Editorial : Résistance en Ré majeur…
Par Chokri Baccouche
Pour tout esprit normalement constitué, imbu des valeurs universelles de liberté, de justice et d’humanisme, la résistance face à la barbarie est beaucoup plus qu’une simple option. C’est une obligation et un devoir moral qui ne saurait souffrir de tergiversation ou de faux-fuyant au risque de tomber dans les travers de l’hypocrisie, voire pire, de la complicité avec l’auteur de ces actes répréhensibles et condamnables.
En Occident, tous les pays ne perçoivent pas, malheureusement cette évidence de la même manière. Au moment où certains privilégient la politique de l’autruche face à l’inconcevable pour des raisons qui dépassent la logique et le bon sens, d’autres en revanche font preuve d’un réalisme de bon aloi et d’un humanisme qui donne réellement du baume au cœur.
C’est le cas de l’Espagne, l’Irlande, la Slovénie, les Pays Bas et l’Islande qui ont choisi de boycotter l’édition 2026 de l’Eurovision pour une raison simple et implacable : Israël. La position plus qu’honorable de ces pays n’a aucun rapport avec une querelle de goût et ne relève pas non plus d’un caprice diplomatique. Elle cristallise un refus de transformer la culture en alibi face à la barbarie.
Comment célébrer la musique, ce langage universel qui relie les peuples, quand certains dirigeants- israéliens en l’occurrence- bafouent toute idée d’humanisme ? Comment chanter l’harmonie entre les nations quand des vies sont écrasées par la violence et l’oppression de ces dirigeants sionistes dont les atrocités commises à Gaza, en Cisjordanie, en Iran ou au Liban dépassent l’entendement et l’humainement supportable?
C’est sur la base de ces interrogations légitimes d’une objectivité implacable que ces pays ont justifié leur position, convaincus qu’ils sont que l’Eurovision ne peut être un écran qui occulte les atrocités.
En refusant de chanter, dans ce contexte, aux côtés des représentants du pays incriminé, les nations qui ont boycotté cette année l’Eurovision lancent, en fait, un cri moral qui sonne comme un rappel strident qu’on ne doit jamais occulter à savoir que l’art n’est jamais neutre face à l’injustice.
Israël, par ses politiques fascistes et ses pratiques génocidaires, est aujourd’hui associé aux souffrances indicibles de milliers d’innocents. Tenter de mettre cette réalité sous silence pour que la “magie du spectacle” opère, serait trahir la mission même de la culture : rassembler, éveiller les consciences, nourrir l’empathie.
Les pays boycotteurs ont choisi de ne pas fermer les yeux. Leur geste le prouve clairement : la musique doit être guidée par l’éthique, sinon elle devient complice. La scène de l’Eurovision ne peut être un simple théâtre de divertissement. Elle est un miroir de notre époque, un baromètre des valeurs que nous défendons collectivement.
En permettant la participation d’un État qui agit en violation des principes humanitaires fondamentaux, l’Eurovision prend le risque de normaliser l’inacceptable. Le boycott de l’Espagne, de l’Irlande, de la Slovénie, des Pays-Bas et de l’Islande est une réponse nécessaire, une posture courageuse qui rappelle que l’art et l’humanisme sont indissociables.
L’Eurovision 2026 aurait pu être un chant de joie et de fraternité. Il est devenu un test de conscience. La musique, pour rester universelle, ne peut ignorer le cri des victimes. Elle ne peut se faire complice de l’oppression en se parant de paillettes et de lumières. Refuser de chanter aujourd’hui, c’est défendre ce que chaque note, chaque mélodie devrait porter, à savoir la dignité humaine.
En tournant le dos à ce festival, suivi du reste par des millions de téléspectateurs chaque année, l’Espagne, l’Irlande, la Slovénie, les Pays Bas et l’Islande donnent la preuve formelle que l’Eurovision n’est plus seulement un concours.
Il est devenu en effet dans une Europe divisée notamment sur la question palestinienne, le symbole d’un choix moral qui rappelle que derrière chaque chanson et chaque performance, il y a des valeurs à respecter et que la culture sans conscience est un mensonge. Cette conscience aigüe, les dirigeants slovènes en ont fait un choix politique qui relève du principe immuable et pour cause !
Non seulement ces derniers ont boycotté l’Eurovision 2026 mais en lieu et place de l’évènement musical, RTV Slovenia diffusera la série de films « Voix de Palestine » qui regroupe des documentaires et des longs métrages palestiniens. La Slovénie, ce petit pays de la Baltique imbu de valeurs de justice et de solidarité agissante envers les peuples opprimés, donne ainsi le bon exemple à suivre.
Il prouve surtout que l’humanisme n’a pas de religion et que la résistance contre le mal personnifié, incarné pour le cas d’espèce par l’entité sioniste, n’est pas une option mais une obligation et un devoir moral partagé, en principe, par tous les peuples épris de liberté et de justice. Et ce quelle que soit leur appartenance idéologique, culturelle ou religieuse…
C.B.
Flambée du prix du pétrole : Quel impact sur le tourisme et les TRE ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La hausse du pétrole en 2026 frappe à la fois le tourisme et les transferts des TRE en renchérissant les transports. Comment la Tunisie peut-elle amortir ce choc ?
Selon certains experts, même si la Tunisie pourrait bénéficier du redéploiement des flux touristiques dans le contexte de la fermeture de l’espace aérien dans les pays du Golfe, des effets négatifs pourraient apparaître par la suite, notamment à travers l’impact sur les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger.
De manière indirecte, ces transferts pourraient également être affectés par la situation en Europe, confrontée à la hausse des prix de l’énergie et au retour du risque inflationniste. Qu’en est-il, alors, de la situation actuelle ? A cette question, le directeur général de l’Office national du tourisme, Mohamed Mehdi Helloui, a déclaré que les tensions mondiales liées à la guerre en cours au Moyen-Orient n’ont pas eu d’impact significatif sur le tourisme tunisien.
Il a précisé que la baisse du nombre d’arrivées ne dépasse pas 0,8 % jusqu’à la fin du mois d’avril. Helloui a également souligné l’absence d’annulations de réservations, tout en indiquant que le rythme des réservations reste légèrement ralenti.
Il a expliqué qu’il existe des disparités dans les réservations entre les marchés d’Europe de l’Est et ceux d’Europe de l’Ouest, dans un contexte de vigilance accrue des autorités de tutelle, qui poursuivent leurs efforts de promotion de la destination tunisienne afin d’attirer davantage de touristes étrangers.
Par ailleurs, il a indiqué que les touristes libyens et algériens représentent plus de 50 % des arrivées en Tunisie, insistant sur le fait que les marchés des pays voisins constituent un pilier essentiel de l’activité touristique du pays. Idem pour les transferts des Tunisiens résidents à l’étranger dont les montants envoyés au pays ont dépassé jusqu’à fin mars les 2 milliards dinars.
Un avenir flou…
Même si la Tunisie arrive jusqu’à maintenant à bien s’en sortir, c’est la durée de la guerre en Iran qui va peser lourd à long terme, « L’avenir reste flou et si le conflit va durer plus longtemps, les prix du pétrole vont encore grimper et le déficit lié à l’importation du carburant va se creuser davantage.
