EST: Raed Chikhaoui, nouvelle recrue
C'est maintenant officiel. Le défenseur central international de l'US Monastir est la nouvelle recrue de l'Espérance de Tunis qui cherche à renforcer sa ligne défensive. Ainsi, après Sahraoui en provenance du Stade Tunisien, voilà que Chikhaoui est recruté pour combler le départ de Meriah et celui très probable de Toughai, suspendu par la Ligue Nationale de Football Professionnel à douze mois.
L'accord avec les Monastiriens inclut le passage de Ahmed Bouassida à l'USM d'une manière définitive, sachant que cet attaquant a été prêté la saison écoulée par l'EST à l'AS Soliman.
Jamel BELHASSEN
L’Autorité arabe du théâtre : Taoufik Jebali sera la voix de la Journée arabe du théâtre 2027
Par Imen Abderrahmani
Choisi pour prononcer le Message de la Journée arabe du théâtre 2027, Taoufik Jebali entre dans le cercle des grandes voix qui façonnent la pensée théâtrale arabe. Une distinction qui consacre plus de quarante ans d'une œuvre indépendante, exigeante et profondément ancrée dans la scène tunisienne.
Le 10 janvier 2027, à l'ouverture de la 17ᵉ édition du Festival du théâtre arabe en Jordanie, Taoufik Jebali prononcera le traditionnel Message de la Journée arabe du théâtre. Institué par l’Autorité arabe du théâtre, ce rendez-vous annuel est confié à des personnalités dont le parcours a durablement marqué les arts de la scène dans le monde arabe. En rejoignant cette liste de grands noms, le créateur tunisien voit son œuvre reconnue bien au-delà des frontières nationales.
La distinction n'est pas seulement celle d’un metteur en scène ou d’un dramaturge. Elle récompense un parcours atypique, construit à l’écart des modèles dominants. Comédien, auteur, metteur en scène, producteur, pédagogue et fondateur d’El Teatro, Taoufik Jebali a fait de l’indépendance artistique le principe fondateur de son travail.
Le théâtre comme laboratoire
Né à Ksar Hellal en 1944, il découvre le théâtre après une première expérience dans les médias, notamment à l'ORTF en France. Mais c'est au début des années 1980 qu'il trouve sa véritable voie, en inventant une écriture scénique qui rompt avec les conventions. En 1987, il fonde El Teatro, premier espace théâtral privé en Tunisie. Plus qu'une salle de spectacle, ce lieu devient un laboratoire permanent où se croisent création, formation et recherche, contribuant à renouveler le paysage théâtral tunisien.
Avant d'être considéré comme l'un des grands metteurs en scène du pays, Tawfik Jebali s'est imposé comme un remarquable comédien. Sa présence scénique, son sens du rythme, son humour et son art de l'improvisation ont largement contribué à sa notoriété. « Klem Ellil », « Mémoires d’un dinosaure », « Ici Tunis », « Manifestou Essourour », « Les Palestiniens » zéro virgule, « Le fou », « Ad Libitum », « Le 4ème humain »… est la liste est encore longue des œuvres qui ont marqué le théâtre tunisien et arabe, et qui ont été également présentées sur de nombreuses scènes internationales, notamment au Liban, en Egypte, en Syrie, en Allemagne, en Inde, en France…
Chez Jebali, le théâtre n’est jamais figé. Les spectacles évoluent, se transforment, se réécrivent au fil des années. Certaines créations, comme « Le Fou » (Al Majnoun), restent en chantier pendant des décennies. Pour lui, une œuvre ne s'achève jamais ; elle continue de vivre avec le temps, les acteurs et le public.
Son théâtre observe avec acuité les contradictions de la société tunisienne. Entre héritage et modernité, liberté et conformisme, il met en scène les fragilités du vivre-ensemble sans céder au discours démonstratif. L’humour y occupe une place centrale, non comme un simple ressort comique, mais comme un outil critique.
Cette liberté de création explique aussi sa place singulière dans le paysage culturel. Peu enclin aux compromis, Jebali a toujours préféré bâtir son propre espace plutôt que s'inscrire dans les cadres institutionnels. Cette indépendance traverse également ses essais, « Je ne suis pas l’homme de théâtre qui convient » et « Le Parallèle dans les chroniques d’un théâtre dissonant », où il poursuit sa réflexion sur le rôle de l’art, de l’artiste et de la parole théâtrale.
