Digitalisation des services publics en Tunisie : Début du déploiement à grande échelle de l’interopérabilité …
Par Hassan GHEDIRI
L’objectif est d’accélérer la dématérialisation des services publics en Tunisie moyennant 192 projets numériques annoncés pour les cinq prochaines années.
Après le déploiement, en 2024, des premières applications de la plateforme nationale d’interopérabilité reliant cinq ministères, le gouvernement a donné son feu vert pour enclencher la deuxième phase du projet qui vise la numérisation complète des services publics en Tunisie. La bonne nouvelle vient d’être diffusée depuis Tallinn, la capitale de l’Estonie, où siège Cybernetica, l’architecte en chef du grand chantier la numérisation des services publics en Tunisie.
Mardi dernier, a été ainsi signé un contrat entre l’entreprise estonienne et les ministères chargés des Technologies de la communication et de l’Economie et la planification pour parachever la transformation numérique de notre pays. Au cours de cette deuxième phase du projet qui doit s’étendre jusqu’à fin 2027, l’objectif est de faciliter l’intégration de la plateforme dans l’ensemble des ministères et de renforcer les capacités de tous les acteurs pour exploiter pleinement le potentiel de la plateforme notamment pour la création des services ciblés et personnalisés.
En tant que pilier essentiel de la gouvernance électronique, la plateforme nationale d'interopérabilité devrait favoriser le développement d'une vaste gamme de services numériques et ouvrir de nouvelles perspectives pour un impact socio-économique positif.
En modernisant la prestation de services et en améliorant la maturité numérique des institutions publiques, le projet ambitionne de faire évoluer les mentalités dans le secteur public pour adopter une approche centrée sur les utilisateurs professionnels et particuliers. L’objectif est d’accélérer la modernisation administrative à travers la dématérialisation complète des services publics avec 192 projets numériques annoncés pour la période 2026-2030.
Il est important de rappeler que Cybernetica a été mandatée par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) pour la mise en place d’une plateforme d’interopérabilité en Tunisie. Un accord a été alors signé en 2023 avec le gouvernement tunisien pour doter la Tunisie d’un logiciel permettant l’échange de services et de données entre les différentes administrations.
Cybernetica qui est l’un des acteurs ayant contribué à la transformation technologique qui ont fait de l’Estonie l’un des pays les plus digitalisés au monde, a parachevé en 2025, la première phase du déploiement de la plateforme nationale d’interopérabilité en Tunisie. Il était question dans un premier temps, de mettre en place la solution d’échange des données sécurisée (la plateforme Unifited eXchange Platform, UXP) dans un groupe restreint d’institutions formé de cinq ministères tunisiens.
Parallèlement à la mise en œuvre technique, Cybernetica a assuré le transfert de l’expertise nécessaire pour renforcer les compétences des différents acteurs tunisiens qui veilleront sur la bonne marche de la plateforme et son déploiement à plus grande échelle.
Il y a lieu également de souligner que les solutions développées par Cybernetica et qui constituent aujourd’hui le socle de la digitalisation des services publics en Tunisie avaient déjà été déployées dans plus de 12 pays à travers le monde, notamment en Ukraine, au Japon, au Bénin, en Namibie, au Groenland et aux Bahamas.
H.G.
Le costume traditionnel tunisien rayonne à l’UNESCO
La Délégation permanente de la Tunisie auprès de l’UNESCO prend part aux célébrations de la Semaine africaine, qui a démarré le 19 mai pour se clôturer aujourd’hui, le 22 mai, au siège de l’Organisation à Paris par les missions diplomatiques africaines.
Cette manifestation culturelle offre à la Tunisie une vitrine privilégiée pour mettre en avant la richesse de son artisanat et l’authenticité de son patrimoine vestimentaire ancestral. En collaboration avec l’Office national de l’artisanat tunisien, une sélection de costumes traditionnels emblématiques a ainsi été exposée, attirant l’attention et l’admiration des visiteurs.
Le patrimoine culinaire tunisien a également occupé une place de choix lors de cet événement, à travers la présentation de spécialités inscrites sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, notamment le couscous et la harissa. Une manière de célébrer la diversité et l’authenticité de la gastronomie tunisienne, héritée de traditions transmises de génération en génération.
Par cette participation à la Semaine africaine de l’UNESCO, la Tunisie réaffirme son engagement constant en faveur de la sauvegarde et de la valorisation de son patrimoine culturel immatériel.
Editorial : Bienvenue dans l’Etat paria…
Par Chokri Baccouche
Il incarne la haine morbide et l’expression de son visage laisse transparaitre à chacune de ses sorties médiatiques une aversion malsaine, résolument obsessionnelle voire pathologique. Il est affranchi de tout sentiment de pitié et il ne rate d’ailleurs aucune occasion pour se délecter avec un vice inégalé des tourments et des souffrances infligées par l’armée de son pays à ses victimes.
