Ligue 1- Les arbitres de la 25e journée : Hosni Naili pour USM- CA
Par Jamel Belhassen
La Direction Nationale d'arbitrage a rendu publics les noms des arbitres qui ont été désignés pour officier les matches de la vingt-cinquieme journée de la Ligue 1 de football. Le sommet entre l'USMonastir et le Club Africain a été attribué à Hosni Naili.
Rappelons que cette journée sera amputée du match entre l'Espérance de Tunis et l'Espérance de Zarzis qui est reporté en raison de l'engagement de la première en Ligue des champions et que le couo d'envoi de toutes les rencontres sera donné à 15 heures.
Vendredi 10 Avril 2026
ASG -USBG ( Huis clos) Amir Loussif
JSK -JSO :Fraj Abdellaoui
Samedi 11 Avril 2026
USM -CA : Hosni Naili
ST -CAB :Hamza Jaied
OB -ESS :Khaled Gouider
Dimanche 12 Avril 2026
ASS -CSS : Houssem Boulares
Lundi 13 Avril 2026
ESM -ASM: Khalil Jarii
N.B. : EST ESZ - Reporté
J.B.
Guerre contre l’Iran : Trêve durable ou simple répit ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Un cessez le feu qui vaut une victoire pour Téhéran…
Alors que chaque camp crie victoire, certains observateurs estiment que la trêve annoncée par Donald Trump confirme que l'Iran est une vraie puissance militaire. A quoi faut-il s'attendre dans la période à venir?
Les Etats-Unis et l’Iran ont annoncé hier avoir remporté une victoire après avoir conclu un accord de cessez-le-feu de deux semaines, en échange de la réouverture du détroit d’Ormuz. Une trêve qu’Israël a déclaré soutenir, tout en précisant qu’elle n’incluait pas le Liban. Que pensent les experts de ces déclarations contradictoires ? Pour l'avocat, Me Houssem Eddine Ben Atiya : " si on croit le président américain Donald Trump, il s'agit d'une victoire totale et complète.
Mais, la réalité est tout autre puisque la principale question et qui a été à l'origine du déclenchent de cette guerre est toujours en suspens. Trump lui-même affirme que la question de l’uranium iranien serait réglée « de la meilleure manière possible », mais a refusé de dire s’il renouvellerait ses menaces antérieures de détruire les centrales électriques et les ponts iraniens en cas d’échec de l’accord. Il a également laissé entendre que la Chine aurait pu faire pression sur l’Iran pour qu’il revienne à la table des négociations.
Donc, crier à la victoire est difficile à croire. Et même si les dégâts sont énormes, il s'agit bel et bien d'une victoire pour l'Iran dont le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien a déclaré que « l’ennemi a subi une défaite historique écrasante et indéniable ».mieux encore, les autorités iraniennes ont indiqué que des discussions avec Washington débuteraient vendredi au Pakistan, principal médiateur dans la guerre au Moyen-Orient déclenchée le 28 février et qui a fait des milliers de morts.
Cela confirme que l'Iran est toujours en position de force et que la République islamique tient toujours son sort entre ses mains". Malgré, en outre, l’annonce de l’accord, les autorités bahreïnies ont indiqué qu’au moins deux personnes avaient été blessées dans une attaque de drone iranien hier. S'agit-il alors d'un accord fragile ?
On ne se mord pas deux fois… ?
L'on sait que les USA et Israël avaient attaqué l'Iran alors que les deux parties étaient en pleines négociations à Genève. Pour certains observateurs, l'Iran ne peux pas accepter d'être mordue deux fois par le même serpent, "l’interception hier d’une attaque nocturne contre un complexe gazier à Abou Dhabi qui a entraîné la suspension de la production et fait trois blessés, selon les autorités Émiraties confirme ce constat", nous dira l'universitaire Salem Chérif.
Et d'ajouter : " En plus des dégâts humains, l'enjeu est aussi économique pour les USA et leurs alliés israéliens qui sous la pression internationale ne peuvent continuer à faire cavalier seul. Le détroit d’Ormuz est ainsi devenu l'enjeu principal dont il faut l'ouvrir devant la navigation maritime. D'ailleurs dés l'annonce par les dirigeants iraniens de leur accord pour rouvrir le détroit d’Ormuz « pendant deux semaines » si « les attaques contre l’Iran cessent », les cours du pétrole ont baissé. Mais il faut rester prudent…
Selon, en effet, le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, les forces armées iraniennes surveilleraient le trafic maritime limité dans le détroit pendant la trêve »
Techniquement et selon, par ailleurs, la version persane de l’accord publiée par les médias iraniens, le plan proposé par Téhéran prévoit aussi l’acceptation par Washington de l’enrichissement de l’uranium, un point absent de la version anglaise soumise à l’ONU.
Le Conseil suprême de sécurité nationale a indiqué que les négociations se dérouleraient à Islamabad pendant deux semaines, en précisant que cela ne signifiait pas « la fin de la guerre » et que cette période pourrait être prolongée d’un commun accord.
Sur le plan économique, les marchés ont réagi positivement : les prix du pétrole (WTI et Brent) sont tombés sous les 100 dollars le baril, tandis que les bourses de Tokyo (+5 %) et Séoul (+7,5 %) ont fortement progressé.
