Election du nouveau bureau exécutif de la FTAV : Revoilà Mohamed Ali Toumi
L’élection du nouveau Bureau Exécutif de la Fédération tunisienne des agences de voyages et du tourisme (FTAV) s’est déroulée ce samedi dans un hôtel de la banlieue nord de la capitale, avec une participation exceptionnelle de plus de 500 agences de voyages.
Les propriétaires d’agences venus de tout le pays ont afflué pour participer à ce scrutin, qui s’est ouvert dans un climat tendu. L’issue de l’élection devrait se traduire par la victoire de l’une des deux listes en lice.
Comme attendu, la Liste verte, forte de ses personnalités qualifiées et reconnues du secteur du tourisme, a été élue. Présidée par Mohamed Ali Toumi de Kyranis Travel, la « Liste Verte » se positionne comme une équipe regroupant des compétences et des expertises reconnues dans le secteur. Depuis le début de la campagne, elle s’est attachée à présenter une vision claire fondée sur la réhabilitation de la Fédération et la restauration de son rôle national et international.
Cette liste a notamment axé son discours sur la nécessité de rétablir la confiance des adhérents, de développer la formation, de soutenir la transformation numérique et de renforcer le tourisme de proximité, tout en s’ouvrant à des partenariats efficaces capables d’apporter un nouvel élan au secteur.
La Liste Verte se considère également comme le prolongement d’une période que de nombreux professionnels considèrent parmi les plus réussies de l’histoire de la Fédération, marquée par une forte présence et un rayonnement remarquable, ainsi que par des décisions jugées déterminantes pour le secteur. Parmi ces réalisations figure notamment la libéralisation de l’activité de la Omra, ce qui pousse aujourd’hui de nombreux professionnels à appeler de nouveau à tirer profit de l’expérience et de la vision de Mohamed Ali Toumi durant cette phase sensible.
Festival international du théâtre libre en Jordanie : « Houma » de Cyrine Gannoun doublement primée à Amman
La pièce de théâtre tunisienne « Houma » (« Testostérone » pour son titre français), mise en scène par Cyrine Gannoun, a remporté le Prix d’argent du meilleur spectacle intégré lors de la 21ème édition du Festival international du théâtre libre en Jordanie, qui s’est déroulée du 17 au 21 mai 2026 à Amman.
La cérémonie de clôture et de remise des prix s’est tenue, jeudi, au Centre culturel royal de la capitale jordanienne. L’œuvre a également été récompensée par le Prix de la meilleure interprétation masculine, attribué au comédien Bahri Rahali pour sa performance.
Le jury de la compétition internationale, présidé par l’Égyptien Ayman El Shewi, a dévoilé son palmarès complet, largement dominé par les productions maghrébines. Le Maroc a remporté le Prix d’or du meilleur spectacle intégré (Grand Prix) pour « Noces de sang », une œuvre qui a également valu à Yassine Ahajjam le prix de la meilleure mise en scène, tandis que Jamila El Houni a été sacrée meilleure interprète féminine pour sa performance dans cette même pièce.
Produit en 2025 par le Théâtre El Hamra de Tunis, le spectacle « Houma » d’une durée de 75 minutes est interprété en duo par Bahri Rahali et Abdelmonem Chouayet. Écrit par la metteuse en scène en collaboration avec Hamdi Hadda, le texte explore l’isolement, le poids des héritages sociaux et les dynamiques de domination sur l’individu au sein des sociétés contemporaines.
Dans un communiqué publié vendredi après-midi, le ministère des Affaires culturelles a adressé ses félicitations à toute l’équipe pour ce double couronnement. Le département a salué la qualité artistique du projet ainsi que les efforts des comédiens, techniciens et administrateurs qui contribuent au rayonnement international du théâtre national.
Le ministère a réaffirmé à cette occasion son soutien continu aux créateurs tunisiens et aux différentes productions théâtrales, tout en encourageant leur ouverture sur les scènes arabes et internationales.
Report à l’automne de la 3ème édition du Salon national des arts plastiques
Le Musée national d’art moderne et contemporain (MACAM-Tunis) a annoncé le report à l’automne de la troisième édition du Salon national des arts plastiques, ainsi qu’une prolongation de la période d’inscription des artistes.
Prévu à l’origine du 13 juin au 13 juillet, l’événement se tiendra du 17 octobre au 16 décembre 2026 au siège du musée, au sein de la Cité de la culture à Tunis.
