Le dinar a encore chuté face au dollar… : À quand la fin de cette politique de dévaluation… ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le dinar tunisien continue de reculer face au dollar : Jusqu’où cette dépréciation impactera-t-elle l’économie nationale et le pouvoir d’achat des Tunisiens ?
Selon les données de la Banque centrale de Tunisie (BCT), à fin mars 2026 et par rapport à son niveau à fin 2025, le dinar tunisien s’est déprécié de 1.5% vis-à-vis du dollar américain et de 0.2% face à l’euro. Néanmoins, il s’est apprécié de 1.7% par rapport au dirham marocain et de 0.4%, respectivement, à l’égard du yen japonais et du livre sterling. Quels sont les causes et les effets de cette dévaluation du dinar?
Pour l’économiste, Slah Moussa : « Le dinar tunisien a perdu environ 22 % de sa valeur depuis 2011, en raison de la politique de dépréciation menée par la Banque centrale. Cette politique avait pour objectifs déclarés de lutter contre l’inflation, de rééquilibrer la balance commerciale en soutenant les exportations et en réduisant automatiquement les importations selon les règles du marché, ainsi que d’augmenter les réserves en devises étrangères.
Malheureusement, les indicateurs révèlent une illusion entourant cette politique de dévaluation du dinar, car l’analyse des résultats financiers montre exactement l’inverse des objectifs recherchés : aggravation du déficit commercial, baisse des réserves en devises, hausse de l’inflation et augmentation du service de la dette.
En chiffres, la baisse du dinar a causé des pertes estimées à 18 milliards de dinars, une augmentation du service de la dette de 8 % à 13 %, ainsi qu’une réduction des budgets de plusieurs ministères et institutions publiques assurant des services sociaux essentiels aux citoyens. Les conséquences sont, en effet, plus que négatives sur l’accès des citoyens à leurs droits aux services de base, notamment les soins de santé et les médicaments ».
Sonnette d’alarme déclenchée
Outre les conséquences financières, la dépréciation du dinar a lourdement affecté les secteurs stratégiques de l’économie nationale notamment ceux à caractère social. Selon, en effet, notre expert : « La Banque centrale a commencé en 2016 dans le cadre de l’avancée de l’orientation économique libérale en Tunisie, amorcée depuis les années 1970. Cette orientation visait à soustraire la monnaie et la politique monétaire à l’influence politique pour les confier à des techniciens considérés comme neutres et objectifs, dans le but d’atteindre une plus grande efficacité économique.
Une approche qui n’a pas donné les résultats escomptés. Bien au contraire plusieurs secteurs ont été gravement touchés dont, à titre d’exemple, le secteur pharmaceutique lequel a subi un choc direct à cause de la baisse du dinar, et chaque diminution se répercute sur les citoyens, les pharmacies privées et la Pharmacie centrale. Cela se manifeste soit par la disparition de certains médicaments du marché, soit par une hausse des prix, soit encore par l’incapacité de la Pharmacie centrale à importer des médicaments faute de pouvoir les payer en devises étrangères, ou par l’impossibilité de produire localement certains médicaments en raison de la dépendance à l’importation des matières premières ».
Et d’ajouter : « La baisse du dinar affecte négativement les PME tunisiennes, car elles importent leurs matières premières et effectuent de nombreuses transactions en devises étrangères, dont la valeur a fortement augmenté par rapport au dinar. Elles sont donc contraintes de réduire leur activité ou leurs effectifs, ce qui les expose à de nombreuses difficultés. Pis encore, la Banque centrale n’a jamais pris de décision spécifique en faveur des petites et moyennes entreprises.
Il est, alors, nécessaire pour la Banque centrale de Tunisie de revoir son rôle afin qu’elle soit capable d’assurer la stabilité financière et bancaire, la stabilité des prix, le développement économique, et de mettre en place une législation permettant de la rendre responsable de ses politiques. Cela exige également l’instauration d’une culture de l’évaluation et à publier des rapports spécialisés destinés au public et aux experts, ce qui, fait actuellement défaut ».
Face à une inflation persistante, à un pouvoir d’achat sous pression et à des secteurs vitaux fragilisés, la question devient désormais incontournable : jusqu’où le dinar tunisien peut-il encore reculer avant qu’un véritable changement de cap économique ne s’impose ?
M.B.S.M.
A l’Institut français de Sousse : La Tunisie contemporaine vue par Mahmoud Jemni
L’Institut français de Sousse accueille, cet après-midi, à partir de 18h, une projection-débat organisée en partenariat avec l’Association des amis des Lettres, des Arts et des Sciences de Sousse. La soirée mettra à l’honneur deux documentaires du réalisateur tunisien Mahmoud Jemni, suivis d’un échange avec le public.
Le premier film, « Warda, la passion de la vie » (2014, 32 minutes), propose un portrait sensible d’une jeune graveuse confrontée à la maladie. À travers le parcours de Warda, la création artistique devient un véritable outil de résistance face au cancer. Le documentaire entremêle gestes du quotidien, soins médicaux et processus créatif, révélant la puissance de l’art comme refuge, exutoire et affirmation de la vie. Cette œuvre intime et lumineuse met en avant la résilience et la capacité de la création à redonner sens et espoir.