L’influence de Taoufik Jebali dépasse aujourd’hui ses propres spectacles. Depuis près de quarante ans, El Teatro a formé plusieurs générations de comédiens, de metteurs en scène et de techniciens. Ce lieu est devenu une référence de la création indépendante en Tunisie et un espace de transmission où le théâtre s'apprend autant qu'il se questionne.
En choisissant Tawfik Jebali pour porter le Message de la Journée arabe du théâtre 2027, l'Autorité arabe du théâtre distingue finalement une certaine idée du théâtre : un art vivant, libre et exigeant, qui ne cherche ni à flatter son époque ni à s'y conformer, mais à interroger le monde, avec lucidité, humour et humanité.
Imen. A.
Festival International de Dougga : Un court-métrage documentaire en avant-goût du concert de Chayma Helali
A l’occasion du 50ème Festival International de Dougga, le public pourra découvrir, ce soir, un court-métrage documentaire inédit, « Thugga, le théâtre où le rideau ne tombe jamais », du réalisateur Faouzi Chelbi, ainsi que le spectacle de Chayma Helali.
Ce court-métrage de 30 minutes, initié par l’Association du Festival et écrit par Ahlem Ghayaza, ambitionne de préserver et de transmettre un héritage culturel exceptionnel. Il rend également hommage aux femmes et aux hommes qui ont façonné, depuis près d’un siècle, l’identité du festival.
Pour les organisateurs, ce documentaire se veut un « véritable devoir de mémoire ». Il propose une plongée dans l’histoire du festival à travers trois séquences : d’abord les origines du site de Dougga dès les années 1920 ; ensuite un focus sur l’année 1976, année de naissance du Festival International de Dougga, enrichi de documents d’époque et de témoignages de ceux qui ont vécu cette aventure ; enfin, un retour sur les années 1980 et 1990, une période qui a profondément marqué la mémoire collective.
Le film fait revivre les spectacles, les concerts et les grands rendez-vous artistiques qui ont accompagné l’ouverture du festival aux musiques du monde et aux expressions artistiques alternatives, tout en accordant une place essentielle aux souvenirs des habitants de Téboursouk et de Dougga, véritables gardiens de cette mémoire vivante.
Pour rappel, Faouzi Chelbi cumule plus de vingt-trois années d’expérience dans le cinéma et l’audiovisuel. Après plusieurs années passées à la Télévision Tunisienne, il a réalisé de nombreux films de fiction au sein de la société ARTUS Production et compte plus de 16 documentaires à son actif, consacrés au patrimoine, à la mémoire collective et aux grands enjeux de la société tunisienne.
Ahlem Ghayaza apporte quant à elle la dimension narrative du projet en signant le scénario et la voix off. Agrégée de lettres françaises, docteure en littérature de la Renaissance, journaliste et écrivaine, elle est connue du grand public pour son parcours radiophonique au sein de RTCI depuis 2011, où elle mêle culture, débat et création.
Emel Mathlouthi, Yacine Boulares et Nesrine se produisent aujourd’hui au « Habibi Festival » à New York
Les artistes tunisiens Emel Mathlouthi, Nesrine et Yacine Boulares se produisent, aujourd’hui, au Habibi Festival à New York, aux États-Unis.
Cet événement d’une seule journée se déroulera de 18h00 à 22h00 sur la scène en plein air du Lena Horne Bandshell, située à Prospect Park dans le quartier de Brooklyn, selon le site officiel de l’organisation culturelle BRIC Arts Media.
Cette programmation gratuite fait partie du festival estival « BRIC Celebrate Brooklyn ! ». Le rendez-vous est dédié à la diffusion des musiques de la région SWANA (Sud-Ouest asiatique et Afrique du Nord) en proposant un programme qui associe des artistes basés aux États-Unis et des invités internationaux.
L’événement a été cofondé par le saxophoniste et compositeur franco-tunisien Yacine Boulares. Établi à New York, cet artiste arrive en provenance de Tunisie où il a présenté, le 5 juillet, sa création originale « Osool » au Théâtre de la Mer à l’occasion de la reprise du Tabarka Jazz Festival.
À Brooklyn, Boulares dirigera l’orchestre de la soirée, le Habibi Festival House Band, qui accompagnera notamment la violoncelliste et chanteuse tunisienne Nesrine.
