A la salle « Le 4ème art » : « Kolochi Baw », une création qui revisite la tragédie coloniale en Afrique
Dans le cadre de la quatrième édition de « Tunis Théâtre du Monde », le public de la salle « Le 4ème Art » a pu découvrir le spectacle chorégraphique espagnol « Kolochi Baw », signé par la chorégraphe Aïda Colmenero Díaz.
Organisée par le Théâtre National Tunisien (TNT) du 27 mars au 3 avril 2026, à l’occasion de la Journée mondiale du théâtre, cette manifestation réunit des créations tunisiennes et internationales autour de grandes questions contemporaines.
« Kolochi Baw », qui signifie « les gardiens » en langue bambara, l’une des principales langues du Mali, met en scène des figures veillant sur le temps, la vibration et le sacrifice, trois dimensions qui traversent l’ensemble de l’œuvre. Créé à Bamako au début de l’année 2022, le spectacle s’inscrit dans un contexte historique marqué, au Mali comme dans plusieurs pays africains, par une redéfinition des relations avec la France. Dans ce cadre, l’œuvre propose une lecture critique de l’héritage colonial ainsi que du rôle des élites africaines dans sa perpétuation ou son dépassement.
La chorégraphe propose une approche où le corps devient à la fois un outil esthétique et un vecteur de sens, capable d’interroger l’histoire et la mémoire en dehors des formes narratives traditionnelles. L’écriture chorégraphique s’éloigne ainsi de la dramaturgie classique : la progression linéaire disparaît au profit de scènes construites sur le rythme, la répétition et la transformation.
Sur scène, les corps évoluent selon des dynamiques variées, alternant contraction et relâchement, cohésion et fragmentation. Cette circulation permanente traduit un état de tension à la fois individuel et collectif, en écho à une condition humaine marquée par la rupture et la dispersion.
Ce choix esthétique donne au spectacle une dimension plus contemplative, ouverte à des lectures multiples. Les gestes et les postures composent des images collectives qui se forment, se défont puis se recomposent, dans une écriture visuelle qui reflète l’entrelacement des destinées humaines. Le travail sur la « masse corporelle » devient central : le groupe apparaît comme une entité vivante, en constante pulsation, fragmentation et recomposition.
Le spectacle s’inspire également de rituels africains, à travers la répétition des gestes et l’intensification progressive des rythmes du corps et du son, sans jamais tomber dans une simple représentation folklorique. Ces éléments sont revisités dans une approche contemporaine, où le rituel devient un moyen d’évoquer la mémoire et de la réinterpréter. Le spectacle développe ainsi une forme de « vibration corporelle », où le mouvement se prolonge comme une onde continue, exprimant des émotions difficiles à dire. Porté par une respiration collective et un travail vocal entre souffle, plainte et cri, il donne à ressentir la souffrance intérieure de l’individu dans un monde marqué par l’isolement et le repli.
« Kolochi Baw » se distingue par une écriture chorégraphique qui s’inscrit dans une démarche de danse contemporaine expérimentale. Le spectacle repose sur une grande sobriété du geste, où la présence individuelle s’efface au profit d’une dynamique collective. Le temps y est non linéaire, construit sur la répétition et l’accumulation.
La chorégraphie met surtout en avant l’énergie du mouvement plutôt que sa forme. Elle avance par paliers rythmiques, alternant montées intenses, physiques et sonores, et retours vers des moments proches de l’immobilité. Cette construction suggère une tragédie partagée, où toute forme de dépassement ne peut exister que dans le collectif.
Sur le plan scénographique, le spectacle privilégie une grande sobriété visuelle : un espace scénique presque vide, centré sur la présence des corps et du son. Ce dispositif met en valeur la précision du geste et le rythme du mouvement, en donnant au corps une place essentielle sur le plateau.
Sans adopter un discours politique direct, l’œuvre renvoie néanmoins à des réalités historiques profondes liées au passé colonial du continent africain. A travers la tension des corps et les dynamiques qu’ils développent, la chorégraphe évoque la violence des politiques coloniales occidentales en Afrique, dont les effets continuent de marquer les sociétés contemporaines.
Après le congrès de l’UGTT : Ces grands chantiers sur la table du nouveau bureau exécutif…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Issu de la fonction publique, le nouveau bureau exécutif de l’UGTT a la lourde responsabilité d’assurer aussi bien ses partisans que ses adversaires.
En déclarant que «la priorité de son bureau sera axée sur la reprise du dialogue social avec le gouvernement », le nouveau secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Salah Eddine Salmi, tend là, et ce selon les observateurs, la main au pouvoir dans une tentative de briser la froideur qui a marqué les relations entre les deux parties durant ces dernières années.
Commentant cette déclaration, l’universitaire Salem Chérif estime qu’«il n’est pas possible de continuer dans une situation de rupture avec le gouvernement et de blocage du dialogue social », insistant sur le fait que «la Tunisie a besoin d’un véritable dialogue social au service de l’intérêt du pays et des travailleurs».
C’est d’ailleurs là la volonté du nouveau secrétaire général qui a précisé que « l’organisation prendra l’initiative de contacter le gouvernement afin de tenir une réunion ouvrant la voie aux négociations sur les différents dossiers en suspens, «les problèmes en suspens ne peuvent être résolus que par le dialogue », a-t-il indiqué. Et d’ajouter : « L’Union entame cette étape avec une volonté d’ouverture au dialogue avec toutes les parties ».
Cela étant, plusieurs chantiers attend le nouveau bureau exécutif qui tend également à rassurer la base syndicale, notamment au niveau des états financiers de la Centrale syndicale. Selon Salmi : « Parler d’un déficit financier au sein de l’organisation est prématuré, amis cette question sera soulevée lors des prochaines réunions du nouveau bureau exécutif », assurant que «le volet financier sera traité de manière transparente dans le cadre du renforcement de la bonne gouvernance au sein de l’organisation»…
A la recherche d’une confiance perdue …
Entre la pression du gouvernement et celle de sa propre base, l’organisation syndicale est appelée à composer avec une situation très sensible et selon l’universitaire et juriste Salem Cherif : « Les principaux défis auxquels est confrontée la nouvelle direction de l’Union incluent, premièrement, la reconstruction de la confiance avec sa base, et, deuxièmement, le rétablissement de la confiance entre l’Union et l’ensemble des Tunisiens tout en envoyant des messages apaisants au pouvoir en place ».