Au niveau diplomatique et politique, le secrétaire général de l’ONU António Guterres a salué la trêve, tout en appelant à une paix durable. Enfin, l’Irak a rouvert son espace aérien, et des factions armées pro-iraniennes ont annoncé suspendre leurs attaques pendant deux semaines.
Une trêve qui apaise les tensions sans les résoudre, laissant planer l’ombre d’un conflit prêt à reprendre au moindre faux pas.
M.B.S.M.
Editorial : Ne pas mettre la charrue avant les bœufs - Par Hassan GHEDIRI
La Tunisie ambitionne de devenir, d’ici 2030, un Hub régional d’industries électroniques à haute valeur ajoutée. Un objectif stratégique se déclinant en un ensemble d’objectifs opérationnels que l’on tentera de concrétiser à travers une charte de compétitivité sectorielle engageant les industriels.
Environ 150 entreprises opérant dans le secteur des industries électroniques sont directement concernées par cette charte. Elles auront comme défi d’accélérer la transformation de leur processus de management et de production d’accroitre leur intégration technologique à même de pouvoir créer, en cinq ans, 30 milles emplois supplémentaires, principalement des ingénieurs et des techniciens hautement qualifiés.
Ces industries devaient ainsi gagner en performance et donc être capables, comme l’exigeait la charte, de doubler leurs exportations pour atteindre 7 milliards de dinars par an contre 3,5 MD actuellement.
Officiellement adoptée le 24 mars dernier, la charte devrait être signée demain 10 avril par les parties concernées, en l’occurrence l’Etat par l’intermédiaire du ministère chargé de l’Industrie ainsi que les représentants des organisations professionnelles (UTICA) et de l’agence allemande de la coopération internationale.
L’ambition de devenir un Hub régional d’industries électroniques à haute valeur ajoutée témoigne d’une volonté à enclencher un processus de transformation industrielle qui prend en compte des défis économiques et énergétiques de plus en plus contraignants auxquels s’expose notre pays.
Réussir cette transformation nécessite toutefois une remise en cause des facteurs influençant directement la performance, la compétitivité et la pérennité de l’industrie tunisienne dans sa globalité. Il faut savoir faire les bons diagnostics, c’est-à-dire identifier les anomalies et opportunités, mobiliser les ressources nécessaires pour pouvoir engager les rectifications adéquates aux dysfonctionnements.
Il est totalement absurde de vouloir, aujourd’hui, transformer l’industrie en Tunisie sans pour autant avoir remédier au problème de l’inadéquation entre les formations et les besoins de compétences. Des réformes de l’enseignement et de la formation ? L’on n’a pas cessé de nous les en promettre depuis plus d’une décennie mais qui restent mystérieusement lettre morte.
Comprendre ce qui pousse des dizaines de milliers d’ingénieurs tunisiens hautement qualifiés à plier bagages et aller faire les beaux jours des industries européennes, et rétablir leur confiance dans leur pays devait également être une priorité absolue avant toute ambition de réindustrialisation.
Au-delà de la question des compétences, c’est l’ensemble de l’écosystème productif qui demeure fragilisé. Peut-on sérieusement parler de Hub industriel lorsque les infrastructures de base souffrent de défaillances chroniques ? Peut-on attirer des investissements de pointe sans une logistique fluide, des délais maîtrisés et des chaînes d’approvisionnement fiables ?
La réalité est que beaucoup d’anomalies perdurent, compromettent énormément la compétitivité des entreprises déjà installées, et dissuadent celles qui envisagent de s’implanter à cause des complexités administratives qui freinent l’initiative privée et limitent la montée en gamme industrielle.
Il en va de même pour le cadre réglementaire, souvent inadapté aux exigences des industries technologiques modernes et qui constituent un frein à l’investissement, à la recherche et au développement, ainsi qu’à l’intégration dans les chaînes de valeur internationales. Vouloir brûler les étapes reviendrait à construire un édifice ambitieux sur des bases fragiles, c’est comme mettre la charrue avant les bœufs.
H.G.
Travaux d’aménagement au Stade d'El Menzah: Reprise à la fin 2026
Les travaux d'aménagement du stade d'El Menzah reprendront au dernier trimestre de l'année 2026, a affirmé, ce mercredi, le directeur des Constructions et des équipements au ministère de la Jeunesse et des Sports, Naoufel Belhaj Rhouma.
Il a précisé, dans une déclaration à l'agence TAP, qu'un appel d'offres a officiellement été lancé pour choisir l’entreprise chargée de la réalisation dans le cadre d’un partenariat chinois.
Par ailleurs, Belhaj Rhouma a indiqué que l’installation des sièges au stade olympique de Sousse devrait débuter dans les prochains mois.
Il a, en outre, ajouté que les crédits nécessaires ont été alloués pour l’installation des sièges et de l’éclairage dans les stades Mustapha Ben Jannet à Monastir et Taïeb Mhiri à Sfax, soulignant la volonté de réhabiliter ces infrastructures afin qu’elles soient prêtes à accueillir des compétitions continentales.
Il a également rappelé que le ministère de la Jeunesse et des Sports œuvre activement à accélérer la réalisation de tous les projets sportifs à caractère national, notamment les stades et les salles, dans différentes régions du pays.
Selon l’INS: Le taux d'inflation est de 5%
Le taux d'inflation a atteint 5% au mois de février 2026 en augmentation de 0,1% par rapport à janvier 2026, d'après l'Indice des prix à la consommation, publié ce jeudi, par l'Institut national de la statistique.