La chanteuse Emel Mathlouthi interviendra en tête d’affiche pour présenter les morceaux électroniques et urbains de son album manifeste MRA, sorti au premier semestre 2024. Le projet, dont le visuel officiel, réalisé par la photographe Janine Kuehn, met en scène l’artiste parée d’une couronne dorée et d’un voile écarlate, a été conçu exclusivement avec des collaborations féminines internationales.
Cette identité esthétique et sonore s’inscrit au cœur d’une grande tournée mondiale qui, après l’étape américaine, rejoindra cet été les circuits des festivals européens à l’instar d’ « Esperanzah ! » en Belgique et d' « Arabesques » en France.
Cette vitrine new-yorkaise marque une étape importante pour la diffusion de la scène tunisienne contemporaine à l’international, au moment où s’ouvre en parallèle la saison des grands festivals d’été en Tunisie.
Après avoir battu un Maroc méconnaissable : Les Bleus méritoirement dans le dernier carré
L'équipe de France a été fidèle à son statut de favori et s'est facilement débarrassée du Maroc jeudi en quart de finale du Mondial-2026 (2-0) pour être au rendez-vous des demi-finales pour la troisième fois d'affilée.
Sur la pelouse du Gillette Stadium à Foxborough, près de Boston, on pouvait s'attendre à une partie indécise face à une formation marocaine qui avait auparavant sorti les Pays-Bas (1-1 a.p., 3 tab à 2) et le Canada (3-0), l'un des trois pays hôtes. Toutefois, quatre ans après leur succès contre les Lions de l'Atlas dans le dernier carré de la Coupe du monde 2022 au Qatar (2-0), les Tricolores ont fait respecter la logique, renouant avec leur efficacité offensive perdue au tour précédant face à de trop rugueux Paraguayens (1-0).
La quête d'un troisième sacre, après 1998 et 2018, passera désormais par un affrontement contre l'Espagne ou la Belgique mardi prochain - un 14 juillet - à Dallas où les hommes de Didier Deschamps vont tenter d'accéder pour la troisième fois consécutive à la finale d'un Mondial, ce qui serait une performance exceptionnelle.
Comme d'habitude pour les Bleus, c'est la superstar Kylian Mbappé qui a donné le ton et montré la voie de la qualification. Face à des Marocains coriaces et bien protégés par leur gardien Yassine Bounou, le capitaine s'est bien racheté d'un penalty raté et mollement tiré en première période (28e) pour ouvrir le score d'une magnifique frappe en pleine lucarne (60e).
Un 8e but dans cette Coupe du monde, le 20e de sa carrière dans le tournoi planétaire, qui lui permet de revenir à une seule unité du génie argentin Lionel Messi, meilleur buteur de l'histoire en Coupe du monde. Quelques minutes après, Ousmane Dembélé a doublé la mise pour briser définitivement les rêves du Maroc (66e).
Privé de son meilleur buteur Ismael Saibari (3 réalisations), blessé durant le 8e de finale face au Canada, le Maroc lui n'avait pas les armes suffisantes pour résister à la France et sans les multiples arrêts de Bounou en première période, le sort du match aurait basculé bien avant.
Contre des Marocains plutôt attentistes et guère dangereux, ce sont les Français qui ont monopolisé le ballon et la bataille du milieu tant attendue a largement profité aux hommes de Deschamps.
DJERBA MUSIC LAND 2026 : Un rendez-vous prometteur dans la capitale estivale de la musique électronique
Après une dixième édition marquée par un succès artistique et une reconnaissance internationale, le festival DJERBA MUSIC LAND revient du 6 au 9 août 2026 pour une onzième édition qui s'annonce comme l'un des temps forts de l'été en Tunisie.
Au fil des années, DJERBA MUSIC LAND s'est imposé comme un rendez-vous majeur de la scène électronique en Méditerranée, mais aussi comme un véritable levier d'animation touristique et économique pour l'île de Djerba. Chaque été, l'événement contribue à renforcer l'attractivité de la destination en attirant un public tunisien et international venu vivre une expérience mêlant musique, loisirs et art de vivre.
Pour la troisième année consécutive, le festival prendra ses quartiers sur la terrasse-jardin du Grand Casino Djerba, un espace entièrement réaménagé permettant d'accueillir jusqu'à 3 500 festivaliers par soirée dans un cadre haut de gamme.
« Pour cette onzième édition, nous entendons poursuivre notre ambition avec la même rigueur et la même conviction : faire de Djerba une référence incontournable de la musique électronique en Méditerranée, en conjuguant excellence artistique, attractivité touristique et création de valeur pour toute l’île », déclare Mohamed Jerad, Directeur général de Tunisia Music Land, la société organisatrice de l’événement.
