Hervé Renard : « Oubliez tout, c’est le match contre le Japon qui compte le plus »
Appelé à la rescousse par la Fédération tunisienne après le non-match contre la Suède, Hervé Renard s’efforce de remobiliser ses troupes avant le deuxième match contre le Japon.
Le défi est immense. Nommé à la place de Sabri Lamouchi dans les heures qui ont suivi l’énorme claque reçue face à la Suède (5-1), Hervé Renard n’a eu, en effet, que quatre jours pour remettre les têtes à l’endroit et préparer le deuxième match face au Japon, auteur d’un bon match nul contre les Pays-Bas pour son entrée en lice à la Coupe du monde.
L’ancien sélectionneur de l’Arabie Saoudite est conscient de la difficulté de la tâche : « Il faut se remobiliser. Je sais que c’est dur », a-t-il d’ailleurs lancé à ses joueurs lors de leur première rencontre après son arrivée. « Les jambes sont lourdes, un peu plus encore que d’habitude car ça fait mal à la tête », a-t-il poursuivi, ajoutant : « toutefois, quand ont est professionnel, il faut savoir rebondir. »
Et pour ce faire, le technicien tricolore a exhorté ses joueurs à se concentrer sur le Japon et seulement le Japon. « Le reste, ce qu’il va venir après, ce n’est pas le problème. Le problème c’est le match face au Japon, il faut rester concentré, déterminé. C’est la clé », a-t-il confié avant d’en appeler à leur fierté.
Les supporters ont raison d’être en colère
« C’est le maillot, les gars ! Vous savez pertinemment qu’il y a des gens qui ont fait le déplacement ! Vous savez combien ils ont dépensé pour vous supporter ? », a-t-il renchéri, avant d’évoquer la colère des supporters tunisiens : « Vous savez ce qu’il va se passer si vous rentrez aujourd’hui au pays ? Vous savez ? Bah oui, tout le monde est en colère. C’est normal. »
Et Hervé Renard de poursuivre sur l’importance de l’événement. « C’est la Coupe du monde, il faut stout faire pour laisser les meilleures impressions et pourquoi pas les meilleurs résultats possibles. Bouger. Vous ne pouvez pas imaginer ce que ça veut dire réussir son Mondial. »
Avant Tunisie- Japon : On ne va pas se mentir, c'est le talent qui manque le plus
Et si le vrai problème de la Tunisie, n'est pas le nom du sélectionneur. Lamouchi parti, Renard a débarqué. Ce dernier n'ayant pas de baguette magique pour transformer le dinar en milliard aura tout juste le temps de rectifier le tir sur le plan moral tout en ajustant le dispositif tactique. Mais au niveau des choix y a-t-il une grande différence entre les habituels titulaires et les remplaçants ?
Il y aura peut-être un meilleur rendement collectif face au Japon, demain, mais sauf miracle, on retrouvera une équipe qui défend maladroitement et qui attaque sans grande conviction avec des latéraux qui n'ont pas l'envergure de Hakimi et avec un milieu qui ne peut donner plus qu'il en a malgré toute sa bonne volonté.
Majbri n'est pas Messi et Achouri n'est pas Vinicius, Mbappe ou Kane. Il faudrait donc être réaliste et ne pas exiger le paradis à des joueurs tout juste moyens. Face à des Japonais rapides et au top physiquement, il serait déjà bon, si les camarades de Skhiri arrivent à tenir le coup et à tenter l'exploit de surprendre par une créativité ou un coup de patte magique.
A l'évidence, on espère tous voir nos représentants faire honneur aux couleurs nationales et réussir un résultat probant mais, au cas contraire, une défaite même très courte serait dans la logique des choses au vu de la différence de qualité entre les forces en présence.
Jamel BELHASSEN
Fête de la musique à Goethe Institut de Tunis : Analog Africa et DJ Magrao à l’affiche
Pour célébrer la fête de la musique, le Goethe-Institut de Tunis propose, ce soir, à partir de 21h00, dans son jardin, une soirée festive et envoûtante en compagnie de Analog Africa et DJ Magrao.
Fondé en 2006 par Samy Ben Rejeb, basé en Allemagne, le label Analog Africa est devenu une référence mondiale pour la réédition de trésors oubliés des musiques africaines et sud-américaines des années 60 à 80. Nominé pour 2 Grammys en 2026 pour « Roots Rocking Zimbabwe » & « Super Disco Pirata » dans la catégorie « Meilleur album historique ».