Au même la hausse des prix des billets d’avions va contraindre les touristes aux bourses moyennes et les Tunisiens résidents à l’étranger à ne pas voyager d’autant que le tourisme tunisien est un tourisme de masse », nous dira l’expert, Mohamed Salah Jennadi.
Et d’ajouter : « Face à cette réalité, les compagnies aériennes se retrouvent confrontées à deux choix complexes : soit absorber la hausse des coûts au détriment des profits, soit répercuter cette charge sur les passagers.
Des estimations indiquent que de nombreuses compagnies ont déjà commencé à imposer des suppléments carburant ou à revoir les tarifs des vols, en particulier sur les liaisons long-courriers les plus consommatrices de carburant. La réponse ne s’est pas limitée à l’aspect tarifaire, mais s’est étendue à la structure opérationnelle.
Plusieurs compagnies ont ainsi eu recours à la réduction des vols sur les lignes les moins rentables, à la suppression de certaines liaisons, ainsi qu’à la diminution de la capacité opérationnelle et à la reprogrammation des vols afin de réduire la consommation de carburant.
Par ailleurs, certaines compagnies se sont orientées vers l’exploitation d’avions plus économes en énergie, une démarche que les analystes jugent d’effet limité à court terme, mais qui reflète une orientation stratégique à long terme. La campagne Tunisair et la CTN doivent alors s’adapter à cette donne ce qui impactera les prix de leurs billets et donc moins de voyageurs et un chiffre d’affaires en baisse ».
À court terme, la Tunisie tient le cap, portée par la solidité de ses marchés de proximité et une demande touristique encore présente. Mais si la flambée des prix du pétrole devait s’inscrire dans la durée, l’équilibre resterait fragile : entre hausse des coûts, ralentissement des flux et pression sur les transferts, c’est toute la dynamique économique qui pourrait être mise à l’épreuve.
M.B.S.M.
communiqué de l'Espérance de Tunis: critique contre l'arbitrage et retrait de confiance
L'Espérance de Tunis a publié hier un communiqué dénonçant de graves erreurs arbitrales lors des dernières rencontres du club. Ce club estime notamment qu'une agression sur Danoh lors du match face à l'ESZarzis n'a pas été sanctionnée malgré la présence des arbitres de la VAR.
L'Espérance de Tunis s'est également étonnée de la désignation de certains officiels pour la journée suivante. Concernant la rencontre face au CABizertin, l'Espérance de Tunis conteste l'annulation d'un but pour hors jeu , jugeant les images insuffisantes pour confirmer la décision ainsi qu'un penalty non sifflé en faveur de Diakité En fin de match. Face à à la répétition de ces décisions, le club considère que la situation dépasse le simple cadre des erreurs isolées et touche au principe d'égalité des chances ainsi qu'à la crédibilité de la compétition.
En conséquence, l'Espérance de Tunis a annoncé le retrait de sa confiance à la commission des désignations de la Direction Nationale d'Arbitrage et réclame un contrôle de cette commission par la FTF ainsi que la nomination éventuelle de membres neutres et indépendants afin de garantir davantage de transparence. Le comité de l'EST a enfin appelé ses supporters au calme et à défendre les droits de l'équipe dans le respect de la loi et de l'esprit sportif.
Agenda des rencontres littéraires : Des livres et des voix
Par Imen ABDERRAHMANI
La semaine s’ouvre sous le signe des livres, des rencontres et du plaisir de lire. Entre présentations, dédicaces et échanges avec les auteurs, tour d’horizon de quelques rendez-vous qui célèbrent la lecture.
Un genre qui cherche encore sa place en Tunisie malgré tant d’initiatives, la bande dessinée sera demain à l’honneur à la Médiathèque de l’IFT pour un atelier immersif croisant la création graphique. Ce rendez-vous s’inscrit dans le programme de l’atelier « Tounes BD » qui propose cette fois-ci une matinée de découverte, d’expérimentation et de collaboration entre passionnés de narration visuelle.
Animée par le dessinateur BD Kamal Zakour et la scénariste Nadia Hathroubi Safsaf, la session se tiendra demain de 10h00 à 13h00 à la médiathèque de l’Institut français de Tunisie. L’atelier est accessible sur inscription, dans la limite de douze participants, et s’adresse aux personnes âgées de 16 ans et plus.
Pensé comme une initiation complète à l’univers de la bande dessinée, le programme aborde toutes les étapes clés de la création. Les participants commenceront par une introduction aux bases du médium : langage visuel, narration séquentielle et construction d’un univers graphique. Ils passeront ensuite à l’écriture de scénario, étape essentielle pour structurer une histoire et définir ses personnages. La matinée se poursuivra par des exercices de croquis et de recherches graphiques avant d’aborder l’encrage et la mise en couleur, afin d’expérimenter concrètement les différentes phases de production d’une planche.
L’objectif principal de cet atelier est de favoriser la rencontre et la collaboration entre profils complémentaires. Les participants seront invités à travailler en binômes scénariste/dessinateur, même débutants, afin d’expérimenter la dynamique créative propre à la bande dessinée. Cette approche collective permet d’explorer la richesse du travail à deux voix, où texte et image dialoguent pour donner naissance à une narration originale.
Ouvert aux étudiants, aux amateurs d’écriture et aux passionnés de dessin, « Tounes BD » se veut avant tout un espace d’échange et de partage. Durant trois heures, les participants pourront tester leurs idées, développer leur créativité et découvrir les coulisses de la création BD dans un cadre convivial.
Spécialiste du suspense historique, Ignacio del Valle à Tunis
La Foire internationale du livre de Tunis (FILT) accueille, le 2 mai à partir de 14h00 l’écrivain asturien Ignacio del Valle pour une rencontre autour de son nouveau roman « Hermann G. » (Edhasa, 2025). Figure majeure du suspense historique en espagnol, l’auteur s’est imposé grâce à une œuvre primée et traduite dans plusieurs langues.
Il doit notamment sa notoriété à la série consacrée au personnage d’Arturo Andrade, dont le roman « El tiempo de los emperadores extranos » a été adapté au cinéma par Gerardo Herrero. Avec « Hermann G. », Ignacio del Valle poursuit son exploration des zones d’ombre de l’Histoire, mêlant enquête, mémoire et tension romanesque.
La rencontre sera animée par le professeur Pascual Iniesta, avec traduction simultanée espagnol-arabe pour faciliter l’accès du public arabophone.
Cet événement s’inscrit dans la participation de l’Institut Cervantes de Tunis à la 40ème édition de la Foire internationale du livre de Tunis (FILT) dont le stand n°1110 propose depuis le 1er jour, soit le 2 » avril, un programme varié dédié à la littérature, à la philosophie et à la langue espagnole. Une occasion privilégiée de rencontrer une grande voix du thriller historique et de découvrir les coulisses de son écriture.
Rencontre inédite avec Francesca Albanese
Un rendez-vous fort et attendu autour d’une parole qui traverse les frontières. Les Éditions Cérès accueillent la juriste et autrice Francesca Albanese pour une séance de présentation et de rencontre autour de son livre « Quand le monde dort: Récits, voix et blessures de la Palestine » et ce demain, le 29 avril à partir de 16h, au stand 1402 (Hall 1), toujours à la Foire Internationale du Livre de Tunis.
Rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits humains dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese signe ici un texte profondément humain, écrit en Tunisie, qu’elle décrit comme un retour vers un pays qui l’a accompagnée durant plusieurs années de travail et d’enquête. Son ouvrage, déjà best-seller et traduit en 18 langues, rassemble des récits qui donnent chair à des existences marquées par la violence, l’exil et la perte.
Dans ces pages, « la voix de l’autrice rejoint celles de femmes, d’hommes et d’enfants confrontés à l’injustice au quotidien : une enfant tuée à Gaza, un chirurgien hanté par la destruction des corps, Malak, une artiste contrainte à l’exil… Autant de voix qui refusent l’indifférence et disent non à l’inacceptable », lit-on sur les notes de ce livre qui se veut un acte d’amour, de courage et de vérité. Le livre tisse ainsi un récit choral où la lucidité se mêle à l’émotion, et où « la parole devient un acte de résistance ».
À travers ces témoignages, Francesca Albanese interroge l’indifférence du monde, mais aussi la capacité des êtres humains à préserver, au cœur même du désastre, une espérance fragile et tenace. Il est à noter que Francesca Albanese a déjà à son actif deux autres publications : « Palestinian Refugees in International Law » (2020) de « J’accuse » (2023).
Chema Ben Chaabene : le théâtre passionnément
L’autrice et scénariste Chema Ben Chaabene donne rendez-vous aux lecteurs pour une séance de dédicace de « Samâ Eve », et ce le 1er mai à 17h00, au stand 1715 de Sud Editions, à la Foire Internationale du Livre de Tunis.
« Samâ Eve » est un monologue dramatique habité, salué notamment par Abdelhamid Largueche, qui y voit une écriture tendue vers le dépassement. « L’héroïne, femme sans âge, tour à tour Ève, Marie ou toutes les femmes à la fois, affronte l’absurde avec une lucidité brûlante. Dans une langue dépouillée et incantatoire », le texte explore la possibilité d’une libération lorsque s’effondrent les certitudes qui façonnent l’identité. Une parole à la fois intime et universelle, qui fait du théâtre un espace de délivrance.
Juriste de formation devenue artiste de scène et d’écriture, Chema Ben Chaabene a construit un parcours où se rencontrent droit, théâtre, cinéma et poésie. Comédienne dès ses débuts, autrice de pièces primées, scénariste pour le cinéma et la télévision, elle poursuit une œuvre traversée par la question de la voix féminine, de la mémoire et de la métamorphose.
I.A.
Foire internationale du livre de Tunis (FILT) : La calligraphie dans toute sa splendeur
Les visiteurs du Palais des expositions du Kram peuvent découvrir, tout au long de la 40ème Foire internationale du livre de Tunis (FILT), du 23 avril au 3 mai 2026, l’exposition permanente (salle n° 1) sur les « Rythme des lettres : la calligraphie en Tunisie, expériences et tendances », présentant des œuvres réalisées par les élèves du Centre National de la Calligraphie.
Dans une déclaration à l’Agence TAP, le directeur du Centre, Yassine Mokrani, a indiqué que cette exposition a été spécialement conçue pour s’inscrire dans le cadre de la participation du Centre à cette FILT, dont l’orientation générale est consacrée à la calligraphie arabe. Il a précisé que le public peut y admirer 40 œuvres réparties en deux volets avec une première partie comprenant près de 20 créations sur différents supports tels que le cuir, le verre, la céramique et divers types de papier, et 20 autres œuvres exposées au Pavillon du ministère des Affaires culturelles.
Outre cette exposition, le Centre participe aux activités de cette FILT avec trois ateliers consacrés aux arts de la calligraphie.
Le premier est destiné aux enfants pour leur faire découvrir la calligraphie arabe et améliorer leur écriture, tandis que les deux autres s’adressent à différentes tranches d’âge, l’un met en lumière les calligraphies tunisiennes et maghrébines pour mieux les faire connaître, et le second est consacré aux calligraphies orientales. Ces ateliers voient la participation de calligraphes japonais aux côtés des calligraphes tunisiens qui les encadrent.
À propos de l’enseignement dispensé au Centre, Mograni a souligné que la formation se concentre sur sept types de calligraphies arabes, à savoir la calligraphie marocaine, la calligraphie tunisienne, la calligraphie Naskh, la calligraphie Thuluth, la calligraphie Ruq’ah, la calligraphie Diwani et la calligraphie persane, ainsi que la calligraphie ornementale islamique.
Chaque année, l’établissement accueille des dizaines d’étudiants de tous âges et niveaux scolaires qui, sur une période de trois ans, acquièrent les compétences nécessaires pour perpétuer ces arts intégrants du patrimoine tunisien et arabe.
Le Quotidien avec TAP
Editorial : L’énergie nucléaire ? Pourquoi pas ? - Par Hassan GHEDIRI
Il faut toujours faire très attention quand on parle de nucléaire. Cela a toujours été un sujet sensible qui suscite beaucoup de suspicions. Cette méfiance enracinée dans la mémoire collective, a été amplifiée au fil des décennies par des catastrophes qui ont profondément traumatisé l’opinion publique internationale. Certes, des drames comme celui survenu à Tchernobyl en 1986 ou bien encore plus récemment à Fukushima en 2011 ont poussé beaucoup de pays à se détourner de l’une des sources d’énergie les plus fiables et les moins polluantes. Nombreux sont également les pays qui étaient tentées par cette alternative avant d’y renoncer par précaution face aux dangers potentiels.
Aujourd’hui, dans un contexte international marqué plus que jamais par les tensions et les incertitudes énergétiques sur fond de la guerre au Moyen-Orient qui a complètement bouleversé les chaines d’approvisionnement mondiales, l’on constate que l’atome est en train de retrouver ses lettres de noblesse partout dans le monde. Un incroyable come-back motivé par la quête de souveraineté énergétique et les enjeux économiques et géostratégiques.
La guerre en Iran qui met aujourd’hui beaucoup de pays face à des scénarios cauchemardesques, est une guerre énergétique par excellence qui explique le regain d’intérêt que trouve désormais le nucléaire. C’est en Europe que le débat sur cette source d’énergie bat son plein
Confrontée depuis plus de quatre ans à l’une des plus graves crises énergétiques à cause de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, l’Union Européenne remet au grand jour une question que l’on croyait réglée une fois pour toute, du moins pour les pays supposés pris des choix irrévocables au sujet du nucléaire. Au mois de mars dernier, pas moins d’une vingtaine de pays ont participé à un sommet sur le nucléaire organisé à Paris, et sont partis avec comme principale engagement de mettre la main à la poche et investir beaucoup plus dans l’énergie nucléaire.
A l’occasion du même sommet, c’est la première cheffe de l’UE qui a annoncé la couleur en expliquant, on ne peut plus clairement au cours de ce sommet, que la décision de se détourner du nucléaire en Europe, était « une erreur stratégique ».
Ce « mea culpa » européen fait écho en Allemagne, pays des plus affectées par le choc énergétique au sein de l’UE, qui a officiellement renoncé au nucléaire civil depuis 2011 mais qui se aujourd’hui montre favorable à un retour progressif à cette ressource. Mais aussi en France qui a annoncé un vaste programme de relance de la filière pour renouveler son parc et augmenter sa production d’électricité nucléaire.