Côté programmation, le festival réunira durant quatre jours plusieurs figures majeures de la scène électronique internationale. La soirée d'ouverture sera marquée par un exceptionnel set Back-to-Back-to-Back réunissant les DJs sud-africains Caiiro, Eno Napa et Da Capo, pour quatre heures d'Afro House.
Le public retrouvera également Francis Mercier, l'une des révélations de la scène internationale, accompagné de Massala et Jawora, ainsi que Solto, Hvmza, Raffa Guido, Osfur et Cincity.
La scène tunisienne sera elle aussi largement représentée avec Mehdi Maghraoui, Guesmy, Hunter et Sarab, confirmant la volonté du festival de valoriser les talents nationaux aux côtés des plus grandes références internationales.
Parmi les rendez-vous les plus attendus figure également le retour de Oriental Night Fever, une soirée mêlant musiques orientales, performances scéniques et spectacles vivants avec Al Disco Al Arabi et le concept The Luxury Theater porté par DJ Walou, accompagné de chanteurs, danseurs Dabka, danseuses orientales et artistes de music-hall.
Au-delà de sa programmation artistique, DJERBA MUSIC LAND confirme ainsi son rôle de catalyseur pour l'économie touristique de Djerba. En générant une fréquentation importante au cœur de la saison estivale, le festival participe au dynamisme des secteurs de l'hébergement, de la restauration, du transport, du commerce et des services, tout en renforçant le rayonnement de la destination sur la scène méditerranéenne.
Après les frappes américaines contre l’Iran : Hausse des prix du pétrole et de l’or
Comme attendu, les nouvelles frappes américaines contre l’Iran ont entraîné une hausse des prix du pétrole et de l’or ce jeudi matin, alors que cette nouvelle escalade a fragilisé la confiance dans un cessez-le-feu déjà précaire.
Ainsi, les prix du pétrole ont progressé lors des échanges de ce jeudi 9 juillet 2026, poursuivant leurs gains pour la troisième séance consécutive, sur fond de signes laissant craindre un effondrement de l’accord de cessez-le-feu.
À 05h45 GMT, les contrats à terme sur le Brent, pour livraison en septembre 2026, ont augmenté de 0,32 %, pour atteindre 78,27 dollars le baril.
Dans le même temps, les contrats à terme sur le brut américain West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en août 2026, ont progressé de 0,22 %, à 73,68 dollars le baril.
Les prix de l’or ont également gagné près de 11 dollars lors des échanges de ce jeudi 9 juillet 2026, effaçant une partie des pertes enregistrées au cours des deux derniers jours, dans un contexte de recul de l’indice du dollar américain.
Festival international du film d’Amman: Hend Sabry et Mehdi Barsaoui représenteront la Tunisie au sein des jurys
L’actrice tunisienne Hend Sabry et le réalisateur et scénariste Mehdi Barsaoui ont été désignés membres des jurys de la 7ème édition du Festival international du film d'Amman – Awal Film (AIFF), qui se tiendra du 26 juillet au 3 août 2026 dans la capitale jordanienne.
Hend Sabry fera partie du jury de la compétition des longs métrages de fiction arabes, chargé d'attribuer le prestigieux Prix de l’Iris Noir. Elle siègera aux côtés de la réalisatrice libanaise Joana Hadjithomas, de l’acteur égypto-britannique Khalid Abdalla et du compositeur jordanien Tareq Al Nasser.
De son côté, Mehdi Barsaoui intégrera le jury professionnel des Amman Film Industry Days (AFID). Cette instance évaluera vingt projets de films arabes en développement ou en post-production afin d'attribuer les soutiens destinés à accompagner leur réalisation.
Le cinéma tunisien sera par ailleurs particulièrement à l’honneur lors de cette édition. Le festival s’ouvrira avec Sophia, le nouveau long métrage de Dhafer L’Abidine. Une rétrospective, intitulée « Spotlight on Tunisian Cinema », présentera six films marquants de la cinématographie tunisienne, dont « Satin Rouge » et « Exile ».
La Tunisie sera également représentée en compétition avec trois œuvres retenues parmi près de 900 candidatures : le long métrage « Where the Wind Comes From » d’Amel Guellaty, ainsi que les courts métrages « Somewhere I Belong » et « The Light that Remains ».
