Fraîchement couronné du Comar d’Or 2026 en langue française, le médecin et écrivain tunisien Hichem Ben Azouz sera cette semaine et à partir d’aujourd’hui à la rencontre de ses lecteurs. Trois rendez-vous sont déjà annoncés.
La première rencontre est pour ce matin, à partir de 10h30 à la librairie Claire Fontaine à Tunis. Cette séance de présentation et d’échange avec l’auteur autour de son œuvre « Sangoma, le guérisseur », paru chez Hkeyet Edition sera suivie d’une séance de dédicace. Ce rendez-vous littéraire constitue une belle occasion pour discuter avec l’auteur concernant la genèse de ce roman qui lui a valu Le Comar d’Or, cette prestigieuse distinction littéraire tunisienne.
Lors de la cérémonie de remise des prix qui a eu lieu le 23 mai au Théâtre de l’Opéra de Tunis, le président du jury de la langue française, le journaliste Ridha Kéfi a souligné que le prix a été décerné à « un roman qui relate l’expérience exceptionnelle d’un médecin en rupture de ban avec un système médical enfermé dans la logique froide de la technicité », saluant également « un voyage initiatique en quête de l’humain et de la mémoire ».
Premier roman de Hichem Ben Azouz, médecin tunisien exerçant à Johannesburg, « Sangoma, le guérisseur » est une fresque de près de 500 pages nourrie par deux décennies de pratique médicale en Afrique du Sud.
Sur les chemins de la guérison
Le récit suit Slim, un jeune médecin épuisé par les contraintes institutionnelles et la souffrance quotidienne de l’hôpital. Confronté à l’impossibilité de soigner dignement ses patients, il sombre dans un profond burn-out avant d’entreprendre une traversée du continent africain, du Cap Angela en Tunisie jusqu’au Cap des Aiguilles en Afrique du Sud.
Mais ce voyage est bien plus qu’un périple géographique. Il devient une quête intérieure au cours de laquelle le protagoniste explore les frontières entre médecine moderne, mémoire collective et savoirs ancestraux. Dans la brousse sud-africaine, il découvre les Sangomas, ces guérisseurs traditionnels qui puisent leur pratique dans les liens avec les ancêtres, les esprits et la transmission des mémoires.
À travers cette œuvre singulière, Hichem Ben Azouz interroge les limites du soin, les blessures invisibles et les chemins de guérison que la science ne peut parfois emprunter seule. Son roman pose une question essentielle : que soigne réellement la médecine, et que reste-t-il à réparer par l’écoute, la transmission et l’héritage des générations passées ?
Outre la rencontre d’aujourd’hui, deux autres rendez-vous figurent déjà à l’agenda de l’auteur. Il sera notamment à la librairie Arthephage le 5 juin à 17h30 pour une conversation animée par Meriem Machghoul autour de son roman. Le dimanche 7 juin à partir de 11h00, l’auteur sera l’invité du Book Club de Raja Jomni à la FNAC La Marsa, offrant ainsi au public une nouvelle occasion d’échanger avec l’écrivain dont la voix s’est imposée cette année sur la scène littéraire tunisienne.

