Crise libyenne : Que vaut la position de la Tunisie, l’Algérie et l’Egypte dans le règlement du conflit ?
Par Myriam Ben Salem-Missaoui
Bien que favorables à une solution « libyo-libyenne », la Tunisie, l’Égypte et l’Algérie adoptent des approches différentes pour tenter de résoudre la crise libyenne, mais ces efforts peuvent-ils réellement débloquer la situation ?
Les ministres des Affaires étrangères de Tunisie, d’Algérie et d’Égypte ont réaffirmé lors de la tenue de la dernière réunion ministérielle au Caire leur soutien à une solution politique « libyo-libyenne », le retrait des forces étrangères et le rejet de l'ingérence. Bien qu'unis, la déclaration finale masque des priorités divergentes, l'Égypte se concentrant sur la sécurité, l'Algérie sur la souveraineté et la Tunisie sur la stabilité économique.
Ce mécanisme tripartite vise à reprendre la main sur la crise, avec un prochain sommet prévu en Algérie. Du coup, certains observateurs plusieurs questions restent en suspens comme l’immigration et le terrorisme. En effet, nous savons que ces trois pays ont des frontières en commun avec la Libye, que peuvent faire, alors, ces trois pays pour mettre fin à cette crise alors qu'il y a deux gouvernements, l'un à l'est et l'autre à l'ouest. Aussi, est-ce que ces trois pays peuvent peser dans les négociations ?
Cette réunion du 21 mai 2026 apporte-t-elle également un élément réellement nouveau, ou s'agit-il d'une énième déclaration de principe sans effet contraignant ? Enfin, une solution « libyo-libyenne » est-elle encore réaliste sans un accord préalable entre les parrains extérieurs du conflit ?
Officiellement, l’objectif principal de cette rencontre cruciale est d’examiner les moyens de soutenir et d’appuyer les efforts des Libyens afin de surmonter l’impasse politique actuelle, et de promouvoir l’élaboration d’une solution consensuelle émanant de la volonté des Libyens eux-mêmes.
Les ministres ont, en effet, réaffirmé la nécessité d’un leadership et d’une appropriation libyens du processus politique comme seule voie permettant d’aboutir à l’organisation des élections présidentielle et législatives reportées, ainsi qu’à l’unification de l’ensemble des institutions politiques, militaires et économiques du pays, tout en renforçant la coopération avec la Mission d'appui des Nations unies en Libye afin d’encourager le dialogue « inter-libyen » et d’impliquer les différentes forces vives de la société. Qu’en est-il des avis des analystes ?
Marge de manœuvre très limitée ?
Nous avons posé justement la question à Khaled Nouri, colonel à l'armée libyenne à la retraite. Ce dernier nous a confié : « À mon avis, le mécanisme tripartite Tunis-Alger-le Caire n’a pas la capacité de régler le conflit libyen. Les pays voisins n'ont pas les leviers nécessaires et se cantonnent à la sécurisation des frontières ou à la défense de micro intérêts commerciaux. La réalité est que la crise est bien plus profonde : ce sont les Américains qui détiennent la clé de la situation.
Si Washington le voulait réellement, la Libye s'engagerait enfin sur la voie de la guérison. Malheureusement, le statu-quo actuel profite à certaines grandes puissances et multinationales, qui tirent un profit bien plus immense de l'anarchie libyenne que d'un retour à l'ordre institutionnel. En 2011, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton affirmait déjà qu'il faudrait au moins quinze ans à la Libye pour se relever ; le temps lui donne raison.
L'installation récente de deux géants industriels étrangers, en plein blocage politique, démontre que la souveraineté du pays s'efface derrière le partage de ses richesses économiques par les véritables décideurs internationaux ».
De son côté, l’avocat, Me Houssem Eddine Ben Atiya, estime que « la crise libyenne souffre de la multiplicité des initiatives proposées pour parvenir à une solution, sans qu’il y ait une mise en œuvre réelle sur le terrain ». Et d’ajouter : « la crise s’est compliquée en raison du grand nombre d’intervenants, tant internes qu’externes, ainsi qu’à cause des rivalités régionales.
Ce qui caractérise la situation libyenne est l’absence d’un accord réel entre les différentes parties libyennes qui continuent à proposer des projets qui n’ont aucun véritable ancrage sur le terrain ». Entre rivalités régionales, intérêts internationaux et divisions internes persistantes, la crise libyenne demeure prisonnière d’un équilibre fragile.
Malgré les appels répétés au dialogue et à une solution « libyo-libyenne », la marge de manœuvre de la Tunisie, de l’Algérie et de l’Égypte reste limitée face au poids des puissances étrangères et à l’absence d’un consensus réel entre les acteurs libyens. Une réalité qui nourrit le scepticisme autour de ces sommets diplomatiques, souvent riches en déclarations, mais pauvres en avancées concrètes sur le terrain libyen.
M.B.S.M.
