Editorial : Une facture trop lourde à payer - Par Jalel Hamrouni
Le retrait annoncé de 5 000 militaires américains d’Allemagne représente une nouvelle étape dans la réorientation de la politique étrangère des États-Unis, déjà amplifiée sous Donald Trump. Si l'on peut interpréter ce retrait comme un simple ajustement stratégique dans un monde multipolaire, il révèle aussi une réalité plus inquiétante pour l'Europe : la soumission systématique des États membres de l’OTAN à la politique étrangère américaine, au détriment de leurs intérêts propres et au coût de lourdes conséquences, notamment au Moyen-Orient.
Depuis la fin de la Guerre froide, l'OTAN est devenue non seulement une organisation militaire de défense, mais aussi le bras armé des États-Unis dans des interventions internationales. Bien que l'Alliance ait été pensée pour protéger l'Europe face à une agression directe, elle a progressivement été utilisée pour défendre des intérêts géopolitiques et économiques américains sur d'autres continents, souvent contre la volonté des Européens. Le Moyen-Orient en est l'exemple le plus frappant, notamment avec la guerre en Irak en 2003, à laquelle l’Europe a répondu par un soutien majoritaire, même si de nombreux États membres, comme la France, s’y opposaient.
Plus récemment, dans la longue crise iranienne, les États-Unis ont entraîné l’Europe dans une danse dangereuse, en particulier avec l’offensive barbare menée par Trump et ses alliées sionistes contre Téhéran. Cette décision a non seulement exacerbé les tensions dans la région, mais a aussi placé l’Europe dans une position extrêmement inconfortable. Contraints de suivre la politique de Washington, les Européens ont dû naviguer entre leur volonté de préserver des relations commerciales avec l’Iran et leur alliance stratégique avec les États-Unis.
Résultat : un échec cuisant, tant pour l’Europe que pour l'OTAN, puisque l’Europe s'est retrouvée dans l’impossibilité de jouer un rôle autonome sur la scène internationale, tout en subissant les conséquences de la politique d'escalade américaine.
L'OTAN, en tant que pilier de la sécurité européenne, devrait logiquement défendre les intérêts collectifs des pays membres. Or, l'influence américaine au sein de l'Alliance a conduit à une déviation progressive de son rôle originel, la rendant trop souvent complice des choix stratégiques de Washington, même lorsque ces derniers sont largement contestés au sein des États membres. Prenons l’exemple de la guerre en Afghanistan, qui, au-delà de l'horreur humanitaire et des coûts faramineux, a placé l'OTAN dans la position d’un acteur qui, au lieu de protéger l'Europe, a consacré des ressources considérables à une guerre loin de ses frontières, sans bénéfice tangible pour la sécurité européenne.
De la même manière, la pression américaine pour une confrontation avec l’Iran pourrait, à terme, entraîner l'OTAN dans un nouvel engrenage militaire dont les conséquences risquent de frapper l’Europe bien plus que les États-Unis, notamment en matière de sécurité énergétique et de stabilité régionale.
L'OTAN, en agissant comme le relais des ambitions américaines au Moyen-Orient, a payé un prix élevé : des militaires européens envoyés sur des théâtres d’opérations lointains, des ressources militaires gaspillées, une fragilisation des relations diplomatiques avec des pays clés de la région, et une augmentation des menaces sécuritaires en Europe. Le soutien aveugle à la politique étrangère des États-Unis a également contribué à l'isolement diplomatique de l’Europe, qui, dans le cas de la guerre en Irak comme avec l'Iran, s'est retrouvée en position de faiblesse face aux choix stratégiques américains.
Face à cette situation, il est urgent que l’Europe prenne conscience de sa dépendance excessive à la politique américaine et de la manière dont cette soumission compromet sa propre sécurité. L’Europe, à travers ses institutions, notamment l'Union européenne et l'OTAN, doit s'affirmer comme un acteur géopolitique autonome, capable de définir ses propres priorités de défense et de sécurité, sans se laisser constamment guider par les États-Unis.
Dans ce contexte, le retrait de troupes américaines d’Allemagne peut être vu non pas comme une mauvaise nouvelle, mais comme une opportunité pour l’Europe de repenser son rôle au sein de l’OTAN et sur la scène mondiale. Si l’Alliance doit rester un instrument de sécurité collective, elle doit également évoluer pour devenir un outil au service des intérêts géopolitiques de l’Europe, et non simplement un bras armé des États-Unis.
Une coopération plus équilibrée, avec des contributions plus équitables et des priorités partagées, est essentielle pour l’avenir de l’OTAN. Les États européens doivent aussi prendre leurs responsabilités, tant au niveau militaire qu’économique, en renforçant leur capacité à agir de manière autonome, notamment en matière de défense.
Il est temps que l’Europe cesse de payer la facture des erreurs stratégiques des États-Unis.
En soutenant sans réserve les choix américains au Moyen-Orient, l'OTAN a accumulé les échecs : un coût humain, financier et diplomatique élevé, et une perte progressive de crédibilité sur la scène internationale. Si l’Europe veut être en mesure de faire face aux défis futurs – qu’il s’agisse de la montée en puissance de la Chine, de l’instabilité au Moyen-Orient, ou des menaces liées à l’immigration et au terrorisme – elle doit impérativement prendre en main sa propre sécurité et abandonner le suivisme aveugle qui a caractérisé sa politique extérieure ces dernières décennies.
Le retrait des troupes américaines n'est qu'un symptôme d'une tendance plus large : celle d'un monde où l'influence de Washington sur les affaires européennes n'est plus une évidence. À l’heure où l’Europe se cherche un avenir géopolitique, il est grand temps qu’elle se libère de cette tutelle, qu’elle affirme ses priorités en matière de défense, et qu’elle assume pleinement les coûts de sa propre sécurité. C’est ainsi que l’OTAN pourra retrouver sa raison d’être, non pas comme un instrument de domination américaine, mais comme une véritable alliance de nations souveraines.
J.H.
Justice : 5 ans de prison pour Imed Trabelsi
Imed Trabelsi, neveu de Leïla Ben Ali, veuve de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali, a été condamné à cinq ans de prison par une chambre spécialisée dans les affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis, à et ce, dans le cadre d’une affaire d’infractions financières et douanières.
Il y a lieu de rappeler que la Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis a, récemment, infligé deux peines et de dix et de huit ans de prison à Imed Trabelsi pour « détournement de l’argent public », « infractions administratives et financières », pour « exploitation d’un fonctionnaire public pour un avantage personnel ou pour autrui et pour avoir porté atteinte à l’administration ».
