Les Tunisiens face aux dépenses du Mouled et de la rentrée : L’art, difficile, de jongler avec le budget
Par Hassan GHEDIRI
Sous un ciel gris rappelant que l’automne a officiellement débuté samedi, les rues marchandes de Tunis grouillent de monde et vibrent au rythme de la rentrée et de la fête du Mouled….
Sous le regard indifférent des policiers positionnés au croisement de la rue Jamel Abdennaceur et rue Charles de Gaulle, des vendeurs à la criée exposent sur des étals de fortune des cahiers et des fournitures scolaires qui ne manquent pas d’attirer les foules. Depuis plusieurs mois, les autorités avaient pourtant décrété l’interdiction de l’occupation des rues par les marchands ambulants. Une dérogation semblait alors être accordée à l’occasion de la rentrée des classes fixée pour le 15 septembre. Bon nombre de Tunisiens préféraient néanmoins se concentrer pour le moment sur les dépenses du Mouled. Il faut dire que la commémoration de la naissance du Prophète, qui aura lieu demain 4 septembre, demeure un évènement incontournable et ce malgré les difficultés que trouvent les ménages tunisiens à joindre les deux bouts à cause de la hausse généralisée des prix et de la dégradation du pouvoir d’achat. Un évènement historiquement et traditionnellement célébré par la préparation du fameux plat de l’assida de Zgougou. Une recette cent pour cent tunisienne qui coûte malheureusement de plus en plus cher. Car, outre des graines de Zgougou, ces minuscules graines de pin d’Alep essentielles pour la préparation du plat et qui ont vu leur prix atteindre un niveau astronomique, tous les autres ingrédients sont devenus hors de portée de beaucoup de familles.
Dans les commerces dédiés aux fruits secs qui ont pignon sur rue dans les artères marchandes environnant le marché central de Tunis, l’ambiance est exceptionnelle. Malgré les prix affichés qui donnent le tournis, l’affluence est au rendez-vous. Rue d’Espagne, il faut jouer des coudes pour se frayer un chemin dans la foule, essentiellement féminine, qui a pris d’assaut ce magasin où l’on vend tout ce qu’il faut pour préparer et décorer ces assiettes de Zgougou. Exposées dans un énorme récipient en verre, les graines de pin d’Alep ne semblent pas choquer les clients qui font la queue devant les étals surchargés de toutes sortes de fruits secs, en attente d’être servis par trois ouvrières qui ne savent plus où donner de la tête. « 50 dinars le kilo, c’est comme on l’avait importé du Canada », a commenté une femme sexagénaire qui trouve complètement aberrant qu’un produit cultivé en Tunisie se vend à un tel prix sans que cela suscite aucune réaction de la part des autorités.
Marquer le coup !
La plupart des clients optent toutefois pour le Zgougou moulu vendu sous forme de pâte prête à utiliser dans des boîtes de 500 grammes. Supposé être plus économique et plus facile à préparer, cet article reste quand même exorbitant puisque le kilo coûte 60 dinars. En ajoutant les autres ingrédients de la recette, le plat pourrait facilement dépasser les 100 dinars pour un ménage moyen. Pour de nombreux parents, la priorité reste cependant la rentrée scolaire. « On ne peut pas se permettre le luxe de dépenser sans compter », explique Mohamed, fonctionnaire, la quarantaine, rencontré dans la rue d’Espagne. Ayant à charge deux enfants qui ont besoin de cartables, de cahiers et de tenues scolaires, il dit essayer de jongler comme il peut pour faire plaisir aux petits en préparant une quantité réduite de Zgougou, « juste pour marquer le coup ». A l’instar de beaucoup de Tunisiens, le budget de septembre est dédié à la rentrée. Même constat chez Amira, mère de trois enfants, qui nous a confié sa détresse face à la hausse généralisée des prix : « Les fournitures sont devenues hors de prix, sans parler des cahiers qui restent chers malgré les remises déclarées dans les boutiques. « Pour m’en sortir, je fais des choix douloureux : je réduis les achats de vêtements, je négocie chaque prix au souk et je privilégie ce qui est indispensable pour la rentrée. » En même temps, cette mère qui évite que ce genre de fêtes ne deviennent un fardeau supplémentaire, tache quand même à prépare une petite assida symbolique, mais sans exagérer. » Ainsi, entre les traditions profondément ancrées et obligations de dépenses liées à la rentrée des classes, les ménages tunisiens se trouvent obligés de jongler avec des budgets de plus en plus serrés.
