Editorial : A l’épreuve du fou de l’odieux …
Par Chokri Baccouche
Attaque au drone ou simple incendie dû à un mégot de cigarette jeté par inadvertance sur une bouée de sauvetage ? Rien ne peut déterminer avec précision les causes réelles de l’incident survenu, lundi au soir, à bord d’une des embarcations de la flottille « Al Soumoud » visant à briser le blocus sur Gaza qui mouillait au large du port de Sidi Bou Saïd. Les versions contradictoires du Comité d’organisation de cette expédition humanitaire internationale et du porte-parole de la Garde nationale, Houssemeddine Jebabli, rajoutent une bonne couche à cette énigme qui fait, depuis, les choux gras des internautes sur les réseaux sociaux. Dans ce genre d’affaire, si on peut l’appeler ainsi, il faut toujours éviter d’aller trop vite en besogne pour tirer des conclusions hâtives. On ose espérer que l’enquête en cours permettra de lever le voile sur les causes exactes de cet incident et déterminer avec précision ses tenants et ses aboutissants. Ce qui est sûr en revanche et c’est cela même le plus important, c’est que cet accident, loin d’entamer le moral des membres de la flottille « Al Soumoud », a renforcé leur résilience et leur détermination à aller de l’avant, jusqu’au bout de cette aventure épique, éminemment humanitaire et altruiste, pour briser les chaines d’un blocus barbare dont sont victimes plus de deux millions de Palestiniens affamés et assoiffés par l’occupant sioniste.
Un occupant sioniste actuellement aux abois et dans tous ses états qui cherche noise à tous ses voisins dans une fuite en avant belliqueuse qui s’apparente à bien des égards à une danse du coq égorgé. De toute évidence, le gouvernement extrémiste du Premier ministre israélien, Netanyahu, honni et mis au banc de la communauté internationale est tenté de jouer son va tout dans l’espoir hypothétique de renverser la vapeur. C’est la raison pour laquelle il a donné l’ordre à sa soldatesque de bombarder.de nombreuses villes au Liban et en Syrie notamment. Sa folie belliqueuse n’a même pas épargné le Qatar, un pays qui a pourtant établi des relations commerciales avec l’entité sioniste en 1996. En effet, une série d'explosions a secoué, hier mardi 9 septembre 2025, le centre de Doha, la capitale de l’Emirat, provoquant une épaisse fumée visible à des kilomètres à la ronde. Des journalistes étrangers présents sur place ont confirmé la détonation, tandis que la police qatarienne a rapidement bouclé l'accès à la zone concernée. Selon des responsables israéliens, ces explosions seraient le résultat d'une frappe ciblée menée par l'armée israélienne contre des dirigeants du Hamas présents à Doha. Cette lâche opération aurait été réalisée en coordination avec le Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien. Elle marque une escalade significative dans la mesure où elle a non seulement violé la souveraineté du Qatar, un acteur clé dans les négociations régionales, mais elle a visé également les négociateurs palestiniens.
Cette énième agression sioniste délibérée donne en tout cas la preuve formelle que Benjamin Netanyahu cherche à tout prix à poursuivre indéfiniment sa guerre voire à l’étendre sur l’ensemble de la région, et ce, pour des raisons désormais connues de tous. Elle caractérise le comportement névrosé d’un homme complètement hors de contrôle, désarçonné par la tournure des événements qui fausse tous ses calculs et le place dans une position le moins qu’on puisse dire intenable. En plus du mandat d’arrêt international émis à son encontre par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, le Néron du Moyen-Orient est honni et vilipendé un peu partout dans le monde. Il est d’autant plus désappointé que la communauté internationale s’apprête à lui faire vivre son pire cauchemar : de nombreux pays occidentaux dont notamment la France, la Grande-Bretagne, l’Australie et le Canada envisagent, en effet, de reconnaitre incessamment l’Etat palestinien. L’Espagne qui a déjà sauté le pas, courant mai dernier, aux côtés de l’Irlande, la Norvège et la Slovénie, vient de décider un embargo sur les armes à destination d’Israël. De plus en plus isolé sur le plan international et désormais traité comme un paria, le trublion Netanyahu est devenu, pour tout dire, la brebis galeuse de l’humanité. Un aliéné mental qui s’évertue à défier le monde et dont les gesticulations belliqueuses s’apparentent aux spasmes d’une fin de règne horripilante qui aura marqué de la pire des manières l’histoire tourmentée de l’humanité.
