Finale de la coupe de Tunisie ce dimanche à Rades - Espérance de Zarzis, Espérance de Tunis : Deux styles différents , une même envie de gagner
Par Jamel Belhassen
L'apothéose de la saison footballistique aura lieu ce dimanche au stade de Rades à l'occasion de la finale de la coupe qui opposera l'Espérance de Zarzis, désigné comme club recevant, à l'Espérance de Tunis. Un rendez-vous qui sera suivi de près par les mordus de football et notamment les fans des deux clubs qui se sont rués sur les billets mis en vente et qui sont au nom de vingt-trois mille, vendus en ligne.
Voilà une opposition qui ne manque pas de nous ramener à la finale de 2005 quant les Sang et Or de Tunis, déjà sacrés champions de Tunisie se faisaient surprendre par leur homonymes de Zarzis, contre toute attente. La suffisance des Tunisois a été payée très cher devant la détermination des des Zarzissiens.
Autant dire que cette fois, les hommes de Braconi sont avertis , eux qui ne sont pas prêts à rater cette coupe après avoir perdu le titre de champion remporté en 2024 et 2025, retrouveront l'Algerien Boualia qui a purgésa suspension d'un match lors de le demi-finale et qui évolueront comme d'habitude en 4-3-3.
En face, les gars de Moncef Mcharek qui ont retrouvé leur meilleur niveau ces derniers temps et ont éliminé les Noir et Blanc du CSS à Sfax même, sont en pleine confiance et pratiquent un football plaisant basé sur les contres rapides et adossée à une défense qui compte sur un gardien expérimenté, Charfi, et un axe à trois. Il fera certainement très chaud cd dimanche à Rades à partir de 16 heures.
Nidhal Letaief au sifflet
La Direction Nationale d'arbitrage a annoncé le nom de l'arbitre central de la finale. Il s'agit de Nidhal Letaief, un referee expérimenté certes, mais qui est appelée à se montrer lucide dans les actions chaudes. Il sera secondé à la VAR par Majdi Bellagha qui sera invité à son tour d'utiliser à bon escient les moyens techniques à sa disposition pour faciliter la tâche de son confrère sur le terrain.
J.B.
Edgar Morin, un siècle de pensée s'achève
À 104 ans, Edgar Morin a quitté ce monde le 29 mai, laissant derrière lui une œuvre monumentale et une pensée qui a profondément marqué le XXe siècle et les premières décennies du XXIe. Résistant, sociologue, philosophe, cinéaste, intellectuel engagé et infatigable observateur de la condition humaine, il aura traversé plus d’un siècle d’histoire en refusant obstinément les certitudes et les frontières de la connaissance.
Avec sa disparition, la France perd l’une de ses plus grandes figures intellectuelles, mais aussi une voix singulière qui, jusqu’à ses derniers jours, continuait d’interroger le monde, ses dérives, ses espoirs et ses contradictions.
« Aujourd’hui, le vide qu’il laisse est immense », a déclaré son épouse, Sabah Abouessalam Morin, dans un communiqué. « Mais son courage, sa fidélité aux êtres et aux idées, son exigence morale et son espérance continuent de nous accompagner. »
Né Edgar Nahoum le 8 juillet 1921 à Paris, il grandit dans une Europe secouée par les crises et les totalitarismes. Très jeune, il s’engage dans les combats de son temps. Antifasciste dans les années 1930, il rejoint la Résistance durant l’Occupation sous le pseudonyme de « Morin », nom qu’il conservera toute sa vie. Militant communiste de 1941 à 1951, il prendra ensuite ses distances avec le dogmatisme idéologique et fera preuve d’une rare lucidité sur ses propres engagements.
Son ouvrage "Autocritique", publié en 1959, marque un tournant. Il y raconte son exclusion du Parti communiste français et analyse sans complaisance ses propres aveuglements face au stalinisme. Cette capacité à remettre en question ses convictions deviendra l’une des signatures de sa démarche intellectuelle.
Edgar Morin n’a jamais accepté l’enfermement dans une discipline. Historien, sociologue, philosophe, scientifique par curiosité et humaniste par vocation, il se définissait lui-même comme un « braconnier du savoir ». Son ambition fut de réconcilier les connaissances dispersées et de penser l’être humain dans toute sa complexité.
