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Fête du Travail : Comment booster le marché de l’emploi ?

Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

Alors que la Tunisie a célébré la fête du 1er mai, le taux du chômage à encore sensiblement baissé. Que faire pour soutenir cette tendance et créer plus d'emploi ?

Le taux de chômage en Tunisie a reculé à 15,2 % au cours du dernier trimestre de 2025, contre 15,4% au troisième trimestre de la même année, selon des indicateurs publiés par l’Institut national de la statistique relatifs à l’emploi et au chômage pour le quatrième trimestre de 2025. Ce qui témoigne d’une amélioration progressive du marché du travail.

Cette évolution globale masque toutefois des réalités contrastées selon les catégories de la population. La situation s’est quelque peu améliorée pour les femmes et les jeunes, qui enregistrent un recul du chômage, signe d’un mieux dans leur insertion professionnelle. Chez les hommes, la tendance est plus stable, avec une légère hausse qui traduit des ajustements sectoriels sur le marché de l’emploi.

Les jeunes restent la catégorie la plus exposée au chômage, malgré un léger recul, ce qui souligne la difficulté persistante de leur intégration dans le monde du travail. De leur côté, les diplômés de l’enseignement supérieur bénéficient également d’une amélioration notable, traduisant un début de meilleure absorption des compétences qualifiées par l’économie, même si les écarts entre hommes et femmes demeurent sensibles.

Dans l’ensemble, ces évolutions traduisent une amélioration graduelle mais encore fragile, portée par des dynamiques sectorielles inégales et des défis persistants en matière d’insertion professionnelle, notamment pour les jeunes et les femmes.

Le nombre de chômeurs au quatrième trimestre de 2025 est estimé à environ 647,2 mille personnes, enregistrant une baisse de 8,5 mille chômeurs par rapport au troisième trimestre de la même année, où il s’élevait à 653,7 milles. Même si cette baisse est sensible, pour certains experts, il faut soutenir cette tendance qui confirme que l'économie nationale est capable de créer des emplois à condition de miser sur les secteurs compétitifs.

Peut mieux faire...

Pour l'expert en économie et en finances, Mohamed Salah jennadi, il est important de se baser sur les statistiques pour mieux adapter notre politique relative à l'emploi aux besoins des secteurs qui créent plus d'emplois tout en encourageant les initiatives individuelles. Et d'ajouter : "Les résultats de l’enquête sur l’emploi du quatrième trimestre de 2025 montrent que la population active en Tunisie s’élève à 4 255 milles personnes, contre 4 259,3 milles au troisième trimestre de 2025, soit une baisse de 4,3 milles.

Selon le secteur d’activité économique, les personnes occupées se répartissent comme suit : 53,3 % dans le secteur des services, 18,9 % dans l’industrie manufacturière, 12,9 % dans les industries non manufacturières, et 14,8 % dans l’agriculture et la pêche. Tout dépend, cependant, du taux de croissance. Personnellement, je crois dur comme fer que la croissance économique contribue à la création d’emplois à travers l’augmentation de la demande, ce qui pousse les entreprises à se développer en recrutant davantage de travailleurs.

Malheureusement, les taux de croissance économique et le nombre de chômeurs en Tunisie indiquent que la faiblesse de la croissance a conduit à une création limitée de nouveaux emplois. Dans plusieurs périodes, le nombre de chômeurs a même augmenté, ce qui confirme que l’économie tunisienne n’est pas capable d’absorber les demandes d’emploi et que les opportunités restent insuffisantes.

Il faut alors soutenir l'investissement en créant un climat d'affaires compétitif. A titre d'exemple, la Banque mondiale indique, dans une étude intitulé « Combien coûte la création d’un emploi ? »,en Tunisie, un investissement de 10 millions de dollars permet de créer environ 300 emplois dans des secteurs tels que le commerce, le bois ou la construction, mais moins de 100 emplois dans le secteur de l’électricité ou du transport.

Cela correspond à un coût d’environ 30 000 dollars par emploi. Ces chiffres peuvent être multipliés si l’on prend en compte les emplois indirects, ceux qui sont générés par l’augmentation de la demande en nouvelles technologies, biens et services. Toutefois, les emplois indirects nécessitent eux aussi des investissements propres, de sorte que le coût par emploi ne varie pas significativement.

Au niveau purement social, le concept des sociétés communautaires peut aider à créer des emplois à condition que les nouveaux promoteurs soient bien accompagnés".

La légère baisse du chômage en Tunisie à 15,2 % confirme une dynamique encourageante, portée par certains secteurs en reprise et des perspectives d’emploi qui restent à consolider pour renforcer cette tendance positive.

M.B.S.M.

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