Ses compilations, telles que « African Scream Contes »t ou « Angola Soundtrack », ont révélé au public international des grooves psychédéliques, du funk, de l’afrobeat et des sonorités rares qui font vibrer les pistes de danse. Analog Africa est reconnu pour son travail de recherche et de valorisation du patrimoine musical, transformant des morceaux longtemps restés confidentiels en véritables classiques contemporains.
Originaire de Sao Paulo, Ricardo Magrao est un passionné de vinyles. Ancien guitariste et bassiste, il s’est tourné vers le DJing dans les années 1990. Ses sets exclusivement vinyles mêlent reggae, dancehall et musiques brésiliennes, avec une sélection de morceaux rares et exclusifs. Sa passion pour les rythmes tropicaux et son énergie communicative promettent une ambiance chaleureuse et festive.
Cette soirée sera l’occasion de voyager à travers la musique internationale, de découvrir des sonorités uniques et de célébrer la musique dans toute sa diversité.
Le festival « Théâtre et Société de Siliana » : De l’art pour façonner sa ville et sa société
Par Imen Abderrahmani
Le public de Siliana renouera, à partir de demain et jusqu'au 28 de ce mois, avec le festival "Théâtre et Société", organisé par le Centre des arts dramatiques et scéniques de Siliana. Une nouvelle édition placée sous le thème de « L’art change le visage de la ville ».
Une cinquième édition, un nouveau challenge pour l’équipe du Centre des arts dramatiques et scéniques de Siliana qui fait de l’art un levier de changement sociétal et un moteur de transformation urbaine.
Organisée en partenariat avec la délégation régionale des Affaires culturelles et le Complexe culturel de la ville, cette nouvelle édition s’inscrit dans la continuité avec les précédentes éditions, construites autour d’une vision où le théâtre dépasse le simple divertissement pour devenir un espace de dialogue, de sensibilisation et de participation citoyenne et où le Centre des arts dramatiques est pensé comme un projet sociétal et un laboratoire artistique ouvert aux jeunes comme aux adultes.
Pour cette 5ème édition, le festival « Théâtre et Société » continue bel et bien sa mission, proposant un programme alliant théâtre, musique, danse, ateliers et résidences artistiques.
Le coup d’envoi sera donné, demain, à 19h00, avec au programme la présentation de la nouvelle création de l’artiste Lazhar Farhani, « La Mort », précédée d’un concert de Mariem Tarzi. La pièce « Le roman 15» (Al Riwaya 15), encadrée par Néji El Kanouati et produite par le Centre des arts dramatiques et scéniques de Siliana, sera également à l’affiche.
S'agissant du catalogue musical, il comprend les nouvelles créations d’une pléiade d’artistes qui proposent des expériences musicales aussi singulières. Au programme : Meriem Abidi, Mazen Ben Mabrouk, Nidhal Yahyaoui, le groupe « Jadhb », Seifeddine Maalouf et Nourhane Haddaoui.
Côté théâtre, le public pourra également découvrir au fil des journées « Le Livre d’Aladin » de Mokhtar Louzir, « Houma » (Testostérone) de Cyrine Gannoun, « Les fugueuses » de Wafa Taboubi, « Rar » d’Ezzedine Béchir ainsi que « Chute libre » de Noomane Hamda, programmée lors de la clôture du festival.
L’événement proposera également une « Nuit des poètes », un spectacle de cirque et une performance de danse-théâtre intitulée « Fellag », signée Haythem Boughanmi.
Place à la formation
En parallèle, plusieurs ateliers et laboratoires artistiques seront organisés. Le laboratoire permanent des arts de la marionnette, dirigé par Walid Oueslati, poursuivra ses activités, tandis qu’un nouveau laboratoire consacré aux écritures contemporaines sera lancé sous la supervision de Samia Ammami. D’autres formations porteront sur le rythme populaire, dans le cadre du projet « Croisement des arts et identité tunisienne » animé par Haythem Boughanmi, ainsi que sur la voix et la diction dans les arts de la scène, avec Mariem Abidi sont au menu de cette édition.
Avec ce catalogue riche et varié, le festival "Théâtre et Société" confirme sa volonté de faire du théâtre un moteur de cohésion sociale et un acteur du développement culturel régional.