Le journal de l’économie
Tunisie-Algérie : protocole de coopération économique entre la CONECT et la CAPC
Un protocole d’accord et de coopération a été signé, jeudi, à Tunis, entre la Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie (CONECT) et la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC). L’accord a été signé par le président de CONECT International, Tarek Cherif, et le président de la CAPC, Sofiane Kassoum, en présence notamment de l’ambassadeur d’Algérie en Tunisie, Azzouz Baâlal, ainsi que du président de la CONECT, Aslan Berjeb.
Ce protocole vise à structurer et renforcer les échanges économiques et commerciaux entre la Tunisie et l’Algérie, à dynamiser les investissements bilatéraux, et à soutenir les entreprises dans la mise en place de partenariats stratégiques durables, indique la CONECT. Il prévoit également de favoriser l’échange d’expertise et d’informations économiques, ainsi que l’organisation de rencontres d’affaires B2B et de sessions de mise en relation entre opérateurs des deux pays.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une visite de travail du président de la CAPC, à la tête d’une importante délégation économique algérienne en Tunisie.
CEPEX : Rencontres d’affaires entre professionnels tunisiens et ivoiriens du secteur pharmaceutique
Plus de 120 rencontres d’affaires ont été organisées en Côte d’Ivoire, entre des professionnels tunisiens et une trentaine d’opérateurs ivoiriens du secteur pharmaceutique et parapharmaceutique et des compléments alimentaires, en marge du 4ème salon « MEDPHARMA Africa 2026 », tenu du 23 au 25 avril 2026 à Abidjan.
Selon le Centre de Promotion des Exportations (CEPEX), ces rencontres s’inscrivent dans le cadre d’une mission de prospection commerciale Door-to-Door au profit d’une délégation d’entreprises tunisiennes, afin de consolider le positionnement de la Tunisie en tant que partenaire stratégique dans le domaine de la santé sur les marchés d’Afrique subsaharienne.
Plusieurs réunions institutionnelles de haut niveau ont été, organisées, en parallèle, avec le Directeur général de l’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP), le Président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Côte d’Ivoire (CNOP-CI) ainsi que la vice-présidente de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Abidjan.
L’accent a été mis, lors des entrevues, sur le fort potentiel du marché ivoirien et, plus largement, du marché africain de la santé, estimé à plus de 50 milliards de dollars.
La production locale en Côte d’Ivoire ne couvre qu’environ 7% des besoins nationaux en médicaments, rappelle le CEPEX, dans un communiqué.
Samsung étend son navigateur au-delà du mobile et déploie l’IA agentique sur tous les appareils
Samsung Electronics Co., Ltd. vient d’annoncer le lancement officiel de Samsung Internet pour Windows. En déployant l’expérience de son navigateur mobile au PC, Samsung exploite le potentiel de l’IA agentique pour assurer une continuité parfaite entre les appareils et créer une expérience de navigation plus simple et plus intuitive que jamais.
Samsung Internet pour Windows crée une expérience unifiée entre les appareils, permettant aux utilisateurs de naviguer en toute fluidité lorsqu’ils passent de leur smartphone à leur PC. Au-delà de la synchronisation des signets et de l’historique de navigation, ceux-ci peuvent désormais reprendre exactement là où ils s’étaient arrêtés.
Les utilisateurs peuvent continuer à explorer la même page Web lorsqu’ils passent du mobile au PC , profitant ainsi d’une expérience plus fluide. Avec Samsung Pass, les utilisateurs peuvent stocker leurs informations personnelles et se connecter à leurs sites préférés en toute sécurité, ou bien remplir automatiquement leurs profils pour plus de simplicité.
Samsung reçoit de nouvelles certifications TÜV Rheinland pour les produits 2026 Micro RGB, OLED, Mini LED, les barres de son et autres
Samsung Electronics Co., Ltd. a annoncé que 34 modèles de sa gamme 2026 de TV et de barres de son ont reçu les certifications Product Carbon Reduction et Product Carbon Footprint de TÜV Rheinland, un organisme de certification mondialement reconnu basé en Allemagne.
« En tant que leader mondial dans le domaine des écrans et de l’audio haut de gamme, Samsung considère le développement durable comme un élément essentiel de l’innovation » a déclaré Taeyong Son, vice-président exécutif du Visual Display (VD) Business chez Samsung Electronics. « Nous restons déterminés à réduire les émissions de carbone de tous nos produits, afin que les consommateurs n’aient pas à choisir entre une technologie de pointe et une expérience plus responsable. »
K.Z.
Entreprises tunisiennes : La culture organisationnelle nippone comme moteur de performance…
Par Hassan GHEDIRI
Cinq entreprises tunisiennes ont remporté le Prix Tunisien Kaizen 2026 en marge de la journée nationale de la productivité organisée jeudi en partenariat avec l’agence japonaise de la coopération internationale (JICA).
Depuis vingt ans, de plus en plus d’entreprises en Tunisie font montre d’une grande capacité à intégrer les valeurs du management et du savoir faire inspirés par la culture entrepreneuriale japonaise. Depuis vingt ans, grâce aux projets initiés par l’agence japonaise de coopération internationale (JICA), l’approche Kaizen est devenue un label d’excellence et une attestation de compétitivité très convoités par les petites et grandes entreprises dans notre pays. Il n’est pas étonnant d’ailleurs que depuis 2019, le pays au Soleil Levant a choisi la Tunisie pour devenir un Centre d’Excellence pour la diffusion de la culture Kaizen en Afrique.
Une distinction qui ne manque pas créer une dynamique de changement au sein du tissu industriel national orienté vers la performance. Ainsi, une reconnaissance spéciale a été témoignée à des entreprises tunisiennes ayant réussi à intégrer la culture de performance prônée par le modèle Kaizen, et ce à l’occasion de la journée nationale de la productivité organisée avant-hier jeudi 30 avril par l’UTICA en collaboration avec la JICA et le ministère chargé de l’Industrie.
Cinq entreprises se sont vues décrocher le Prix Kaizen Tunisie de l’année 2026 dans les catégories des PME et des grands entreprises. Les lauréats qui, grâce à culture organisationnelle nippone ont pu transformer leurs pratiques, mobiliser leurs équipes et améliorer durablement leurs performances, sont qualifiés au grand concours Prix Africain Kaizen 2026 qui aura au mois d’octobre prochain à l’île Maurice à l’occasion de la Conférence annuelle Africa Kaizen (AKAC) 2026.
Il est important d’apprendre par ailleurs que Kaizen, dans la langue japonaise est synonyme d’ « amélioration continue ». Plus qu’un ensemble d’outils ou de méthodologies, le Kaizen représente une transformation culturelle qui engage tous les membres de l’organisation dans une recherche constante de meilleures façons de travailler. La Culture Kaizen repose sur l’idée que toute personne, quel que soit son poste, peut (et doit) identifier des problèmes et proposer des améliorations.