Selon le communiqué diffusé sur le réseau social de l’institution, la date limite de soumission des candidatures, initialement fixée au 13 mai, est repoussée au 31 juillet 2026. Ce délai supplémentaire vise à permettre aux artistes plasticiens tunisiens, résidant en Tunisie ou à l’étranger, de finaliser leur dossier.
Initié par le ministère des Affaires culturelles, ce salon biannuel rassemble les créateurs de la scène visuelle tunisienne dans diverses disciplines, telles que la peinture, la sculpture et la photographie. Chaque artiste peut proposer jusqu’à trois œuvres via la plateforme numérique du musée.
Les dossiers doivent comporter une biographie, les fiches techniques des œuvres ainsi qu’un formulaire d’engagement d’exploitation artistique légalisé. Une commission technique effectuera une première sélection sur dossier avant la validation définitive des pièces physiques par l’établissement.
Les Comar d’Or, miroir d’une Tunisie qui écrit
Par Imen Abderrahmani
Record historique de romans en compétition et nouvelles voix couronnées et ambitions internationales affirmées : pour leurs 30 ans, les Prix Comar d’Or célèbrent une littérature tunisienne en pleine effervescence, plus libre, plus diverse et résolument tournée vers l’avenir.
Il y a trente ans, le lancement de ce rendez-vous n’était qu’une promesse discrète faite aux écrivains tunisiens, aux éditeurs. Ce n’était au départ qu’un pari audacieux : soutenir le secteur du livre tout en insufflant à cette institution économique une dimension littéraire et créative.
Aujourd’hui, les Prix Comar d’Or sont devenus l’un des rendez-vous majeurs de la vie culturelle nationale, un espace où les mots trouvent reconnaissance, où les imaginaires se croisent et où le roman tunisien mesure chaque année le chemin parcouru.
Pour cette édition-anniversaire dont les festivités ont été organisées au Théâtre de l’Opéra de la Cité de la Culture de Tunis, le symbole est fort : jamais les Comar d’Or n’avaient reçu autant de romans. Pas moins de 92 ouvrages étaient en lice : 59 en langue arabe et 33 en langue française contre seulement treize manuscrits lors de la première édition en 1997.
Ce chiffre raconte à lui seul une métamorphose. Il dit l’émergence d’une génération d’auteurs qui écrivent davantage, publient davantage et osent davantage. Il dit aussi la résistance d’un livre tunisien qui continue d’exister malgré les fragilités économiques du secteur de l’édition. Selon les chiffres avancés par les organisateurs, depuis leur création, les Comar d’Or auront ainsi examiné 1 271 romans publiés en Tunisie ou à l’étranger, dessinant au fil des ans une vaste fresque des préoccupations, des fractures et des rêves de la société tunisienne. Et c’est grâce à ce rendez-vous que certaines plumes ont réussi à se frayer un chemin et à inscrire leur nom dans le paysage littéraire tunisien.
Deux médecins en tête de palmarès
Cette édition anniversaire aura surtout consacré l’audace. Le Comar d’Or en langue française a été attribué à « Sangoma le guérisseur » (éditions Hikayet), premier roman de Hichem Ben Azouz, médecin humanitaire et écrivain, dont l’entrée en littérature a séduit par sa singularité narrative.
Côté arabophone, le prix est revenu à Nasr Belhaj Bettaieb pour « Saif Assaouane » (éditions Khraief), également médecin chirurgien, confirmant la vitalité d’une écriture arabe tunisienne de plus en plus présente et diversifiée. Il est à noter que Nasr Belhaj Bettaieb n’en est pas à sa première consécration. Déjà lauréat du Prix Spécial du Jury des Comar ainsi que du Prix de la Banque Tunisienne, le chirurgien signe ici son sixième roman, poursuivant une œuvre où le scalpel semble parfois prolonger la plume, disséquant avec la même précision les corps, les mots et les maux.
Au-delà des distinctions, les Comar d’Or affichent désormais une volonté claire de renforcer leur soutien aux auteurs. Les prix principaux ont été revalorisés à 15 000 dinars, tandis que les Prix Spéciaux du Jury atteignent désormais 7 000 dinars.
Ces derniers ont récompensé Hella Feki pour « Une reine sans Royaume » (éditions JC Lattès) et Fahmi Al-Balti pour « Dam Saye’e » (Mauvais sang), paru aux Editions Capsa.