Imen. A.
Fête de la musique : voici vos repères
À l’occasion de la Fête de la musique, célébrée le 21 juin 2026, le ministère des Affaires culturelles déploie un vaste programme de manifestations artistiques à travers l’ensemble des gouvernorats du pays. Concerts, spectacles chorégraphiques et animations son et lumière rythmeront cette édition placée sous le signe de la diversité musicale et de la proximité avec les publics.
Coordonnées par les commissariats régionaux aux affaires culturelles, les festivités mobilisent conservatoires publics, troupes locales et artistes indépendants avec un double objectif : promouvoir la scène musicale tunisienne et faciliter l’accès à la culture sur tout le territoire.
Dans un communiqué, le ministère souligne que cette programmation traduit « la volonté de soutenir le secteur musical, d’encourager la création et de consacrer le droit à la culture ». L’édition 2026 met ainsi à l’honneur aussi bien le patrimoine musical tunisien que les créations contemporaines et les expressions artistiques de la jeunesse.
À Tunis, plusieurs rendez-vous musicaux sont programmés à La Marsa, La Goulette, sur l’avenue Habib-Bourguiba, ainsi qu’à 7ay Hlel et El Hraïria. À Gabès, le club Yasser Jaradi de musique se produira au Centre culturel Mohamed-Bardeh, tandis que le conservatoire régional présentera un spectacle musical.
Kairouan accueillera le spectacle « Gourbi » de Nidhal Yahyaoui à Bab El Djellidine, ainsi que « Wattaran » d’Inès et Yassine Bouljidane. À Manouba et Ariana, les élèves des conservatoires publics de musique et de danse animeront plusieurs concerts.
Le sud du pays sera également au rendez-vous avec des spectacles à Tataouine, Médenine et Tozeur. À Sidi Bouzid, le public pourra découvrir le spectacle chorégraphique « Nafas » d’Amel Aouini ainsi que le concert « Aoutar El Midjel » de Sofiane Sfert. À Sfax, deux concerts réuniront les élèves du conservatoire Ali El Hachichi et les étudiants du Conservatoire supérieur de musique.
D’autres régions proposeront des rendez-vous variés : « Hezz El Tariq » à Ben Arous, « Latinos » à Mahdia, « Nour El Cham » à Siliana, « Chourouk » à Béja ou encore « Al Olfa Tghanni » à Bizerte.
Zaghouan misera sur une rencontre artistique animée notamment par le groupe « Flouka Band », tandis que Le Kef célébrera la musique avec une soirée intitulée « Le Kef chante… avec la mémoire de ses femmes et les rêves de ses jeunes ».
À Kasserine, la programmation associera musique classique, ateliers d’interprétation et hommage à plusieurs figures musicales de la région. Jendouba accueillera le spectacle « Musique de Khmir », alors qu’à Kebili, les clubs de musique des établissements culturels partageront l’affiche avec les artistes Boulbeba Karem et Anas Ben Saïd.
À travers plus de 25 gouvernorats et des dizaines d’événements gratuits ou accessibles à des tarifs symboliques, la Fête de la musique 2026 confirme l’ambition des autorités culturelles de démocratiser l’accès à la culture et de valoriser la richesse de la création musicale tunisienne.
Pour leur seconde apparition : Le Mexique, premier pays qualifié, le Qatar a vécu un cauchemar !
Le Mexique, l’un des trois coorganisateurs, est le premier pays à s’être qualifié pour les 16es de finale grâce à un succès 1-0 contre la Corée du Sud, jeudi à Guadalajara. Déjà vainqueurs du match d’ouverture contre l’Afrique du Sud (2-0), les Mexicains ont réussi un gros coup avec ce court succès qui leur assure la qualification, mais aussi la première place du groupe A, et donc un 16e de finale à domicile à Mexico, avant un éventuel 8e de finale toujours dans leur capitale. Une grosse erreur du gardien Kim Seung-gyu a permis aux Mexicains de marquer le seul but par l’intermédiaire de Luis Romo (50e).
Le cauchemar du Qatar
Que la fête du Mondial 2022 semble loin pour le Qatar, ancien pays organisateur. Cette nuit, le pays gazier a sombré, écrasé 6-0 par le Canada avec un triplé signé de l’ex-Lillois Jonathan David. La sélection qatarie a terminé la rencontre à neuf avec les expulsions d’Al Amin (33e) et Madibo (53e). Un calice bu jusqu’à la lie avec le but contre son camp d’Al Mannaai (75e) à Vancouver.