Fraude à la TVA : Voilà pourquoi le fisc doit faire très attention aux caisses enregistreuses…
Par Hassan GHEIRI
Par la généralisation d’ici 2028 des caisses enregistreuses, le gouvernement espère terminer une fois pour toute avec la fraude à la TVA dans les commerces. Ce qui n’est jamais gagné d’avance…
Pour la direction générale des impôts (DGI), les caisses enregistreuses constituent une arme absolue contre l’évasion fiscale devenue, au fil des ans, monnaie courante dans les commerces fournissant des services de consommation sur place. La fraude à la TVA dans le secteur de la restauration et des cafés, toutes catégories confondues, représente en effet un manque à gagner colossale dans les revenus fiscaux collectés par l’Etat.
Ce manque à gagner devrait se chiffrer à plusieurs milliards de dinars si l’on croit les chiffres rendus publics, en 2025, par la brigade des enquêtes et de lutte contre l’évasion fiscale. Ces chiffres font, en effet, état des pertes avoisinant les 2 milliards de dinars de fraude à la TVA rien que dans le segment relatif à la vente de boissons alcoolisées dans les bars et les restaurants.
Ces bars et restaurants qui fraudent le fisc à fond la caisse sur les revenus engrangés sur la vente d’alcool ne sont, cependant, que la partie émergée de l’iceberg d’une fraude fiscale globale estimée chaque année à environ 25 milliards de dinars.
En rendant obligatoire les caisses enregistreuses dans tous les commerces fournissant des services de consommation sur place, le gouvernement espère dissuader les commerçants à soustraire au fisc les recettes récoltées en liquide. Le ministère chargé des finances par le biais de la direction générale des impôts s’active ainsi à accélérer le déploiement de ces caisses à même de raccorder, d’ici juillet 2028, l’ensemble des commerçants assujettis à la TVA.
Une fois généralisé, il sera, normalement, impossible pour les professionnels de tromper le fisc avec des rentrées d’argent au noir. Normalement encore, et malgré les caisses enregistreuses, les propriétaires de restos et des cafés, du moins les malhonnêtes entre eux, tenteront toujours de passer à travers les mailles du filet fiscal. Les pays qui ont devancé la Tunisie dans l’adoption des caisses enregistreuses pour lutter contre la fraude à la TVA savent déjà quelque chose.
Etant donné qu’il s’agit d’un système de déclaration instantanée des revenus au moyen d’application électronique qui aide à la traçabilité, les logiciels de caisses peuvent toujours être manipulés pour supprimer quelques opérations et ainsi réduire le chiffre d’affaire déclaré.
En France, en 2025, les autorités fiscales ont mis la main sur plusieurs dizaines de restaurants et de bars qui se sont équipés de caisses dotés de logiciels permettant de supprimer, en deux clics des transactions et de brouiller les pistes et à rendre plus compliquer le contrôle du fisc.
Astuce
L’astuce élaboré par une microsociété spécialisée en logiciels de caisses, a permis de mettre en place un vaste réseau de caisses frauduleuses qui aurait privé l’Etat français pendant de longues années, de plusieurs millions d’euros de pertes fiscales. La défaillance se situait au niveau du contrôle technique des équipements.
C’est souvent lors des paiements par les cartes bancaires qui l’on pouvait mettre dans la poche une partie de la recette sans éveiller des soupçons. Cela se fait lorsque le commerce est équipé de plusieurs terminaux de paiement, dont un, non connecté à la caisse et qui envoie directement les règlements vers un compte bancaire non déclaré.
Il est vrai que les autorités fiscales en Tunisie ont pris les dispositions techniques permettant de vérifier la fiabilité et la conformité des caisses aux normes de sécurités et de transparence. Mais, comme peuvent l’attester tous les spécialistes en informatique, le risque zéro n’existe pas. Le ministère des Finances a pris en soin de mettre en place une plateforme d’accréditation des fournisseurs et d’homologation des caisses enregistreuses, mais les contrôleurs d’impôts ne vont pour autant pas crier vite victoire et dormir sur leurs lauriers.
La caisse enregistreuse n'est qu'un outil parmi d'autres dans l'arsenal de la lutte contre la fraude fiscale. Elle ne saurait, à elle seule, constituer la panacée universelle que certains lui prêtent. L'efficacité du dispositif reposera, en grande partie, sur la capacité des services fiscaux à maintenir une veille technologique permanente, à former des contrôleurs suffisamment aguerris pour déjouer les ruses d'une fraude qui se réinvente sans cesse, et à sanctionner sévèrement les contrevenants.
H.G.
Comar d’Or 2006 : Le verdict tombe ce soir
Par Imen Abderrahmani
Qui seront les lauréats de cette 30ᵉ édition des prestigieux Prix Comar d’Or, qui célèbrent chaque année la créativité littéraire en langues arabe et française ? La réponse sera connue dans quelques heures, lors d’une cérémonie que le Théâtre de l’Opéra accueillera.
C’est la moisson de la saison pour les éditeurs comme pour les auteurs. C’est aussi le couronnement d’un parcours, l’aboutissement d’une étape d’un projet qui accorde une place de choix à la littérature et à la lecture. Mais, c’est également le coup d’envoi d’un nouveau chapitre, toujours au service du livre et de ses chevaliers. Pour cette édition-anniversaire, qui porte ainsi une charge symbolique particulière, les organisateurs ont opté pour une soirée grandiose, au théâtre de l’Opéra à partir de 19h00.