Cette augmentation est principalement due à l'accélération du rythme de progression des prix du groupe "Alimentation" (6,7% en février 2026 contre 5,9% en janvier 2026).
En revanche, une baisse du rythme d'augmentation des prix a été enregistrée au niveau du groupe "Habillement et chaussures" (8,9% en février 2026 contre 10% en janvier 2026).
Evolution des prix en glissement annuel
En glissement annuel, l'augmentation de 6,7% des prix des produits alimentaires s'explique principalement par la hausse des prix des fruits (+17,7%), de la viande d'agneau (+16,3%), du poisson frais (+14%) et de la volaille (+12,8%). En revanche, les prix des huiles alimentaires ont diminué de 10,3%.
Les prix des produits manufacturés ont aussi évolué de 4,6% en raison de la hausse des prix des produits de l'habillement et chaussures de 8,9% et des produits d'entretien courant du foyer de 4,8%. Pour les services, l'augmentation des prix est de 3,8% sur un an, principalement expliquée par la montée des prix des services d'hébergement (+11,3%).
Après l’annonce du cessez-le-feu : Baisse du prix du pétrole, chute du dollar
Le prix du pétrole brut a chuté et les contrats à terme sur les indices boursiers américains ont progressé après que le président Donald Trump a accepté de suspendre les bombardements sur l’Iran pendant deux semaines, offrant ainsi aux marchés un répit face à la volatilité engendrée par le conflit au Moyen-Orient qui dure depuis six semaines, rapporte Bloomberg.
Le prix du pétrole brut West Texas Intermediate a chuté de 11 % pour atteindre un peu plus de 100 dollars le baril après que Trump a accepté le cessez-le-feu à quelques heures seulement de l’échéance fixée à mardi 20 heures, heure de New York, pour que l’Iran conclue un accord de paix.
En même temps, le dollar accentuait ses pertes, ce mercredi, face aux principales devises, tombant de plus de 1% face à l'euro, le yen, le franc suisse et la livre, sur fond de forte baisse du prix du pétrole, en raison du cessez-le-feu annoncé entre les Etats-Unis et l'Iran.
Vers 12H55 GMT, la devise américaine perdait 1,03% face à la monnaie unique européenne, à 1,1716 dollar pour un euro. Elle tombait aussi face à la monnaie britannique, cédant 1,39%, à 1,3478 dollar pour une livre.
Coopération tuniso-française : Six nouveaux remorqueurs plus sûrs et plus durables pour le compte de l’OMMP
La réception du sixième et dernier remorqueur, en présence du Directeur du port de la Goulette, Mohamed Chelli, du Directeur Général du transport Maritime du ministère des Transports, Hatem Fkih, de la PDG de l’Office de la Marine Marchande et des Ports (OMMP), Khawla Belakhdhar, et de SE l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Gueguen signe l'aboutissement d'un projet stratégique de modernisation du secteur portuaire, réalisé dans le cadre de la coopération entre la France et la Tunisie.
Cofinancé par l'Agence Française de Développement (AFD) à hauteur de 41 millions d'euros, ce programme, établi en 2021 lors du Haut Comité de coopération franco-tunisien, incarne la profondeur et la constance d'un partenariat entre les deux pays au service du développement économique tunisien.
Au-delà du renouvellement des navires, l’AFD a accompagné l'OMMP dans l'amélioration de sa gestion financière, énergétique et environnementale. Ce programme s'inscrit plus largement dans une démarche de modernisation durable des ports tunisiens, qui comprend également des actions portant sur la connexion électrique des navires à quai, l'efficacité énergétique et la solarisation des infrastructures portuaires. Les nouveaux remorqueurs répondent quant à eux aux normes internationales en vigueur en matière de sécurité maritime et de performance environnementale.
« Le renouvellement de la flotte de l'OMMP, c'est d'abord une réponse à un risque opérationnel réel » souligne Christophe Cottet, Directeur de l'AFD en Tunisie. « Favoriser la sécurité des opérations en rendant les infrastructures portuaires plus performantes, plus compétitives, plus sobres, mieux gouvernées, c'est précisément ce type de projet, à la fois concret et structurant, que l'AFD souhaite développer avec ses partenaires tunisiens. » ajoute-t-il.
En effet, près de 98 % du commerce extérieur tunisien transite par voie maritime, faisant des ports tunisiens un maillon indispensable de l'économie nationale. Dans ce contexte, le renouvellement de la flotte de remorquage de l'OMMP représente un investissement structurel : six remorqueurs modernes ont été déployés dans les ports de Bizerte, La Goulette, Sousse, Sfax, Gabès et Zarzis, pour renforcer le niveau de sécurité et la qualité des services portuaires.
« Ce projet est une illustration concrète de ce que la coopération franco-tunisienne sait produire lorsqu'elle s'attaque à des enjeux stratégiques. La France est le premier partenaire commercial de la Tunisie, avec 12 milliards d'euros d'échanges annuels. Il est naturel que notre engagement s'exprime aussi dans les infrastructures qui rendent ce commerce possible » affirme Son Excellence Madame Anne Guéguen, Ambassadrice de France en Tunisie. « Nos deux pays partagent une vision commune du développement : celle d'une économie ouverte, bien connectée et respectueuse de son environnement. » conclut-elle.