En véritable tifosi du mal personnifié, il est toujours aux avant-postes quand il s’agit de haranguer les foules de colons déchainés pour les inciter à violenter et massacrer encore plus de Palestiniens du côté de Gaza ou de la Cisjordanie occupées. Quand il ouvre le bec, c’est seulement pour cracher son fiel et débiter des monstruosités dans une sorte de thriller délibérément théâtralisé pour mieux impressionner et épater ceux qui prêtent attention à ses délires racistes et suprémacistes.
Bref, la méchanceté extrême qui gravite autour de l’homme fait de lui une sorte de Voldémort, le sinistre sorcier haineux de la célèbre saga Harry Potter. Il ? C’est Itamar Ben Gvir le ministre extrémiste de la sécurité nationale israélien qui vient de se distinguer, encore une fois, par son comportement crapuleux et provocateur.
Avec un sadisme inégalé et dans un geste qui en dit long sur son mépris du droit international, Ben Gvir a, en effet, posté sur les réseaux sociaux, mercredi dernier, une vidéo de militants de la flotille pour Gaza agenouillés, face contre terre et les mains liées. « Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous », dit le ministre sur ces images publiées notamment sur sa chaîne Telegram.
Ben Gvir jubilait et éprouvait un plaisir sadique que ces militants de la liberté soient aussi maltraités et humiliés en sa présence. Il était aux anges et aussi heureux qu’un gamin qui vient de recevoir le cadeau de ses rêves. La scène était pathétique, brutale et choquante. Elle dégageait les miasmes putrides de la cruauté, l’inhumanité et l’impunité.
La vidéo en question, délibérément publiée sur les réseaux sociaux vise surtout à livrer un message sans ambages à l’adresse de l’ensemble de la communauté internationale à savoir qu’Israël, n’en déplaise à tous ses détracteurs et aux défenseurs des droits de l’homme, fait ce que bon lui semble.
Le « bienvenue en Israël, nous sommes chez nous » cristallise en effet le mépris absolu de l’entité sioniste envers la légalité internationale. Les propos éminemment provocateurs de Ben Gvir incarnent surtout un geste de défiance adressé à tous les pays dont sont originaires ces militants de la liberté qui se sont distingués par leur courage inouï et leur résilience face à la brutalité israélienne érigée en système.
Preuve en est et au moment où le psychopathe Ben Gvir faisait son cinéma avec l’hymne national israélien en musique de fond et où des dizaines de militants agenouillés les uns contre les autres, visages collés au sol et mains liées, une jeune femme parmi les intrépides otages n’a pas hésité à crier « Libérez la Palestine » au passage du ministre. La bravoure de cette Grande Dame qui a proféré les mots que Ben Gvir appréhende comme son pire cauchemar, a provoqué l’ire de ses bourreaux.
Elle s’est retrouvée en effet la tête encore plus pressée contre le sol par les services de sécurité israéliens qui cherchaient visiblement à étouffer cette phrase assassine perçue par les sionistes comme un crime de lèse-majesté impardonnable.
La publication de cette vidéo de la honte a suscité un tollé international et de vives critiques de la part de plusieurs pays européens dont la France, l’Espagne, la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas, la Nouvelle Zélande et le Canada qui sont allés jusqu’à convoquer leurs ambassadeurs d’Israël. La Turquie, d’où était partie la flottille, s’est montrée la plus virulente en dénonçant la « mentalité barbare » du gouvernement israélien et l’Italie qui a stigmatisé le traitement scandaleux réservé aux militants, parmi lesquels figurent de nombreux ressortissants italiens, a exigé des excuses.
Malgré la gravité du délit, l’Europe se contente du moins que le Smig. La réaction des pays du vieux continent qui disposent pourtant de nombreux atouts susceptibles de leur permettre d’exercer une plus grande pression sur l’entité sioniste, manque de vigueur. Sa mollesse évidente ne risque pas, en tout cas, d’empêcher les dirigeants israéliens de récidiver, encore moins de s’abstenir à commettre de tels forfaits à l’avenir.
Il faut reconnaitre à ce propos que l’ineptie de la communauté internationale et son manque d’entrain à imposer le respect du droit international est la principale cause de l’explosion des dérives israéliennes au Moyen-Orient. Des dérives sans fin, commises en toute impunité par une entité sioniste qui se croit au-dessus de toutes les lois et qui n’a de compte à ne rendre à personne.