La soirée se poursuivra avec « NON. OUI » (2020, 75 minutes), un documentaire engagé qui aborde la question du racisme en Tunisie sous plusieurs angles. Le film suit notamment une jeune diplômée noire originaire de Gabès qui rentre au pays avec l’ambition de mettre ses compétences au service de la société. Ses rencontres et expériences révèlent cependant des attitudes discriminatoires persistantes. En donnant également la parole à une élue, une représentante associative, un sociologue et un psychiatre, le film explore les dimensions historiques, sociales, économiques et psychologiques du racisme.
Festival Ali Ben Ayed de théâtre : La créativité théâtrale à l’ère des nouvelles technologies en question
Les rapports entre théâtre et technologies contemporaines ont été au centre d’un forum intellectuel organisé lundi à l’espace Dar Belhadj à Hammam-Lif, dans le cadre de la 34ème édition du Festival Ali Ben Ayed de théâtre, qui se poursuit jusqu’au 16 mai.
Intitulée « Vers de nouvelles approches de la pratique scénique à l’ère des mutations technologiques », la rencontre a réuni universitaires, critiques et praticiens du théâtre autour des transformations esthétiques et techniques affectant les arts de la scène.
La critique théâtrale Faouzia Mezzi a évoqué l’évolution du théâtre, passé selon elle du « concept de l’émerveillement » dans sa forme traditionnelle vers des formes de mise en scène reposant davantage sur les technologies modernes et les procédés visuels. Elle a également soulevé plusieurs questions liées à l’identité des théâtres arabes, à la dépendance technologique et à la préservation de la spécificité du théâtre face aux mutations numériques.
La chercheuse a notamment analysé le travail de l’acteur comme une extension du concept de « théâtre pauvre » du théoricien polonais Jerzy Grotowski (1933-1999), prônant un « acteur saint » dont la performance créative et le corps restent au centre de l’œuvre, malgré l’influence croissante du cinéma et de la vidéo.
Le dramaturge Mohamed Mediouni a, pour sa part, estimé que la technologie fait désormais partie intégrante de la pratique théâtrale, à travers l’éclairage, la scénographie, les effets sonores et les dispositifs visuels, tout en considérant qu’elle demeure un outil esthétique au service de la création scénique et non une finalité en soi.
Selon lui, l’intégration de ces techniques ne diminue en rien la centralité du théâtre ou son identité propre. Il a affirmé que le théâtre occupe une place centrale vis-à-vis des autres arts et possède les outils nécessaires pour préserver sa spécificité historique face aux innovations.
De son côté, l’Irakien Mohamed Saif, spécialiste de la scénographie, a abordé la relation entre théâtre et technologie sous l’angle de « l’acceptation et du rejet », estimant que ce débat accompagne historiquement l’évolution du discours théâtral.
Pour lui, cette dualité ne doit pas être perçue comme « une simple opposition, mais comme une dynamique critique permettant au théâtre de se redéfinir en permanence ». Il a ainsi souligné la tension entre la crainte de voir la technologie menacer l’immédiateté humaine du jeu et la volonté d’y puiser de nouveaux horizons expressifs.
Selon lui, l’enjeu réside dans l’équilibre « entre fidélité à la présence humaine propre au théâtre et ouverture aux innovations techniques capables de renouveler ses formes d’expression. »
Le programme du festival se poursuit avec plusieurs représentations théâtrales à Hammam-Lif et Ben Arous, ainsi qu’une série d’ateliers de formation consacrés notamment à « l’acteur entre mémoire émotionnelle et technologie » et à « l’harmonie entre les composantes visuelles et sonores du spectacle théâtral ».
Editorial : Dangereuse dépendance …
Par Chokri Baccouche
Ça ronflait depuis quelques temps, désormais ça va pétarader comme le tuyau d’échappement libre d’une vieille moto. La raison ? Le baril de pétrole vient de dépasser la barre des 100 dollars sur le marché international, un seuil qui rappelle des épisodes économiques dramatiques comme ceux de 2008 et 2014.
Exception faite des multinationales pétrolières et de quelques nababs de l’or noir qui vont certainement se mettre plein les poches et profiter un max de cette aubaine, c’est la galère pour l’écrasante majorité de la population mondiale qui n’en finit pas de tirer le diable par la queue. Le blocus imposé par la Maison Blanche sur le détroit d’Ormuz par où transite une part importante des besoins de la planète en énergie fossile est certainement passé par là.
Depuis quelques temps déjà, le monde a subi de plein fouet les effets pervers de la sordide guerre américano-sioniste contre l’Iran. Les chiffres nous apprennent en effet qu’entre janvier et mai 2026, le prix moyen de l’essence à la pompe a augmenté de plus de 18% dans l’Union européenne et plus de 12% aux Etats-Unis.
Plus révélateur encore : le coût moyen d’un plein de 50 litres est désormais équivalent à deux semaines de courses pour une famille moyenne dans plusieurs pays. Le constat est donc flippant et au rythme où vont les choses c’est-à-dire pas du tout pour le mieux dans un monde aux abois, le pire est désormais à craindre.
Cette flambée inquiétante des cours du pétrole n’est pas sans rappeler la crise de 2008 qui a vu le baril caracoler à près de 147 dollars, entraînant une terrible récession mondiale. Aujourd’hui, même si le chiffre est inférieur, le contexte, en revanche, est plus préoccupant selon les experts et ce, en raison de la stagnation des salaires et de l’inflation galopante qui sévit un peu partout dans le monde, y compris dans les pays industrialisés.