C.B.
L’historien et architecte Adnen El Ghali présente demain son ouvrage " Quand la diplomatie fait la ville. Le quartier consulaire du Tunis ottoman (XVIIe-XIXe siècles)" à l’IRMC
L’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC) abritera, demain, jeudi 11 septembre à 17h30, une séance de présentation-débat autour du dernier ouvrage de l’architecte, urbaniste et historien Adnen El Ghali, intitulé « Quand la diplomatie fait la ville. Le quartier consulaire du Tunis ottoman (XVIIe-XIXe siècles) ».
Prévue au siège de l’Institut à Mutuelleville (Tunis), la conférence sera donnée par Adnen El Ghali, architecte, urbaniste, diplômé en sciences politiques et titulaire d’un doctorat en histoire, et animée par Leila Temime Blili, professeure émérite d’histoire moderne et contemporaine à l’Université de La Manouba.
« Quand la diplomatie fait la ville. Le quartier consulaire du Tunis ottoman (XVIIe-XIXe siècles) » est un opus en français de 392 pages paru en 2025 aux éditions de l’Université de Bruxelles. Il est structuré en trois chapitres : « Les consulats dans la ville : genèse », « Les espaces de conquête des privilèges » et « Les espaces de la représentation consulaire ».
Cet ouvrage constitue une invitation à découvrir le fonctionnement et l’essor de la triade consulaire composée des consuls, des établissements consulaires et de leurs territoires d’inscription, physiques et symboliques, dans la régence ottomane de Tunis. Il couvre la période allant de la construction de la première maison consulaire (1660) à l’avènement du protectorat français (1881), lit-on sur le site de l’éditeur, Éditions de l’Université de Bruxelles
Porté par une démarche novatrice, faisant appel au regard de l’architecte autant qu’aux connaissances de l’urbaniste et de l’historien, l’auteur convie le lecteur à explorer les maisons consulaires européennes de la médina de Tunis et des campagnes environnantes.
Aux espaces géographiques s’ajoutent des espaces symboliques où se joue une guerre subtile, celle de la conquête de privilèges témoignant du rang de l’État et de son prestige. L’analyse, portant autant sur les rôles sociaux et les lieux que sur les pratiques, s’attache à déchiffrer les espaces symboliques de la représentation consulaire, imprégnant territoires et société et façonnant usages, rituels et étiquette, sur fond de transferts culturels et de phénomènes d’hybridation, ajoute l’éditeur dans sa note de présentation de l’ouvrage.
Adnen El Ghali est architecte, urbaniste, diplômé en sciences politiques et titulaire d’un doctorat en histoire (ULB). Membre du Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS) et de l’Association de sauvegarde de la médina (ASM) de Tunis, il est l’auteur de nombreuses recherches historiques et a contribué à des projets de protection et de mise en valeur des patrimoines matériel et immatériel de Tunis.
Son premier ouvrage, intitulé « Les Fondouks de Tunis – Genèse et logique urbaine des caravansérails d’Afrique du Nord », est paru en 2010 aux Éditions Universitaires Européennes (Royaume-Uni). Cette maison d’édition, basée en Allemagne, publie des travaux de recherche, des actes de conférences, des manuels, ainsi que des mémoires et des thèses. Ses publications sont produites en Allemagne, aux États-Unis et en Grande-Bretagne, et diffusées en librairie dans le monde entier.
Adnen El Ghali est également l’auteur de « La route des consuls. Les territoires de la diplomatie à Tunis » (2015) et de « Méfiez-vous de Mattei ! Diplomatie, énergie et souveraineté en Tunisie (1956-1962) » (2016), parus aux éditions Les points sur les i (France).
Une plateforme électronique pour gérer les demandes de subventions culturelles dès 2026
Le ministère des Affaires culturelles a lancé une plateforme numérique pour le dépôt et la gestion de toutes les demandes de subventions publiques dans les domaines de la musique, de la danse et des arts du spectacle vivant, a annoncé la Direction de la musique et de la danse.
