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Prix de la littérature arabe 2026 : La Tunisie dans la course grâce à Ramsès Kefi et Elyzad Editions

Par Imen ABDERRAMANI

Avec Ramsès Kefi et deux romans publiés par Elyzad, la Tunisie s’invite dans la sélection 2026 du Prix de la littérature arabe, qui célèbre la diversité des écritures et des imaginaires du monde arabe.

Neuf romans, six pays et une même volonté de faire entendre la pluralité des voix du monde arabe : la 14ème édition du Prix de la littérature arabe vient de dévoiler sa sélection. Algérie, Koweït, Liban, Maroc, Palestine et Tunisie sont représentés dans une programmation littéraire qui fait dialoguer différentes générations, sensibilités et approches de l’écriture.

La Tunisie y occupe une place particulière, à travers deux présences complémentaires. D’abord, celle de la maison d’édition francophone Elyzad, dont deux ouvrages figurent dans la sélection : « Ici commence la terre » de Jadd Hilal et « Septentrionale » de Karim Kattan. Une présence qui s’inscrit dans la durée, puisque la maison avait déjà été distinguée par ce Prix en 2022, avec « Bel abîme » de l’écrivain tunisien Yamen Manai.

À cette présence éditoriale s’ajoute celle du romancier Ramsès Kefi, retenu pour son premier roman, « Quatre jours sans ma mère », publié aux éditions Philippe Rey. Une double présence qui souligne à la fois le dynamisme de l’édition francophone et la visibilité croissante des écritures liées à la Tunisie dans les espaces littéraires arabes et francophones.

Ramsès Kefi, une histoire de famille …
Dans « Quatre jours sans ma mère », Ramsès Kefi part d’une disparition pour sonder les liens familiaux, les silences et la mémoire. Un soir, Amani, 67 ans, quitte son domicile sans explication, laissant derrière elle son mari Hédi et leur fils Salmane. Pour ce dernier, âgé de 36 ans et encore en quête de sa propre voie, cette absence devient le point de départ d’une recherche qui le conduit progressivement vers l’histoire de ses parents, marquée notamment par leur exil depuis la Tunisie.

Sans se limiter à une intrigue familiale, le premier roman de Kefi dessine ainsi une chronique intime et sociale, traversée par les questions de transmission, d’origine et de passage à l’âge adulte. L’auteur s’intéresse aux fragilités ordinaires, aux mères qui portent silencieusement le poids de la famille et aux hommes qui peinent à dire leurs blessures. Le quartier populaire où évoluent les personnages devient lui-même un espace de mémoire et de solidarité.

Paru en août 2025, « Quatre jours sans ma mère » a déjà été remarqué dans plusieurs sélections et distinctions littéraires, notamment le « Prix Première Plume », qu’il a remporté en 2025. Sa présence dans cette nouvelle sélection du Prix de la littérature arabe prolonge ainsi le parcours d’un premier roman qui a rapidement trouvé son public.

La littérature arabe au pluriel
Aux côtés de Ramsès Kefi figurent Taleb Alrefai pour « L’Impossible Roman de l’honorable monsieur K. » (Koweït), Hoda Barakat pour « Hind ou la plus belle femme du monde » (Liban), Inam Bioud pour « Houaria » (Algérie), Samira El Ayachi pour « Madame Bovary, ma mère et moi » (Maroc), Jadd Hilal pour « Ici commence la terre » (Liban/Palestine), Imane Humaydane pour « Chansons pour les ténèbres » (Liban), Karim Kattan pour « Septentrionale » (Palestine) et Xavier Leclerc pour « Le garçon ébloui » (Algérie).

Créé en 2013 par la Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe, le Prix de la littérature arabe compte parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Doté de 8 000 euros, il distingue un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français, par un auteur ou une autrice originaire d’un pays de la Ligue arabe. Une mention spéciale de 2 000 euros récompense également le travail de traduction.

« Présidé cette année par l’écrivain et avocat Alexandre Najjar, le jury se réunira à l’automne. Le lauréat sera dévoilé en décembre 2026, lors d’une cérémonie à l’Institut du monde arabe, dans le cadre de la Semaine de la langue arabe », lit-on sur le site de l’Institut du Monde Arabe (IMA).

I.A.

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