Au cœur de tous les biens de consommation, le pétrole, on le sait, devient un sacré problème quand son prix dépasse un certain seul jugé raisonnable. Dans ce cas, tout devient plus cher : du transport à l’électricité en passant par l’alimentation, la production industrielle et tutti quanti… les tarifs sont inévitablement révisés à la hausse. Au final, le consommateur est forcé de boire bien évidemment la tasse et payer plus cher ses besoins.
Ce dernier est doublement sanctionné car son pouvoir d’achat, déjà mis à mal par les hausses régulières des prix des produits de consommation courante, fond comme beurre au soleil. La flambée des cours du pétrole n’est jamais un phénomène isolé. Elle résulte à la fois de la spéculation sur les marchés financiers, de tensions géopolitiques dans des zones productrices et d’un modèle économique qui privilégie les profits à court terme sur l’intérêt général.
Les conflits armés, même à distance, servent souvent de justification à la hausse des prix, mais la logique est toujours la même : créer un climat d’incertitude qui fait grimper la valeur de barils et enrichit quelques multinationales au détriment de milliards de consommateurs. Le hic, c’est que le même scénario se répète inlassablement depuis des décennies comme un long feuilleton tragique qui n’est pas près de connaître malheureusement de sitôt son épilogue.
Si elle est directement liée aux tensions prévalant autour du détroit d’Ormuz, la volatilité des prix de l’or noir est aussi la conséquence logique de l’absence d’une solution politique à la crise moyen-orientale. Le rejet par Donald Trump de la proposition iranienne, jugée inacceptable, donne à penser qu’on n’est pas sorti de l’auberge et que l’impasse risque de perdurer encore et pour longtemps apparemment.
L’obstination du président américain à imposer coûte que coûte son diktat et ses desideratas complique la situation et annihile inévitablement toute perspective d’une résolution de la crise par la voie diplomatique.
La flambée en cours du prix de l’or noir rappelle brutalement l’urgence pour un pays comme la Tunisie de développer des alternatives au pétrole. Pour s’en prémunir, notre pays doit impérativement promouvoir tous azimuts les énergies renouvelables qui offrent un potentiel de développement très bon marché et disponible à profusion.
C’est en réduisant à sa portion congrue sa dépendance aux carburants fossiles que la Tunisie pourra tirer à l’avenir son épingle du jeu dans un environnement international particulièrement instable et sujet à des tensions cycliques. En misant sur les énergies renouvelables, la Tunisie fait non seulement un choix écologique de première importance à haute valeur économique, mais promeut également et surtout un vecteur de justice sociale…
C.B.
Gestion des sites culturels et des ensembles historiques : Quelles stratégies pour l’avenir ?
La Cité de la culture de Tunis a accueilli, lundi, un atelier national dédié à la gestion du patrimoine national qui s’intitule « Vers des plans de gestion opérationnels pour les sites culturels et les ensembles historiques ».
Selon un communiqué du ministère des Affaires culturelles publié en fin d’après-midi, cette rencontre a permis de confronter le modèle tunisien aux pratiques internationales, débouchant sur une série de recommandations pour concilier la protection des sites historiques et leur exploitation économique.
Les travaux auxquels ont pris part divers acteurs et experts en patrimoine se sont concentrés sur « les étapes d’élaboration et le contenu des plans de gestion », en établissant une comparaison directe entre le système tunisien et divers modèles étrangers.
Selon le ministère, cette analyse a notamment mis en perspective les plans de gestion face aux exemples de protection et de valorisation, permettant d’identifier les forces et les faiblesses du dispositif national.
Cette approche comparative a généré plusieurs pistes visant à accroître l’efficacité de la gestion des sites culturels. L’objectif affiché est d’adapter les meilleures pratiques internationales aux spécificités locales pour assurer un équilibre entre la sauvegarde du patrimoine et sa valorisation.
En clôture de l’atelier, les participants ont souligné la nécessité d’activer les mécanismes juridiques et d’accélérer les procédures de protection. Parmi les priorités retenues figurent le renforcement du numérique, la systématisation de la documentation et une meilleure coordination entre les acteurs.
Cette stratégie participative vise à garantir la pérennité des ensembles historiques tout en les érigeant en leviers de développement culturel durable, a indiqué la même source.
Le calendrier des grands rendez-vous culturels : JMC, JTC et JCC
Le ministère des Affaires culturelles a dévoilé mardi les dates d’organisation de trois rendez-vous culturels majeurs qui seront organisés en 2026, à savoir les Journées Musicales, Théâtrales et Cinématographiques de Carthage.
Dans un communiqué rendu public aujourd’hui, le ministère a indiqué que la 11ème édition des Journées Musicales de Carthage (JMC) se tiendra du 3 au 10 octobre 2026.
Les 27èmes Journées Théâtrales de Carthage (JTC), auront lieu, quant-à-elles, du 21 au 28 novembre 2026, sous la direction de l’artiste Slim Sanhaji, comme l’avait annoncé précédemment le ministère.
Les amateurs de septième art auront également rendez-vous avec la 37ème édition des Journées Cinématographiques de Carthage (JTC) du 12 au 19 décembre 2026.
L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) : Adoption enfin de la loi « le statut de l’artiste et les métiers artistiques »
L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a adopté mardi soir à une large majorité la loi organique n° 55/2023 régissant « le statut de l’artiste et les métiers artistiques ».
Ce texte très attendu a été approuvé par 76 voix pour, une abstention et aucun vote contre.
Composé de 45 articles, ce nouveau cadre juridique remplace une législation jugée obsolète par les professionnels du secteur. L'un des piliers de cette réforme est le renforcement de la protection sociale, qui prend désormais en compte la nature intermittente et instable du travail artistique, qu'il soit salarié ou indépendant.