Cette nouvelle procédure, qui entrera en vigueur à partir de 2026, s’inscrit dans le cadre de la modernisation et de la numérisation des services administratifs. Désormais, tous les acteurs culturels concernés sont invités à soumettre leurs demandes exclusivement via le portail électronique dédié.
Les subventions concernées incluent notamment le soutien à la production d’œuvres musicales et chorégraphiques, l’achat de spectacles pour les festivals d’été, ainsi que les aides au tournage et aux projets artistiques relevant du fonds d’encouragement à la création littéraire et artistique.
Selon le communiqué, le lien d’accès direct à la plateforme du ministère sera communiqué ultérieurement, lors de la publication de chaque appel à projets spécifique.
Transtu : Reprise de la ligne 3 du métro à partir de ce mercredi
Il s’agit d’une bonne nouvelle pour les usagers du métro qui résident à la Cité Ibn Khaldoun. En effet, la Société des Transports de Tunis (Transtu) a annoncé mardi matin la reprise de l’exploitation de la ligne 3 du métro, et ce, à partir du mercredi 10 septembre 2025. Cette ligne reliera de nouveau les stations « Barcelone » et « Ibn Khaldoun ».
Le premier départ est prévu à 7h00 depuis la station « Barcelone » et à 7h36 depuis la station « Ibn Khaldoun ». Quant aux derniers voyages, ils auront lieu à 18h30 depuis « Barcelone » et à 19h10 depuis « Ibn Khaldoun».
France : Sébastien Lecornu nommé nouveau Premier ministre
Le président français Emmanuel Macron a nommé mardi soir le ministre de la Défense Sébastien Lecornu au poste de Premier ministre, le quatrième en un peu plus d'un an. Selon un communiqué de presse publié mardi soir par l'Élysée,
Emmanuel Macron « a chargé » Sébastien Lecornu de « consulter les forces politiques représentées au Parlement afin d'adopter un budget et de s'appuyer sur les accords indispensables aux décisions des prochains mois ».Sébastien Lecornu devra désormais nommer son cabinet et ses ministres dans les prochains jours.
La passation de pouvoirs entre François Bayrou et Sébastien Lecornu aura lieu mercredi midi à Matignon, apprend-on auprès des services de l'ex-Premier ministre.
Cette annonce intervient également à la veille de manifestations nationales visant à paralyser les transports, les écoles et la vie quotidienne. Les manifestations de "Bloquons tout" et la crise générale avec le déficit budgétaire avaient d’ailleurs rendu la nomination d’un nouveau chef du gouvernement urgente.
Le nouveau Premier ministre est un homme discret aux allures de survivant. Il est l'unique ministre rescapé de tous les gouvernements de l'ère Macron et a donc connu six locataires de Matignon différents (où il était lui-même déjà fortement pressenti pour succéder à Michel Barnier en décembre dernier). Sébastien Lecornu a occupé les postes de secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique, de ministre des Collectivités territoriales puis des Outre-mer, avant d'atterrir au ministère des Armées, qu'il dirigeait depuis trois ans. C'est à ce poste qu'il est identifié par l'opinion publique dans le contexte de la guerre en Ukraine et des tensions internationales. Un poste de confiance où il a définitivement noué un lien particulier avec Emmanuel Macron.
Il ne connaissait pas Emmanuel Macron avant d'entrer dans le gouvernement d'Edouard Philippe en 2017. Il appartient à cette série d'élus Les Républicains (LR) qui ont rejoint le président élu, dans le sillage de Bruno Le Maire ou Gérald Darmanin, mais il n'est pas le plus connu. En tant que ministre
Sébastien Lecornu a une carrière politique précoce. Il a rejoint l'UMP, ancêtre des LR, à 16 ans. Il a milite alors dans le département de l'Eure et devient maire de Vernon en 2014, à seulement 27 ans. Un an plus tard, il devient président du conseil départemental de l'Eure, avec l'appui de Bruno Le Maire, autre grand élu de droite du territoire, dont il est proche. C'est le benjamin en France de tous les patrons de département. En 2020, il est élu sénateur même si, en tant que ministre, il ne peut siéger au Palais du Luxembourg. A 39 ans, il a occupé toutes les fonctions politiques possibles, sauf une seule : député à l'Assemblée nationale.
