contactez-nous au 71 331 000
Abonnement

Laboratoire clandestin de production de psychotropes démantelé...


La Tunisie est-elle visée dans sa sûreté nationale et sa paix sociale...?



Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

Un laboratoire clandestin démantelé et 10 millions comprimés saisis, tel est le bilan de cette opération menée récemment par les unités de la Garde nationale dans le gouvernorat de l'Ariana. La Tunisie est-elle en passe de passer d'un pays de transit pour les réseaux de drogues à un lieu de production ?

Les unités de la Garde nationale relevant du district de l'Ariana ont récemment saisi environ 14 000 comprimés stupéfiants prêts à la consommation ainsi qu’environ 10 millions de comprimés en cours de fabrication, en plus d’une machine industrielle, de matières premières et de trois voitures utilisées pour le transport et la distribution, selon un communiqué publié aujourd’hui mercredi par la Direction générale de la Garde nationale.

La Direction générale a ajouté que les unités concernées ont réussi à arrêter tous les membres du réseau, composé de quatre étrangers et d’un Tunisien. Les suspects ont été placés en détention sur ordre du ministère public.

Elle a précisé que ces individus avaient établi leurs résidences et leurs points d’activité dans des zones situées entre El Omrane Supérieur et El Menzah, où ils exploitaient un laboratoire équipé de machines sophistiquées pour fabriquer et emballer les comprimés stupéfiants.



Elle a également indiqué que les enquêtes ont révélé l’utilisation de méthodes de dissimulation avancées, telles que le fait de cacher les drogues dans des boîtes cadeaux et de les faire passer en contrebande via des taxis vers l’étranger, dans le but d’échapper aux contrôles de sécurité. La Tunisie est-elle en passe de passer d'un pays de transit pour les réseaux de drogues à un lieu de production ? 


Prévention ...

Bien que cette opération soit qualifiée par certains observateurs d'une "première" dans la lutte contre les réseaux de drogues, d'autres experts estiment que la Tunisie est devenu un pays de production de produits illicites classés matière stupéfiante ou dopante depuis des années.

En effet, au mois d'octobre 2023 et suite d’informations parvenues à la Brigade centrale de lutte contre les stupéfiants de la Garde nationale à Ben Arous, concernant l’implication d’un homme d’affaires et représentant d’une société étrangère de fabrication de compléments alimentaires en Tunisie, spécialisée dans la production et la commercialisation d’injections stéroïdiennes interdites, classées comme substances dangereuses inscrites au tableau « C » des substances toxiques, 6 suspects, dont l’homme d’affaires propriétaire de la société de fabrication de compléments alimentaires et un huissier de justice ont été inculpés pour des faits liés au blanchiment d’argent, à la contrebande, à l’importation de marchandises prohibées sans déclaration, ainsi qu’à la fabrication et à la préparation à des fins commerciales de substances classées au tableau « C ».




Ces affaires reflètent l'importance de la Tunisie aussi bien en tant que marché que d'une zone de production de matières stupéfiantes. Selon Me Houssem Eddine Ben Atiya : " La position géographique de la Tunisie fait d'elle un endroit privilégié pour les réseaux de drogues qui cherchent à explorer de nouveaux marchés en Afrique du Nord et renforcer leur position dans les marchés européens.

Revenons toutefois à cette Affaire, le ministère de l’Intérieur a, en effet, confirmé que la Tunisie n’est plus seulement une zone de passage pour les drogues destinées à la Libye ou à l’Europe, mais qu’un marché intérieur solide a émergé, notamment pour des substances comme la cocaïne, le cannabis (zatla) et les comprimés psychotropes.

Les opérations sécuritaires menées en avril 2026 ont révélé le démantèlement de réseaux internationaux ayant commencé à installer des laboratoires clandestins pour la fabrication locale, le mélange de produits chimiques et la production de drogues synthétiques à moindre coût. Les réseaux internationaux exploitent la position stratégique de la Tunisie.

Les drogues entrent généralement par les frontières terrestres (Algérie et Libye) ou par les ports maritimes (comme le port de Radès), avant d’emprunter des circuits complexes reliant la région du Maghreb. L'urgence est aujourd'hui à la prévention et à l'anticipation afin d'étouffer dans l'œuf ces activités criminelles afin de préserver notre sureté nationale et sa paix sociale".

Face à des réseaux de plus en plus structurés et innovants, la réponse ne peut être uniquement sécuritaire : elle doit aussi être préventive, sociale et coordonnée. Car au-delà des saisies spectaculaires, c’est toute une bataille silencieuse qui se joue pour préserver la stabilité du pays et protéger sa jeunesse.

M.B.S.M.

Partage
  • 25 Avenue Jean Jaurès 1000 Tunis R.P - TUNIS
  • 71 331 000
  • 71 340 600 / 71 252 869