La relève, elle aussi, s’impose avec assurance. Les Prix Découverte ont distingué Sofiene Ben M’rad pour « Tunis Arkana » (Editions Sikelli) et Najoua Kadri pour « Al Majda », paru aux Editions Arcadia, deux auteurs qui incarnent cette nouvelle cartographie littéraire tunisienne en train de se dessiner.
Il est à noter que cette belle soirée couronnant le parcours de quelques auteurs et célébrant la créativité a été portée par l’Orchestre Symphonique de Carthage (OSC) dirigé par Hafedh Makni. Elle a été également rythmée par des hommages rendus aux fondateurs du prix et à plusieurs figures emblématiques parmi lesquelles Yamen Manaï, Faouzia Zouari et Chokri Mabkhout.
Trois décennies plus tard, le prix semble entrer dans une nouvelle étape de son histoire : celle de la maturité. Une maturité où la littérature tunisienne ne cherche plus seulement à exister, mais à rayonner.
Imen.A.
« Le Président Foued Mebazaa entre deux révolutions (1952-2011) » - De Fatma Ben Abdallah Karray : Plus que des entretiens, un regard profond sur les énigmes et les vérités de la sphère politique
Par Kamel ZAIEM
Ce livre, édité par Alif, est du genre à joindre la narration aux vérités historiques que tout un chacun peut découvrir d’une interview à l’autre et d’une question à la suivante.
Fatma Ben Abdallah Karray, l’auteure de cet ouvrage, est avant tout une journaliste qui est allée à la conquête d’une série de vérités qui, de par leur nature, leur énigme et leur importance, ont permis de constituer une excellente matière pour un livre qui nous mène à travers environ soixante ans d’histoire, de faits, de coulisses, de déclarations, de réactions et de secrets d’un palais, celui de Carthage, qui a toujours gardé un brin de mystère que ce livre a tenté de percer.
Le personnage principal, Foued Mebazaa, est un acteur politique qui a été témoin de tout ce que la Tunisie a connu au cours de cette fameuse soixantaine d’années pleine de faits, de récits, de révolutions (1952 et 2011) et de secrets de ce qui se décidait dans et au tour de la sphère politique.
Mebazaa a été de tout ce qui se passait sur la scène politique, ayant été impliqué dans ce monde dès l’aube de l’Indépendance, s’offrant au passage quasiment tous les ingrédients d’une riche carrière politique puisqu’il était ministre à plusieurs reprises (Santé, Sport et Jeunesse, Culture et Information…), ambassadeur (Nations-Unies, Maroc…), président du Parlement et, à la fin de ce haletant parcours, président de la République.
C’est dire qu’à travers sa série d’interviews et d’entretiens avec ce personnage, étalés sur plusieurs années et publiés par le journal quotidien Al Chourouk, Fatma Ben Abdallah Karray nous a offert, dans un style qui unit la narration et la fidèle reproduction des déclarations, un panorama du paysage politique qui a prévalu durant ces décennies et dont une importante partie révèle des vérités inédites et très importantes à savoir et à analyser.
Habib Bourguiba, Salah Ben Youssef, Wassila Bourguiba, Mohamed Mzali, Zine El Abidine Ben Ali, Leila Trabelsi, Rached Ghannouchi … sont tous cités pour constituer un épatant feuilleton de faits et de vérités inédites.
Ce livre est également un témoignage, on ne peut plus fidèle, sincère et véridique, de l’histoire nationale contemporaine de la Tunisie qui ralliera les grands ouvrages qui éclairent la lanterne des Tunisiens sur des faits et des réalités que tout citoyen aime connaître.
K.Z.
Match d’adieu de Mo Salah à Liverpool : Une ovation historique et un nouveau record !
Mohamed Salah et Andy Robertson ont fait leurs adieux au club qu'ils ont fréquenté pendant neuf ans après avoir disputé le match des Reds contre Brentford (1-1)qui a mis fin à la saison. Après le match, les coéquipiers et le staff ont placé la garde d'honneur sur les deux équipes alors qu'ils sortaient du tunnel pour un accueil enthousiaste.
Après avoir reçu des souvenirs de Sir Kenny Dalglish, Ian Rush, Richard Hughes et Billy Hogan, ils se sont imprégnés des éloges des supporters avec lesquels ils ont tissé un lien indéfectible en près de dix ans, riche en trophées et en moments inoubliables, surtout pour Salah qui a reçu une ovation d’adieu jamais vue à Anfield Road.
