Hafedh Khalifa et Faouzia Dhifallah proposent ce soir « Mirage »
La salle « Le 4ème art » accueille, ce soir, à 19h00, « Mirage », la nouvelle création de Hafedh Khalifa, d’après un texte de Faouzia Dhifallah. Une œuvre engagée et poétique qui plonge dans l’histoire de femmes en quête de liberté, entre errance, espoir et résistance.
Cette pièce propose une plongée sensible et engagée dans les réalités multiples de la condition féminine. « Mirage » explore « le parcours de la femme ambitieuse, de la femme migrante, de celle qui lutte pour conquérir sa liberté et faire entendre sa voix, loin de toute forme de contrainte, de rejet ou de régression. Elle incarne ces femmes portées par un profond désir de vie et d’émancipation, malgré les entraves d’une société qui cherche encore à contrôler leurs choix et leurs trajectoires », lit-on dans le résumé de la pièce.
L’histoire, à portée universelle, pourrait se dérouler en tout lieu. Elle met en scène trois femmes du désert, contraintes de fuir des situations différentes. Chacune porte en elle une histoire singulière, marquée par la rupture et la quête d’un ailleurs. Leur destin croise celui d’un homme d’une cinquantaine d’années, ancien engagé dans une armée étrangère, vivant reclus dans cet environnement hostile, qui leur propose son aide.
La pièce offre ainsi une lecture singulière des trajectoires migratoires, souvent marquées par la fuite des guerres, de l’oppression et des assignations sociales, tout en portant un message profondément humain, tourné vers la vie, l’amour et l’espoir.
Son prix frôle des records dans le monde : Le phosphate, la grande opportunité ratée en Tunisie…
Par Hassan GHEDIRI
Au prix actuel du phosphate sur le marché mondial, la Tunisie qui se contente d’une production inférieure à 4 millions de tonnes, aurait pu générer jusqu’à 4,2 milliards de dollars de revenus…
Il est triste de le dire mais la CPG, est synonyme des occasions ratées. L’industrie de phosphates qui contribuait, jusqu’il y a quelques années à plus de 4% du PIB et générait environ 10% des revenus des exportations, touche aujourd’hui le fond. La campagne supposée se remettre petit à petit sur pied après une longue descente aux enfers, continue apparemment de s’enfoncer dans une spirale de déficits.
C’est en effet ce que l’on pouvait déduire des dernières nouvelles selon lesquelles la direction de l’entreprise était incapable d’honorer les charges salariales du mois de mars. Une situation dépassant les limites de l’absurde pour un pays qui subit un manque à gagner colossal en raison de son incapacité à accroitre sa production de phosphate à l’heure où les prix mondiaux atteignent des sommets.
En fait, le non-paiement des salaires des employés de la Compagnie de phosphate de Gafsa (CPG) et également, selon certaines sources, de tous ceux travaillant dans les unités industrielles du Groupe chimique tunisien, a été l’évènement qui a marqué le début de cette semaine. Pourtant, il y a seulement quelques semaines, rien n’indiquait que la situation a été aussi critique dans le secteur.
La tendance a été d’ailleurs plutôt prometteuse en ce qui concerne l’évolution de la production et des exportations, comme la laisse entrevoir les chiffres communiqués par l’Institut national de la statistique (INS). Les exportations de phosphate et de ses dérivés auraient progressé de 15% en 2025, avait en effet annoncé l’INS. Une évolution qui marque une reprise prometteuse après une chute dépassant 26% au cours de l’année 2024.
Il faut souligner qu’en 2022, l’Etat s’était fixé un objectif très ambitieux de porter la production à 14 millions de tonnes à l’horizon de 2030 contre une moyenne annuelle demeurant actuellement au-dessous de 4 millions de tonnes. Pour ce faire, l’Etat avait notamment annoncé une panoplie de réformes et de projets d’investissements structurels visant à moderniser la production et augmenter les capacités de transport et de transformation de phosphates.
Un plan de développement adopté lors d’un conseil ministériel consacré au secteur de phosphates et qui s’étale sur la période 2026/2030 table par ailleurs sur une augmentation progressive de la production de phosphates à même de permettre notre pays de reconquérir sa place sur le marché mondial qui connait une hausse spectaculaire des prix.
Nombreux sont en effet les plans de restructuration et les investissements annoncés par les gouvernements successifs au cours de ces dernières années et qui sont supposés remédier aux dysfonctionnements qui entravent le secteur de phosphates et relancer la dynamique de production. Des projets qui nécessitent des gros investissements essentiellement sous forme de financements étrangers.
Des accords ont été conclus avec des fonds d’investissements arabes pour la modernisation des lignes ferroviaires reliant les zones de production dans le bassin minier aux unités de transformation à Gabes et Sfax. Il va falloir néanmoins attendre quatre et cinq ans pour voir ces projets d’infrastructure opérationnels et contribuer au développement de la production.
La Tunisie continuera alors de subir un manque à gagner colossal dans un contexte mondial marqué par une hausse considérable des prix de phosphates et des engrais liée à l’augmentation de la demande internationale et aux tensions géopolitiques.
Depuis début 2026 et le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient la paralysie du trafic des marchandises à cause du blocage du détroit d’Ormuz a fait grimper les prix de phosphate à plus de 700 dollars la tonne, soit un peu plus de 2 mille dinars tunisiens. Pour la Tunisie cela constitue un manque à gagner se chiffrant à plusieurs milliards de dinars.