Pour notre interlocuteur : « Le congrès de Monastir a suscité un certain espoir après que l’Union a atteint un niveau sans précédant de déclin, de fragmentation et de conflits internes, en plus d’une faiblesse structurelle qui faisait craindre l’explosion de cette organisation historique. Il faut savoir que l’image de l’Union générale tunisienne du travail en général s’est détériorée jusqu’à atteindre une véritable crise de confiance. En effet, de nombreux Tunisiens ne croient plus à l’utilité de l’action syndicale.
Du coup, l’Union a besoin de relever le défi et de rechercher une approche qui lui permettrait de rouvrir les canaux de dialogue avec le pouvoir exécutif». Et d’ajouter : «Le fossé entre l’Union et le pouvoir en place dans son ensemble est devenu profond au point de frôler la rupture définitive. Cela impose à l’Union de chercher des mécanismes, une vision, une méthodologie spécifique ainsi qu’un nouveau discours syndical conciliant le dialogue avec le pouvoir et la préservation de son indépendance.
Par conséquent, la reconstruction de l’Union pourrait offrir aux syndicalistes l’opportunité de former une organisation influente et en mesure de pousser le pouvoir à reconnaître l’importance de l’action syndicale et de l’existence d’une organisation nationale à la taille et à l’histoire de l’UGTT sur l’échiquier national. Cela ne peut se faire qu’avec une centrale syndicale forte et unie ».
À l’aube d’une nouvelle étape, l’Union générale tunisienne du travail joue une carte décisif : renouer le dialogue sans renoncer à son indépendance. Sous l’impulsion de Salah Eddine Salmi, l’organisation semble vouloir rompre avec les tensions passées et réinvestir le terrain du compromis. Mais au-delà des déclarations d’intention, le véritable défi reste celui de la confiance, une confiance érodée tant auprès de sa base que de l’opinion publique.
La transparence financière, la cohésion interne et la capacité à porter un discours syndical crédible seront déterminantes. Car il ne s’agit plus seulement de négocier avec le pouvoir, mais de redonner du sens à l’action syndicale dans un contexte de désillusion généralisée. Si cette reconstruction réussit, l’UGTT peut redevenir un acteur incontournable. Dans le cas contraire, elle risque de voir s’accentuer son recul sur la scène nationale.
M.B.S.M.
Editorial : L’austérité oui, mais ! - Par Hassan GHEDIRI
La fin de la semaine n’était pas très heureuse pour le monde de l’entreprise et de l’industrie en Tunisie. Et pour cause, le mot d’ordre émis par la Banque centrale et qui semble bouleverser le marché du crédit. La Banque des banques, qui croit dur comme fer que l’austérité est le meilleur remède à la crise, vient d’en rajouter une couche à travers la circulaire adressée le 26 mars 2026 qui révise les conditions de financement des importations.
La note expose une longue liste de produits dont les exportateurs doivent désormais supporter l’intégralité des fonds de financement. Des milliers de produits sont de facto visés par cette restriction. Dans un contexte économique et géopolitique mondial plus que jamais imprévisible, la BCT assume sa fonction de régulation pour préserver les réserves de change et tenter de rétablir les déséquilibres extérieurs du pays.
Cette dose supplémentaire de rigueur est censée dissuader le recours à l’importation des produits de consommation «futiles» et réorienter les ressources disponibles vers les dépenses stratégiques et vitales telles que l’énergie dont les prix ne cessent de flamber, les produits alimentaires, les médicaments et les matières premières pour l’industrie. Au vu les pressions de trésorerie et la multiplication des chocs extérieurs, nul ne pouvait contester une telle démarche.
En limitant l’accès au crédit pour certains importateurs, la BCT espère atténuer le déficit commercial. C’est donc une réponse classique, presque orthodoxe, à une situation de déséquilibre prolongé mais qui ne résout pas tout le problème. Car la désignation des produits « non prioritaires » telle qu’établie par ladite circulaire est très discutable. Selon quel critère peut-on considérer un tel produit non essentiel ?
Un réfrigérateur, « une automobile conçu pour le transport de personne » comme répertorié dans la première case de la liste des produits communiquée par la BCT ainsi que beaucoup d’autres équipements domestiques et professionnels, pouvaient difficilement être classés dans la catégorie du luxe dans nos jours.
Une classification qui suscite des frustrations légitimes chez les acteurs économiques mais aussi chez les consommateurs qui verront certainement les conséquences d’un tel durcissement sur leur portefeuille. De même, les restrictions favoriseront les grandes entreprises capables de compenser le manque de crédit contrairement à des centaines de PME mal loties.
La réduction de l’offre de produits importés sur le marché est de nature à amplifier des tensions sur les prix, ce qui risque de faire repartir l’inflation à la hausse. Très nombreuses sont par ailleurs les entreprises qui dépendent, directement ou indirectement, des importations qui, face à ces restrictions verront les chaînes d’approvisionnement perturbées ; ce qui réduit leur productivité et in fine met en péril beaucoup d’emplois.
Pour dire que la rigueur monétaire, aussi indispensable soit-elle, doit être modérée. L’austérité commerciale ne peut produire ses effets vertueux que si elle est intelligemment dosée et inscrite dans une vision économique d’ensemble. Réduire les importations sans bâtir, en parallèle, une véritable stratégie de relance de la production nationale reviendrait à bloquer sans offrir des alternatives.
Il est donc impératif d’engager des politiques publiques actives favorisant l’investissement productif, l’innovation et la montée en gamme des entreprises tunisiennes. Des politiques qui incitent les opérateurs économiques à diversifier leur offre, à conquérir de nouveaux marchés et à améliorer leur compétitivité.
H.G.
Surendettement des ménages tunisiens : Quand les prix courent follement plus vite que les revenus …
Par Hassan GHEDIRI
Un vide juridique et institutionnel fait exploser l’endettement des ménages tunisiens livrés à leur sort et qui peinent à survivre...
C’est ce qui ressort d’une nouvelle étude réalisée par l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) publiée jeudi dernier. Mettant sous la loupe le phénomène de l’endettement des ménages en Tunisie, l’institut a dégagé un constat alarmant.