Le programme de ce rendez-vous qui prendra les allures de grande célébration culturelle sera marqué par une exposition rétrospective qui retracera trois décennies d’histoire des Prix Comar d’Or, tandis qu’un hommage sera rendu aux figures qui ont marqué cette aventure littéraire. La soirée sera également ponctuée d’un prélude musical avant de se prolonger avec un concert de l’Orchestre Symphonique de Carthage dirigé par Hafedh Makni. Elle sera également une sorte de célébration du record enregistré cette année pour les candidatures. Au total : 92 romans concourent pour les différentes sections de cette compétition littéraire, dont 59 en langue arabe et 33 en langue française. Un chiffre qui témoigne d’une scène éditoriale en pleine effervescence. Il est à noter ainsi que depuis la création du prix en 1997, 1271 candidatures ont été reçues, dessinant en creux l’évolution d’un paysage littéraire de plus en plus riche et diversifié.
Une vie au service du live
Il y a des prix qui récompensent des livres. Et il y a également des prix qui finissent par écrire une histoire culturelle, par devenir l’un des rendez-vous tant attendus du calendrier. Depuis leur création en 1997 à l’initiative de Comar Assurances, les Prix Comar d’or appartiennent à cette seconde catégorie. En trente années d’existence, ils ont accompagné les mutations du roman tunisien, soutenu des générations d’écrivains et offert à la littérature nationale un espace rare de reconnaissance, de visibilité et de transmission.
Au fil des éditions, les Comar d’Or se sont imposés comme un véritable baromètre de la création romanesque tunisienne. En arabe comme en français, ils ont révélé de nouvelles plumes, consacré des auteurs devenus incontournables et permis à des œuvres marquantes de rencontrer un public plus large. À travers eux, c’est toute une mémoire littéraire qui s’est construite : celle d’une Tunisie racontée par ses écrivains, dans ses fractures, ses rêves, ses métamorphoses et ses élans.
Parmi les auteurs qui ont été primés lors des différentes éditions, nous citons : Ali Bécheur, Wafa Ghorbel, Mouha Harmel, Hassouna Mosbahi, Faouzia Zouari, Sofiène Rejab, Yamen Manaï, Emna Remili, Samy Mokaddem, Salma Yangui, Azza Filali, Walid Ahmed Ferchichi, Emna Bel Haj Yahia, Gilbert Naccache, Saber Mansouri, Sahbi Karaani, Hédi Timoumi, Hafidha Kara Bibane, Abdelkader Bel Haj Nacer et la liste est encore longue.
Qui seront les heureux lauréats de cette édition ? La réponse sera connue dans quelques heures. La concurrence est rude d’abord parce que le Comar d’Or est un prix prestigieux qui marque la carrière de tout auteur, ensuite parce que la valeur des prix ont été revalorisées, cette année, traduisant une volonté renouvelée de soutenir la création romanesque tunisienne. Ainsi, selon un communiqué de presse du comité d’organisation, Le prix Comar d’Or, qui récompense le meilleur roman en langue arabe et le meilleur roman en langue française, passe ainsi de 10 000 à 15 000 dinars. Quant au « Prix Spécial du Jury », décerné à deux romans en arabe et en françaispasse de 5 000 à 7 000 dinars, tandis que le « Prix Découverte » atteint désormais 3 000 dinars.
Au-delà des distinctions, les Prix Comar d’Or rappellent surtout qu’une littérature vivante demeure l’un des fondements essentiels d’une société qui pense, rêve et se raconte. Trente ans après leur naissance, ils continuent d’ouvrir un espace où les mots résistent au silence et où les romans deviennent, année après année, les témoins sensibles de leur époque. Bon vent à tous les candidats dont les cœurs certes battent sans doute la chamade, aujourd’hui, en attendant le verdict.
Imen. A.
CNCI : un appel aux jeunes cinéastes pour participer au concours « Un patrimoine à proximité »
Le Centre National du Cinéma et de l’Image (CNCI) vient de lancer un appel à candidature aux cinéastes et jeunes Tunisiens pour participer à la deuxième édition du concours de la Chaire UNESCO, baptisé « Un patrimoine à proximité ». Organisé à l’occasion de la Journée mondiale du patrimoine, cet événement met à l’honneur la photographie et les courts-métrages.
Les candidats ont jusqu’au 31 mai 2026 pour s’inscrire, tandis que la date limite de soumission des œuvres est fixée au 31 juillet 2026. L’annonce des lauréats aura lieu le 27 septembre 2026.
Les modalités de participation et le règlement sont accessibles directement via le QR Code intégré à l’annonce officielle.
Ce concours s’inscrit dans une démarche de soutien à la créativité de la jeunesse et d’encouragement à la documentation visuelle du patrimoine. Il ambitionne d’inviter les jeunes du monde arabe à capturer la présence du patrimoine vivant dans leur quotidien, tout en valorisant son rôle de levier pour l’identité et la cohésion sociale.
Deux catégories distinctes sont ouvertes aux participants : la photographie et les courts-métrages.
La Journée mondiale du patrimoine est une initiative internationale dédiée à la sensibilisation du public sur l’importance de la protection, de la préservation du patrimoine culturel, des sites historiques et des héritages naturels de l’humanité.