Cette quête trouve son expression la plus aboutie dans "La Méthode", œuvre magistrale en six volumes à laquelle il consacra plusieurs décennies. Il y développe sa célèbre théorie de la complexité, une invitation à dépasser les cloisonnements intellectuels pour mieux comprendre les interactions entre l’individu, la société, la culture, la science et le vivant.
« Plus nous connaissons l’humain, moins nous le comprenons », écrivait-il, dénonçant les découpages disciplinaires qui fragmentent l’homme au lieu de l’éclairer.
Auteur de plusieurs dizaines d’ouvrages, traduits dans de nombreuses langues, docteur honoris causa de 38 universités étrangères, Edgar Morin a exercé une influence considérable bien au-delà du monde académique. Ses réflexions sur la mondialisation, l’éducation, l’écologie, la démocratie ou encore les métamorphoses des sociétés contemporaines ont nourri les débats de plusieurs générations.
Pionnier de la pensée écologique avant même que l’urgence climatique ne s’impose au cœur des préoccupations mondiales, il plaidait pour une nouvelle conscience planétaire fondée sur l’interdépendance des peuples et le respect du vivant.
Jusqu’au bout, il est demeuré une conscience vigilante, attentive aux soubresauts du monde. Sa longévité exceptionnelle n’a jamais émoussé sa curiosité ni son désir de comprendre.
Avec Edgar Morin disparaît l’un des derniers grands intellectuels universalistes. Mais son héritage demeure : une invitation permanente à relier plutôt qu’à séparer, à douter plutôt qu’à dogmatiser, et à penser la complexité d’un monde qui, plus que jamais, en a besoin.
Les matches de la Tunisie contre l'Autriche et la Belgique retransmis par la télévision tunisienne
Bonne nouvelle pour les supporters des Aigles de Carthage. Les deux rencontres entrant dans le cadre de la préparation à la coupe du monde et programmées pour les 1er et 6 juin contre l'Autriche et la Belgique seront retransmis en direct par la chaîne tunisienne sur son réseau terrestre.
Ce sera une occasion pour voir de près le niveau technique et tactique atteint par les Protégés de Sabri Lamouchi.
Jamel Belhassen
Un don chinois d’équipements et de matériels pour la mise en valeur du site archéologique de Ben Arous
La Tunisie a bénéficié, au cours du mois de mai, d’un don d’équipements et de matériels offert par la Chine pour l’aménagement et la mise en valeur du site archéologique de Ben Arous, dont l’ouverture au public est prévue pour la fin du mois de juillet prochain.
L’information a été annoncée mardi par Nizar Ben Slimane, chercheur à l’Institut National du Patrimoine (INP).
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la coopération scientifique et technique entre l’INP et le Centre national de recherche archéologique de Chine. Elle constitue l’ultime étape du projet bilatéral engagé après la signature d’un accord de coopération entre les deux institutions en juin 2023.
D’après Ben Slimane, les équipements fournis serviront à aménager le circuit de visite du site et à installer des panneaux d’orientation et d’information mettant en lumière l’histoire et les différentes composantes archéologiques du lieu. Cette phase finale a été précédée par des travaux de restauration destinés à préserver les structures découvertes lors des fouilles.
En amont, une équipe conjointe de chercheurs tunisiens et chinois avait mené des prospections géophysiques, des fouilles stratigraphiques et des études sur les objets mis au jour afin d’identifier avec précision les différentes périodes d’occupation du site.
Le site archéologique de Ben Arous a été découvert fortuitement en 2019 lors des travaux de construction du Complexe culturel et sportif pour la jeunesse, également financé par la Chine. Il couvre une superficie d’environ 9 000 mètres carrés.
Les recherches ont notamment révélé un temple datant de l’époque carthaginoise, dont l’usage s’est prolongé durant la période romaine. Les fouilles ont aussi mis au jour des vestiges de quartiers résidentiels occupés entre l’époque romaine et la fin de l’Antiquité, ainsi que plusieurs huileries romaines.
Le Canada restitue 210 pièces archéologiques à la Tunisie
La Tunisie a récupéré 210 pièces archéologiques provenant du site de Site archéologique de Carthage, restituées par une mission archéologique canadienne dirigée par le professeur Jeremy Rossiter, a annoncé l’Institut National du Patrimoine. Le lot comprend 105 pièces de monnaie en cuivre et 105 fragments de lampes en poterie datant de l’Antiquité tardive (IVe-VIIe siècles).