Le taux de la fragilité budgétaire qui correspond à l’incapacité des débiteurs à rembourser leurs créances par habitant qui a bondi de 66% en dix ans. Tandis que les revenus moyens des ménages n’ont progressé qu’à peine de 3,7% depuis 2014, la dépendance à l’endettement pour subvenir aux dépenses courantes dépasse désormais 170%, franchissant par le même fait le seuil de l’insoutenabilité selon les normes internationales en 2024.
Ce niveau de fragilité budgétaire inédit qui se manifeste à travers un taux de surendettement alarmant résulte d’après l’IACE de trois facteurs essentiels. Premièrement, la hausse spectaculaire des prix de l’alimentaire se traduisant par une inflation de plus 21%. Résultat : plus de 40% du budget des ménages est désormais englouti par l’alimentation. Deuxièmement, un chômage chronique et structurel stagnant au-dessus de à 15% au cours de la décennie 2014/2024, ce qui grandement limité toute perspective d’amélioration des revenus des ménages.
Troisièmement : le vide juridique et institutionnel qui livre les débiteurs aux abus des créanciers. Contrairement à beaucoup de pays qui se sont dotés depuis plusieurs années des mécanismes de régulation pour juguler le surendettement et protéger les débiteurs.
Remède
Pour remédier à cette situation, l’IACE recommande la création d’une institution qui fera office d’une autorité de médiation ayant pour mission de lutter et de lutter contre le surendettement des ménages. Une telle instance, indépendante et dotée de prérogatives claires, permettrait non seulement d’assurer un suivi rigoureux de l’évolution de l’endettement, mais aussi de proposer des mécanismes de restructuration des dettes, de conciliation entre créanciers et débiteurs, et d’accompagnement social des ménages les plus vulnérables.
L’étude insiste également sur l’urgence de combler le vide juridique actuel à travers l’adoption d’un cadre législatif moderne et protecteur. En l’absence de règles claires encadrant le crédit à la consommation, les pratiques de recouvrement ou encore les procédures de faillite personnelle, les ménages tunisiens demeurent exposés à des spirales d’endettement incontrôlables.
Une loi spécifique sur le surendettement, inspirée des meilleures pratiques internationales, permettrait d’instaurer des garde-fous efficaces, notamment en matière de prévention, de transparence et de responsabilisation des établissements prêteurs.
Dans ce sens, plusieurs pays offrent des exemples probants. La Belgique, à travers son Observatoire du crédit et de l’endettement (OCE), mis en place depuis plus de trois décennies, a su développer des outils d’analyse, de veille et d’alerte précoce qui ont permis de mieux encadrer le recours au crédit et de limiter les dérives. D’autres pays européens ont également institué des commissions de surendettement ou des autorités spécialisées capables d’intervenir en amont et en aval des litiges.
Il incombe à l’Etat de remédier aux dysfonctionnements structurels qui contribuent à l’aggravation du surendettement des ménages à même de désamorcer ce qui semble aujourd’hui devenir une véritable bombe à retardement sociale.
H.G.
Affluence record au CORP Village 2026 : des milliers de Tunisiens en quête d’emploi
Le CORP, département de la Chambre tuniso-allemande de l’Industrie et du Commerce (AHK Tunisie) qui œuvre depuis 11 ans pour renforcer l’employabilité des jeunes et répondre aux besoins de recrutement des entreprises, a organisé, le samedi 28 mars 2026 à l’hôtel Radisson Blu de Tunis, la première édition 2026 de son salon de l’emploi : CORP Village.
Cet événement s’inscrit dans le cadre du projet Employ'Net, financé par le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et soutenu par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH.
Bien plus qu’un simple salon de recrutement, CORP Village se positionne comme un véritable hub interactif, conçu pour répondre aux mutations du marché du travail, tant en Tunisie qu’à l’international, en facilitant la mise en relation directe entre talents et recruteurs. Ce projet s’inscrit dans la continuité de plus d’une décennie d’engagement en faveur de l’insertion professionnelle.
Une affluence record révélatrice des défis de l’emploi
Cette édition a été marquée par une affluence exceptionnelle de demandeurs d’emploi, venus par milliers pour postuler auprès des entreprises présentes.
Cette mobilisation massive illustre l’ampleur des défis liés au chômage et confirme l’importance d’initiatives concrètes favorisant l’accès à l’emploi.
Cette forte affluence a également eu un impact direct sur l’organisation de l’événement, nécessitant une adaptation continue des dispositifs d’accueil, de circulation et de gestion des flux afin d’essayer d’assurer au mieux une expérience optimale pour les participants comme pour les recruteurs.
Un dispositif concret au service de l’emploi
Pour cette nouvelle édition, le CORP a mobilisé un réseau d’envergure afin d’offrir des opportunités réelles et immédiates aux candidats :
• 52 entreprises tunisiennes et allemandes, dont 10 venues spécialement d’Allemagne pour recruter sur place
• Plus de 1 000 opportunités d’emploi avec un système de matching direct
• Une forte diversité sectorielle couvrant notamment l’IT, l’industrie, la finance, la santé, le commerce, l’éducation et le BTP
• 8 acteurs de l’emploi proposant des programmes d’accompagnement et d’insertion professionnelle gratuits pour les jeunes Tunisiens
Dans un contexte marqué par des défis croissants en matière d’employabilité des jeunes, CORP Village s’est imposé comme une réponse concrète et opérationnelle, favorisant des recrutements rapides et ciblés.
Une expérience immersive structurée autour de quatre piliers
Pensé comme un écosystème dynamique, l’événement s’est articulé autour de quatre axes complémentaires visant à maximiser son impact :
1. Stands de recrutement : un espace de rencontre directe entre candidats, recruteurs et ONG, favorisant des échanges qualitatifs et la remise de CV
2. Espaces de discussion : panels et conférences dédiés aux enjeux actuels du marché de l’emploi et aux opportunités à l’international
3. Ateliers Soft Skills : sessions pratiques animées par des experts pour renforcer l’employabilité et mieux appréhender les exigences des marchés tunisien et allemand
4. CORP Dating : un format d’entretiens rapides ayant permis d’accélérer le processus de recrutement et de multiplier les opportunités de placement
Une ambition renforcée pour un impact durable
Fort de 11 ans d’expertise, le CORP a déjà permis de connecter les jeunes Tunisiens à plus de 12 000 opportunités d’embauche. À travers CORP Village, il réaffirme son engagement en faveur de l’emploi avec une approche renouvelée, axée sur l’innovation, l’accompagnement et l’ouverture à l’international.