Emploi : L’Autriche souhaite recruter 15 mille travailleurs tunisiens dans le secteur touristique
Le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, a affirmé ce mercredi 8 avril 2026 que l’Autriche a exprimé son souhait de recruter 15 000 travailleurs tunisiens dans le secteur du tourisme.
Dans une déclaration accordée en marge d’une journée d’information, le ministre a ajouté, dans un autre cadre, qu’un nouvel accord sera signé le 13 avril courant avec l’Agence italienne pour l’emploi, portant sur de nouveaux recrutements dans plusieurs secteurs.
Il a précisé que ce nouvel accord ne concernera pas uniquement les diplômés de la formation professionnelle, mais couvrira également divers secteurs tels que le bâtiment, la maintenance industrielle, l’agriculture et les technologies de l’information et de la communication.
Le ministre a souligné que le taux de chômage en Tunisie reste élevé, malgré une baisse à 15,2 %.
Révision de l’Accord liant la Tunisie à l’UE : Ce qu’il faut changer pour le rendre plus équitable…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La Tunisie a appelé à revoir les relations de partenariat avec l’Union européenne « de manière à en garantir l’équilibre et à les rendre plus justes, équitables et inclusives ». Que faut-il, alors, changer pour rendre cet accord plus équilibré et plus juste… ?
La Tunisie a appelé à revoir les relations de partenariat avec l’Union européenne « de manière à en garantir l’équilibre et à les rendre plus justes, équitables et inclusives ».
Cette déclaration a été faite par le ministre tunisien des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, lors d’un entretien téléphonique avec la commissaire européenne pour la Méditerranée, Dubravka Šuica, selon un communiqué du ministère tunisien des Affaires étrangères publié lundi soir.
Le ministère a indiqué que « Nafti a reçu, lundi dernier, un appel téléphonique de la commissaire européenne pour la Méditerranée, Dubravka Šuica, qui l’a félicité à l’occasion de la célébration par la Tunisie du 70ème anniversaire de l’indépendance (le 20 mars de chaque année) ».
Au cours de cet appel, les deux parties ont abordé « l’ensemble des relations de coopération entre la Tunisie et l’Union européenne ainsi que les moyens de les renforcer, après plus de trente ans depuis la conclusion de l’accord de partenariat entre la Tunisie et l’Union européenne, en plus de plusieurs dossiers d’intérêt commun ».
Cette déclaration survient quelques jours après l’entretien téléphonique entre le président de la République, Kais Saied, et le président français Emmanuel Macron, tenu le 23 mars dernier, et dans laquelle, le chef de l’Etat avait a appelé à revoir le partenariat global entre la Tunisie et l’Union européenne, exprimant un mécontentement croissant face à ce que les autorités tunisiennes considèrent comme un accord déséquilibré, centré principalement sur la question migratoire. Que faut-il, alors, changer pour rendre cet accord plus équilibré et plus juste… ?
De « client » à « partenaire »…
Pour l’expert, Houssine Chalghaf : « il faut noter que le cadre officiel a débuté comme un accord de coopération en 1995, avant d’être développé en 2012, puis élargi en un « mémorandum d’entente » en 2023 portant sur la migration, le commerce et l’énergie. Pendant longtemps, il a lié la survie de l’économie tunisienne à l’aide de Bruxelles.
Aussi, il faut rappeler que l’Union européenne demeure le principal partenaire commercial de la Tunisie, absorbant environ 70 % de ses exportations. Cependant, les responsables tunisiens se plaignent que les flux d’investissements étrangers et l’aide au développement n’ont pas été à la hauteur de cette dépendance commerciale unilatérale ». Que demande, alors, al Tunisie ?
Pour notre interlocuteur : « Le président de la République, Kais Saied, cherche désormais à réexaminer explicitement l’accord comme un outil permettant de récupérer ce qu’il appelle les « fonds volés » détenus à l’étranger, et de transformer la relation d’une dynamique de « client » en un partenariat plus réciproque. Des analystes politiques estiment, par ailleurs, que la dépendance de la Tunisie est structurelle.
Elle est traitée comme un marché pour les biens européens et une zone tampon pour la migration, plutôt que comme une destination d’investissement sérieuse et à long terme. Cette donne doit changer si on veut réellement que cet accord soit juste et équilibré. Pour cela, si la Tunisie parvient à imposer une renégociation sérieuse, quatre questions principales seront, en effet, sur la table.
On s’attend, alors, à ce que la Tunisie demande une formulation plus claire et plus équilibrée en matière d’investissement et de soutien au développement, en cherchant à être traitée moins comme une « zone tampon » et davantage comme un partenaire économique disposant de véritables opportunités de croissance.
En résumé, une révision de l’accord devrait viser à améliorer les opportunités d’exportation, à renforcer l’emploi et à attirer les investissements, de manière à servir l’intérêt de l’économie tunisienne et à garantir la durabilité de la relation avec le partenaire européen ».
En réalité, la révision de l’accord entre la Tunisie et l’Union européenne apparaît aujourd’hui comme une nécessité incontournable. Mais pour construire un partenariat réellement équilibré, il ne suffit plus de maintenir les anciens mécanismes, mais de repenser les priorités dans un esprit de réciprocité et de respect mutuel. Seule une coopération plus juste permettra de transformer cette relation en un véritable levier de développement durable pour la Tunisie.
M.B.S.M.