Ces objets avaient été exportés temporairement dans les années 1990 dans le cadre des campagnes internationales de l’UNESCO à Carthage, après des fouilles menées entre 1994 et 1999 par l’équipe canadienne. À leur retour en Tunisie, ils ont été pris en charge à l’aéroport de Tunis-Carthage avant d’être conservés dans les dépôts du site archéologique.
Les fragments de lampes appartiennent à la céramique sigillée claire africaine, connue pour ses motifs chrétiens et géométriques. Les pièces en cuivre, appelées nummi, étaient utilisées dans la vie quotidienne durant les périodes romaine tardive, vandale et byzantine. Selon l’Université de l’Alberta, ces monnaies servent aujourd’hui aux archéologues pour dater l’évolution des quartiers urbains de Carthage.
Cette restitution s’inscrit dans la stratégie nationale de rapatriement des biens culturels tunisiens et intervient dans un contexte de renforcement par l’UNESCO de l’application de la Convention de 1970 contre le trafic illicite des biens culturels.
Liverpool : Mohamed Salah laisse derrière lui un dernier cadeau émouvant avant de partir
Mohamed Salah laisse derrière lui un dernier cadeau émotionnel avant de quitter Liverpool - la famille annonce un fonds de charité de 25 millions de livres (environ 29 millions d’euros) dédié à aider les enfants et les familles en difficulté à travers l'Angleterre et l'Égypte.
Le joueur qui est devenu un symbole de Liverpool pendant tant d'années laisse maintenant derrière lui un héritage bien plus grand que le football lui-même. Quelques jours après que le départ de Mohamed Salah de Liverpool ait été officiellement confirmé, sa famille a révélé que Salah voulait consacrer une grande partie de sa fortune à la création d'une fondation caritative de 25 millions de livres visant à soutenir les enfants défavorisés et les familles dans le besoin.
L'annonce émotionnelle a laissé les fans de Liverpool le cœur brisé, surtout après que le représentant de Salah ait partagé ces mots profondément émouvants du joueur : « Si je peux utiliser mon succès pour changer la vie de quelqu'un, alors ce serait le plus grand trophée que je pourrais gagner. ”
Alors même qu'il s'apprête à quitter Anfield, Mohamed Salah continue d'inspirer des millions de fans à travers le monde, transformant l'amour du football en espoir et s'assurant que son nom sera toujours retenu non seulement pour ses objectifs, mais aussi pour sa gentillesse et sa générosité extraordinaires...
Fait historique : Aucun joueur du Real Madrid dans la sélection d’Espagne pour le Mondial 2026 !
Les champions d'Europe en titre partent à l'assaut de la Coupe du monde 2026. Pour tenter d'aller décrocher un second titre mondial le 19 juillet prochain après celui de 2010, le sélectionneur espagnol Luis de la Fuente a dévoilé sa liste ce lundi.
Parmi ses 26 joueurs, il a bien sûr choisi d'emmener Lamine Yamal. Le Catalan est présent dans la liste pour sa toute première participation à la Coupe du monde même s'il devrait manquer le début de la compétition avec la Roja en raison d'une blessure aux ischio-jambiers contractée fin avril avec le Barça. Il est accompagné par sept autres coéquipiers blaugranas : Joan Garcia, Pau Cubarsi, Eric Garcia, Pedri, Gavi, Dani Olmo Ferran Torres.
Aucun joueur du Real Madrid
En défense, Eric Garcia fait son retour avec la sélection espagnole quatre ans après son dernier match, au Mondial 2022 au Qatar. Joan Garcia est bien sélectionné parmi les trois gardiens, aux dépens d'Alex Remiro. Gavi, longtemps blessé lui aussi, fait lui son retour dans la liste de la Roja pour la première fois depuis juin 2025 en profitant notamment du forfait de Fermin Lopez.
À noter que Luis de la Fuente n'a pas appelé le moindre joueur du Real Madrid puisque Dean Huijsen a perdu sa place au profit de Marc Pubill, auteur d'une deuxième partie de saison de très haut niveau avec l'Atlético de Madrid. C'est la première fois de l'histoire qu'aucun Merengue ne figure dans la liste de l'Espagne pour un Mondial.
Au milieu de terrain, le Parisien Fabian Ruiz est évidemment de la partie, aux côtés notamment de deux joueurs d'Arsenal, Mikel Merino et Martin Zubimendi. Ruiz retrouvera d'ailleurs ce dernier samedi en finale de Ligue des champions. Blessé depuis début février, Merino est lancé dans une course contre la montre pour être en bonne forme physique lors de la compétition, tout comme Nico Williams et Yamal.