Alors que de nombreuses entreprises misent sur de grands projets de transformation, souvent radicaux, ou suivent les dernières tendances de la gestion, le Kaizen privilégie l’application continue de principes et de pratiques d’amélioration à tous les niveaux de l’organisation.
C’est cette constance qui fait du Kaizen l’une des approches les plus intelligentes et efficaces pour transformer la culture et générer de la valeur réelle. La réussite d’entreprises comme Toyota, Danaher ou Bosch démontre que, lorsque les principes Kaizen sont profondément ancrés dans la culture, les résultats sont à la fois constants et pérennes.
H.G.
Fête du Travail : Comment booster le marché de l’emploi ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Alors que la Tunisie a célébré la fête du 1er mai, le taux du chômage à encore sensiblement baissé. Que faire pour soutenir cette tendance et créer plus d'emploi ?
Le taux de chômage en Tunisie a reculé à 15,2 % au cours du dernier trimestre de 2025, contre 15,4% au troisième trimestre de la même année, selon des indicateurs publiés par l’Institut national de la statistique relatifs à l’emploi et au chômage pour le quatrième trimestre de 2025. Ce qui témoigne d’une amélioration progressive du marché du travail.
Cette évolution globale masque toutefois des réalités contrastées selon les catégories de la population. La situation s’est quelque peu améliorée pour les femmes et les jeunes, qui enregistrent un recul du chômage, signe d’un mieux dans leur insertion professionnelle. Chez les hommes, la tendance est plus stable, avec une légère hausse qui traduit des ajustements sectoriels sur le marché de l’emploi.
Les jeunes restent la catégorie la plus exposée au chômage, malgré un léger recul, ce qui souligne la difficulté persistante de leur intégration dans le monde du travail. De leur côté, les diplômés de l’enseignement supérieur bénéficient également d’une amélioration notable, traduisant un début de meilleure absorption des compétences qualifiées par l’économie, même si les écarts entre hommes et femmes demeurent sensibles.
Dans l’ensemble, ces évolutions traduisent une amélioration graduelle mais encore fragile, portée par des dynamiques sectorielles inégales et des défis persistants en matière d’insertion professionnelle, notamment pour les jeunes et les femmes.
Le nombre de chômeurs au quatrième trimestre de 2025 est estimé à environ 647,2 mille personnes, enregistrant une baisse de 8,5 mille chômeurs par rapport au troisième trimestre de la même année, où il s’élevait à 653,7 milles. Même si cette baisse est sensible, pour certains experts, il faut soutenir cette tendance qui confirme que l'économie nationale est capable de créer des emplois à condition de miser sur les secteurs compétitifs.
Peut mieux faire...
Pour l'expert en économie et en finances, Mohamed Salah jennadi, il est important de se baser sur les statistiques pour mieux adapter notre politique relative à l'emploi aux besoins des secteurs qui créent plus d'emplois tout en encourageant les initiatives individuelles. Et d'ajouter : "Les résultats de l’enquête sur l’emploi du quatrième trimestre de 2025 montrent que la population active en Tunisie s’élève à 4 255 milles personnes, contre 4 259,3 milles au troisième trimestre de 2025, soit une baisse de 4,3 milles.
Selon le secteur d’activité économique, les personnes occupées se répartissent comme suit : 53,3 % dans le secteur des services, 18,9 % dans l’industrie manufacturière, 12,9 % dans les industries non manufacturières, et 14,8 % dans l’agriculture et la pêche. Tout dépend, cependant, du taux de croissance. Personnellement, je crois dur comme fer que la croissance économique contribue à la création d’emplois à travers l’augmentation de la demande, ce qui pousse les entreprises à se développer en recrutant davantage de travailleurs.
Malheureusement, les taux de croissance économique et le nombre de chômeurs en Tunisie indiquent que la faiblesse de la croissance a conduit à une création limitée de nouveaux emplois. Dans plusieurs périodes, le nombre de chômeurs a même augmenté, ce qui confirme que l’économie tunisienne n’est pas capable d’absorber les demandes d’emploi et que les opportunités restent insuffisantes.
Il faut alors soutenir l'investissement en créant un climat d'affaires compétitif. A titre d'exemple, la Banque mondiale indique, dans une étude intitulé « Combien coûte la création d’un emploi ? »,en Tunisie, un investissement de 10 millions de dollars permet de créer environ 300 emplois dans des secteurs tels que le commerce, le bois ou la construction, mais moins de 100 emplois dans le secteur de l’électricité ou du transport.
Cela correspond à un coût d’environ 30 000 dollars par emploi. Ces chiffres peuvent être multipliés si l’on prend en compte les emplois indirects, ceux qui sont générés par l’augmentation de la demande en nouvelles technologies, biens et services. Toutefois, les emplois indirects nécessitent eux aussi des investissements propres, de sorte que le coût par emploi ne varie pas significativement.
Au niveau purement social, le concept des sociétés communautaires peut aider à créer des emplois à condition que les nouveaux promoteurs soient bien accompagnés".
La légère baisse du chômage en Tunisie à 15,2 % confirme une dynamique encourageante, portée par certains secteurs en reprise et des perspectives d’emploi qui restent à consolider pour renforcer cette tendance positive.
M.B.S.M.
Entre Marseille et Tunis : Quand la création interroge les archives du passé colonial
Entre mémoire coloniale, création contemporaine et dialogue méditerranéen, la résidence franco-tunisienne « Résistances et Désobéissances » explore la prison comme lieu de récits, d’archives et de contre-histoires. Détails.
Dans le sillage de la Saison Méditerranée 2026, un programme de résidence croisée franco-tunisienne propose de revisiter un épisode méconnu de l’histoire commune entre la France et la Tunisie.
Intitulé « Résistances et Désobéissances », ce projet invite à penser une œuvre artistique à partir du patrimoine mémoriel lié au passé colonial, en prenant pour point de départ l’incarcération de Habib Bourguiba à la Citadelle de Marseille entre 1939 et 1942.
Portée par la Citadelle, en partenariat avec Institut français, cette résidence s’inscrit dans une dynamique de coopération culturelle réunissant institutions, chercheurs et acteurs de la société civile des deux rives de la Méditerranée. Elle ambitionne de questionner la prison comme espace paradoxal : lieu d’enfermement, mais aussi matrice de résistance, de pensée et de désobéissance.
Face au manque d’archives sur cette période, la résidence propose de croiser patrimoine matériel et recherches universitaires pour reconstituer des fragments d’histoire. L’objectif est d’explorer l’archive immatérielle celle des récits, des mémoires et des imaginaires, en mobilisant la création contemporaine comme outil d’enquête.