Pour sécuriser les relations de travail, le recours à un « contrat artistique » devient la norme, définissant précisément les droits et obligations des parties contractantes. Le texte instaure également une « carte professionnelle » dont les critères d'attribution et de retrait seront strictement encadrés.
Le nouveau texte consacre l'entrée des arts numériques et de l'intelligence artificielle (IA) dans le champ des métiers artistiques, ouvrant la voie à une protection juridique de ces nouvelles formes d'expression.
Par ailleurs, afin de soutenir la création locale, le législateur a introduit des quotas minimums de diffusion pour les œuvres tunisiennes dans les médias audiovisuels et réglementé la participation des artistes étrangers aux manifestations nationales.
Cette adoption marque la conclusion d'un parcours législatif entamé en 2014 à l'initiative du ministère des Affaires culturelles.
La mouture finale est issue d'une proposition portée par plus de 130 députés depuis décembre 2023, après une série de concertations et d'auditions au sein de Commission du tourisme, la culture, des services et des industries artisanales à l'ARP, avec les syndicats et les organisations du secteur, visant à produire un texte de compromis.
Ce vote final intervient après l'examen de chaque article en séance plénière. Dans leurs interventions, les députés ont salué une « victoire » pour la dignité des créateurs tunisiens.
L’ouverture de la séance plénière a été marquée par la présence d’une délégation du Parlement canadien, menée par le président de la Chambre des communes, Francis Scarpaleggia, actuellement en visite officielle à Tunis.
Ligue 2 : Le CSHL dénonce les injustices et menace de boycotter les barrages
La tension est montée d’un cran dans la ville d’Hammam-Lif après la rencontre controversée face à l’Espoir Sportif de Hammam-Sousse, au point où une large frange de supporters appelle désormais à un boycott du tournoi des barrages, estimant que son issue serait déjà connue d’avance.
Dans un climat de forte colère, les fans de la « Hamhama » dénoncent des décisions arbitrales qu’ils jugent préjudiciables à leur équipe et accusent les instances du football tunisien de rester passives malgré les protestations répétées du club depuis plusieurs semaines. Pour eux, les multiples polémiques ayant marqué la fin du championnat ont définitivement entamé toute confiance dans la transparence de la compétition.
Cette vague de mécontentement intervient après le communiqué publié par le comité directeur du CSHL, présidé par Monji Bhar, qui a dénoncé de nouveaux « scandales d’arbitrage » lors du match contre Hammam-Sousse. Le club estime notamment avoir été privé d’un penalty évident dans un moment décisif de la rencontre, une décision qui aurait directement influencé le résultat final et les chances d’accession en Ligue 1.
Le CSHL a également rappelé les controverses ayant entouré certaines rencontres décisives de cette fin de saison, notamment celle opposant l’Espoir de Hammam-Sousse au Sfax Railway Sport, alimentant davantage les soupçons autour de l’équité de la compétition.
Face à cette situation, plusieurs supporters réclament désormais une rupture totale avec les structures dirigeantes du football tunisien, appelant le club à retirer sa confiance aux instances concernées. Certains vont encore plus loin en demandant officiellement le boycott des barrages, estimant que « le sort de ce tournoi est scellé à l’avance » puisque les résultats ne se décident plus uniquement sur le terrain, mais aussi en coulisses.
Malgré les appels du club à l’ouverture d’une enquête afin de faire la lumière sur les décisions arbitrales controversées, la colère continue de grandir dans les rangs hammam-lifois, qui considèrent désormais que la crédibilité de la compétition est sérieusement remise en cause.
K.Z.
Ligue 1- 30e journée- nouveau programme : Une place en Ligue des champions encore à jouer
La Ligue Nationale de Football Professionnel a apporté un léger changement au programme de la 30e journée qui se jouera aujourd'hui, demain et jeudi suite à la demande du CSSfaxien de jouer son match avec l'ESSahel en même temps que celui qui opposera l'Espérance de Tunis à l'USBGuerdance, vu que la seconde place qualificative à la Ligue des champions concerne encre les Noir et Blanc.
Au classement actuel, les Sang et Or comptent un point en plus que les Sfaxiens. Voici en détails le programme complet:
Aujourd'hui à 16h00
JSO -ASM
Demain
CAB- ESZ
ASG- ST
Jeudi
CA O-B
USBG- EST
CSS- ESS
USM -ASS
ESM -JSK
J.B.
Privatisation de la STAM : Que faire de ces entreprises publiques en difficulté ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Non à la privatisation de la STAM, tel est le nouveau combat annoncé par l'UGTT contre la cession des entreprises publiques au secteur privé. Que pensent justement les experts de la privatisation de ces sociétés en difficulté ?
Le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail, Salah Eddine Salmi, a réaffirmé, vendredi dernier, l’attachement de l’organisation syndicale à la préservation de la Société tunisienne d’acconage et de manutention (STAM) et son rejet catégorique de toute tentative de cession de ses activités ou d’atteinte à son rôle. Dans son discours lors d’un rassemblement de travailleurs de l’entreprise au siège du syndicat, Selmi a déclaré : " L’Union maintient le slogan : Non à la cession des entreprises publiques.