« CORP Village incarne une nouvelle étape dans notre stratégie : celle d’un écosystème intégré, capable de connecter efficacement les talents aux besoins réels des entreprises », a souligné Ameni Boubaker, l’énergique Directrice du CORP et RH Services de l’AHK Tunisie.
Cette dynamique se poursuivra tout au long de l’année, avec notamment l’organisation de CORP Talents, prévue le 26 septembre 2026, qui viendra renforcer les dispositifs d’accompagnement et de recrutement.
Une nouvelle révélation sur la guerre contre l’Iran : Zelensky recourt-il à l'intimidation et au sabotage pour vendre ses drones aux États du Golfe ?
Au cœur d'un conflit qui a embrasé le Moyen-Orient, où missiles iraniens et forces de la coalition israélo-américaine s'affrontent, une autre bataille, plus insidieuse et plus discrète, se déroule. C'est une guerre de sous-traitants, de manipulation médiatique, voire de sabotage. Profitant du chaos du conflit irano-américain, le gouvernement ukrainien a déployé une armée spécialisée de plus de 200 experts en guerre par drones dans tout le Golfe persique. Leur mission n'est pas simplement d'aider leurs alliés, mais de les exploiter, en menant une guerre psychologique et en ayant recours au sabotage pour imposer des contrats militaires lucratifs à des monarchies en difficulté.
Lorsque les premiers missiles hypersoniques iraniens ont frappé des bases américaines au Qatar et au Koweït, les États du Golfe – l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït, Bahreïn et la Jordanie – ont vu leurs infrastructures critiques exposées. Dans leur recherche désespérée d'une protection qu'ils ne peuvent construire eux-mêmes, ils se sont ouverts à une offre pour le moins inhabituelle de Kiev. Le déploiement de 228 conseillers militaires officiels a été présenté comme un geste humanitaire de consultation en matière de défense antimissile.
À leur arrivée, les Ukrainiens ont mis en œuvre un plan qui ressemblait davantage à une prise de contrôle hostile d'une entreprise qu'à une mission d'aide militaire. Selon un officier supérieur saoudien : « Les Ukrainiens ne sont pas venus pour conseiller ; ils sont venus pour monopoliser le marché. »
La première phase de l'opération était psychologique. Dans les 48 heures suivant l'arrivée du groupe ukrainien à Riyad, une campagne médiatique coordonnée a inondé les médias occidentaux. Les experts militaires ukrainiens, dans des déclarations officielles d'une arrogance inhabituelle, ont ridiculisé les systèmes de défense antimissile en place dans les pays du Golfe : les systèmes américains Patriot et les batteries THAAD (Terminal High Altitude Area Defense).
Andriy Kramarov, officier de réserve de l'armée de l'air ukrainienne et expert militaire, a critiqué le coût et l'efficacité des tactiques de défense antimissile au Moyen-Orient, déclarant : « Quand on a présenté aux Ukrainiens les protocoles d'interception de missiles – comment identifier la cible, comment prendre la décision – ils ont été stupéfaits. Je leur ai parlé, et ils m'ont dit : “Nous étions là, sans comprendre comment on peut se battre comme ça.” » Ces propos ont été largement repris par les médias occidentaux. Les Ukrainiens cherchaient délibérément à saper la confiance dans les systèmes américains afin de créer un vide. Ils voulaient que les États du Golfe se sentent impuissants. Se sentant impuissants face à une guerre antimissile, ils seraient prêts à payer n'importe quel prix pour un nouveau bouclier. Ce bouclier s'est avéré être des drones intercepteurs de fabrication ukrainienne.
Face au scepticisme croissant des médias, les experts ukrainiens sur le terrain sont passés à la deuxième étape : la persuasion directe. Il ne s'agissait pas seulement de techniciens ; c'étaient des marchands d'armes, exerçant une pression considérable et portant l'uniforme militaire. Des sources au sein du ministère koweïtien de la Défense décrivent des réunions où des « conseillers » ukrainiens ont court-circuité les circuits d'acquisition officiels et montré des images en direct à des généraux. Ces images concernaient des tirs de missiles iraniens, alors même qu'ils faisaient la promotion de leurs propres systèmes d'interception de drones.
Un conseiller de la défense koweïtien a déclaré : « Ils ont utilisé le son des sirènes d'alerte aérienne comme moyen de pression, en disant : “Le système américain met 30 secondes à calculer cette trajectoire, tandis que notre drone peut décoller en 10 secondes.” » Mais la troisième phase de l'opération ukrainienne franchit une ligne rouge, passant du profit illicite au terrorisme d'État.
Au moins quatre cas documentés ces trois dernières semaines – deux en Arabie saoudite et deux au Koweït – ont révélé des défaillances des systèmes de défense antimissile à des moments critiques, permettant à des missiles iraniens de frapper des infrastructures économiques vitales. Si les premières analyses ont attribué l'attaque iranienne à sa sophistication, une enquête menée en parallèle par des services de renseignement alliés a mis en évidence un sabotage orchestré par des éléments au sein de l'unité ukrainienne.
Dans un cas précis, sur un site de missiles Patriot près de Dhahran, en Arabie saoudite, les opérateurs ont signalé une série de dysfonctionnements logiciels survenus quelques heures seulement avant un lancement iranien programmé. Des documents internes, consultés par ce journaliste, montrent que des experts ukrainiens avaient bénéficié d'un accès administratif complet au réseau de conduite de tir de missiles.
Salon de la création artisanale : Une centaine d’artisans au rendez-vous et le savoir-faire traditionnel tunisien à l’honneur
Plus de 100 artisans et artisanes, venus des différentes régions de la Tunisie, prennent part à la 42e édition du Salon de la création artisanale, qui a démarré, vendredi, et se poursuivra jusqu’au 5 avril, au Parc des expositions du Kram.