Dire que les pays qui subissent de plein fouet le choc énergétique lié à la guerre en Iran sont en passe de prospecter la piste nucléaire, parallèlement aux autres sources renouvelables, cela suppose que la Tunisie devait peut-être dépoussiérer des vieux projets. Notre pays pourrait dans ce sens compter sur l’expertise chinoise pour inclure le nucléaire dans son mix énergétique. L’Empire du Milieu s’impose en effet, aujourd’hui comme l’empire des centrales nucléaires « low cost ».
La Chine qui surprend le monde par ses projets pharaoniques d’énergies renouvelables affiche aussi une ambition démesurée en ce qui concerne le nucléaire. Le pays construit en effet aujourd’hui des centrales nucléaires plus vite et qui coutent bien moins cher qu’aux Etats-Unis ou en France, les deux autres leaders mondiaux en ce qui concerne le nombre de réacteurs en activité pour la production d’électricité. La Chine qui, en 2000, ne comptait que trois réacteurs, possède aujourd’hui une soixantaine opérationnels et 36 en construction.
Le coût étant souvent le premier obstacle au développement des centrales nucléaires, la Chine aurait trouvé un moyen de le surmonter. Pékin qui se vante de pouvoir de construire 50 réacteurs simultanément a pu développer une stratégie d’économie d’échelle qui permet de se doter des centrales à prix cassé.
Le modèle de réacteur nouvelle génération, 100 % chinois est plus petit et moins performant que les réacteurs conventionnels exploités aujourd’hui en Europe et aux Etats-Unis, mais il est capable d’alimenter en électricité un million de personnes. Le pays espère vendre sa technologie à l’étranger.
Pour la petite histoire notons que la Tunisie, voyant ses ressources d’énergie fossile s’amoindrir, s’est lancée depuis vingt ans sur la piste de l’énergie nucléaire. Lors d’un conseil ministériel tenu en novembre 2006, Ben Ali a ordonné la Société tunisienne d’électricité et de gaz (STEG) d’entamer les études relatives au développement de l’électricité au moyen de l’énergie nucléaire.
Le projet prévoyait la construction d’une centrale nucléaire d’une capacité de 900 MW et qui devait entrer en service à l’horizon 2020. L’heure est peut-être arrivée pour prospecter à nouveau cette voie en misant sur la technologie low-cost chinoise…
H.G.
Gabès cinéma Fen 2026 : Une ouverture engagée artistiquement et humainement
Le coup d’envoi de la 8ème édition du Festival Gabès Cinéma Fen a été donné dimanche 26 avril 2026, au complexe culturel Mohamed Bardi de Gabès avec une cérémonie d’ouverture présentée par l’animatrice et l’actrice Amel Smaoui.
Dans son allocution d’ouverture, la directrice de la 8ème édition Afef Ben Mahmoud a souligné la portée engagée du festival Gabès Cinéma Fen qui à travers ses différentes sections ouvre les débats et crée de nouvelles imaginaires.
Exprimant sa solidarité envers les peuples sujets à une réalité difficile dans plusieurs pays du monde comme la Palestine, le Liban et l’Iran, Ben Mahmoud a rappelé que Gabès Cinéma Fen est une occasion pour donner à voir et à entendre des histoires de vies des civilisations qui se sont transformées en cette époque en un simple chiffre.
Et de conclure « Gabès Cinéma Fen à travers sa programmation diversifiée met la lumière sur l’importance de l’image du cinéma et de l’art en général comme forme de résistance »
Dans son mot de bienvenue, la marraine du festival Hend Sabri a mis l’accent sur la programmation exceptionnelle de la 8ème édition en rappelant avec beaucoup d’émotion le développement du festival au fil des années.
Plusieurs personnalités de marque du monde du cinéma ont assisté à la cérémonie d’ouverture à l’instar de la réalisatrice tunisienne de renommée internationale Kaouther Ben Hania, les stars tunisiennes Dhafer L’Abidine, Mohamed Ali Ben Jemaa, Sawssen Maalej, ainsi que le couple emblématique Jalila Baccar et Fadhel Jaibi et la productrice Dorra Bouchoucha.
La Palestine au cœur
Présenté pour la première fois en Tunisie, la soirée d’ouverture a été marquée par un ciné-concert « Palestine : Une nouvelle narration » de Cynthia Zaven.
Sous le regard curatorial du journaliste et programmateur Rabih El-Khoury, le ciné-concert « Palestine, Une Nouvelle Narration » est le fruit d’une collaboration entre la conceptrice sonore Rana Eid et la compositrice et pianiste Cynthia Zaven.
L’œuvre se compose d’un film de 30 minutes monté par Cynthia Zaven à partir de 77 extraits d’archives muets tournés en 35 mm entre 1914 et 1918 par les forces britanniques installée en Palestine.
Sur scène, Cynthia Zaven accompagne en direct, au piano préparé, le montage d’images d’archives invitant le public à vivre une expérience immersive où l’image silencieuse en noir et blanc dialogue avec les notes du piano de l’artiste. « Palestine : Une nouvelle narration » est une invitation à revoir une partie de l’histoire moderne à travers un nouveau regard où se mélange l’artistique avec une lecture contemporaine de l’archive. Tel une invitation pour se réapproprier une histoire une narration souvent réécrite ou manipulée « Palestine, une nouvelle narration » propose une réflexion renouvelée et interactive d’un passée qui façonne et marque jusqu’à aujourd’hui le présent des pays du Moyen –Orient en particulier la Palestine et son peuple. Contre l’oubli « Palestine, une nouvelle narration » propose une réflexion autour du récit impérialiste britannique sur la Palestine afin de mieux se réapproprier l’histoire et se réapproprier son destin. En guise de clôture, Amel Smaoui a présenté les quatre sections du festival à savoir : Cinéma Arabe, Courts métrages, XR et El Kazma ainsi que l’hommage qui sera rendu à la figure emblématique du théâtre et cinéma tunisien Fadhel Jaziri à travers l’exposition de costumes, la projection du film « La Noce » et d’un documentaire autour de son travail « Work in Progress » signé Faten Jaziri.
La Tunisie présente dans le premier rapport global de l’UNESCO sur ses sites désignés
La Tunisie figure dans le premier rapport mondial publié par l’UNESCO sur ses sites désignés, un réseau de lieux reconnus pour leur valeur exceptionnelle pour l’humanité, dont l’organisation souligne le rôle déterminant pour la biodiversité et les populations.
Intitulé « Vivre avec la nature dans les sites désignés par l’UNESCO : contributions mondiales et locales », ce rapport examine pour la première fois de manière intégrée plus de 2 260 sites couvrant plus de 13 millions de km².
Les sites désignés par l’UNESCO regroupent des espaces aux approches complémentaires : les sites du patrimoine mondial, reconnus pour leur valeur universelle exceptionnelle, les réserves de biosphère, qui concilient conservation et développement durable, et les géo-parcs mondiaux, axés sur la protection du patrimoine géologique et sa valorisation. Ces sites sont gérés de manière à préserver leurs valeurs naturelles, culturelles et scientifiques, tout en soutenant les communautés locales.
Selon l’organisation, ces zones constituent un réseau unique où les populations d’animaux sauvages sont restées globalement stables depuis 1970, alors qu’elles ont chuté de 73 % à l’échelle mondiale. Elles abritent plus de 60 % des espèces recensées et stockent environ 240 gigatonnes de carbone.