Encore un record
Pour sa dernière apparition sous les couleurs de Liverpool, Mohamed Salah (33 ans) a encore impressionné à Anfield. En effet, l’attaquant égyptien a permis à Curtis Jones d’ouvrir le score face à Brentford en deuxième période, en délivrant une passe décisive. Et si cette offrande rentre dans l’histoire du club de la Mersey, c’est surtout parce qu’elle a permis à l’ailier africain de devenir le meilleur passeur dans le championnat sous ce maillot.
Avec un total de 93 assists, ce record, impressionnant et tout aussi marquant dans ce contexte, n’est pas simplement représenté par un nombre. Désormais, la star de Liverpool dépasse une autre légende du club, Steven Gerrard. L’un a déjà quitté l’Angleterre depuis un certain temps (2015) et l’autre vient de faire ses adieux en cette fin d’après-midi. La fin d’une ère qui se conclut de la meilleure des manières puisqu »il a même été élu homme du match.
Jamais je n’ai autant pleuré !
Au moment de la cérémonie d’adieu, Salah n’a pas pu se retenir et a été trahi par ses émotions : « J'ai beaucoup pleuré, je pense plus que toute ma vie ! Mais c'est très dur de quitter un endroit comme celui-ci. J'ai aussi pleuré un peu sur le terrain d'entraînement. Je ne suis pas vraiment émotif, vous ne voyez pas souvent ça dans les médias. On me voit toujours fort et agressif, mais en moi, je le prends comme un bébé. C'est très délicat. Nous avons laissé nos jeunes ici, partageant tout du début à la fin. Nous n'aurions même pas rêvé de ce que nous avions, mais nous l'avons fait pour ce club. Nous l'avons remis à sa place. C'est notre message aux joueurs dans le vestiaire. Écoutez, le club se bat maintenant pour tout. Les fans n'en accepteront pas moins. Peu leur importe le résultat tant que vous transpirez et que vous donnez votre sang ici. Ils t'aimeront pour toujours. Voici donc le message que je vous adresse : ce n'est pas une question de talent, il s'agit de tout. C'est pourquoi Andy Robertson est probablement aimé plus que quiconque, parce qu'il a tout donné sur le terrain et les fans l'adorent pour ça. C'est difficile de quitter Liverpool, mais c'est la vie et nous devons passer à autre chose ».
Coup d’envoi des festivités de la Journée de l’Afrique : les diplomates africains s’imposent face à l’équipe du ministère tunisien des Affaires étrangères
Dans le cadre des festivités de la Journée de l’Afrique, célébrée chaque année le 25 mai, une rencontre amicale de football s’est tenue hier à Olympia Sky, opposant les diplomates africains accrédités en Tunisie à l’équipe du ministère tunisien des Affaires étrangères. Cette édition 2026 est placée sous le thème : « Assurer la disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs afin d’atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ».
Avant le coup d’envoi de la rencontre, les hymnes tunisien et de l’Union africaine ont été exécutés dans une atmosphère solennelle et empreinte de fraternité africaine. Les ressortissantes congolaises et gabonaises ont ensuite animé la cérémonie à travers une course de relais, suivie de prestations de danses africaines qui ont apporté une touche festive et chaleureuse à l’événement.
Dans une ambiance conviviale et fraternelle, la rencontre a été rythmée par des prestations de musique et de danses africaines autour d’une chorégraphie qui a émerveillé les invités et les spectateurs présents. À l’issue du match, les diplomates africains se sont imposés sur le score de 2 buts à 1.
Les célébrations se poursuivent lundi au Radisson Blu Hotel & Convention Center Tunis, où la gastronomie africaine sera à l’honneur, accompagnée de chants et de danses traditionnelles africaines. Cette fête sera rehaussée par la présence de Monsieur Mohamed Ali Nafti Ministre tunisien des Affaires étrangères ainsi que de la doyenne des ambassadeurs africains, Son Excellence Madame Nsang Ndong Nsuga Gertrudis, Ambassadrice de la République de Guinée équatoriale à Tunis. Arrivée au terme de son mandat en Tunisie après sa nomination en qualité d’ambassadrice au Maroc, elle a exprimé son émotion et gardera de très bons souvenirs de son séjour tunisien.