Un résultat nul mardi prochain face à la Suisse, qui compte également quatre points - mais une moins bonne différence de buts (+6/+3) grâce à sa victoire contre la Bosnie-Herzégovine (4-1) plus tôt à Los Angeles, suffira aux Canadiens, qui ont signé leur première victoire dans une Coupe du monde (en trois participations) pour finir en tête du groupe B.
La terrible blessure du Canadien Ismaël Koné : "J'ai entendu l'os craquer!"
Le Canadien, passé par l'OM, est sorti sur civière après un tacle d'un joueur qatari. Selon les premières informations, il pourrait souffrir d'une double fracture tibia-péroné. Son Mondial est terminé.
L'image fait froid dans le dos. La jambe tordue d'Ismaël Koné et les yeux exorbités du milieu de terrain canadien laissent penser qu'il a très vite pris conscience de la gravité de la blessure, consécutive à un tacle d'Assim Madibo, expulsé dans la foulée (le deuxième carton rouge du Qatar dans le match).
A la 51e minute de la rencontre qui se jouait à Vancouver, Koné, victime d'un coup de la part d'Assim Madibo, s'est tenu la jambe gauche avec un effroi qui a traversé les tribunes du BC Stadium. Les images furtives à la télévision ont laissé entrevoir le bas du tibia comme plié vers l'intérieur. Les soigneurs se sont précipités vers le joueur de 24 ans évoluant à Sassuolo (Italie). Après quelques minutes glaçantes, il a été évacué sur une civière mais, tout tenant un masque à oxygène, il a fait un signe à la foule comme pour la rassurer.
"On a pu entendre l'os craquer"
Son remplaçant, Nathan Saliba, a marqué un beau coup-franc quelques minutes après son entrée en jeu. Il a célébré en brandissant un maillot floqué du nom et du numéro de Koné.
Après son passage à Marseille, Ismaël Koné, 24 ans, était l'auteur d'une belle saison à Sassuolo et il faisait un match de haut niveau face au Qatar.
"Ca s'est passé devant nous et nous avons tous entendu l'os se briser", a raconté le sélectionneur du Canada Jesse Marsch. "Le joueur qatari est venu dans le vestiaire pour présenter ses excuses à Ismael. Je ne pense pas qu'il ait voulu commettre un tacle aussi violent ni provoquer une situation aussi grave, je ne lui en tiens donc pas rigueur", a dit Jesse Marsch.
"Tout le monde est un peu secoué par cette expérience, en raison de la nature de la blessure, mais aussi parce qu'Ismael est un pilier de notre équipe. Ce sera une grande perte pour nous", a-t-il enfin déploré.
Selon Fabrizio Romano, il souffrirait d'une double fracture tibia-péroné.
Biennale de Venise 2026 : Une présence tunisienne remarquée
Des arts plastiques à la danse contemporaine, la Tunisie affirme sa place au cœur de la Biennale de Venise 2026. Artistes, commissaires d’exposition et institutions tunisiennes y sont, témoignant du dynamisme et du rayonnement croissant de la scène culturelle tunisienne.
La Tunisie marque une présence remarquée à la 61ème Biennale internationale d’Art de Venise, qui se tient du 9 mai au 22 novembre 2026, ainsi qu’à la prochaine Biennale de Danse prévue du 17 juillet au 1er août.
Cette visibilité témoigne de l’intégration croissante des créateurs tunisiens dans les grands rendez-vous mondiaux de l’art contemporain, où ils occupent désormais des rôles de premier plan.
La Franco-Tunisienne Myriam Ben Salah figure parmi les personnalités les plus en vue de cette édition. Née en 1985 et ayant grandi à Tunis, elle a été désignée commissaire en chef du Pavillon français. Ancienne responsable des projets spéciaux au Palais de Tokyo à Paris et co-organisatrice de la biennale Made in L.A., elle dirige depuis 2020 The Renaissance Society à Chicago, l’une des institutions les plus influentes de l’art contemporain.
Elle a été choisie par l’artiste franco-marocaine Yto Barrada pour assurer le commissariat de son exposition « Comme Saturne ». Cette collaboration repose sur une proximité intellectuelle et politique, nourrie par des histoires familiales marquées par les engagements sociaux, l’exil et les luttes collectives.