Le salon propose plusieurs espaces, dont celui dédié à l’inspiration et au patrimoine artisanal, exposant des pièces rares masculines. Il abrite également la première Olympiade de broderie sur la jebba masculine, une compétition nationale mettant en valeur les différentes facettes de ce savoir-faire ancestral et visant à promouvoir les spécialités artisanales authentiques, avec la participation de 12 artisans et artisanes.
Un espace innovation est, en outre, aménagé pour permettre aux jeunes entrepreneurs de présenter leurs projets, valoriser leurs créations et nouer des partenariats avec les différents acteurs du secteur.
Un espace consacré à la culture, aux arts et à l’artisanat expose, par ailleurs, les œuvres d’un groupe d’artistes plasticiens, dans le but de promouvoir les talents, valoriser le patrimoine et renforcer le sens esthétique.
Cette édition prévoit également un pavillon gratuit dédié à la présentation des projets de 80 artisans nouvellement installés, issus de toutes les régions du pays, dont la majorité sont diplômés de l’enseignement supérieur et des centres de formation professionnelle.
Le salon se distingue aussi par sa dimension internationale, avec la participation de plusieurs pays frères et amis, notamment 16 artisans d’Algérie ainsi que 4 artisans de chacun de l’Arabie saoudite et de la République arabe d’Égypte.
D’autres espaces sont également proposés, dont un espace dédié à la poterie rurale des artisanes de Sejnane, un espace réservé aux artisans en situation de handicap, un espace pour les structures d’appui présentant les programmes et services destinés au secteur, ainsi que des espaces consacrés à la numérisation, aux programmes de coopération internationale, aux entreprises communautaires, à la presse et aux médias, en plus d’un espace commercial.
Le film tunisien « The Voice of Hind Rajab » de Kaouther Ben Hania retenu parmi les cinq nominés aux BAFTA Film Awards 2026
La sélection du film est dans la catégorie du Meilleur film en langue non anglaise. Les BAFTA (British Academy of Film and Television Arts Awards) figurent parmi les distinctions cinématographiques les plus prestigieuses au monde. Décernés par l’Académie britannique des arts du cinéma et de la télévision, ils récompensent chaque année l’excellence et la créativité dans le domaine audiovisuel international.
Dans un post, la cinéaste a souligné que cette sélection intervient à un moment où il est plus urgent que jamais de maintenir les projecteurs braqués sur ce qui se passe à Gaza. « La voix de Hind représente un enfant, mais aussi d’innombrables autres, dont la souffrance risque d’être réduite à des chiffres, à des gros titres ou au silence. Le cinéma ne peut pas arrêter les bombes ni ramener les morts, mais il peut insister sur la mémoire, l’attention et la présence humaine là où le monde est tenté de détourner le regard », a-t-elle écrit.
Premier film sur la Palestine à être nominé dans cette catégorie aux BAFTA, « La Voix de Hind Rajab » s’inscrit dans cette dynamique à travers une approche profondément humaine et une écriture cinématographique maîtrisée, en parfaite continuité avec le parcours artistique de Kaouther Ben Hania, réalisatrice au rayonnement international, dont les films ont été salués et distingués dans les plus grands festivals à travers le monde.
Après sa sélection au sein de la deuxième et ultime short-list des Academy Awards 2026, dans la catégorie du Meilleur film international de long-métrage, cette nouvelle reconnaissance confirme, une fois de plus, la place de choix qu’occupe désormais le cinéma tunisien sur les grandes scènes mondiales.
Dhafer L’Abidine a remporté le prix du meilleur réalisateur au Manchester International Film
Le réalisateur tunisien Dhafer L’Abidine a remporté le prix du meilleur réalisateur au "Manchester International Film Festival" grâce à son film « Sophia », salué par un accueil chaleureux et une vive émotion du public.
Cette distinction vient couronner le parcours international du long-métrage, récemment présenté en Amérique du Nord lors du Santa Barbara International Film Festival, après une première mondiale remarquée au Festival international du film de Marrakech. Coproduction tuniso-britannique, le film raconte l’histoire d’Emily, une mère qui quitte Londres pour la Tunisie dans l’espoir de réconcilier sa fille Sophia avec son mari Hicham.
Mais ce qui devait être un séjour apaisant se transforme en cauchemar lorsque Sophia disparaît mystérieusement, entraînant une spirale de secrets, de mensonges et de tensions familiales, dans une course contre la montre haletante.
Coupe de Tunisie- tirage des huitièmes de finale : Deux confrontations entre clubs de Ligue 1
Par Jamel Belhassen
Le tirage au sort effectué au cours de l'émission Dimanche Sport a mis face à face quatre clubs de la Ligue 1, l'ESMetlaoui et l'Espérance de Tunis d'un côté et l'USMonastir et l'ESZarzis de l'autre.
Le petit poucet de ce tour, l'USAjim Jerba recevra la JSOmrane. C'est huitièmes sont programmés pour les 17 et 18 avril. Voici en détails les rencontres de ce tour:
ESM -EST
USM- ESZ
SG -ESS
CAB- -CSM
PSSEdaaer- OB
BBouhajla- ASS
CSS- JS
USAJerba- JSO
J.B.
Congrès de l’UGTT : Le nouveau S.G, Slah Eddine Salmi, et la lourde responsabilité de sauver l’organisation syndicale …
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Maintenant que l’on sait presque tout sur la composition du nouveau bureau exécutif de l’UGTT, quelles sont les leçons à retenir de ce congrès extraordinaire de Monastir ?
Le congrès extraordinaire de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) s’est achevé hier matin à Monastir avec l’élection d’un nouveau bureau exécutif issu de la liste de Salah Eddine Salmi.
Composé de treize membres, le nouveau bureau exécutif aura pour mission d’entamer une grande opération de sauvetage de l’organisation syndicale secouée depuis les deux congrès de Sousse et Sfax d’une grave crise qui a failli menacer l’UGTT dans sa propre existence, « Je reste optimiste et j’espère que le nouveau bureau tirera les leçons nécessaires afin de remettre l’organisation sur les rails », nous dira l’universitaire Salem Chérif.
A noter que ce nouveau bureau exécutif est composé, en plus du nouveau secrétaire général, Salah Eddine Salmi, de Othman Jalloul, Taher Mezzi (Barbari), Jibran Bouraoui, Salah Ben Hamed, Selouane Smiri, Ahmed Jaziri, Slim Bouzidi, Fakhr Eddine Aouiti, Wajih Zaidi, Samia Amid Hajji, Nahla Sayadi, Boulbaba Salmi, Taieb Bahri et Mabrouk Toumi.
