Slaheddine Selmi élu nouveau S.G. de l’UGTT : Un renouveau dans la continuité
À l’issue du congrès de Monastir, tenu les 25, 26 et 27 mars 2026, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) dévoile un nouveau Bureau exécutif qui combine renouvellement massif et continuité stratégique, marquant une étape importante pour la centrale syndicale.
L'ancien membre du bureau exécutif, Slaheddine Selmi a été élu secrétaire général succédant ainsi à Noureddine Tabboubi.
Le taux de renouvellement élevé, atteignant 80 % des membres, traduit une volonté claire de réviser les méthodes de travail et d’adapter l’organisation aux défis actuels du monde du travail en Tunisie. Malgré ce vent de changement, trois anciens membres du Bureau exécutif, connus pour faire partie du « groupe des cinq », conservent leur place, assurant ainsi une transition en douceur et la préservation de l’expérience accumulée.
Le poids des secteurs stratégiques est un autre signal fort : l’éducation, les transports, les banques, l’énergie et les industries chimiques sont largement représentés. Cette orientation vise à renforcer l’influence de l’UGTT dans les discussions économiques et sociales, en donnant la priorité aux secteurs ayant un impact syndical, social et économique majeur.
L’équilibre régional a également été pris en compte. La présence de représentants de Tunis, Sfax et Gabès reflète la volonté de garantir la représentativité territoriale et de maintenir l’ancrage du syndicat dans les principaux centres de gravité économique et syndical du pays.
Cette nouvelle composition, qui allie renouvellement et filières de continuité, ouvre une phase de réorganisation interne, visant à renforcer la capacité du syndicat à répondre aux défis du dialogue social, de la protection des travailleurs et des négociations économiques à venir.
Voici une idée sur la nouvelle équipe installée à la tête de l’UGTT :
1.Salah Eddine Selmi – Ancien membre du Bureau exécutif / secteur de l’enseignement primaire
2.Othman Jellouli – Ancien membre du Bureau exécutif / secteur de la santé
3.Tahar Mezzi El-Barbari – Ancien membre du Bureau exécutif / secteur des mines
4.Salah Eddine Ben Hamed – Union régionale du travail de Gabès
5.Nahla Sayadi – Union régionale du travail de Monastir
6.Samia Haji – Union régionale du travail de Sfax
7.Wajih Zidi – Secteur des transports
8.Jibrane Bouraoui – Union régionale du travail de Tunis
9.Salouane Smiri – Secteur du pétrole et de la chimie
10.Ahmed Jaziri – Secteur des banques
11.Slim Bouzaidi – Secteur de l’électricité et du gaz
12.Taieb Bahri – Secteur du bâtiment et du bois
13.Mabrouk Toumi – Secteur de l’enseignement secondaire
14.Boulbaba Selmi – Secteur des surveillants et surveillants généraux
15.Fakhreddine Aouiti – Secteur du groupe Tunisie Telecom
Coupe de Tunisie - 1/16e de finale - WSHamma- Espérance de Tunis ( 0-5) : Qualification sans souci des Sang et Or
Par Jamel Belhassen
Face à un WSHamma qui n'avait que son courage comme atout, l'EST a effectué une vraie promenade de santé avec sa seconde équipe pour remporter une large victoire , synonyme de qualification aux huitièmes.
Jouée dans une ambiance festive , la rencontre entre le Wided Hamma, un club divisionnaire, et l'Espérance, leader de la Ligue 1, a constitué un événement unique dans la région sudiste. Avec une formation largement remaniée pour différentes raisons, les Sang et Or ont vite fait de prendre l'avantage au score par Jabri (15e) qui a trompé le gardien local , Bouhouche. Le même Jabri , récidive à la (26e) et marque un second but sur un contre (0-2).
Après la pause, Hmidhi triple la marque sur un tir croisé (51e) . Dans la foulée, Haj Ali ajoute un quatrième but sur coup franc direct profitant d'une erreur du gardien Bouhouche (54e) (0-4).
Le même Hmidhi trompe de nouveau le gardien local signant le 5e buts à la (65e). A la (77e), le jeune Douaieb a eu l'occasion de réduire le score, seul face à Debchi, mais il a raté lamentablement la mire. Le score est resté inchangé jusqu'au coup de sifflet final. L'Espérance passe aux huitièmes.
J.B.
Natation - NCAA : Hafnaoui en or, Jaouadi en argent… la belle affaire pour la Tunisie
La natation tunisienne a brillé aux États-Unis. Lors de la dernière journée des championnats universitaires américains (NCAA), Ayoub Hafnaoui et Ahmed Jaouadi ont signé un doublé remarquable sur le 500 yards nage libre, confirmant la montée en puissance des deux nageurs sur la scène internationale.
Champion olympique, Ayoub Hafnaoui s’est imposé en finale du 500 yards avec un temps de 4:06.56, décrochant la médaille d’or et améliorant au passage son record personnel. Derrière lui, Ahmed Jaouadi a pris la deuxième place en 4:06.90, s’adjugeant la médaille d’argent au terme d’une course très disputée. (Voir la vidéo en bas de page.)
Ce résultat marque un moment fort pour la natation tunisienne, avec deux représentants sur les deux premières marches du podium dans l’une des compétitions universitaires les plus relevées au monde.
Il y a lieu de rappeler que ce doublé vient au bon moment pour mettre en valeur la bonne santé de la natation tunisienne quelques jours après un autre exploit signé Ahmed Jaouadi, auteur d’un record NCAA sur le 1650 yards avec un chrono de 14:10.03, une performance qui avait marqué les esprits aux États-Unis.
A la Maison du Roman: Gros plan sur le roman libyen
Chercheurs et écrivains ont mis en lumière, vendredi à Tunis, les trajectoires de la naissance du roman libyen, ses spécificités esthétiques et l’évolution de ses voix majeures, à l’ouverture d’un colloque dédié à cette production littéraire encore récente mais en pleine affirmation sur la scène arabe.