Aujourd’hui, nous constatons une fragmentation des activités dans les entreprises publiques, notamment à la Société tunisienne de l’électricité et du gaz, et aujourd’hui, au sein de la STAM, un quai est cédé pour être exploité par des opérateurs privés », selon ses propos. Et d'ajouter : « Non à la cession des activités de l’entreprise et non à la cession de toute entreprise publique stratégique. Ces quais ont été aménagés par l’État tunisien avec les fonds de la collectivité nationale, et ils doivent rester exploités par l’entreprise publique sans permettre à des sociétés privées de les utiliser au détriment de l’État ».
Il a, en outre, estimé que la préservation des entreprises publiques revient à préserver les acquis du peuple tunisien, ajoutant qu’il est du droit des travailleurs de défendre le secteur public ", avant de marteler : " Non et mille fois non à la cession du moindre espace ou de la moindre activité de la STAM, afin que cela ne constitue pas le début d’un processus de privatisation ". Il convient de rappeler que l’Union générale tunisienne du travail maintient sa position opposée à la vente ou à la privatisation des entreprises publiques en Tunisie, appelant à l’élaboration de stratégies communes pour les sauver, tout en tenant compte des spécificités de chaque entreprise.
A noter également que la Société tunisienne d’acconage et de manutention est une entreprise publique opérant dans l’ensemble des ports maritimes commerciaux tunisiens à travers son réseau d’agences situées à Bizerte, Radès, La Goulette, Sousse, Sfax, Gabès et Zarzis.
L’entreprise assure le rôle d’opérateur de chargement et de manutention en tant que concessionnaire et gestionnaire du terminal à conteneurs du port de Radès, tout en assurant l’ensemble des activités de chargement et de manutention au port de la Goulette, de Bizerte, Sousse, Sfax, Gabès et Zarzis. Elle opère aux côtés de groupements privés de manutention portuaire. La STAM assure la manutention de 69 % du tonnage total des marchandises transitant par les ports maritimes commerciaux tunisiens. Que pensent justement les experts et autres observateurs de la privatisation des entreprises publiques en difficulté ?
Une arme à double tranchants ...
Interrogé à ce sujet, l'activiste Me Houssem Eddine Ben Atiya, nous a déclaré : « Ces appels à la privatisation des entreprises publiques ne sont en réalité que la continuité d’un processus entamé en Tunisie depuis plus de quarante ans, plus précisément avec l’entrée en vigueur du « programme d’ajustement structurel ». Et d’ajouter : « En 1986, dans un contexte mondial marqué par la domination des politiques néolibérales fondées sur la réduction de l’intervention de l’État au profit des mécanismes du marché et de l’initiative privée.
Ainsi, en Tunisie comme dans les autres pays du Sud, la privatisation a constitué l’un des principaux piliers des programmes d’ajustement structurel imposés par le Fonds monétaire international. Dans ce contexte général, les opérations de privatisation ont connu un rythme soutenu en Tunisie à partir de 1987, enregistrant jusqu’en 2010 environ 250 opérations de privatisation d’une valeur de 5 963 millions de dinars, dont 114 opérations de cession totale.
Ce programme a concerné plusieurs entreprises dans divers secteurs, notamment les banques, les cimenteries et les télécommunications. En 2010, un programme de privatisation de dix entreprises a été adopté, parmi lesquelles : la Société Tunisienne de Sidérurgie, la Société Nationale de Distribution des Pétroles, la Compagnie Tunisienne de Navigation, la Société Tunisienne de l’Industrie Sucrière, les trois banques publiques, la Régie Nationale des Tabacs et Allumettes, la Société Tunisienne des Industries du Caoutchouc et Tunisair.
Dans le même cadre, le gouvernement Nidaa Tounes–Ennahdha s’était engagé à poursuivre le programme de restructuration des entreprises publiques (lettre d’intention adressée par le gouverneur de la Banque centrale et le ministre des Finances à la directrice du FMI le 2 mai 2016). Ce programme concerne dans un premier temps cinq grandes entreprises : la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz, la Société Tunisienne des Industries de Raffinage, l’Office des Céréales, Tunisair et la Régie Nationale des Tabacs.
Le programme de restructuration vise à redéfinir le rôle de « l’État actionnaire », ce qui signifie transformer l’État de propriétaire en simple actionnaire des entreprises publiques aux côtés d’autres investisseurs. Il vise également à déterminer les secteurs non stratégiques (et qui les détermine ?) desquels l’État se retirera. Ainsi, ce qu’on appelle le programme de « restructuration des entreprises publiques » n’est en réalité que l’étape précédant leur privatisation et leur cession ».
De son côté, l’expert financier et économique Mohamed Salah Jannadi estime que la privatisation des entreprises publiques en Tunisie vise principalement à alléger la charge financière pesant sur le budget de l’État, à améliorer l’efficacité et la productivité des entreprises déficitaires, ainsi qu’à rehausser la qualité des services fournis, notamment dans les secteurs concurrentiels. Les avantages attendus comprennent l’injection de nouveaux investissements, la modernisation technologique et la réduction des pertes financières accumulées.
J ennadi précise : « Parmi les principaux avantages de la privatisation dans le contexte tunisien : Allègement des charges budgétaires : mettre fin au financement par l’État des entreprises publiques déficitaires ou en difficulté financière, qui pèsent lourdement sur le budget général. Amélioration de l’efficacité et de la productivité : optimiser le fonctionnement des entreprises grâce à l’introduction de la gestion privée et à la modernisation des mécanismes de production, renforçant ainsi leur compétitivité ».