L'Espagne fera son entrée en lice le 15 juin contre le Cap-Vert, avant de défier l'Arabie Saoudite le 21 juin puis l'Uruguay le 27 en phase de poules.
Ellouhoum : De la viande du mouton à 46,5 DT le kilo pour contrer la hausse des prix
À la veille de l’Aïd el Kebir, alors que les prix de la viande ovine atteignent des niveaux record sur plusieurs marchés, la Société Ellouhoum a annoncé, mardi 26 mai 2026, la mise à disposition de viande de mouton locale au prix de 46,500 dinars le kilogramme dans plusieurs points de vente à Tunis.
Avec cette opération, l’entreprise publique cherche à répondre à une partie de la demande au moment où de nombreux ménages peinent à acheter un mouton ou même quelques kilogrammes de viande pour célébrer l’Aïd comme il se doit.
Les Aigles de Carthage poursuivent leur stage à Tabarka : Rekik, Naffati et Tounakti rejoignent le groupe
Par Jamel Belhassen
Au fil des jours, le groupe des sélectionnés pour la coupe du monde 2026 s'agrandit.
Lundi après-midi, Sabri Lamouchi a enregistré l'arrivée de trois éléments qui ont terminé leur engagement avec leurs clubs respectifs, à savoir Rekik, Naffati et Tounakti. L'effectif sera au complet d'ici samedi, sachant que la liste officielle sera envoyée à la FIFA, dimanche 31 mai. On sait aussi que Ali Abdi est appelé à jouer le match barrage avec son club l'OGCNince contre l'ASSaint- Étienne avant de débarquer.
La blessure de Mastouri : info ou intox?
Des bruits ont circulé hier faisant état de la blessure de Hazem Mastouri et son possible remplacement par Issam Jebali. Et comme aucune information officielle ne filtre du lieu du stage de Tabarka, les différentes interprétations fusent de partout. Du côté de l'agent de Mastouri, aucune blessure n'est à déplorer. Nous attendrons encore une fois une explication officielle de la part du sélectionneur.
Séance ouverte aux médias, jeudi
Il était temps, diriez-vous! Finalement, les médias seront autorisés à assister à la seance d'entraînement de ce jeudi à partir de 17 heures. Le groupe sera presqu'au complet et bien des choses seront éclairées par Lamouchi et compagnie.
J.B.
Grâce présidentielle : 1187 détenus libérés dont le député Ahmed Saidani
À l’occasion de la célébration de l’Aïd al-Adha, le président de la République Kaïs Saïed a accordé une grâce présidentielle en faveur de 1187 détenus. Parmi ces détenus, se trouve le député Ahmed Saidani qui a quitté, aujourd’hui 26 mai 2026, la prison civile d’El Mornaguia après trois mois d’emprisonnement.
Pour rappel, Ahmed Saidani a été poursuivi pour atteinte à autrui via les réseaux publics de télécommunications. Il a été arrêté le 4 février 2026. Le 19 février 2026, le membre de l’Assemblée des Représentants du Peuple a écopé d’une condamnation de huit mois.
Accidents de la route : 464 morts depuis le début de 2026 et un appel à la prudence est lancé à la veille de l’Aïd
Les accidents de la route ont fait 464 morts en Tunisie depuis le début de l’année 2026. C’est ce que vient de révéler Samia Massoud, la cheffe du service de la communication routière à l’Observatoire national de la sécurité routière.
Intervenant sur les ondes de la radio nationale, elle a indiqué que 1 717 accidents de la circulation ont été enregistrés entre le début de l’année 2026 et le 21 mai courant. Elle a également précisé que le nombre de décès liés aux accidents de la route varie entre trois et quatre victimes par jour, soulignant que la moitié des victimes sont des jeunes.
Des chiffres inquiétants qui poussent à la vigilance à l’approche de l’Aïd al-Adha, période marquée par une forte circulation sur les routes. Un appel à la prudence est lancé pour un Aïd sans accidents, sans drames et sans deuil.
Editorial : Un chantier de longue haleine - Par Hassan GHEDIRI
Dans la rue, dans les transports, dans les conversations sur les réseaux sociaux, quasiment partout, le langage obscène et injurieux est omniprésent. Une banalisation telle du langage cru et vulgaire qui en dit long sur cette crise des valeurs qui s’est installée lentement avec une dynamique si imperceptible que l’on ne remarque son ampleur et ses effets qu’après coup.