Dans un marché mondial perturbé par les ruptures d’approvisionnement et des hausses de la demande, les pays producteurs de phosphates bénéficient directement de la hausse des prix internationaux.
Au prix actuel, la Tunisie qui se contente aujourd’hui d’une production inférieure à 4 millions de tonnes, aurait pu générer jusqu’à 4,2 milliards de dollars supplémentaires si elle avait exploité pleinement sa capacité de production estimée par les spécialistes à un peu plus de 10 millions de tonnes par an.
H.G.
A la librairie Arthephage-Tunis : Lorand Gaspar revit sous la plume de Moëz Majed
Par Imen Abderrahmani
Entre mémoire et lumière, Moëz Majed fait revivre Lorand Gaspar, poète du minéral et du désert, dans un roman qui célèbre ses années tunisiennes. À découvrir, cet après-midi, à la librairie Arthephage à partir de 16h00.
À l’occasion de la sortie de son premier roman « Lorand Gaspar vient de mourir » (Hykeyet Edition, Tunis), le poète Moëz Majed sera présent, cet après-midi, à la librairie « Arthephage » pour partager son regard sur la vie et l’œuvre de Lorand Gaspar. L’auteur échangera avec le public et dédicacera à l’occasion son livre, sous la modération de la poétesse Emna Louzir. Les mots de Gaspar et de Majed résonneront tout au long de ce rendez-vous, donnant au public une traversée poétique unique.
Ce roman de 169 pages explore la vie intime et artistique de Lorand Gaspar, médecin et figure majeure de la littérature française du 20ème siècle, qui a vécu pendant un quart de siècle à Tunis. Né en 1925 en Transylvanie, il a bâti une œuvre nourrie par la méditation sur l’immanence, le langage et la lumière, puisant dans ses expériences concrètes du monde et dans ses marches solitaires à travers les déserts du Proche-Orient. Comme il le disait lui-même : « Et si les mots s’avèrent parfois impuissants à communiquer un moment de « vraie vie », puissent-ils du moins témoigner d'un immense désir de lumière partageable. »
Les années passées en Tunisie constituent un chapitre central de sa vie et de sa création. Médecin, il y exerça son art tout en s’engageant dans la vie culturelle locale. Il fonda et codirigea, avec Jacqueline Daoud et Salah Garmadi, la revue Alif, publiée par Cérés et parue en douze numéros entre 1970 et 1982. Ces années témoignent d’un homme profondément connecté au réel, où écriture, réflexion et action se mêlent intimement.
Dans ce roman, Moëz Majed restitue avec sensibilité et profondeur la figure de Lorand Gaspar. Il tire de l’oubli ces pages importantes de l’histoire de la poésie tunisienne et de l’action culturelle en 20ème siècle. L’histoire de Gaspar se croise ainsi avec celle de Majed lui-même, voix majeure de la poésie francophone tunisienne contemporaine et traducteur engagé, ainsi qu’avec celle de son père, Jaâfar Majed, poète mais aussi prosateur, chercheur et enseignant, dont l’œuvre et la personnalité ont profondément marqué la scène culturelle tunisienne et fait de lui une véritable icône. En tissant ces trajectoires, l’auteur propose un récit où mémoire personnelle et héritage collectif se répondent, révélant la vitalité de la littérature tunisienne et la puissance d’une poésie capable de traverser le temps.
Le roman devient ainsi une exploration de la mémoire « commune et personnelle qui s’effrite », une réflexion sur les mots et sur les « histoires de ces personnes qui ont marqué l’existence de cet écrivain devenu témoin de son siècle », lit-on sur la 4ème de couverture qui souligne bel et bien la dimension intime de ce récit et qui porte la signature de Emna Louzyr, poétesse et compagnon de route de Moëz Majed.
Imen. A.
Organisation internationale de la Francophonie (OIF) : Ouverture de l’appel à candidatures pour le Prix des cinq continents de la Francophonie
L’appel à candidatures pour le Prix des cinq continents de la Francophonie 2026-2027, destiné à récompenser une œuvre de fiction narrative en langue française, est ouvert jusqu’au 31 juillet 2026, a annoncé l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Peuvent être soumis des ouvrages (roman, récit ou recueil de nouvelles) publiés à compte d’éditeur entre le 1er juillet 2025 et le 30 juin 2026, par des maisons d’édition francophones disposant d’un circuit de diffusion en librairie.
Le processus de sélection repose sur six comités de lecture répartis dans l’espace francophone, dont les travaux sont examinés par un jury international chargé de désigner le lauréat.
Le prix est doté de 15 000 euros (environ 50 000 dinars tunisiens) pour l’auteur primé et de 5 000 euros (près de 17 000 dinars) pour une éventuelle mention spéciale. Il comprend également un accompagnement d’une année visant à assurer la promotion de l’œuvre et de sa maison d’édition.
Créé par l’OIF, le Prix des cinq continents vise à promouvoir la diversité des expressions littéraires en langue française à l’échelle internationale. Les candidatures sont à soumettre en ligne via la plateforme « Littératures francophones » de l’OIF.
L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) : La ministre des Affaires culturelles auditionnée sur les projets en retard
La situation des infrastructures culturelles, le retard de plusieurs projets et la suspension de certaines manifestations ont été au centre d’une séance plénière tenue vendredi par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), consacrée à l’audition de la ministre des Affaires Culturelles, Amina Srarfi.
