Accidents de la route : 464 morts depuis le début de 2026 et un appel à la prudence est lancé à la veille de l’Aïd
Les accidents de la route ont fait 464 morts en Tunisie depuis le début de l’année 2026. C’est ce que vient de révéler Samia Massoud, la cheffe du service de la communication routière à l’Observatoire national de la sécurité routière.
Intervenant sur les ondes de la radio nationale, elle a indiqué que 1 717 accidents de la circulation ont été enregistrés entre le début de l’année 2026 et le 21 mai courant. Elle a également précisé que le nombre de décès liés aux accidents de la route varie entre trois et quatre victimes par jour, soulignant que la moitié des victimes sont des jeunes.
Des chiffres inquiétants qui poussent à la vigilance à l’approche de l’Aïd al-Adha, période marquée par une forte circulation sur les routes. Un appel à la prudence est lancé pour un Aïd sans accidents, sans drames et sans deuil.
Editorial : Un chantier de longue haleine - Par Hassan GHEDIRI
Dans la rue, dans les transports, dans les conversations sur les réseaux sociaux, quasiment partout, le langage obscène et injurieux est omniprésent. Une banalisation telle du langage cru et vulgaire qui en dit long sur cette crise des valeurs qui s’est installée lentement avec une dynamique si imperceptible que l’on ne remarque son ampleur et ses effets qu’après coup.
Les préjudices sont difficiles à décrire et évaluer, mais –sans paraitre moralisateur ou nostalgique- ce sont les fondements du vivre-ensemble, et du respect de l’autre, qui sont en passe d’être complètement piétinés et bafoués.
Non, la crise des valeurs ne relève pas seulement des domaines de réflexion et de recherche des sciences sociales, mais une réalité que les Tunisiens de toutes les générations affrontent et vivent, sans pour autant toujours savoir comment l’exprimer. Comment, cependant, expliquer cette indifférence et cette banalisation de la violence devenue très ordinaire, verbale et parfois physique ?
Il serait facile d’accuser la jeunesse et de faire endosser ces nouvelles générations la responsabilité toute entière, ou bien de tout réduire à un malaise social sans cesse amplifié par la crise économique. L’injustice et la marginalisation ne pouvaient être une excuse à la malhonnêteté, tout comme le confort et l’aisance ne garantissent point l’éthique et la crédibilité.
Ce que l’on observe aujourd’hui dans les espaces publics, cette grossièreté devenue le code de dialogue partagé par tous, l’insulte comme norme de discussion et l’agressivité comme outil de domination, ne reflètent aucunement un relâchement passager des mœurs, mais le signe d’une rupture plus profonde. Celle de la cohésion sociale.
La violence gagne le cœur de la société, n’épargnant aucune classe sociale, presque aucune génération et la grossièreté devenue la norme partagée exprimant la frustration collective.
Auteur d’un ouvrage majeur de sociologie intitulé «la civilisation des mœurs », le sociologue allemand Norbert Elias avait décrit comment les sociétés européennes avaient progressivement intériorisé au cours du 19ème siècle, le contrôle de pulsion, la retenue dans l’expression et le respect d’autrui dans l’espace commun, ce qu’il appelait le processus de civilisation des mœurs.
Ce processus a toutefois son revers, qui est la ‘décivilisation’ qui prend le dessus lorsque les institutions qui veillant sur les normes collectives, s’affaiblissent et laissent régner l’impunité. La Tunisie qui n’arrive toujours pas à sortir de son tumultueux processus de transition, l’enchainement des désespoirs tout au long des années suivant la révolution ont créé les conditions de décivilisation.
Quand personne ne rappelle la règle, la règle disparaît. Et quand la règle disparaît, ce sont les seuils de tolérance à la violence qui s’effondrent, et les comportements autrefois jugés honteux qui se banalisent, sans que personne ne s'en alarme vraiment.
Les réseaux sociaux ont joué, dans ce processus, un rôle d'accélérateur que l'on ne devait pas sous-estimer. Après avoir été une agora numérique qui ont démocratisé la parole, aboli la censure et libéré les opinions durant la révolution de 2011, ils se sont petit à petit transformés en un espace hors la loi dans lequel l’on se permettait de tout, en toute impunité.
Injures, diffamations, menaces, humiliations publiques ne sont presque jamais sanctionnés et la vulgarité est parfois récompensée par des likes et les partages. Réduire cette crise à un problème d’éducation ou de mœurs c’est passé à côté de l’essentiel, parce que c’est avant tout le symptôme d’une crise de confiance.