En érigeant la STAM en "ligne rouge" intouchable, l’UGTT s'enferme dans un dogmatisme qui ignore l'urgence économique. Si la souveraineté est un noble argument, elle ne peut servir de bouclier à l'inefficacité chronique d'un monopole public à bout de souffle.
À force de refuser toute réforme structurelle, la centrale syndicale risque de précipiter la faillite de ce qu’elle prétend protéger, condamnant les ports tunisiens à l’obsolescence au nom d'un statu quo que le budget de l’État ne peut plus se permettre.
M.B.S.M.
La Tunisie à Cannes 2026 : Hors compétition, mais bien présente
Même sans films en compétition officielle, la Tunisie confirme sa visibilité à Cannes 2026 à travers des sélections parallèles, des rencontres professionnelles et la participation de ses talents dans quelques rendez-vous marquants.
Si la Tunisie ne figure pas dans les sélections officielles majeures cette année, sa présence à Cannes n’en demeure pas moins remarquable. Le cinéma tunisien continue d’investir les espaces professionnels, académiques et créatifs du festival, confirmant cette dynamique et cette vitalité qui lui ont valu, ces dernières années, de nombreuses consécrations internationales.
Parmi les œuvres tunisiennes présentes, même dans les sections parallèles, le court- métrage « Sous l’eau » de Hamdi Jouini qui figure au « Short Film Corner » du Marché du Film. Soutenu par la Rosa Luxemburg Foundation et produit par Aflem AW, ce film de fiction de 30 minutes s’inscrit dans un registre social et écologique. « Il suit Tarek, père d’une fillette atteinte d’une maladie chronique liée à la pollution de l’air, qui espère offrir un avenir plus sain à sa famille en s’installant sur une côte préservée. Mais ce rêve bascule rapidement, révélant les failles des systèmes administratifs et juridiques face aux urgences climatiques », lit-on sur les notes de présentation. Par son approche sensible et engagée, le film interroge la justice climatique et les inégalités environnementales, tout en bénéficiant à Cannes d’une vitrine privilégiée auprès des professionnels du secteur.
La jeune génération n’est pas en reste. Le court- métrage « Somewhere I Belong » du réalisateur Youssef Handouse, issu de l’Institut Supérieur des Arts Multimédia de la Manouba (ISAMM), a été sélectionné dans la prestigieuse compétition « La Cinef », dédiée aux films d’écoles. Retenu parmi plus de 2700 candidatures, ce film introspectif interroge la mémoire, l’appartenance et la reconstruction identitaire. Une sélection qui confirme la vitalité de la relève tunisienne et la qualité des formations nationales.
Talents et rencontres
Au-delà des projections, la présence tunisienne s’inscrit dans un vaste programme professionnel. Acteur, réalisateur, producteur et scénariste, Dhafer L’Abidine participera à un panel du « Arab Cinema Center » consacré aux coproductions régionales, soulignant l’importance croissante des collaborations internationales pour le développement du cinéma arabe.
Le talentueux musicien tunisien Amine Bouhafa sera également au rendez-vous pour raconter sa passion pour la musique et pour partager avec l’assistance sa philosophie artistique. Lui qui a déjà à son actif de nombreuses consécrations internationales, parmi lesquelles le César de la meilleure musique originale pour « Timbuktu » et plusieurs collaborations dans des projets artistiques. Le 18 mai, il sera là et ce n’est pas pour la 1ère fois lors d’une rencontre orchestrée par la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM).
Il est à noter que Le Centre national du cinéma et de l’image (CNCI) a annoncé qu’il ne manquera pas ce rendez-vous, déployant un programme ambitieux au Pavillon tunisien, au 205, du Village international « Pantiero ». Rencontres professionnelles, promotion de la Tunisie comme destination de tournage et réunions institutionnelles rythmeront cette présence. Point culminant : la célébration du 60ème anniversaire des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), rappelant l’héritage et l’influence durable de ce festival pionnier du continent africain et du monde arabe.
Imen. A.
Editorial : Un casse-tête chinois - Par Hassan GHEDIRI
Les climatologues et les météorologues qui passent leur temps à analyser d’immenses quantités des données satellitaires alimentant les modèles de prévisions et qui confirment aujourd’hui l’accélération sans précédent du dérèglement du climat, tendent à croire que nous vivons l’année qui battra les records des températures les plus élevées à l’échelle du monde. Et pour cause les océans, ces gigantesques réservoirs de chaleur qui jouent un rôle central dans la régulation du climat terrestre, sont en surchauffe.
Une alerte mondiale venait d’ailleurs d’être lancée par l’observatoire européen Copernicus qui a estimé dans une note diffusée vendredi dernier que le monde se dirige tout droit vers de nouveaux records de températures. L’observatoire suppose d’autre part que le retour quasi-inévitable du phénomène "El Nino" qui libère la chaleur stockée dans l’océan Pacifique et contribue à l’accélération des températures mondiales, fera grimper le mercure à des niveaux jamais atteint et fera peut-être de l’année 2027, l’année la plus chaude de l’histoire.
Une hausse considérable du mercure expose les pays les plus affectés au réchauffement du climat à un défi énergétique majeur, parce que la chaleur extrême entraine systématiquement une augmentation de la demande d’électricité. La Tunisie qui produit l’essentiel de son énergie électrique à partir du gaz naturel qui est de surcroit à plus de 90% importé, devait prendre très au sérieux l’alerte de Copernicus.
