Foire Internationale du livre de Tunis : Francesca Albanese présente son nouveau livre dédié à la Palestine
La rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, a affirmé mercredi à Tunis que « se tenir aux côtés de la Palestine revient à défendre notre humanité commune ».
Elle a estimé que « la neutralité » face à la guerre dans la bande de Gaza constitue « un soutien direct à l’occupation et une complicité avec le génocide ».
S’exprimant lors d’une rencontre organisée par Cérès Éditions dans le cadre de la 40e édition de Foire internationale du livre de Tunis, Albanese a déclaré que la question palestinienne est devenue « un miroir moral » révélant les contradictions du système international.
Elle a considéré que la « résilience » palestinienne dépasse la seule idée de résistance pour traduire une capacité à préserver « identité et existence » face aux tentatives d’effacement.
La responsable onusienne a également salué les campagnes de boycott menées en Tunisie contre certaines grandes marques internationales, estimant que « le consommateur conscient exerce une influence réelle sur les chaînes de financement ». Selon elle, ces campagnes constituent un exemple de « résistance civile » capable d’exercer une pression sur les soutiens de l’entité sioniste.
Évoquant la pensée de l’intellectuel palestino-américain Edward Said, notamment à travers son ouvrage Des Intellectuel et du Pouvoir, elle a estimé que l’intellectuel doit être « un miroir sincère de la société », chargé de « dire la vérité » et de consigner son époque afin de préserver la mémoire collective.
Elle a également souligné les convergences entre la pensée de Said et celle du philosophe italien Antonio Gramsci autour de la figure de l’intellectuel engagé, associant savoir et action concrète.
Par ailleurs, elle a critiqué ce qu’elle a qualifié de « cupidité » des plateformes mondiales de location et des systèmes économiques privilégiant « le profit » au détriment des droits fondamentaux, notamment ceux des catégories vulnérables.
La juriste italienne a par ailleurs présenté son nouvel ouvrage « Quand le monde dort : récits, voix et blessures de la Palestine », publié par Cérès Éditions.
Dans ce livre, rédigé en partie en Tunisie, elle a rassemblé des témoignages de femmes, d’hommes et d’enfants palestiniens confrontés à la guerre et aux déplacements, dans une tentative de « préserver les voix humaines au cœur de la catastrophe ».
Juriste et universitaire italienne, Francesca Albanese occupe depuis 2022 le poste de rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits humains dans les territoires palestiniens occupés.
INTERVIEW - Oussama Lahmar, expert de référence en cyberdéfense et en crimes émergents au « Quotidien » : La puissance de demain se construira dans la maîtrise, pas dans la dépendance
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
• « La cybermenace n’est plus un sujet réservé aux techniciens, elle est devenue une question de souveraineté »
• L’émergence technologique agit déjà sur les enfants, les adolescents, les adultes et les professionnels.
• L’IA ne fait pas qu’automatiser la fraude : elle industrialise le faux.
Pour Oussama Lahmar, expert de référence en cyberdéfense et en crimes émergents, la menace contemporaine ne se limite plus aux réseaux et aux systèmes. Elle agit sur les comportements, fragilise les repères, altère la confiance et place l’humain au cœur de la nouvelle conflictualité numérique.
Dans un monde saturé de technologies, soutient-il, les plus forts ne seront plus ceux qui en utilisent le plus, mais ceux qui sauront en dépendre moins, protéger leurs fonctions vitales et construire leurs propres “boîtes noires”.
Dans cette interview, Oussama Lahmar, expert de renom en cyberdéfense et en crimes émergents, nous parle des menaces et des précautions à prendre pour sécuriser notre espace numérique.
Il dirige depuis 2015 un bureau privé pionnier spécialisé dans l’investigation numérique légale, présenté comme le premier du genre en Afrique, il n’a cessé d’alerter, au fil de ses interventions radiophoniques, sur l’accélération technologique et sur des effets qui débordent désormais largement le seul champ des systèmes et des réseaux.
• Comment se défendre des menaces liées au cybercriminalité ?
• Il faut savoir que nous vivons une mutation qui atteint les sociétés en profondeur : elle influe sur les comportements, fragilise les repères, altère la confiance et expose enfants, adolescents, adultes comme professionnels à de nouvelles formes de vulnérabilité. Le monde est en train de changer. La Tunisie aussi. L’erreur serait de croire que cette bascule se gagnera par une fuite en avant technologique.
L’époque qui s’ouvre ne consacrera pas nécessairement les États, les institutions ou les entreprises les plus équipés. Elle avantagera d’abord ceux qui sauront discerner l’essentiel de l’accessoire, réduire leurs dépendances, maîtriser leurs usages, protéger leurs espaces sensibles et reprendre la main sur leurs circuits critiques de décision, de stockage, de contrôle et de vérification.
La cybermenace n’est plus un sujet réservé aux techniciens. Elle est devenue une question de souveraineté, de résilience, de discipline collective et d’indépendance intérieure. La machine n’est plus l’unique cible. L’humain, désormais, en est le point d’entrée principal.
• Cybersécurité, cybercriminalité et crimes émergents, quelle distinction faites-vous entre ces notions ?
• La confusion est fréquente, alors qu’il s’agit de réalités différentes. La cybersécurité, c’est la protection des systèmes, des réseaux, des équipements et des données. La cybercriminalité, ce sont les infractions commises à travers ou contre ces technologies. Les crimes émergents, eux, traduisent un changement d’époque : ce sont des formes de criminalité hybrides, rapides, discrètes, qui combinent technologie, manipulation, vulnérabilité humaine et pression psychologique.
Aujourd’hui, la question n’est plus uniquement informatique. Elle est devenue sociale, comportementale, psychologique et stratégique. La machine n’est qu’un vecteur. L’objectif réel, c’est souvent l’humain. Le point d’entrée le plus vulnérable reste l’humain.
• La Tunisie dispose-t-elle des moyens nécessaires pour se défendre ?
• Oui, des moyens existent. Mais la vraie question n’est pas là. La question décisive est la suivante : sommes-nous réellement prêts à agir lorsque la crise survient ? Une cyberattaque ne se gère pas uniquement avec des outils. Elle se gère avec de la préparation, une organisation claire, une connaissance précise du terrain et une chaîne de décision maîtrisée. Et il faut dire les choses sans détour : dans ce type de crimes, le point d’entrée vulnérable numéro un, c’est l’humain.
Très souvent, l’attaque passe par une personne : celle qui clique, celle qui ouvre, celle qui transmet, celle qui valide, celle qui croit agir correctement alors qu’elle vient d’offrir un accès. C’est pour cela que la sécurité ne peut pas s’arrêter aux machines. Il faut habiliter les personnes auxquelles on confie les données.
La confiance ne peut plus être intuitive ou approximative. Toute personne appelée à manipuler de l’information, de la plus petite à la plus sensible, doit être formée, encadrée, responsabilisée et évaluée. Les points faibles ne sont pas seulement techniques : ils sont aussi humains.
• Vous insistez sur la cartographie des vulnérabilités. De quoi parle-t-on concrètement ?
• On parle d’abord de lucidité. Connaître son réseau, ses équipements, ses accès, ses dépendances, ses flux, ses usages. Mais aussi identifier ses fragilités humaines, organisationnelles et comportementales. Les points faibles d’un système ne sont pas uniquement techniques. Ils peuvent être humains, et ils le sont souvent. Une institution peut disposer d’équipements modernes, de logiciels performants et de procédures écrites.