Le spectacle barbare offert par Ben Gvir pour la postérité illustre de manière on ne peut plus évidente ce que beaucoup dénoncent depuis longtemps à savoir que la banalisation de la violence, la cruauté, l’impunité et le mépris systématique des droits humains fondamentaux sont la marque de fabrique d’Israël. Bienvenue dans l’Etat paria…
C.B.
Coupe de Tunisie- Quarts de finale : L'EST et la JSO rejoignent les demi-finales
Par Jamel Belhassen
L'Espérance, détentrice de la dernière coupe, a remporté une victoire sans histoire face au club divisionnaire de Bouhajla alors que la JSOomrane a dû attendre les tirs aux buts pour se qualifier aux dépens du PSSEddaier.
Qualification tranquille des Sang et Or
A Bouhajla, devant un public local enthousiaste, le Baath a accueilli l'Espérance de Tunis avec les fleurs. Motivés au plus haut point, les BSB a entamé le match avec une grande détermination et mené par Ounalli. En face, l'EST, sans ses étrangers cherchait a faire le break le plus tôt possible. Après une série de corners et d'occasion, Ben Ali marque de la tête suite à un centre de Laifi ( 37e) et donne l'avantage aux Sang et Or (0-1).
Avant la pause Jabri rate de près le second but (45+2e).Après les citrons, l'EST a cherché à tuer le match avec un second but alors que le BSB redoublait d'efforts pour refaire le terrain perdu et se retrouve à dix suite l'expulsion de Midani pour agression (69e). A la (82e), Mouelhi a raté une belle occasion pour égaliser en tirant à côté de la cage. Et c'est l'EST qui diuble la marque par Dhaou d'un retourné acrobatique (0-2) à la (86e) avant de voir Touati tripler la marque (90+3e) ( 0-3).
La JSO passe dans la douleur
A Sakiet Eddaier, l'ambiance etait bien plus calme. Le PSSE recevait la JSOmrane avec la nette envie de créer la sensation. Mais, très vite l'ardeur des locaux a été tempérée à la(18e) quand les locataires de la Ligue 1, les Omraniens ont ouvert le score par Maroani suite à un corner de la gauche et un cafouillage devant la cage (0-1). Menés par le vieux renard, Zied Aloui, les locaux ne baissent pas les bras et Bouraoui arrive à égaliser d'un tir puissant ( 1-1) à la( 36e).
De retour des vestiaires, le jeu demeure équilibré avec des essais offensifs des deux côtés. Les suspense est est à son comble. Lors des prolongations, devenues nécessaires, le Progrès local continue à croire en ses chances face à la JSO qui tient à faire la différence. mais le tir de Zoghlami a percuté la transversale ( 118e). Aux tirs aux buts, la réussite a été du côté des Omraniens (3-4).
Résultats :
BSB- EST (0- 3)
PSSE- JSO (1-1 ) TAB (3-4)
Demi-finales
JSO- EST
CSS- ESZ
J.B.
Ben Ali aurait fait appel à un marabout pour sauver son régime... Le culte de l’occulte est-il une pratique courante en politique ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
C'est l'ancien ambassadeur de la Tunisie qui le dit : l'ancien président déchu, feu Zine Al Abidine Ben Ali, aurait fait appel à un marabout Sénégalais pour sauver son régime lors des émeutes de 2010-2011. Quel lien entre la politique et la magie?
L'ancien ambassadeur de Tunisie au Sénégal, Chokri Hermassi, a révélé qu'un marabout sénégalais avait été sollicité pendant les derniers jours du régime de Zine El-Abidine Ben Ali. Les autorités tunisiennes de l'époque auraient fait appel à lui pour tenter mystiquement d'apaiser la tension politique qui menait à la révolution de 2011.Le diplomate a raconté que le marabout avait été reçu à l'ambassade tunisienne à Dakar.
En échange de ses « services », il aurait exigé une compensation matérielle extravagante : 147 moutons, une soixantaine de bovins et de chameaux, le tout pour une valeur estimée à près de 78 000 euros, " Bien que La magie et la politique sont intrinsèquement liées par une dynamique de pouvoir et de légitimité. Qu'il s'agisse de justifier l'autorité, de mobiliser des militants ou d'expliquer l'injustice sociale, l'irrationnel a toujours accompagné l'exercice du pouvoir ", nous dira la spécialiste en sociologie, Mariem Letaïem.
En effet, dans de nombreuses sociétés anciennes et modernes (notamment en Afrique postcoloniale), les dirigeants renforcent leur aura en s'associant à des forces occultes ou religieuses. La « magie » sert ici à sacraliser l'autorité et à prouver que le chef dispose d'une protection supérieure.
A titre d'exemple, l'ancien président gambien (au pouvoir de 1994 à 2016) a institutionnalisé la magie à l'échelle de l'État. Il prétendait détenir des pouvoirs mystiques capables de guérir le SIDA. Lors d'une célèbre "chasse aux sorcières" en 2009, il avait fait enlever des centaines de villageois accusés de sorcellerie et les avait contraints à boire des potions hallucinogènes.