Organisée à la Cité de la culture par la Maison du roman, en partenariat avec la Commission nationale libyenne pour l’éducation, la culture et les sciences et le Théâtre de l’Opéra de Tunis, sous l’égide du ministère des Affaires culturelles, cette rencontre de deux jours réunit des intervenants de Tunisie et de Libye. Intitulé "le roman libyen : trajectoires d'ancrage, d'interprétation et de consécration", ce colloque explore les dynamiques d’ancrage, d’interprétation et de consécration du roman libyen.
Dans une allocution d’ouverture, le directeur de la Maison du roman, Younes Soltani, a souligné que cette rencontre constitue « une occasion d’interroger les caractéristiques du corpus romanesque libyen, ses trajectoires et ses figures emblématiques », relevant que nombre d’œuvres ont fait du roman un espace de relecture et de réécriture de l’histoire.
Malgré une production limitée et une émergence tardive, le roman libyen a su s’imposer dans le paysage culturel arabe, a-t-il ajouté, citant notamment Ibrahim al-Koni, figure majeure traduite dans plusieurs langues, ainsi que Mohamed Alnaas, plus jeune lauréat du Prix international de la fiction arabe (Booker arabe) en 2022, et Hisham Matar, distingué par des prix littéraires internationaux.
Représentant la ministre des Affaires culturelles, le directeur général de l’Institut de traduction de Tunis, Taoufik Grira, a affirmé que cette manifestation « dépasse son cadre académique et culturel pour incarner un acte de solidarité maghrébine », mettant en avant des enjeux de création partagés entre la Tunisie et la Libye.
Les travaux de la première session scientifique ont porté sur les fondements conceptuels du roman libyen. La chercheuse libyenne Fatma Hajji y a évoqué une émergence tardive du genre, situant ses débuts dans les années 1960, tout en soulignant une évolution qualitative notable des textes, en dépit d’une critique encore insuffisamment développée. « Le développement du roman n’a pas été accompagné par une critique à la hauteur, notamment en raison d’un isolement linguistique et intellectuel », a-t-elle déclaré, plaidant pour « une approche critique fondée sur la recherche et une connaissance approfondie».
L’écrivain, dramaturge et essayiste libyen Mansour Bouchnaf s’est, pour sa part, penché sur les « narrations de l’exil », analysant la manière dont les romanciers libyens, souvent marqués par l’errance ou l’exil, ont redéfini les notions de patrie et d’appartenance. Selon lui, « la culture devient un territoire de substitution, transcendant les frontières géographiques ».
Lamjed Ben Romdhan, lecteur à l'université Jean Moulin Lyon 3 (France), a exploré les mutations du discours romanesque contemporain à travers l’œuvre de l’écrivaine libyenne Ghalia Younes al-Derrani, mettant en avant des stratégies d’écriture fondées sur la fragmentation temporelle et l’ouverture interprétative. L'universitaire tunisien a relevé que ces textes « impliquent le lecteur dans la production du sens, rompant avec les formes narratives classiques ».
Abordant les liens entre roman libyen et roman arabe contemporain, l’écrivaine Hikmat al-Mokhtar a estimé que, malgré son apparition tardive, ce genre partage avec d’autres expériences arabes des thématiques liées à l’identité, à la mémoire et au territoire, tout en se distinguant par une forte empreinte locale, marquée par une écriture à la fois désertique et ancrée dans le réalisme. Elle a ajouté que le roman libyen « a progressivement élargi ses horizons pour interroger des enjeux universels ».
Les travaux du colloque se poursuivent avec plusieurs sessions consacrées notamment à l’écriture féminine, aux mutations esthétiques et aux nouvelles formes narratives, réunissant universitaires et auteurs des deux pays.
Palerme accueille "Asfour Jenna" de Mourad Ben Cheikh
Le film « Asfour Jenna » de Mourad Ben Cheikh sera projeté à Palerme le mardi 31 mars 2026 à 21h00, au cinéma « Rouge et Noir ». Cet événement s’inscrit dans le cadre de la célébration des Journées de la Francophonie, indique le Consulat de la Tunisie à Palerme sur ses réseaux sociaux.
Le Consulat invite les membres de la communauté tunisienne à assister à cette projection, organisée en collaboration avec l’Institut Français de Palerme.
Réalisé en 2024 par Mourad Ben Cheikh, Cette coproduction tuniso-italienne est une fiction de 91 minutes puisée d’une adaptation libre de l’œuvre « La Marmite d’Ayoub » de Mohamed Ridha Ben Hammouda. Le projet a bénéficié du soutien du Centre national du Cinéma et de l’Image (CNCI), de la Fondation Apulia Film Commission (AFC) et de Puglia FSR FSE en Italie.
Le casting réunit Nicola Nocella, Amal Mannai, YahyaFeidi, RiadhHamdi, ainsi que SlimDhib, AdibHamdi, MouniraZakraoui, Mourad Gharsalli, Jamel Madani, IchrakMatar, ChekraRameh et Fatma Felhi.
Sur le plan technique, Giorgio Giannoccaro assure la direction de l’image et Anas Saadi le montage, tandis que la musique est composée par RabiiZammouri. Le son est le fruit du travail de Trek Tiba, Amel Gamaoun et Gianfranco Tortora, et Sophie Abdelkefi signe les décors. La distribution en Tunisie est assurée par Arts Distribution.
Pour rappel Amal Mannaï a reçu le Prix de la meilleure actrice pour son rôle dans le film lors de la 14ème édition du Festival du film africain de Louxor organisé du 9 au 14 janvier 2025.
Bach s'invite à la Cathédrale de Tunis
Le Goethe-Institut Tunis annonce un concert musical exceptionnel "Bach : Ombres et Lumières" porté par Tunez Ensemble sous la direction de Fadi Ben Othman, avec une conception dramaturgique signée Nabil Asswad, demain, le dimanche 29 mars 2026 à 17h à la Cathédrale de Tunis.
Les organisateurs proposent un voyage musical au cœur de la condition humaine Tout commence avec Bach et se termine avec lui. Son œuvre, bâtie sur une structure parfaite et une maîtrise formelle absolue, conjugue pensée, foi, émotion et humanité. En ces temps où les certitudes vacillent, sa musique, à la fois liturgique et profondément humaine, offre une lecture bouleversante des tensions entre souffrance, doute, espoir et renouveau, avec une entrée libre et gratuite.