Si les personnes ne sont pas préparées, si les responsabilités sont floues, si les habitudes sont mauvaises, la faille existe déjà. La première résilience, c’est la connaissance de soi : savoir ce que l’on possède, ce que l’on expose, ce que l’on maîtrise, et ce que l’on ne maîtrise pas encore.
• Une donnée n’est jamais petite dès lors qu’elle entre dans une chaîne de confiance. Toutes les données ont-elles la même importance ?
• Une donnée n’a une taille que dans un système. Mais dans la réalité opérationnelle, une information apparemment minime peut produire un effet majeur. Un identifiant, une trace, un numéro, une habitude d’usage, une adresse, un accès secondaire, un simple élément contextuel peut suffire à ouvrir une chaîne de compromission. Dès lors qu’une donnée entre dans un mécanisme de confiance, de vérification, d’autorisation ou de décision, elle devient sensible. De la plus petite à la plus grande, toutes exigent le même sérieux.
• La Tunisie est-elle aujourd’hui directement visée?
• Oui. La Tunisie est une cible, comme tous les pays insérés dans les réseaux numériques mondiaux. Elle est concernée par la fraude électronique, le phishing, les malwares, le vol de données, le chantage numérique, les rançongiciels et les tentatives d’intrusion contre les institutions, les banques, les grandes entreprises et les structures sensibles. Il faut sortir d’une illusion dangereuse : personne n’est épargnée.
La sécurité à 100 % n’existe pas. Ce qui existe, en revanche, c’est un niveau de préparation qui permet d’absorber, de contenir, de comprendre et de corriger. La maturité n’élimine pas le risque ; elle réduit son impact. Le plus fort ne sera pas celui qui utilise plus de technologie, mais celui qui en dépend moins.
• Vous défendez une approche presque inverse de la course technologique actuelle. Pourquoi ?
• Parce que l’accumulation n’est pas une stratégie, nous entrons dans un cycle où le plus fort ne sera pas celui qui déploie le plus de technologies, mais celui qui saura en intégrer moins, ou les intégrer mieux. Celui qui saura réduire ses expositions inutiles, limiter certaines dépendances et reprendre la main sur ses fonctions vitales. Il faut apprendre à distinguer l’innovation utile de la surconsommation technologique.
Il faut aussi créer ses propres « boîtes noires : ses propres circuits de contrôle, de traçabilité, de conservation, de vérification et de décision. Lorsqu’un pays, une institution ou une entreprise remet l’ensemble de ses mécanismes sensibles à des outils conçus par d’autres, il délègue aussi une part de son autonomie. La souveraineté numérique ne consiste pas à acheter davantage. Elle consiste à savoir ce que l’on garde, ce que l’on externalise, ce que l’on protège, et ce que l’on refuse d’abandonner.
• Pourquoi insistez-vous autant sur l’impact socio-psychologique ?
• L’un des apports les plus singuliers du discours de l’expert réside dans son insistance sur l’impact socio-psychologique de l’accélération numérique. Dans plusieurs interventions radiophoniques, j’ai alerté sur les effets de cette mutation sur les enfants, les adolescents, les adultes et les professionnels. L’émergence technologique transforme les comportements, les rythmes, les réflexes, les seuils d’attention, le rapport à l’autorité, à la vérité, à la peur et à la confiance.
L’hyperconnexion, la sursollicitation et la dépendance aux interfaces créent un terrain favorable à l’impulsivité, à la fatigue cognitive, à la confusion et à la manipulation. C’est ici que la cybercriminalité moderne prend une dimension nouvelle. Elle ne vise plus seulement les systèmes ; elle vise l’esprit. Elle s’attaque au discernement, au réflexe, à l’émotion, au sentiment d’urgence. Elle exploite les fragilités invisibles autant que les vulnérabilités techniques.
• On dit souvent que l’erreur est humaine. Qu’en pensez-vous ?
• L’humain se trouve désormais confronté à une guerre contre lui-même, une guerre d’indépendances internes. Une lutte contre ses propres dépendances, contre ses automatismes, contre ses failles cognitives, contre la perte de maîtrise progressive de son attention et de son jugement.
• L’intelligence artificielle change-t-elle la nature du danger ?
• Oui, profondément. Le clonage vocal, les deepfakes, les messages parfaitement rédigés, les scénarios d’arnaque plus crédibles : tout cela change d’échelle. L’IA donne à la fraude une puissance nouvelle. Elle imite mieux, elle convainc mieux, elle personnalise mieux. Nous sommes entrés dans une phase où la menace n’est plus seulement numérique.
Elle devient cognitive. Elle agit sur la perception, sur le doute, sur l’urgence, sur le réflexe. Elle s’attaque à la confiance avant même de s’attaquer au système. Moderniser, oui ; multiplier les dépendances, non.
• La biométrie, notamment pour les passeports et cartes d’identité, vous paraît-elle une bonne orientation ?
• Oui, si elle est pensée avec rigueur. La biométrie peut renforcer la sécurisation de l’identité et limiter certaines fraudes documentaires. La Tunisie dispose de compétences et avance vers une modernisation progressive de ses outils liés à la sécurité intérieure.
Mais il faut rester cohérent : moderniser ne signifie pas se précipiter ni multiplier les dépendances. Toute technologie sensible exige une gouvernance claire, une maîtrise des accès, une protection forte des données et une architecture de confiance. Sans cela, l’innovation peut produire l’effet inverse de celui recherché.
• Quel autre danger vous paraît aujourd’hui sous-estimé ?
• Le danger des intrus, des arrivistes et des solutions superficielles. Dans le domaine de la cybersécurité, certains promettent beaucoup sans comprendre réellement les mécanismes de terrain. Or, dans ce secteur, l’approximation coûte cher.
La cybersécurité exige de l’expérience, de la méthode, de l’investigation, de la discrétion et une compréhension concrète des menaces. La communication ne remplace pas la compétence. Et les stratégies décoratives n’ont jamais protégé personne.
La vraie puissance sera dans la maîtrise, pas dans l’accumulation
C’est ici que se situe le cœur de mon message. À mes yeux, la compétition qui s’ouvre ne se gagnera pas à coups d’empilement technologique. Le plus fort ne sera pas celui qui détient ou utilise le plus de technologies, mais celui qui saura en intégrer moins, ou les intégrer mieux.
Cela suppose de réduire certains usages, de limiter les dépendances inutiles, de sanctuariser les fonctions critiques et de reprendre la main sur les mécanismes sensibles. Cela suppose aussi de construire ses propres “boîtes noires” : ses propres circuits de traçabilité, de stockage, de contrôle, de vérification et de décision, au lieu de confier l’essentiel à des solutions externes, opaques ou dépendantes d’intérêts qui ne sont pas les siens.
La souveraineté numérique ne consiste donc pas seulement à moderniser. Elle consiste à trier, à protéger, à arbitrer, à conserver chez soi ce qui relève de la confiance stratégique. Moderniser, oui. Se livrer sans réserve à la dépendance, non.
Le regard de l’expert : La prochaine guerre !
Au fond, le diagnostic posé est net : la Tunisie se trouve, comme le reste du monde, face à une transformation profonde de la menace. Celle-ci n’est plus seulement technique. Elle est humaine, psychologique, sociale, institutionnelle et stratégique.