Au total, onze questions orales ont été adressées à la ministre, portant notamment sur l’état des établissements culturels dans plusieurs régions, la création de nouveaux espaces, ainsi que la préservation et la valorisation des sites archéologiques.
Projets culturels en attente à Sfax et El Jem
Répondant aux députés, la ministre a indiqué que le projet de reconversion de l’église catholique de Sfax en Médiathèque, programmé depuis 2016, fait toujours l’objet de concertations en vue de finaliser les procédures techniques et foncières nécessaires à sa relance. Le projet, à l’arrêt depuis plusieurs années, a fait l’objet mardi d’une séance de travail présidée par la ministre, consacrée à sa relance.
Concernant la maison de la culture de Sfax-Ouest, "un terrain domanial d’environ 4.000 m² a été identifié", en attendant la régularisation juridique préalable au lancement du projet.
S’agissant de la ville d’El Jem (Mahdia), elle a fait état de l’avancement des travaux d’entretien et d’aménagement des sites archéologiques, précisant qu’un projet de réhabilitation du musée archéologique, d’un coût estimé à 1,1 million de dinars, est en phase d’appel d’offres, avec un démarrage des travaux prévu en mai 2026.
Elle a également évoqué la complexité du statut foncier de certains terrains abritant des vestiges archéologiques en raison de l’enchevêtrement des propriétés, ajoutant que l’Institut national du patrimoine (INP) poursuit les opérations d’acquisition et de régularisation.
Dans le même cadre, un projet de fouilles nationales doit être lancé à El Jem à partir de mai 2026 afin d’identifier les vestiges archéologiques et de préciser le statut des terrains concernés.
Patrimoine et valorisation des sites
Pour les sites de Dougga et Djebba (Béja), la ministre a annoncé l’élaboration en cours d’un plan de protection et de mise en valeur du site de Dougga, ainsi que la création envisagée d’un centre d’interprétation dans sa partie nord, -ce site étant inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1997-, sous réserve de mobilisation des financements nécessaires.
Elle a, par ailleurs, passé en revue les efforts de l’INP en matière d’inventaire et de préservation des monuments. Des études foncières ont été réalisées pour sept sites à Salakta (Mahdia) et El Alia (Bizerte), en vue de leur classement, en plus de travaux de restauration ayant concerné une partie du cimetière marin de Salakta ainsi que des sépultures découvertes à Chatt Ben Njima, endommagées par les récentes intempéries.
Manifestations culturelles et cadre juridique
La séance a également abordé la suspension de la quatrième édition des Journées d’Art Contemporain de Carthage (JACC). La ministre a précisé que cette manifestation n’est pas nécessairement annuelle et qu’une évaluation des éditions précédentes est en cours afin de définir une nouvelle orientation, tout en maintenant le soutien public.
Créée en 2018, cette manifestation à dimension arabe et africaine a connu trois éditions organisées à la Cité de la culture en 2018, 2019 et 2023.
Par ailleurs, la ministre a indiqué que le cadre juridique régissant l’exportation des œuvres d’art plastique est en cours de révision afin d’introduire davantage de flexibilité, tout en préservant les pièces à valeur patrimoniale.
Elle a ajouté que l’inventaire et la valorisation du fonds national d’art, qui compte plus de 13.000 œuvres constituées depuis les années 1960, constituent « une priorité ». Cette mission est assurée par la direction des arts plastiques et le Musée national d’art moderne et contemporain (Macam Tunis), à la Cité de la culture, qui abrite près de 3.500 œuvres.
Concernant l’examen du diplôme national de musique arabe, suspendu ces dernières années, la ministre a expliqué que cette situation est liée à l’inadaptation du cadre réglementaire datant de 2018, ajoutant que des solutions sont à l’étude pour en assurer la reprise.
Infrastructures et développement régional
Concernant la création de maisons de la culture dans les régions de l’intérieur, la ministre a indiqué que le département finalise les procédures administratives relatives à l’affectation de terrains, notamment pour un projet dans la délégation de Zaouiet Ksiba et Thrayet (Sousse), sur une superficie d’environ 5.000 m².
Les députés ont, de leur côté, soulevé plusieurs problématiques, notamment la protection du patrimoine contre les atteintes et les exploitations illégales, ainsi que les difficultés financières et logistiques rencontrées par certains festivals, à l’instar du Festival international de Boukornine (Ben Arous) et du Festival de la Vigne de Grombalia (Nabeul).
Ils ont également insisté sur la nécessité de renforcer l’action culturelle dans les zones rurales, notamment dans les régions de Sidi Bouzid, et de développer le tourisme culturel en tant que levier économique.
Vers une nouvelle stratégie culturelle
En réponse, la ministre a présenté les grandes lignes de la stratégie de son département, axée sur une approche globale visant à renforcer le rôle de la culture dans le développement, à moderniser la gestion du patrimoine à travers la numérisation et la recherche scientifique, et à promouvoir les industries culturelles et créatives (ICC).
Elle a également fait état de plus de 700 festivals organisés annuellement, dont environ 300 en été et plus de 34 à caractère international soutenus par l’État, ainsi que de plus d’un millier de manifestations culturelles appuyées à l’échelle nationale.