Dans l’exposition internationale principale « In Minor Keys », dirigée par la curatrice suisso-camerounaise Koyo Kouoh, la Tunisie est également présente à travers l’artiste Amina Saoudi Aït Khay. Née à Casablanca en 1955 et installée depuis de nombreuses années à Sousse, elle expose une série de tapisseries monumentales et de peintures sur soie réalisées dans une démarche d’improvisation libre.
Ses œuvres, profondément inspirées des héritages amazighs et des paysages tunisiens et marocains, occupent une place de choix au pavillon central des Giardini, l’un des espaces emblématiques de la Biennale.
Présence chorégraphique et photographique
La création chorégraphique tunisienne est elle aussi à l’honneur. Le jeune chorégraphe Amine Mazhoud, installé à Bruxelles et diplômé de l’école P.A.R.T.S., fait partie des trois lauréats mondiaux du prestigieux programme Biennale College Choreographers.
Après une résidence de création à Venise sous la direction du chorégraphe britannique Wayne McGregor, il présentera le 29 juillet au Teatro alle Tese une nouvelle pièce explorant les notions de temps et de mémoire, en résonance avec le thème de cette édition : « Time Does Not Exist ». Une première mondiale qui confirme l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes tunisiens ouverts aux expérimentations et aux dialogues internationaux.
La présence tunisienne se prolongera à l’automne avec la participation du cinéaste Younès Ben Slimane à la Biennale de l’Image en Mouvement (BIM’26), grâce au soutien de la Fondation Kamel Lazaar. Son œuvre sera exposée à Venise après une première présentation à Jaou Tunis, organisée du 14 octobre au 15 novembre 2026.
Cette collaboration entre la Fondation Kamel Lazaar et le Centre d’Art Contemporain Genève permettra, pour la première fois, à la Biennale de l’Image en Mouvement de sortir de Suisse et de s’installer à Tunis dans le cadre de la huitième édition de Jaou.
De Venise à Tunis, ces initiatives illustrent le dynamisme d’une scène artistique tunisienne qui s’affirme de plus en plus comme un acteur incontournable des échanges culturels entre l’Afrique, l’Europe et la Méditerranée. Par leur créativité et leur engagement, les artistes et professionnels tunisiens contribuent à écrire une nouvelle page de l’histoire culturelle contemporaine du pays sur la scène internationale.
Lotfi Achour avec sa « Chamade » Journées de l’industrie cinématographique d’Amman
Le projet de long-métrage tuniso-français « La Chamade », réalisé par Lotfi Achour et produit par Sébastien Hussenot, a été sélectionné pour participer aux plateformes de pitch des Journées de l’industrie cinématographique d’Amman (AFID), dans le cadre de la 7ème édition du Festival international du film d’Amman – Awal Film (AIFF).
Ce projet, coproduit par Artistes Producteurs Associés (A.P.A., Tunisie) et La Luna Productions (France), bénéficie du soutien de l’Aide aux cinémas du monde du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC, France). Il sera présenté lors des Journées de l’industrie cinématographique d’Amman qui se dérouleront du 27 juillet au 1er août 2026, en marge de la 7ème édition du festival prévue du 26 juillet au 3 août prochains sous le thème « Beyond the Frame » (Au-delà du cadre).
Selon la newsletter du festival parvenue lundi, le film figure parmi les projets retenus dans la catégorie des « Projets arabes en développement », aux côtés de productions en provenance de Jordanie, d’Égypte, du Liban, de Syrie, de Libye et d’Arabie saoudite, à la suite d’un appel à candidatures qui a enregistré 154 projets soumis à l’échelle de la région.
Les cinéastes sélectionnés présenteront leurs projets devant un jury de professionnels de l’industrie qui réalisera une évaluation de leur vision artistique et de leur originalité, afin d’attribuer des prix financiers et en nature.
Selon Bassam Alasad, responsable du développement de l’industrie, de l’innovation et des partenariats stratégiques à l’AIFF et directeur des AFID, cette sélection témoigne d’une croissance tant en quantité qu’en qualité, abordant des thématiques telles que l’impact des déplacements, le poids de la mémoire et la fragilité de l’appartenance.