Commentant à son tour ces élections, l’activiste, Rached Mathlouthi, nous a déclaré : « Il faut rompre rapidement avec les divergences et les divisions qui ont failli ébranler l’organisation et entamer immédiatement les réformes nécessaires au sauvetage de l’UGTT ».
Pour les deux autres instances dirigeantes, la liste « Stabilité et Défi » dirigée par Salah Eddine Salmi, a également remporté la majorité des voix avec l’élection de Salah Jallal, Arbi Yaakoubi, Mihoub Bouarouj, Sonia Fathalli et Sabri Mansi comme membres de la Commission nationale du règlement intérieur.
Cette commission a pour mission principale de veiller au respect des lois internes de l’organisation et au bon fonctionnement de l’activité syndicale. Idem pour la Commission de contrôle financier dont les nouveaux membres sont tous issus de la liste du nouveau secrétaire général, Slah Eddine Salmi, avec l’élection d’Anouar Chaibi, Habiba Wada, Mohamed Hedi Tarchouni, Mohamed Halim et Mourad Hammouda.
Des enjeux…
Pour les observateurs, la liste « Stabilité et Défi » menée par Salmi qui a remporté ces élections doit incarner les principes sur lesquels ses membres ont été élus, à savoir : réformer l’organisation, renforcer la démocratie et la transparence et bâtir un syndicat fort et uni.
A cet effet, l’universitaire Salem Chérif nous a confié : « Salmi et les membres de sa liste se sont engagés, dans leur programme électoral, à mettre en place une stratégie de gouvernance financière favorisant la transparence. Alors, pour rétablir la confiance avec la base syndicale, il est primordial de lancer un audit concernant la comptabilité de l’organisation et ses états financiers afin de lever le doute sur ce qui a été dit à propos de l’implication de certains dirigeants sortants dans des affaires de corruption et de malversation ».
De son côté, le chercheur en histoire contemporaine, Ridha Makni, a estimé que « la crise syndicale actuelle au sein de l’Union générale du travail réside dans la personnalisation de ce conflit, ce qui confère un caractère subjectif au conflit syndical ».
Et d’ajouter : « Les divergences sont un phénomène objectif dans l’histoire de l’Union générale tunisienne du travail. Il y a eu toujours des conflits au sein de la direction syndicale ainsi qu’avec les différentes branches du pouvoir », instisant sur le fait que « le conflit devrait porter sur des questions liées à l’action syndicale, aux relations entre l’Union et le pouvoir, ainsi qu’aux relations internes entre les structures syndicales ».
Concernant l’opposition syndicale, Makni a indiqué que « l’opposition syndicale intensifie ses critiques à l’égard de l’ancien bureau exécutif concernant les violations et les dépassements, tout en fermant les yeux, en revanche, sur les abus du régime en place et des autorités, notamment en ce qui concerne le blocage des accords, les retenues automatiques, l’arrestation de syndicalistes et la mise à l’écart d’autres. Elle perçoit ainsi la situation sous un angle unilatéral ».
Au-delà des résultats électoraux, c’est désormais l’épreuve des faits qui attend la nouvelle direction de l’Union générale tunisienne du travail. Entre exigence de transparence, nécessité de réconciliation interne et pression sociale croissante, Salah Eddine Salmi et son équipe jouent leur crédibilité dans leur capacité à transformer les promesses en actes.
Car plus qu’un simple renouvellement des instances, ce congrès marque un tournant décisif : celui de la survie d’une organisation historique appelée à se réinventer pour rester un acteur central du paysage national.
M.B.S.M.
Festival international du film pour l’enfance et la jeunesse (FIFEJ) : Le monde en hauteur d’enfant
Par Imen ABDERRAHMANI
Plus de 55 films, quatre compétitions et une ouverture engagée, le Festival international du film pour l’enfance et la jeunesse (FIFEJ) revient du 6 au 11 avril avec une programmation riche, inclusive et tournée vers la jeunesse.
Au total : 55 films entre longs et courts-métrages, fictions et documentaires rythmeront la 15è édition du festival, conjuguant œuvres confirmées et créations issues de la jeune génération, entre cinéma indépendant, productions étudiantes et films amateurs. Structuré autour de quatre compétitions officielles (longs métrages de fiction, documentaires, courts métrages et films pour la jeunesse), le festival propose un panorama cohérent des récits consacrés à l’enfance et à l’adolescence, tout en valorisant des écritures cinématographiques variées et ciblant des jeunes et des enfants d’horizons et de besoins différents.
Le directeur de cette nouvelle édition du FIFEJ, Aymen Jellili a souligné, lors d’un point de presse tenu avant-hier, au cinéma Le Rio, que cette édition entend renforcer l’inclusion des enfants à besoins spécifiques, notamment à travers la projection du documentaire «Ma perception» de Benoit Maestre. Conçu selon la technique de l’audiodescription, le film permet aux personnes malvoyantes de suivre pleinement le récit et d’en saisir chaque détail.
Placée sous le signe de l’histoire et de l’imaginaire, l’affiche de la 15ᵉ édition du Festival International du Film pour l’Enfance et la Jeunesse de Sousse s’inspire de la mosaïque de Virgile, issue du patrimoine d’Hadrumetum (Sousse) au IIIᵉ siècle, considérée comme le plus ancien témoignage visuel du génie du poète latin.
Virgile y apparaît avec solennité, entouré de ses deux muses, Clio et Melpomène, tenant dans son rouleau les secrets de l’« Énéide » immortelle. Conservée parmi les joyaux du Musée national du Bardo, cette mosaïque rare devient une fenêtre vers un cinéma moderne et singulier.
Dans une réinterprétation saisissante, l’œuvre historique sort du silence des musées pour rejoindre l’effervescence des salles de projection : le poète se pare de lunettes 3D et partage avec les enfants d’aujourd’hui la passion du cinéma. Par ce geste artistique, l’affiche du FIFEJ réinvente une scénographie visuelle unique, offrant à la «perle du Sahel» un écrin où histoire, imaginaire et septième art se rencontrent, invitant les jeunes spectateurs à explorer le monde à hauteur d’enfance.