L’OMS incite les gouvernements à soutenir la science pour développer la santé publique : La société civile tunisienne plaide pour une couverture santé universelle…
Par Hassan GHEDIRI L’OM
Bien que l’accès à la santé soit un droit constitutionnel, le quart de la population tunisienne ne bénéficie toujours pas d’une couverture des services de santé essentiels…
Tous les pays vont devoir adhérer à la campagne internationale initiée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour un avenir plus sain et plus sûr pour tous. C’est l’objectif primordial annoncé à l’occasion de célébration, hier 7 avril, de la journée mondiale de la santé, un évènement qui a pour thème cette année « Unissons-nus pour la santé, soutenons la science ».
La campagne va durer un an et impliquera la mobilisation des pouvoirs public, des scientifiques, des professionnels de santé et le grand public dans tous les pays, autour de trois objectifs globaux consistant à soutenir la science, restaurer la confiance dans la santé publique et à promouvoir des solutions technologiques répondant aux priorités sanitaires.
A la même occasion, des organisations de la société civile en Tunisie ont émis un communiqué par lequel elles appellent le gouvernement à changer son approche en ce qui concerne la gestion du domaine de la santé publique et à engager un dialogue transparent et sérieux avec tous les acteurs de la société civile impliqués dans le secteur conformément aux engagements de l’Etat tunisien vis-à-vis les résolutions de l’Assemblée Mondiale de la Santé tenue au mois de mai 2024.
Cette assemblée a notamment incité les gouvernements à garantir une participation active de la société civile dans la prise de décision, la conception des programmes et la gouvernance du système de la santé.
Les organisations signataires dudit communiqué, en l’occurrence l’Association tunisienne de défense du droit à la santé (ATDDS), le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), l’Association tunisienne de défense des droits de l’enfant (ATDDE) et la Voix de l’Enfant, estiment en effet que de multiples mesures annoncées par les pouvoirs publics au cours de ces dernières années et qui sont destinées à garantir le droit à la santé et à la couverture sanitaire équitable à tous les Tunisiens comme le stipule la constitution, manquent toujours de se traduire par des actes.
2,2 millions.
La célébration de la journée mondiale de la santé intervient cette année, selon les mêmes associations, dans un contexte marqué par la dégradation du système de la santé publique en Tunisie. Elles considèrent qu’une grande partie de la population continuent à souffrir et trouvent de grandes difficultés à accéder à des soins de qualité.
Et de rappeler le diagnostic fait en décembre 2025 à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la couverture santé universelle, et qui a mis en lumière le manque flagrant de personnels de santé, la pénurie de médicaments et l’insuffisance des équipements médicaux qui nuisent à la fiabilité des diagnostics et empêchent souvent la prescription des traitements adéquats.
D’autres défaillances épinglées dans le même diagnostic concernent le manque de financement et les déficits irrémédiable de la CNAM. En l’absence d’une couverture sanitaire fiable et équitable, les ménages tunisiens financent plus de 40% de leurs soins de santé directement de leur budget, alors que les résultats du dernier recensement (2024) de la population et de l’habitat en Tunisie montrent que près du 20% des Tunisiens, soit un peu plus de 2,2 millions de personnes ne disposent d’aucune couverture sanitaire.
Face à cette situation les associations signataires du communiqué invitent toutes les parties impliquées dans le domaine de la santé dans notre pays, à coordonner leurs efforts pour l’élaboration d'une feuille de route en vue d’atteindre la couverture santé universelle (CSU) en Tunisie.
Visée par le troisième objectif de développement durable (ODD) adopté par l'ONU en 2015 dans le cadre de l'Agenda 2030, la CSU garantie à toutes les personnes l’accès aux soins et à tous les services de santé dont elles ont besoin. L’atteinte de la couverture santé universelle nécessite la mise en place de systèmes de santé solides, efficaces et résilients.
Elle exige une bonne gouvernance, de structures de financement justes et durables, de personnels de santé disponibles et accessibles en nombre suffisant, de systèmes solides d’achat et d’approvisionnement en médicaments et technologies de santé, un bon fonctionnement des systèmes d’information sanitaire.
H.G.
Au Centre culturel international de Hammamet : Sami Ben Ameur signe une ode à la mémoire, à la paix et à la résistance par l’art
Entre spiritualité et réflexion philosophique, le plasticien tunisien Sami Ben Ameur se dévoile dans toute sa maturité artistique en mettant les questions du siècle au cœur d’un projet singulier autour de l’univers, la résistance et la résilience par l’art. Ses toiles pour la plupart de grands formats sont telle une invitation au voyage dans un univers grandiose et coloré portant les symboles des civilisations.
« Terre spirituelle n’est pas seulement une exposition mais un voyage vers la mémoire et les racines. Couleurs et signes s’entrelacées aux blessures du présent, transformant la toile en témoignage et en espérance. Entre terre et esprit naît la question de l’homme, et s’ouvre un nouvel horizon de sens », explique le plasticien dans le catalogue de l’exposition dont le vernissage a eu lieu, vendredi soir, au palais Kheireddine.
Des mots qui résument tout le concept de cette nouvelle exposition installée à la galerie du rez-de-chaussée du palais au cœur de la Médina de Tunis. Le plasticien présente une sélection de 35 œuvres récentes qui « s’élèvent telles des terres vierges, construites par strates colorées, effacements et superpositions, entre transparence et mystère”, dans cette exposition vente qui se poursuit du 3 au 31 octobre 2025.