Le rapport souligne également leur dimension humaine. Près de 900 millions de personnes vivent dans ces sites, où plus de 1 000 langues sont recensées, tandis qu’environ 10 % du produit intérieur brut mondial y est généré.
Dans ce cadre, la Tunisie apparaît à travers certains de ses espaces naturels intégrés aux inventaires du rapport, notamment le Parc national de l’Ichkeul et la réserve de biosphère de Jebel Bou-Hedma, sans développement spécifique.
L’UNESCO met en garde contre une pression croissante : près de 90 % des sites sont confrontés à un stress environnemental élevé et plus d’un quart pourraient atteindre un point de basculement critique d’ici 2050 sans mesures renforcées.
L’organisation appelle à intensifier les actions, notamment à travers la restauration des écosystèmes, une meilleure intégration de ces sites dans les politiques climatiques et une gouvernance plus inclusive.
Fruit de partenariats avec plus de 20 institutions de recherche à travers le monde, le rapport conclut sur la nécessité d’amplifier ces efforts, en reconnaissant les sites désignés par l’UNESCO non seulement comme des zones de conservation, mais aussi comme des atouts stratégiques pour répondre aux défis environnementaux et sociétaux mondiaux.
En plus du site naturel de l’Ichkeul (1980), la Tunisie compte sept sites culturels inscrits au patrimoine mondial : les médinas de Tunis, de Sousse et de Kairouan, les sites de Carthage, d’El Jem, de Kerkouane et de Dougga, ainsi que l’île de Djerba inscrite en 2023.
À cette liste vient s’ajouter le « Géoparc Dahar », officiellement inscrit le 15 avril 2026 sur la Liste des géoparcs mondiaux de l’UNESCO. S’étendant sur 6 000 km² à travers les gouvernorats de Tataouine, Médenine et Gabès, ce territoire applique une approche participative alliant géotourisme, éducation et développement durable. Le Géoparc Dahar, qui enregistre 250 millions d’années d’histoire de la Terre et possède une exceptionnelle richesse en fossiles, marque une transition unique entre les plaines méditerranéennes et le désert saharien.
Nabeul : L’ambitieux programme de reboisement de 40 000 arbres atteint sa troisième étape
La vaste opération de reboisement de 40 000 arbres, dans les forêts du gouvernorat de Nabeul lancée le 8 mars 2024 par la Direction Générale des Forêts, relevant du Ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche, en partenariat avec Perenco Tunisie, est entrée dans sa troisième phase à la fin du mois d’avril 2026.
Une progression soutenue et structurée
Après le succès des deux premières phases, qui ont permis la plantation de plusieurs milliers d’arbres, cette nouvelle étape marque une avancée significative dans la concrétisation de cette initiative. Le programme repose sur une approche structurée et durable, garantissant l’adaptation des plantations aux spécificités des zones ciblées et maximisant leur impact environnemental.
Un engagement renforcé pour l’environnement
À travers ce projet, la Direction Générale des Forêts et Perenco Tunisie réaffirment leur engagement en faveur de la lutte contre la désertification, de la préservation des écosystèmes et de la reconstitution du couvert forestier en Tunisie, fortement affecté par les incendies enregistrés ces dernières années.
Une contribution aux efforts nationaux de développement durable
Par ce programme, les deux partenaires confirment également leur volonté de contribuer activement aux efforts de protection de l’environnement et de s’inscrire dans une dynamique de développement durable, au service des générations futures.
Ligue 1 (26e J.) : L’EST accrochée, le CA prend les commandes
Du suspense, il y en a eu pour cette seconde manche de la 26e journée avec ce duel à distance entre l’EST et le CA et ce sont les Clubistes, faciles vainqueurs de la JSK à Radès, qui ont pleinement profité de cette ronde.
A Bizerte, l’Espérance de Tunis a confirmé sa baisse de régime des dernières semaines puisque les Sang et Or ont été tenus en échec par un CAB qui tenait à améliorer son actuel classement. Le but refusé aux Espérantistes pendant les arrêts de jeu pour hors-jeu a condamné les visiteurs à se contenter du partage des points (1-1), laissant échapper la première place détenue, désormais, par le Club Africain qui a tranquillement battu les Aghlabides (2-0)pour prendre les rênes du classement à quatre journées de la fin et à trois rondes d’un derby qui s’annonce explosif entre les deux clubs tunisois.
A Sfax, le CSS a profité de sa supériorité numérique après l’expulsion de Khemissi (24’) et d’un penalty réussi par Ben Ali (39’) pour battre le ST (1-0) et pour consolider sa troisième place et s’approcher davantage des deux premiers au classement.
Le dernier match de la journée a vu l’ES Zarzis renouer avec la victoire face à l’Olympique de Béja (2-0). Pour les Cigognes, actuellement non relégables, la fin de saison s’annonce très chaude.
Kamel ZAIEM
Résultats
CA – JSK (2-0)
CAB – EST (1-1)
CSS – ST (1-0)
ESZ – OB (2-0)
Classement
1*Club Africain 58 pts
2*Espérance de Tunis 56 pts
3*Club Sportif Sfaxien 52 pts
4*Stade Tunisien 44 pts
5*US Monastirienne 39 pts
6*Etoile du Sahel 38 pts
7*CA Bizertin 33 pts
-ES Métlaoui 33 pts
9*Espérance de Zarzis 32 pts
-JS Omrane 32 pts
11*US Ben Guerdane 31 pts
12*AS Marsa 28 pts
13*Olympique de Béja 25 pts
14*JS Kairouanaise 24 pts
15*AS Soliman 20 pts
16*AS Gabés 18 pts
Donald Trump, cinq tentatives d’assassinat en dix ans : autopsie d’un record
Un homme armé a tenté d’abattre Donald Trump samedi soir au dîner des correspondants de la Maison Blanche à Washington. La cinquième tentative en dix ans.
« Personne ne m’avait dit que c’était un métier aussi dangereux. » Donald Trump a prononcé ces mots samedi soir, quelques heures à peine après avoir frôlé la mort pour la cinquième fois en dix ans.
Selon un article publié par « Le Parisien », il s’agit de la cinquième tentative d’assassinat sur un seul et même président, dont deux pendant ses mandats : l’histoire américaine n’avait encore jamais connu ça. Ni Lincoln, assassiné en 1865, ni Kennedy, tué en 1963, ni Reagan, blessé par balle en 1981, ni même Gerald Ford, visé deux fois en un seul mois de septembre 1975, n’avaient atteint ce chiffre.
Trump, oui. « J’ai étudié les assassinats, et je dois vous dire que les personnes qui ont le plus d’influence, les personnes qui en font le plus, les personnes qui ont le plus grand impact, ce sont elles qu’ils prennent pour cible », a-t-il ajouté depuis la Maison Blanche.
Juin 2016, le coup d’essai de Las Vegas
Le 18 juin 2016, Donald Trump n’est pas encore président mais tient un rassemblement au Treasure Island de Las Vegas. Dans la foule, un jeune Britannique de 19 ans, Michael Sandford, s’approche d’un agent du Secret Service sous prétexte de demander un autographe. Son vrai objectif : s’emparer de l’arme de l’agent pour abattre le candidat républicain.
Il est maîtrisé avant de pouvoir passer à l’acte. L’enquête révèle qu’il avait planifié cet assassinat depuis un an, s’était entraîné au tir la veille dans un stand de Las Vegas avec un pistolet 9 mm, et avait même acheté un billet pour un rassemblement à Phoenix, en Arizona, en cas d’échec.