Frappes israéliennes à Doha : Le Qatar se réserve le droit de répliquer !
Le Premier ministre qatari, Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, a affirmé que son pays se réserve le droit de répondre à l'attaque israélienne. Il a, par ailleurs, expliqué que le Moyent-Orient est à un "moment charnière".
Le ministre a, aussi, que son pays continuera de jouer le rôle de médiateur à Gaza malgré l'attaque israélienne.
Le Qatar dément la maison blanche
Le Qatar a démenti avoir été prévenu d’avance par les États-Unis des frappes israéliennes sur Doha mardi, affirmant en avoir été informé après le début de l’attaque ayant visé des responsables du Hamas dans la capitale qatarie.
«Les déclarations selon lesquelles le Qatar aurait été informé à l’avance de l’attaque sont sans fondement. L’appel d’un responsable américain a eu lieu alors que les explosions étaient entendues à Doha», a écrit le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, sur X.
Rappelons que les États-Unis ont indiqué avoir prévenu le Qatar de l’attaque imminente d’Israël sur des cibles dans la capitale de l’émirat, Doha. La porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a affirmé que "l’administration Trump a été notifiée ce matin (mardi) par l’armée américaine" de l’attaque israélienne à venir.
"Le président Trump a immédiatement ordonné à l’émissaire (Steve) Witkoff d’informer le Qatar de l’attaque imminente, ce qu’il a fait",a-t-elle ajouté.
Après les frappes menées par Israël à Doha, Donald Trump s’est entretenu à la fois avec le premier ministre sioniste Benjamin Netanyahu et avec l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a précisé la porte-parole de l’exécutif américain.
"Bombarder unilatéralement au Qatar, une nation souveraine et un allié proche des Etats-Unis qui travaille dur, avec courage, et qui prend des risques, pour négocier vers la paix, ne promeut pas les objectifs d’Israël ni de l’Amérique", a aussi déclaré Karoline Leavitt à la presse. "Avoir frappé ce lieu rend le président américain «très mal à l’aise", a-t-elle précisé, ajoutant cependant qu’"éliminer le Hamas était un but louable".
En amical : Nouvelle défaite de la Tunisie A' devant l'Égypte
Pour sa seconde sortie amicale face à l'Égypte, la Tunisie A' a essuyé une lourde défaite par 3 à 0. Les hommes de Abdelhay Ben Soltana ont encore une fois été incapables de présenter une copie respectable et n'eut été la bonne prestation du gardien Ben Hassine, le score aurait pu être plus large en faveur des Pharaons. Les Zaalouni, Cherni, Zemzemi, Jabri et consorts ont eu du mal à s'exprimer comme ils le voulaient.
Les trois buts des Égyptiens étaient inscrits par Yahia Zakaria (7e), Mustapha Saad (19e) et Midou Gaber (65e).
J.B
Ligue 1- 5e journée : La VAR est de retour
Comme annoncé à la veille du démarrage de la saison, la VAR effectuera son retour lors de la cinquième journée programmée pour cette semaine. Une journée qui se jouera en trois parties: jeudi, samedi et dimanche.
Autre nouveauté : le retour de Haythem Guirat dans le championnat tunisien après une longue absence. Il a été désigné en tant qu'arbitre de la VAR pour le derby tunisois ST-EST au Bardo.
Quant au classique CA-CSS, programmé pour le dimanche comme l'ont demandé les Clubistes tunisois, il a été confié à...Sadok Selmi.
En voici les détails des désignations effectuées par la Direction Nationale d'arbitrage :
-Jeudi 11 septembre
ASS- OB (Fraj Abdellaoui)
VAR :Naim Hosni
JSK -ASM (Badis Ben Salah)
VAR :Hamza Jaied
ESM-JSO (Haythem Trabelsi)
VAR Khalil Trabelsi
- Samedi 13 septembre
ST -EST : (Nidhal Letaief)
VAR: Haythem Guirat
- USM- ESS (Mehrez Melki)
VAR: Mejdi Ballagha
-USBG -CAB (Houssem Boulares)
VAR :Dorsaf Guennaouti
- Dimanche 14 septembre
CA -CSS (Sadok Selmi)
VAR: Naim Hosni
ASG -ESZ. (Khalil Jeri)
VAR :Khaled Gouider
J.B
Arts plastiques- Hommage à Hamadi Ben Saâd à la Boîte : L’âme d’un artiste, la mémoire d’un homme
Par Imen ABDERRAHMANI
Il nous a quittés en juillet dernier. Hamadi Ben Saâd, qui a été un peintre caméléon, changeant toujours de style et d’approche sera célébré lors d’une exposition-hommage à la galerie «La Boîte» à La Charguia dont le vernissage est aujourd’hui à 16h30.