Dans ce nouveau paysage, la véritable résilience ne viendra ni de l’excès d’outils ni de la fascination pour l’innovation permanente. Elle viendra d’une autre posture : mieux connaître ses vulnérabilités, mieux former ses femmes et ses hommes, mieux protéger ses données, mieux hiérarchiser ses dépendances, mieux sécuriser ses fonctions vitales.
En somme, il ne s’agit plus simplement d’adopter la technologie, mais de la maîtriser. Il ne s’agit plus de tout connecter, mais de savoir ce qui doit rester sous contrôle. Il ne s’agit plus d’utiliser davantage, mais d’utiliser avec discernement.
Le monde change. La Tunisie aussi. Et, dans cette ère nouvelle, la puissance ne se mesurera plus seulement à la sophistication des outils, mais à la capacité d’un pays à préserver son autonomie, sa lucidité et ses propres centres de confiance. C’est là, sans doute, que se jouera la prochaine frontière de la souveraineté.
M.B.S.M.
Cinéma - Gabès Fen : Deux jours de cinéma et de rêves pour les plus jeunes
Par Imen ABDERRAHMANI
Le Gabès Cinéma Fen met la jeunesse à l’honneur au Complexe culturel Mohamed Bardi avec deux projections phares, annoncées pour le 1er et le 2 mai. Détails.
Au cœur de la programmation du festival, au fil de ses projections et des rencontres quotidiennes, ce rendez-vous jeunesse s’impose comme un temps fort incontournable. Il ouvrira aux petits, le temps d’une projection, l’occasion de rêver.
En consacrant deux journées entières aux enfants et aux familles, la manifestation rappelle que la découverte du cinéma peut constituer une première porte d’entrée vers la culture, l’imaginaire et la créativité. Projections, traduction en direct, ateliers et exposition : tout est pensé pour faire du festival un espace de partage intergénérationnel et d’apprentissage ludique et surtout pour créer un noyau des cinéphiles, ces enfants qui prendront un autre jour la relève.
Ainsi, parmi les moments les plus attendus, figure « Hola Frida », film d’animation inspiré de la vie de Frida Kahlo. Accessible dès sept ans, le long-métrage propose une plongée sensible dans l’enfance de l’artiste, au Mexique, marquée par la poliomyélite puis par un grave accident de bus qui bouleversera son destin. Le film est une leçon de persévérance qui met en lumière la manière dont la petite Frida a transformé la douleur, la solitude et la différence en force créatrice.
Adapté librement de l’album jeunesse de Sophie Faucher et illustré par Cara Carmina, le récit est porté par une chanson originale signée Olivia Ruiz. La projection sera enrichie d’une traduction simultanée assurée par l’acteur Mohamed Grayaâ, dont la proximité avec le jeune public promet une séance vivante, accessible et interactive. Mohamed Grayaâ n’est ni à sa première expérience de son genre ni à sa première rencontre avec les enfants de Gabès.
Au-delà de la dimension artistique, « Hola Frida » aborde des thématiques essentielles : inclusion à l’école, lutte contre les discriminations, acceptation de la différence et résilience face au handicap. Autant de sujets qui résonnent fortement avec les enjeux éducatifs contemporains et qui confèrent à la projection une portée pédagogique évidente. La projection du film constitue un cadre idéal pour discuter avec les enfants de leur quotidien à l’école, dans une ambiance cool.
Souvenez-vous encore de Maruko ?
Et voilà, Maruko revient après une longue absence, pour le grand plaisir de ceux qui ont grandi avec elle. Héroïne culte, son retour ravive les souvenirs d’enfance.
« Maruko : La promesse d’un ami » ainsi s’intitule le 2ème film au programme de cette section dédiée à l’enfance et à la jeunesse.
Adaptation de la célèbre franchise japonaise Chibi Maruko-chan, doublée en arabe pour faciliter l’accès au jeune public, le film suit Maruko et ses camarades à l’approche de la journée sportive de l’école. Rivalités, tensions et entraide rythment ce récit tendre qui transmet, avec simplicité, des valeurs d’amitié, de loyauté et de solidarité.
L’expérience se prolonge hors de la salle, sur la corniche de Gabès, avec la découverte du conteneur « Warchet el K ». Cet espace expose les créations réalisées par les enfants lors d’un atelier animé par l’artiste Jade Le Ray, transformant les jeunes spectateurs en acteurs à part entière du festival. Cette initiative illustre la volonté de relier visionnage et pratique artistique, en encourageant les enfants à s’approprier les images par la création.
Plus qu’un simple moment de divertissement, cette parenthèse constitue un rendez-vous essentiel pour cultiver la curiosité des enfants, nourrir l’imagination et les inciter à créer leurs histoires. Bref, pour éveiller les cinéphiles de demain !
I.A.
Légende : 1- « Hola Frida » est projeté le 1er mai
2- Maruko de retour au grand bonheur des petits et des grands. Projection prévue le 2 mai
Editorial : Savoir trouver un juste milieu - Par Hassan GHEDIRI
Né depuis un demi-siècle, dans une autre époque, lorsque les Etats commençaient à s’approprier les valeurs érigées par le nouvel ordre monétaire international établi au lendemain de la Première Guerre mondiale, le Code des changes de Tunisie s’apprête à faire sa première grande métamorphose.
En gestation depuis des années, le projet doit accoucher bientôt d’un texte censé combler la rupture juridique et épouser l’air du temps, maintenant que la commission parlementaire des finances et du budget dit avoir, enfin achevé l’examen des amendements et transformations proposés par le gouvernement. Le nouveau code des changes qui remplacera le texte de 1976 et ses décrets d’application, promet une refonte qui ouvre la voie à l’innovation des techniques de change.
Car l’écart qui sépare aujourd’hui la législation tunisienne de nouvel univers de la finance dans le monde donne le vertige. En 1976, lorsqu’ a été promulgué le code toujours encore en vigueur, les marchés financiers étaient fortement enclavés et les transferts internationaux étaient couteux et accablés par la lourdeur administrative.
Les transactions se faisaient sur papier, les communications interbancaires s’effectuaient via télex et les données stockées dans des grosses caisses métalliques. C’était le temps où le mot « fintech » et crypto-monnaie relevaient de la science-fiction. En Tunisie, cette année-là, l’économie était une affaire d’Etat et le contrôle des changes et strictement régit par la logique de la rareté et du protectionnisme.
Aujourd’hui, nous vivons dans un monde où les capitaux circulent facilement et traverse les continents à la vitesse grand V. Un investisseur établi en Asie est capable de financier depuis son portable, la construction d’une usine à l’autre bout du monde. Une PME exportatrice peut encaisser ses revenus, couvrir son risque de change et rémunérer instantanément ses fournisseurs éparpillés sur de nombreux fuseaux horaires en se connectant à des plateformes électroniques universelles.
C’est dans ce monde que le futur nouveau code des changes doit s’inscrire et rompre une fois pour toute avec une législation héritée d’un passé lointain et révolu. Et c’est là que réside le grand challenge, parce que la législation actuelle a été conçue pour quasiment servir d’un instrument de contrôle et de dissuasion ne pouvant donc pas être un outil de développement.
Trop souvent, il est perçu comme un obstacle administratif plutôt qu’un facilitateur économique. Les opérateurs dénoncent des procédures longues, des interprétations parfois rigides, une complexité qui freine l’initiative et bloque l’investissement.