Le 13 septembre 2016, il est condamné à un an et un jour d’emprisonnement. Après 11 mois de détention, il est libéré puis expulsé vers le Royaume-Uni.
Juillet 2024, la balle qui a traversé la campagne
C’est sans doute la tentative la plus médiatisée et celle qui lui a fait toucher la mort du bout des doigts. Le 13 juillet 2024, à Butler, en Pennsylvanie, Donald Trump prend la parole lors d’un meeting en plein air.
Thomas Matthew Crooks, 20 ans, sans passé criminel, ne laisse rien au hasard : il survole les lieux avec un drone pour repérer sa position, et s’y rend à deux reprises ce jour-là avant de s’installer sur un toit surplombant la tribune, quelques heures avant l’événement. Il avait même cherché sur Google à quelle distance Lee Harvey Oswald se trouvait de John F. Kennedy le jour de son assassinat.
Il ouvre le feu. Une balle transperce l’oreille droite de Trump, qui s’effondre derrière le pupitre avant de se relever, le visage maculé de sang. Un spectateur est tué dans l’assistance, deux autres grièvement blessés. Le tireur, lui, est abattu dans la foulée par les snipers du Secret Service. Dans son véhicule et à son domicile, les enquêteurs découvrent des explosifs.
Mais c’est une image qui restera gravée dans les mémoires : Trump debout, le poing levé. Une photographie qui fait le tour du monde en quelques minutes et bouleverse le cours de la campagne présidentielle.
Septembre 2024, le guet-apens sur le green
Deux mois s’écoulent à peine. Le 15 septembre 2024, Ryan Wesley Routh, 58 ans, se poste dans les buissons longeant le Trump International Golf Club en Floride, fusil d’assaut à lunette en main, le numéro de série effacé. Il était arrivé en Floride près d’un mois plus tôt, et avait passé près de douze heures aux abords du club avant d’être repéré.
Donald Trump, en campagne pour revenir à la Maison-Blanche, joue au golf. Un agent du Secret Service aperçoit le canon de l’arme dépasser de la végétation et ouvre le feu. Routh prend la fuite, il est arrêté peu après.
L’enquête met au jour une lettre, rédigée plusieurs mois plus tôt et déposée chez un tiers : « C’était une tentative d’assassinat contre Donald Trump, mais j’ai échoué. C’est à vous maintenant de terminer le travail », écrit-il, offrant même 150 000 dollars à quiconque réussirait là où il avait échoué.
Dans son véhicule, les enquêteurs découvrent une liste manuscrite de dates et de lieux où Trump était attendu entre août et octobre 2024. Une traque méthodique et préméditée. En septembre 2025, reconnu coupable de l’ensemble des chefs d’accusation, Routh tente de se poignarder avec un stylo à l’annonce du verdict. L’assaillant est condamné à la prison à perpétuité.
Février 2026, l’intrusion à Mar-a-Lago
Le 22 février 2026, un homme s’introduit illégalement dans l’enceinte de Mar-a-Lago, la résidence privée de Donald Trump en Floride. Le président se trouve à Washington au moment des faits. Le suspect, Austin Tucker Martin, une vingtaine d’années, originaire de Caroline du Nord, est porteur d’un fusil de chasse et d’essence.
Après un bref échange avec des agents du Secret Service et un policier du comté de Palm Beach, il est abattu sur place. Ses motivations demeurent inconnues. Le lendemain, Trump commente l’affaire depuis la Maison Blanche avec son ironie habituelle : « Beaucoup de gens en ont après moi, non ? » Avant de lâcher, plus sérieusement : « Je devrais être un peu moins important. »
Avril 2026, Washington Hilton
Enfin, le plus récent. Samedi 25 avril 2026, le Washington Hilton accueille le dîner annuel des correspondants de la presse, l’un des événements les plus mondains du calendrier politique américain. C’est devant ce même hôtel que Ronald Reagan avait été la cible de coups de feu en 1981.
Donald Trump y assistait pour la première fois en tant que président en exercice. Au cours de la soirée, des coups de feu éclatent près du point de contrôle de sécurité à l’entrée. Les convives, plongent sous les tables et le Secret Service évacue dans la foulée le président, la Première Dame Melania Trump et le vice-président JD Vance. Un agent des forces de l’ordre est touché, sauvé par son gilet pare-balles.
Le suspect, Cole Tomas Allen, 31 ans, « loup solitaire » originaire de Torrance en Californie selon les mots du président, est interpellé sur place, porteur d’un fusil de chasse, d’un pistolet et de plusieurs couteaux. Ce nouvel événement signait la cinquième tentative d’assassinat de Donald Trump en dix ans.
Transport public urbain : De nouveaux métros sur les rails, pas avant 2027…
Par Hassan GHEDIRI
Une enveloppe d’un peu plus de 450 millions de dinars débloquée dans le budget de 2026 servira à l’acquisition d’une trentaine de rames de métro.
Après la mise en circulation de plusieurs centaines de bus (neufs et d’accession) ayant permis de renforcer la flotte du principal transporteur public urbain dans Grand Tunis (TRANSTU) ainsi que les autres sociétés régionales, le cap sera bientôt mis sur le ferroviaire. Dans son budget économique de 2026 adopté par l’ARP au mois de décembre dernier, une somme rondelette de 450 millions de dinars a été, en effet, allouée à la mise en état du parc de métro léger dans la capitale.
Transtu qui se débrouille aujourd’hui avec un parc de métros réduit à une poignée de rames qui circulent toujours pleines à craquer les portes grandes ouvertes, va finalement pouvoir consolider, ne serait-ce qu’un tout petit peu son offre ferroviaire. Au menu, une trentaine de rames devaient être injectées progressivement dans son réseau courant 2027.
L’appel d’offres internationales étant lancé en 2025, le projet serait actuellement en phase de l’évaluation des offres des soumissionnaires avant de précéder très prochainement à la signature des contrats et la fixation des délais de livraison du matériel. Les nouvelles rames prévues (environ 45 mètres de long) seront modernes, climatisées, accessibles aux personnes à mobilité réduite et dotées de systèmes de sécurité avancés, traduisant une montée en gamme par rapport au matériel actuellement en circulation.
Il est important de rappeler que depuis la mise en service pour la première fois du métro léger, début des années 1980, la Tunisie a acquis deux principales générations de rames de métro léger auprès de constructeurs européens. Environ 134 rames du constructeur allemand Siemens avaient été alors mises en service à partir de 1985, constituant le premier noyau du parc exploité par la société TRANSTU et dont une petite quinzaine de rame vieillissantes continuent à rouler.
A partir de 2004, environ quarante rames plus modernes fournies cette fois par l’équipementier français Alstom sont venues renforcer la flotte. A l’heure actuelle, et en attendant le renfort par les futures nouvelles acquisitions, environ une cinquantaine de rames seraient aujourd’hui en état de fonctionnement.
H.G.
Compteurs intelligents : La STEG veut tout savoir sur notre consommation électrique...
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La STEG se lance dans un méga-projet visant à installer à court terme 80000 compteurs intelligents. Quels sont les objectifs fixés par la société et quel est l'impact de ces nouveaux compteurs sur la maîtrise de l'énergie ?