H.G.
Entre soufisme et Shakespeare : la Tunisie illumine la scène du Caire
La 33ème édition du Festival international du théâtre expérimental qui a démarré avant-hier se poursuivra jusqu’au 8 septembre, illuminant les scènes cairotes. La Tunisie y est fièrement représentée avec deux créations qui témoignent de la richesse et de la diversité de sa production théâtrale : « Rawdhat el Ocheq » (Le Jardin des amoureux) de Moez Achouri, et « Othello et après… », de Hammadi Louhaïbi, d’après un texte de Boukthir Douma.
Sélectionnée dans la programmation officielle, « Rawdhat el Ocheq » propose une immersion dans l’univers soufi à travers une mise en scène soignée, où poésie et esthétique visuelle se conjuguent pour créer une atmosphère envoûtante. La pièce réunit une distribution généreuse, comprenant notamment Chiheb Chbil, Abdelssalem Jmal, Nedra Toumi, Skander Hentati, Khouloud Snoussi, et bien d’autres. Elle s’était déjà distinguée en 2024 lors des Saisons de la création, remportant le prix de la meilleure interprétation masculine, décerné à Skander Hentati.
Autre temps fort de la participation tunisienne : « Othello et après… » (qui sera jouée aujourd’hui, toujours dans la compétition officielle) est une relecture contemporaine de l’œuvre de Shakespeare, portée par un texte signé Boukthir Douma et une mise en scène de Hammadi Louhaïbi.
Jouée en arabe classique, cette adaptation interroge des thématiques brûlantes d’actualité, telles que le racisme, l’extrémisme, la manipulation et la jalousie destructrice. Créée en 2024 à l’occasion de la 58ème édition du Festival international de Hammamet, la pièce rend hommage à la première adaptation tunisienne d’Othello par Aly Ben Ayed en 1964.
La reconnaissance ne s’est pas fait attendre : « Othello et après… » a remporté deux distinctions au Festival international de théâtre de Bagdad 2024, décrochant le prix du meilleur texte théâtral pour Boukthir Douma et celui du meilleur acteur pour Mhadheb Rmili. Ce dernier partage la scène avec Mohamed Chawki Khouja, Bahram Aloui, Samia Bouguerra, Faten Chouabi et Ibaa Hamli.
À travers ces deux œuvres, la Tunisie confirme une fois de plus sa place de choix sur la scène théâtrale arabe et internationale.
« La voix de Hind Rajab » de Kaouther Ben Hania : Aujourd’hui à la Mostra de Venise et le 17 septembre dans les salles de ciné
Par Imen Abderrahmani
Présenté en avant-première mondiale, aujourd’hui, à la Mostra de Venise, « La voix de Hind Rajab » de Kaouther Ben Hania, sortira nationale le 10 septembre 2025, avant d’être projeté dans toutes les salles tunisiennes à partir du 17 septembre.
Ce long-métrage bouleversant donne la parole à Hind Rajab, une fillette palestinienne de six ans, tuée avec six membres de sa famille à Gaza en 2024, alors qu’ils fuyaient les bombardements. Leur véhicule a été ciblé par un char israélien. Seules Hind et sa cousine ont survécu initialement et tenté d’appeler les secours. Cet appel, enregistré par le Croissant-Rouge et diffusé à grande échelle, a ému le monde entier. Quelques jours plus tard, leurs corps ainsi que les ambulanciers envoyés à leur secours ont été retrouvés criblés de balles : 355 impacts relevés sur le véhicule familial.
Au-delà du drame personnel, « La voix de Hind Rajab » porte un message fort. Il dénonce les atrocités commises à Gaza et souligne la tragédie vécue par des milliers d’enfants palestiniens, victimes des bombardements et de la famine. Kaouther Ben Hania transforme cette tragédie en un devoir de mémoire cinématographique, refusant l’oubli.