●L’art contre l’oubli, la marginalisation et le fanatisme
« Ce projet est la synthèse d’un parcours artistique et intellectuel au cours duquel pendant plus de deux décennies, je me suis consacré à la thématique de la ‘terre’ en tant que symbole existentiel. Aujourd’hui, elle s’ouvre à des dimensions plus transparentes et à une profondeur plus spirituelle », peut-on lire dans l’introduction intitulé « Terre spirituelle – Esthétique de la Mémoire et de la résistance », soigneusement écrite par le plasticien et historien de l’art.
Il est important de rappeler que l’expertise de Sami Ben Ameur en tant qu’artiste, historien et professeur émérite de l’Université de Tunis auteur de plusieurs ouvrages spécialisés sur l’histoire de l’art, avait servi notamment aux préparatifs de l’exposition inaugurale du Musée national d’art moderne et contemporain, parallèlement à l’ouverture de la Cité de la Culture en mars 2018.
Depuis ses expositions « La Terre vénérée » et « La Terre originelle », le plasticien a toujours était habité par les questions de l’univers qui se traduit dans des approches plastiques imprégnées de spiritualité dans une tentative de percer certains de ses mystères. Une orientation qui se traduit avec plus de profondeur dans ce thème artistique “Terre Spirituelle que le plasticien qualifie d’ « un acte de résistance esthétique face à l’oubli, à la marginalisation, au vide, à la violence gratuite, aux épurations ethniques et au fanatisme, Gaza sous nos yeux un exemple tragique ».
●Méditation autour de la mémoire, de l’humain et de la terre
Connu pour sa peinture matiériste mêlant signes anciens, gestualité expressive et sensibilité tactile profonde, Ben Ameur développe dans cette nouvelle exposition une nouvelle série où la terre dans sa dimension intime, originelle et spirituelle devient un territoire d’amour, de silence et de résistance. Entre abstraction et suggestion, ses toiles, souvent de grands formats ronds ou carrés, convoquent des univers symboliques où se croisent le ponctuation des civilisations, l’éclat du noir et blanc, et une quête d’harmonie universelle.
Nourri par ses multiples voyages, Ben Ameur présente une belle série de toiles en petits formats aux appellations aussi profondes et exotiques : « Le Souffle de la Terre » porte le signe du Yaz, symbole de l’homme libre chez les Amazighs. Naissance de la Paix porte l’image d’une colombe comme symbole universel de paix, de pureté et de spiritualité, traversant cultures et religions.
« La Gardienne des Saisons » est l’image d’une tortue comme symbole chez les autochtones du Québec au Canada, représentante la longévité, la protection et la sagesse. Elle incarne cet équilibre quelques part perdu entre l’homme et la nature et lance un appel à l’urgence de respecter notre Terre-Mère.
« Les Oiseaux de l’Amour Eternel » offre une image haute en couleurs d’un couple d’oiseaux, métaphore de l’amour, de la beauté et de la résilience qui se traduit dans ce symbole des amoureux éternels chez les ethnies indigènes des Tainos, principalement aux Caraïbes.
Sans oublier Tanit, symbole de l’histoire Carthaginoise et Phénicienne, la déesse de la fécondité, de la protection et de la vie qui se renouvelle qui est représentée dans une toile baptisée Tanit, matrice d’éclats scintillants.
« Dans cette série les symboles jaillissent les profondeurs des temps, porteurs de valeurs humaines éternelles: le respect, l’amour, la mémoire, la paix, la résistance, la spiritualité et l’unité humaine », a déclaré l’artiste historien de l’art qui revient avec une exposition personnelle qui interroge la condition humaine contemporaine marquée par la perte de valeurs fondamentales, tout en creusant dans la mémoire des peuples et sa formation académique en tant qu’ancien diplômé de l’Ecole des Beaux- arts de Tunis et de la Sorbonne à Paris.
Dans une époque de plus en plus dominée par les conflits et les guerres et où la cupidité et la vanité humaine font la loi, l’artiste-plasticien et les créateurs en général ne peuvent se détacher de ce qui se passe autour d’eux. Le contexte actuel nous interpelle tous, artistes, penseurs, écrivains et médias dans l’ambition de protéger ce qui reste de notre humanité avec toute notre vulnérabilité.
Cette conjoncture où règne une mondialisation envahissante ayant notamment façonné notre quotidien aussi bien que notre environnement naturel de plus en plus menacé, nous place devant nos vérités dans l’espoir de trouver un sens à l’encensé.
Editorial : Le Bonobo et le coup de poker menteur…
Par Chokri Baccouche
Dans le grand théâtre de la politique internationale, certains dirigeants écrivent des discours, d’autres rédigent des traités… et puis il y a Donald Trump, un dirigeant atypique qui semble avoir confondu la diplomatie avec une partie de poker dans un casino de Las Vegas : un tweet à la main et un ultimatum dans l’autre. Chez le locataire de la Maison Blanche, tout commence souvent par une phrase simple, presque poétique : “Vous avez 24 heures.”
On ne sait pas toujours pour faire quoi, ni pourquoi 24 et pas 23, mais peu importe — l’important, c’est le suspense. Les diplomates du monde entier ont ainsi développé une nouvelle compétence : traduire les ultimatums trumpiens en langage compréhensible. Car l’ultimatum version Trump, c’est un peu comme une météo capricieuse : aujourd’hui tempête, demain grand soleil, et après-demain… on ne sait pas, mais mieux vaut garder un parapluie et un casque.