Le Président-Directeur Général de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), Fayçal Trifa, a confirmé que le projet du réseau intelligent de l’électricité et du gaz (Smart Grid) figure parmi les projets nationaux prioritaires, compte tenu de son importance dans le développement et la numérisation des services fournis aux clients, le soutien à l’intégration des énergies renouvelables, ainsi que l’amélioration de la gouvernance et de la gestion des réseaux de gaz et d’électricité.
Il permettra également de moderniser les systèmes de gestion de la clientèle et de supprimer définitivement la facturation estimative. M. Trifa a précisé que, depuis l’été 2024 jusqu’à mars 2026, environ 80 000 compteurs intelligents (basse tension) ont été installés dans les régions de Sfax, Kerkennah, Sousse, Tunis Est et Béja, en plus de 5 000 compteurs intelligents (moyenne tension) installés à l’échelle nationale.
Il a ajouté qu’il est prévu, d’ici la fin de l’année 2026, d’achever l’installation des compteurs dans le cadre de la première phase, qui comprend 450 000 compteurs d’électricité et 100 000 compteurs de gaz. Par ailleurs, la généralisation des compteurs intelligents devrait concerner environ 5 millions d’unités à l’échelle nationale d’ici 2035, dans l’objectif de mettre en place un réseau énergétique intelligent et intégré.
M. Trifa a souligné que le projet « Smart Grid » vise à développer le système de facturation, à assurer l’équilibre entre l’offre et la demande, à traiter les pannes enregistrées sur le réseau, ainsi qu’à permettre aux clients de suivre leur consommation en temps réel.
Il a également indiqué que le financement de la première phase du projet a été assuré par un prêt de l’Agence française de développement d’un montant de 120 millions d’euros, soit environ 400 millions de dinars tunisiens. Quels sont les objectifs fixés par la société et quel est l'impact de ces nouveaux compteurs sur la maîtrise de l'énergie ?
Transition...
Interrogé à ce sujet, l'expert en énergie renouvelable, Wael Chalghaf, nous a confié :" Il est prévu que le projet améliore la précision de la facturation et le suivi de la consommation, contribuant ainsi à la mise en place d’un système énergétique plus performant et plus transparent. Cela se fera notamment par le passage d’une facturation estimative à une facturation réelle, tout en permettant aux clients de suivre leur consommation en temps réel, ainsi que par l’amélioration des interventions de maintenance et de l’exploitation du réseau.
Cela étant, et le consommateur et la STEG vont pouvoir gérer en temps réel la consommation. N'empêche que l'approche la plus efficace pour maîtriser l’énergie est le passage aux énergies renouvelables Et d'ajouter :" Le citoyen s’oriente de plus en plus vers l’utilisation des panneaux photovoltaïques, contribuant ainsi à l’effort national de maîtrise de l’énergie. L’objectif est d’atteindre 35 % des besoins énergétiques à partir des énergies renouvelables d’ici 2030.
Dans ce cadre, l’agence a lancé plusieurs projets, dont le programme « Prosol Elec », initié en 2010, permettant aux citoyens d’installer des systèmes solaires photovoltaïques tout en bénéficiant de facilités, notamment pour les catégories dont la consommation dépasse 1800 kWh par an. Cela demande toutefois une large campagne d’information qui doit être déployée dans toutes les régions afin de se rapprocher des citoyens et d’expliquer les démarches.
Des entreprises agréées pour l’installation de systèmes solaires sont réparties sur tout le territoire et peuvent être contactées elles se chargent de définir les procédures nécessaires pour bénéficier de la subvention, du crédit et de l’installation. En effet, tout citoyen souhaitant bénéficier de ce programme doit contacter une entreprise agréée par l’ANME, disponible via les réseaux sociaux de l’agence.
Après vérification de la consommation électrique, ces entreprises prennent en charge l’ensemble des procédures administratives, techniques et financières avec la STEG et l’ANME, puis procèdent à l’installation du système photovoltaïque. Enfin, la STEG remplace le compteur, permettant ainsi de commencer à bénéficier de l’énergie solaire photovoltaïque".
Il est à noter que la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) est considérée comme une entreprise publique stratégique. Elle fait régulièrement cependant l’objet de préoccupations concernant une éventuelle « privatisation » (cession au secteur privé) ou l’ouverture du secteur de la production d’énergie aux acteurs privés, dans un contexte de divergences de positions entre le gouvernement et les syndicats.
Enfin, le déploiement des compteurs intelligents par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz marque une étape clé vers la modernisation du système énergétique tunisien. Entre meilleure transparence, facturation plus juste et gestion en temps réel, ces outils offrent des leviers concrets pour optimiser la consommation.
Toutefois, leur efficacité dépendra largement de l’adhésion des citoyens et de leur capacité à adapter leurs habitudes. Car au-delà de la technologie, la véritable maîtrise de l’énergie passe aussi par une transition plus ambitieuse vers les énergies renouvelables et une sensibilisation continue à une consommation responsable. Entre opportunités et interrogations, ce virage énergétique reste donc à la fois prometteur et exigeant.
M.B.S.M.
Foire internationale du livre de Tunis : Fawzia Zouari présente son abécédaire de mémoire et d’émotion
L’écrivaine et journaliste franco-tunisienne Fawzia Zouari présente aujourd’hui à la Foire internationale du livre de Tunis son « Dictionnaire amoureux de la Tunisie ». Une rencontre-dédicace autour d’un livre qui revisite avec sensibilité l’histoire, les lieux et les symboles du pays.
Elle est actuellement en Tunisie pour présentation sa nouvelle publication : Une ode d’amour à ce « petit pays qu’elle aime beaucoup », comme chantait Cesaria Evora, à ce pays où elle vu naître ses premiers mots et fleurir ses rêves. De ce « Dictionnaire amoureux de la Tunisie », elle parlera aujourd’hui, à 16h00 au stand de Cérès Éditions (n°1402, Hall 1).
Publié chez Plon puis édité en Tunisie par Cérès Éditions, ce volume de près de 500 pages est le fruit de deux années de travail. Il s’inscrit dans la collection des « Dictionnaires amoureux », tout en affirmant une tonalité singulière, profondément personnelle. Loin d’un simple inventaire, l’ouvrage se déploie comme une traversée intime de la Tunisie, guidée par la mémoire, l’émotion et le regard d’une autrice attachée à ses racines.
De A comme Azzedine Alaïa, le couturier né à Tunis, à Z comme la mosquée Zitouna, symbole spirituel de la médina, Fawzia Zouari compose un abécédaire sensible où chaque entrée devient une porte ouverte sur une histoire, un lieu ou une figure. À travers cette architecture alphabétique, c’est une Tunisie multiple qui se dessine, à la fois familière et surprenante.
« Un petit pays qui a tout d’un grand », dit-on souvent de la Tunisie. L’autrice reprend cette expression pour en explorer la profondeur historique et culturelle. Carrefour de civilisations, espace de rencontres entre Orient et Occident, le pays apparaît sous sa plume comme un condensé d’histoires méditerranéennes et africaines.
Elle rappelle notamment que l’ancienne Ifriqiya a donné son nom au continent africain et que la Tunisie a toujours occupé une place singulière dans les échanges entre les rives de la Méditerranée.