Il est l’un des peintres tunisiens les plus originaux. Toujours souriant, généreux et profondément humain, Hamadi Ben Saâd a été une figure familière de la médina de Tunis et du centre-ville de Tunis. Artiste contemporain qui a marqué de son empreinte la scène artistique nationale --et dont les œuvres sont très appréciées par les collectionneurs -- sera raconté et célébré lors d’une cérémonie commémorative qu’organise et accueille aujourd’hui «La Boîte», ce lieu d’art contemporain à La Charguia, en présence de ses proches, de sa famille et de ses amis.
À cette occasion, seront présentées des œuvres issues de « Voyage de l’âme », sa dernière exposition tenue à cette galerie d’art en juin 2022, accompagnées d’archives visuelles et de ses mémoires sonores captées par Laetitia Kozlova, artiste et chercheuse spécialisée dans les nouvelles formes d’écoute de la voix parlée enregistrée, précisent les organisateurs dans un bref communiqué de presse, sur les réseaux sociaux.
Ce moment de commémoration se veut également une ouverture sur l’univers intime de l’artiste, proposé au grand public mais aussi aux chercheurs et amateurs d’histoire de l’art. Une plongée sensible dans le parcours d’un créateur libre, dont l’inspiration était nourrie aussi bien par les ruelles vibrantes de la Médina que par ses nombreux voyages à l’étranger : France, Belgique, Suisse, Pays-Bas, États-Unis…
Du « vif » et non plus du « naïf »
Considéré comme l’un des peintres tunisiens les plus originaux, Hamadi Ben Saâd était une figure lumineuse de la médina et du centre-ville de Tunis, et de la scène artistique tunisienne, laissant derrière lui une œuvre marquée par la liberté, l’intuition et une forte dimension sensorielle.
Artiste autodidacte né à Tunis en 1948, il a toujours revendiqué un art « vif » plutôt que « naïf », refusant les étiquettes et les catégories figées. Il a développé, depuis 1966, une pratique personnelle mêlant peinture, collage, papiers recyclés, toiles, journaux, superposant les matières pour créer un langage visuel singulier, entre figuration et abstraction. Ses célèbres séries – comme celle des « têtes empilées » – témoignent de cette dualité constante entre le réel et l’imaginaire.
Il puise son inspiration dans le tumulte de la Médina de Tunis, les couleurs des saisons, les lumières mouvantes de la nature, comme dans ses nombreux séjours à l’étranger dans le cadre des résidences artistiques.
Son œuvre a été exposée à de nombreuses reprises, à Tunis (Galeries Selma Feriani, Aicha Gorgi, Jaou Tunis) comme à l’international, où elle a su marquer par sa force et son authenticité.
Deux ans avant sa disparition, en 2023, le réalisateur Moez Kammoun lui a consacré un court-métrage documentaire de 25 minutes, «Hammadi Ben Saâd – L’art au-delà de la Médina», où plusieurs artistes tunisiens témoignent de son influence et de son apport. L’artiste y affirmait : «Mes tableaux sont mes enfants. Le préféré de tous ? C’est toujours le tableau futur que je compte faire».
Plus qu’une simple exposition, cet hommage est pensé comme une rencontre familiale et artistique, un moment de transmission et de mémoire pour célébrer un artiste inclassable, profondément ancré dans son temps, et dont l’œuvre continue de parler à tous.
Imen ABDERRAHMANI
Légende : Hamadi Ben Saâd : une œuvre en écho de la vie
Rentrée scolaire 2025-26 : Quand les produits chinois sauvent les parents tunisiens …
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La rentrée scolaire est dans quelques jours et les Tunisiens n’ont qu’un seul souci, à savoir s’approvisionner en fournitures scolaires et autres manuels… Reportage.