Dans un monde où la compétition entre pays se joue aussi sur la fluidité réglementaire, la Tunisie doit lever les obstacles et encourager la mobilité des capitaux. La rigidité du code des changes en Tunisie est toujours citée comme une entrave majeure à l’attractivité du pays, pénalisant la compétitivité des entreprises et privant l’économie de ressources précieuses.
Le futur nouveau code des changes ne doit évidemment pas supprimer tous les garde-fous ouvrir les vannes financières. Les crises internationales ont montré les dangers d’une libéralisation aveugle. Mais entre le verrouillage et le laisser-faire, il faut savoir trouver un juste milieu qui consiste à élaborer une régulation intelligente, fondée sur la transparence, la traçabilité, la redevabilité et la confiance entre tous les acteurs.
H.G.
Justice : Jusqu’à 10 ans de prison pour un greffier, un avocat et un juge révoqué pour blanchiment d’argent
La chambre criminelle près le tribunal de première instance de l’Ariana a prononcé des peines de prison allant de deux à dix ans à l’encontre de huit accusés, dont un greffier, un avocat et un juge révoqué, pour constitution d’une entente en vue de blanchiment d’argent.
Selon les informations disponibles, l’enquête dans cette affaire a débuté à la suite de l’arrestation d’un greffier en fonction dans l’un des tribunaux du Grand Tunis. Plusieurs documents et dossiers judiciaires ont été saisis à son domicile. La poursuite des investigations a révélé qu’il possédait plus de dix biens immobiliers dans différentes régions, ce qui a conduit à son placement en détention.
L’enquête a également concerné sept autres personnes, dont un avocat connu dans le domaine sportif, poursuivi en état de liberté, ainsi qu’un juge révoqué en fuite, contre lequel un mandat d’amener judiciaire a été émis après qu’un mandat de dépôt avait déjà été délivré à son encontre par la chambre d’accusation.
Les huit accusés ont été poursuivis pour constitution d’une entente en vue de blanchiment d’argent, falsification, détention et usage de faux, ainsi que complicité.
Après examen du dossier, la chambre criminelle du tribunal de première instance de l’Ariana a rendu un jugement en première instance : dix ans de prison ferme contre le greffier, deux ans contre l’avocat, cinq ans par contumace avec exécution immédiate contre le juge révoqué, tandis que les peines prononcées contre les autres accusés varient entre deux et dix ans de prison.
Ligue 1- 27e journée- première tranche : Le CA accroché par l'ASSoliman, la JSO surprend le ST
Par Jamel Belhassen
Cette première partie de la journée a été marquée par l'arrêt subi par le Club Africain, le leader, au Kef face à l'ASSoliman, qui joue son avenir en Ligue 1. Devant un adversaire bien en place, les Rouge et Blanc ont attendu une balle arrêtée à la 51e pour trouver le chemin des filets par Ait Malek de la tête. A la 71e Chawat a raté l'occasion de tuer le match sur penalty qu'il a tiré à côté.
Et avant la fin des débats, l'ASSoliman a réussi à égaliser par Jouini après une sortie ratée de Chamakh.( 83e). Au Bardo , le Stade Tunisien a été battu chez lui par la JSOomrane (1-2) après un match très disputé.
Touati et Zoghlami ont marqué pour les Omraniens contre un but de Haboubi pour les Stadistes. A Monastir. L'Union locale n'a pas fait de détails face à l'ASGabes. Une victoire de 2-0 a sanctionné les débats avec deux buts de Amri et Barhoumi.
Enfin, à Metlaoui, l'Etoile locale a battu nettement l'Etoile du Sahel, qui continue à manger son pain noir , 2-0. Œuvres de Soltani et Mansri.
Résultats :
ASS- CA 1 -1
ST -JSO 1 -2
USM- ASG 2 -0
ESM -ESS 2 -0
J.B.
Souveraineté énergétique : Des ambitions et beaucoup de suspicions
Par Hassan GHEDIRI
Une vraie souveraineté énergétique nationale est tributaire de la capacité de l’Etat à garantir la disponibilité et l’accessibilité d’une énergie abordable, propre et durable…
La levée de bouclier suscitée ces derniers jours par les projets d’attribution des contrats de concession au profit des entreprises étrangères pour la production de l’électricité à partir de l’énergie solaire, est le résultat logique de l’échec des gouvernements successifs à éliminer un handicap majeur entravant la transition énergétique, qui est le manque de confiance et les méfiances qui planent sur le domaine de l’énergie dans notre pays.
Il n’était pas étonnant alors que le débat hier sous la coupole, cristallise tensions et les contradictions à propos des énergies renouvelables avec au menu des accusations de bradage des richesses nationales, des soupçons de privatisation déguisée et beaucoup d’interrogations sur la souveraineté énergétique.
Dans ce climat passionné, l’analyste économique et ancien ministre du Commerce Mohsen Hassan a appelé à replacer la problématique dans son contexte stratégique qui dépasse l’approbation ou rejet des contrats de concessions. Il est question de la souveraineté énergétique du pays dans un contexte de dépendance structurelle aux importations d’hydrocarbures caractérisé par un déficit énergétique chronique qui pèse de plus lourdement sur la balance commerciale et qui fragilise gravement les finances publiques.
La production d’électricité en Tunisie étant largement tributaire du gaz naturel importé est un facteur de vulnérabilité face aux fluctuations des cours internationaux, explique Hassan qui rappelle comment la flambée des prix de l’énergie accentue la pression sur les mécanismes de compensation et réduit les investissements publics.
Pour l’ancien ministre, la véritable question de souveraineté ne réside donc pas dans l’origine des investisseurs, mais dans la capacité du pays à sortir durablement de la dépendance énergétique.
Face aux critiques assimilant ces contrats à la privatisation du secteur public, Mohsen Hassan insiste sur le fait que les investissements dans les énergies renouvelables nécessitent la mobilisation de capitaux privés pour accélérer la transition énergétique.
Dans ce modèle l’Etat conserve son rôle de régulateur par le biais de la STEG et les autres structures publiques impliquées tandis que les investisseurs assument les coûts de financement, de construction et d’exploitation. Autrement dit, la Tunisie pourrait bénéficier de nouvelles capacités de production sans alourdir la dette publique.
Risques
Mohsen Hassan souligne également que la transition énergétique et la promotion des énergies propres n’est plus seulement une nécessité environnementale mais constitue une condition fondamentale de compétitivité économique.
Il explique qu’avec la multiplication des barrières environnementales aux frontières européennes, plusieurs secteurs exportateurs tunisiens, notamment le ciment, le textile ou certaines industries manufacturières, risquent de subir des surcoûts s’ils continuent à fonctionner avec une énergie fortement carbonée. Le développement rapide du solaire et des renouvelables apparaît ainsi, comme un moyen de préserver les positions tunisiennes sur les marchés extérieurs, en particulier européens.
L’ancien ministre estime par ailleurs que l’intérêt de ces projets ne se limite pas à la production électrique. Ils peuvent aussi accélérer la modernisation du réseau national, favoriser l’introduction de technologies de stockage, développer les réseaux intelligents et stimuler l’écosystème industriel local.
Il faut être toutefois veilleur, selon lui, à ce que les contrats conclus avec les investisseurs étrangers prévoient des obligations ce qui concerne la participation des entreprises tunisiennes, le transfert des expertises, l’intégration industrielle et la création d’emplois qualifiés.