Confiance dans les institutions, dans l’école qui peine à inculquer et transmettre les valeurs qu’elle prône, des responsables complètement déconnectés de la réalité, mais aussi le manque de confiance entre les individus, c’est-à-dire les citoyens, qui est la condition sine qua non de la cohésion et la solidarité deux piliers fondamentaux de toute société. Quand cette confiance s’érode, chacun s’enferme sur soi et l’agressivité devient son armure.
Les Tunisiens qui ont fait leur révolution avaient une revendication essentielle qui est la dignité. (La Karama). Ce mot n'a pas vieilli, mais la dignité n'est pas seulement ce que l'on réclame pour soi, mais aussi ce que l'on accorde à l'autre. Rebâtir le vivre-ensemble commence par reconnaître dans l'inconnu qui partage l'espace public un semblable, un égal, un citoyen. C'est un chantier de longue haleine…
H.G.
63eme anniversaire de la Journée de l’Afrique : Le Continent célèbre son histoire et regarde vers l’avenir
Par Hassan GHEDIRI
La Tunisie a célébré, hier 25 mai 2026, la Journée de l’Afrique à travers une cérémonie organisée par le ministère des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, en présence des ambassadeurs ainsi que des membres du corps diplomatique et consulaire des pays africains accrédités en Tunisie.
Commémorée chaque année par la communauté internationale, la Journée de l’Afrique marque cette année le 63e anniversaire de la création de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), devenue en 2002 l’Union Africaine (UA). L’édition 2026 est placée sous le thème : « Assurer la disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ».
Dans une déclaration publiée à cette occasion, le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé l’attachement de la Tunisie au renforcement des liens de fraternité et de coopération avec les pays africains frères, sur la base du respect mutuel, de la solidarité et d’un partenariat équilibré au service des intérêts communs.
La Tunisie a également réitéré son engagement à défendre les positions africaines communes dans les différentes enceintes internationales, tout en soutenant le droit des peuples africains à construire une Afrique unie, stable, prospère et pleinement souveraine, à l’abri de toute forme de tutelle ou d’ingérence extérieure.
Dans son allocution d’ouverture, Mohamed Ali Nafti, ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, a rappelé que des générations de femmes et d’hommes africains ont œuvré pour bâtir l’édifice de l’Union Africaine et consolider les valeurs de solidarité entre les peuples du continent.
Il a souligné que cette célébration constitue un appel à intensifier les efforts collectifs afin de relever les défis auxquels l’Afrique est confrontée et d’accélérer la concrétisation des objectifs de développement du continent. Le ministre a également mis en avant le rôle joué par la Tunisie dans la défense des causes africaines au sein des Nations unies, le partage de son expertise avec plusieurs pays du continent ainsi que sa contribution aux efforts de consolidation de la paix en Afrique.
Mohamed Ali Nafti a, par ailleurs, réaffirmé la volonté de la Tunisie de renforcer davantage sa présence diplomatique en Afrique. Il a estimé que le choix du thème de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement reflète une prise de conscience grandissante de la nécessité pour les pays africains d’apporter, avec des moyens africains, des réponses africaines aux défis du continent.
De son côté, Mme Gertrudis Nsang Ndong Nsuga, ambassadrice de la Guinée équatoriale et doyenne du groupe des ambassadeurs africains en Tunisie, a souligné que le thème retenu cette année par l’Union Africaine met en lumière les priorités stratégiques du développement en Afrique et rappelle l’ampleur des défis à relever pour assurer un avenir meilleur aux générations futures.
Elle a insisté sur l’importance de renforcer les secteurs clés du développement, notamment la santé, l’éducation et l’agriculture, tout en saluant l’engagement de la Tunisie en faveur de la paix, de la fraternité et de la solidarité entre les peuples africains.
H.G.
Le CSHLif et le Stade Gabesien se qualifient à la finale des barrages
La troisième place de l'accession à la Ligue 1 sera jouée entre le CSHLif et le Stade Gabesien qui ont gagné leur demi-finales contre l'ASKasserine et l'USTataouine. Les banlieusards de Tunis
se sont imposés face à l'ASKasserine (1-0) alors que les Gabesiens ont remporté leur match contre l'USTataouine (2-0).
La finale des barrages est programmée pour samedi prochain, le 30 mai à Sousse. Le vainqueur accompagnera le PSSakiet Eddaier et l'ESHammam Sousse en Ligue 1 la saison prochaine.
J.B.
Ayant consommé des rafraîchissements suspects : plus de 40 personnes victimes d’une intoxication alimentaire collective à Gafsa
Le Centre hospitalier universitaire Hussein Bouzaiane de Gafsa a accueilli, dimanche soir, environ 40 personnes victimes d’une intoxication alimentaire collective, dont 12 ont été maintenues sous surveillance médicale pour des examens complémentaires.
Le directeur de l’établissement, Ridha Mohamedi, a indiqué que l’état de santé des patients est globalement stable.