L’interprétation chambriste pour une transparence accrue de l’Ensemble Tūnez, récemment fondé, adopte, pour ce programme, une approche chambriste, privilégiant une formation allégée. Ce choix répond à des considérations esthétiques fortes avec une plus grande lisibilité des structures musicales, une clarté polyphonique, une transparence des lignes vocales et instrumentales et proximité émotionnelle avec le public.
L’ensemble propose une sélection d’extraits majeurs des cantates et passions de Bach, ainsi que du motet Jesu, meineFreude.
Un moment musical d’exception viendra enrichir cette soirée grâce à la participation d’un invité spécial qui est l’organiste allemand Klaus C. van den Kerkhoff, installé en Tunisie.
Il offrira deux interventions majeures sur l’orgue de l’église avec en ouverture du concert la Fantaisie en do mineur BWV 562 et un début de la deuxième partie marqué par le Prélude du choral Christ isterstanden BWV 627.
La Tunisie célèbre la Journée mondiale du théâtre et rend hommage à d’éminentes figures du quatrième art
En présence de la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, ainsi que d’une pléiade d’acteurs du monde théâtral, culturel et artistique, le Théâtre de l’Opéra à la Cité de la Culture Chedly Klibi-Tunis a abrité la cérémonie de célébration de la Journée mondiale du théâtre, célébrée chaque année le 27 mars.
À cette occasion, le Théâtre national tunisien (TNT) et l’Opéra de Tunis, en partenariat avec l’Organisme tunisien des droits d’auteur et des droits voisins (OTDAV), ont proposé un programme spécialement conçu pour cet événement international.
Les festivités d’ouverture ont débuté dans le hall principal de la Cité de la Culture avec le spectacle « Clown », produit par l’École de l’acteur relevant du Théâtre national tunisien. La célébration s’est ensuite poursuivie dans la salle de l’Opéra avec une soirée artistique présentée par le directeur général du Théâtre national tunisien, Moez Mrabet, et la directrice du pôle théâtre et arts scéniques au Théâtre de l’Opéra, Mme JamilaChihi. La soirée a été marquée notamment par un hommage rendu à plusieurs figures du théâtre ayant enrichi la scène artistique : Mounira Zakraoui, Fetha Mehdoui, Jamel Meddani, Lassaad Ben Abdallah, le critique Mohamed Moumen, Hassen Moedhen, Malika Hachemi, Ali Khemiri, Sabah Bouzouita et le technicien Mohamed Hedi Belkhir.
La cérémonie d’hommage a été précédée par la montée sur scène de l’artiste Lassaad Jamoussi, qui a donné lecture du message international du théâtre, rédigé cette année par l’acteur américain et créateur de théâtre Willem Dafoe, et traduit en arabe par le journaliste, critique et écrivain tunisien Lotfi Arbi Snoussi. Ce message a appelé à retrouver la dimension humaine dans un monde marqué par la violence et l’isolement numérique.
Il a également souligné l’importance renouvelée du théâtre en tant qu’art vivant fondé sur l’interaction directe entre l’acteur et le public, et comme espace essentiel pour approfondir la compréhension humaine dans un contexte mondial marqué par la montée des violences et des divisions. Évoquant les conflits et les tensions que traverse l’humanité, le texte a mis en garde contre les effets des technologies modernes et des réseaux sociaux qui, malgré leurs promesses de communication, ont contribué à fragiliser les relations humaines et à accentuer l’isolement. Il a enfin appelé à préserver l’essence du théâtre, loin des orientations commerciales et des formes figées, tout en réaffirmant son rôle dans le questionnement du réel et la stimulation du dialogue entre les individus et les sociétés.
Le public a ensuite assisté à des intermèdes musicaux proposés par le duo Aziz et Kenza Zaouaoui, avant de laisser place à la troupe de la pièce « Les Fugueuses » pour une représentation de cette œuvre mise en scène par WafaTaboubi, dans une production conjointe du Théâtre national tunisien et Ostoura Production, avec le soutien du ministère des Affaires culturelles. La création est signée par WafaTaboubi au niveau du texte, de la mise en scène et de la scénographie, et réunit Fatma Ben Saïdane, MouniraZakraoui, LobnaNoomene, OumaimaBahri, Sabrina Amor et Oussama Hnaieni.
La pièce se déploie dans un espace évoquant une étrange salle d’attente où cinq femmes et un homme se retrouvent dans l’attente d’un événement ou d’une présence qui ne viendra jamais. Cette attente devient une métaphore existentielle, explorant la quête de sens dans un monde fragilisé, où la « fuite » prend une dimension psychique et intellectuelle, comme une échappée vers un horizon plus vaste. Le plateau se transforme en un labyrinthe intérieur où se croisent les conflits des personnages avec eux-mêmes et avec les autres, autour de questions liées à l’identité, au destin et à la possibilité d’un salut individuel dans un monde en crise. Cette œuvre a été couronnée par le Grand Prix de la 16ème édition du Festival du théâtre arabe en janvier 2026, ainsi que par le Tanit d’or lors de la 26ème édition des Journées théâtrales de Carthage, en plus du Grand Prix de la troisième édition du Festival national du théâtre tunisien « Saisons de la création ».
Le programme de la célébration de la Journée mondiale du théâtre, se poursuit tout au ond d’une semaine à travers un programme artistique riche et varié, inscrit dans le cadre de la quatrième édition de la manifestation « Tunis Théâtres du Monde » (27 mars-3 avril 2026) avec au menu des spectacles tunisiens et internationaux, aux couleurs de l’Espagne, de la Croatie, de la Turquie et de la Russie, portant des thématiques humaines universelles.
« KolochiBaw » (Espagne)
La salle le 4ème Art à Tunis, accueille le 28 mars le spectacle « KolochiBaw » de la chorégraphe et metteuse en scène malienne Aïda ColmeneroDíaz. Créée à Bamako début 2022, l’œuvre évoque les « gardiens » en langue bambara, en référence à ceux qui veillent sur le temps, la mémoire et le sacrifice. Elle s’inscrit dans un contexte marqué par la redéfinition des relations entre le Mali et la France, proposant une lecture critique de l’héritage colonial et du rôle des élites africaines dans sa perpétuation ou son dépassement. Le spectacle interroge également les processus de construction, tant matériels que symboliques, ainsi que la formation des imaginaires urbains, en mettant en scène les dynamiques de la mémoire et les tensions entre tradition et modernité, tout en accordant à la lumière une place structurante dans l’espace scénique.