Au total, cette 7ème édition du Festival international du film d’Amman réunira 82 films issus de 27 pays, répartis dans quatre compétitions, dont trois dédiées aux productions arabes et une ouverte au cinéma international.
Festival du Malouf de Testour : Un festival en difficulté, un patrimoine en péril ?
Par Imen Abderrahmani
Soixante ans d'histoire, de transmission et de fidélité au malouf. Pourtant, le plus ancien festival de musique traditionnelle de Tunisie traverse une période financière délicate qui interroge l'avenir d'un rendez-vous emblématique du patrimoine culturel national.
Soixante éditions. Rares sont les manifestations culturelles tunisiennes qui peuvent revendiquer une telle longévité. Traversant vents et marées, le festival a réussi à résister, préservant son cachet et son identité et faisant vivre une tradition musicale qui dépasse largement le cadre du spectacle : il préserve une part essentielle de la mémoire culturelle de la Tunisie. Six décennies déjà au service de l'art, et de l'art seul. Fidèle à sa vocation, le Festival du Malouf de Testour est resté à l'écart des logiques de rentabilité et des spectacles à grand succès commercial qui remplissent les caisses. Son choix a toujours été celui de l'exigence artistique, de la transmission et de la sauvegarde d'un patrimoine musical dont la valeur ne se mesure ni au nombre de billets vendus ni aux recettes générées.
Plus ancien festival de musique traditionnelle du pays, il est entièrement consacré au malouf, cette musique arabo-andalouse transmise par les Morisques expulsés d’Espagne au 17ème siècle et devenue l'une des expressions les plus raffinées du patrimoine musical tunisien. À Testour, ville fondée par les Andalous, où l'architecture, les ruelles et la grande mosquée racontent encore cette histoire, le festival trouve un écrin qui lui confère une dimension patrimoniale unique.
Les chiffres d’une fragilité
Pourtant, alors que le Festival du Malouf célèbre sa 60ᵉ édition, son avenir est fragilisé par une réalité beaucoup moins harmonieuse : celle des difficultés financières. Placée sous le signe « Les roses ont chanté », la 60ème édition du Festival du Malouf de Testour s’ouvre dans un contexte d’incertitude. La conférence de presse prévue le 5 juillet à la Maison de la Culture Ibrahim Riahi, destinée à dévoiler la programmation, a été reportée. Dans le même temps, le comité d'organisation a publié un communiqué de clarification consacré à la situation financière du festival. Les organisateurs y soulignent la baisse continue de la subvention allouée par le ministère des Affaires culturelles, une diminution qui a fragilisé l'équilibre budgétaire de la manifestation et pesé sur sa capacité à honorer l'ensemble de ses engagements : De 80 000 dinars en 2020, l'aide est passée à 40 000 dinars en 2022, puis à 20 000 dinars en 2023, avant d'atteindre 17 800 dinars en 2024. Une diminution qui a lourdement affecté l'équilibre financier de l'organisation, générant une dette d'environ 55 000 dinars. L'association organisatrice a néanmoins honoré une part importante de ses engagements en 2025 et prévoit d'apurer le reliquat des créances en 2026.
Ces chiffres ne racontent pas seulement les difficultés d'un événement culturel. Ils interrogent la place que nous accordons à notre patrimoine immatériel. Car le Festival du Malouf de Testour n'est pas un festival parmi d'autres : il constitue un véritable conservatoire vivant, où se rencontrent artistes, chercheurs, amateurs et nouvelles générations autour d'un héritage musical plusieurs fois centenaire. Il convient également de rappeler que le festival s'articule autour d'une compétition nationale qui réunit les principaux clubs de malouf de Tunisie, faisant de cette manifestation un espace privilégié d'émulation, de transmission et de découverte des talents.
Un patrimoine à préserver et à soutenir
Dans un contexte où de nombreux pays investissent dans la valorisation de leurs traditions musicales comme vecteurs de rayonnement culturel et touristique, la Tunisie gagnerait à considérer ce festival comme un projet stratégique. Son potentiel dépasse largement les frontières nationales. Il mérite une ambition à la hauteur de son histoire : une programmation renforcée, des moyens pérennes, une meilleure visibilité internationale et une politique de promotion qui fasse du malouf un véritable ambassadeur de la culture tunisienne.
Cette reconnaissance pourrait naturellement conduire à une réflexion plus large sur l'inscription du Festival du Malouf de Testour, ou de la tradition qu'il perpétue, dans les démarches de valorisation du patrimoine culturel immatériel. Une telle perspective consacrerait non seulement l'ancienneté de la manifestation, mais aussi son rôle irremplaçable dans la sauvegarde d'un héritage musical d'une richesse exceptionnelle.