Face à cette situation, le parquet de Gafsa a ordonné l’ouverture d’une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de l’incident et d’identifier les causes de cette intoxication collective. Selon les premières informations recueillies, les personnes concernées auraient toutes consommé des rafraîchissements achetés dans une pâtisserie située au centre-ville de Gafsa. Cette piste est actuellement privilégiée par les autorités compétentes, dans l’attente des résultats des investigations et des analyses nécessaires.
Election du nouveau bureau exécutif de la FTAV : Revoilà Mohamed Ali Toumi
L’élection du nouveau Bureau Exécutif de la Fédération tunisienne des agences de voyages et du tourisme (FTAV) s’est déroulée ce samedi dans un hôtel de la banlieue nord de la capitale, avec une participation exceptionnelle de plus de 500 agences de voyages.
Les propriétaires d’agences venus de tout le pays ont afflué pour participer à ce scrutin, qui s’est ouvert dans un climat tendu. L’issue de l’élection devrait se traduire par la victoire de l’une des deux listes en lice.
Comme attendu, la Liste verte, forte de ses personnalités qualifiées et reconnues du secteur du tourisme, a été élue. Présidée par Mohamed Ali Toumi de Kyranis Travel, la « Liste Verte » se positionne comme une équipe regroupant des compétences et des expertises reconnues dans le secteur. Depuis le début de la campagne, elle s’est attachée à présenter une vision claire fondée sur la réhabilitation de la Fédération et la restauration de son rôle national et international.
Cette liste a notamment axé son discours sur la nécessité de rétablir la confiance des adhérents, de développer la formation, de soutenir la transformation numérique et de renforcer le tourisme de proximité, tout en s’ouvrant à des partenariats efficaces capables d’apporter un nouvel élan au secteur.
La Liste Verte se considère également comme le prolongement d’une période que de nombreux professionnels considèrent parmi les plus réussies de l’histoire de la Fédération, marquée par une forte présence et un rayonnement remarquable, ainsi que par des décisions jugées déterminantes pour le secteur. Parmi ces réalisations figure notamment la libéralisation de l’activité de la Omra, ce qui pousse aujourd’hui de nombreux professionnels à appeler de nouveau à tirer profit de l’expérience et de la vision de Mohamed Ali Toumi durant cette phase sensible.
Festival international du théâtre libre en Jordanie : « Houma » de Cyrine Gannoun doublement primée à Amman
La pièce de théâtre tunisienne « Houma » (« Testostérone » pour son titre français), mise en scène par Cyrine Gannoun, a remporté le Prix d’argent du meilleur spectacle intégré lors de la 21ème édition du Festival international du théâtre libre en Jordanie, qui s’est déroulée du 17 au 21 mai 2026 à Amman.
La cérémonie de clôture et de remise des prix s’est tenue, jeudi, au Centre culturel royal de la capitale jordanienne. L’œuvre a également été récompensée par le Prix de la meilleure interprétation masculine, attribué au comédien Bahri Rahali pour sa performance.
Le jury de la compétition internationale, présidé par l’Égyptien Ayman El Shewi, a dévoilé son palmarès complet, largement dominé par les productions maghrébines. Le Maroc a remporté le Prix d’or du meilleur spectacle intégré (Grand Prix) pour « Noces de sang », une œuvre qui a également valu à Yassine Ahajjam le prix de la meilleure mise en scène, tandis que Jamila El Houni a été sacrée meilleure interprète féminine pour sa performance dans cette même pièce.
Produit en 2025 par le Théâtre El Hamra de Tunis, le spectacle « Houma » d’une durée de 75 minutes est interprété en duo par Bahri Rahali et Abdelmonem Chouayet. Écrit par la metteuse en scène en collaboration avec Hamdi Hadda, le texte explore l’isolement, le poids des héritages sociaux et les dynamiques de domination sur l’individu au sein des sociétés contemporaines.
Dans un communiqué publié vendredi après-midi, le ministère des Affaires culturelles a adressé ses félicitations à toute l’équipe pour ce double couronnement. Le département a salué la qualité artistique du projet ainsi que les efforts des comédiens, techniciens et administrateurs qui contribuent au rayonnement international du théâtre national.
Le ministère a réaffirmé à cette occasion son soutien continu aux créateurs tunisiens et aux différentes productions théâtrales, tout en encourageant leur ouverture sur les scènes arabes et internationales.
Report à l’automne de la 3ème édition du Salon national des arts plastiques
Le Musée national d’art moderne et contemporain (MACAM-Tunis) a annoncé le report à l’automne de la troisième édition du Salon national des arts plastiques, ainsi qu’une prolongation de la période d’inscription des artistes.