Outre les séances de pitch, le programme des AFID proposera des masterclasses, des sessions de formation et des panels de discussion destinés à encourager la collaboration et le développement professionnel des cinéastes arabes.
Rencontres de la narratologie à Médenine : les liens entre architecture et récit en débat
La 12ème édition des Rencontres de la narratologie de Médenine se tiendra les samedi 20 et dimanche 21 juin 2026 sous le thème « Les arts de l’architecture dans les modèles narratifs de Médenine ».
Organisé par l’association « Arrabitah Alqalamiyah » (La Ligue de la Plume) de Médenine, l’événement bénéficie du soutien de la délégation régionale des Affaires culturelles, de la municipalité et du gouvernorat de Médenine. Cet événement vise à enrichir la vie culturelle locale et à approfondir la réflexion sur le développement régional à travers la science et la littérature, selon le coordinateur scientifique de cette édition, El Hachmi Hussein.
Dans une déclaration à la correspondante de l’agence TAP, le coordinateur scientifique a précisé que cette édition a choisi de rendre hommage aux fondateurs de l’association créée en 2015.Les travaux se concentreront exclusivement sur les écrits de ces auteurs fondateurs, qui serviront de base à des lectures critiques menées par de jeunes chercheurs d’universités tunisiennes et de l’étranger, a-t-il souligné. Ces contributions seront réparties sur quatre sessions scientifiques durant les deux jours du colloque.
Le coordinateur a indiqué que ces œuvres narratives explorent différentes structures : l’architecture de l’écriture, la représentation, l’imagerie à travers diverses expériences critiques, la narration poétique ainsi que l’archéologie.
Le programme comprend la présentation et la lecture critique de plusieurs ouvrages : « Visite des plages du gouvernorat de Médenine » de Hédi Berregab, « Les dernières chansons sur les ports du départ » de Hédi Othmani, « Méditations facebookiennes » de Ridha Hammoudi, « Mais c’est arrivé, Safia… » de Fethi Rahmani, « Inscriptions et motifs de Jebel Dahar » d’El Hachmi Hussein et Ali Thabti, « Le Ksar de Médenine, l’étreinte chaleureuse des Ouerghemma » de feu Mohamed Ayadi El Ouni, et « De Ben Guerdane » de feu Mohamed Ennaceur Betaieb.
La lecture sera également consacrée aux romans « Visions » de Zeineb Jouili, « Les Accusés » de feu Salem Damdoum et « Soixante » d’Abdelaziz Ghezal.
Par ailleurs, afin de promouvoir le Géoparc du Dahar, une visite d’exploration sera organisée au Jebel Tebaga, le samedi de 15h00 à 21h00. Selon la description officielle publiée sur le site de l’UNESCO, cette formation rocheuse de 12 kilomètres constitue l’unique affleurement de Permien supérieur marin à l’échelle de l’Afrique et figure sur la liste indicative du patrimoine mondial depuis 2016.
Véritable musée à ciel ouvert protégé par l’Office National des Mines, le site abrite des roches carbonatées et des fossiles rares, dont des fusulines et le seul trilobite de Tunisie (Pseudophillipsia azzouzi), témoins de la dynamique du jeune océan téthysien avant la grande extinction de masse d’il y a 250 millions d’années.
Cette initiative combine le tourisme culturel et environnemental avec les dimensions scientifiques, académiques et créatives. Selon le Dr Hussein, la Ligue cherche ainsi à lier la recherche scientifique aux opportunités d’investissement concret dans une région caractérisée par l’aridité de son climat mais riche par la créativité de ses plumes.
Le Quotidien avec TAP
Industrie cinématographique en Tunisie : vers une nouvelle loi examinée par l’ARP
La commission du tourisme, de la culture, des services et de l’artisanat de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) se réunira le mercredi 24 juin 2026 pour poursuivre l’examen de la proposition de loi n° 2024-03 relative à l’industrie cinématographique.
Selon les données publiées sur le site officiel de l’ARP, cette séance de travail de la commission législative compétente sera consacrée à la finalisation de la discussion des différents articles du texte. Les députés examineront les remarques et suggestions y afférentes avant de rédiger et de soumettre leur rapport final aux structures compétentes de l’Assemblée.
Ce projet de loi s’inscrit dans le cadre du processus législatif de l’ARP. Il a pour objectif principal d’organiser, de structurer et de développer le secteur de l’industrie cinématographique en Tunisie.