« Cloche » (Tunisie)
Le 29 mars, le public découvrira « Cloche » d’AssemBettouhami, qui en assure la dramaturgie, la scénographie et la mise en scène, sur un texte coécrit avec Mohamed ChawkiKhouja, avec une chorégraphie de MarwanRouine. Interprétée par Sonia Zarqa Ayouna, Abdelkrim Bannani, Ridha Jaballah et MarwanRouine, cette production du Théâtre national tunisien se déroule le temps d’une nuit, réunissant quatre invités autour d’un dîner dans un espace oscillant entre le réel et l’étrange. Cette rencontre devient un moment de réflexion où émergent tensions intérieures et interrogations sur la vie, la mémoire et le sens de l’existence.
« Les Nuits Blanches » (Russie)
Le 30 mars sera consacré à la pièce « Les Nuits blanches » de la metteuse en scène Natalia Nikolaieva, inspirée du texte éponyme de l’écrivain russe Fiodor Dostoïevski. La ville de Saint-Pétersbourg y devient un personnage à part entière, avec ses lumières et ses ombres, accompagnant l’histoire d’un jeune rêveur vivant dans un univers imaginaire, jusqu’à sa rencontre avec Nastenka. Leur relation, d’abord fugace, évolue vers une expérience émotionnelle intense, interrogeant l’amour, l’attente et le bonheur.
« 9 » (Tunisie)
Le 31 mars, le public aura rendez-vous avec la pièce « 9 » de MoezGdiri, d’après un texte de HaithemMoumni, réunira sur scène Meriem Ben Hmida, HaythemMoumni et MarouaneMissaoui. L’œuvre dépeint un monde figé après un effondrement total, où un personnage solitaire lutte face à son destin dans un espace où se mêlent vie et mort, affrontant la perspective d’une fin qu’il tente de repousser.
« The Last Human » (Turquie)
Le 1er avril, « The Last Human », produite par Ankara State Theatre et mise en scène par PınarTöreKarayel, proposera une vision d’un monde post-guerre dominé par l’ego humain, laissant l’individu seul face à lui-même, dans une réflexion sur les actes de l’humanité et son devenir.
« In the Belly of the Whale » (Tunisie-Croatie)
Le 2 avril, « In the Belly of the Whale » (fi batn el hout) de MarwaManai, coproduction entre le Théâtre national tunisien et le Théâtre national croate de Rijeka, s’inspire de textes d’Iva Papić, DoroteaŠušak, Samia El Amami et Mouna Ben HajZekri. La pièce aborde les enjeux de la migration irrégulière et les violences subies dans les centres d’accueil à travers plusieurs personnages, offrant une lecture profondément humaine de la quête de dignité et de sécurité.
« Call Center Tragedy » (Tunisie)
Le programme s’achèvera le 3 avril avec « Call Center Tragedy » (jacaranda)de NizarSaïdi, sur un texte et une dramaturgie d’AbdelhalimMessaoudi, produit par le Théâtre national des jeunes relevant du Théâtre national tunisien (2025). Interprétée par Hammouda Ben Hassine, AsalaKhouass, Anis Kammoun, ThawebIdoudi, HelmiKhelifi, Mohamed ArafetGuizani et Hasna Ghannem, la pièce dresse le portrait d’une jeunesse en quête de repères, à travers des employés d’un centre d’appels évoluant entre un passé flou et un présent incertain, révélant une crise d’appartenance et une quête de sens.
Protection des enfants contre les dangers des réseaux sociaux : La responsabilité parentale dans le viseur du législateur
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le député Fahmi Moubarak a affirmé que la protection juridique des enfants contre les dangers des réseaux sociaux est devenue une priorité nationale d’où la nécessité d’une proposition de loi visant à les protéger. Qu’en pensent les spécialistes ?
Le député au Conseil des enfants à la Commission nationale des régions et des districts, Fahmi Moubarak, a indiqué dans une déclaration donnée récemment à radio Mosaïque fm qu’une proposition de loi préconisant la protection juridique de l’enfance et de la jeunesse au sein du Conseil. Et d’ajouter que cette intuitive bénéficie de l’approbation du ministère de la Femme et de l’Enfance.
Elle vise à établir un cadre juridique strict pour réglementer l’utilisation de ces moyens par les enfants. Le député a, en outre, affirmé que « les parents sont responsables de l’usage que leurs enfants font de la technologie », soulignant que « donner aux enfants des téléphones ou des tablettes sans surveillance crée une forme de dépendance chez eux ».
Fahmi Moubarak a également rappelé qu’aujourd’hui personne ne peut nier qu’il existe un grand danger pour les enfants, car certaines personnes peuvent exploiter les mineurs sur les réseaux sociaux, ce qui les expose à des risques importants. Il a aussi indiqué que « la génération tunisienne est menacée par Internet et les réseaux sociaux, et que ce phénomène n’affecte pas seulement la génération actuelle, mais pourrait s’étendre aux générations futures ». Que comporte, alors, cette proposition ?
Selon le député : « Cette proposition prévoit d’interdire aux enfants de moins de treize ans d’accéder aux réseaux sociaux, et que toute utilisation doit se faire avec l’accord du père ou de la mère via un système de vérification biométrique.
Il a ajouté que « des sanctions financières strictes seront appliquées à toute personne autorisant les enfants à utiliser ces plateformes sans respecter la loi, en coordination avec le ministère des Technologies de la communication ». Quelle faisabilité accorder, par ailleurs, à cette proposition ?
Vaut mieux prévenir…
Même si, aujourd’hui, nous disposons de technologies qui nous permettent de savoir qui a donné le téléphone à l’enfant, la durée d’utilisation, et d’imposer directement des amendes, certains spécialistes estiment qu’il est difficile d’appliquer cette loi une fois adoptée et ce pour des raisons aussi bien techniques que sociales.