Le projet réunit notamment l’Institut de recherches et d’études sur les mondes arabes et musulmans, l’Université d’Aix-Marseille, la Fondation Kamel Lazaar, l’association Museum Lab et l’Institut français de Tunis. Ensemble, ces partenaires soutiennent des pratiques artistiques engagées et la production de récits méditerranéens contemporains, avec une attention particulière portée à la création numérique.
Dialogue à deux voix
La résidence rassemble deux artistes aux démarches complémentaires, à savoir, Saber Zammouri et Hugo Mir-Valette.
Saber Zammouri s’intéresse aux relations complexes entre la France et la Tunisie, en particulier aux dynamiques migratoires et à leurs répercussions sociales et politiques. Son travail, nourri d’archives, d’images et de récits intimes, met en lumière des trajectoires individuelles prises entre deux territoires et deux mémoires.
Installé à Marseille, Hugo Mir-Valette développe quant à lui une pratique fondée sur le « deep listening ». À travers films expérimentaux, installations et performances, il explore les contre-récits et les cultures maritimes, en prêtant une attention particulière aux langues et aux phénomènes naturels. Son travail a déjà été présenté dans des institutions majeures telles que la Biblioteca Vasconcelos, le Palais de Tokyo, le Centre Pompidou, le Stedelijk Museum ou encore le Mucem. Il a également signé une composition sonore pour Josèfa Ntjam lors de la Biennale de Venise 2024.
Les œuvres issues de cette résidence seront dévoilées à la Citadelle de Marseille lors de l’inauguration de la Saison Méditerranée en mai 2026, puis resteront visibles jusqu’à l’automne, à l’occasion de l’ouverture de la Biennale des imaginaires numériques. Une restitution est également prévue à Tunis dans le cadre de la huitième édition de la biennale Jaou Tunis.
Au-delà de la création artistique, la Saison Méditerranée qui se déploiera en France du 15 mai au 31 octobre 2026 entend renforcer la circulation des idées, soutenir l’innovation et encourager les coopérations régionales.
Festival "June Events" : La Tunisie, le Liban et le Maroc dansent à Paris
À Paris, le festival "June Events" met à l’honneur la vitalité des scènes chorégraphiques méditerranéennes en consacrant un Focus Tunisie, Liban et Maroc porté par le chorégraphe Selim Ben Safia.
À l’occasion de la 20ᵉ édition de son festival de danse et de musique " June Events", organisé du 26 mai au 13 juin 2026, le Atelier de Paris consacre, du 11 au 13 juin, un "Focus Méditerranée" dédié à des artistes chorégraphiques vivant et travaillant en Tunisie, au Liban et au Maroc. Une programmation pensée comme une traversée artistique des scènes contemporaines du sud de la Méditerranée, révélant la richesse et la diversité des écritures chorégraphiques émergentes.
Pour mettre la Tunisie à l’honneur, la direction du festival a confié la curation de ce focus au chorégraphe franco-tunisien Selim Ben Safia, figure engagée de la danse contemporaine. Ce choix s’inscrit dans une volonté de donner une visibilité accrue à des artistes dont les œuvres interrogent les identités, les récits collectifs et les enjeux sociopolitiques contemporains.
Le "Focus Méditerranée" se déploie en partenariat avec l’Arab Dance Platform, portée par Al Badil, Beirut Physical Lab et les Rencontres Chorégraphiques de Casablanca.
Parallèlement, la carte blanche offerte à Selim Ben Safia par le Centre Wallonie-Bruxelles Paris, avec le soutien de Wallonie-Bruxelles International, ouvre un dialogue avec des artistes issus des diasporas méditerranéennes vivant en France et en Belgique. Les œuvres réunies interrogent les discriminations de genre, la marginalisation des corps perçus comme hors norme et les questions de représentation dans la création contemporaine.
Dans le prolongement de son travail au sein de l’Arab Dance Platform, Selim Ben Safia animera également une rencontre professionnelle consacrée aux enjeux de coopération artistique Sud-Sud et aux questions de genre dans la danse. Une initiative qui souligne la dimension réflexive et collaborative du festival.
« Labess », une danse de la joie et de la résilience
Au cœur de cette programmation, Selim Ben Safia présentera sa création "Labess", pièce emblématique portée par des valeurs de vulnérabilité assumée, de puissance collective et de réparation par l’art. Sur scène, cinq artistes aux parcours variés( breakdance, cirque, danse contemporaine et danse traditionnelle) deviennent les passeurs d’une confiance ancrée dans les liens humains.
Traversée par l’énergie de la dabké palestinienne, les rythmes traditionnels tunisiens, des chants funèbres et les sonorités de la viole de gambe, la pièce explore ce qui se fissure et ce qui résiste. Dans ce geste chorégraphique vibrant, la danse devient un espace de résilience où la mémoire, la joie et la solidarité se rencontrent.
Plus largement, "June Events" réunira plus de 100 artistes et proposera 26 spectacles, dont quatorze créations. Le festival met à l’honneur des « danses du devenir », croisant disciplines et formats, souvent accompagnées de musique live pour intensifier l’expérience sensible.
Avec ce "Focus Méditerranée", l’Atelier de Paris affirme son engagement en faveur d’une création ouverte, inclusive et profondément connectée aux enjeux contemporains, offrant au public parisien un panorama vibrant des nouvelles écritures chorégraphiques venues des rives sud de la Méditerranée.
Ce soir et demain : Bryan Adams sous les étoiles de Dougga, l’un des plus beaux sites antiques
Sous les étoiles de Dougga, les pierres antiques s’apprêtent à vibrer au souffle du rock. Deux nuits durant, ce soir et demain, la musique de Bryan Adams fera dialoguer mémoire et émotion dans un décor hors du temps.
Initialement prévue pour une seule date, la soirée du 2 mai s’est affichée complète en un temps record, témoignant de l’enthousiasme du public pour cet événement inédit. Face à cette forte demande, le Festival International de Dougga, avec le soutien de l’Office National du Tourisme Tunisien, a décidé d’offrir une seconde représentation le 3 mai, pour permettre à un plus grand nombre de fans, tunisiens et étrangers, de vivre cette expérience exceptionnelle.
Depuis des décennies, Bryan Adams enchaîne les tournées mondiales et les succès intemporels. Sa venue à Dougga s’inscrit dans une dynamique culturelle qui vise à faire dialoguer les grandes scènes internationales avec les joyaux du patrimoine tunisien. Dans cet amphithéâtre romain majestueux, chaque note promet de résonner avec une intensité particulière, portée par la magie du lieu et la proximité offerte par ce format de concert.