Le Quotidien avec TAP
Ediorial : L'OTAN n’est plus - Par Jalel Hamrouni
Depuis plusieurs décennies, l’OTAN incarne le pilier de la défense collective en Europe, avec les États-Unis en tant qu'élément central garantissant la sécurité de l'Alliance. Mais aujourd’hui, sous la pression d'un contexte géopolitique mouvant et de l’attitude de plus en plus unilatéraliste de Washington, le rôle historique de l’OTAN semble vaciller.
La récente menace de Donald Trump de quitter l’Alliance si les Européens ne s’impliquent pas davantage dans le conflit contre l’Iran est un signal alarmant, qui soulève une question fondamentale : l’OTAN est-elle toujours l’organisation de défense collective ?
Fondée en 1949, l’Organisation atlantiste a toujours été le fondement de la stratégie de sécurité européenne, articulée autour de l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord, qui stipule qu’une attaque contre l’un des membres de l’Alliance est considérée comme une attaque contre tous. Cet article incarne la solidarité entre les nations membres et a été la clé de voûte de l’équilibre militaire mondial pendant la Guerre froide.
La présence militaire américaine en Europe a constitué le bouclier contre les menaces soviétiques et, plus récemment, contre les dynamiques instables à l’échelle mondiale, qu’il s’agisse de la montée de la Chine ou de la menace terroriste transnationale.
Pourtant, ces dernières années, l’Alliance a été mise à l’épreuve. Le refus de Trump de s’engager dans des interventions internationales, sa remise en cause de l’équilibre multilatéral, et la demande incessante que les Européens augmentent leur budget militaire ont érodé l'idée d'une solidarité indéfectible entre les membres de l’OTAN.
L’énigme de l’Iran, où les États-Unis ont choisi d’agir de manière autonome en menant une offensive militaire, a exacerbé la fracture. Trump a ainsi mis la pression sur les Européens, les accusant de ne pas s’engager assez dans sa guerre, tout en précisant que la protection américaine ne serait plus garantie si l’Europe ne suivait pas son exemple.
Le défi est clair pour l’Europe : elle ne peut pas se permettre de voir l’OTAN se déliter sous l’effet de l’agenda américain. En dépit des tensions, les Européens ne sont pas prêts à tourner le dos à l'Alliance, car l'OTAN reste un acteur majeur de leur sécurité collective. Le retrait des États-Unis, à moins d’une alliance alternative crédible, serait une catastrophe stratégique.
L’Europe ne peut pas se permettre de fragiliser une architecture de défense qui repose en grande partie sur les capacités militaires et le leadership des États-Unis.
Mais cette dépendance aux États-Unis, déjà lourde et complexe, semble de plus en plus insoutenable à mesure que les intérêts des deux bords divergent. Les Européens ont certes l’intention de maintenir un lien fort avec les États-Unis, mais ils doivent aussi faire face à une réalité incontournable: l’OTAN, dans sa forme traditionnelle, n’est plus le mécanisme collectif de défense qu’elle était.
La crise du Moyen-Orient, la remise en cause des stratégies américaines et l’émergence de nouvelles menaces, comme la cybercriminalité ou les rivalités géopolitiques avec la Chine, imposent une réflexion profonde sur l’avenir de l’Alliance.
Dans ce contexte, l’Europe doit prendre l’initiative et penser à son propre avenir sécuritaire. Ce n’est pas une question de se libérer de l'OTAN, mais plutôt de se redéfinir au sein de cette organisation en y inscrivant un pilier européen plus autonome. L’Europe doit se préparer à défendre ses propres intérêts tout en restant un partenaire fidèle dans le cadre transatlantique.
C’est ce que l’on pourrait appeler une OTAN à deux vitesses, où les membres européens assument une part plus active de la responsabilité géopolitique et stratégique.
Les Européens savent que l’OTAN, dans sa conception historique, est morte ou en train de disparaître. Le défi est d’adapter cette organisation à la nouvelle réalité stratégique, tout en préservant l’unité de l’Alliance. Il est impératif que les Européens parviennent à concevoir un modèle de défense commun qui ne soit pas entièrement tributaire des États-Unis, mais qui demeure fondé sur une coopération étroite avec eux.
En fin de compte, l’objectif reste de maintenir une sécurité collective, mais une sécurité réinventée, dans laquelle l’Europe joue un rôle plus central et plus autonome.
Les prochaines années s'annoncent décisives pour l'OTAN et pour la place de l'Europe dans un monde de plus en plus multipolaire. Si les États-Unis continuent à privilégier une approche "America First", l’Europe devra être prête à se réinventer pour assurer sa défense et préserver l’architecture de sécurité européenne.
J.H.
Ça bouge encore dans le corps militaire américain : le chef d'état major de l’armée de terre limogé !
Quelques heures après le renvoi de la ministre de la Justice par le président Donald Trump, une nouvelle crise frappe le cœur de l’appareil sécuritaire américain. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth aurait contraint le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Randy George, à quitter ses fonctions.
Selon la chaîne CBS, une source proche du dossier affirme que Pete Hegseth souhaitait placer à ce poste « quelqu’un qui mettrait en œuvre sa vision et celle du président Donald Trump pour l’armée ». Une déclaration qui suggère une volonté claire de reprise en main politique de la hiérarchie militaire.
D’autres médias américains avancent une hypothèse plus conflictuelle : le général Randy George se serait opposé — ou s’apprêtait à le faire — à certaines orientations stratégiques sensibles. Parmi les scénarios évoqués figurent de potentielles frappes contre une centrale nucléaire ou encore un raid sur l’île iranienne de Kharg, haut lieu stratégique pour les exportations pétrolières de Téhéran.