Il ne faut pas être un grand génie pour deviner que dans la capitale et certainement dans le reste du pays, les temps ces jours-ci sont pour la rentrée scolaire et ce qui l’accompagne en fournitures et autres livres scolaires. Bien évidemment et par ces temps difficiles, ce sont les prix qui agacent les Tunisiens, « Comme les autres produits de consommation, les fournitures scolaires n’échappent pas à la règle et les prix des cahiers s’envolent d’année en année », nous dira Madame Ahlem, parente de deux élèves, le premier en cinquième année de base et le deuxième en neuvième année.
Nous lui avons, de fait, interrogé sur les cahiers conventionnés et là c’est sa tête qui s’est tournée vers le libraire comme pour l’interroger à son tour sur ces fameux cahiers vendus à bas prix. Même si la réponse du vendeur est floue, pour Ahlem, ces cahiers sont introuvables et certains libraires les vendent en petites quantités et à une clientèle privilégiée.
Ce n’est pas toutefois l’avis du président de la Chambre des fabricants des cahiers scolaires, Samir Mouelhi, qui se veut rassurant aussi bien pour les parents que pour les élèves sur la disponibilité et les prix des fournitures. Le responsable affirme, en effet, que les prix des cahiers subventionnés et numérotés n’ont pas bougé depuis près de six ans, révélant au passage que le cahier de 24 pages est vendu à 430 millimes, le cahier de 48 pages à 930 millimes et le cahier de 72 pages à 1 400 millimes. Au fait, pour assurer l’approvisionnement du marché, la Société nationale de cellulose et de papier Alfa a, selon notre responsable, mis à disposition des libraires 2 000 tonnes sur un quota global de 5 000 tonnes, contre 4 000 tonnes l’an dernier. Une augmentation de 25% décidée par le ministère du Commerce pour mieux répondre à la demande. Mouelhi a également souligné que les cahiers non subventionnés sont proposés cette année à des prix inférieurs, grâce aux efforts conjoints des industriels et détaillants, mais aussi à la baisse du coût du papier sur le marché international. Qu’en est-il, en outre, des autres fournitures ?
La ruée vers le marché parallèle …
Même si les livres scolaires sont disponibles, les parents d’élèves sont stupéfaits des prix des autres fournitures tels que les compas, les équerres et les crayons voire les rames de papier. Interrogé à ce sujet, Mohamed Cherni, parent d’élèves, nous a déclaré : «Face aux prix exorbitants de ces fournitures, je n’ai pas d’autres choix que de tourner vers le marché parallèle et plus précisément au souk Sidi Boumendil pour acheter des équerres, des compas et des stylos feutres ainsi que des crayons. Ce sont des produits chinois, mais ils sont vendus à bas prix ».
En effet, chez les libraires, il faut compter entre 6 et 8 dinars pour ce genre d’article. Une rame de papier A4 est vendue à 15 D et certaines boites de coloration sont proposées à 10 D. Alors, pour les Tunisiens, le marché parallèle est une aubaine et représente une option aux librairies et autres papeteries.
Interrogé, justement, sur le coût de la rentrée scolaire, le directeur de l’Observatoire national de l’offre et des prix, Ramzi Ayari, a révélé que le coût de la rentrée scolaire pour un élève de première année est de 153 dinars en comptant les fournitures scolaires, le tablier et le cartable. Quant à la 7ᵉ année, il a indiqué que le coût de la rentrée s’élève à 229 dinars, tandis que pour un bachelier de la section Gestion et Economie, le coût de la rentrée s’élève à 276 dinars. Malheureusement, la réalité est tout autre…
M.B.S.M.
Editorial : Pour rester toujours compétitif … - Par Hassan GHEDIRI
Partout dans le monde, les pays investissent dans les infrastructures aéroportuaires qui se métamorphosent pour offrir aux passagers une expérience de voyage de qualité supérieure et faire face à une concurrence agressive entre les compagnies de transport aérien et les destinations touristiques. Les prévisions de l’Organisation de l’aviation civile internationale (ICAO) qui tablent sur plus de 6 milliards de passagers aériens à l’horizon de 2030, ne laissent aucun doute sur l’augmentation effrénée du trafic dans le monde qui semble prendre au dépourvu des pays restés attachés à des modèles logistiques obsolètes et incapables d’adapter rapidement et durablement l’infrastructure de leurs aéroports aux nouvelles exigences.