Avec « Nawi », un long-métrage signé Vallentine Chelluget et Apuu Mourine, le coup d’envoi de cette édition sera donné. Ce drame poignant retrace le parcours d’une adolescente confrontée à un mariage forcé, qui choisit de fuir pour poursuivre ses études.
Ces films d’ici et d’ailleurs
S’agissant de la compétition des longs-métrages de fiction, la sélection propose huit films venus de différents continents. La Tunisie y sera représentée par «Belles de nuit» de Khedija Lemkecher, aux côtés de productions d’Égypte, d’Irak, de Russie, du Venezuela, de Jordanie, de France et du Togo. Une sélection qui reflète la diversité des regards portés sur les enjeux contemporains liés à la jeunesse.
Dans la catégorie documentaire, « Notre semence » d’Anis Lassoued défendra également les couleurs tunisiennes, dans une compétition marquée par une forte présence africaine et arabe, avec des œuvres explorant mémoire, identité et transmission.
Quant à la compétition des courts-métrages, elle offre à voir huit films de plusieurs pays, dont « Maudites tomates » de Marwa Tiba pour la Tunisie qui a figuré dans la compétition officielle des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) 2025. Egalement pour « Orangers Road » de Sami Farah (Syrie) et « 32B » de Mohamed Taher (Egypte) qui ont été dans la sélection officielle de la compétition des courts-métrages des JCC 2025 et dont ce dernier a remporté le Tanit d’or.
Parallèlement, la section dédiée aux films pour la jeunesse, regroupant amateurs, indépendants et écoles, met particulièrement en avant les jeunes talents, avec plusieurs réalisations tunisiennes, signe d’un vivier créatif en pleine effervescence.
Au-delà des projections
Lors de la présentation des jurys de cette édition, Aymen Jellili, le directeur artistique du FIFEJ a souligné que les différentes compétitions seront évaluées par des jurys composés de professionnels du cinéma et de la culture. Réalisateurs, actrice, productrice, distributeur et universitaire apporteront des regards croisés, tandis que la section jeunesse sera confiée à des figures tunisiennes engagées dans la création et la réflexion artistique.
Au-delà des projections, le FIFEJ affirme sa dimension pédagogique et citoyenne. Des conférences et rencontres sont programmées, notamment autour de la médiation artistique comme outil de prévention des violences chez les adolescents. Au programme aussi, deux conférences, ou panels, auront lieu parallèlement au volet cinéma et dont les sujets traiteront des « Images qui protègent » et « Les enfants qui s’engagent », alors que 10 ateliers se tiendront à l’adresse des enfants et des jeunes afin de les initier à l’acte cinématographique, au volet de l’écriture du scénario, de l’image, de la réalisation, etc.
Ces activités précèderont l’ouverture du festival, confirmant l’engagement du festival dans l’accompagnement des jeunes créateurs.
Pour les lieux de projection, c’est le Théâtre municipal de la ville de Sousse qui accueillera la majorité des séances, en plus de la Maison de culture de Hammam-Sousse, du Cinéma Tdour, de la salle du Complexe culturel et sportif Yahia Ibn Omar, à la maison de culture d’El-Kantaoui et à l’IFT de Sousse.
Avec cette 15è édition, le FIFEJ consolide sa place de plateforme dédiée aux cinémas de la jeunesse, alliant découverte, formation et engagement, tout en offrant une vitrine aux nouvelles voix du septième art.
I.A.
Editorial : Les déboires de l’Etat paria…
Par Chokri Baccouche
Longtemps, le soutien inconditionnel, inique et aveugle à Israël, a constitué l’un des rares consensus solides de la vie politique américaine. Républicains comme démocrates, électeurs conservateurs comme progressistes, convergeaient vers une même lecture stratégique et morale du Moyen-Orient, décriée du reste et vertement critiquée et dénoncée, notamment par les peuples et les pays du « Sud global ».
Ce socle qu’on pensait inamovible et indestructible vacille aujourd’hui comme le confirment d’ailleurs les derniers sondages qui indiquent une dégradation nette voire historique de la popularité de l’entité sioniste auprès de l’opinion publique américaine. Une récente enquête révèle ce qui aurait pu être considéré comme impensable il y a quelques années : seuls 32% des électeurs américains y ont exprimé en effet une opinion positive d’Israël, contre 39% qui en ont une perception négative.
Plus frappant encore, une étude Gallup de 2026 montre que, pour la première fois depuis un quart de siècle, les sympathies des Américains ne penchent plus majoritairement du côté israélien : 41 % des citoyens enquêtés déclarent soutenir davantage les Palestiniens, contre 36 % pour les Israéliens.
Ce basculement n’est ni brutal ni accidentel. Il s’inscrit, selon les spécialistes, dans une évolution progressive des perceptions américaines depuis la fin des années 2010, accélérée par les guerres à répétition et les images de destruction à Gaza. Déjà, avant même les récents conflits, les écarts de sympathie se réduisaient, signalant l’érosion d’un avantage historique d’Israël dans l’opinion américaine. Mais c’est bien la séquence actuelle — marquée par la guerre à Gaza puis l’escalade régionale avec l’Iran — qui agit comme un révélateur.
Une majorité d’Américains rejettent désormais l’idée d’un engagement militaire prolongé aux côtés d’Israël, et beaucoup considèrent que ces conflits servent davantage les intérêts israéliens que ceux des États-Unis. Dans le même temps, près de 60 % des Américains s’opposent à certaines opérations militaires liées à ces tensions régionales.
Au-delà des chiffres, c’est la structure même de l’opinion qui change. Le clivage n’est plus seulement partisan, il est générationnel. Les jeunes Américains — y compris dans les rangs conservateurs — se montrent beaucoup plus critiques à l’égard d’Israël, sensibles aux enjeux des droits humains et réfractaires aux interventions militaires extérieures. À l’inverse, le soutien reste fort chez les électeurs plus âgés et certains groupes religieux, notamment évangéliques.
Du côté démocrate, la fracture est désormais manifeste. Une partie croissante de la base exprime davantage de sympathie pour les Palestiniens et critique ouvertement la politique israélienne, y compris au Congrès, où des voix traditionnellement pro-israéliennes appellent désormais à des sanctions contre les colons violents en Cisjordanie. Chez les républicains, un débat inédit émerge également, opposant une vieille garde farouchement pro-israélienne à une nouvelle génération plus isolationniste et critique.