Lors de la conférence de presse du 22 juillet 2025 à Venise, le directeur artistique de la Mostra, Alberto Barbera, a salué « la puissance émotionnelle » du film, le décrivant comme l’un des temps forts de cette 82e édition, qui se déroule du 27 août au 6 septembre.
«Cette histoire ne concerne pas seulement Gaza. Ça parle d'un chagrin universel. Et je crois que la fiction (surtout quand elle s'inspire d'événements vérifiés, douloureux et réels) est l'outil le plus puissant du cinéma. Plus puissant que le bruit des dernières nouvelles ou l’oubli du défilement. Le cinéma peut préserver un souvenir. Le cinéma peut résister à l'amnésie » a souligné Kaouther Ben Hania dans un post sur facebook.
Ce film très attendu en Tunisie et qui a fait parler de lui dans la presse internationale avant-même sa sortie et sa projection à Venise représentera officiellement la Tunisie aux Oscars 2026, dans la catégorie Meilleur Film International, a annoncé le Centre National du Cinéma et de l’Image (CNCI), le 27 août 2025. Le choix de ce film se veut une belle consécration pour cette réalisatrice, déjà deux fois nommée aux Oscars : en 2020 avec « L’Homme qui a vendu sa peau », et en 2023 avec « Les Filles d’Olfa ».
La shortlist des 15 films présélectionnés sera dévoilée le 16 décembre 2025, avant la publication de la liste finale des nominations le 22 janvier 2026. La 98e cérémonie des Oscars se tiendra le 15 mars 2026 à Los Angeles.
Coproduction tuniso-française, « La voix de Hind Rajab » réunit Tanit Films, Film 4 Productions et Film Four. Le film a bénéficié d’une bourse d’aide du Fonds d’encouragement à la création littéraire et artistique, relevant du ministère tunisien des Affaires culturelles.
Le casting rassemble plusieurs figures du cinéma arabe : les Palestiniens Amer Hlehel, Clara Khoury, Motaz Malhees, ainsi que l’actrice jordano-canadienne Saja Kilani.
La production bénéficie également d’un appui de taille : Brad Pitt, Joaquin Phoenix et Jonathan Glazer y participent en tant que producteurs exécutifs, apportant ainsi au film une visibilité internationale exceptionnelle.
À quelques semaines de l’ouverture du festival, une lettre ouverte signée par 1 500 artistes a appelé la Mostra à dénoncer le génocide en cours à Gaza. En réponse, la direction a affirmé que la sélection de « La voix de Hind Rajab » constituait en elle-même un acte fort : une manière de donner la parole à une voix palestinienne trop souvent marginalisée.
I.A.
Festival Apricot Tree en Arménie : « Le Silence du Berger » de Marwen Trabelsi en compétition
Le court-métrage documentaire tunisien « Le Silence du Berger », réalisé par Marwen Trabelsi, est en lice pour l’un des prix de la 11ème édition du Festival international du film documentaire Apricot Tree, qui se tient à Erevan (Arménie) du 30 août au 6 septembre 2025.
Déjà largement salué sur la scène internationale, le film a connu un parcours remarquable en 2024, avec des projections dans de nombreux festivals à travers le monde, notamment à Oman, au Bahreïn, au Maroc, aux États-Unis, au Nigeria, au Mexique et en Pologne.
Parmi ses distinctions les plus notables, « Le Silence du Berger » a remporté : le Prix du Meilleur Documentaire International au Festival international du film d’Al-Batinah (Oman), le Prix du Meilleur Documentaire International aux 4th Screen Awards (Royaume-Uni), le Grand Prix du Festival international du court-métrage de Souss-Aït Melloul à Agadir (Maroc), et le Prix du Meilleur Montage au Grand OFF - World Independent Film Awards (Pologne, décembre 2024).