L’événement s’est déroulé en présence des ambassadeurs et représentants diplomatiques de plusieurs pays africains, notamment du Cameroun, de l’Algérie, du Maroc , du Gabon, de la République démocratique du Congo, du Burkina Faso, du Soudan, de la Mauritanie et du Mali, ainsi que de plusieurs hauts cadres et membres du cabinet du ministre tunisien des Affaires étrangères.
Coupe de Tunisie- demi-finales : Les Espérances de Tunis et de Zarzis en finale
Par Jamel Belhassen
En disposant de leurs adversaires, la JSO et le CSS par le plus petit score, l'Espérance de Tunis et son homonyme de Zarzis se qualifiant meritoirement en finale de la coupe de Tunisie.
Au Zouiten, la JSOmrane recevait l'Espérance de Tunis avec comme objectif: réaliser un rêve, celui de jouer la finale de la coupe. En face, les Sang et Or , privés de Boualia, Tka et Ben Hamida visaient une qualification logique. La première periode a connu une légère domination de L'EST avec des incursions sur la gauche de Diarra et un tir de Jebali, renvoyé par Essid en corner (17e).
Et ce qui devait arriver, arriva à la (30e) avec un but de Danoh sur un tir puissant (0-1). La JSO va réagit par Belhaj, Ben Hamida et Touati, sans arriver à égaliser. A la reprise, Sasse rate de peu la cage , de la tête ( 57e).Danoh rate de peu le second but ( 80e). Mais le scire en reste là. L'EST passe en finale, la JSO voit son rêve s'évaporer.
A Sfax, le CSS soutenu par son public a vite pris ld jeu à son compte face à l'ESZarzis et s'est créé deux occasions par Ben Ali (12e et 24e) mais à chaque fois, la mire est ratée de peu. L'ESZ, qui a déjà gagné sur cette même pelouse du Mhiri, au match aller du championnat, guettait l'occasion de surprendre la défense sfaxienne.
Mais la réussite est du côté des visiteurs quand sur un contre de la gauche, Kassab de la tête dinne l'avantage aux siens (0-1) à la (39e) le CSS reagi par Mootyaba qui rate l'aubaine (45e).
En seconde période, le CSS accebtue son pressing. Derbali marque mais le but est refusé après intervention de la VAR (64e). Les efforts déployés en fin de match par les Sfaxiens vont aboutir à un but de Derbali (73e) qui sera annulé après intervention de la VAR.
Finalement, l'ESZ réussit à se qualifier en finale alors que les Noir et Blanc ne peuvent que nourrir des regrets.
Résultats
JSO- EST (0- 1)
CSS -ESZ (0--1)
J.B.
Impact du réchauffement climatique sur le littoral : Ce que la Tunisie va (et doit) réellement perdre, si…
Par Hassan GHEDIRI
Des plages vont-elles vraiment disparaitre en Tunisie sous l’effet du changement climatique ? La réponse est malheureusement oui. Et il semble que, déjà, la mer grignote peu à peu le littoral…
Lors d‘une conférence sur la biodiversité organisée vendredi à Tunis, le ministre de l’Environnement a expliqué que l’année 2026 a marqué une accélération inédite du phénomène de l’élévation du niveau de mer. Au mois de janvier, plusieurs régions côtières, notamment au nord du pays, avaient été exposées à des tempêtes accompagnées de violentes vagues hautes de plusieurs mètres. Le constat dressé par les experts est sans appel.
Ils considèrent que la Tunisie est entrée de plain-pied dans une phase de multiplication et de succession accélérée des phénomènes climatiques extrêmes qui risque de provoquer des dommages irrémédiables sur plusieurs secteurs économiques. Les zones côtières, épine dorsale de l’économie tunisienne sont, particulièrement vulnérables face aux changements climatiques.
Concentrant d’importances activités touristiques, industriels, agricoles, halieutiques et portuaires, le littoral subi d’ores et déjà de plein fouet l’érosion des plages et la salinisation des terres agricoles et des ressources hydriques. L’Etat avait prévu des plans de prévention et d’anticipation de l’impact du réchauffement du climat sur le littoral. Elle semble toutefois être prise de dépourvu par la précocité des dégâts.
Car les scénarios établis avaient prévu des risques de pertes liées à l’élévation du niveau de mer aux horizons de 2050 et 2100, avec des plans d’action pour renforcer l’adaptation du littoral à engager dans le moyen et le long terme.