A cet effet, la présidente de la Commission des enfants et des jeunes au sein de l’Association internationale de défense des droits de l’Homme et des médias, Mariem Letaiem nous a confié : « La sécurité en ligne des enfants est un défi mondial, étant donné la nature volatile et sans frontière d'internet. Alors, il faut agir dans le noyau familial avec la sensibilisation en premier lieu des parents.
Sans interdire totalement à son enfant d’utiliser Internet, les enfants peuvent utiliser les réseaux sociaux avec l’accord du tuteur, afin de garantir un équilibre entre le contrôle parental et la liberté d’usage sous une supervision légale stricte.
Avec des rapports équilibrés entre parents et enfants, on peut les protéger d’une manière intelligente contre la dépendance numérique et empêcher leur exploitation en ligne ». Et d’ajouter ; « Dans certains cas, on peut imposer un contrôle légal strict via l’empreinte numérique, définir des cadres clairs d’utilisation selon l’âge et avec l’accord du tuteur ».
A noter que, selon le député au Conseil national des régions et des districts, Fahmi Moubarak : « Le projet est actuellement en phase de présentation au ministère concerné et fera l’objet d’une étude technique et sociale approfondie afin de garantir que toutes les mesures soient applicables et efficaces ». Il a souligné que l’implication des familles et de la société civile sera essentielle pour améliorer le projet avant son adoption finale.
En définitive, protéger les enfants contre les dangers des réseaux sociaux ne peut reposer uniquement sur une loi, aussi stricte soit-elle. Si l’arsenal juridique constitue un rempart nécessaire face aux abus et aux dérives, il reste insuffisant sans une implication réelle des parents et une éducation numérique adaptée.
Entre contrôle, dialogue et responsabilisation, l’enjeu est de trouver un équilibre durable qui préserve à la fois la sécurité et le développement des jeunes. Car au-delà des sanctions, c’est surtout une culture de vigilance et de confiance qu’il convient de construire pour faire du numérique un espace plus sûr pour les générations futures.
M.B.S.M.
Gestion durable des déchets en Tunisie : Tenter de rendre les gestes citoyens plus simples…
Par Hassan GHEDIRI
Et si des applications mobiles devenaient un outil de gestion responsable et durable des déchets en Tunisie ? Pour le moment, c’est la ville de Nabeul qui expérimente le concept…
Membre partenaire du projet méditerranéen Gov4GreenMedes, la Tunisie bénéficiera d’une assistance financière pour l’élaboration d’un projet pilote de gestion durable des déchets. Gov4GreenMed est un projet de deux ans qui a débuté en octobre dernier afin de promouvoir des modèles de gouvernance inclusifs pour une meilleure gestion des déchets municipaux dans toute la région méditerranéenne.
Il dispose d'un budget alloué par l’Union européenne et qui est de l’ordre de 1,5 million d'euros, soit un peu plus de 5 millions de dinars tunisiens.
Le projet testera des méthodologies participatives à travers cinq actions pilotes dans un nombre de municipalités méditerranéennes reparties dans cinq pays, en l’occurrence l’Espagne, la Turquie, l’Italie, la Jordanie et la Tunisie avec comme objectif commun de promouvoir des solutions participatives aux problèmes locaux spécifiques liés à la gestion des déchets municipaux.
Il vise à améliorer les politiques locales de gestion des déchets en misant sur la prévention, le tri, la valorisation et l’implication des différents acteurs. Le projet privilégie une approche intégrée, fondée sur l’économie circulaire et l’utilisation d’outils numériques pour optimiser les performances des systèmes urbains. En Tunisie, c’est la ville de Nabeul qui a été sectionnée pour bénéficier du soutien.
La municipalité de la ville aura comme défi d’élaborer des politiques de prévention et de valorisation des déchets pour les grands producteurs tels que les restaurants et les hôtels, incluant le compostage et le recyclage. Le projet comporte justement le développement d’une application mobile pour encourager la participation citoyenne. Le choix s’explique par le profil de cette destination touristique, caractérisée par une forte densité d’hôtels et de restaurants, considérés comme de grands producteurs de déchets.
Consultation
A cet effet, le CITET a lancé une consultation pour la sélection d’une agence spécialisée chargée de concevoir cet outil numérique. Le projet pilote vise à développer des solutions concrètes de prévention et de valorisation des déchets, en ciblant en priorité les opérateurs du secteur du tourisme. Il s’agit notamment d’améliorer le tri à la source, d’optimiser les circuits de collecte et de favoriser le recyclage, tout en réduisant les volumes de déchets envoyés en décharge.
L’application mobile permettra de digitaliser la gestion des déchets en facilitant la coordination entre producteurs, collecteurs et recycleurs, tout en sensibilisant les utilisateurs à des pratiques plus responsables. L’expérience internationale montre que ce type de solution peut significativement améliorer les taux de recyclage, en rendant les gestes de tri plus simples et plus efficaces.
En Italie par exemple, une application mobile lancée en 2014 et appelée Junker et destinée à faciliter le tri des déchets a été jusqu’à aujourd’hui téléchargée par plus de deux millions de personnes. Disponible en 12 langues ce qui la rend particulièrement utile pour les étrangers et les touristes, Junker aurait été l’un des outils ayant aidé au développement du recyclage en Italie.
Le taux de recyclage qui était de 20% avant le lancement de l’application a atteint de 60 à 70 % deux ans après. Bien qu’il soit difficile d’établir un lien direct, mais il est certain que l’application mobile a apporté sa pierre à l’édifice en aidant à mieux trier les déchets.
H.G.
Cette nuit ( 01h00) à Toronto - Match de préparation au Mondial 2026 - Haiti- Tunisie : Débuts de lère Sabri Lamouchi
Par Jamel Belhassen
Les Aigles de Carthage entament cette nuit à partir de 0100 la préparation à la prochaine coupe du monde 2026 sous la férule du nouveau sélectionneur, Sabri Lamouchi. Dès débuts que tous les Tunisiens espèrent encourageants sur terre canadienne face à Haïti. La délégation, partie en début de semaine ne comportait que 28 joueurs sur les 30 convoqués après les forfaits de Majbri et Valery, blessés.