Un festival qui traverse soixante années n'est pas simplement un rendez-vous annuel. Il est une mémoire vivante. Et une mémoire vivante ne se célèbre pas seulement par des discours ; elle se protège, se soutient et se prépare pour les générations à venir.
Imen.A.
La communication muséale et les relations médias : Un prix professionnel baptisé les « COMMS Awards » est lancé
Le Comité international pour la communication, le marketing et l’engagement des publics (ICOM COMMS), branche spécialisée du Conseil international des musées (ICOM), a annoncé le lancement de la première édition de son programme de prix professionnels, baptisé les « COMMS Awards ».
Cette initiative mondiale vise à récompenser l’excellence stratégique, la créativité et l’innovation dans les domaines de la communication muséale, des relations médias et de la participation des publics.
La Tunisie étant membre actif de l’organisation internationale à travers son comité national ICOM Tunisie, les professionnels et les institutions muséales du pays sont éligibles à ce concours mondial, dont l’appel à candidatures, ouvert depuis le 30 juin, prendra fin le 31 juillet 2026.
Le concours est ouvert aux professionnels et aux équipes de musées du monde entier, qu’ils soient affiliés ou non à l’ICOM. Les projets admissibles doivent avoir été menés à terme ou être en cours de réalisation sur la période allant de 2024 jusqu’à juin 2026.
La compétition comprend dix catégories distinctes dont la meilleure stratégie de communication intégrée, le meilleur projet d’identité de marque ou de rebranding, la meilleure initiative d’engagement des publics, ainsi que les meilleures campagnes de storytelling et de bureau de presse. Les autres distinctions primeront la meilleure campagne numérique ou sur les réseaux sociaux, la meilleure campagne de marketing, la meilleure gestion de crise, l’initiative « faire mieux avec moins » (Best with Less) ainsi que le projet de l’année.
Un jury d’experts désigné par le comité établira une liste de finalistes pour chacune des dix catégories en compétition, avant de la soumettre au vote du public.
Les prix seront décernés entre le 2 et le 4 décembre 2026 en Finlande, lors de la conférence conjointe « Back to Basics », coorganisée avec le Comité international pour les musées de la monnaie et des banques (ICOMON) au Centre scientifique Heureka à Vantaa, avec le soutien d’ICOM Finlande.
Echos de la Ligue 1
Selon une correspondance de la FIFA: L'Espérance de Tunis interdite de recrutement
La mise à jour de la FIFA a révélé aujourd'hui que l'Espérance de Tunis est interdite de recrutement et elle est appelée à régler trois litiges pour lever cette interdiction. En plein mercato estival, treize dossiers concernant les clubs tunisiens sont sur les tablettes de la commission de discipline de la FIFA. Ladite interdiction sera levée dès que les litiges se régleront.
Libre de tout engagement : Mootez Zaddem rejoint le Club Africain
Après avoir rompu son contrat avec le club irakien d'Al Chorta, le milieu du terrain Mootez Zaddem est rentré en Tunisie pour prendre le chemin du Parc A et signer un contrat de deux ans avec le Club Africain. Rappelons que Zaddem a déjà évolué avec l'Etoile du Sahel, l'Espérance de Tunis avant de jouer dans le championnat égyptien.
CSS: Nabil Kouki, nouvel entraîneur
A Sfax, un Kouki succède à un autre. Le CS Sfaxien, qui s'est séparé de Mohamed Kouki à la fin de la saison écoulée, vient d'engager Nabil Kouki qui rentre au pays après un passage au championnat d'Algérie.
La nouvelle a été bien accueillie dans les milieux Noir et Blanc. Rappelons qu'il s'agit là d'un retour à Sfax dans la mesure où Nabil a déjà eu à diriger le CSS deux fois par le passé.
Le CSS et le ST lèvent l’interdiction de recrutement
Le club des Noir et Blanc vient de mettre fin à tous ses litiges avec la FIFA en payant tous ses dus envers les joueurs qui ont porté plainte pour recevoir leurs salaires ou primes impayés. Ainsi, le CSS, mené par le nouveau président Mehdi Frikha, pourra entamer le mercato estival, ouvert depuis le début du mois de juillet.