Prévu à l’origine du 13 juin au 13 juillet, l’événement se tiendra du 17 octobre au 16 décembre 2026 au siège du musée, au sein de la Cité de la culture à Tunis.
Selon le communiqué diffusé sur le réseau social de l’institution, la date limite de soumission des candidatures, initialement fixée au 13 mai, est repoussée au 31 juillet 2026. Ce délai supplémentaire vise à permettre aux artistes plasticiens tunisiens, résidant en Tunisie ou à l’étranger, de finaliser leur dossier.
Initié par le ministère des Affaires culturelles, ce salon biannuel rassemble les créateurs de la scène visuelle tunisienne dans diverses disciplines, telles que la peinture, la sculpture et la photographie. Chaque artiste peut proposer jusqu’à trois œuvres via la plateforme numérique du musée.
Les dossiers doivent comporter une biographie, les fiches techniques des œuvres ainsi qu’un formulaire d’engagement d’exploitation artistique légalisé. Une commission technique effectuera une première sélection sur dossier avant la validation définitive des pièces physiques par l’établissement.
Les Comar d’Or, miroir d’une Tunisie qui écrit
Par Imen Abderrahmani
Record historique de romans en compétition et nouvelles voix couronnées et ambitions internationales affirmées : pour leurs 30 ans, les Prix Comar d’Or célèbrent une littérature tunisienne en pleine effervescence, plus libre, plus diverse et résolument tournée vers l’avenir.
Il y a trente ans, le lancement de ce rendez-vous n’était qu’une promesse discrète faite aux écrivains tunisiens, aux éditeurs. Ce n’était au départ qu’un pari audacieux : soutenir le secteur du livre tout en insufflant à cette institution économique une dimension littéraire et créative.
Aujourd’hui, les Prix Comar d’Or sont devenus l’un des rendez-vous majeurs de la vie culturelle nationale, un espace où les mots trouvent reconnaissance, où les imaginaires se croisent et où le roman tunisien mesure chaque année le chemin parcouru.
Pour cette édition-anniversaire dont les festivités ont été organisées au Théâtre de l’Opéra de la Cité de la Culture de Tunis, le symbole est fort : jamais les Comar d’Or n’avaient reçu autant de romans. Pas moins de 92 ouvrages étaient en lice : 59 en langue arabe et 33 en langue française contre seulement treize manuscrits lors de la première édition en 1997.
Ce chiffre raconte à lui seul une métamorphose. Il dit l’émergence d’une génération d’auteurs qui écrivent davantage, publient davantage et osent davantage. Il dit aussi la résistance d’un livre tunisien qui continue d’exister malgré les fragilités économiques du secteur de l’édition. Selon les chiffres avancés par les organisateurs, depuis leur création, les Comar d’Or auront ainsi examiné 1 271 romans publiés en Tunisie ou à l’étranger, dessinant au fil des ans une vaste fresque des préoccupations, des fractures et des rêves de la société tunisienne. Et c’est grâce à ce rendez-vous que certaines plumes ont réussi à se frayer un chemin et à inscrire leur nom dans le paysage littéraire tunisien.
Deux médecins en tête de palmarès
Cette édition anniversaire aura surtout consacré l’audace. Le Comar d’Or en langue française a été attribué à « Sangoma le guérisseur » (éditions Hikayet), premier roman de Hichem Ben Azouz, médecin humanitaire et écrivain, dont l’entrée en littérature a séduit par sa singularité narrative.
Côté arabophone, le prix est revenu à Nasr Belhaj Bettaieb pour « Saif Assaouane » (éditions Khraief), également médecin chirurgien, confirmant la vitalité d’une écriture arabe tunisienne de plus en plus présente et diversifiée. Il est à noter que Nasr Belhaj Bettaieb n’en est pas à sa première consécration. Déjà lauréat du Prix Spécial du Jury des Comar ainsi que du Prix de la Banque Tunisienne, le chirurgien signe ici son sixième roman, poursuivant une œuvre où le scalpel semble parfois prolonger la plume, disséquant avec la même précision les corps, les mots et les maux.
Au-delà des distinctions, les Comar d’Or affichent désormais une volonté claire de renforcer leur soutien aux auteurs. Les prix principaux ont été revalorisés à 15 000 dinars, tandis que les Prix Spéciaux du Jury atteignent désormais 7 000 dinars.
Ces derniers ont récompensé Hella Feki pour « Une reine sans Royaume » (éditions JC Lattès) et Fahmi Al-Balti pour « Dam Saye’e » (Mauvais sang), paru aux Editions Capsa.
La relève, elle aussi, s’impose avec assurance. Les Prix Découverte ont distingué Sofiene Ben M’rad pour « Tunis Arkana » (Editions Sikelli) et Najoua Kadri pour « Al Majda », paru aux Editions Arcadia, deux auteurs qui incarnent cette nouvelle cartographie littéraire tunisienne en train de se dessiner.