Aucune confirmation officielle n’est venue étayer ces spéculations à ce stade. Mais ces informations, si elles se vérifiaient, révéleraient des divergences profondes au sommet de l’appareil militaire américain sur des décisions aux conséquences potentiellement majeures sur la scène internationale.
Dans ce contexte, le départ forcé de Randy George apparaît comme une décision visant à éliminer toute résistance interne. « Le Pentagone a résolu tout problème en limogeant Randy George », résume une source citée par plusieurs observateurs, soulignant la brutalité du choix opéré.
Au sein du Pentagone, l’inquiétude grandit quant à une possible politisation accrue de l’armée, institution historiquement attachée à une certaine neutralité. Plusieurs élus au Congrès demandent déjà des explications, redoutant que des décisions militaires stratégiques soient désormais davantage dictées par des considérations politiques que par des évaluations strictement opérationnelles.
Alors que les zones d’ombre demeurent nombreuses, une certitude s’impose : ces bouleversements successifs témoignent d’une période de fortes tensions au sommet de l’État américain. Les véritables raisons de ce limogeage pourraient émerger dans les semaines à venir, au fil des révélations et des enquêtes médiatiques.
Ligue 1- 24e J. : Victoires précieuses de l'ASM et du CAB
Par Jamel Belhassen
Lors des deux matches au programme, les locaux, ASM et CAB ont assuré l'essentiel, à savoir: les points de la victoire alors que les visiteurs, l'OB et l'ASS voient leur situation au classement empirer.
Au stade du Kram, l'ASMarsa, 11e avec 25 points, recevait l'O.Bja ,13e avec 22 points, Une opposition à six points dans la mesure ouune victoire pour l'un ou pour l'autre ferait beaucoup de bien sur le double plan mathématique et mental. Et c'est l'ASM qui trouve vite le chemin des filets par Chaouech d'un très beau geste technique qui a trompé le gardien Krir ( 13e) (1-0).
La reaction des Cigognes n'a pas été assez tranchante jusqu'à la pause. Puis. les essais des uns et des autres se sont montrés infructueux. L'ASM remporte ainsi un succès qui lui permet de monter au classement.
A Bizerte, le CAB qui passe par une période favorable avec quatre matches sans défaite et qui occupe une place confortable au milieu du tableau offrait l'hospitalité à la lanterne rouge, l'ASSoliman qui venait de battre l'ESZarzis et qui n'a pas perdu l'espoir de sauver sa peau parmi l'élite.
La première période a été bien disputée. Diop et Amri d'un côté, Haddad et Bouassida de l'autre n'ont pu inquiéter Ben Cherifia et Maktouf, les deux gardiens.
De retour des vestiaires àla (50e), Chihi, d'un tir tendu oblige Khemiri à tromper son propre gardien. (1-0). La réaction des Solimanais a été remarquable sans arriver pour autant à égaliser. Le CAB confirme ainsi sa belle série positive.
Résultats
ASM- OB (1-0 )
CAB -ASS (1-0 )
J.B.
Un corridor terrestre continental vers les pays d’Afrique subsaharienne en perspective : Le rêve africain est-il réalisable ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Un corridor terrestre continental vers les pays d’Afrique subsaharienne, tel est le projet annoncé lors du forum économique tuniso-nigérien organisé en début de cette semaine à Tunis. Quelle est la faisabilité de ce projet ?
Le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, et le ministre du Commerce et de l’Industrie de la République du Niger, Abdoulaye Seydou, ont présidé les travaux du forum des hommes d’affaires des deux pays, organisé au siège du Centre de promotion des exportations, en présence du président-directeur général du centre, de l’ambassadeur du Niger en Tunisie (résidant en Algérie) ainsi que d’un groupe d’hommes d’affaires des deux parties.
Samir Abid a expliqué à cette occasion que « l’orientation vers les pays d’Afrique subsaharienne constitue un défi stratégique pour le développement des échanges commerciaux. Dans ce cadre, la Tunisie a lancé la préparation d’un projet de corridor terrestre continental, en coordination avec la partie libyenne. Ce corridor partirait du poste frontalier de Ras Jedir pour atteindre les pays d’Afrique subsaharienne, notamment le Niger, le Tchad, le Mali, le Burkina Faso et la République centrafricaine ».
Interrogé à ce sujet, l’expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi, nous a confié : « Certes, ce projet contribuera à réduire les coûts et les délais des opérations d’exportation, à atténuer les difficultés liées au transport et à la logistique, et à favoriser l’intégration africaine, mais au vu de la conjoncture actuelle et de la crise libyenne, la faisabilité d’un tel projet reste incertaine ».
Et d’ajouter : « Aussi bien la Tunisie que le reste de ses voisins comme l’Algérie et le Maroc, peinent depuis des années à s’ouvrir sur le reste du continent en raison de l’instabilité politique dans certains pays africains notamment dans la région du Sahel ». Que faire, alors, pour lever ces obstacles ?
Défis et enjeux …
Pour notre interlocuteur : « Certes, plusieurs obstacles se dressent devant la réalisation de ce projet, mais, le rêve est permis d’autant que la Tunisie a choisi depuis des années d’ancrer son économie dans l’espace africain et de renforcer son intégration en tant que choix stratégique.