Malheureusement, la Tunisie fait partie de ces pays qui manquent de s’intégrer pleinement dans cette dynamique et de tirer profit de la révolution du transport aérien mondial. Pourtant, notre pays a un potentiel immense. L’aéroport d’Enfidha-Hamamet, sous-exploité, se distingue par exemple avec une capacité théorique estimée à 7 millions de passagers par an, pouvant être étendue à environ 30 millions selon les projections initiales des investisseurs. Pour considérer à sa juste valeur l’importance de l’exploitation optimale des infrastructures aéroportuaires pour un pays comme la Tunisie, précisions que pour chaque 100 mille passagers supplémentaires transitant régulièrement par nos terminaux, ce sont environ 25 millions d’euros qui viennent renflouer les caisses, et ce, en plus de quelque 400 emplois directs et indirects générés par le même fait. C’est-à-dire que les aéroports tunisiens constituent un générateur de croissance qui reste trop sous-exploité.
En effet, la carte aéroportuaire de la Tunisie est composée de 14 aéroports, dont bon nombre figurent dans le réseau des aéroports internationaux. La capacité globale de l’ensemble de ces terminaux dépasse 20 millions de passagers. Seulement la moitié de ce grand potentiel est aujourd’hui exploitée. Pire, la plupart des aéroports régionaux, qui pourraient valoriser la diversité culturelle et géographique du pays, sont presque laissés à l’abandon. Tabarka, Tozeur et Sfax-Thyna, par exemple, sont quasiment mis au point mort avec des taux de fréquentation presque nuls. D’autres aéroports comme celui de Gafsa ou de Tozeur, stagnent dans un état presque fantomatique. Pourtant, ils devaient tous jouer leur rôle de locomotives de développement et transformer l’image de la destination touristique de la Tunisie dominée par un balnéaire au bout de souffle.
La Tunisie ne manque pas d’atouts, mais elle reste grandement handicapée par le manque de vision stratégique et d’investissement dans le développement de ses infrastructures aéroportuaires. La sous-exploitation du potentiel disponible et les retards criants dans la modernisation des équipements ainsi que la lenteur dans la mise en place des réformes font que nos aéroports évoquent souvent de très mauvaises expériences pour les passagers locaux et étrangers. Il n’est d’ailleurs pas étonnant qu’aucun aéroport tunisien ne parvienne à décrocher une place dans les classements des 100 ou même 500 meilleurs aéroports dans le monde. C’est en revanche dans les classements des pires aéroports que la Tunisie est de temps en temps citée par certaines agences se référant aux avis des voyageurs. C’est pour rappeler que les aéroports ne sont point de simples bâtiments abritant des services destinés à faciliter le déplacement des personnes entre les pays et les continents, mais de véritables vitrines qui font rayonner l’image de la destination.
Pour espérer rester compétitive face aux concurrents touristiques directs du sud de la méditerranée, tels que le Maroc, l’Egypte, la Turquie un la Grèce, la Tunisie doit comprendre que l’avenir de son tourisme se construit dans ses aéroports, et donc placer la modernisation de ces infrastructures en tête des priorités de développement.
H.G.
Flottille de la Résilience «Soumoud» : La Garde nationale dément toute attaque contre la navette «Family»
La direction générale de la Garde nationale a affirmé qu’« il n’y a eu aucun acte hostile ni ciblage extérieur » concernant le navire Family, appartenant à la Flottille de la Résilience pour briser le blocus de Gaza.
Dans un communiqué, elle a précisé que « contrairement à ce qui circule sur certaines pages des réseaux sociaux au sujet d’un drone ayant visé un bateau amarré au port de Sidi Bou Saïd, en provenance d’Espagne, et faisant partie de la Flottille de la Résilience, ces informations sont totalement dénuées de fondement ».
Selon les premiers constats, l’incendie signalé serait dû à la combustion d’un gilet de sauvetage à bord, provoquée par un briquet ou un mégot de cigarette, et non à une quelconque attaque, ajoute le communiqué.