Au-delà de l’événement musical, ces deux soirées s’annoncent comme une véritable célébration du dialogue entre culture et tourisme. En accueillant une star de cette envergure, Dougga confirme son statut de destination culturelle d’exception, capable d’attirer un public venu des quatre coins du monde. Le choix d’un concert « intimiste » renforce d’ailleurs l’expérience immersive, offrant aux spectateurs la sensation unique d’assister à un moment privilégié, presque suspendu dans le temps.
Editorial : Un mur invisible d’immunité politique - Par Jalel Hamrouni
Le procureur en chef de la Cour pénale internationale, Karim Khan, a révélé les détails des fortes pressions politiques exercées par les États-Unis et la Grande-Bretagne pour l’empêcher de demander des mandats d’arrêt contre des responsables israéliens, notamment, le premier ministre sioniste Benjamin Netanyahu, et a réaffirmé l’indépendance de la Cour face aux menaces internationales.
La révélation par Karim Khan jette une lumière crue sur l’instrumentalisation de la justice internationale au service de la politique et de la géopolitique. Cette situation, loin d’être un incident isolé, illustre une vérité qui dérange : certains États se considèrent au-dessus du droit international, imposant leurs intérêts et piétinant les principes universels de justice.
La CPI a été créée pour être un rempart contre l’impunité, un symbole de l’égalité de tous devant la loi, quelles que soient la puissance ou l’influence des individus impliqués. Pourtant, ce rempart est aujourd’hui fragilisé par l’ingérence de puissances mondiales qui prétendent défendre la démocratie et la légalité, tout en étouffant les enquêtes qui les dérangent ou qui touchent leurs alliés.
La tentative de bloquer la CPI dans ses investigations contre l’entité sioniste n’est pas un simple jeu diplomatique : c’est un acte de sabotage de la justice internationale, qui envoie un message inquiétant aux criminels de guerre et aux régimes autoritaires du monde entier.
Le cas de Benjamin Netanyahou, longtemps présenté comme un acteur incontournable du Proche-Orient et un partenaire stratégique pour Washington et Londres, est révélateur. Malgré les accusations graves portées contre lui et son gouvernement ; crimes contre l’humanité, attaques contre des civils et colonisation illégale ; il continue de circuler librement, protégé par un mur invisible d’immunité politique.
Pendant ce temps, d’autres dirigeants, moins puissants ou moins alliés, sont traqués, inculpés et condamnés sans la moindre indulgence. Ce deux poids deux mesures n’est pas seulement injuste ; il est dangereux. Il mine la confiance dans le système international, encourage l’impunité et transforme la Cour pénale internationale en simple instrument de manipulation géopolitique.
Il est légitime de s’indigner. Comment accepter que la justice internationale soit neutralisée par des pressions diplomatiques et économiques ? Comment tolérer que la voix des victimes soit étouffée au nom de la realpolitik ? L’indépendance de la CPI, réaffirmée courageusement par Karim Khan, est mise à l’épreuve dans un contexte où les États puissants considèrent leur influence comme un permis de violer les principes mêmes qu’ils prétendent défendre.
L’acharnement contre la justice internationale révèle une logique cynique : tant que la victime ou le criminel est « stratégique », la loi devient optionnelle, et la morale internationale une notion relative.
Ce constat est amer. Les Nations unies et leurs institutions spécialisées devraient être des gardiennes du droit et de l’équité. Or, face à la protection accordée à Netanyahou, on assiste à une inversion totale des valeurs : le criminel circule librement, tandis que la victime reste privée de tout recours.
C’est une forme de loi de la jungle imposée à l’échelle internationale, où la puissance militaire et la richesse diplomatique remplacent les tribunaux et les preuves. Une telle situation ne fait que renforcer le sentiment d’injustice, de marginalisation et de frustration des peuples qui aspirent à la paix et à la sécurité.
L’exemple sioniste illustre également un problème plus large : celui de l’hypocrisie systémique dans la diplomatie occidentale.
Les mêmes États qui prônent les droits humains, la démocratie et la responsabilité des dirigeants se transforment en protecteurs de ceux qui violent ces principes, dès lors que leurs intérêts géopolitiques sont en jeu.
Cette duplicité mine l’image de l’Occident et fragilise la crédibilité des institutions internationales. Elle envoie un signal clair : dans le monde réel, la justice est conditionnelle, dépendante des rapports de force, et non de la vérité ou de la légalité.
Le message de Karim Khan est donc d’une importance capitale : il rappelle à tous que la CPI n’est pas une annexe diplomatique, mais une institution indépendante, fondée sur l’idée que personne ne doit être au-dessus de la loi.
Les pressions exercées par Washington et Londres ne doivent pas détourner l’attention du fait que la justice internationale reste possible, mais seulement si les États respectent ses règles et cessent de manipuler ses mécanismes pour protéger leurs protégés. La vigilance des procureurs et la mobilisation de l’opinion publique mondiale sont essentielles pour que la CPI conserve sa crédibilité et sa légitimité.
La liberté de circulation de Netanyahou n’est pas une victoire diplomatique : c’est un échec moral et juridique. C’est un signal inquiétant pour tous ceux qui croient encore à un ordre mondial fondé sur le droit et l’équité. Tant que les États puissants continueront à imposer leurs intérêts par la force ou par la menace, le principe d’égalité devant la justice restera un vœu pieux, et non une réalité tangible.
J.H.
Le prix du pétrole franchi un nouveau cap inédit : Les Tunisiens pourraient s’attendre à une grosse hausse des prix à la pompe…
Par Hassan GHEDIRI
Le cours du baril de pétrole frôle des limites jamais atteintes au cours des dernières années en franchissant la barre de 125 dollars dans la nuit de mercredi au jeudi…
C’est encore une foi lui, Donald Trump qui souffle le froid et le chaud dans le marché de l’énergie dans le monde. En rencontrant, mardi, les patrons du secteur du pétrole aux Etats-Unis, le locataire de la Maison blanche a, en effet, dévoilé son plan pour les prochains mois en ce qui concerne le blocage du détroit d’Ormuz. Trump a dit envisager prolonger le blocus pendant encore « plusieurs mois ».
La réaction du marché du pétrole qui ne s’est pas fait attendre, et s’est rapidement manifesté par un bond spectaculaire du cours du baril. Le prix du Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du pétrole, a grimpé d’environ 6% dans l’après-midi d’avant-hier mercredi en flirtant avec les 117 dollars avant de passer à 126 dollars durant la nuit du mercredi 29 au jeudi 30 avril.