Réalisé en 2023, ce court-métrage de 15 minutes s’attarde sur un objet emblématique de la culture tunisienne : le couteau. À travers une approche à la fois psychologique et sociologique, Marwen Trabelsi interroge la dualité de cet instrument, utilisé dans les rituels religieux du sacrifice, mais également associé à la violence, notamment entre les mains des extrémistes. Avec subtilité, le film soulève des questions profondes sur la symbolique des objets du quotidien, et propose une lecture nuancée de leur place dans l’imaginaire collectif tunisien.
Editorial : Les Palestiniens ne seront plus jamais seuls …
Par Chokri BACCOUCHE
L'oppression d'un peuple ou même d'un simple individu est l'oppression de tous et l'on ne peut violer la liberté d'un seul sans violer la liberté de chacun. Cette réflexion d’une redoutable perspicacité du célèbre philosophe russe Mikhaïl Bakounine est certainement le nerf moteur qui anime la volonté de fer des courageux membres de la flottille pour Gaza visant à briser le blocus et apporter une aide humanitaire aux populations affamées de cette enclave palestinienne sinistrée. Après un faux départ, dimanche dernier, dû à des vents violents en Méditerranée, une vingtaine de bateaux de la Global Sumud flotilla ont, à nouveau, quitté le port de Barcelone lundi, embarquant plusieurs centaines de militants pro-palestiniens venus de 44 pays parmi lesquels on compte de nombreux médecins, artistes renommés, avocats, ainsi que des élus européens et des personnalités publiques, dont l'ancienne maire de Barcelone Ada Colau. À cette flottille devraient se joindre une cinquantaine de navires supplémentaires, qui partiront jeudi de Tunisie et d'autres ports méditerranéens, tandis que des actions simultanées "en solidarité avec le peuple palestinien" seront organisées dans de nombreux pays.
Rien à faire : les hommes et femmes libres refusent de se résigner à l’inéluctable. Après deux tentatives bloquées en juin et juillet, ils reviennent à la charge encore plus déterminés à briser le siège sioniste inhumain imposé à plus de deux millions de civils palestiniens soumis à un effroyable génocide depuis voilà près de deux années successives. La plus grande coalition humanitaire civile jamais entreprise par la mer, défie donc de nouveau la citadelle moyen-orientale du mal et de l’indicible cruauté. Les membres courageux de cette expédition de l’espoir bravent non seulement les périls du Grand bleu mais également le sort potentiellement funeste qui leur sera réservé par l’armée israélienne « la plus morale du monde ». Celle-ci les attend de pied ferme selon les dernières informations et promet de les accueillir en fanfare dans les geôles israéliennes où les tortures et les traitements inhumains sont de notoriété publique. Depuis la fin des années 2000, les tentatives de briser le blocus de Gaza se suivent et se ressemblent. La tragique expédition du navire turc « Mavi Marmara » attaqué en 2010 par Israël dans les eaux internationales en faisant neuf morts et 28 blessés parmi ses membres, n’a pas dissuadé pour autant les militants de la liberté. Les voiliers Handala et Madleen ont pris en effet la relève en juin et juillet dernier mais furent également interceptés par les bidasses de Netanyahu dans les eaux internationales. Le mérite des militants intrépides de ces expéditions est d’avoir su réactiver l’attention publique, de jeter une lumière crue sur Gaza, et de montrer qu’il est encore possible de produire une image dissidente dans un monde saturé de consentement et de complicité. Car si tous ces bateaux ont été empêchés d’arriver à destination, il n’en demeure pas moins qu’ils ont réussi à atteindre leur but et leur objectif, à savoir porter dans l’espace international la preuve qu’un geste mineur, vulnérable, pouvait encore fissurer la clôture symbolique du siège.
Chaque interception opérée par l’armée israélienne visant à empêcher ces flottilles de briser le blocus de Gaza peut être considérée, en fait, comme une victoire car d’autres expéditions similaires seront inévitablement organisées pour rouvrir la plaie et rappeler au monde l’effroyable et intolérable tragédie palestinienne qui perdure depuis voilà plus de 70 ans. Chaque départ de bateau peut être assimilé en fait à une lame de fond qui s’abat sur un écueil massif, sioniste en l’occurrence, et qui finira à la longue par y ouvrir une brèche.