Il est à noter que cette belle soirée couronnant le parcours de quelques auteurs et célébrant la créativité a été portée par l’Orchestre Symphonique de Carthage (OSC) dirigé par Hafedh Makni. Elle a été également rythmée par des hommages rendus aux fondateurs du prix et à plusieurs figures emblématiques parmi lesquelles Yamen Manaï, Faouzia Zouari et Chokri Mabkhout.
Trois décennies plus tard, le prix semble entrer dans une nouvelle étape de son histoire : celle de la maturité. Une maturité où la littérature tunisienne ne cherche plus seulement à exister, mais à rayonner.
Imen.A.
« Le Président Foued Mebazaa entre deux révolutions (1952-2011) » - De Fatma Ben Abdallah Karray : Plus que des entretiens, un regard profond sur les énigmes et les vérités de la sphère politique
Par Kamel ZAIEM
Ce livre, édité par Alif, est du genre à joindre la narration aux vérités historiques que tout un chacun peut découvrir d’une interview à l’autre et d’une question à la suivante.
Fatma Ben Abdallah Karray, l’auteure de cet ouvrage, est avant tout une journaliste qui est allée à la conquête d’une série de vérités qui, de par leur nature, leur énigme et leur importance, ont permis de constituer une excellente matière pour un livre qui nous mène à travers environ soixante ans d’histoire, de faits, de coulisses, de déclarations, de réactions et de secrets d’un palais, celui de Carthage, qui a toujours gardé un brin de mystère que ce livre a tenté de percer.
Le personnage principal, Foued Mebazaa, est un acteur politique qui a été témoin de tout ce que la Tunisie a connu au cours de cette fameuse soixantaine d’années pleine de faits, de récits, de révolutions (1952 et 2011) et de secrets de ce qui se décidait dans et au tour de la sphère politique.
Mebazaa a été de tout ce qui se passait sur la scène politique, ayant été impliqué dans ce monde dès l’aube de l’Indépendance, s’offrant au passage quasiment tous les ingrédients d’une riche carrière politique puisqu’il était ministre à plusieurs reprises (Santé, Sport et Jeunesse, Culture et Information…), ambassadeur (Nations-Unies, Maroc…), président du Parlement et, à la fin de ce haletant parcours, président de la République.
C’est dire qu’à travers sa série d’interviews et d’entretiens avec ce personnage, étalés sur plusieurs années et publiés par le journal quotidien Al Chourouk, Fatma Ben Abdallah Karray nous a offert, dans un style qui unit la narration et la fidèle reproduction des déclarations, un panorama du paysage politique qui a prévalu durant ces décennies et dont une importante partie révèle des vérités inédites et très importantes à savoir et à analyser.
Habib Bourguiba, Salah Ben Youssef, Wassila Bourguiba, Mohamed Mzali, Zine El Abidine Ben Ali, Leila Trabelsi, Rached Ghannouchi … sont tous cités pour constituer un épatant feuilleton de faits et de vérités inédites.
Ce livre est également un témoignage, on ne peut plus fidèle, sincère et véridique, de l’histoire nationale contemporaine de la Tunisie qui ralliera les grands ouvrages qui éclairent la lanterne des Tunisiens sur des faits et des réalités que tout citoyen aime connaître.
K.Z.
Match d’adieu de Mo Salah à Liverpool : Une ovation historique et un nouveau record !
Mohamed Salah et Andy Robertson ont fait leurs adieux au club qu'ils ont fréquenté pendant neuf ans après avoir disputé le match des Reds contre Brentford (1-1)qui a mis fin à la saison. Après le match, les coéquipiers et le staff ont placé la garde d'honneur sur les deux équipes alors qu'ils sortaient du tunnel pour un accueil enthousiaste.
Après avoir reçu des souvenirs de Sir Kenny Dalglish, Ian Rush, Richard Hughes et Billy Hogan, ils se sont imprégnés des éloges des supporters avec lesquels ils ont tissé un lien indéfectible en près de dix ans, riche en trophées et en moments inoubliables, surtout pour Salah qui a reçu une ovation d’adieu jamais vue à Anfield Road.
Encore un record
Pour sa dernière apparition sous les couleurs de Liverpool, Mohamed Salah (33 ans) a encore impressionné à Anfield. En effet, l’attaquant égyptien a permis à Curtis Jones d’ouvrir le score face à Brentford en deuxième période, en délivrant une passe décisive. Et si cette offrande rentre dans l’histoire du club de la Mersey, c’est surtout parce qu’elle a permis à l’ailier africain de devenir le meilleur passeur dans le championnat sous ce maillot.