Placé sous la tutelle du ministère des Affaires culturelles, le CNCI, qui pilote cette action, est un établissement public autonome fondé en 2011. Il a pour mission principale la mise en œuvre des politiques publiques du septième art, le développement de l’industrie cinématographique, le financement de la production, ainsi que la sauvegarde du patrimoine audiovisuel.
Le ministère des Affaires culturelles déplore le décès de l’artiste et enseignant Ammar Guesmi
Le ministère des Affaires culturelles a annoncé le décès de l’artiste, compositeur et enseignant tunisien Ammar Guesmi, survenu le jeudi 21 mai 2026.
Dans un communiqué publié vendredi sur ses réseaux sociaux, le ministère a salué le parcours de l’artiste et a présenté ses condoléances à sa famille ainsi qu’à la communauté culturelle.
Ammar Guesmi était une figure de la scène musicale alternative tunisienne. Entre 1976 et 1980, il a participé à la création du collectif musical Ouled Ben Arous.
En 1980, il a cofondé à Ben Arous le groupe Al-Hamaem Al-Bidh (Les Colombes Blanches) aux côtés des frères Ilyes, Hached et Zakaria Kobbi, une formation connue pour son répertoire de chansons engagées. Le nom du groupe s’inspire du poème « Ahzan Al-Hamaem Al-Beidh » (Les tristesses des colombes blanches) du poète tunisien Mokhtar Laghmani.
Parallèlement à son parcours artistique, il a exercé comme instituteur à l’école Cité Essafa aux Yasminates, à Ben Arous, et s’est investi dans le militantisme syndical.
Son parcours est lié à l’émergence de la chanson engagée en Tunisie à la fin des années 1970. Né dans les milieux universitaires et syndicaux, ce mouvement musical alternatif s’est développé de manière indépendante pour lier l’art aux revendications sociales.
Durant les années 1980, le groupe d’Ammar Guesmi a été l’un des contributeurs de ce courant, s’appuyant sur l’identité sonore forgée par Zakaria Kobbi au violon, Hached Kobbi au oud et Ilyes Kobbi aux percussions et instruments africains (comme le guembri). Ensemble, ils ont mis en musique les œuvres de plusieurs poètes arabes et internationaux. Le groupe a notamment adapté les textes d’auteurs nationaux comme Menouer Smadah, ainsi que de poètes tels que les Palestiniens Mahmoud Darwish et Mouin Bseiso, ou encore le Chilien Pablo Neruda.
Au-delà de ses compositions pour Les Colombes Blanches, Ammar Guesmi a diversifié ses expressions artistiques. Il a composé et interprété des chansons du patrimoine militant comme "Wakr Ennousour" (Le nid des aigles) et "Chikh Seghir" (Le Petit Cheikh), issue d’une collaboration avec le poète tunisien Adam Fathi.
Il a également signé la composition de plusieurs bandes originales pour le théâtre pour enfants et pour le cinéma tunisien, collaborant avec ses musiciens sur des pièces telles que « Wakr Ennousour » en 1987. Il a notamment mené des projets associant art et action sociale, utilisant le théâtre de marionnettes à des fins thérapeutiques et pédagogiques auprès de publics vulnérables.
Editorial : L’Europe encore et encore - Par Jalel HAMROUNI
Il y a quelque chose d'obscène dans le spectacle que donne l'Europe depuis maintenant plus d'un an. Pendant que Gaza brûle, pendant que des familles entières sont rayées des registres d'état civil en une seule frappe aérienne, les capitales européennes s'activent à trouver les mots justes pour ne rien dire.
Des communiqués. Des appels au calme. Une rhétorique du «deux côtés» appliquée à un rapport de force entre l'une des armées les mieux équipées du monde et une population civile enfermée dans un territoire de 365 kilomètres carrés. Ce n'est pas de la neutralité. C'est de la complicité habillée en prudence diplomatique.
L'Union européenne a eu l'occasion, à de nombreuses reprises, de faire peser son poids réel : suspendre l'accord d'association avec Israël, conditionner les échanges commerciaux au respect du droit international humanitaire, rappeler ses ambassadeurs pour consultation. Elle n'a rien fait de sérieux. Quelques sanctions symboliques contre des colons isolés, des déclarations d’inquiétude profonde aussitôt oubliées. Pendant ce temps, les bombes continuaient de tomber sur Rafah, sur Jabaliya, sur Khan Younès.
L'épisode de la flottille Soumoud a mis à nu cette hypocrisie avec une clarté brutale. Ce convoi humanitaire, affrété par des militants et des associations de solidarité pour acheminer de l'aide vers Gaza par voie maritime, a été intercepté et bloqué. Des civils arrêtés, du matériel saisi. Une violation flagrante du droit de la mer, une entrave caractérisée à l'aide humanitaire en temps de conflit.
Quelle a été la réponse européenne ? Le silence, ou presque. Aucune convocation d'ambassadeur israélien devant les ministères des Affaires étrangères de Paris, Berlin ou Rome. Aucune sommation. L'Europe, qui se drape si volontiers dans les valeurs du droit international quand cela l'arrange, a regardé ailleurs.