Sur terre et par mer, la résistance contre l’injustice et l’oppression israélienne dans les territoires occupés s’organise donc. Elle est le fait d’hommes et de femmes réellement libres venus de divers horizons et originaires d’une multitude de pays. Un melting-pot d’esprits épris de liberté qui se rebiffent contre la tyrannie sioniste et l’ineptie calculée des politiciens complices en Occident et de leurs homologues résignés et non moins complices du monde arabe. Le monde dans sa diversité ethnique, culturelle et religieuse plurielle se révolte en fait contre les apôtres du mal et de l’injustice, qui cherchent par tous les moyens à imposer leur diktat et mener la planète en bateau. Dans leur héroïque combat pour la liberté, les Palestiniens ne seront désormais plus jamais seuls…
C.B.
Au Goethe-Institut Tunis : Cinéma muet et musique live au programme
Le Goethe-Institut Tunis invite son public à démarrer la rentrée sous le signe de l’art et de l’émotion, avec deux soirées exceptionnelles mêlant cinéma muet allemand et musique en direct.
Deux rendez-vous incontournables à noter : mardi 9 septembre et vendredi 12 septembre 2025, à 20h, dans le cadre enchanteur du jardin du Goethe-Institut. À l’occasion de ces ciné-concerts en plein air, deux chefs-d’œuvre emblématiques du cinéma expressionniste allemand seront projetés : « Nosferatu » (1922) de F.W. Murnau, une œuvre fondatrice du cinéma fantastique et « Metropolis » (1927) de Fritz Lang, un classique incontournable du cinéma de science-fiction.
Ces films mythiques seront accompagnés par une interprétation musicale live du groupe allemand « Küspert & Kollegen », spécialement venu d’Allemagne pour offrir des compositions originales, contemporaines et immersives. Une rencontre unique entre l’image et le son, entre patrimoine cinématographique et création musicale actuelle. L’entrée est libre et gratuite, et ces soirées s’adressent à tous : cinéphiles, mélomanes ou simples curieux désireux de vivre une expérience culturelle hors du commun, sous les étoiles de Tunis.
La famille de Chédli Klibi fait don de sa bibliothèque à la Bibliothèque nationale
La famille de feu le ministre et intellectuel tunisien Chédli Klibi a fait don de sa bibliothèque personnelle à la Bibliothèque nationale, dans le cadre d’une convention signée ce mardi 2 septembre 2025 à Carthage, en présence du directeur général de l’institution, Khaled Ksair.
Cette collection, riche et variée, vient renforcer le patrimoine documentaire national. Elle reflète le parcours exceptionnel de Chédli Klibi, qui a occupé de hautes fonctions, notamment celles de ministre de la Culture et de l’Information, directeur du cabinet présidentiel et secrétaire général de la Ligue des États arabes. Ce legs constitue un apport précieux à la mémoire culturelle et intellectuelle de la Tunisie.
La météo de ce mercredi 3 septembre : Un peu plus de chaleur et moins de vent
Le temps sera, ce mercredi 3 septembre 2025, généralement ensoleillé, avec quelques passages nuageux par moments. Les températures varieront entre 24°C le matin et 31°C dans l’après-midi, offrant une journée chaude et agréable.
Le vent soufflera légèrement, entre 11 et 26 km/h, et la mer restera calme.
Ligue 1 : 3 chocs au programme de la cinquième journée
Le championnat de la Ligue 1 reprend du service juste après la trêve internationale avec plusieurs chocs et de beaux derbies. La 5e journée se jouera, ainsi, les 11, 12 et 13 septembre prochains, selon le programme suivant :
Jeudi 11 septembre
À Bir Bouregba : A S Soliman – Olympique de Béja
À Kairouan : JS Kairouan – AS Marsa
À Métlaoui : ES Métlaoui – JS Omrane
Vendredi 12 septembre
À Radès : Club Africain – CS Sfaxien
À Gabès : Stade Gabésien – ES Zarzis
Samedi 13 septembre
Au Bardo : Stade Tunisien – Espérance de Tunis
À Monastir : US Monastir – ES Sahel
À Ben Guerdane : US Ben Guerdane – CAB
N.B. : Tous les matches débuteront à 16h00.