Avec un total de 93 assists, ce record, impressionnant et tout aussi marquant dans ce contexte, n’est pas simplement représenté par un nombre. Désormais, la star de Liverpool dépasse une autre légende du club, Steven Gerrard. L’un a déjà quitté l’Angleterre depuis un certain temps (2015) et l’autre vient de faire ses adieux en cette fin d’après-midi. La fin d’une ère qui se conclut de la meilleure des manières puisqu »il a même été élu homme du match.
Jamais je n’ai autant pleuré !
Au moment de la cérémonie d’adieu, Salah n’a pas pu se retenir et a été trahi par ses émotions : « J'ai beaucoup pleuré, je pense plus que toute ma vie ! Mais c'est très dur de quitter un endroit comme celui-ci. J'ai aussi pleuré un peu sur le terrain d'entraînement. Je ne suis pas vraiment émotif, vous ne voyez pas souvent ça dans les médias. On me voit toujours fort et agressif, mais en moi, je le prends comme un bébé. C'est très délicat. Nous avons laissé nos jeunes ici, partageant tout du début à la fin. Nous n'aurions même pas rêvé de ce que nous avions, mais nous l'avons fait pour ce club. Nous l'avons remis à sa place. C'est notre message aux joueurs dans le vestiaire. Écoutez, le club se bat maintenant pour tout. Les fans n'en accepteront pas moins. Peu leur importe le résultat tant que vous transpirez et que vous donnez votre sang ici. Ils t'aimeront pour toujours. Voici donc le message que je vous adresse : ce n'est pas une question de talent, il s'agit de tout. C'est pourquoi Andy Robertson est probablement aimé plus que quiconque, parce qu'il a tout donné sur le terrain et les fans l'adorent pour ça. C'est difficile de quitter Liverpool, mais c'est la vie et nous devons passer à autre chose ».
Coup d’envoi des festivités de la Journée de l’Afrique : les diplomates africains s’imposent face à l’équipe du ministère tunisien des Affaires étrangères
Dans le cadre des festivités de la Journée de l’Afrique, célébrée chaque année le 25 mai, une rencontre amicale de football s’est tenue hier à Olympia Sky, opposant les diplomates africains accrédités en Tunisie à l’équipe du ministère tunisien des Affaires étrangères. Cette édition 2026 est placée sous le thème : « Assurer la disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs afin d’atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ».
Avant le coup d’envoi de la rencontre, les hymnes tunisien et de l’Union africaine ont été exécutés dans une atmosphère solennelle et empreinte de fraternité africaine. Les ressortissantes congolaises et gabonaises ont ensuite animé la cérémonie à travers une course de relais, suivie de prestations de danses africaines qui ont apporté une touche festive et chaleureuse à l’événement.
Dans une ambiance conviviale et fraternelle, la rencontre a été rythmée par des prestations de musique et de danses africaines autour d’une chorégraphie qui a émerveillé les invités et les spectateurs présents. À l’issue du match, les diplomates africains se sont imposés sur le score de 2 buts à 1.
Les célébrations se poursuivent lundi au Radisson Blu Hotel & Convention Center Tunis, où la gastronomie africaine sera à l’honneur, accompagnée de chants et de danses traditionnelles africaines. Cette fête sera rehaussée par la présence de Monsieur Mohamed Ali Nafti Ministre tunisien des Affaires étrangères ainsi que de la doyenne des ambassadeurs africains, Son Excellence Madame Nsang Ndong Nsuga Gertrudis, Ambassadrice de la République de Guinée équatoriale à Tunis. Arrivée au terme de son mandat en Tunisie après sa nomination en qualité d’ambassadrice au Maroc, elle a exprimé son émotion et gardera de très bons souvenirs de son séjour tunisien.
L’événement s’est déroulé en présence des ambassadeurs et représentants diplomatiques de plusieurs pays africains, notamment du Cameroun, de l’Algérie, du Maroc , du Gabon, de la République démocratique du Congo, du Burkina Faso, du Soudan, de la Mauritanie et du Mali, ainsi que de plusieurs hauts cadres et membres du cabinet du ministre tunisien des Affaires étrangères.
Coupe de Tunisie- demi-finales : Les Espérances de Tunis et de Zarzis en finale
Par Jamel Belhassen
En disposant de leurs adversaires, la JSO et le CSS par le plus petit score, l'Espérance de Tunis et son homonyme de Zarzis se qualifiant meritoirement en finale de la coupe de Tunisie.
Au Zouiten, la JSOmrane recevait l'Espérance de Tunis avec comme objectif: réaliser un rêve, celui de jouer la finale de la coupe. En face, les Sang et Or , privés de Boualia, Tka et Ben Hamida visaient une qualification logique. La première periode a connu une légère domination de L'EST avec des incursions sur la gauche de Diarra et un tir de Jebali, renvoyé par Essid en corner (17e).