Le ministère chargé de l’environnement dit avoir entamé la mise en œuvre de plusieurs projets de protection et de réaménagement du littoral dans un nombre de régions particulièrement affectées par l’érosion sous l’effet de l’élévation du niveau de mer constatée au mois de janvier dernier. Des études d’impact sont également lancée dans d’autres régions pour identifier les risques et définir les priorités d’intervention, dit-on.
Seulement, les vulnérabilités et les risques liés aux changements climatiques dans les zones côtières les plus exposés en Tunisie ont été identifiés depuis longtemps dans le cadre de plusieurs programmes de coopération internationale.
Le climat n’attend pas
C’est par exemple le cas du projet « Résilience Côtière » lancé en 2014 et qui avait justement pour objectif de lutter contre les vulnérabilités et les risques liés aux changements climatiques dans les zones côtières vulnérables de la Tunisie. Ce projet qui a été d’ailleurs parachevé en 2021, est financé par le gouvernement de Finlande en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), à travers une enveloppe globale d’environ 6 millions de dollars.
Grâce audit projet, une évaluation de la vulnérabilité aux changements climatiques au niveau des zones côtières, pour la situation climatique actuelle mais aussi pour des projections aux horizons 2050 et 2100 a été réalisée. Une évaluation des risques de perte en ressources en eau côtières au niveau des sites du projet due à une élévation accélérée du niveau de la mer et un plan d’action pour renforcer l’adaptation de la gestion de ces aquifères ont été également établis.
Des techniques innovantes avaient été identifiées et recommandées pour la mise en place de 5 projets d’adaptation au changement climatique en faveur des secteurs et des populations locales vulnérables à Djerba, Ghar El Melh et Kalaât El Andalous. Pour dire que les vulnérabilités sont connues et les mécanismes d’adaptations sont identifiés dans les zones côtières les plus vulnérables. Entre temps, le climat change de plus en plus vite en accélérant l’érosion du littoral.
Si l’on tarde à mettre en œuvre les projets de lutte appropriés, les dommages seront irrémédiables. Selon les données de la Banque mondiale et du ministère de l'Environnement, l'inaction face au réchauffement climatique pourrait coûter à la Tunisie plusieurs milliards de dinars chaque année. En l'absence de mesures urgentes, l'économie tunisienne subira une contraction majeure due à la combinaison de la raréfaction de l'eau, de l'érosion côtière et des inondations.
La Tunisie risque de perdre environ 250 km2 de terres côtières d'ici 2050. À l'horizon 2100, les projections estiment une perte totale pouvant atteindre 1000 km2, ce qui représente près d'un quart de ses zones côtières. A l’horizon 2030 notre pays doit appréhender une perte annuelle de 3,4 % du PIB, soit environ 5,6 milliards de dinars, tandis que d’ici 2050, cette perte pourrait s’élever à 6,4% du PIB, soit un peu plus de 10 milliards de dinars.
H.G.
Au Théâtre de l'Opéra de Tunis : Rasha Rizk et l’OST réunis pour une soirée inédite
Entre mémoire musicale et envolées symphoniques, la soprano syrienne Rasha Rizk donnera un concert exceptionnel le 13 juin au Théâtre de l’Opéra de Tunis, accompagnée par l’Orchestre Symphonique Tunisien (OST) dirigé par Shady Garfi.
Organisé en prélude à la Fête de la musique, ce concert s’inscrit dans une programmation spéciale imaginée tout au long du mois de juin par le Théâtre de l’Opéra, avec une série de rendez-vous réunissant des artistes de renom et différentes expressions musicales. cette soirée fera dialoguer musique classique, sonorités orientales et nostalgie des génériques cultes ayant marqué toute une génération arabe.
Installée en France, Rasha Rizk s’est imposée au fil des années comme une artiste à part dans le paysage musical arabe. Soprano de formation, compositrice et pédagogue, elle se distingue par sa capacité à naviguer entre les univers classiques occidentaux, les traditions vocales orientales et les créations contemporaines. Sa voix, à la fois puissante et sensible, lui permet d’explorer des registres variés où se croisent émotion, maîtrise technique et recherche artistique.
Pour ce rendez-vous tunisien, la chanteuse sera accompagnée par l’Orchestre Symphonique Tunisien, sous la baguette du chef d’orchestre Shady Garfi. Ce dialogue entre la voix lyrique de l’artiste et les arrangements symphoniques promet une expérience musicale riche, mêlant répertoires orientaux, compositions personnelles et œuvres revisitées.