Pour sa part, le Stade Tunisien a, lui aussi, réglé le seul dossier qui l’interdisait d’engager de nouveaux joueurs. A présent, les nouvelles recrues, au nombre de quatre, peuvent signer sans aucun problème.
Jamel BELHASSEN
Un éclair dans la grisaille : Hazem Mastouri dans le Top 10 des joueurs les mieux notés du Mondial !
Avec ses performances magiques tout au long des matches disputés, l’argentin Lionel Messi domine encore le classement des joueurs les mieux notés dans la Coupe du Monde 2026.
Avec une évaluation de 9.07, il devance respectivement le Français Kylian Mbappé (8.63) et le Ghanéen Lawrence Ati Zigi (8.44).
Voici le top des 10 joueurs les mieux notés, une liste où figure le Tunisien Hazem Mastouri avec 7,9 points récoltés lors du dernier match du 1er tour contre les Pays-Bas, selon les statistiques du site spécialisé sofascore. Après tout, c’est mieux que rien…
Voici le classement des notations :
1- Lionel Messi (Argentine) : 9.18
2- Kylian Mbappé (France) : 8.63
3- Lawrence Ati Zigi (Ghana) : 8.44
4- Ousmane Dembélé (France) : 8.28
5- Vinícius Júnior (Brésil) : 8.2
6- Mateo Chávez (Mexique) : 8.1
7- Erling Haaland (Norvège) : 7.97
8- Orlando Gill (Paraguay) : 7.93
Leandro Trossard (Belgique) : 7.93
10- Hazem Mastouri (Tunisie) : 7.9
Thelo Aasgaard (Norvège) : 7.9
Giovani Lo Celso (Argentine) : 7.9
Aymeric Laporte (Espagne) : 7.9
K.Z.
Festival international de Carthage 2026 : une édition anniversaire aux couleurs du monde
Le Festival International de Carthage célébrera sa 60ème édition du 16 juillet au 19 août 2026 à l'Amphithéâtre de Carthage. Forte d'un budget de 3,5 millions de dinars, cette édition anniversaire propose 20 soirées, dont 19 concerts et une seule représentation théâtrale, Al Karhmana de Moez Toumi, annoncée comme les adieux de l'œuvre à la scène.
Présentée par l'Établissement national pour la promotion des festivals et des manifestations culturelles et artistiques, la programmation se distingue par une ouverture internationale renforcée : 35 % des spectacles sont étrangers, contre seulement trois productions non arabes en 2025. Des artistes venus du Royaume-Uni, du Bénin, d'Espagne, d'Italie et des États-Unis côtoieront les grandes figures de la scène arabe, tandis que la soirée « Folklores du Monde » réunira des artistes de Tunisie, de Libye, de Malte, de Chine et du Japon.
Parmi les temps forts figurent le retour des Jacksons (20 juillet), la première venue à Carthage de Sami Yusuf (1ᵉʳ août), Angélique Kidjo (23 juillet), le Ballet Flamenco de Andalucía (30 juillet) et Rondò Veneziano (4 août).
La scène arabe sera représentée notamment par Majda El Roumi, qui clôturera le festival le 19 août, Elissa, Tamer Ashour, Mayada El Hennawy, de retour après vingt-et-un ans d'absence, ainsi que Rayan, qui donnera un concert caritatif.
La création tunisienne conserve une place de choix avec Saber Rebaï, qui ouvrira le festival, Nordo, Yosra Mahnouch, Amina Fakhet, ainsi que plusieurs productions originales de l'Orchestre Symphonique Tunisien et des spectacles consacrés à la Fête de la République et à la Fête nationale de la femme.
La billetterie en ligne est désormais ouverte pour l'ensemble des spectacles.
L’exposition « Becoming the Ocean » : La Biennale de Genève choisit Tunis pour sa première mondiale
Pour la première fois de son histoire, la Biennale de l’Image en Mouvement quitte la Suisse pour s’installer à Tunis et plus précisément à la Caserne d’El Attarine, au coeur de la Médina de Tunis. Détails.
La Fondation Kamel Lazaar (KLF), basée à Genève et à Tunis, et le Centre d’Art Contemporain Genève ont annoncé la tenue de l'exposition internationale « Becoming the Ocean », déclinaison de la Biennale de l'Image en Mouvement 2026 (BIM'26), du 24 octobre au 22 novembre 2026 à la Caserne El Attarine, au cœur de la Médina de Tunis.