Idem pour l'ancien président du Gabon (1967-2009) incarnait la conjonction entre la franc-maçonnerie et les rites magiques traditionnels. Haut dignitaire de la franc-maçonnerie en Afrique francophone, il était également un grand initié du ndjobi (une société initiatique et magique traditionnelle de l'est du Gabon), qu'il utilisait pour renforcer son contrôle politique.
Et le fléau n'est pas spécifique à l'Afrique ou aux sociétés dites moins développées. L’ancien président français, Jacques Chirac faisait régulièrement appel au service d'un marabout tunisien. Qu'en est-il de la Tunisie ?
Leila Trabelsi, un cas d'école...
Les Tunisiens murmuraient au cours du règne du président déchu, Zine Al Abidine Ben Ali que la famille Trabelsi, belle-famille du président menée par son épouse Leïla Trabelsi, était obsédée par la magie, l’astrologie, la recherche de trésors et les fouilles à travers tout le pays. Cependant, personne, y compris le voyant Hassane Chaarni, n’avait osé en parler publiquement.
Ce n'est qu'après la chute du régime en 2011 que les s'étaient diluées. En effet, Hassane Chaarni avait déclaré en 2011 dans une interview qu’il publierait prochainement un nouveau livre dans lequel il révélera des événements et des informations inconnus des Tunisiens concernant la sorcellerie, l’occultisme et la recherche de trésors, pratiques auxquelles Leïla Trabelsi et sa famille auraient été fortement attachées.
Charni avait également évoqué dans cette interview certains secrets et situations étranges liés au monde de la magie qui entourait la famille de l’ancien président déchu au palais de Carthage. Parmi les révélations mentionnées par Charni figure le fait que Leïla Trabelsi aurait fait manger à Zine el-Abidine Ben Ali de la « cervelle de hyène », qu’il se serait lavé avec son urine, et qu’il aurait découvert une « main de mort » dans son lit.
Une autre révélation concerne une période électorale durant laquelle Leïla Trabelsi l’aurait contacté afin d’émettre des billets de banque contenant des talismans destinés à ensorceler le peuple, malgré la victoire écrasante — comme à l’accoutumée — attendue pour Ben Ali grâce aux fraudes électorales.
Entre croyances occultes, instrumentalisation du sacré et quête désespérée de légitimité, la politique révèle parfois son visage le plus irrationnel. Derrière les palais, les discours officiels et les stratégies de pouvoir, la peur de la chute pousse certains dirigeants à chercher refuge dans l’invisible. Une pratique loin d’être marginale, qui traverse les époques, les continents… et les régimes.
M.B.S.M.
Tunisie Telecom : coupures de réseau à El Ghazala, Raoued et Ennasser, suite à des travaux entamés par une entreprise privée
L'opérateur national des télécommunications, Tunisie Telecom a annoncé, dans un communiqué publié mardi, que ses réseaux de communication dans les zones d'El Ghazela, Raoued et Ennasser, (gouvernorat d'Ariana), ont enregistré mardi, des coupures soudaines.
Selon ses équipes techniques dépêchées sur les lieux, ces perturbations ont été causées suite à des travaux entamés par une entreprise privée de télécommunications sans aucune coordination préalable à cet effet.
A cet égard, Tunisie Telecom exprime ses excuses à l'ensemble de ses clients dans les régions mentionnées, suite à ces perturbations imprévues, et qui coïncident avec la période des examens de fin d'année et le démarrage de la saison du pèlerinage.
Tunisie Telecom assure que ses équipes techniques ont déjà lancé les réparations nécessaires pour un bon fonctionnement de ses réseaux et une reprise de ses services dans les plus brefs délais.
L'opérateur a également affirmé que des mesures seront prises pour dédommager ses clients impactés par ces coupures, en plus de prendre les dispositions juridiques nécessaires pour suivre les parties responsables des dommages causés à ses biens, ses services et ses clients, selon le même communiqué.
A la galerie « Kalysté » : « Les indomptés », l’instinctif face au conventionnel
Par Imen Abderrahmani
C’est le clap de fin aujourd’hui pour « Les indomptés » de Malek Saadallah à la Galerie « Kalysté ». Une dernière occasion de se confronter à un univers sauvage qui dérange autant qu’il fascine.
Visiter l’exposition, c’est accepter de ne plus regarder le monde de la même manière et de repenser nos certitudes sur l’humain. Malek Saadallah fait bousculer la quiétude des visiteurs par des couleurs et des formes qui fuient le classique, portées par des traits rappelant la spontanéité des gribouillis des enfants.