Une fermeture de plusieurs mois du détroit d’Ormuz par lequel transite 20% du pétrole et environ 25% du gaz approvisionnant le monde est de quoi semer la pagaille dans les marchés qui peinent déjà à affronter les pénuries constatées dans certaines régions.
Par ailleurs, un blocus prolongé du détroit d’Ormuz est un évènement de très mauvaise augure pour les pays importateurs du pétrole qui risquent d’entrer dans une dangereuse spirale de hausse des prix sans fin.
Alors qu’en Europe les observateurs s’attendaient à ce que cette nouvelle flambée des prix du baril se traduise par une hausse inéluctable des prix à la pompe dans les prochains jours, dans beaucoup de pays dépendant des marchés extérieurs, l’impact sera perceptible dans le court terme au niveau de la balance des dépenses.
En Tunisie, où le budget de 2026 a été établi sur l’hypothèse d’un baril à 63,3 dollars, la situation tend à devenir extrêmement préoccupante. Si en France par exemple, où les prix à la pompe suivent sensiblement les mêmes courbes que le cours du baril, chaque dollar supplémentaire sur le marché mondial équivaut à une hausse d’un centime, en Tunisie l’impact financier est calculé en milliards puisque comme l’on tache toujours à le rappeler, chaque dollar du prix du baril au-dessus 63,3 dollars sur lequel a été établi lu budget de 2026, entraîne un surcoût d'environ 164 millions de dinars sous forme de dépenses de compensation.
Le gouvernement qui s’est interdit depuis le début de la guerre au Moyen-Orient de toucher aux prix à la pompe et qui semble faire des acrobaties budgétaires pour amortir le choc pétrolier sur la trésorerie publique, se verra, peut-être, mis dans prochaines semaines devant un fait accompli.
Si les Etats-Unis mettent en exécution le plan évoqué par Donald Trump concernant un blocage durable du détroit d’Ormuz ce qui signifie une crise énergétique internationale des plus sévères, les Tunisiens pourraient alors s’attendre à une grosse hausse des prix à la pompe, et par ricochet un renchérissement généralisé des produits de consommation.
H.G.
Industrie pharmaceutique : La Tunisie, hub africain, pourquoi pas....?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Un accord de partenariat dans le domaine pharmaceutique a été signé mercredi dernier entre les deux groupes tunisien Sanofi et chinois Lunan. Quel est l'impact de cette collaboration sur l'industrie pharmaceutique et le marché des médicaments en Tunisie ?
La Tunisie s’oriente résolument vers le renforcement de ses partenariats dans le secteur de l’industrie pharmaceutique afin de consolider sa sécurité médicamenteuse, en mettant l’accent sur le transfert de technologie et la production de médicaments biologiques.
Parmi les initiatives majeures figurent des discussions avec des groupes chinois (Lunan) pour développer les biotechnologies pharmaceutiques, ainsi que des partenariats stratégiques entre le secteur privé tunisien (Kilani Group) et des entreprises internationales (Sanofi), en plus d’une coopération avec l’Arabie saoudite. Quel est l'impact de cette collaboration sur l'industrie pharmaceutique et le marché des médicaments en Tunisie ?
A cet effet, Dr Ahmed Fouad Rekik nous a indiqué :" Le ministère de la Santé a examiné avec le groupe pharmaceutique chinois « Lunan » les moyens de développer la fabrication de médicaments à forte valeur thérapeutique en Tunisie, notamment les médicaments biologiques, à travers le transfert de technologie et le développement des compétences nationales. Concrètement, le groupe tunisien « Kilani » a conclu un partenariat stratégique avec « Sanofi ».
La société « Teriak » sera chargée de la production locale, tandis que « Medisys » assurera la commercialisation afin de garantir la continuité de la disponibilité des traitements". Qu'en est-il, par ailleurs, de la situation actuelle de ce secteur en Tunisie ?
Selon notre interlocuteur :"Le secteur pharmaceutique tunisien est développé et couvre plus de 70 % des besoins du marché local, en s’appuyant principalement sur les médicaments génériques et les biosimilaires.
N'empêche que le marché local fait l'objet périodiquement de crises d'approvisionnement dues principalement à des problèmes d'ordre financier dont souffre le principal producteur et importateur de médicaments à savoir la Pharmacie Centrale de Tunisie. Alors ces partenariats sont bénéfiques à plus d'un titre notamment en matière d'auto-suffisance et de valeur ajoutée au niveau de la qualité des médicaments".
Plateforme et hub africain ...
Disposant d'infrastructures adaptées et modernes ainsi que des compétences nécessaires, la Tunisie est bien placée pour devenir une plateforme régionale et un hub africain dans le secteur de l'industrie pharmaceutique. Selon Dr Ahmed Fouad Rekik :" La Tunisie est considérée comme un pôle industriel prometteur et pionnier dans le domaine de l’industrie pharmaceutique en Afrique. Le secteur ambitionne de consolider sa position en tant que plateforme régionale de production répondant aux normes internationales.
Ce rôle repose sur une longue expérience, des infrastructures développées et des compétences scientifiques de haut niveau. En effet, La Tunisie est considérée comme un pôle exemplaire et stratégique dans l’industrie pharmaceutique africaine, avec une volonté soutenue de produire des vaccins et de répondre aux besoins de santé croissants sur le continent. Le secteur compte environ 42 entreprises et bénéficie de pôles technologiques spécialisés, tels que le pôle technologique de Sidi Thabet.
La production tunisienne se distingue également par sa conformité aux normes internationales, permettant aux produits d’accéder aux marchés européens, arabes et africains". Il est à noter qu'en 2024, le secteur a réalisé des exportations de 350 millions de dinars en médicaments et de 50 millions de dinars en produits médicaux, avec plus de 30 destinations à l’export.
M.B.S.M.
Foire internationale du livre de Tunis : Peut-on repenser le monde à la vitesse d’un escargot ?
L’Institut français de Tunisie (IFT) propose, aujourd’hui, au public de 14h00 à 15h00, une rencontre avec l’écrivain Aymen Daboussi, à propos de ce « Rêve de l’escargot » (Holm Al-Halazoun) !
Organisée sur le stand de l’Institut français de Tunisie (Halle 01 – IFT 1605), la rencontre sera modérée par Mounira Ben Chaabane et suivie d’un échange avec le public, avant une séance de signatures en partenariat avec la Librairie Al Kitab. Cette rencontre s’inscrit à la fois dans l’esprit de la foire et de la médiathèque de l’IFT : créer des passerelles vivantes entre auteurs et lecteurs, entre les langues.