A trop tirer sur la corde donc qu’à la fin elle se casse inévitablement : les méfaits et les dérives génocidaires des dirigeants sionistes ont fini par excéder et exaspérer une frange importante de l’opinion publique américaine et plus particulièrement les jeunes. Nouvelles technologies de l’information aidant, ces derniers sont de plus en plus au fait de ce qui se trame réellement et ce, grâce aux réseaux sociaux qui permettent une diffusion rapide d’images et de récits provenant des zones de conflit, notamment de Gaza et de la Cisjordanie.
Les lobbies sionistes qui contrôlent les plus grands médias aux Etats-Unis boivent ainsi la tasse amère de la désillusion car leurs propagandes partisanes qui ont longtemps maintenu l’opinion publique américaine sous anesthésie s’en trouvent ainsi discréditées et remises en question.
Au grand dam du Premier ministre israélien Netanyahu et de la clique extrémiste de son gouvernement, Israël renvoie aujourd’hui et bien évidemment au monde, parallèlement à cette désaffection américaine, une bien piteuse image.
Celle d’un Etat voyou qui viole toutes les lois et les conventions universelles, commet les pires atrocités et les tueries de masse et qui agresse et cherche noise à tous peuples du Moyen-Orient. Un Etat paria et belliqueux dont les dérives interminables sont devenues des facteurs d’instabilité permanente et qui menacent de se répercuter désormais bien au-delà de la région…
C.B.
Tunisie – Haiti (1-0 en amical) : Encourageant, malgré une laborieuse seconde mi-temps
Pour un test amical, avec une formation inédite, les enseignements n’ont pas manqué et la prestation des Aigles de Carthage a été globalement bonne malgré un net fléchissement en seconde période.
Les Tunisiens, qui alignaient un onze composé de plusieurs nouveaux arrivés (Ben Hassen, Khedhira, Ayari, Elloumi…) ont vite fait de prendre l’avantage par l’intermédiaire de Tounekti (7’) qui a bien profité d’une belle ouverture de Gharbi pour aller battre le gardien adverse.
Cette belle entame a permis aux poulains de Sabri Lamouchi de mieux contrôler le jeu et de créer encore plus de danger, notamment par Ayari, le petit joyau du PSG, qui a déstabilisé, à maintes reprises, la défense haïtienne. Ce fut une bonne mi-temps pour les Tunisiens, meilleurs au niveau de la récupération grâce à un rideau formé de Skhiri, Khedhira et Gharbi.
La seconde mi-temps a vu la sélection haïtienne prendre les choses en main et menacer sérieusement l’arrière-garde tunisienne, adossée à un Ben Hassen toujours présent et bien placé. De même, les multiples changements opérés ont affecté le rendement collectif de l’équipe qui a subi la domination de l’adversaire durant quasiment toute la seconde mi-temps. Et ce n’est que pendant les dernières minutes, avec l’entrée de Saâd et Haj Mahmoud que les coéquipiers de Mastouri ont été, enfin, plus menaçants avec de belles occasions pour doubler la marque.
En somme, ce fut un test plein d’enseignements pour Lamouchi et son staff, en attendant le second test, qui s’annonce plus difficile, contre le Canada.
Kamel ZAIEM
Slaheddine Selmi élu nouveau S.G. de l’UGTT : Un renouveau dans la continuité
À l’issue du congrès de Monastir, tenu les 25, 26 et 27 mars 2026, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) dévoile un nouveau Bureau exécutif qui combine renouvellement massif et continuité stratégique, marquant une étape importante pour la centrale syndicale.
L'ancien membre du bureau exécutif, Slaheddine Selmi a été élu secrétaire général succédant ainsi à Noureddine Tabboubi.
Le taux de renouvellement élevé, atteignant 80 % des membres, traduit une volonté claire de réviser les méthodes de travail et d’adapter l’organisation aux défis actuels du monde du travail en Tunisie. Malgré ce vent de changement, trois anciens membres du Bureau exécutif, connus pour faire partie du « groupe des cinq », conservent leur place, assurant ainsi une transition en douceur et la préservation de l’expérience accumulée.
Le poids des secteurs stratégiques est un autre signal fort : l’éducation, les transports, les banques, l’énergie et les industries chimiques sont largement représentés. Cette orientation vise à renforcer l’influence de l’UGTT dans les discussions économiques et sociales, en donnant la priorité aux secteurs ayant un impact syndical, social et économique majeur.
L’équilibre régional a également été pris en compte. La présence de représentants de Tunis, Sfax et Gabès reflète la volonté de garantir la représentativité territoriale et de maintenir l’ancrage du syndicat dans les principaux centres de gravité économique et syndical du pays.
Cette nouvelle composition, qui allie renouvellement et filières de continuité, ouvre une phase de réorganisation interne, visant à renforcer la capacité du syndicat à répondre aux défis du dialogue social, de la protection des travailleurs et des négociations économiques à venir.
Voici une idée sur la nouvelle équipe installée à la tête de l’UGTT :
1.Salah Eddine Selmi – Ancien membre du Bureau exécutif / secteur de l’enseignement primaire
2.Othman Jellouli – Ancien membre du Bureau exécutif / secteur de la santé
3.Tahar Mezzi El-Barbari – Ancien membre du Bureau exécutif / secteur des mines
4.Salah Eddine Ben Hamed – Union régionale du travail de Gabès
5.Nahla Sayadi – Union régionale du travail de Monastir
6.Samia Haji – Union régionale du travail de Sfax
7.Wajih Zidi – Secteur des transports
8.Jibrane Bouraoui – Union régionale du travail de Tunis
9.Salouane Smiri – Secteur du pétrole et de la chimie
10.Ahmed Jaziri – Secteur des banques
11.Slim Bouzaidi – Secteur de l’électricité et du gaz
12.Taieb Bahri – Secteur du bâtiment et du bois
13.Mabrouk Toumi – Secteur de l’enseignement secondaire
14.Boulbaba Selmi – Secteur des surveillants et surveillants généraux
15.Fakhreddine Aouiti – Secteur du groupe Tunisie Telecom
