L’ouverture à l’investissement extérieur exige un encadrement rigoureux garantissant la transparence des transactions et la priorité d’assurer l’autosuffisance du marché local. L’exportation future d’électricité verte vers l’Europe, souvent évoquée, ne devrait intervenir qu’après sécurisation des besoins nationaux et à des conditions avantageuses pour la Tunisie, estime-t-il.
La souveraineté énergétique nationale est tributaire de la capacité de l’Etat à garantir la disponibilité et l’accessibilité d’une énergie abordable, propre et durable. Dans cette optique, les contrats d’investissements étrangers dans le domaine des énergies renouvelables, s’ils sont bien négociés, ne constituent aucunement pas une menace, mais présentent un levier de redressement économique.
H.G.
Energies renouvelables : Pourquoi les nouveaux contrats divisent-ils le Parlement ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le limogeage de la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub, intervient dans un contexte de vives controverses entourant des projets de loi portant sur l’octroi à des entreprises étrangères de contrats pour exploiter les énergies renouvelables.
En Tunisie, de larges débats ont lieu autour des contrats liés aux énergies renouvelables soumis au Parlement. Des interrogations importantes ont émergé quant à la part des entreprises locales dans la mise en œuvre de ces projets, dans un contexte de pressions économiques croissantes et d’un besoin urgent de trouver des solutions à une crise énergétique qui s’aggrave d’année en année.
La révocation de la ministre Chiboub coïncide avec l’approche d’une séance plénière du Parlement consacrée au vote de cinq projets de loi relatifs à des accords d’investissement dans le domaine de la production d’électricité à partir de l’énergie solaire.
Les nouveaux contrats énergétiques, récemment examinés lors de sessions parlementaires, prévoient l’octroi de concessions pour la production d’électricité à partir de sources renouvelables, notamment l’énergie solaire et éolienne, à plusieurs entreprises, dont la plupart sont étrangères ou en partenariat avec des entités extérieures.
Cela a conduit de nombreuses organisations syndicales et économiques, telles que la Fédération générale de l’électricité et du gaz, à exprimer leurs craintes face à la marginalisation continue des institutions nationales et à l’approfondissement d’une politique de privatisation de ce secteur vital. La présentation de ces accords a provoqué des divisions au sein du Parlement entre partisans, qui y voient une opportunité d’attirer des investissements importants, de créer des emplois et de renforcer les réserves en devises, et opposants, qui en contestent l’utilité.
Les opposants estiment que les conditions proposées ne garantissent pas suffisamment l’intérêt national et pourraient transformer la Tunisie en une plateforme de production d’énergie au profit d’autres pays. Des critiques ont également affirmé que ces projets portent atteinte à la souveraineté énergétique du pays, mettant en garde contre une cession des ressources énergétiques alternatives au profit d’acteurs étrangers.
Controverse …
Le député à l’Assemblée des représentants du peuple, Bilal Mechri, a, en effet, déclaré avant-hier que les projets de loi relatifs à l’octroi de concessions pour l’exploitation de la production d’énergie solaire par des entreprises étrangères soulèvent des problématiques fondamentales liées à la souveraineté nationale sur les décisions énergétiques. Il a indiqué que plusieurs de leurs dispositions accordent de larges avantages aux entreprises étrangères au détriment de l’État tunisien et de ses institutions publiques.
Le député a, par ailleurs, précisé que les accords proposés comprennent d’importantes exonérations fiscales et douanières, ainsi que des facilités pour l’exploitation des terres et le raccordement des projets au réseau national d’électricité.
Il a estimé que ces conditions sont déséquilibrées et ne tiennent pas compte de l’intérêt de l’État. Il a ajouté que certaines dispositions pourraient permettre aux entreprises étrangères de bénéficier des infrastructures nationales sans contrepartie suffisante, ce qui pourrait se répercuter sur le coût de production de l’énergie et sur la Société tunisienne de l’électricité et du gaz. Il a souligné que le problème ne se limite pas à l’aspect économique, mais concerne également ce qu’il a qualifié d’atteinte à la souveraineté législative et judiciaire de l’État, notamment par le recours à l’arbitrage international en cas de litige, ce qu’il considère comme une réduction du rôle de la justice nationale.
Le député a également exprimé des réserves concernant la durée prolongée des contrats, qui pourraient s’étendre sur plusieurs décennies, estimant qu’ils limitent la capacité de l’État à revoir ses choix stratégiques dans un secteur vital. Il a noté que le débat autour de ces projets reste ouvert et a appelé à une révision globale de leurs dispositions afin de garantir la protection de l’intérêt national et un véritable équilibre entre investissement et souveraineté.
D’autre part, certains législateurs et représentants de la société civile soulignent que la limitation des opportunités pour les entreprises nationales ne résulte pas seulement d’un manque de capacités techniques ou d’investissement, mais est également liée à la manière dont les appels d’offres sont conçus et aux critères adoptés, qui favorisent les entreprises disposant d’un fort soutien financier ou de solides relations internationales.
Ces acteurs craignent que la Tunisie continue de servir de simple porte d’entrée aux investissements étrangers sans développer une véritable base industrielle nationale dans le domaine des énergies renouvelables.
M.B.S.M.
Le collectif Avrusc crée un pont inédit entre Semmama et la Murgia
Un pont inédit entre le sud de l’Italie et la Tunisie est en train de se construire à travers l’initiative du collectif « Avrusc », né d’une rencontre artistique et territoriale est désormais engagé dans un dialogue durable entre la région italienne de la Murgia et la localité tunisienne de Semmama.
Fondé par sept jeunes Italiens aux profils variés (Angela, Anna, Claudio, Fedeliano, Mariantonietta, Michele et Rosalba), ce collectif s’inscrit dans une démarche de résilience territoriale mêlant agriculture, artisanat, valorisation du patrimoine et création artistique. Il a pris forme concrète à l’occasion du Festival des Berges de Semmama (25-29 mars 2026), marquant le point de départ d’un partenariat entre les deux territoires.
La Murgia, plateau rural du sud de l’Italie, et Semmama, située à Kasserine, dans les hauteurs du centre-ouest tunisien, présentent des similitudes frappantes. Les deux territoires « frères » se caractérisent par une altitude comparable, une faible densité de population et des économies reposant principalement sur l’agriculture et le pastoralisme.
Ces régions partagent également une forme de marginalité géographique et économique par rapport aux grands centres nationaux. Toutefois, cette position périphérique s’accompagne d’une forte capacité de résilience locale, fondée sur la solidarité communautaire, la valorisation des ressources naturelles et un engagement social face aux défis contemporains.
Au-delà des similitudes géographiques, la rencontre entre Avrusc et les habitants de Semmama a été déterminante. « L’accueil chaleureux et spontané de la population locale a favorisé l’émergence d’un lien humain fort, transformant une première visite en un projet de coopération à long terme », commentent les initiateurs du collectif.
Le nom du collectif, inspiré de l’asphodèle, une plante résistante poussant sur les terres arides de la Murgia, symbolise cette volonté de renaissance et de continuité. À l’image de cette fleur, Avrusc entend faire émerger une nouvelle dynamique entre territoires méditerranéens partageant des réalités communes. Ce partenariat naissant ouvre ainsi la voie à des échanges culturels, sociaux et économiques entre deux régions qui, bien que séparées par la mer, apparaissent désormais unies par une même vision de développement local et durable.