A la galerie « Kalysté », il propose depuis le 25 avril, « Les indomptés », une plongée intense dans un bestiaire hybride où l’humain se confond avec l’animal et la machine. Le titre résume à lui seul l’esprit de la série : rebelle, instinctif et profondément libre.
Dès les premières œuvres, la vision fantastique s’impose comme la signature majeure du peintre. Le visiteur se retrouve face à des figures mi- humaines, mi- animales, surgies d’un trait nerveux mais sûr. Étranges mais familières, ces créatures semblent interroger la part animale enfouie en chacun de nous. Ou peut-être c’est le contraire, ce qui reste de notre humanité. Mais ce qui est encore étrange dans cette exposition que ces créatures ne relèvent ni du pur imaginaire ni du réalisme : elles occupent cet espace trouble où se croisent pulsions, instincts et mémoire collective.
Interroger l’humain…
Diplômé en infographie et formé aux arts plastiques entre Tunis et Rome, Malek Saadallah a développé une identité visuelle immédiatement reconnaissable. Son univers, souvent qualifié de surréaliste, donne à voir une humanité en mutation. Ses personnages, à la frontière de l’insecte, de l’humain et de l’automate, évoluent dans des compositions saturées de lignes, de textures et de couleurs éclatantes.
Dans « Les indomptés », Malek Saadallah laisse son visiteur perplexe face à ces créatures et cette manière d’habiter la toile, construite en strates où couleurs et techniques dialoguent pour renforcer cette sensation de vitalité, de mouvement… et de rébellion. L’exposition est- -elle alors une dénonciation du chaos ? Une tentative de reconstruction du monde ? Un appel à libérer la part animale et instinctive de l’humain ? L’artiste ne donne pas des réponses. Il laisse au visiteur la liberté d’interpréter ce langage visuel fondé d’un dosage subtil entre instinct et maîtrise, conscient et inconscient, toujours en rupture avec les conventions chromatiques et formelles.
« Les indomptés » apparaît ainsi comme une exploration de la résistance et peut-être de l’art lui-même face aux cadres établis. Une exposition qui, jusqu’à ses dernières heures, laisse résonner une énergie indisciplinée et profondément vivante.
N’hésitez pas à prendre part au finissage annoncé à 16h00. Une dernière chance pour plonger dans l’univers indocile d’un artiste non-conventionnel.
Imen. A.
Concours national des élèves ambassadeurs des musées et des monuments archéologiques : Clôture de la 2ème édition au Musée de Raqqada
Le Musée de Raqqada à Kairouan, accueillera dimanche prochain (24 mai), la deuxième édition du concours national des élèves ambassadeurs des musées et des monuments archéologiques, organisée par la Direction générale de l’enseignement préparatoire et secondaire au ministère de l’Éducation, en collaboration avec le commissariat régional de l’Éducation à Kairouan.
Quelque 52 élèves ambassadeurs des musées des différentes régions du pays participeront à cet évènement outre une centaine d’élèves qui prendront part aux ateliers culturels et une vingtaine participeront aux spectacles artistiques et aux présentations. Ils seront encadrés par 52 enseignants et de 30 inspecteurs, indique un communiqué publié ce lundi par le ministère de l’Éducation.
Inscrite dans le calendrier des activités culturelles nationales de l’année scolaire 2025-2026, cette manifestation vise à sensibiliser les élèves à l’importance du patrimoine national et à renforcer leur attachement aux musées et aux monuments archéologiques en tant qu’espaces éducatifs et culturels vivants.
Le concours du Prix national des élèves ambassadeurs des musées et des monuments archéologiques ambitionne également de soutenir la vie scolaire, de développer l’esprit d’initiative, la créativité et le travail collectif, tout en valorisant le patrimoine civilisationnel national et en encourageant l’ouverture ainsi que les échanges culturels entre les élèves des différentes régions, ajoute le communiqué.
Editorial : Oui, mais il faut des pièces sonnantes et trébuchantes … - Par Hassan GHEDIRI
On ne va pas se mentir, l’argent est le nerf de la guerre. Et la Tunisie, qui mène aujourd’hui une guerre sur plusieurs fronts doit savoir où placer ses sous. La conjoncture marquée par les grandes tensions sur les finances publiques ne laisse aucune place à l’erreur. L’une des guerres, impitoyable et sans repli nous est livrée par une Dame Nature très en colère, décidée de venger des siècles de maladresses et de bêtises humaines par un climat de destruction massive.
Bien que n’étant pas responsable de la crise climatique mondiale et qui est, au contraire, en passe de subir de plein fouet les conséquences du réchauffement de l’atmosphère terrestre, la Tunisie est partie prenante des conventions universelles engageant les Etats à atténuer les effets des changements climatiques.