Dans ce « Holm Al-Halazoun », titre arabe (qu’on peut traduire par « Le rêve de l’escargot »), Aymen Daboussi livre un texte poétique et introspectif qui invite à ralentir pour mieux observer la vie. À travers la figure symbolique de l’escargot, l’auteur explore les lenteurs, les détours et les fragilités de l’existence humaine, proposant une méditation sensible sur le temps, les rêves et les épreuves qui façonnent les trajectoires individuelles.
Paru en 2025 aux éditions El Jamal et aux Editions Cérès, l’ouvrage oscille entre réflexion intime et regard critique sur la société. L’écriture, à la fois délicate et incisive, interroge la place de l’individu dans un monde dominé par l’urgence et l’accélération, tout en abordant des thèmes universels tels que la différence, la vulnérabilité et la quête de sens.
Psychologue clinicien de formation, ayant exercé notamment à l’Hôpital psychiatrique d’El-Razi, Aymen Daboussi s’est imposé comme une voix singulière et audacieuse de la scène littéraire tunisienne. Son œuvre, souvent provocatrice, aborde sans détour la marginalité, la folie et les tabous sociaux, questionnant les normes et les tensions de la société contemporaine.
Il est l’auteur de « Bandaison noire » (roman, 2016, arabe, éditions Al Jamal, Beyrouth), « Les Carnets d’El-Razi » (roman, 2017, arabe, éditions Al Jamal), « Révulsion de l’œil » (recueil de nouvelles, 2021, arabe, éditions Al Jamal), « Les Carnets d’El-Razi » (roman, traduction française, 2024, Philippe Rey et Barzakh, finaliste du Prix de la littérature arabe – Fondation Lagardère), et « Le Rêve de l’escargot » (roman, 2025, arabe, coédition éditions Cérès et Al Jamal).
Cette rencontre offre ainsi une occasion privilégiée de découvrir les coulisses de l’écriture de l’auteur et d’échanger autour des thématiques qui traversent son travail. Entre réflexion, partage et signatures, ce rendez-vous s’annonce comme l’un des temps forts littéraires de la Foire internationale du Livre de Tunis, et du stand de l’IFT.
Foire internationale du livre de Tunis : Slah Ben Ayed, l’auteur qui fait de l’enfance un territoire de pensée
Par Imen ABDERRAHMANI
Figure engagée de la littérature jeunesse, l’écrivain Slah Ben Ayed rencontre aujourd’hui les lecteurs jeunes et moins jeunes au stand d’Arcadia Éditions
(1212, Hall 1).
À l’honneur, deux titres parmi une riche bibliographie consacrée à la jeunesse : « Le bossu de Halfaouine » et « Toufoulya : la planète des enfants », parus chez Arcadia Editions.
Romancier, nouvelliste, poète et traducteur, Slah Ben Ayed s’est imposé, au fil des années, comme une figure particulièrement investie dans la création littéraire destinée aux enfants et aux adolescents.
Son travail se distingue par une volonté affirmée d’aborder des thématiques essentielles telles que l’écologie, l’histoire, la société…et la solidarité, tout en conservant la force de l’imaginaire et la poésie propres à la littérature jeunesse.
Lors de cette rencontre exceptionnelle, Slah Ben Ayed évoquera également ses projets passés et à venir, racontera « Ce bossu de Halfaouine ». Ayoub est son nom. Personnage emblématique de ce roman, il représente ces enfants nés à la marge, que les contraintes géographiques et les épreuves de l’existence ont profondément marqués, mais dont l’âme reste intacte, habitée par une pureté et une profonde humanité.
À travers lui, l’auteur rappelle la capacité de résilience et la richesse intérieure de l’enfance. Toute l’histoire de Ayoub, contraint d’affronter très tôt la dureté de la vie, alors que ses camarades sont encore sur les bancs de l’école, est à découvrir au fil des pages de ce roman.
Il est ainsi à rappeler que « Le Bossu de Halfaouine », paru en 2025, a été récompensé en février dernier, par le prix du poète « Mohamed Ghozzi » de la littérature pour enfants et adolescents.
Les mots et les rêves comme refuge
Le 2ème ouvrage à l’affiche de ce rendez-vous qui s’annonce tout en fraîcheur est « Toufoulya : la planète des enfants ». Dans cet ouvrage touchant, qui explore l’univers de l’enfance notamment celle confrontée aux maladies chroniques ou vivant dans des contextes marqués par la sécheresse, la guerre ou la déforestation, Slah Ben Ayed ouvre les portes d’un monde imaginé avec Fares Safi, un enfant qui crée une planète-refuge pour y accueillir les autres enfants et leur offrir un espace où rêves et espoirs peuvent s’épanouir sans limites.
Ce récit poétique célèbre la puissance de l’imaginaire et le droit de chaque enfant à rêver d’un monde meilleur. Ce roman a valu à son auteur en 2022, le prix national de l’écriture destinée à la jeunesse, décerné par le ministère des Affaires culturelles.
Notons que son roman pour la jeunesse, « Chipko » dans sa nouvelle édition avec sa nouvelle couverture est également disponible à Pop Libris Edition (2509, Hall 2). Inspiré par des préoccupations écologiques fortes, l’ouvrage met en lumière la place vitale des arbres et leur rôle dans la lutte contre la crise environnementale.
À travers ce récit, l’auteur poursuit un projet ambitieux : sensibiliser les jeunes générations aux enjeux de leur époque et leur transmettre le goût de la nature, de la responsabilité et de l’engagement.
La rencontre d’aujourd’hui chez Arcadia Editions est une belle invitation à plonger dans ces livres écrits avec le regard attentif de l’enseignant- intellectuel et la tendresse d’un père.
Soyez au rendez-vous et partagez avec Slah Ben Ayed le bonheur des mots, dans une rencontre placée sous le signe de la célébration, puisqu’il fêtera également son anniversaire.
I.A.
Editorial : Un blocus qui débloque …
Par Chokri Baccouche
Le président américain Trump n’avait jamais imaginé que les Iraniens allaient lui donner du fil à retordre. Lui qui pensait zigouiller le régime des mollahs en moins de deux, en a eu finalement pour son grade. Non seulement il n’a réussi aucun des objectifs qu’il s’était fixé mais il s’est retrouvé enlisé finalement dans un dangereux marécage moyen-oriental d’où il lui sera difficile de sortir sans trop de bobos.
En désespoir de cause, le locataire de la Maison Blanche a adopté une nouvelle approche face aux coriaces Iraniens : contraindre le régime à la capitulation diplomatique par la ruine économique, en imposant un blocus maritime strict dans le détroit d’Ormuz et sur les ports iraniens. En clair, l’administration américaine semble miser sur un calcul simple : en coupant l’accès de l’Iran aux flux commerciaux et en paralysant son économie, le régime serait forcé de céder et se plier aux exigences washingtoniennes. La nouvelle stratégie trumpienne parait assez simpliste.