Et le Liban. On l'oublie trop vite. Des portions entières du territoire libanais sont toujours occupées par l'armée sionistes au mépris des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. La résolution 1701, censée garantir le retrait des forces israéliennes jusqu'à la frontière internationale, reste lettre morte. L'armée d'occupation s'est déployée dans le sud du pays, rasé des villages, pillé des récoltes.
Là aussi, l'Europe a produit des déclarations. Rien d'autre. On se demande à quoi sert le droit international lorsque les puissances censées l'incarner se contentent de l'invoquer comme une incantation sans lendemain.
Ce qui est en jeu ici, ce n'est pas seulement la Palestine ou le Liban. C'est la crédibilité de tout un système de normes que l'Europe prétend défendre. Comment Bruxelles peut-elle invoquer le respect du droit international face à la Russie tout en fermant les yeux sur ses violations répétées au Proche-Orient ? Cette sélectivité n'échappe à personne dans le reste du monde. Elle alimente, à raison, un sentiment de deux poids, deux mesures qui mine l'autorité morale de l'Occident sur toutes les autres crises.
Il y a aussi une dimension intérieure que les dirigeants européens refusent d'affronter. Dans leurs propres sociétés, des millions de citoyens — souvent jeunes, souvent issus de la société civile — descendent dans la rue, signent des pétitions, organisent des boycotts. Ils ne demandent pas à leurs gouvernements de choisir un camp militaire. Ils demandent simplement que le droit s'applique à tous, de manière égale. Cette demande élémentaire est traitée avec condescendance, quand elle n'est pas réprimée administrativement.
L'Europe a construit son identité politique sur les leçons tirées de ses propres catastrophes du XXe siècle. Jamais plus, disait-on. Plus jamais la complaisance face aux crimes de masse. Plus jamais le silence des gens raisonnables pendant que l'irréparable se commet.
Or voilà que ce même continent observe, documente, répertorie et ne fait rien.
Il reste une chose que l'histoire ne pardonne pas : avoir su et n'avoir pas agi. L'Europe est en train d'écrire cette page-là. Et la honte qui viendra ensuite ne sera pas atténuée par le nombre de communiqués publiés.
J.H.
Handball- demi-finale : L'Espérance bat le C.Africain et file en finale
La première demi-finale de la coupe de Tunisie qui a opposé cet après-midi à Rades, le Club Africain à l'Espérance de Tunis en présence du public clubiste a été remportée par les Sang et Or (27-26). A la pause, les camarades de Boughanmi menaient (16-15).
Preuve que le match a été comme d'habitude serré et disputé de bout en bout. Après avoir remporté le titre de champion, l'EST visera encore une fois le doublé lors de la finale.
J.B.
Coupe du monde 2026 - Les Aigles de Carthage terminent la première étape de la préparation : Un huis clos énigmatique
Les Protégés, au propre et au figure', de Sabri Lamouchi ont quitté jeudi Tabarka, après quatre journées de travail sans qu'aucune information ne filtre à propos du programme suivi, des noms des joueurs présents ou des premiers enseignements.
C'est là le choix du sélectionneur qui tient à garder le silence et le calme pour couvrir ce premier rassemblement. Pourtant, l'équipe nationale concerne tous les Tunisiens, presse et public surtout. A voir ce qui se passe ailleurs, en Europe ou en Amérique où les activités des sélections qui se préparent à la coupe du monde 2026 sont à la portée de tous, il y a lieu de nous poser moult interrogations.
On sait seulement que Valery, Arous et Gharbi et ont débarqué à bord d'une compagnie aérienne, sponsor des Aigles de Carthage et c'est tout. Sommes-nous appelés à chercher quelques informations à travers des chaines de télévisions étrangères pour savoir ce qui se passe chez nous? Ce huis clos est-il nécessaire pour assurer la meilleure préparation possible? Seul Lamouchi détient la réponse à cette énigme.
Jamel Belhassen
Caisses enregistreuses électriques : Les fraudeurs dans le viseur
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La deuxième phase des caisses enregistreuses entrera en vigueur le 1er juillet prochain et concernera de nouveaux commerces. Mais où en est la première phase lancée en novembre 2025 ?
Les restaurants classés touristiques ainsi que les cafés de deuxième et troisième catégorie exploités sous forme de sociétés sont tenus d’adhérer au système national des caisses enregistreuses fiscales (Nacef). Pourtant, une partie d’entre eux n’a toujours pas accompli les démarches nécessaires. C’est ce qu’a affirmé Mohamed Salah Ayari, conseiller fiscal et universitaire. Son message est clair : « Le temps des communiqués et des avertissements est terminé, celui des contrôles et des redressements commence ».
Selon l’expert, cette situation s’explique à la fois par des facteurs culturels et juridiques. Le principe de l’adoption des caisses enregistreuses fiscales figurait déjà dans la loi de finances de 2016, mais le décret d’application n’a été publié qu’en novembre 2019, soit trois ans plus tard. Quant à l’arrêté fixant les échéances effectives d’application, il n’a été publié qu’en octobre 2025.
Ce retard répété entre l’adoption des lois et la publication des textes d’application a créé une forme de scepticisme chez les professionnels : beaucoup étaient habitués à voir des mesures légales rester sans effet concret et n’ont donc pas pris au sérieux l’échéance de novembre.