Elle a été parmi les premiers pays à participer à l’initiative de commerce guidé dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), enregistrant près de 400 opérations d’exportation réalisées par des entreprises tunisiennes grâce à l’utilisation du certificat d’origine sur les marchés africains. Ces opérations concernent des secteurs à forte valeur ajoutée tels que les composants mécaniques et électroniques, le textile et l’habillement, ainsi que les industries agroalimentaires.
Et pour renforcer cette coopération, la Tunisie dispose de plusieurs atouts comme l’expertise industrielle tunisienne et des opportunités offertes dans le cadre de l’accord ZLECAf. La responsabilité commune impose, alors, de structurer les échanges et de diversifier les produits dans les deux sens, tout en encourageant les partenariats industriels et en facilitant l’investissement ».
L’expert, Mohamed Salah Jennadi, estime, par ailleurs, que « le renforcement de la coopération avec les pays d’Afrique subsaharienne, qui représentent une ceinture de sécurité pour la Tunisie, fait face à plusieurs défis, en particulier les problèmes de transport qui entravent le rythme des échanges commerciaux. En plus de la faiblesse de la représentation diplomatique tunisienne et la nécessité urgente d’ouvrir davantage d’ambassades afin de faciliter la communication et la coordination avec les partenaires africains dans divers domaines.
La coopération avec les pays d’Afrique subsaharienne doit prendre également en considération les besoins des pays subsahariens dans plusieurs domaines vitaux, notamment la santé, l’enseignement supérieur, la formation professionnelle ainsi que les technologies de l’information et de la communication ».
Ainsi, entre ambition stratégique et contraintes géopolitiques, le corridor terrestre vers l’Afrique subsaharienne apparaît comme un pari audacieux plutôt qu’une certitude immédiate. Mais au-delà des obstacles, une conviction s’impose : l’avenir économique de la Tunisie se joue aussi au sud. Reste à transformer ce rêve africain en réalité concrète, en conjuguant vision, stabilité et action durable.
M.B.S.M.
Guerre au Moyen-Orient : risque d’envolée des prix mondiaux de céréales : Grand importateur, la Tunisie doit rapidement faire ses provisions…
par Hassan GHEDIRI
Malgré les bonnes perspectives qui s’annoncent pour la campagne céréalière de 2026, la Tunisie va peut-être devoir anticiper ses futures commandes de blés pour éviter le renchérissement des prix…
L’Office des céréales (OC) qui suit de très près l’escalade des tensions dans la région du golfe persique ne souhaite certainement pas voir une onde de choc bousculer un marché du blé demeurant jusque-là à l’abri des hausses des prix. En effet, depuis le début de la guerre, les marchés des céréales sont restés calmes au regard des montées hystériques qu’ont connu les cours de pétrole et du gaz. Les prix du blé sont restés grosso-modo dans des niveaux maitrisés.
Une situation, si elle dure, qui ne peut que profiter aux pays importateurs tel que la Tunisie consacre chaque année environ 3,5 milliards de dinars pour l’achat du blé. Depuis mardi dernier, l’OC serait en négociation avec des fournisseurs européens en vue de l’acquisition de 100 mille tonnes de blé tendre au prix de 274,73 dollars la tonne.
Selon des informations relayées par des agences de presse internationales, l’Office serait toujours en train d’étudier les offres, notamment une soumise par la maison de commerce bulgare Buildcom pour 25 000 tonnes à un prix jugé attrayant, alors qu’aucun achat n'a encore été signalé. Les négociants bulgares auraient proposé un autre lot de 25 000 tonnes à 275,74 dollars la tonne. L’OC espère obtenir l’offre la plus basse et régler la transaction en quatre lots de 25 000 tonnes. Les livraisons devraient par ailleurs s’effectuer entre le 5 mai et le 10 juin prochains.
Si les prix du blé ne montent, pour le moment, que de quelques degrés malgré la hausse généralisée des cours qui bouscule les marchés de l’énergie et des engrais, une flambée est à craindre pour les prochaines campagnes céréalières. Outre les retombés attendus de la flambée des hydrocarbures sur le coût de production agricole, le renchérissement des fertilisants liés à la hausse des prix des engrais ne manquerait pas de pénaliser les céréaliers à compter de la deuxième moitié de cette année.
Prévisions
Pour la campagne 2026, les achats d’engrais étant déjà faits, c’est donc la prochaine campagne qui sera pénalisée, estiment les spécialistes qui n’excluent d’ailleurs pas une pénurie d’engrais si le conflit au Moyen-Orient se prolonge. Cette hausse des intrants risque de peser lourdement sur les producteurs et les contraindre à réduire leurs superficies cultivées lors des prochaines campagnes. Une baisse de production mondiale pénalisera fortement les pays dépendants des importations, à l’instar de la Tunisie.
Il faut également noter les prévisions pas très rassurantes du Conseil international des céréales (CIC) qui table sur une production mondiale de blé tendre et dur en déca de celle de 2025. Pour 2026-2027, le CIC prévoit, en effet, une prochaine campagne céréalière déficitaire de 23 Mt. Aussi, les stocks de blé pour 2027 seraient inférieurs de 15 Mt à leurs niveaux attendus fin juin 2026.
Une baisse qui touche les pays exportateurs majeurs de la planète. D’où le risque pour la Tunisie, qui importe plus de 90% de ses besoins de blé tendre, d’être obligée de conclure des importations à des prix excessifs.
