Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
A l’occasion de la tenue de sa Commission administrative nationale jeudi dernier, l’UGTT a appelé les travailleurs à la mobilisation à l’occasion de la fête du Travail, le 1er mai prochain, un test pour la Centrale syndicale qui veut retrouver sa notoriété…
Le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Salah Eddine Salmi, a présidé jeudi dernier les travaux de la Commission administrative nationale de l’Union. Il s’agit de la première réunion de cette instance depuis le congrès général de l’organisation tenu en mars dernier à Monastir.
A cette occasion, Salmi a déclaré que « l’Union a aujourd’hui besoin de tous ses fils et filles sincères », soulignant la volonté de restaurer le rôle de l’UGTT en rétablissant la confiance entre les syndicalistes et en rapprochant tous les militants de l’organisation sans exclusion, selon un communiqué de l’Union.
Il a salué tous les membres de la Commission administrative ainsi que les délégués du congrès « pour avoir réussi le congrès général, qui s’est tenu dans des conditions transparentes et démocratiques, malgré la crise traversée par l’organisation ». Il a précisé que la page de la division et des divergences est tournée au profit d’une nouvelle phase fondée sur l’unité, la clarté et la transparence.
Le nouveau secrétaire général a également appelé à « unir les efforts pour réussir les prochaines échéances dans un contexte difficile et complexe auquel fait face le bureau exécutif national », exhortant tous les syndicalistes à bien se préparer pour la fête du Travail du 1er mai prochain et à célébrer cette fête universelle dans toutes les régions.
Salmi n’a pas, par ailleurs, omis de rappeler que la situation financière de la Centrale syndicale est « très difficile », mettant l’accent sur la nécessité d’élaborer un plan pour sortir de la crise et de se préparer à tous les scénarios.
Pour les observateurs, la fête du 1er mai servirait de test pour la nouvelle direction de l’Union générale tunisienne du travail afin de mettre fin à sa crise interne et retrouver sa notoriété…
Test…
Face à un gouvernement qui se veut garant des droits des travailleurs et un décret mettant fin au prélèvement direct des adhésions, l’UGTT est confrontée à une double crise financière et sociale.
Interrogé à ce sujet, l’activiste et universitaire, Salem Chérif, nous a confié : « Le nouveau bureau exécutif de l’Union générale tunisienne du travail fait face à un lourd héritage, ce qui signifie qu’il sera difficile de surmonter la crise du jour au lendemain. En effet, les tensions qui ont marqué le congrès de l’Union générale tunisienne du travail ont suscité des craintes d’une aggravation de la situation en interne, malgré l’élection de Salah Eddine Salmi comme nouveau secrétaire général, en remplacement de Noureddine Taboubi.
Il faut savoir également que l'opposition syndicale estime toujours que le nouveau bureau exécutif comprend des dirigeants ayant contribué à la crise précédente qu’a traversée l’organisation même si Salmi a déclaré que l’Union « a besoin de tous ses membres », soulignant la nécessité de renforcer l’unité interne ».
Et d’ajouter : « Le nouveau bureau exécutif est conscient qu’il est tenu d’entamer les réformes nécessaires pour surmonter cette crise afin qu’elle ne se transforme pas en une crise chronique et structurelle. Le cas échéant, l’Union générale tunisienne du travail deviendrait un géant aux pieds d’argile.
La mission est difficile mais possible, et elle nécessite du courage. L’autre défi consiste à rétablir l’équilibre entre l’Union et son rôle social et politique. De cette question découle un sujet extrêmement sensible, à savoir la relation entre l’Union et le pouvoir exécutif. Il est bien connu qu’il existe une crise silencieuse entre les deux parties, et mettre fin à cette crise tout en rétablissant le dialogue avec les autorités constituera une tâche difficile pour le nouveau bureau exécutif de l’Union.
A mon avis, la mission de la nouvelle direction de l’Union sera délicate et difficile. Salah Eddine Salmi sera comme quelqu’un marchant dans un champ de mines pouvant exploser à tout moment, d’autant plus que le congrès, malgré le succès qu’il a enregistré, a été marqué par des problèmes et des protestations concernant la légitimité de la direction précédente et actuelle».
Le nouveau bureau exécutif de l'UGTT, sous la direction de Salah Eddine Salmi, appelle à une forte mobilisation pour la fête du Travail du 1er mai afin de surmonter la crise financière et interne de l'organisation. Cette échéance cruciale servira de test pour la nouvelle direction, visant à restaurer la confiance des syndicalistes et à renforcer l'unité face aux défis sociaux et politiques actuels.
M.B.S.M.