Passionnément
Le livre invite ainsi à parcourir des lieux emblématiques tels que Kairouan, Sidi Bou Saïd ou encore le musée du Bardo. Mais il s’attarde aussi sur des éléments du quotidien devenus symboles, comme le jasmin ou le couscous, dont les variations régionales du couscous au poisson aux versions plus inattendues racontent la diversité des traditions culinaires.
L’ouvrage traverse également les grandes strates de l’histoire, de l’Antiquité avec Hannibal Barca et Augustin d’Hippone jusqu’à l’époque contemporaine incarnée par Habib Bourguiba. Ces figures dessinent les contours d’un récit national en perpétuelle construction, nourri d’influences multiples et de continuités profondes.
La richesse culturelle tunisienne s’exprime aussi à travers des figures emblématiques comme Didon ou Tahar Haddad, témoignant d’une société traversée par des pensées, des luttes et des sensibilités diverses. En filigrane, l’autrice rend hommage aux 70 ans de l’indépendance et interroge l’identité tunisienne dans sa complexité : méditerranéenne et africaine, enracinée et ouverte.
Présidente du Parlement des écrivaines francophones, Fawzia Zouari est l’autrice d’une quinzaine d’ouvrages, entre romans et essais. Son livre « Le Corps de ma mère », couronné par le prix des Cinq continents de la Francophonie en 2016, avait déjà marqué par la finesse de son écriture et la profondeur de ses thèmes.
Avec « Dictionnaire amoureux de la Tunisie », elle poursuit ce dialogue entre mémoire intime et récit collectif, offrant au lecteur une invitation à redécouvrir un pays vivant, pluriel et profondément habité par ses histoires.
Editorial : Tonton Sam dans la case de l’oncle atome ?...
Par Chokri Baccouche
Interrogé, jeudi dernier, sur la possibilité d’un recours à l’arme nucléaire face à l’Iran, le président américain Donald Trump a opposé un niet catégorique déclarant que l’usage de la force atomique n’était pas du tout à l’ordre, non seulement par principe moral mais surtout par pragmatisme militaire. Il a estimé que cela n’était pas nécessaire dans la mesure où « les capacités conventionnelles des Etats-Unis avaient déjà produit l’effet escompté.
Fidèle à ses habitudes de rapetisser les interlocuteurs qui ne trouvent pas grâce à ses yeux, le locataire de la Maison Blanche s’est même permis le luxe de tancer la journaliste à l’origine de cette question embarrassante qui turlupine l’esprit de pas mal de monde depuis quelques temps, la qualifiant de stupide.
Faut-il prendre au mot Donald Trump et croire de manière définitive et irrévocable qu’il renonce à jamais à l’arme suprême contre son ennemi juré iranien ?
Répondre à cette question de manière catégorique relève de la gageure si on prend en considération bien évidemment la personnalité extrêmement complexe, compliquée et surtout imprévisible du président américain. Dis-moi comment tu te comportes, je te dirais qui tu es dit un célèbre adage et à ce titre il y a vraiment beaucoup à dire concernant l’actuel chef de l’Exécutif américain.
Depuis son fracassant retour à la Maison Blanche, ce dernier a montré, en effet, une fascination inquiétante pour la démonstration de puissance qui revêt l’aspect d’une seconde nature chez ce dirigeant imbu de sa personnalité et prêt à tirer sur la gâchette pour un da ou un niet.
Le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord nucléaire iranien, intervenu sous sa férule lors de son premier mandat, et les frappes ciblées sur des figures clés du régime iranien démontrent chez cet homme une tendance à transformer la diplomatie en jeu d’intimidation.
Ou pour être plus exact en jeu de la mort. Bref, on peut vraiment dire qu’on peut s’attendre à tout de la part de Donald Trump qui a donné la preuve formelle, à maintes reprises, sa propension tout à fait extraordinaire et spectaculaire, à défier la loi de la logique et de la physique.
Poussé dans ses derniers retranchements comme c’est le cas actuellement dans le cadre du bras-de-fer qui l’oppose au régime des mollahs, Donald Trump, en désespoir de cause et bousculé par le temps qui joue en sa défaveur, sautera-t-il le Rubicon nucléaire ? La réponse à cette question par la négative ou l’affirmative dépend en fait de certains facteurs déterminants qui pourraient logiquement faire pencher la balance d’un côté comme de l’autre.
L’un de ces leviers est bien évidemment le puissant lobby juif qui exerce une influence considérable pour ne pas dire qu’il tient en otage les principaux centres de décision au pays de l’oncle Sam. Dans ce cadre, Israël qui considère comme sa menace existentielle numéro un pourrait amplifier la pression pour un recours militaire extrême.
L’hypothèse que le Premier ministre israélien Netanyahu souffle avec insistance, dans l’oreille de son alter-ego américain, l’idée de recourir à l’arme suprême contre son ennemi juré iranien n’est pas du tout à écarter et pour cause ! Benjamin Netanyahu sait, en effet, que la chance d’avoir réussi à entrainer les Etats-Unis dans sa guerre dans l’espoir hypothétique d’en finir une bonne fois pour toutes avec sa bête noire iranienne, ne se renouvellera pas.
Autrement dit, il est plus que persuadé que s’il venait à rater cette opportunité historique, tous ses rêves faussement messianiques et ses velléités expansionnistes visant à mettre toute la région sous sa botte tomberaient inévitablement à l’eau. Pour toutes ces considérations et non des moindres, Netanyahu serait certainement le premier à jeter de l’huile sur le feu atomique.
Donald Trump qui aime bassiner ces interlocuteurs n’a jamais été, en fait un homme de parole. Il est capable de faire une chose et son contraire en l’espace de quelques minutes. Raison pour laquelle il ne faut jamais prendre ses promesses ou ses engagements pour de l’argent comptant.
D’ailleurs et aussi peu surprenant que cela puisse paraitre, le pouvoir nucléaire du président fait l’objet d’un nouveau débat aux États-Unis après les récentes déclarations fracassantes de Larry C. Johnson, ancien analyste de la CIA, dans le podcast «Judging Freedom». Ce dernier affirme, en effet, que Donald Trump aurait envisagé une frappe nucléaire contre l’Iran et que le général Dan Caine l’en aurait dissuadé.
Il est bon de rappeler à cet effet l’incident très instructif et révélateur survenu en 2021 lors du premier mandat de l’actuel locataire de la Maison Blanche. Après l’attaque du Capitole, le 6 janvier 2021, le général Mark Milley, alors chef d’état-major des armées, craignant que Donald Trump ne soit « instable » ou « imprévisible », a pris des mesures secrètes pour limiter sa capacité à lancer une frappe nucléaire.
Milley a même pris soin d’appeler son homologue chinois, le général Li Zuocheng, pour lui assurer que le gouvernement américain était stable et qu'aucune attaque n'était prévue, afin de désamorcer les tensions. Le passé éclaire le présent ? Très certainement ! Cet incident rappelle que la sécurité mondiale repose désormais sur un équilibre fragile entre impulsions présidentielles, alliances stratégiques et normes internationales.
La communauté mondiale doit rester en état d’alerte, non pas pour anticiper un conflit immédiat, mais pour empêcher qu’une série de pressions combinées ne conduise à un scénario nucléaire d’une ampleur catastrophique pour l’ensemble de l’humanité…
C.B.
