Cette exposition s'inscrit dans le cadre de la huitième édition du festival JAOU Tunis, programmée du 14 octobre au 15 novembre 2026. Elle marque un jalon historique pour la Biennale de l'Image en Mouvement, créée à Genève en 1985, qui sera présentée pour la première fois hors de Suisse avant d'entamer une tournée internationale passant par Genève, Venise et Bruxelles.
Placée sous le commissariat conjoint de Lina Lazaar, vice-présidente de la Fondation Kamel Lazaar, et d’Andrea Bellini, directeur du Centre d'Art Contemporain Genève, l’exposition réunira seize artistes émergents et confirmés issus d'Afrique, du monde arabe, d'Amérique latine, d’Asie et de leurs diasporas. Chacun présentera une œuvre inédite, produite grâce à un soutien institutionnel dédié.
Les artistes invités sont Tabarak Allah Abbas, Younès Ben Slimane, Mona Benyamin, S.A. Chavarria, Leena Habiballa, Roman Selim Khereddine, Zein Majali, Alaa Mansour, Paulo Nazareth, Diane Severin Nguyen, Liv Schulman, Hildegard Titus, Natasha Tontey, Castiel Vitorino Brasileiro, Hajra Waheed et Sarah Zeryab. Le Centre d’Art Contemporain Genève a d’ores et déjà dévoilé un premier aperçu des recherches menées par l’artiste tunisien Younès Ben Slimane et l’artiste palestinienne Mona Benyamin.
Le projet est porté par un comité de sélection international composé de Mohamed Almusibli, Shumon Basar, Fatma Cheffi, Adam Haj Yahia, Xue Tan et Eyal Weizman, aux côtés des deux commissaires de l'exposition.
Dans l’océan de Gibran Khalil Gibran
Intitulée « Becoming the Ocean » (« Devenir l'océan »), la biennale puise son inspiration dans une allégorie attribuée à l’écrivain et poète libano-américain Gibran Khalil Gibran. Le récit évoque un fleuve qui, redoutant de disparaître en rejoignant la mer, découvre que cette traversée représente au contraire une transformation et une ouverture vers une interdépendance indispensable à la survie.
Cette réflexion s’articule autour du concept psychologique d'« extinction burst » (« pic d’extinction »), qui désigne l’intensification d’un comportement avant sa disparition. Les œuvres présentées interrogent ainsi les mutations du monde contemporain à travers les questions de frontières, de surveillance, de crise écologique, de migrations et de persistance des héritages coloniaux.
Le choix de la Caserne El Attarine, ancien édifice militaire du 19ème siècle situé dans la Médina de Tunis, participe pleinement de cette démarche curatoriale. Les organisateurs entendent mettre en dialogue l’histoire du lieu avec des pratiques artistiques façonnées par les conflits, les déplacements de populations, les mutations technologiques et les enjeux de mémoire.
Au-delà de l’exposition, ce partenariat entre la Fondation Kamel Lazaar et le Centre d'Art Contemporain Genève ambitionne d’installer durablement en Afrique une plateforme de création et de réflexion dédiée aux scènes artistiques du Sud global et de leurs diasporas. L'événement sera accompagné d'un programme de rencontres publiques ainsi que d'une publication coéditée par les deux institutions.
Au Théâtre des Jeunes Créateurs : A propos de ce … « Fondu Noir »
Le Théâtre des Jeunes Créateurs à la Cité de la culture accueillera, le dimanche 12 juillet prochain, l’avant-première d’une pièce de théâtre qui s’intitule « Fondu Noir » (3, rue de Palestine).
La représentation de cette œuvre, produite par le Théâtre de l’Opéra de Tunis (TOT) en 2025, est programmée à 20h00, selon un communiqué publié mercredi soir sur le réseau social du TOT.
Mise en scène et scénographiée par Marwen Missaoui, qui en cosigne le texte avec Haythem Moumni, la pièce explore les thématiques de la mémoire et des souvenirs enfouis à travers le huis clos de personnages inconnus réunis fortuitement dans un entrepôt désaffecté.
L’assistance à la mise en scène a été confiée à Salma Fatmi. La distribution artistique réunit sur scène les comédiens tunisiens Mohamed Chaabane, Ali Ben Said, Haythem Moumni, Sandra Farhat et Farouk Zoghlami.
Sur le plan technique, la scénographie intègre une création visuelle basée sur le vidéo mapping, conçu par Hamza Abidi, ainsi qu’une création lumière de Sabri Atrous.
















