques, ce qui est de nature à rétablir la confiance des citoyens et rassurer les investisseurs.
L’ampleur de la dette des entreprises publiques n’est donc pas seulement un problème de comptabilité, mais le reflet d’un blocage structurel qui freine le développement économique et fragilise la capacité de l’État à remplir ses missions. La compensation des dettes pourrait ainsi constituer un volet dans un grand programme de l’assainissement financier qui va de pair avec la relance de l’investissement et la modernisation de la gouvernance.
H.G.