L'ambiance semble être parfaite selon des échos parvenus du lieu du rassemblement. Tous les joueurs sont hautement motivés à l'idée de convaincre le sélectionneur avant la liste finale des éléments appelés à représenter la Tunisie dans la coupe du monde en juin et juillet prochains.
Lors de ce premier test face à Haïti, Lamouchi aura à effectuer une revue d'effectif qui lui permettra d'avoir une idée sur les dispositions des une et des autres et leur capacité à s'adapter à ses conceptions technico- tactiques. Un second test est programmé pour le 1er avril face au Canada , toujours à Toronto et qui sera aussi édifiant que le premier.
Nous espérons aussi que cette première étape de la préparation atteindra ses objectifs dans la mesure où le temps presse et il est nécessaire que l'équipe arrive à un niveau respectable à la veille du grand rendez-vous mondialiste.
J.B.
« Tunis, Théâtres du Monde » : Quand les scènes du monde se donnent rendez-vous à Tunis
Par Imen ABDERRAHMANI
À l’occasion de la Journée mondiale du théâtre, la Cité de la Culture accueille la 4ème édition de « Tunis, Théâtres du Monde », un rendez-vous qui confirme l’ouverture de la scène tunisienne aux créations et aux imaginaires venus des quatre coins du monde.
Organisée par le Théâtre national tunisien (TNT), en partenariat avec le Théâtre de l’Opéra de Tunis et l’Organisme tunisien des droits d’auteur et des droits voisins (OTDAV), la manifestation « Tunis, Théâtres du Monde », qui s’ouvre ce soir pour se poursuivre jusqu’au 3 avril, débarque dans sa quatrième édition à la Cité de la Culture. Pendant huit jours, créations tunisiennes et spectacles internationaux dialogueront autour des grandes questions humaines contemporaines.
Les célébrations s’ouvriront, ce soir, à 19h30 sur la Place des Théâtres avec le spectacle « Clown », avant une soirée hommage à plusieurs figures majeures de la scène tunisienne : Mounira Zakraoui, Fetha Mehdoui, Jamel Madani, Lassaad Ben Abdallah, Mohamed Moumen, Hassan Mouadhen, Malika Hachemi, Ali Khemiri, Sabah Bouzouita et Mohamed Hédi Belkhir. La soirée se clôturera par des intermèdes musicaux interprétés par le duo Aziz Zouaoui et Kenza Zouaoui.
Le coup d’envoi de cette édition sera donné avec « Les Fugueuses » de Wafa Taboubi, coproduction du TNT et d’Ostoura Production. Couronnée par plusieurs distinctions majeures en 2026 en Tunisie et ailleurs, la pièce met en scène six personnages enfermés dans une attente sans fin, transformant l’espace scénique en labyrinthe existentiel où se questionnent identité, destin et quête de sens.
La salle « Le 4ème art » accueillera, le 28 mars, le spectacle espagnol « Kolochi Baw » d’Aïda Colmenero Diaz, création née à Bamako et nourrie d’une réflexion sur les héritages coloniaux et la mémoire africaine. Assem Bettouhami sera de la fête, le 29 mars, avec « Cloche » qui proposera une immersion nocturne dans la mémoire et la condition humaine, à travers la rencontre de quatre convives réunis autour d’une table.
Le public découvrira le 30 mars, le spectacle russe « Les Nuits Blanches » de Natalia Nikolaeva, inspirée de l’univers de Fiodor Dostoïevski. L’œuvre est une plongée dans la poésie mélancolique de Saint-Pétersbourg, entre rêve, amour et solitude.
Visions contemporaines
La seconde partie du programme fera la part belle aux créations contemporaines. Le 31 mars, « 9 » de Moez Gdiri imagine un monde figé après l’effondrement, où un personnage lutte contre sa propre fin. L’artiste turque Pinar Töre Karayel présente, le 1er avril, « The Last Human », œuvre reposant sur une vision post-apocalyptique questionnant l’avenir de l’humanité.
Marwa Manai est de retour, le 2 avril, avec « In the Belly of the Whale », coproduite avec le Théâtre national croate de Rijeka. L’œuvre aborde la migration irrégulière et les violences subies dans les centres d’accueil.
La clôture sera tunisienne, le 3 avril, avec « Call Center Tragedy » de Nizar Saidi, portrait d’une jeunesse en quête d’appartenance dans un monde incertain. Œuvre qui a remporté le Tanit de bronze des Journées Théâtrales de Carthage (JTC) 2025, et qui a déjà reçu les prix de la meilleure scénographie, du meilleur texte et de la meilleure mise en scène, lors du festival du théâtre tunisien « Les saisons de la création ».
Avec cette quatrième édition, « Tunis, Théâtres du Monde » confirme son ambition : faire de Tunis un carrefour des scènes contemporaines, où se croisent les imaginaires et les grandes questions de notre temps.
I.A.
Éditorial : Le duo du mal - Par Jalel Hamrouni
L'instabilité chronique qui secoue la planète aujourd'hui n'est pas le fruit du hasard, mais semble résulter d'une stratégie délibérée où les intérêts de Washington et de Tel-Aviv s'entremêlent pour redessiner la carte du monde.
De l'Europe de l'Est au Proche-Orient, la main de l'Oncle Sam et celle de son allié sioniste sont omniprésentes, orchestrant des révolutions « packagées » ou menant des guerres dévastatrices sous couvert de sécurité, semant ainsi les graines d'un chaos global.
Dans les années 2000, un phénomène nouveau a transformé la géopolitique : la révolution traitée comme une marque de marketing. Qu'il s'agisse de la révolution des Roses en Géorgie, de la révolution Orange en Ukraine ou de celle des Tulipes au Kirghizistan, ces mouvements ont été conçus pour être « vendus » aux médias internationaux.
e processus n'est pas spontané ; il est souvent préparé dans l'ombre. La CIA joue un rôle central dans cette ingénierie sociale pour mener des révolutions non violentes mais aux objectifs politiques bien précis : aligner ces nations sur les intérêts occidentaux.
C’est toutefois au Moyen-Orient que cette volonté de domination atteint son paroxysme. Certains analystes n’hésitent plus à qualifier l’alliance Tel-Aviv-Washington de véritable axe du mal.