Festival international Farhat Yamoun de théâtre à Djerba : Rendez-vous du 1er au 5 mai
La 32ème édition du Festival international Farhat Yamoun de théâtre se tiendra du 1er au 5 mai 2026 à Djerba avec une programmation riche et diversifiée, a annoncé le comité d’organisation lors d’une conférence de presse tenue samedi au siège de l’Association de sauvegarde de l’île de Djerba. Cette édition comprendra plusieurs spectacles de théâtre, dont cinq destinés au public adulte et cinq pour les enfants, ainsi que des ateliers de formation et un colloque intellectuel. Un carnaval parcourra également le centre-ville pour annoncer l’ouverture du festival, selon les organisateurs. L’ouverture de cet évènement sera, ainsi, marqué par un grand carnaval réunissant des tableaux artistiques variés, avec des troupes folkloriques tunisiennes et libyennes, des performances scéniques et des marionnettes géantes.
Foire internationale du livre de Tunis (FILT) : Ibn Rochd, une philosophie en mouvement
Chercheurs et philosophes ont revisité, lors d’une rencontre internationale à la Foire internationale du livre de Tunis, la pensée d’Ibn Rochd et l’héritage de ce grand commentateur d’Aristote et ce à l’occasion de la célébration de neuf siècle depuis sa naissance.
Réunis au pavillon du ministère des Affaires culturelles lors de la Foire internationale du livre de Tunis, chercheurs et philosophes venus de plusieurs pays ont interrogé la portée contemporaine de la pensée de Ibn Rochd (Averroès). Intitulée « L’actualité d’Ibn Rochd », la rencontre, organisée par l’École de Tunis de la philosophie, a proposé deux séances d’échanges consacrées à la transmission, aux interprétations et à la vitalité d’une œuvre qui continue d’alimenter la réflexion philosophique.
Né à Cordoue en 1126, philosophe, juriste et médecin, Ibn Rochd demeure l’un des plus grands commentateurs d’Aristote. Son travail a joué un rôle déterminant dans la circulation de la philosophie aristotélicienne vers l’Europe médiévale, notamment grâce aux traductions latines et hébraïques réalisées après la disparition de nombreux textes originaux en arabe. Sur plus d’une centaine d’ouvrages attribués au philosophe, seule une partie nous est parvenue dans sa langue d’origine, le reste ayant été reconstitué à partir de traductions, révélant une mémoire intellectuelle fragmentée.
Décoloniser l’école d’Averroès
L’universitaire italien Andrea Tabarroni a retracé l’itinéraire d’Averroès dans l’Occident latin, soulignant que son influence s’est affirmée peu après sa mort en 1198. Les centres de traduction de Tolède et Séville ont contribué à diffuser ses commentaires d’Aristote, devenus des références majeures dans les universités de Paris et Oxford, ainsi que dans les grands centres italiens de Padoue, Bologne et Naples.
Selon lui, Averroès a été bien plus qu’un passeur : son influence a marqué durablement la philosophie, la médecine et même la littérature européenne, avec des échos perceptibles jusque dans l’œuvre de Dante Alighieri.
L’universitaire espagnol Antonio Di Diego Gonzalez a proposé une lecture critique de cette réception occidentale, appelant à « décoloniser Ibn Rochd ». Il estime que l’orientalisme européen a contribué à façonner une image partielle du philosophe, souvent présenté comme un rationaliste isolé ou un précurseur de la modernité occidentale.
S’appuyant sur les analyses d’Edward Said dans « L’Orientalisme », il a rappelé que ces représentations « ne sont jamais innocentes » et participent d’une lecture biaisée de l’Orient. L’enjeu, aujourd’hui, consiste à restituer l’ancrage d’Ibn Rochd dans la tradition intellectuelle islamique et à redonner toute sa complexité à son héritage.
Dans sa conférence inaugurale, le philosophe marocain Mohamed Mesbahi a décrit Ibn Rochd comme « le philosophe de l’univers ». Sa pensée dialogue avec celles d’Ibn Sina et Mulla Sadra, articulant réflexion ontologique et philosophie de la nature.
Pour lui, la philosophie averroïste relève d’un engagement intellectuel profond : un combat pour préserver la rationalité face aux défis de chaque époque.
Une pensée encore à explorer
Le philosophe tunisien Fathi Triki a souligné la vitalité des études averroïstes en Tunisie, annonçant la publication prochaine d’un ouvrage collectif consacré à Al-Farabi, Ibn Sina et Ibn Rochd. De son côté, Mohamed Salah Kadri a présenté Averroès comme un trait d’union entre monde islamique et Renaissance européenne, évoquant un héritage encore largement inexploré.
Modérateur de la rencontre, Mohamed Mahjoub a insisté sur la nécessité de créer une relation vivante avec cette pensée, rappelant que l’œuvre du philosophe fut en partie « arrachée à sa langue et à son espace d’origine ». Au cœur de cette relecture figure la célèbre formule développée dans Le Discours décisif : « la vérité ne peut contredire la vérité ». En retraçant l’évolution de cette idée d’Aristote à Immanuel Kant, les débats ont mis en lumière le déplacement décisif opéré par la pensée averroïste en conciliant raison et révélation.
À travers les siècles, entre pertes, traductions et réappropriations, Ibn Rochd demeure une figure en mouvement, dont la pensée continue d’interroger les frontières entre cultures, savoirs et traditions intellectuelles.
Gabès Cinéma Fen: Palestine : Quand l’archive coloniale s’éveille au son de la résistance
Dans le cadre de la 8ème édition de Gabès Cinema Fen (26 avril - 2 mai 2026), le Complexe Culturel « Mohamed Bardi » a accueilli une rencontre d'une rare intensité intitulée « Palestine : une narration révisée».
Exceptionnelle, cette rencontre l'était par sa nature même : elle n’a pas été un simple débat théorique, mais un prolongement organique du film éponyme présenté lors de l’ouverture du festival. Accompagné en direct par le piano de Cynthia Zaven, ce film de 30 minutes a insufflé une vie nouvelle à des images restées « mues » et enfouies pendant plus d'un siècle dans les archives de Londres. Tissée à partir de 77 clips muets (35 mm) filmés par les forces britanniques entre 1917 et 1918, l’œuvre déploie une âme nouvelle pour raconter une histoire tout autre.
Cette rencontre a consacré la conviction profonde du festival : l’image en mouvement n'est pas qu'un objet de divertissement, mais un espace vivant de réflexion et de remise en question. Au croisement des pratiques artistiques contemporaines, le panel est devenu un territoire fertile pour explorer les enjeux esthétiques et politiques du cinéma arabe et de l’art vidéo, transformant l'acte de « penser l'image » en un geste de résistance en soi. Dans un contexte régional brûlant, travailler l'archive devient un acte de survie ; une tentative de suspendre la « vitesse numérique » qui nous empêche de digérer l’histoire, pour laisser l'image parler... et nous, l'écouter.
Trois figures de la culture, convaincues de la capacité de l'art à immortaliser ou à rectifier la mémoire, sont à l'origine de cette œuvre. Le panel a réuni Rabih El-Khoury et Cynthia Zaven, tandis que Rana Eid était excusée pour des raisons professionnelles.