La STEG, qui se débrouille comme elle peut, chaque été, pour empêcher l’effondrement de son réseau et éviter un black-out général lorsque la consommation dépassant la capacité de production, est la mieux placée pour prédire ce qui nous attend si rien n’a été fait.
C’est un vrai casse-tête chinois qui exige à l’Etat de prendre des décisions urgentes, fermes et efficaces. Quand les épisodes caniculaires se multiplieront et se succèderont dans les années à venir comme peuvent désormais le confirmer tous les climatologues par des données scientifiques discutables, la demande de l’électricité va s’envoler littéralement en Tunisie pendant les mois d’été. Il s’agit là de l’une des problématiques majeures qui inquiètent les scientifiques et les gouvernements d’autant plus qu’elle met le monde dans une situation complètement paradoxale.
Au fur et à mesure du réchauffement du climat, l’usage des équipements de climatisation s’accentue et se généralise, et plus les climatiseurs sont utilisés, plus la consommation d’électricité et des énergies fossiles augmente et plus l’émission du gaz à effet de serre s’accentue aggravant davantage le réchauffement du climat. C’est donc un cercle vicieux dans lequel est engagé le monde entier et qui il revient aux dirigeants de tous les pays d’honorer les engagements climatiques.
Dans le monde, l’on estime le nombre de climatiseur à environ 2 milliards qui devait être multiplié par deux à l’horizon de 2050. L’autre paradoxe, c’est que ce sont les pays qui contribuent le moins aux émissions et donc au réchauffement de la planète qui sont en passe d’être plus touchés par les vagues de chaleur et à subir une facture énergétique de plus en plus exorbitante. C’est le cas de la Tunisie qui ne va apparemment pas pouvoir réduire concrètement l’impact du réchauffement du climat sur sa facture énergétique.
La volonté existe certes, mais les actions ne sont pas encore à la hauteur des défis. L’Etat qui possède des milliers de bâtiments occupés par des dizaines de ministères et d’administrations et des centaines de sous directions de services publics, serait sans conteste, un des consommateurs les plus énergétivores. C’est à lui qui incombe la responsabilité de faire des choix permettant d’atténuer les effets du réchauffement du climat et de rationnaliser la facture énergétique.
L’urgence nécessite de lancer des actions tous azimuts à même d’anticiper le surcout énergétique lié au réchauffement du climat. L’action lancé ces derniers jours par Agence nationale pour la maitrise de l’énergie (ANME) est une bonne initiative qui devait se généraliser. L’agence vient de lancer une opération ciblant des dizaines de bâtiments publics et qui consiste à remplacer dix milles climatiseurs obsolètes et énergivores par des nouvelles unités plus efficaces.
Un fond de 200 millions de dinars sera débloqué dans le cadre d’un partenariat avec la coopération allemande pour le déploiement massif de l’énergie solaire dans les établissements publics avec comme objectif de réduire de 30% la consommation de l’électricité. Pour changer la donne, de telles actions devraient toutefois s’intégrer dans une stratégie nationale visant tous les secteurs avec des objectifs claires, quantifiés et limités par des échéances précises.
H.G.
Le Programme TACIR clôture son Périple à Meknassi et Jemna
Le programme TACIR (Talents, Arts, Créativité, Inclusion, Recherche) vient de clore deux chapitres majeurs de son déploiement en Tunisie, à Meknassi et à Jemna. Bien plus que de simples cérémonies de clôture, ces événements marquent l’aboutissement de mois d’engagement pour la démocratisation des Industries Culturelles et Créatives (ICC). En combinant formation technique, incubation de projets et recherche scientifique, TACIR a jeté les bases d’un modèle de développement culturel durable, ancré dans les réalités territoriales de Sidi Bouzid et Kébili.
À Meknassi, l’expérience s’est étalée sur 32 mois, d’août 2023 à mars 2026, sous l’impulsion de l’Association Arts à Meknassi. Le cœur battant de cette initiative a été le projet « Ciné Rif », qui a su structurer une offre culturelle inexistante jusqu’alors.
Le programme a mobilisé 24 formateurs et 11 mentors pour encadrer 159 bénéficiaires. Cette dynamique a permis l’éclosion du TACIR-Lab Meknassi, un espace de coworking devenu le pivot de la création locale. Sur le volet « Créa Innov », bien que la cohorte initiale de 9 projets ait été réduite à 5 projets actifs à la fin du parcours, la qualité des résultats est au rendez-vous. Des initiatives comme « Ya3tik Essaha », « Shamshi » et « Fort_ça » ont bénéficié de subventions (cash prizes) pour passer de l’idée à la réalité économique. Le bilan critique souligne toutefois une leçon précieuse : la nécessité de mieux cibler les profils en amont et de renforcer l’implication des jeunes femmes pour garantir une parité effective.
La composante « Diffusion » a trouvé sa plus belle expression dans la production du documentaire « Intej ». Ce film n’est pas qu’une œuvre cinématographique ; c’est un outil de médiation qui réhabilite le patrimoine immatériel de Sidi Bouzid. En projetant ce film au cœur de la ville, TACIR a transformé l’espace public en un lieu de transmission, où les chants et rituels ancestraux ont rencontré le regard des nouvelles générations, prouvant que la diffusion culturelle est le dernier maillon essentiel de l’appropriation citoyenne.
Jemna : L’Oasis Numérique et le Laboratoire Visuel
À Jemna, le programme s’est déployé sur 24 mois (avril 2024 - mars 2026) avec l’Association du Théâtre de la Ville de Jemna, se concentrant sur l’hybridation entre art et numérique.