A toute fin utile. Cela permettra au moins de protéger le ciboulot s’il venait à pleuvoir des grêlons aussi gros qu’une balle de tennis. Les ultimatums chez Trump sont si fréquents qu’ils sont devenus une marque de fabrique. Ils sortent du gosier de son auguste majesté Ubu roi comme une série de casseroles et sont distribués à tour de bras.
La part belle de ces mises en garde est réservée depuis quelques temps au régime des mollahs : Trump menace de ramener l’Iran à l’âge de la pierre si les dirigeants du pays n’appliqueraient pas à la lettre ses oukases. Ils n’ont plus que quelques heures pour faire le bon choix, dit-il, sous peine de voir le ciel leur tomber sur la tête.
Le président américain menace de tout raser : les ponts, les centrales électriques, les exploitations avicoles pour poules pondeuses, y compris les usines de textile spécialisées dans la production des porte-jarretelles, des strings et des soutiens-gorge.
Heureux qui comme les nichons aux quatre vents dans l’ancienne Perse : fort de son long stage très suggestif chez le pote Epstein, le président américain a pensé à ramener aux Iraniennes en guise de cadeau, les mœurs libérales du rêve américain sur le dos des Tomahawk.
Officiellement, l’ultimatum est une arme de fermeté. Une démonstration d’autorité. Un coup de poing sur la table. Officieusement ? Disons qu’il cache souvent un petit monde intérieur beaucoup plus… nuancé. L’ultimatum chez Trump est un proche cousin du bluff au poker. Il incarne le fantasme du contrôle total de la situation alors qu’en réalité il n’en est rien. Le président américain cherche à faire peur aux Iraniens et leur faire croire qu’ils sont dans l’antichambre de l’Armageddon et de l’Apocalypse.
En vérité, c’est les Iraniens qui sont actuellement en position de force. D’un point de vue militaire, l’opération américano-sioniste Fureur Épique est, en effet, dans une impasse. Face aux conséquences économiques et politiques désastreuses d’une guerre qui dure bien plus que prévu, Donald Trump, dos au mur, ne sait qu’aller vers plus de radicalité dans les menaces.
Une radicalité loufoque qui s’apparente en fait à une danse macabre du coq égorgé. Il est dans la confusion totale et ne comprend pas ce qu’est une guerre et encore moins son adversaire, l’Iran en l’occurrence, un pays à la civilisation millénaire, vaste et parfaitement soudé. Même avec toute l’armada américaine, Donald Trump ne peut pas « détruire ce pays en une nuit » comme il ne cesse de le claironner à tort et à travers.
Le président américain n’a manifestement pas compris encore qu’en face de lui il y a un pays qui se prépare à cette confrontation depuis plus de 20 ans. Un pays prêt à consentir tous les sacrifices pour préserver son indépendance et défendre son intégrité territoriale. Et surtout, surtout qui ne cédera à aucune menace.
Signe que la logique de guerre américaine, inique et absurde, s’essouffle au profit de l’Iran et fait l’effet d’un coup d’épée dans l’eau : depuis quelques jours, les compagnies maritimes du monde entier négocient directement avec le régime iranien pour faire passer des bateaux dans le détroit d’Ormuz en échange d’un péage.
Les armateurs et les compagnies d’assurance se sont rendus à l’évidence qu’il vaille mieux payer 1 ou 2 millions de dollars pour se frayer un passage en toute sécurité, plutôt que d’attendre que le détroit soit libéré militairement. Le coup de poker menteur de Donald Trump n’est pas sans rappeler l’histoire du Bonobo qui veut faire pousser des cerises de Tasmanie sur un vieux Baobab en plein milieu de la savane africaine…
C.B.
A Beit al-Hikma : La poésie francophone, des voix et des voies
La poésie francophone de Tunisie sera au cœur d’un colloque annoncé pour 15 avril à l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts Beit al-Hikma, et réunissant chercheurs et universitaires autour d’un parcours critique consacré à plusieurs voix majeures et figures parfois peu connues de ce champ littéraire.
La première séance sera consacrée à des approches variées de la création poétique, allant des dynamiques de l’intermédialité chez Mohamed Jamoussi à la redécouverte de Marius Scalési, en passant par les expérimentations de Salah Garmadi et l’univers poétique d’Amina Said. Les interventions mettront également en lumière la veine courtoise chez Abdelaziz Kacem, les perspectives éco-poétiques liées à l’imaginaire maritime, ainsi que la présence de Lorand Gaspar en Tunisie et l’empreinte de son écriture.
La seconde séance élargira la réflexion aux écritures contemporaines et aux formes de dialogue entre les textes, les images et les filiations littéraires. Les communications aborderont notamment la quête identitaire dans l’œuvre de Kamel Gaha, les résonances d’hommage et de transmission chez Samir Marzouki, les interactions entre texte et image dans l’œuvre de Hichem Ben Ammar, ainsi qu’un regard rétrospectif sur le catalogue de poésie des éditions Arabesques de 1991 à 2026.
L’UNESCO alerte : la guerre menace un patrimoine millénaire en Iran
Le patrimoine culturel iranien subit de lourds dégâts après un mois de guerre. L’UNESCO tire la sonnette d’alarme face à la multiplication des frappes qui touchent musées, monuments et sites historiques, et appelle à une mobilisation internationale pour protéger ces témoins majeurs de l’histoire mondiale.