L’article 94 du Code des droits et procédures fiscaux prévoit des amendes allant de 1 000 à 50 000 dinars, ainsi que des peines d’emprisonnement de seize jours à trois ans. Ayari estime que ces sanctions sont suffisamment lourdes pour menacer la pérennité de tout établissement.
Pour les établissements non concernés par la première phase, le calendrier se resserre davantage : à partir du 1er juillet 2026, toutes les personnes morales opérant dans la restauration et les services de consommation sur place devront être en conformité — y compris les fast-foods, glaciers et sandwicheries exploités sous forme de sociétés. Les personnes physiques soumises au régime réel suivront à compter du 1er juillet 2027, puis le dispositif s’étendra aux autres exploitants individuels à partir du 1er juillet 2028.
Pour s’inscrire, les démarches s’effectuent via la plateforme Jibaya.tn, qui contient la liste des fournisseurs agréés. L’ensemble de la procédure est entièrement dématérialisé et ne nécessite aucun déplacement.
Que dit la loi?
Interrogé à ce sujet, l'expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi, nous a confié : « Le ministère des Finances a instauré l’obligation d’utiliser des caisses enregistreuses fiscales pour les activités de consommation sur place, selon un calendrier progressif allant du 1er novembre 2025 au 1er juillet 2028. La première phase concerne les restaurants touristiques, salons de thé et cafés de 2e et 3e catégories exploités sous forme de sociétés.
À partir du 1er juillet 2026, l’obligation sera étendue aux autres sociétés opérant dans la restauration et la consommation sur place, avant de toucher progressivement les personnes physiques en 2027 puis 2028. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la loi de finances 2025 et vise tous les établissements proposant des plats ou boissons à consommer sur place ».
Au-delà de l’aspect réglementaire, cette réforme traduit la volonté de l’État de mieux contrôler les transactions en espèces et de réduire l’évasion fiscale dans un secteur où l’informel reste important. Mais pour de nombreux petits exploitants, le coût des équipements et l’adaptation aux nouvelles procédures suscitent encore des inquiétudes, surtout dans un contexte économique déjà fragile.
Entre modernisation fiscale et lutte contre l’économie parallèle, l’État semble décidé à fermer définitivement la caisse… des fraudeurs. Dès juillet, ceux qui continueront à travailler “à l’ancienne” risquent de payer l’addition au prix fort.
M.B.S.M.
L’Orchestre Symphonique Tunisien présente demain « La Cameratte » à la Cathédrale de Tunis
Le Théâtre de l’Opéra de Tunis convie les mélomanes à une soirée placée sous le signe de la musique de chambre avec « La Cameratte », un concert exceptionnel de l’Orchestre Symphonique Tunisien qui se tiendra, demain, le 23 mai 2026 à 20h00 à la Cathédrale Saint-Vincent-de-Paul de Tunis.
Dirigé par le chef d’orchestre Shady Garfi, le concert réunira les musiciens de l’Orchestre Symphonique Tunisien (OST) autour d’un programme éclectique et sensible, enrichi par la participation du joueur de qanun Aws Ben Hlima. Dans l’écrin majestueux de la cathédrale, cette rencontre musicale promet un dialogue entre les époques, les styles et les sonorités.
Intitulée « La Cameratte », en référence à l’univers intimiste de la musique de chambre, la soirée proposera un voyage musical traversant plusieurs répertoires. Le public pourra découvrir ou redécouvrir des œuvres de Wolfgang Amadeus Mozart, Béla Bartók, Ennio Morricone, Jacques Offenbach, Antonio Vivaldi ainsi que du compositeur tunisien Mohamed Adil Gueray.
À travers cette programmation mêlant musique classique occidentale, influences contemporaines et touches orientales, l’Orchestre Symphonique Tunisien poursuit son ambition de rapprocher les publics de différents univers musicaux et de faire dialoguer les patrimoines.
Organisé par le Théâtre de l’Opéra de Tunis, ce rendez-vous artistique se déroulera sur invitation uniquement.
Le film « Round 13 » de Mohamed Ali Nahdi récompensé en marge du Festival de Cannes
Le film tunisien « Round 13 », écrit et réalisé par Mohamed Ali Nahdi, a décroché le prix du meilleur film lors du « Cannes Prestige Summit », une manifestation internationale organisée en marge du Festival de Cannes.
Organisé chaque année dans la ville de Cannes durant le festival, le « Cannes Prestige Summit » réunit des professionnels du cinéma, des médias, des arts et de la culture autour d’un programme de rencontres, de projections, de distinctions et d’échanges consacrés aux créations venues du monde entier. Cet événement parallèle ambitionne de favoriser le réseautage et de mettre en lumière des œuvres et projets artistiques internationaux.
Portée par une structure privée indépendante spécialisée dans l’organisation d’événements culturels et artistiques internationaux, cette plateforme attire chaque année des acteurs des secteurs du cinéma, de la production audiovisuelle, des médias et des industries créatives.
Ce prix s’ajoute à trois précédents prix internationaux et il consacre une nouvelle fois la présence du cinéma tunisien sur la scène internationale et confirme le rayonnement des talents tunisiens dans les grands rendez-vous du septième art. Elle offre également au film « Round 13 » une visibilité accrue au cœur des manifestations organisées en parallèle du Festival de Cannes.