Ayant ratifié depuis plus de trente ans, la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, la Tunisie vient de dévoiler ce qui est censé être la feuille de route nationale destinée à réduire les émissions du gaz à effet de serre et à s’adapter aux effets des changements climatiques.
Il s’agit de la troisième version de sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0), qui fait office d’un document de référence définissant les priorités d’actions et les objectifs dans le cadre d’un engagement national d’accélérer la transition vers une économie moins polluante et plus résiliente au changement climatique.
Dévoilée fin de la semaine dernière, la CDN 3.0 vise à mobiliser des financements globaux estimés à 55 milliards de dollars américains, soit environ 162 milliards de dinars tunisiens pour l’élaboration et la mise en exécution des projets et programmes qui aideront à atténuer l’impact du réchauffement du climat sur les secteurs vulnérables. Le cap est particulièrement mis sur la sécurité alimentaire et hydrique, piliers fondamentaux de stabilité et de souveraineté alimentaire, économique et sociale.
Grandement affectée par le dérèglement du climat, la Tunisie risque en effet de voir le rendement de son agriculture chuter drastiquement au cours des quelques années à venir si l’Etat manque de revoir ses politiques actuelles. D’ici 2030, la valeur ajoutée du secteur agricole tunisien pourrait en effet baisser d’environ 20% sous l’effet du réchauffement du climat et de la multiplication des phénomènes extrêmes (sécheresse, inondation…).
Dans la CDN 3.0, l’Etat s’est fixé plusieurs objectifs pour affronter ces scénarios avec comme priorité stratégique le renforcement de la résilience de l’agriculture pour garantir une sécurité alimentaire solide et durable. Pour anticiper la raréfaction des ressources hydriques, un phénomène qui s’accentuera, d’après les prévisions scientifiques au cours des deux prochaines et qui privera la Tunisie de plus de 10% de ses eaux pluviales, l’Etat compte recourir de plus en plus aux eaux non conventionnelles.
La CDN 3.0 prévoit dans ce sens, d’augmenter la capacité de dessalement de l’eau de mer à 265 millions de mètres cubes par an d’ici 2035. L’Etat ambitionne également de multiplier par dix le taux des eaux usées traitées dans l’agriculture. L’objectif est porter ce taux de 6% actuellement à 50% durant la même période.
Des objectifs trop ambitieux qui nécessitent beaucoup d’argent pour transformer radicalement les politiques agricoles et hydriques dans le pays. La CDN 3.0 constitue un pari sur l’avenir, ambitieux et risqué à la fois. Car, il n’est guère facile de mobiliser 55 milliards de dollars dans un contexte de finances publiques sous tension.
Transformer en profondeur les modèles agricoles et hydriques, adapter toute une économie aux bouleversements d’un climat de plus en plus hostile sont des défis qui exigent non seulement de la volonté politique, mais aussi une bonne gouvernance surtout beaucoup d’espèces sonnantes et trébuchantes.
H.G.
Ancien ministre de Ben Ali : Taoufik Cheikhrouhou n’est plus
La scène politique et administrative tunisienne est en deuil. Taoufik Cheikhrouhou, ancien ministre et haut responsable de l’État, est décédé à l’âge de 81 ans.
Né en 1944, le défunt a consacré une large partie de sa carrière au service de l’État tunisien, occupant plusieurs hautes fonctions gouvernementales et administratives, notamment dans les domaines des affaires sociales, de l’emploi et de la santé. Au fil de sa carrière, Taoufik Cheikhrouhou a occupé plusieurs postes de premier plan. Il a été ministre des Affaires sociales entre 1987 et 1989, avant d’être nommé secrétaire général du gouvernement de 1989 à 1991. Il a ensuite été ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi entre 1991 et 1992, avant de poursuivre son parcours à la présidence de la République en tant que ministre conseiller chargé de la Santé et des Affaires sociales, fonction qu’il a occupée jusqu’à sa retraite.
Paix à son âme.
Distinction : Une Tunisienne brevetée aux Etats-Unis pour un moteur hybride innovant
Il s’agit d’une nouvelle distinction qui nous vient de l’étranger. La nouvelle concerne la chercheuse tunisienne Faten Mouldi Derouaz qui vient de décrocher un brevet d’invention aux États-Unis dans le domaine de l’ingénierie automobile, grâce au développement d’un moteur hybride innovant, capable de fonctionner avec quatre sources d’énergie différentes : l’essence, le diesel, l’électricité et l’huile de cuisson usagée.
Selon le Centre de recherches, d’études, de documentation et d’information sur la femme (CREDIF), cette innovation combine intelligence artificielle, durabilité et protection de l’environnement, mettant en lumière le savoir-faire tunisien et sa capacité à s’imposer sur la scène internationale.