Une exposition sur l’exil espagnol au Maghreb à la médina de Tunis
L’Institut Cervantes de Tunis, l’ambassade d’Espagne en Tunisie et la mairie de Tunis inaugurent, cet après-midi, à 18h30, à l’Espace culturel municipal Sainte-Croix de la Médina de Tunis, l’exposition itinérante « De l'exode et du vent. L'exil espagnol au Maghreb (1939-1962) ». L’exposition sera ouverte gratuitement au public jusqu’au 15 juillet 2026.
Placée sous la direction artistique du photographe espagnol Juan Valbuena Carabana et la direction scientifique de José M. Santacreu Soler, professeur à l’Université d’Alicante, cette exposition met en lumière un pan méconnu de l’histoire contemporaine : celui des milliers de réfugiés espagnols accueillis en Tunisie et dans d’autres pays du Maghreb à la suite de la guerre civile espagnole.
À travers plus de 80 pièces- photographies, documents d’archives, correspondances et objets personnels- réparties dans quatre salles, le parcours retrace les trajectoires individuelles et collectives de ces exilés entre 1939 et 1962. Cette dernière date marque la fin progressive de cette diaspora, dans le contexte des indépendances maghrébines.
L’exposition est construite autour de quatre émotions qui ont jalonné l’expérience de l’exil : la peur, l’indignation, l’espoir et la résignation. Elle redonne ainsi voix à des hommes et des femmes dont les histoires, longtemps restées dans l’ombre, témoignent des liens historiques et humains tissés entre les deux rives de la Méditerranée.
Les documents présentés proviennent d’archives familiales, d’institutions universitaires et de fonds documentaires d’Espagne, de Tunisie, d’Algérie et du Maroc, offrant un regard pluriel sur cette mémoire partagée.
Produite par Casa Árabe avec le soutien du ministère espagnol de la Politique territoriale et de la Mémoire démocratique, l’exposition est présentée à Tunis dans le cadre de la coopération culturelle hispano-tunisienne, en collaboration avec les Archives nationales de Tunisie.
À travers cette initiative, les organisateurs entendent non seulement préserver la mémoire de l’exil espagnol au Maghreb, mais aussi inviter le public à réfléchir aux questions universelles de l’exil, de l’accueil et de la transmission des mémoires.
"7ay Hlel Urbain Fest" : De l'art pour changer les regards et semer les espoirs
A partir de demain et jusqu'au 28 juin, le quartier populaire de Hay Hlel à Mellassine devient une scène à ciel ouvert et ce grâce à "7ay Hlel Urbain Fest", manifestation qui célèbre la culture comme vecteur de lien social et de transformation urbaine.
À quelques minutes seulement du centre-ville de Tunis, Hay Hlel est un quartier populaire de la périphérie longtemps associé à la marginalisation, à la surpopulation et à l'insécurité. Souvent réduit à cette image, il s'apprête pourtant à révéler un autre visage en accueillant artistes et créateurs dans le cadre de 7ay Hlel Urbain Fest, une initiative qui mise sur la culture pour changer les regards et redonner espoir aux habitants.
Ainsi, et pendant dix jours, les rues, les cafés, les écoles et les terrains de jeu accueilleront projections de films, spectacles de théâtre, concerts, performances de danse, expositions photographiques et activités sportives. Structuré autour de cinq sections, le festival entend faire de l'espace public un lieu de création, de rencontre et de partage.
Né d'une conviction simple: "la culture transforme les quartiers et les quartiers transforment la culture", le festival est porté par Cinématdour, le cinéma mobile et social, dans le cadre du projet "Fel7ouma" et avec le soutien de l'Ambassade des Pays-Bas. Il est surtout l'aboutissement de plusieurs mois de résidences artistiques et d'ateliers menés avec les enfants et les jeunes du quartier, qui deviennent aujourd'hui les véritables protagonistes de l'événement.
Au cœur du quartier
L'ouverture annoncée pour demain, le 19 juin, donnera le ton de cette édition inaugurale. Le camion de "CinémaTdour" parcourra le quartier accompagné d'une fanfare et de performances de cirque, transformant les rues de Hay Hlel en une grande fête populaire et créative.