Cette relation organique se manifeste par un soutien militaire, économique et politique sans précédent des États-Unis au projet sioniste, particulièrement visible pendant l’offensive dévastatrice sioniste contre la bande de Gaza. Le flux constant d'armes sophistiquées et de fonds, issus des impôts des contribuables américains, alimentait une machine de guerre qui pratique une politique d'épuisement et d’extermination contre le peuple palestinien.
Le chaos sert ici un double objectif : il permet aux extrémistes sionistes de poursuivre l’expansion coloniale en vue d’une « Grande Israël » tout en justifiant une présence militaire américaine permanente dans des zones stratégiques comme la mer Rouge, la Syrie et la Méditerranée orientale.
Cette stratégie de la tension permanente est aussi un moteur économique puissant pour le complexe militaro-industriel américain, notamment sous la présidence de Trump. L'instabilité et la menace « terroriste », alimentées par l'utilisation de groupes comme « Daech » ou le « Front Al-Nosra », des instruments de l'Occident, dopent les ventes d'armes.
Les États-Unis dominent ainsi 67 % du commerce mondial de l'armement, trouvant dans les pays du Golfe des acheteurs captifs dont la sécurité dépend désormais totalement de Washington.
Plus inquiétant encore est l’émergence d’un nouvel axe du mal qui associe désormais des gouvernements ultra-nationalistes, notamment en Inde, à cette dynamique de domination. Ce projet vise à instaurer une hégémonie « hindou-sioniste » sur le monde musulman et arabe, menaçant directement la souveraineté de pays comme la Turquie ou l’Arabie Saoudite.
L’attaque conjointe lancée contre l’Iran s'inscrit, sans doute, dans cette logique de déstabilisation régionale totale. L'objectif n'est pas seulement de frapper Téhéran, mais de provoquer un soulèvement armé aux frontières iraniennes, créant une onde de choc qui déverserait des millions de réfugiés sur les pays voisins, affaiblissant ainsi durablement toute la région au seul bénéfice d’Israël.
Le mépris flagrant pour le droit international et les conventions de Genève semble être la norme pour ce duo du mal. Le Congrès américain va jusqu'à menacer les juges de la Cour pénale internationale pour protéger les dirigeants sionistes de toute poursuite pour crimes contre l'humanité.
En instrumentalisant les institutions internationales et en épuisant leurs rivaux comme la Russie dans des guerres d’usure, ou en encerclant la Chine, Washington et Tel-Aviv rejettent l'idée d'un système mondial fondé sur la justice et l'équilibre.
En conclusion, là où surgissent des troubles, les mains américaines et israéliennes sont bien visibles, manipulant les symboles, les armes et les économies pour maintenir leur emprise. En privilégiant le chaos à la stabilité et l'hégémonie au respect des peuples, cet axe conduit le monde vers des confrontations imprévisibles et dévastatrices.
J.H.
L’Institut de Traduction de Tunis: la traduction et le linguistique en débat du 31 mars au 1er avril
L’Institut de Traduction de Tunis organise un colloque sur « Les Yeux des Langues 3 » du 31 mars au 1er avril 2026, sur le thème « Traduction et Linguistique : Miroirs du Langage et leurs Réflexions » avec la participation d’éminents professeurs et chercheurs d’universités et d’institutions académiques tunisiennes, en vue de promouvoir la recherche scientifique en traduction et en linguistique et d’explorer leurs intersections théoriques et appliquées.
Le programme du colloque s’ouvrirai par une première session scientifique, présidée par le professeur Khaled Miled portant sur les problématiques de la traduction linguistique depuis et vers l’arabe, les défis posés par la traduction de la terminologie d’Igor Melchuk et la féminisation du langage à la lumière de l’histoire du genre.
La première journée se poursuivra par une deuxième session scientifique, présidée par le professeur Taoufik Alaoui qui explorera les liens entre traduction et relativité linguistique, les normes de traduction de la terminologie linguistique et les méthodes de normalisation, ainsi que l’application des théories modernes de la traduction à l’entraînement des modèles linguistiques informatiques.
Une partie du programme sera consacrée à un atelier pratique de traduction pour les étudiants, animé par des spécialistes.
La deuxième journée débutera par une troisième session scientifique, présidée par le professeur Kamel Abdaoui, qui abordera des sujets contemporains tels que Prompt Engineering, l’ingénierie de la traduction comme pratique métalinguistique dans la traduction assistée par l’IA, la traduction des concepts sociolinguistiques en arabe, et l’analyse des cadres idéologiques en traduction et les défis du transfert de textes linguistiques entre les langues.
Le programme comprend également une table ronde intitulée « Les étagères du jardin des langues », durant laquelle seront présentés plusieurs ouvrages et encyclopédies traduits par l’Institut de Traduction de Tunis dans le domaine de la linguistique, notamment « Le Dictionnaire encyclopédique de pragmatique », « Une théorie hybride de la métaphore » et « Phrase et signification ». Le symposium se conclut par la remise des prix du concours d’ateliers de traduction, qui vise spécifiquement à encourager les étudiants à développer leurs compétences en traduction spécialisée et à renforcer leur engagement dans ce domaine.
Site archéologique de Koustiliya (Tozeur): Une mission tuniso-italienne sur le terrain
Une équipe multidisciplinaire de l’Institut national du patrimoine (INP) et de l’Université de Rome Tor Vergata mène actuellement une mission de terrain, sur le site archéologique de Koustiliya (Tozeur).
Coordonnée dans le cadre d’un projet de coopération scientifique et culturelle tuniso-italienne, cette mission a pour objectif principal, mentionne l’INP sur sa page officielle, la poursuite des fouilles engagées depuis 2017 sur ce site archéologique et le lancement des études nécessaires à sa valorisation scientifique et culturelle.
Les fouilles en cours, selon la même source, se concentrent sur un vaste monument rectangulaire adjacent à l’église, composé de plusieurs pièces organisées autour d’un patio central. Ces investigations ont permis de mettre en évidence plusieurs phases d’occupation, s’étendant du Ve au VIIe siècle, voire au-delà.