Ce projet scientifique s’appuie sur des technologies d’intelligence artificielle et d’analyse de données, afin d’optimiser la consommation d'énergie et de réduire les émissions polluantes, dans un contexte mondial marqué par la transition vers une mobilité plus durable.
Cette consécration représente une première pour une femme tunisienne et arabe dans le domaine de l’ingénierie automobile, avec un brevet officiellement enregistré aux États-Unis.
Diplômée de l’université publique tunisienne, Faten Mouldi Derouaz enseigne actuellement à L'université Roi Fayçal. Elle avait déjà obtenu, en 2023, un brevet et une distinction dans les domaines de l’environnement et de l’agriculture.
Coupe de Tunisie- quarts de finale : Le CS Sfaxien et l'ES Zarzis, premiers demi-finalistes connus
Par Jamel Belhassen
Le CS Sfaxien a dû aller en prolongations pour se défaire d'un très bon S.Gabesien qui lui a opposé une résistance farouche. A Sfax, le CSS , privé des services de son gardien Dahmen, convoqué en sélection, et de ses étrangers, recevait le Stade Gabesien, club de la Ligue 2 qui a éliminé au tour précédent l'Etoile du Sahel. La première periode a été disputée avec une légère supériorité des locaux.
Avant la pause, la VAR est intervenue pour annuler un but pour le SG pour hors-jeu et un autre pour le CSS pour faute de main, préalable. Le pressing sfaxien s'accentue et Ben Ali, de la tête, voit le poteau repousser le ballon (51e). Mais ce n'est que partie remise. Mathlouthi ouvre le score de la tête ( 53e).
Le scire ne changera pas jusqu'à fin du temps réglementaire. Durant les prolongations, le CSS double la marque par Derbal après un centre de Maaloul et une erreur du gardien gabesien ( 2-1). But confirmé après recours à la VAR.
A Zarzis. L'Espérance locale recevait le CA Bizertin. Les Sudistes ont vite fait de prendre l'avantage par Ben Dhiaf , d'une reprise croisée qui n'a laissé aucune chance au gardien adverse (1-0) à la ( 4e). Les visiteurs ont reagi pour chercher l'egalisation mais le poteau a sauvé le gardien zarzissien Charfi avant la pause.
De retour des vestiaires, le CAB a cherché à égaliser en se jetant en attaque mais c'est l'ESZ qui va doubler la marque par son buteur Rahmani à la ( 75e) (2-0). Une qualification méritée des Sudistes après une prestation convaincante face à des Cabistes, peu coriaces.
Demain, nous connaîtrons les deux autres qualifiés aux demi-finales après les matches entre PS Sakiet Eddaier et la JS Omrane d'un côté et entre BS Bouhajla et l'Espérance de Tunis de l'autre.
J.B.
EST: Chokri El Ouaer , nommé vice-président responsable de la section football
Depuis hier, mardi 19 mai, l'Espérance de Tunis a un nouveau vice-président chargé de la section football. Il s'agit du gardien légendaire des Sang et Or , au palmarès élogieux, Chokri El Ouaer. Il succède ainsi à Riadh Bennour. Une cérémonie de passation a réuni les deux concernés en présence de plusieurs membres de la famille esperantiste.
Bennour n'a pas manqué de souhaiter bonne chance à El Ouaer qui a affirmé étre là pour mettre tout son savoir-faire au service de la section football et au club de son cœur.
Jamel Belhassen
Mouton de l’Aïd : La flambée des prix inquiète et indigne !
À l’approche de l’Aïd al-Adha, les prix des moutons atteignent des niveaux jugés excessifs, provoquant une vive inquiétude et une colère croissante chez de nombreux Tunisiens. Dans un contexte déjà marqué par la hausse généralisée du coût de la vie, cette flambée rend l’achat du sacrifice de plus en plus difficile pour une grande partie des ménages.
Cette situation, loin d’être nouvelle, résulte d’un déséquilibre profond entre l’offre et la demande. Elle s’explique notamment par la baisse continue du cheptel ovin et bovin en Tunisie, aggravée par les fuites vers les pays voisins, mais aussi par des années de sécheresse ayant fragilisé l’élevage et réduit les pâturages.
Le secteur souffre également de problèmes structurels persistants : faiblesse de la productivité, manque de soutien aux petits éleveurs, techniques d’élevage peu modernisées, vieillissement des acteurs du métier et désintérêt progressif pour cette activité. À cela s’ajoute une organisation jugée défaillante de la filière.
Chaque année, la situation se tend davantage à l’approche de l’Aïd. La demande explose mécaniquement, tandis que l’offre reste insuffisante. Ce déséquilibre est amplifié par la spéculation et le rôle des intermédiaires, appelés “gacharas”, accusés de profiter de la pression sociale et religieuse pour imposer des marges élevées.