Le panel a retracé dans un premier temps le parcours de ces trois architectes de l'œuvre, notamment : Rabih El-Khoury, curateur basé à Beyrouth, expert dans la gestion de festivals internationaux depuis 2006 (Metropolis, Cinema Days of Beirut, AFAC, Safar). Il est actuellement consultant pour la sélection officielle de la Berlinale.
Cynthia Zaven, compositrice et pianiste libanaise. Son travail explore les liens complexes entre son, mémoire et identité à travers les archives. Elle enseigne le piano classique au Conservatoire National Supérieur de Musique de Beyrouth.
Rana Eid, conceptrice sonore de renom et fondatrice de « DB Studios ». Elle a collaboré à des œuvres majeures nommées aux Oscars (The Cave, Honeyland) et est membre de l'Académie des Oscars.
Dans un second temps, on a retracé la genèse du film, l'évoquant tel un fœtus s’étant formé dans l'obscurité des archives avant d'émerger comme un nouveau-né dont les traits se sont dessinés au fil de l'investissement total de Cynthia et Rana.
Par le contraste entre la musique et le design sonore, le film propose une lecture critique de l'histoire de l'Empire britannique après l'effondrement de l'Empire ottoman. Il offre une expérience sensorielle inédite qui reformule l'histoire non pas par les faits militaires, mais par le prisme de la trace et de la mémoire résiliente.
Les axes majeurs du débat
1. Exhumer la « Capsule Temporelle » : Se réapproprier le regard
Comment se réapproprier des images conçues par l'œil du colonisateur ? Rabih El-Khoury a souligné que ces bobines incarnaient ce « regard surplombant » visant à ancrer le mythe d'une « terre sans peuple ». L'intervention artistique a renversé cette logique : plutôt que de suivre le déploiement des armées, le montage et le son ont rendu justice aux détails de la vie quotidienne et à la coexistence citadine palestinienne, répondant ainsi frontalement à la propagande coloniale.
2. Le double deuil et le piano « brisé »
Avec une sincérité désarmante, Cynthia Zaven a confié que son immersion dans ce projet a coïncidé avec le décès de son père, faisant de ce travail un « double deuil » : un deuil personnel pour le père disparu, et un deuil collectif pour la justice perdue. Ce poids émotionnel s'est traduit par la « déconstruction » du piano. Symbole de la culture bourgeoise occidentale, l'instrument a été mis au service de sonorités fracturées et distordues, créant un paysage sonore politique qui fait écho aux douleurs de la terre occupée, loin de tout esthétisme gratuit.
3. Un dialogue des générations et l'entrelacement des temps
L'apport de Rana Eid a ajouté une profondeur historique unique en intégrant des archives sonores familiales des années 60 et 70. Le film devient alors un espace vaste où s'entremêlent quatre couches temporelles qui forgent son identité :
- Le temps de l'image coloniale (1914-1918) : Le témoignage britannique brut.
- Le temps de la mémoire familiale (1960-1970) : Les enregistrements intimes ramenant de l'humanité au lieu.
- Le temps de la création artistique : L'acte contemporain de composition.
- Le temps de la performance live : L'interaction immédiate avec le public.
Cette fusion temporelle fait de la mémoire un acte présent et permanent.
4. L'Art comme dernier bastion
Le panel a rappelé la première mondiale à Berlin (2024), dans un climat politique étouffant pour les voix pro-palestiniennes. Le succès retentissant de l'œuvre fut la preuve que l'art demeure le « dernier bastion » que l'on ne peut assiéger. Le film ne convoque pas l'histoire pour documenter sa mort, mais pour restaurer sa vie. Chaque note brisant le silence de l'archive confirme que la Palestine n'est pas qu'un héritage que l'on récupère, mais une réalité vivante, impossible à effacer.
Cynthia Zaven a conclu avec cette réflexion essentielle sur la condition de l'artiste : « L’artiste combat son anxiété personnelle par l’illusion de contribuer à la grande bataille à travers l’art. »
Ce panel n'était pas une simple évocation d'images du passé. Il a été une déclaration solennelle que l’image, lorsqu’elle se libère des griffes de l'oppression pour rencontrer la mélancolie de l'art et la sincérité de la mémoire, cesse d'être un outil de soumission pour devenir un témoignage éternel de résilience. Elle nous crie que la Palestine est là, maintenant, et pour toujours.
Editorial : Résistance en Ré majeur…
Par Chokri Baccouche
Pour tout esprit normalement constitué, imbu des valeurs universelles de liberté, de justice et d’humanisme, la résistance face à la barbarie est beaucoup plus qu’une simple option. C’est une obligation et un devoir moral qui ne saurait souffrir de tergiversation ou de faux-fuyant au risque de tomber dans les travers de l’hypocrisie, voire pire, de la complicité avec l’auteur de ces actes répréhensibles et condamnables.
En Occident, tous les pays ne perçoivent pas, malheureusement cette évidence de la même manière. Au moment où certains privilégient la politique de l’autruche face à l’inconcevable pour des raisons qui dépassent la logique et le bon sens, d’autres en revanche font preuve d’un réalisme de bon aloi et d’un humanisme qui donne réellement du baume au cœur.
C’est le cas de l’Espagne, l’Irlande, la Slovénie, les Pays Bas et l’Islande qui ont choisi de boycotter l’édition 2026 de l’Eurovision pour une raison simple et implacable : Israël. La position plus qu’honorable de ces pays n’a aucun rapport avec une querelle de goût et ne relève pas non plus d’un caprice diplomatique. Elle cristallise un refus de transformer la culture en alibi face à la barbarie.
Comment célébrer la musique, ce langage universel qui relie les peuples, quand certains dirigeants- israéliens en l’occurrence- bafouent toute idée d’humanisme ? Comment chanter l’harmonie entre les nations quand des vies sont écrasées par la violence et l’oppression de ces dirigeants sionistes dont les atrocités commises à Gaza, en Cisjordanie, en Iran ou au Liban dépassent l’entendement et l’humainement supportable?
C’est sur la base de ces interrogations légitimes d’une objectivité implacable que ces pays ont justifié leur position, convaincus qu’ils sont que l’Eurovision ne peut être un écran qui occulte les atrocités.
En refusant de chanter, dans ce contexte, aux côtés des représentants du pays incriminé, les nations qui ont boycotté cette année l’Eurovision lancent, en fait, un cri moral qui sonne comme un rappel strident qu’on ne doit jamais occulter à savoir que l’art n’est jamais neutre face à l’injustice.
Israël, par ses politiques fascistes et ses pratiques génocidaires, est aujourd’hui associé aux souffrances indicibles de milliers d’innocents. Tenter de mettre cette réalité sous silence pour que la “magie du spectacle” opère, serait trahir la mission même de la culture : rassembler, éveiller les consciences, nourrir l’empathie.
Les pays boycotteurs ont choisi de ne pas fermer les yeux. Leur geste le prouve clairement : la musique doit être guidée par l’éthique, sinon elle devient complice. La scène de l’Eurovision ne peut être un simple théâtre de divertissement. Elle est un miroir de notre époque, un baromètre des valeurs que nous défendons collectivement.
En permettant la participation d’un État qui agit en violation des principes humanitaires fondamentaux, l’Eurovision prend le risque de normaliser l’inacceptable. Le boycott de l’Espagne, de l’Irlande, de la Slovénie, des Pays-Bas et de l’Islande est une réponse nécessaire, une posture courageuse qui rappelle que l’art et l’humanisme sont indissociables.