L’idéal serait alors pour l’OC de revoir le calendrier des importations afin d’anticiper les commandes prévues pour la deuxième moitié de cette année et le début 2027. Car, quel que soit la moisson, la prochaine campagne céréalière ne va combler qu’une partie négligeable des besoins de consommation et ne changera pas grand-chose en ce qui concerne les besoins d’importation.
Grâce à une très bonne pluviométrie, la Tunisie a renoué l’année dernière avec les bonnes récoltes de céréales en s’offrant une production exceptionnelle de 20 millions de quintaux, la meilleure depuis 2020. Cette année, la saison a débuté avec des objectifs très ambitieux. Avec environ un million d’hectares emblavés, les autorités s’activent pour réussir la campagne malgré les difficultés rencontrées en septembre et octobre en ce qui concerne l’approvisionnement des engrais.
H.G.
Décès d’Abdelhakim Belgaïed, icône de la musique tunisienne
La scène artistique et musicale tunisienne est en deuil. Le musicien et artiste Abdelhakim Belgaïed s’est éteint ce matin, a annoncé la Radio nationale.
Né le 25 janvier 1958, Abdelhakim Belgaïed a consacré toute sa vie à la musique. Joueur de oud et pilier de l’orchestre de la Radio tunisienne depuis 1984, il en est devenu le chef d’orchestre, guidant avec passion plusieurs générations de musiciens.
Compositeur et parolier, il a enrichi le répertoire tunisien en collaborant avec de nombreux artistes, laissant derrière lui des mélodies et chansons qui continuent de marquer le public.
Sa carrière a été couronnée de plusieurs distinctions : premier prix en 1997, deuxième prix en 2000, troisième prix en 2002, ainsi que le prix de la meilleure composition au Festival de la chanson arabe en Égypte. Il a été également aux jurys de plusieurs manifestations musicales et aux comités de sélection de nombreux festivals.
Par son talent, sa créativité et son engagement, Abdelhakim Belqaïd a laissé une empreinte indélébile sur la musique tunisienne. Si ses accords se taisent aujourd’hui, son art continue de résonner à travers chaque note, chaque chanson et chaque génération qui s’inspire de son héritage.
Le documentaire « Papa Hedi, The Man Behind the Microphone » sur de nombreux écrans tunisiens
Dans le cadre de son programme « Boubina », l’association Focus Gabes propose au public de découvrir le documentaire « Papa Hedi, The Man Behind the Microphone », consacré à Hédi Jouini. Le film sera projeté, cet après-midi, à 16h00 à la Maison de la Culture d’Ouedhref, puis demain, le 4 avril à 16h00 à la Maison de la Culture de Métouia et à la Maison de la Culture Nouvelle Matmata. Une dernière projection est prévue le 7 avril, à 17h30 au Complexe culturel Mohamed El Bardi.
Réalisé par sa petite-fille Claire Belhassine, le documentaire propose une œuvre à la fois intime et profondément ancrée dans l’histoire musicale tunisienne. Il suit le parcours personnel de la réalisatrice, ayant grandi loin de la Tunisie, qui redécouvre peu à peu l’ampleur de l’héritage artistique et humain laissé par son grand-père.
À travers un regard sensible et des images d’archives, « Papa Hedi » recompose le portrait d’un homme, d’un art et d’une époque, tout en interrogeant la transmission de la mémoire et la place des grandes figures culturelles dans l’imaginaire collectif. Ce film s’impose comme un hommage vibrant où se mêlent émotion, histoire et musique, permettant à l’empreinte de Hédi Jouini de demeurer vivante au-delà du temps et des générations.
Ce cycle de projections invite le public à renouer avec l’héritage d’une icône de la musique tunisienne, dont l’écho continue de traverser les générations.
Bibliothèque nationale de Tunisie (BNT) : Hommage, demain, à la romancière et chercheuse tunisienne Souad Guellouz
La Bibliothèque nationale de Tunisie (BNT) organise, demain, le samedi 4 avril (10h) à son siège à Tunis, une rencontre en hommage à la romancière et chercheuse tunisienne Souad Guellouz décédée le 27 janvier 2026 à l’âge de 89 ans.
Figure majeure de la littérature féminine en Tunisie, elle a marqué la scène culturelle par ses contributions créatives et critiques tout au long d’une carrière s’étendant sur plusieurs décennies.
Née en 1937 à Metline (gouvernorat de Bizerte), elle entame son parcours littéraire en 1957. Elle écrit d’abord en français avant de s’imposer comme une voix engagée autour des questions d’identité et de culture.
Son œuvre qui comprend romans et poésie, compte notamment « La vie est simple », « Les Jardins du Nord » et « Myriam ou le rendez-vous de Beyrouth », ainsi que le recueil « Comme un arc-en-ciel ».
Souad Guellouz a été distinguée à plusieurs reprises en Tunisie et à l’étranger, notamment par le prix Comar d’Or pour « Myriam ou le rendez-vous de Beyrouth ». Elle avait été honorée en 2017 à la Foire internationale du livre de Tunis à l’occasion de la publication de ses œuvres complètes.
Cinéma : le Syndicat Indépendant des Réalisateurs Producteurs (SIRP) appelle au dialogue sur l'avenir du CNCI
Le Syndicat indépendant des réalisateurs producteurs (SIRP) s’est dit mardi inquiet d’informations évoquant une possible fermeture du Centre national du cinéma et de l’image (CNCI) et d’autres établissements publics relevant du ministère des Affaires culturelles.