Parallèlement, une équipe de géologues de l’Université de Carthage (Faculté des sciences de Bizerte) a entrepris l’analyse des matériaux de construction utilisés (pierre, mortier, pisé, etc.).
Un autre axe de recherche porte sur l’archéologie du bâti, avec une documentation systématique des structures de l’église, complétée par un relevé au scanner laser de ce monument particulièrement bien conservé.
Le matériel issu des fouilles fait également l’objet d’une étude par des céramologues, dans le but d’identifier les différentes phases chronologiques et d’établir une typo-chronologie d’un faciès encore peu documenté dans les recherches spécialisées.
L’étude de l’environnement est également intégrée à travers l’analyse des restes botaniques issus des niveaux de fouille. Cette approche contribuera à la reconstitution des modes de consommation et du cadre de vie des populations locales durant l’Antiquité tardive.
L’objectif ultime du projet est la valorisation durable du site, en intégrant l’ensemble des acteurs locaux dans une démarche participative. Dans une première phase, et avec la collaboration des chercheurs de l’Ecole nationale d’architecture et d’urbanisme (ENAU), des réunions ont été organisées avec les responsables régionaux et les organisations de la société civile, afin de définir une vision concertée et partagée du projet.
Congrès de l'UGTT : Sauve qui peut…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Retour à avant l’amendement de l'article 20 et quota pour les femmes au sein des instances dirigeantes y compris le bureau exécutif, telles sont les recommandations de ce congrès extraordinaire de l'UGTT qui s'achèvera aujourd'hui avec l'élection d'un nouveau bureau exécutif...
Les travaux du congrès extraordinaire de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) s'achèveront aujourd'hui à Monastir avec l'élection d'un nouveau bureau exécutif. Mais la grande question est celle de savoir si la Centrale syndicale va sortir de sa crise et préserver son intégrité ou on se dirige vers une impasse qui mettra toute l'organisation en péril ?
A ce sujet, l'activiste et membre de l'Association internationale de défense des droits de l'homme et des médias, Rached Marhlouthi, nous a déclaré : " Tout dépendra de la composition du nouveau bureau exécutif qui devrait répondre aux attentes de tous les syndicalistes. L'on sait que la crise qui secoue l'UGTT depuis des années incombe en premier lieu aux actuels dirigeants. Alors, la base syndicale s'attend à un nouveau souffle de nature à rompre avec ces deux derniers mandats synonymes de dépassements et d'abus à tous les niveaux".
Et d'ajouter : " A mon avis, il faut passer le flambeau à une nouvelle génération et hisser la femme syndicaliste au premier rang de responsabilité. Ce qui n'est pas le cas puisque les congressistes ont voté pour un quota permettant une représentation restreinte des femmes au niveau du bureau exécutif. Cela étant, espérons tout de même qu'un consensus sera trouvé pour sauver l'organisation syndicale et lui redonner son prestige"
Les coulisses ...
En coulisses, les choses commencent à se clarifier concernant les listes et les alliances électorales. La première liste se présentant à l'élection au bureau exécutif est dirigée par Salah Eddine Salmi. Elle comprend plusieurs candidats, dont Othman Jlouli, Taher Barbari, Jibran Bouraoui, Salah Hamed, Selouane Smiri, Ahmed Jaziri, Slim Bouzidi, Fakhri Aouiti, Wajih Zaidi, Samia Hajji,
Nahla Sayadi, Boulbaba Salmi, Taieb Bahri et Mabrouk Beltoumi
Des discussions en coulisses évoquent également une autre liste dirigée par Farouk Ayari. Toujours et selon les informations qui circulent dans les couloirs du congrès, une troisième liste plus restreinte pourrait se former à partir de candidatures individuelles sous forme d’alliance électorale, mais les contours restent encore flous.
À noter que le congrès a abouti, lors de ses travaux d’hier, à une série de modifications importantes du règlement de base de l’organisation, notamment la suppression de l’article 20, qui avait suscité une large controverse et failli compromettre l’unité de l’organisation.
Il a été décidé de revenir à la formulation de l’article 10 du statut de l’Union, adoptée lors du congrès de Djerba en 2006, qui limite la possibilité pour les membres du bureau exécutif, y compris le secrétaire général, de se présenter à deux mandats consécutifs seulement, alors que l’article 20 permettait auparavant trois mandats consécutifs.
Un consensus a également été trouvé sur la composition du bureau exécutif national, qui sera formé de 13 membres, avec un plafond de quatre membres retraités. La décision prévoit aussi que l’adhésion soit renouvelable une seule fois, tout en garantissant une représentation féminine d’au moins deux femmes au sein de la composition.
Le congrès a en outre approuvé la possibilité pour les dirigeants des fédérations professionnelles et des unions régionales de renouveler leur candidature pour trois mandats consécutifs, mais un membre ne peut occuper le poste de secrétaire général pendant plus de deux mandats. Le congrès a examiné une proposition visant à lever le gel concernant certains dirigeants syndicaux, mais celle-ci n’a pas été soumise au vote et son examen a été reporté à une date ultérieure.
Enfin, le congrès a approuvé les rapports moral et financier de l’organisation, dans un climat de débats houleux et de critiques, dont certaines ont été qualifiées de virulentes à l’égard de la performance du bureau exécutif sortant lors du mandat précédent.
Au terme de ce congrès extraordinaire, l’UGTT se retrouve à la croisée des chemins. Entre amendements statutaires, compromis fragiles et critiques persistantes, les décisions adoptées traduisent une volonté de désamorcer la crise sans pour autant en traiter toutes les causes profondes. L’élection du nouveau bureau exécutif constituera ainsi un test décisif pour mesurer la capacité de la Centrale à se renouveler et à rétablir la confiance avec sa base.
Si certains espèrent un nouveau souffle porté par une génération montante et une meilleure représentativité, notamment des femmes, d’autres redoutent la reconduction des mêmes logiques ayant conduit aux tensions actuelles. Dans un contexte social et économique déjà sous pression, l’UGTT n’a plus droit à l’erreur. Sa crédibilité, son unité et son rôle historique dans le paysage national dépendent désormais des choix qui seront faits aujourd’hui.
M.B.S.M.
