L’Eurovision 2026 aurait pu être un chant de joie et de fraternité. Il est devenu un test de conscience. La musique, pour rester universelle, ne peut ignorer le cri des victimes. Elle ne peut se faire complice de l’oppression en se parant de paillettes et de lumières. Refuser de chanter aujourd’hui, c’est défendre ce que chaque note, chaque mélodie devrait porter, à savoir la dignité humaine.
En tournant le dos à ce festival, suivi du reste par des millions de téléspectateurs chaque année, l’Espagne, l’Irlande, la Slovénie, les Pays Bas et l’Islande donnent la preuve formelle que l’Eurovision n’est plus seulement un concours.
Il est devenu en effet dans une Europe divisée notamment sur la question palestinienne, le symbole d’un choix moral qui rappelle que derrière chaque chanson et chaque performance, il y a des valeurs à respecter et que la culture sans conscience est un mensonge. Cette conscience aigüe, les dirigeants slovènes en ont fait un choix politique qui relève du principe immuable et pour cause !
Non seulement ces derniers ont boycotté l’Eurovision 2026 mais en lieu et place de l’évènement musical, RTV Slovenia diffusera la série de films « Voix de Palestine » qui regroupe des documentaires et des longs métrages palestiniens. La Slovénie, ce petit pays de la Baltique imbu de valeurs de justice et de solidarité agissante envers les peuples opprimés, donne ainsi le bon exemple à suivre.
Il prouve surtout que l’humanisme n’a pas de religion et que la résistance contre le mal personnifié, incarné pour le cas d’espèce par l’entité sioniste, n’est pas une option mais une obligation et un devoir moral partagé, en principe, par tous les peuples épris de liberté et de justice. Et ce quelle que soit leur appartenance idéologique, culturelle ou religieuse…
C.B.
Flambée du prix du pétrole : Quel impact sur le tourisme et les TRE ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La hausse du pétrole en 2026 frappe à la fois le tourisme et les transferts des TRE en renchérissant les transports. Comment la Tunisie peut-elle amortir ce choc ?
Selon certains experts, même si la Tunisie pourrait bénéficier du redéploiement des flux touristiques dans le contexte de la fermeture de l’espace aérien dans les pays du Golfe, des effets négatifs pourraient apparaître par la suite, notamment à travers l’impact sur les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger.
De manière indirecte, ces transferts pourraient également être affectés par la situation en Europe, confrontée à la hausse des prix de l’énergie et au retour du risque inflationniste. Qu’en est-il, alors, de la situation actuelle ? A cette question, le directeur général de l’Office national du tourisme, Mohamed Mehdi Helloui, a déclaré que les tensions mondiales liées à la guerre en cours au Moyen-Orient n’ont pas eu d’impact significatif sur le tourisme tunisien.
Il a précisé que la baisse du nombre d’arrivées ne dépasse pas 0,8 % jusqu’à la fin du mois d’avril. Helloui a également souligné l’absence d’annulations de réservations, tout en indiquant que le rythme des réservations reste légèrement ralenti.
Il a expliqué qu’il existe des disparités dans les réservations entre les marchés d’Europe de l’Est et ceux d’Europe de l’Ouest, dans un contexte de vigilance accrue des autorités de tutelle, qui poursuivent leurs efforts de promotion de la destination tunisienne afin d’attirer davantage de touristes étrangers.
Par ailleurs, il a indiqué que les touristes libyens et algériens représentent plus de 50 % des arrivées en Tunisie, insistant sur le fait que les marchés des pays voisins constituent un pilier essentiel de l’activité touristique du pays. Idem pour les transferts des Tunisiens résidents à l’étranger dont les montants envoyés au pays ont dépassé jusqu’à fin mars les 2 milliards dinars.
Un avenir flou…
Même si la Tunisie arrive jusqu’à maintenant à bien s’en sortir, c’est la durée de la guerre en Iran qui va peser lourd à long terme, « L’avenir reste flou et si le conflit va durer plus longtemps, les prix du pétrole vont encore grimper et le déficit lié à l’importation du carburant va se creuser davantage.
Au même la hausse des prix des billets d’avions va contraindre les touristes aux bourses moyennes et les Tunisiens résidents à l’étranger à ne pas voyager d’autant que le tourisme tunisien est un tourisme de masse », nous dira l’expert, Mohamed Salah Jennadi.
Et d’ajouter : « Face à cette réalité, les compagnies aériennes se retrouvent confrontées à deux choix complexes : soit absorber la hausse des coûts au détriment des profits, soit répercuter cette charge sur les passagers.
Des estimations indiquent que de nombreuses compagnies ont déjà commencé à imposer des suppléments carburant ou à revoir les tarifs des vols, en particulier sur les liaisons long-courriers les plus consommatrices de carburant. La réponse ne s’est pas limitée à l’aspect tarifaire, mais s’est étendue à la structure opérationnelle.
Plusieurs compagnies ont ainsi eu recours à la réduction des vols sur les lignes les moins rentables, à la suppression de certaines liaisons, ainsi qu’à la diminution de la capacité opérationnelle et à la reprogrammation des vols afin de réduire la consommation de carburant.
Par ailleurs, certaines compagnies se sont orientées vers l’exploitation d’avions plus économes en énergie, une démarche que les analystes jugent d’effet limité à court terme, mais qui reflète une orientation stratégique à long terme. La campagne Tunisair et la CTN doivent alors s’adapter à cette donne ce qui impactera les prix de leurs billets et donc moins de voyageurs et un chiffre d’affaires en baisse ».
À court terme, la Tunisie tient le cap, portée par la solidité de ses marchés de proximité et une demande touristique encore présente. Mais si la flambée des prix du pétrole devait s’inscrire dans la durée, l’équilibre resterait fragile : entre hausse des coûts, ralentissement des flux et pression sur les transferts, c’est toute la dynamique économique qui pourrait être mise à l’épreuve.
M.B.S.M.
communiqué de l'Espérance de Tunis: critique contre l'arbitrage et retrait de confiance
L'Espérance de Tunis a publié hier un communiqué dénonçant de graves erreurs arbitrales lors des dernières rencontres du club. Ce club estime notamment qu'une agression sur Danoh lors du match face à l'ESZarzis n'a pas été sanctionnée malgré la présence des arbitres de la VAR.
L'Espérance de Tunis s'est également étonnée de la désignation de certains officiels pour la journée suivante. Concernant la rencontre face au CABizertin, l'Espérance de Tunis conteste l'annulation d'un but pour hors jeu , jugeant les images insuffisantes pour confirmer la décision ainsi qu'un penalty non sifflé en faveur de Diakité En fin de match. Face à à la répétition de ces décisions, le club considère que la situation dépasse le simple cadre des erreurs isolées et touche au principe d'égalité des chances ainsi qu'à la crédibilité de la compétition.
En conséquence, l'Espérance de Tunis a annoncé le retrait de sa confiance à la commission des désignations de la Direction Nationale d'Arbitrage et réclame un contrôle de cette commission par la FTF ainsi que la nomination éventuelle de membres neutres et indépendants afin de garantir davantage de transparence. Le comité de l'EST a enfin appelé ses supporters au calme et à défendre les droits de l'équipe dans le respect de la loi et de l'esprit sportif.
