De la poésie à l’Institut français de Sousse
La médiathèque Gisèle Halimi relevant de l’Institut français de Sousse accueille cet après-midi, à 18h00, une rencontre littéraire et musicale avec la poétesse Zahra El Kadhi autour de son dernier recueil. Ce rendez-vous sera modéré par Moncef Ouhaibi et ponctué de lectures théâtralisées par Souleima Ammar, Safa Aanizi et Mouna Fradi, accompagnées en musique par Amine Khenini à travers plusieurs textes du recueil. Il est à noter que le recueil est paru chez Hkeyet Edition.
Digitalisation des services publics en Tunisie : Début du déploiement à grande échelle de l’interopérabilité …
Par Hassan GHEDIRI
L’objectif est d’accélérer la dématérialisation des services publics en Tunisie moyennant 192 projets numériques annoncés pour les cinq prochaines années.
Après le déploiement, en 2024, des premières applications de la plateforme nationale d’interopérabilité reliant cinq ministères, le gouvernement a donné son feu vert pour enclencher la deuxième phase du projet qui vise la numérisation complète des services publics en Tunisie. La bonne nouvelle vient d’être diffusée depuis Tallinn, la capitale de l’Estonie, où siège Cybernetica, l’architecte en chef du grand chantier la numérisation des services publics en Tunisie.
Mardi dernier, a été ainsi signé un contrat entre l’entreprise estonienne et les ministères chargés des Technologies de la communication et de l’Economie et la planification pour parachever la transformation numérique de notre pays. Au cours de cette deuxième phase du projet qui doit s’étendre jusqu’à fin 2027, l’objectif est de faciliter l’intégration de la plateforme dans l’ensemble des ministères et de renforcer les capacités de tous les acteurs pour exploiter pleinement le potentiel de la plateforme notamment pour la création des services ciblés et personnalisés.
En tant que pilier essentiel de la gouvernance électronique, la plateforme nationale d'interopérabilité devrait favoriser le développement d'une vaste gamme de services numériques et ouvrir de nouvelles perspectives pour un impact socio-économique positif.
En modernisant la prestation de services et en améliorant la maturité numérique des institutions publiques, le projet ambitionne de faire évoluer les mentalités dans le secteur public pour adopter une approche centrée sur les utilisateurs professionnels et particuliers. L’objectif est d’accélérer la modernisation administrative à travers la dématérialisation complète des services publics avec 192 projets numériques annoncés pour la période 2026-2030.
Il est important de rappeler que Cybernetica a été mandatée par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) pour la mise en place d’une plateforme d’interopérabilité en Tunisie. Un accord a été alors signé en 2023 avec le gouvernement tunisien pour doter la Tunisie d’un logiciel permettant l’échange de services et de données entre les différentes administrations.
Cybernetica qui est l’un des acteurs ayant contribué à la transformation technologique qui ont fait de l’Estonie l’un des pays les plus digitalisés au monde, a parachevé en 2025, la première phase du déploiement de la plateforme nationale d’interopérabilité en Tunisie. Il était question dans un premier temps, de mettre en place la solution d’échange des données sécurisée (la plateforme Unifited eXchange Platform, UXP) dans un groupe restreint d’institutions formé de cinq ministères tunisiens.
Parallèlement à la mise en œuvre technique, Cybernetica a assuré le transfert de l’expertise nécessaire pour renforcer les compétences des différents acteurs tunisiens qui veilleront sur la bonne marche de la plateforme et son déploiement à plus grande échelle.
Il y a lieu également de souligner que les solutions développées par Cybernetica et qui constituent aujourd’hui le socle de la digitalisation des services publics en Tunisie avaient déjà été déployées dans plus de 12 pays à travers le monde, notamment en Ukraine, au Japon, au Bénin, en Namibie, au Groenland et aux Bahamas.
H.G.
Le costume traditionnel tunisien rayonne à l’UNESCO
La Délégation permanente de la Tunisie auprès de l’UNESCO prend part aux célébrations de la Semaine africaine, qui a démarré le 19 mai pour se clôturer aujourd’hui, le 22 mai, au siège de l’Organisation à Paris par les missions diplomatiques africaines.
Cette manifestation culturelle offre à la Tunisie une vitrine privilégiée pour mettre en avant la richesse de son artisanat et l’authenticité de son patrimoine vestimentaire ancestral. En collaboration avec l’Office national de l’artisanat tunisien, une sélection de costumes traditionnels emblématiques a ainsi été exposée, attirant l’attention et l’admiration des visiteurs.
Le patrimoine culinaire tunisien a également occupé une place de choix lors de cet événement, à travers la présentation de spécialités inscrites sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, notamment le couscous et la harissa. Une manière de célébrer la diversité et l’authenticité de la gastronomie tunisienne, héritée de traditions transmises de génération en génération.
Par cette participation à la Semaine africaine de l’UNESCO, la Tunisie réaffirme son engagement constant en faveur de la sauvegarde et de la valorisation de son patrimoine culturel immatériel.