On imagine mal d’ailleurs que cette tactique naïve va réussir là où des milliers de tonnes de bombes déversées sur les villes et les infrastructures iraniennes ont lamentablement échoué à mettre au pas le régime. Loin d’être réaliste, la nouvelle trouvaille de la Maison Blanche relève au contraire d’un pari dangereux et contre-productif. L’histoire contemporaine nous enseigne, en effet, que les pressions économiques extrêmes, le chantage et l’intimidation, ne garantissent pas la reddition politique.
Cuba, l’Irak et la Corée du Nord pour ne citer que ces pays, sont autant d’exemples instructifs et édifiants où les sanctions ont renforcé, au contraire, le sentiment nationaliste et la résistance interne plutôt que de provoquer un effondrement du pouvoir.
Les Iraniens qui vivent sous embargo occidental depuis plusieurs décennies ont démontré qu’ils ne céderont à aucune pression et à ce titre, on peut vraiment dire que Donald Trump court en fait derrière des chimères. Sa logique coercitive, du reste absurde, est une arme à double tranchant ou, pour être plus précis, un boomerang à haut risque qui peut à tout moment se retourner contre l’envoyeur. La raison tient du fait que le détroit d’Ormuz est une artère stratégique pour l’approvisionnement énergétique mondial.
Tout blocus prolongé de ce passage maritime par où transitent près de 20% des importations mondiales d’hydrocarbures provoquerait inévitablement une flambée immédiate des prix du pétrole, affectant, par conséquent, l’économie globale, y compris celle des Etats-Unis. La stratégie du président américain visant prétendument à faire plier l’Iran risque donc de frapper durement les alliés occidentaux et de créer des tensions avec des pays dépendants du pétrole iranien ou des routes maritimes alternatives, comme la Chine ou l’Inde.
Pis encore, du point de vue du droit maritime international, le blocus unilatéral « made in USA » est non seulement illégitime mais risque également d’accroitre l’isolement diplomatique des Etats-Unis car il s’apparente à une mesure de coercition extrême qui porte gravement préjudice aux intérêts stratégiques des autres nations.
Bref, en fermant le détroit d’Ormuz, Donald Trump joue gros et risque de s’aliéner et se mettre à dos pas mal de monde. On doute fort d’ailleurs que les très nombreux pays qui subissent de plein fouet les effets pervers de ce blocus qui se traduit par une flambée inflationniste spectaculaire vont accepter longtemps ce fait accompli léonin sans réagir. L’inflation galopante dans ces pays a généré un renchérissement inédit du coût de la vie et provoqué la colère des citoyens. Elle menace aujourd’hui une paix sociale fragile.
Cette situation peu amène prévaut dans la plupart des contrées aussi bien en Europe, en Afrique, en Asie et même aux Etats-Unis où l’augmentation considérable, ces derniers temps, du prix du carburant à la pompe fait jaser des millions d’Américains dont le pouvoir d’achat, déjà surtaxé, fond comme beurre au soleil.
La nuit porte conseil dit-on mais apparemment la nuit sous les lambris de la Maison Blanche est porteuse de mauvaises idées susceptibles d’envenimer et d’aggraver encore plus la situation. En privilégiant la brutalité et le recours abusif de la force dans les relations internationales, Donald Trump s’évertue en réalité à commettre les mêmes erreurs en espérant obtenir un meilleur résultat. Aveuglé par son égocentrisme démesuré il feint d’ignorer la résilience historique de l’Iran, ce pays et ce peuple fiers à la civilisation millénaire, face aux pressions extérieures.
Il serait d’ailleurs bien inspiré de changer son fusil d’épaule et privilégier une stratégie plus « soft » et constructive pour trouver une solution négociée à cette satané crise. Et surtout, surtout de se rendre à l’évidence que le monde ne peut et ne doit pas être gouverné ni régi par une seule puissance au mépris de la légalité internationale. Dans l’intérêt bien compris de l’ensemble de la communauté internationale…
C.B.
Ligue 1- 27e J. - Parité frustrante de l'EST devant le CSS
Par Jamel Belhassen
Le classique EST- CSS a tenu ses promesses sur le plan de l'intensité mais la parité vierge qui a sanctionné les débats a été vraiment injuste pour les Sang et Or qui ont raté une kyrielle d'occasions de buts dont un penalty et qui méritaient plus qu'un score nul. Un résultat final qui profite surtout au leader, le CA.
A Rades, l'EST amoindrie par quelques absences était condamnée à vaincre pour rejoindre la tête du classement mais a raté le coche lamentablement. En face, le CSS, relancé dans la course aux premières places, est en pleine possession de ses moyens. La première periode est à l'avantage des Sang et Or. Danoh marque mais le but est refusé par la VAR pour hors-jeu prealable ( 12e). Puis penalty pour faute sur Danoh. Toughai tire et rate la mire (31e).
Le CSS réagit à la (39e). sur un contre , Derbali voit son tir détourné par Memmiche en corner. Danoh revient à la charge et rate lamentablement un tête à tête avec Dahmen (41e). Avant la pause, le CSS marque par Baccar et la VAR l'annule pour hors-jeu préalable ( 45+2e).
A la reprise, le jeu est devenu plus équilibré et encore une fois l'EST rate le but par Hmidhi. (71e). Le CSS, plus solide derrière, tente les contres. Dahmen sauve en corner un tir de Danoh (81e). Les efforts des Sang et Or se sont avérés vains. Une nouvelle fois, ils ratent l'occasion de passer en tête.
Ce classique a fait de l'ombre aux autres rencontres importantes dans la deuxième moitié du classement. L'ASMarsa a réussi en première periode à prendre l'avantage contre l'ESZarzis par Dao à la (16e) et a gardé son avance jusqu'au bout. Il en est de même pour les Bejaois.
A Beja, les Cigognes entrent en force et ouvrent le score sur penalty par Chalghoumi à la (12e) et tiennent le coup jusqu'à la fin.
Enfin, A Kairouan, la JSK pourtant en forme a terminé la première période avec une passif d'un but marqué par l'USBG , oeuvre de Samb à la (38e) mais n'a pu revenir au score.
Résultats
EST CSS 0-0
ASM ESZ 1-0
JSK USBG 0-1
OB CAB 1-0
Classement:
1) C A 59
2) EST 57
3) CSS 53
4) ST 44
5) USM 42
6) ESS 38
7)ESM 36
8) JSO 35
9) USBG 34
10) ASM 34
11) CAB 33
12) ESZ 32
13) OB 28
14) JSK 24
15) ASS 21
16) ASG 18
J.B.