Et ce qui devait arriver, arriva à la (30e) avec un but de Danoh sur un tir puissant (0-1). La JSO va réagit par Belhaj, Ben Hamida et Touati, sans arriver à égaliser. A la reprise, Sasse rate de peu la cage , de la tête ( 57e).Danoh rate de peu le second but ( 80e). Mais le scire en reste là. L'EST passe en finale, la JSO voit son rêve s'évaporer.
A Sfax, le CSS soutenu par son public a vite pris ld jeu à son compte face à l'ESZarzis et s'est créé deux occasions par Ben Ali (12e et 24e) mais à chaque fois, la mire est ratée de peu. L'ESZ, qui a déjà gagné sur cette même pelouse du Mhiri, au match aller du championnat, guettait l'occasion de surprendre la défense sfaxienne.
Mais la réussite est du côté des visiteurs quand sur un contre de la gauche, Kassab de la tête dinne l'avantage aux siens (0-1) à la (39e) le CSS reagi par Mootyaba qui rate l'aubaine (45e).
En seconde période, le CSS accebtue son pressing. Derbali marque mais le but est refusé après intervention de la VAR (64e). Les efforts déployés en fin de match par les Sfaxiens vont aboutir à un but de Derbali (73e) qui sera annulé après intervention de la VAR.
Finalement, l'ESZ réussit à se qualifier en finale alors que les Noir et Blanc ne peuvent que nourrir des regrets.
Résultats
JSO- EST (0- 1)
CSS -ESZ (0--1)
J.B.
Impact du réchauffement climatique sur le littoral : Ce que la Tunisie va (et doit) réellement perdre, si…
Par Hassan GHEDIRI
Des plages vont-elles vraiment disparaitre en Tunisie sous l’effet du changement climatique ? La réponse est malheureusement oui. Et il semble que, déjà, la mer grignote peu à peu le littoral…
Lors d‘une conférence sur la biodiversité organisée vendredi à Tunis, le ministre de l’Environnement a expliqué que l’année 2026 a marqué une accélération inédite du phénomène de l’élévation du niveau de mer. Au mois de janvier, plusieurs régions côtières, notamment au nord du pays, avaient été exposées à des tempêtes accompagnées de violentes vagues hautes de plusieurs mètres. Le constat dressé par les experts est sans appel.
Ils considèrent que la Tunisie est entrée de plain-pied dans une phase de multiplication et de succession accélérée des phénomènes climatiques extrêmes qui risque de provoquer des dommages irrémédiables sur plusieurs secteurs économiques. Les zones côtières, épine dorsale de l’économie tunisienne sont, particulièrement vulnérables face aux changements climatiques.
Concentrant d’importances activités touristiques, industriels, agricoles, halieutiques et portuaires, le littoral subi d’ores et déjà de plein fouet l’érosion des plages et la salinisation des terres agricoles et des ressources hydriques. L’Etat avait prévu des plans de prévention et d’anticipation de l’impact du réchauffement du climat sur le littoral. Elle semble toutefois être prise de dépourvu par la précocité des dégâts.
Car les scénarios établis avaient prévu des risques de pertes liées à l’élévation du niveau de mer aux horizons de 2050 et 2100, avec des plans d’action pour renforcer l’adaptation du littoral à engager dans le moyen et le long terme.
Le ministère chargé de l’environnement dit avoir entamé la mise en œuvre de plusieurs projets de protection et de réaménagement du littoral dans un nombre de régions particulièrement affectées par l’érosion sous l’effet de l’élévation du niveau de mer constatée au mois de janvier dernier. Des études d’impact sont également lancée dans d’autres régions pour identifier les risques et définir les priorités d’intervention, dit-on.
Seulement, les vulnérabilités et les risques liés aux changements climatiques dans les zones côtières les plus exposés en Tunisie ont été identifiés depuis longtemps dans le cadre de plusieurs programmes de coopération internationale.
Le climat n’attend pas
C’est par exemple le cas du projet « Résilience Côtière » lancé en 2014 et qui avait justement pour objectif de lutter contre les vulnérabilités et les risques liés aux changements climatiques dans les zones côtières vulnérables de la Tunisie. Ce projet qui a été d’ailleurs parachevé en 2021, est financé par le gouvernement de Finlande en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), à travers une enveloppe globale d’environ 6 millions de dollars.
Grâce audit projet, une évaluation de la vulnérabilité aux changements climatiques au niveau des zones côtières, pour la situation climatique actuelle mais aussi pour des projections aux horizons 2050 et 2100 a été réalisée. Une évaluation des risques de perte en ressources en eau côtières au niveau des sites du projet due à une élévation accélérée du niveau de la mer et un plan d’action pour renforcer l’adaptation de la gestion de ces aquifères ont été également établis.