Editorial : Bienvenue dans l’Etat paria…
Par Chokri Baccouche
Il incarne la haine morbide et l’expression de son visage laisse transparaitre à chacune de ses sorties médiatiques une aversion malsaine, résolument obsessionnelle voire pathologique. Il est affranchi de tout sentiment de pitié et il ne rate d’ailleurs aucune occasion pour se délecter avec un vice inégalé des tourments et des souffrances infligées par l’armée de son pays à ses victimes.
En véritable tifosi du mal personnifié, il est toujours aux avant-postes quand il s’agit de haranguer les foules de colons déchainés pour les inciter à violenter et massacrer encore plus de Palestiniens du côté de Gaza ou de la Cisjordanie occupées. Quand il ouvre le bec, c’est seulement pour cracher son fiel et débiter des monstruosités dans une sorte de thriller délibérément théâtralisé pour mieux impressionner et épater ceux qui prêtent attention à ses délires racistes et suprémacistes.
Bref, la méchanceté extrême qui gravite autour de l’homme fait de lui une sorte de Voldémort, le sinistre sorcier haineux de la célèbre saga Harry Potter. Il ? C’est Itamar Ben Gvir le ministre extrémiste de la sécurité nationale israélien qui vient de se distinguer, encore une fois, par son comportement crapuleux et provocateur.
Avec un sadisme inégalé et dans un geste qui en dit long sur son mépris du droit international, Ben Gvir a, en effet, posté sur les réseaux sociaux, mercredi dernier, une vidéo de militants de la flotille pour Gaza agenouillés, face contre terre et les mains liées. « Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous », dit le ministre sur ces images publiées notamment sur sa chaîne Telegram.
Ben Gvir jubilait et éprouvait un plaisir sadique que ces militants de la liberté soient aussi maltraités et humiliés en sa présence. Il était aux anges et aussi heureux qu’un gamin qui vient de recevoir le cadeau de ses rêves. La scène était pathétique, brutale et choquante. Elle dégageait les miasmes putrides de la cruauté, l’inhumanité et l’impunité.
La vidéo en question, délibérément publiée sur les réseaux sociaux vise surtout à livrer un message sans ambages à l’adresse de l’ensemble de la communauté internationale à savoir qu’Israël, n’en déplaise à tous ses détracteurs et aux défenseurs des droits de l’homme, fait ce que bon lui semble.
Le « bienvenue en Israël, nous sommes chez nous » cristallise en effet le mépris absolu de l’entité sioniste envers la légalité internationale. Les propos éminemment provocateurs de Ben Gvir incarnent surtout un geste de défiance adressé à tous les pays dont sont originaires ces militants de la liberté qui se sont distingués par leur courage inouï et leur résilience face à la brutalité israélienne érigée en système.
Preuve en est et au moment où le psychopathe Ben Gvir faisait son cinéma avec l’hymne national israélien en musique de fond et où des dizaines de militants agenouillés les uns contre les autres, visages collés au sol et mains liées, une jeune femme parmi les intrépides otages n’a pas hésité à crier « Libérez la Palestine » au passage du ministre. La bravoure de cette Grande Dame qui a proféré les mots que Ben Gvir appréhende comme son pire cauchemar, a provoqué l’ire de ses bourreaux.
Elle s’est retrouvée en effet la tête encore plus pressée contre le sol par les services de sécurité israéliens qui cherchaient visiblement à étouffer cette phrase assassine perçue par les sionistes comme un crime de lèse-majesté impardonnable.
La publication de cette vidéo de la honte a suscité un tollé international et de vives critiques de la part de plusieurs pays européens dont la France, l’Espagne, la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas, la Nouvelle Zélande et le Canada qui sont allés jusqu’à convoquer leurs ambassadeurs d’Israël. La Turquie, d’où était partie la flottille, s’est montrée la plus virulente en dénonçant la « mentalité barbare » du gouvernement israélien et l’Italie qui a stigmatisé le traitement scandaleux réservé aux militants, parmi lesquels figurent de nombreux ressortissants italiens, a exigé des excuses.
Malgré la gravité du délit, l’Europe se contente du moins que le Smig. La réaction des pays du vieux continent qui disposent pourtant de nombreux atouts susceptibles de leur permettre d’exercer une plus grande pression sur l’entité sioniste, manque de vigueur. Sa mollesse évidente ne risque pas, en tout cas, d’empêcher les dirigeants israéliens de récidiver, encore moins de s’abstenir à commettre de tels forfaits à l’avenir.
Il faut reconnaitre à ce propos que l’ineptie de la communauté internationale et son manque d’entrain à imposer le respect du droit international est la principale cause de l’explosion des dérives israéliennes au Moyen-Orient. Des dérives sans fin, commises en toute impunité par une entité sioniste qui se croit au-dessus de toutes les lois et qui n’a de compte à ne rendre à personne.
Le spectacle barbare offert par Ben Gvir pour la postérité illustre de manière on ne peut plus évidente ce que beaucoup dénoncent depuis longtemps à savoir que la banalisation de la violence, la cruauté, l’impunité et le mépris systématique des droits humains fondamentaux sont la marque de fabrique d’Israël. Bienvenue dans l’Etat paria…
C.B.