K.Z.
Démission du Bureau Directeur de l'ASGabes
C'était dans l'air. Face aux problèmes d'ordre financier , le Bureau Directeur de l'ASGabes présidé par Mohsen Bouchaa a présenté aujourd'hui sa démission. Déjà, l'équipe seniors a débuté les entraînements en retard, le coach Tarak Jarraya a menacé a plusieurs reprises de partir et les joueurs sans aucune motivation depuis le début de la saison malgré les cinq points ramassés en quatre journées ne vont plus tenir le coup. On parle déjà depuis quelques jours d'une Assemblée générale élective en décembre. Voilà de quoi est fait notre football professionnel !.
J.B.
Bundesliga : Nicolas Jackson au Bayern Munich
Le Bayern Munich a annoncé, à quelques heures de la clôture du Mercato européen, avoir engagé l'attaquant sénégalais Nicolas Jackson pour une saison sous forme de prêt payant avec option d'achat.
Désireux d’échapper à la concurrence qui va limiter son temps de jeu, après l'arrivée de nouvelles recrues comme Liam Delap, Joao Pedro et Estevao, Jackson a émis le souhait de changer d'air depuis plusieurs semaines.
Ironie du sport, il aura pour concurrent l'indéboulonnable Harry Kane, meilleur buteur de la Bundesliga lors des deux dernières saisons. Autant dire que gagner une place de titulaire au Bayern relèvera d'un véritable défi...
L'USMonastir a un nouveau président
Depuis hier , l'USMonastir, club centenaire, a un nouveau président. Il s'agit de Mohamed Moslem Slama, élu à l'unanimité par l'assemblée générale élective. Il s'agissait aussi de la seule liste candidate. Slama succède ainsi à Saber Harzallah qui a dirigé le club sahelien de février à août 2025.
J.B.
Dhafer Youssef attendu au Stockholm Jazz Festival 2025
Par Imen Abderrahmani
Dans l’histoire de Dhafer Youssef, résonne l’écho de toutes les musiques et les pays qui l’ont inspiré... Oudiste chevronné à la voix d’ange, il se produira le 12 octobre à Stockholm.
Le jeu de oud exceptionnellement expressif. Sa voix angélique traverse les cieux et les montagnes célébrant la musique et la vie. Dhafer Youssef est plus qu’un musicien à succès. C’est toute une approche musicale et artistique singulière et une voie alliant tradition et innovation.
Partant du classique, du traditionnel, des basiques de la musique arabe, Dhafer Youssef a su créer son style, contribuant à faire entrer la musique arabe sur la scène international du jazz, faisant de son oud (son confident), qui l’accompagne là où il va, comme son ombre, l’instrument star des concerts du jazz. Le jeu de Youssef n’est pas seulement impressionnant d’un point de vue technique, il est aussi fascinant d’un point de vue émotionnel. Sa voix, couvrant quatre octaves, traverse harmonieusement différents registres, créant une atmosphère spéciale.
Compositeur raffiné, oudiste virtuose et chanteur au timbre céleste, Dhafer Youssef est aujourd’hui l’une des figures majeures de la scène musicale internationale. Il s’est imposé à l’international grâce à une approche unique mêlant mysticisme soufi, jazz contemporain et voix transcendante. À la fois chanteur, compositeur et instrumentiste, il incarne une esthétique musicale singulière, au carrefour de l’Orient et de l’Occident. Souffle soufi, traditions arabes, jazz contemporain : l’artiste tisse un univers singulier, à la croisée des cultures et des spiritualités.
Une voix, un oud, et un chemin…
Innovant, avec un jeu de oud touchant et un style toujours en évolution, Dhafer Youssef se produira le 12 octobre 2025 sur la scène du Stockholm Jazz Festival, l’un des rendez-vous musicaux majeurs de Suède, qui se déroulera du 10 au 19 octobre dans plus de 70 lieux à travers la capitale suédoise.