Le TACIR-Lab Jemna, aménagé en six mois, est devenu un symbole de résilience au cœur du désert. Le volet innovation a permis d’incuber trois projets, dont deux ont atteint une maturité exemplaire. L’impact structurel est indéniable : la mise en place d’un kit méthodologique et d’un réseau de mentors garantit que les compétences acquises ne disparaîtront pas avec la fin du financement. Sur le plan de la communication, le programme a bénéficié d’une visibilité rare avec 14 articles de presse et plusieurs passages médiatiques nationaux, brisant ainsi l’isolement de Kébili.
La composante diffusion à Jemna a été portée par la résidence « Souar ». Sous l’œil de Nicène Kossentini, quatre films courts ont été produits, tels que « Stuck Pulse » ou « Enter the void ». Ces créations sont le résultat d’une immersion dans le territoire comme « palimpseste », une méthode qui a permis aux jeunes réalisateurs de diffuser une image de leur région loin des clichés habituels, alliant esthétique d’art et d’essai et enjeux sociaux.
TACIR Recherche : Une Idéologie de la Preuve par la Sociologie
L’une des forces distinctives de TACIR réside dans sa composante « Recherche », qui ancre l’action culturelle dans une rigueur scientifique. Lors des clôtures, la restitution des résultats de l’étude sociologique menée par des experts sur les inégalités d’accès à la culture a marqué les esprits. Cette étude a mis en lumière des disparités structurelles profondes dans les deux régions, révélant comment les barrières géographiques, économiques et sociales freinent encore l’émancipation créative.
En mettant l’accent sur cet aspect sociologique, TACIR s’inscrit dans un cadre idéologique fort : celui de la « culture comme droit humain ». Le programme ne s’est pas contenté de proposer des activités ; il a produit de la donnée scientifique pour comprendre les freins à la participation culturelle. Cette approche permet de passer d’une culture de « divertissement » à une culture de « transformation sociale ». Les résultats présentés à Meknassi et Jemna servent désormais de feuille de route pour les politiques publiques locales, prouvant que l’intervention culturelle, pour être efficace, doit être précédée et accompagnée d’une analyse sociologique fine des besoins des populations marginalisées.
L’Effet Papillon et l’Héritage Durable
Au terme de ces deux expériences, le bilan de TACIR dépasse largement les chiffres de formation ou les montants investis. Le programme laisse derrière lui des infrastructures pérennes (les Labs), des réseaux de mentors mobilisables et, surtout, une méthodologie de travail éprouvée. Comme l’a souligné l’équipe lors des bilans, « l’effet papillon » de TACIR ne disparaîtra pas. En conjuguant la sensibilité de l’art, l’efficacité de l’innovation numérique et la rigueur de la recherche sociologique, TACIR a prouvé qu’investir dans la culture en région n’est pas un luxe, mais une nécessité absolue pour construire une société tunisienne plus inclusive, résiliente et consciente de sa propre valeur créative.
Abdel Rahman Abou Zahra s’en va : une page majeure de l’art égyptien se tourne
L’acteur égyptien Abdel Rahman Abou Zahra est décédé lundi soir à l’âge de 92 ans, à l’issue d’une longue maladie, laissant derrière lui une carrière exceptionnelle qui aura profondément marqué la scène artistique arabe.
Dans un communiqué, la ministre égyptienne de la Culture, Gihane Zaki, a salué la mémoire d’un artiste qui a été l’un des piliers de la création, ayant traversé avec brio le théâtre, le cinéma, la télévision et la radio. Elle a souligné que ses œuvres intemporelles, porteuses des valeurs authentiques de l’art, resteront gravées dans la mémoire de générations de spectateurs arabes.
Le Syndicat des Métiers du Spectacle a également rendu hommage à cette figure majeure, rappelant que l’artiste a enrichi la production arabe d’œuvres marquantes et que son nom continuera de vivre dans le cœur du public égyptien et au-delà.
Diplômé de l’Institut des arts dramatiques en 1958, Abdel Rahman Abou Zahra débute d’abord une carrière de fonctionnaire avant d’intégrer, dès 1959, le Théâtre national en tant qu’acteur. Sa première apparition sur scène se fait dans « Le Retour de la jeunesse » de l’écrivain Tawfiq Al Hakim, marquant le début d’un parcours artistique riche et durable.
Au fil des décennies, il participe à de nombreuses œuvres devenues incontournables, aussi bien au théâtre qu’à l’écran. Le grand public se souvient notamment de son rôle dans la série « Je ne vivrai pas dans l’ombre de mon père » ainsi que dans le film « Terre de la peur », qui ont contribué à asseoir sa place parmi les figures emblématiques du paysage culturel arabe.
Avec sa disparition, c’est une page majeure de l’histoire artistique égyptienne qui se tourne, mais son héritage continuera d’inspirer les générations futures.
L'Espérance limoge Beaumelle, Braconi dirigeera l'equipe jusqu'à la fin de la saison
Les mauvais résultats des Sang et Or lorss des derniers matches de la saison ont fini par coûter à Patrice Beaumelle sa place d'entraîneur.
Christian Braconi, son premier collaborateur et directeur technique des jeunes aura la tâche de coacher l'equipe lors de la dernière journée de la Ligue 1 à Ben Guerdane puis en coupe face à l'ESMtlaoui, dimanche.
Une décision logique après tout ce qu'a raté l'equipe ces derniers temps comme prestations.
J.B.
