Dans un communiqué, le syndicat qualifie le CNCI d’« acquis national » et de « pilier » du secteur cinématographique.
Il rejette toute décision prise sans consultation des professionnels, estimant que « la gouvernance participative et transparente » est nécessaire à la pérennité des institutions culturelles.
Le SIRP appelle les autorités à maintenir le centre, à engager un dialogue avec les acteurs du secteur avant toute décision, et à lui fournir les moyens nécessaires à ses missions. Il plaide également pour une évaluation des performances du CNCI et de la Cinémathèque Tunisienne, assortie d’un plan de réforme garantissant « transparence » et « égalité des chances ».
Le syndicat met en garde contre des décisions « précipitées » et appelle à associer les professionnels aux réformes. Le communiqué est signé par sa présidente, la cinéaste Salma Baccar.
Editorial : C’est la vie de château…
Par Chokri Baccouche
Comment se comporte le président américain Donald Trump avec les pays du Golfe ? Comme une scie sauteuse pour paraphraser un adage ancestral. C’est-à-dire qu’en mouvement ascendant ou descendant, il rabote et racle un peu plus le fond de caisse de ses richissimes alliés ou plutôt obligés et les soulage d’un pactole pouvant se chiffrer à plusieurs milliards de dollars.
De gré si possible, par l’intimation voire les menaces si nécessaire. La tactique marche d’ailleurs à tous les coups et rapporte gros aussi bien au pays de l’oncle Sam qu’à son vorace président. Au lendemain de sa réélection en 2025, Donald Trump a effectué, pour rappel, une tournée des grands ducs dans les pays du Golfe.
Pas pour siffler quelques canons comme on dit dans le jargon des vieilles éponges et des invétérés amateurs de la dive bouteille mais pour casser la tirelire de ses hôtes saoudiens, émiratis et qatariotes. Agissant à la manière d’une moissonneuse-batteuse, le locataire de la Maison Blanche y a ratissé très large. Il a ainsi obtenu des Saoudiens entre 3500 et 4000 milliards de dollars déclinés en contrats fermes ou en investissements massifs.
Ces chiffres mirobolants qui donnent le tournis aux experts comptables les plus chevronnés incluent notamment des ventes d’équipements militaires et des investissements dans l’intelligence artificielle et l’énergie. Les émiratis ont dû également délier largement leur bourse en promettant plus de 1400 milliards de dollars d’investissement.
Les Qatariotes, enfin, ont pratiquement donné la clef double de leur coffre-fort au président américain en mettant à sa disposition l’astronomique somme de 243 milliards de dollars dont 93 milliards pour le palace flottant, le Boeing personnalisé gracieusement offert à Trump.
On avait pensé que le casse du siècle allait s’arrêter à ce niveau et que le locataire de la Maison Blanche, logiquement repus, allait observer au moins deux ou trois années sabbatiques avant de se remettre de nouveau à table aux frais des princes et des têtes couronnées du Golfe. On s’est lourdement trompé comme l’a d’ailleurs confirmé, lundi dernier, la porte-parole de la Maison-Blanche.
Donald Trump serait intéressé à demander aux pays arabes de payer pour le coût de la guerre contre l’Iran, a déclaré en effet aux journalistes Karoline Leavitt. La dame à la crinière blonde et au tailleur toujours tiré à quatre épingles a ajouté qu’elle pensait que « le président aurait davantage à dire sur la question ». Sous entendu on ne brûle pas la politesse au boss qui se fera un plaisir d’annoncer lui-même la bonne nouvelle de vive voix.
Ce qui est sûr en tout cas c‘est que le message est déjà passé et il est plus que certain qu’il ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd du côté de la péninsule arabique. Comme diraient les nouvelles recrus du bataillon qui font leur baptême du feu pour la toute première fois : « C’est la vie de château, pourvu que ça dure longtemps, c’est la vie de château, merci mon adjudant ».
Malgré la souffrance physique et morale qu’ils endurent dans la garnison, les jeunes bidasses sont contraints de rendre hommage à leurs instructeurs ou plutôt tortionnaires qui prennent paradoxalement un malin plaisir à les faire baver pour tester leur capacité à supporter les dures épreuves. Mine de rien, le nouveau casse en gestation que le président américain envisage de perpétrer dans les pays du Golfe ressemble à s’y méprendre à cette « vie de château » dans une caserne militaire.
A la manière d’un haut gradé, toujours droit dans ses bottes, Donald Trump veut obliger ses pioupious du Golfe à financer une guerre extrêmement coûteuse qu’il a paradoxalement lui-même déclenché en compagnie de son alter-ego, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Brebis mal gardée du loup est tôt happée, dit un célèbre proverbe français.
Les pays du Golfe qui ont jeté leur dévolu sur le pays de l’oncle Sam pour assurer leur protection contre les prédateurs, se font tondre paradoxalement comme des brebis par le loup vorace qu’ils ont délibérément fait rentrer dans leur propre bergerie.
Prises entre les tirs de missiles iraniens qui ciblent les bases militaires américaines installées sur leur territoire et les razzias incessantes d’un Donald Trump de plus en plus cupide et vorace, les monarchies du Golfe paient cher la rançon de leur dépendance sécuritaire et la facture salée d’une guerre qu’ils vont devoir financer fut-il contre leur gré. « C’est la vie de château, pourvu que ça dure longtemps, c’est la vie de château, merci mon adjudant »…
C.B.
