Selon les autorités de Téhéran, au moins 120 musées, bâtiments historiques et sites culturels ont été endommagés par les frappes menées par les Etats unis d’Amérique et Israël sur le territoire iranien depuis le début du conflit. L’Iran abrite pourtant 29 sites inscrits au patrimoine mondial, rappelant l’ampleur des risques qui pèsent aujourd’hui sur un héritage plurimillénaire.
Face à cette situation, l’UNESCO a confirmé que plusieurs sites de valeur culturelle dans la région avaient été endommagés et a renouvelé son appel à la retenue, rappelant l’obligation des parties au conflit de respecter le droit international et de préserver ce qu’elle qualifie de « socle social des sociétés ».
Joyaux historiques endommagés
Parmi les monuments touchés figurent plusieurs sites emblématiques, notamment le « Golestan Palace », le « Tchehel Sotoun », la grande mosquée d’Ispahan ainsi que les sites préhistoriques de la vallée de Khorramabad.
À Téhéran, des frappes auraient également affecté le « Marble Palace », la maison Teymourtash et le complexe palatial de Saadabad, l’un des ensembles touristiques majeurs de la capitale.
La ville d’Ispahan apparaît particulièrement exposée. Des frappes visant le bâtiment du gouverneur ont endommagé l’intérieur du palais de Tchehel Sotoun, pavillon du XVIIe siècle appartenant à l’ensemble des jardins persans. Le Ali Qapu Palace, situé à proximité, a lui aussi subi des dégâts, notamment sur ses mosaïques délicates. Les ondes de choc auraient également affecté la mosquée Masjed-e Jameh, considérée comme la plus ancienne mosquée du vendredi du pays.
Mobilisation internationale urgente
Face à ces destructions, l’UNESCO a transmis les coordonnées géographiques des sites patrimoniaux aux parties concernées afin d’éviter qu’ils ne soient ciblés. L’organisation a également tenu une réunion avec la Direction générale des antiquités du Liban pour renforcer les mesures de protection des biens culturels vulnérables.
La menace dépasse en effet les frontières iraniennes. Au Liban, la ville antique de Tyre, inscrite au patrimoine mondial, serait elle aussi exposée aux frappes et certaines parties du site auraient déjà été endommagées.
Alors que les combats se poursuivent, l’UNESCO insiste : préserver le patrimoine n’est pas seulement protéger des monuments, mais sauvegarder la mémoire et l’identité des sociétés. Un appel à l’aide qui souligne l’urgence d’une action internationale pour éviter des pertes irréversibles.
Jafar Panahi rentre en Iran : « je n’ai qu’un seul passeport, celui de mon pays »
Le réalisateur iranien Jafar Panahi est rentré en Iran après plusieurs mois passés à l’étranger pour accompagner la campagne internationale de son film. Fidèle à la promesse qu’il avait formulée malgré les risques, le cinéaste choisit de regagner son pays en pleine pression judiciaire, transformant ce retour en geste politique d’une rare portée symbolique.
Selon des sources citées par Iran International, il a franchi la frontière mardi par voie terrestre via la Turquie. Il revenait d’un long périple consacré à la promotion de « It Was Just an Accident », récompensé par la Palme d’or au Cannes Film Festival et présélectionné aux Academy Awards.
Rien, dans ce film, ne relève d’une production ordinaire. Tourné en secret à l’intérieur de l’Iran, sans autorisation préalable du scénario, il défie ouvertement les règles imposées au cinéma national. La présence d’actrices apparaissant sans hijab à l’écran constitue une prise de position claire : ici, la création devient acte de résistance.
L’histoire s’ouvre sur un événement anodin (une famille percute un chien sur la route) avant de basculer dans une tension morale profonde. Dans un garage, Vahid croit reconnaître, à sa démarche et à sa prothèse, l’homme qui l’a torturé durant sa détention. D’anciens prisonniers politiques se rassemblent autour de cette possible identification : est-ce réellement leur bourreau ? Et, si oui, que faire ? En refusant de montrer son visage, Panahi transforme la question en vertige universel : l’horreur pourrait être n’importe qui.
Consécration artistique hors norme
Avec ce film, le cinéaste complète la mythique « triple couronne » des festivals européens : après l’Ours d’or à Berlin pour Taxi et le Lion d’or à Venise pour Le Cercle, la Palme d’or vient consacrer une trajectoire artistique construite malgré les interdictions, la surveillance et les menaces judiciaires.
Malgré la reconnaissance internationale, Panahi n’a jamais envisagé l’exil. « Je n’ai qu’un seul passeport : celui de mon pays », déclarait-il récemment. Cette conviction donne aujourd’hui à son retour une dimension presque narrative : comme si la réalité prolongeait son œuvre.
Le réalisateur est pourtant sous le coup d’une condamnation à un an de prison pour « propagande contre le régime », assortie d’une interdiction de voyager. Mais loin d’un geste imprudent, son retour apparaît comme l’aboutissement logique d’un parcours artistique façonné par la confrontation avec le pouvoir.
En rentrant en Iran, Panahi signe un acte de cohérence rare : préférer l’incertitude de la prison à la sécurité de l’exil. Un choix qui transforme son retour en dernier plan d’un film encore en cours d’écriture, un plan bien réel, qui oblige désormais le monde à regarder.
