La Garde nationale a réitéré son attachement à « fournir aux citoyens une information fiable » et a appelé à « s’informer auprès des sources officielles et à éviter de céder aux rumeurs ».
Auparavant, le porte-parole de la Garde nationale avait déjà démenti, dans une déclaration à Mosaïque FM, tout ciblage de la navette Family par un drone ou par une attaque extérieure.
Ligue 1: 25 mille supporters pour le choc CA - CSS
Les autorités sécuritaires ont donné leur feu vert, ce lundi 8 septembre 2025, pour la mise en vente de 25 000 billets, abonnés inclus, au profit des supporters du Club Africain.
La rencontre face au Club Sportif Sfaxien est programmée pour le dimanche 14 septembre, au stade Hamadi Agrebi de Radès, dans le cadre de la 5e journée de Ligue 1.
Festival international du Caire de théâtre expérimental : Moez Achouri décroche le prix de la mise en scène grâce à son « Jardin des amoureux »
La pièce tunisienne « Rawdhatt al ochaq » (Le Jardin des Amoureux) a remporté le prix de la mise en scène à la 32ème édition du Festival International du Caire de Théâtre Expérimental. L’œuvre, signée Moez Achouri, figurait également parmi les nominées pour le prix du meilleur texte et celui de la meilleure production.
Plongée envoûtante dans l’univers mystique du soufisme, cette œuvre, sublimée par une mise en scène d’une grande finesse, une poésie vibrante, une intensité visuelle saisissante et des comédiens d’exception, a été primé lors des Journées théâtrales de Carthage (JTC) 2024, remportant le prix Néjiba Hamrouni pour la liberté d’expression décerné par le Syndicat National des Journalistes tunisiens (SNJT) et a valu à l’acteur Skander Hentati a décroché le prix de meilleure interprétation masculine pour son rôle dans la pièce, lors du Festival du théâtre national « Saisons de la création ».
Les artistes du programme « Elyssa » expose du 26 septembre au 12 octobre à l’IFT et au musée Kheireddine
Une exposition entre gestes, récits et imaginaires réunira, du 26 septembre au 12 octobre 2025, à Tunis, les vingt artistes visuels lauréats du projet « Elyssa » initié par l’Institut français de Tunisie (IFT).
Cette exposition sera répartie entre la galerie de l’IFT et le deuxième étage du palais Keireddine, Musée de la ville de Tunis, situé au coeur à la Médina de Tunis.
Les artistes participants présenteront pour la première fois les œuvres qu’ils ont développés dans le cadre du programme Elyssa sous le commissariat de Mohamed Ben Soltane, Houari Bouchenak et Xavier de Luca.
Cette exposition présentera une sélection d’œuvres de Safa Attyaoui, Mariam Ayadi, Soufia BenSaïd, Bechir Boussandel, Myriame Dachraoui, Kaïs Dhifi, Férielle Doulain-Zouari, Wissem El-Abed, Sahar El Echi, FYMA, Abir Gasmi & Kamal Zakour, Achref Guesmi, Zeineb Kaabi, Bader Klidi, Amira Lamti, Wadi Mhiri, Mohamed Ali Ouertani, Yassine Sellami, Bachir Tayachi et Olfa Trablesi.
Lancé en 2024, « Elyssa » est un fonds d’aide à la création visant à soutenir les artistes résidant en Tunisie dans les secteurs des arts visuels et des musiques. Ce projet innovant a pour ambition d’accompagner la scène artistique tunisienne en offrant un soutien personnalisé à des artistes émergents et confirmés.
Le projet « Elyssa » a pour objectifs d’identifier et de soutenir des projets novateurs et audacieux dans les secteurs des arts visuels et des musiques et de promouvoir l’entreprenariat culturel tunisien. Conçu comme un véritable tremplin, Elyssa accompagne les artistes visuels et les musiciens tunisiens depuis la conception de leurs projets jusqu’à la réalisation concrète de leurs initiatives.
L’ambition d’Elyssa est de doter les créateurs des ressources nécessaires pour donner vie à leurs idées, les développer, les expérimenter pour finalement mieux les concrétiser et diffuser.
