Programmé dans la section principale du festival (« Huvudprogram »), l’artiste tunisien partagera l’affiche avec de grands noms de la scène jazz internationale tels que Marcus Miller, Lauren Henderson, Dave Holland Trio ou encore Chip Wickham.
Pour son concert à Nalen, l’une des scènes emblématiques du festival, Dhafer Youssef sera accompagné d’un nouveau quintette : Mark Priore (piano), Johannes Bär (trompette, trombone, tuba), Swaeli Mbappé (basse) et Tao Ehrlich (batterie). Ensemble, ils offriront une performance immersive entre rythmes méditerranéens, libertés du jazz et envolées introspectives.
En août 2023, Dhafer Youssef marquait son grand retour sur la scène tunisienne après sept ans d’absence, avec un concert magistral au Festival international de Dougga. Un événement très attendu, où il a présenté son album « Street of Minarets », sorti en janvier 2023. Un projet ambitieux, mûri pendant cinq ans et enregistré avec des légendes telles que Herbie Hancock et Marcus Miller, sous le label Back Beat Edition. Ce neuvième album, véritable voyage musical aux quatre coins du monde, est porté par des sonorités inédites et toujours habité par ce souffle soufi qui caractérise l’œuvre de Youssef.
Le concert de Dhafer Youssef le Stockholm Jazz Festival s’annonce comme l’un des temps forts de cette édition 2025. À travers sa musique, il continue de bâtir des ponts entre Orient et Occident, entre tradition et innovation, et d’émouvoir un public international fidèle à sa vision singulière de l’art.
I.A.
Editorial : Un double défi des disparités à relever - Par Hassan GHEDIRI
L’économie tunisienne affiche des signes encourageants. C’est ce que révèlent divers indicateurs communiqués ces dernières semaines par les institutions publiques. Il y a comme un frémissement qui parcourt le corps économique revivifiant l’espoir d’une relance vigoureuse et durable. En attendant que la tendance se confirme par les résultats du mois d’août, l’INS avait déjà dévoilé les chiffres d’un deuxième trimestre de 2025 qui montrent une toute petite lueur au bout du tunnel. Selon ses estimations établies à travers des calculs qui respectent normalement les standards de la science statistique, l’économie tunisienne a connu une hausse de la croissance avec un PIB ayant progressé de 2,4% au premier semestre pour se situer à 3,2% en glissement annuel. Durant la même période, chiffres à l’appui, le gouvernement s’est particulièrement réjoui de la diminution constante, bien que lente, de l’inflation, mais également du chômage perdant respectivement 10 et 40 points de base dans leurs taux. Les signes d’une relance économique sont multiples mais il y a ceux qui sont estimés d’une certaine manière plus tangibles que d’autres, entre autres la dynamique de l’investissement, c’est-à-dire le rythme de création de nouveaux projets et d’emploi notamment par les capitaux étrangers. A ce stade, il semble que les choses vont dans le bon sens, ou, pour être objectif et précis, les signes sont encourageants mais ne donnent pas pleine satisfaction. Au terme des six premiers mois de 2025, les flux des investissements internationaux auraient progressé de plus de 20% par rapport à la même période de l’année écoulée. Constatant les résultats réalisés au cours des trois dernières années, le progrès est sans appel avec notamment des investissements qui ont bondi de plus 60% par rapport à 2022. Cette performance ressort du tout dernier bulletin sur les flux des investissements directs étrangers (IDE) publié par l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (FIPA) qui fait état d’un volume global de 1640 milliards de dinars. Mais attention ! Il y a un hic. C’est une anomalie chronique et qui semble devenir irréparable, en l’occurrence cette disparité régionale flagrante dans le déploiement des investissements et qui constitue d’ailleurs une des principales causes de la marginalisation de beaucoup de régions et de l’exclusion d’une grande partie de la population laissée pendant des décennies à l’emprise de la pauvreté et du chômage. Les chiffres de la FIPA font ainsi état d’une grande disparité avec plus de 90% des flux d’IDE hors énergie réalisés au cours du premier semestre qui se concentrent dans le Grand Tunis et les régions du nord-est. Le problème de la disparité géographique ne se limite toutefois pas à la répartition territoriale des IDE dans le pays et qui résulte de divers facteurs tels que la qualité des infrastructures et la proximité des ports et des aéroports, mais caractérise aussi l’attractivité de la Tunisie à l’échelle des marchés émetteurs. Ce sont toujours les mêmes les partenaires historiques et classiques de l’Union européenne qui dominent les flux des IDE attirés par la Tunisie. Cela est de plus en plus considéré comme une entrave devant la diversification et la multiplication des investissements dans les secteurs innovateurs ayant une très forte valeur ajoutée économique et technologique et qui offrent d’importants opportunités d’emploi.