Les préjudices sont difficiles à décrire et évaluer, mais –sans paraitre moralisateur ou nostalgique- ce sont les fondements du vivre-ensemble, et du respect de l’autre, qui sont en passe d’être complètement piétinés et bafoués.
Non, la crise des valeurs ne relève pas seulement des domaines de réflexion et de recherche des sciences sociales, mais une réalité que les Tunisiens de toutes les générations affrontent et vivent, sans pour autant toujours savoir comment l’exprimer. Comment, cependant, expliquer cette indifférence et cette banalisation de la violence devenue très ordinaire, verbale et parfois physique ?
Il serait facile d’accuser la jeunesse et de faire endosser ces nouvelles générations la responsabilité toute entière, ou bien de tout réduire à un malaise social sans cesse amplifié par la crise économique. L’injustice et la marginalisation ne pouvaient être une excuse à la malhonnêteté, tout comme le confort et l’aisance ne garantissent point l’éthique et la crédibilité.
Ce que l’on observe aujourd’hui dans les espaces publics, cette grossièreté devenue le code de dialogue partagé par tous, l’insulte comme norme de discussion et l’agressivité comme outil de domination, ne reflètent aucunement un relâchement passager des mœurs, mais le signe d’une rupture plus profonde. Celle de la cohésion sociale.
La violence gagne le cœur de la société, n’épargnant aucune classe sociale, presque aucune génération et la grossièreté devenue la norme partagée exprimant la frustration collective.
Auteur d’un ouvrage majeur de sociologie intitulé «la civilisation des mœurs », le sociologue allemand Norbert Elias avait décrit comment les sociétés européennes avaient progressivement intériorisé au cours du 19ème siècle, le contrôle de pulsion, la retenue dans l’expression et le respect d’autrui dans l’espace commun, ce qu’il appelait le processus de civilisation des mœurs.
Ce processus a toutefois son revers, qui est la ‘décivilisation’ qui prend le dessus lorsque les institutions qui veillant sur les normes collectives, s’affaiblissent et laissent régner l’impunité. La Tunisie qui n’arrive toujours pas à sortir de son tumultueux processus de transition, l’enchainement des désespoirs tout au long des années suivant la révolution ont créé les conditions de décivilisation.
Quand personne ne rappelle la règle, la règle disparaît. Et quand la règle disparaît, ce sont les seuils de tolérance à la violence qui s’effondrent, et les comportements autrefois jugés honteux qui se banalisent, sans que personne ne s'en alarme vraiment.
Les réseaux sociaux ont joué, dans ce processus, un rôle d'accélérateur que l'on ne devait pas sous-estimer. Après avoir été une agora numérique qui ont démocratisé la parole, aboli la censure et libéré les opinions durant la révolution de 2011, ils se sont petit à petit transformés en un espace hors la loi dans lequel l’on se permettait de tout, en toute impunité.
Injures, diffamations, menaces, humiliations publiques ne sont presque jamais sanctionnés et la vulgarité est parfois récompensée par des likes et les partages. Réduire cette crise à un problème d’éducation ou de mœurs c’est passé à côté de l’essentiel, parce que c’est avant tout le symptôme d’une crise de confiance.
Confiance dans les institutions, dans l’école qui peine à inculquer et transmettre les valeurs qu’elle prône, des responsables complètement déconnectés de la réalité, mais aussi le manque de confiance entre les individus, c’est-à-dire les citoyens, qui est la condition sine qua non de la cohésion et la solidarité deux piliers fondamentaux de toute société. Quand cette confiance s’érode, chacun s’enferme sur soi et l’agressivité devient son armure.
Les Tunisiens qui ont fait leur révolution avaient une revendication essentielle qui est la dignité. (La Karama). Ce mot n'a pas vieilli, mais la dignité n'est pas seulement ce que l'on réclame pour soi, mais aussi ce que l'on accorde à l'autre. Rebâtir le vivre-ensemble commence par reconnaître dans l'inconnu qui partage l'espace public un semblable, un égal, un citoyen. C'est un chantier de longue haleine…
H.G.