Face à cette situation, les mesures prises en amont apparaissent insuffisantes. L’importation de bétail ou l’organisation de circuits de vente encadrés par l’État n’ont pas permis d’anticiper la crise actuelle. À court terme, les autorités misent principalement sur le renforcement des contrôles du marché pour limiter les abus. Mais pour de nombreux observateurs, ces actions restent temporaires. Une réforme en profondeur du secteur de l’élevage apparaît indispensable : modernisation des exploitations, soutien renforcé aux éleveurs, restructuration des circuits de distribution, lutte contre la contrebande du cheptel et recours ponctuel à l’importation pour stabiliser le marché en période de forte demande.
K.Z.
Les employés et les journalistes de l'UGTT en colère : Quand la suspension du prélèvement automatique plonge l'organisation dans une nouvelle crise…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le sit-in des journalistes d’Al Chaâb et des employés de l’UGTT révèle l’ampleur de la crise financière que traverse la Centrale syndicale. Comment la nouvelle direction compte-t-elle rétablir ses équilibres ?
Décidément rien ne va plus au sein de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) qui va de crise en crise, " Le dernier sit in observé par les journalistes de l'organe d'information de l"UGTT, Al Chaâb, et des employés de la Centrale syndicale dit long sur la gravité de la situation. Et si le nouveau bureau exécutif n'est même pas en mesure d'honorer ses engagements vis-à-vis de ses propres employés, comment, il peut retrouver sa crédibilité auprès de ses adhérents et de l'opinion publique", nous dira, l'activiste et juriste, Salem Chérif.
En effet, le défi du nouveau bureau de l’UGTT est de reconquérir à la fois la base et l'État. Après justement, les dérives du passé, le nouveau bureau exécutif de la Centrale syndicale a hérité d'un passif lourd et pour de nombreux Tunisiens, l'UGTT est passée du statut de rempart national à celui de coresponsable de la crise économique qui sévit depuis la décennie précédente.
Pour notre interlocuteur : " Les grèves à répétition (notamment dans le secteur de l’enseignement sous l'égide de Lassaâd Yaâkoubi), le blocage de la production de phosphate ayant forcé la Tunisie à en importer et la fermeture de nombreuses entreprises ont profondément érodé sa popularité. À cela s'ajoutent des affaires de corruption qui ont entaché la crédibilité de certains dirigeants.
Aujourd'hui, le principal défi financier et politique consiste à rétablir le mécanisme historique du prélèvement automatique des cotisations des adhérents directement sur les salaires, suspendu par l'État pour affaiblir la Centrale ". Comment, de fait, la nouvelle direction envisage de rendre à l'Union ses équilibres sur tous les niveaux ?
Un avenir flou ...
Pour les observateurs, le nouveau bureau exécutif fait face aujourd’hui à un défi titanesque et en premier lieu rétablir le prélèvement automatique des cotisations sur les salaires, suspendu par l’État. A cet effet, l'activiste et juriste, Salem Chérif, estime que " sans argent, rien ne marche et une organisation de la taille de l'Union générale tunisienne du travail ne peut fonctionner et continuer à remplir son rôle sans une assise financière solide et stable ".
Et d'ajouter : " Si le dégel actuel des relations avec le gouvernement laisse entrevoir un espoir, un retour à l’ancien système ne se fera pas sans contreparties strictes. Le gouvernement imposera certainement ses conditions : Une paix sociale durable avec l'interdiction des grèves sauvages dans les secteurs vitaux. Une transparence financière totale pour rompre avec l'opacité du passé. Une autorisation explicite et individuelle signée par chaque fonctionnaire, mettant fin au prélèvement automatique par défaut.
L'autre volet porte sur la ligne de conduite que devrait adopter le nouveau bureau exécutif pour survivre, il doit opérer une rupture radicale. Il doit acter son mea culpa concernant les excès passés, écarter les membres corrompus et passer d'un syndicalisme de blocage à un syndicalisme de proposition pour redresser les entreprises publiques. Enfin, l'UGTT doit moderniser son modèle de financement en digitalisant les adhésions directes pour s'affranchir de la dépendance de l'État.
C’est à ce prix, entre transparence et responsabilité nationale, que la centrale pourra reconquérir la confiance des Tunisiens et assumer ses charges, notamment envers ses propres salariés d’Al Chaab ".
Le retour progressif du dialogue entre le gouvernement et la nouvelle direction de l’UGTT pourrait ouvrir la voie à une reconstruction de la confiance, condition essentielle pour rétablir la stabilité sociale et financière de la Centrale syndicale.
M.B.S.M.
