Des techniques innovantes avaient été identifiées et recommandées pour la mise en place de 5 projets d’adaptation au changement climatique en faveur des secteurs et des populations locales vulnérables à Djerba, Ghar El Melh et Kalaât El Andalous. Pour dire que les vulnérabilités sont connues et les mécanismes d’adaptations sont identifiés dans les zones côtières les plus vulnérables. Entre temps, le climat change de plus en plus vite en accélérant l’érosion du littoral.
Si l’on tarde à mettre en œuvre les projets de lutte appropriés, les dommages seront irrémédiables. Selon les données de la Banque mondiale et du ministère de l'Environnement, l'inaction face au réchauffement climatique pourrait coûter à la Tunisie plusieurs milliards de dinars chaque année. En l'absence de mesures urgentes, l'économie tunisienne subira une contraction majeure due à la combinaison de la raréfaction de l'eau, de l'érosion côtière et des inondations.
La Tunisie risque de perdre environ 250 km2 de terres côtières d'ici 2050. À l'horizon 2100, les projections estiment une perte totale pouvant atteindre 1000 km2, ce qui représente près d'un quart de ses zones côtières. A l’horizon 2030 notre pays doit appréhender une perte annuelle de 3,4 % du PIB, soit environ 5,6 milliards de dinars, tandis que d’ici 2050, cette perte pourrait s’élever à 6,4% du PIB, soit un peu plus de 10 milliards de dinars.
H.G.
Au Théâtre de l'Opéra de Tunis : Rasha Rizk et l’OST réunis pour une soirée inédite
Entre mémoire musicale et envolées symphoniques, la soprano syrienne Rasha Rizk donnera un concert exceptionnel le 13 juin au Théâtre de l’Opéra de Tunis, accompagnée par l’Orchestre Symphonique Tunisien (OST) dirigé par Shady Garfi.
Organisé en prélude à la Fête de la musique, ce concert s’inscrit dans une programmation spéciale imaginée tout au long du mois de juin par le Théâtre de l’Opéra, avec une série de rendez-vous réunissant des artistes de renom et différentes expressions musicales. cette soirée fera dialoguer musique classique, sonorités orientales et nostalgie des génériques cultes ayant marqué toute une génération arabe.
Installée en France, Rasha Rizk s’est imposée au fil des années comme une artiste à part dans le paysage musical arabe. Soprano de formation, compositrice et pédagogue, elle se distingue par sa capacité à naviguer entre les univers classiques occidentaux, les traditions vocales orientales et les créations contemporaines. Sa voix, à la fois puissante et sensible, lui permet d’explorer des registres variés où se croisent émotion, maîtrise technique et recherche artistique.
Pour ce rendez-vous tunisien, la chanteuse sera accompagnée par l’Orchestre Symphonique Tunisien, sous la baguette du chef d’orchestre Shady Garfi. Ce dialogue entre la voix lyrique de l’artiste et les arrangements symphoniques promet une expérience musicale riche, mêlant répertoires orientaux, compositions personnelles et œuvres revisitées.
Mais au-delà de sa carrière de soprano, Rasha Rizk occupe une place particulière dans la mémoire collective du public arabe. Des millions de téléspectateurs ont grandi avec sa voix grâce aux génériques de dessins animés diffusés sur Spacetoon dans les années 1990 et 2000. Ces chansons, devenues cultes, continuent encore aujourd’hui de susciter émotion et nostalgie auprès de toute une génération.
Quant au programme de cette soirée qui s’annonce aussi raffinée qu’inattendue, le mystère reste entier. Aucun détail n’a encore filtré sur les morceaux qui seront interprétés, et c’est peut-être là tout le charme de ce rendez-vous. Les nostalgiques espèrent déjà entendre les génériques mythiques qui ont bercé leur enfance devant Spacetoon, tandis que les amateurs de musique symphonique imaginent des réarrangements inédits et des envolées lyriques taillées pour la scène de l’Opéra. Une chose est sûre : entre émotion, souvenirs et surprises, le public risque de fredonner bien avant même le lever de rideau.
L’actualité récente de l’artiste est également marquée par sa participation vocale à la bande originale du film "Yunan" du réalisateur palestino-syrien Ameer Fakher Eldin. Composée par Suad Bushnaq, la musique du film vient de remporter le Prix de la meilleure musique aux "Critics Awards for Arab Films" organisés en marge du Festival de Cannes.
Selon la billetterie officielle de l’Opéra de Tunis, les tarifs sont fixés à 80 dinars pour la zone Orchestre, 60 dinars pour le premier balcon et 40 dinars pour le second balcon.
