Loin d'être un festival "clé en main", "7ay Hlel Urbain Fest" s'ancre dans la vie du quartier et valorise les talents locaux tout en invitant des artistes tunisiens à partager leur expérience, précisent les organisateurs. Les créations théâtrales issues des ateliers y occupent une place centrale, avec notamment les pièces "Poids plume" de Ghazi Zaghbani, et "Twerikh Tounes" de Hatem Karoui, auxquelles s'ajoutent les créations des enfants et les restitutions des résidences de danse. Selon les chiffres avancés, la manifestation comprend 57 rendez-vous dans 17 espaces du quartier allant des écoles, aux cafés et même aux salons de coiffures et des garages de mécanique.
Parmi les artistes invités figure également le comédien et réalisateur Mohamed Grayaa qui animera à l'occasion une résidence théâtrale et dirige un doublage en direct du film d'animation "Ma vie de Courgette" avec un groupe d'écoliers, offrant aux plus jeunes une immersion originale dans le monde du spectacle vivant et du cinéma.
La musique sera elle aussi au rendez-vous, avec des concerts et performances qui mêlent les esthétiques et les générations. Le public pourra notamment découvrir "Erkez Hip-Hop", projet qui fait dialoguer rap et mezoued, ainsi que les prestations live du DJ High Kill, dans une ambiance résolument urbaine et festive.
Le festival réserve également une place importante à l'image. Une exposition photographique réunira douze photographes autour d'un regard pluriel sur le quartier, tandis qu'une exposition participative, intitulée « 7ay Hlel par ses enfants », donnera à voir le territoire à travers les yeux de ses plus jeunes habitants.
Le cinéma, discipline fondatrice de Cinématdour, demeure au cœur du projet. Le cinéaste animalier et conteur environnemental Rabii Ben Brahim, alias "The Dreamer", proposera une immersion dans la biodiversité tunisienne à travers son film "Wildlife Wonders". Connu pour ses projets de sensibilisation à l'environnement, il invitera également le public à découvrir la richesse de la faune et de la flore de Sebkhet Sijoumi, l'un des principaux sites naturels de la région.
Le festival s'achèvera sous les étoiles avec la projection d'un film réalisé par les enfants du quartier eux-mêmes, symbole d'une démarche qui place les habitants au centre du processus créatif.
Des tournois de football et de basket-ball, des sessions de running, une journée santé et un espace interactif comprenant notamment un stand de réalité virtuelle sont sur le catalogue de cette 1ère édition de "7ay Hlel Urbain Fest" qui se présente comme un laboratoire artistique et social.
Loin d'être un simple décor, Hay Hlel s'affirme comme le véritable héros de cette aventure collective, où la culture devient un langage commun, une source de fierté et une promesse d'avenir, surtout pour les enfants et les jeunes du quartier.
Imen.A.
La Cité des sciences accueillera ce samedi la finale des « Voix Urbaines Francophones »
La finale du concours musical « Voix Urbaines Francophones » se déroulera ce samedi 20 juin à la Cité des Sciences de Tunis, a annoncé l’Organisation internationale de la Francophonie.
L’accès à l’événement, prévu à 16h30, est gratuit mais soumis à une réservation obligatoire en ligne, indique un communiqué de l’organisation francophone.
L’événement est le fruit d’un partenariat entre la Représentation de l’OIF pour l’Afrique du Nord (REPAN) et l’association Tunisia88, composée d’un réseau de clubs de musique lycéens à travers le pays.
Ce concert final marque la conclusion de plusieurs semaines de formation, de création et de collaboration artistique pour les jeunes participants.
Selon l’OIF, les artistes sélectionnés se produiront sur scène pour présenter leurs œuvres devant le grand public, « autour des valeurs de la Francophonie ».
La météo de ce jeudi 18 juin : De la chaleur et quelques orages
Le temps sera peu nuageux puis partiellement couvert sur l’ensemble du pays. Des cellules orageuses accompagnées de quelques pluies pourraient se former dans l’après-midi sur les hauteurs de l’ouest du Nord et du Centre.
Les températures maximales varieront entre 30 et 34°C sur les côtes est et les régions montagneuses, entre 35 et 40°C dans le reste du pays, et atteindront localement 42°C dans l’extrême sud avec l’apparition du sirocco.
Quant au vent, il soufflera du secteur est, relativement fort à localement fort près des côtes nord et dans le sud. La mer sera agitée à localement très agitée au nord, et peu agitée à houleuse sur le reste des côtes.
















