Par Imen Abderrahmani
Entre mémoire et lumière, Moëz Majed fait revivre Lorand Gaspar, poète du minéral et du désert, dans un roman qui célèbre ses années tunisiennes. À découvrir, cet après-midi, à la librairie Arthephage à partir de 16h00.
À l’occasion de la sortie de son premier roman « Lorand Gaspar vient de mourir » (Hykeyet Edition, Tunis), le poète Moëz Majed sera présent, cet après-midi, à la librairie « Arthephage » pour partager son regard sur la vie et l’œuvre de Lorand Gaspar. L’auteur échangera avec le public et dédicacera à l’occasion son livre, sous la modération de la poétesse Emna Louzir. Les mots de Gaspar et de Majed résonneront tout au long de ce rendez-vous, donnant au public une traversée poétique unique.
Ce roman de 169 pages explore la vie intime et artistique de Lorand Gaspar, médecin et figure majeure de la littérature française du 20ème siècle, qui a vécu pendant un quart de siècle à Tunis. Né en 1925 en Transylvanie, il a bâti une œuvre nourrie par la méditation sur l’immanence, le langage et la lumière, puisant dans ses expériences concrètes du monde et dans ses marches solitaires à travers les déserts du Proche-Orient. Comme il le disait lui-même : « Et si les mots s’avèrent parfois impuissants à communiquer un moment de « vraie vie », puissent-ils du moins témoigner d'un immense désir de lumière partageable. »
Les années passées en Tunisie constituent un chapitre central de sa vie et de sa création. Médecin, il y exerça son art tout en s’engageant dans la vie culturelle locale. Il fonda et codirigea, avec Jacqueline Daoud et Salah Garmadi, la revue Alif, publiée par Cérés et parue en douze numéros entre 1970 et 1982. Ces années témoignent d’un homme profondément connecté au réel, où écriture, réflexion et action se mêlent intimement.
Dans ce roman, Moëz Majed restitue avec sensibilité et profondeur la figure de Lorand Gaspar. Il tire de l’oubli ces pages importantes de l’histoire de la poésie tunisienne et de l’action culturelle en 20ème siècle. L’histoire de Gaspar se croise ainsi avec celle de Majed lui-même, voix majeure de la poésie francophone tunisienne contemporaine et traducteur engagé, ainsi qu’avec celle de son père, Jaâfar Majed, poète mais aussi prosateur, chercheur et enseignant, dont l’œuvre et la personnalité ont profondément marqué la scène culturelle tunisienne et fait de lui une véritable icône. En tissant ces trajectoires, l’auteur propose un récit où mémoire personnelle et héritage collectif se répondent, révélant la vitalité de la littérature tunisienne et la puissance d’une poésie capable de traverser le temps.
Le roman devient ainsi une exploration de la mémoire « commune et personnelle qui s’effrite », une réflexion sur les mots et sur les « histoires de ces personnes qui ont marqué l’existence de cet écrivain devenu témoin de son siècle », lit-on sur la 4ème de couverture qui souligne bel et bien la dimension intime de ce récit et qui porte la signature de Emna Louzyr, poétesse et compagnon de route de Moëz Majed.
Imen. A.