Il incombe alors à l’État de rompre avec cette logique d’inégalités territoriales et de dépendance exclusive vis-à-vis des partenaires traditionnels. La Tunisie ne pourra relever pleinement son double défi de disparité qu’en déployant une stratégie solide et efficace permettant, d’une part, à rééquilibrer l’attractivité des régions intérieures par des infrastructures modernes, des incitations ciblées et un accompagnement efficace des investisseurs et, d’autre part, à multiplier les partenaires en brisant la dépendance aux marchés classiques et en partant à la conquête des investisseurs en Afrique et en Asie. Seule une diplomatie économique agressive audacieuse permettrait de transformer les frémissements actuels en véritable dynamique inclusive et durable.
H.G.
SFBT : Mise au point officielle sur les informations fallacieuses circulant sur les réseaux sociaux
La Société de Fabrication des Boissons de Tunisie (SFBT), entreprise cotée à la Bourse de Tunis et acteur industriel majeur depuis plus d’un siècle, exprime sa plus vive indignation face à la campagne de désinformation et de diffamation dont elle est actuellement la cible sur certaines plateformes numériques.
Ces publications, dénuées de tout fondement, propagent des rumeurs attentatoires à l’intégrité de la SFBT, à sa gouvernance et à ses engagements sociétaux. Elles véhiculent une lecture volontairement erronée de l’action de la SFBT, dans un contexte où la société agit de manière exemplaire en matière de transparence, de gouvernance responsable, et de conformité aux lois et réglementations tunisiennes.
La SFBT réaffirme avec clarté et détermination :
● Sa pleine coopération avec l’ensemble des autorités de contrôle et de régulation, notamment dans le cadre de l’intervention de la Brigade des Investigations et de Lutte Contre l'Évasion Fiscale, intervenue le 26 mai 2025, dans l’exercice de ses prérogatives habituelles – et non comme prétendu sur les réseaux sociaux à la date du 2 août 2025.
● Sa disponibilité constante à collaborer dans le cadre de tous les contrôles réglementaires usuels avec l’ensemble des autorités compétentes.
● Le strict respect des procédures réglementaires en vigueur, garanti par des mécanismes solides de gouvernance avec :
○ Un contrôle interne assuré par les directions du contrôle de gestion, de l’audit interne, et par un comité d’audit émanant du conseil d’administration, présidé par une administratrice indépendante ;
○ Et un contrôle externe, à travers la certification des comptes par les cabinets MTBF (réseau PwC) et le Cabinet d’Audit et de Consultants.
● Sa contribution active et durable à l’économie nationale, à l’emploi local et à la valorisation du savoir-faire industriel tunisien.
L’intégrité de la SFBT ne se mesure pas aux rumeurs ni aux allégations, mais à la probité de ses pratiques, à la solidité de sa gouvernance et à la continuité de son engagement industriel et sociétal.
La SFBT condamne avec la plus grande fermeté toute tentative de manipulation, toute instrumentalisation malveillante, et toute atteinte injustifiée à sa réputation, à celle de ses cadres et collaborateurs et à ses engagements.
Face à ces agissements irresponsables, la SFBT se réserve le droit d’engager toutes procédures judiciaires appropriées à l’encontre des auteurs, diffuseurs ou instigateurs de ces campagnes de dénigrement.
Fidèle à ses valeurs de rigueur, d’ouverture et de responsabilité, la SFBT poursuivra ses efforts avec transparence avec l’ensemble de ses partenaires, collaborateurs, actionnaires et institutions nationales.