63eme anniversaire de la Journée de l’Afrique : Le Continent célèbre son histoire et regarde vers l’avenir
Par Hassan GHEDIRI
La Tunisie a célébré, hier 25 mai 2026, la Journée de l’Afrique à travers une cérémonie organisée par le ministère des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, en présence des ambassadeurs ainsi que des membres du corps diplomatique et consulaire des pays africains accrédités en Tunisie.
Commémorée chaque année par la communauté internationale, la Journée de l’Afrique marque cette année le 63e anniversaire de la création de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), devenue en 2002 l’Union Africaine (UA). L’édition 2026 est placée sous le thème : « Assurer la disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ».
Dans une déclaration publiée à cette occasion, le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé l’attachement de la Tunisie au renforcement des liens de fraternité et de coopération avec les pays africains frères, sur la base du respect mutuel, de la solidarité et d’un partenariat équilibré au service des intérêts communs.
La Tunisie a également réitéré son engagement à défendre les positions africaines communes dans les différentes enceintes internationales, tout en soutenant le droit des peuples africains à construire une Afrique unie, stable, prospère et pleinement souveraine, à l’abri de toute forme de tutelle ou d’ingérence extérieure.
Dans son allocution d’ouverture, Mohamed Ali Nafti, ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, a rappelé que des générations de femmes et d’hommes africains ont œuvré pour bâtir l’édifice de l’Union Africaine et consolider les valeurs de solidarité entre les peuples du continent.
Il a souligné que cette célébration constitue un appel à intensifier les efforts collectifs afin de relever les défis auxquels l’Afrique est confrontée et d’accélérer la concrétisation des objectifs de développement du continent. Le ministre a également mis en avant le rôle joué par la Tunisie dans la défense des causes africaines au sein des Nations unies, le partage de son expertise avec plusieurs pays du continent ainsi que sa contribution aux efforts de consolidation de la paix en Afrique.
Mohamed Ali Nafti a, par ailleurs, réaffirmé la volonté de la Tunisie de renforcer davantage sa présence diplomatique en Afrique. Il a estimé que le choix du thème de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement reflète une prise de conscience grandissante de la nécessité pour les pays africains d’apporter, avec des moyens africains, des réponses africaines aux défis du continent.
De son côté, Mme Gertrudis Nsang Ndong Nsuga, ambassadrice de la Guinée équatoriale et doyenne du groupe des ambassadeurs africains en Tunisie, a souligné que le thème retenu cette année par l’Union Africaine met en lumière les priorités stratégiques du développement en Afrique et rappelle l’ampleur des défis à relever pour assurer un avenir meilleur aux générations futures.
Elle a insisté sur l’importance de renforcer les secteurs clés du développement, notamment la santé, l’éducation et l’agriculture, tout en saluant l’engagement de la Tunisie en faveur de la paix, de la fraternité et de la solidarité entre les peuples africains.
H.G.
Le CSHLif et le Stade Gabesien se qualifient à la finale des barrages
La troisième place de l'accession à la Ligue 1 sera jouée entre le CSHLif et le Stade Gabesien qui ont gagné leur demi-finales contre l'ASKasserine et l'USTataouine. Les banlieusards de Tunis
se sont imposés face à l'ASKasserine (1-0) alors que les Gabesiens ont remporté leur match contre l'USTataouine (2-0).
La finale des barrages est programmée pour samedi prochain, le 30 mai à Sousse. Le vainqueur accompagnera le PSSakiet Eddaier et l'ESHammam Sousse en Ligue 1 la saison prochaine.
J.B.
Ayant consommé des rafraîchissements suspects : plus de 40 personnes victimes d’une intoxication alimentaire collective à Gafsa
Le Centre hospitalier universitaire Hussein Bouzaiane de Gafsa a accueilli, dimanche soir, environ 40 personnes victimes d’une intoxication alimentaire collective, dont 12 ont été maintenues sous surveillance médicale pour des examens complémentaires.
Le directeur de l’établissement, Ridha Mohamedi, a indiqué que l’état de santé des patients est globalement stable.
Face à cette situation, le parquet de Gafsa a ordonné l’ouverture d’une enquête afin de déterminer les circonstances exactes de l’incident et d’identifier les causes de cette intoxication collective. Selon les premières informations recueillies, les personnes concernées auraient toutes consommé des rafraîchissements achetés dans une pâtisserie située au centre-ville de Gafsa. Cette piste est actuellement privilégiée par les autorités compétentes, dans l’attente des résultats des investigations et des analyses nécessaires.
