Mais au-delà de sa carrière de soprano, Rasha Rizk occupe une place particulière dans la mémoire collective du public arabe. Des millions de téléspectateurs ont grandi avec sa voix grâce aux génériques de dessins animés diffusés sur Spacetoon dans les années 1990 et 2000. Ces chansons, devenues cultes, continuent encore aujourd’hui de susciter émotion et nostalgie auprès de toute une génération.
Quant au programme de cette soirée qui s’annonce aussi raffinée qu’inattendue, le mystère reste entier. Aucun détail n’a encore filtré sur les morceaux qui seront interprétés, et c’est peut-être là tout le charme de ce rendez-vous. Les nostalgiques espèrent déjà entendre les génériques mythiques qui ont bercé leur enfance devant Spacetoon, tandis que les amateurs de musique symphonique imaginent des réarrangements inédits et des envolées lyriques taillées pour la scène de l’Opéra. Une chose est sûre : entre émotion, souvenirs et surprises, le public risque de fredonner bien avant même le lever de rideau.
L’actualité récente de l’artiste est également marquée par sa participation vocale à la bande originale du film "Yunan" du réalisateur palestino-syrien Ameer Fakher Eldin. Composée par Suad Bushnaq, la musique du film vient de remporter le Prix de la meilleure musique aux "Critics Awards for Arab Films" organisés en marge du Festival de Cannes.
Selon la billetterie officielle de l’Opéra de Tunis, les tarifs sont fixés à 80 dinars pour la zone Orchestre, 60 dinars pour le premier balcon et 40 dinars pour le second balcon.
73% des médecins victimes de violence : Quand travailler dans un hôpital devient un danger…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
73 % des médecins ont été victimes de violences au moins une fois durant leurs parcours professionnels et les conséquences de ce fléau sont graves. Que faire pour sécuriser le milieu hospitalier ?
Le président de l’Organisation tunisienne des jeunes médecins, Wajih Dhakkar, a confirmé l’aggravation du phénomène des agressions visant le personnel médical dans les hôpitaux publics. Il a révélé avoir lui-même subi des violences verbales et physiques à cinq reprises différentes, tout en présentant les résultats alarmants d’une étude menée par l’organisation, selon laquelle 73 % des médecins ont été victimes de violences au moins une fois, et 74 % y ont été confrontés à deux reprises.
Selon les indicateurs présentés par l’organisation lors d’une conférence de presse tenue vendredi dernier au siège du Syndicat national des journalistes tunisiens, ces violences se répartissent comme suit : 96 % de violences verbales, 20,1 % de violences physiques et 12,1 % d’agressions à l’aide d’armes blanches.
En outre, 33 % des médecins ont déclaré avoir subi du harcèlement. Les accompagnateurs des patients sont responsables de 57 % de ces agressions, suivis des patients eux-mêmes avec 19,6 %. Par ailleurs, 43 % des attaques ont été commises par des groupes, tandis que 68,5 % des cas se sont produits en l’absence d’agents de sécurité, selon Dhakkar.
Les statistiques montrent également que 63,3 % des agressions se concentrent dans les services des urgences, et que 66,9 % d’entre elles surviennent pendant les gardes de nuit. Cette situation pousse 82,7 % des jeunes médecins à envisager l’émigration et à quitter la Tunisie, en raison de la détérioration des conditions de travail et de l’environnement hospitalier.
Dans le même contexte, Dhakkar a mis en garde contre les graves répercussions de cette situation sur l’avenir du secteur de la santé en Tunisie, soulignant que 82,7 % des jeunes médecins expriment une volonté sérieuse d’émigrer et de quitter le pays à cause de la dégradation des conditions de travail et de l’état préoccupant des hôpitaux. Que faire pour sécuriser le milieu hospitalier ?
Alerte rouge...
Les Tunisiennes se souviennent toujours des graves incidents survenus en 2025 dans le gouvernorat de Kasserine, situé à 290 km de la capitale lorsqu’un groupe de citoyens avaient vandalisé les équipements de l’hôpital universitaire de la région et agressé les cadres médicaux et paramédicaux.
Ces attaques ont causé des pertes estimées à près de 500 mille dinars, en plus des préjudices physiques et psychologiques subis par le personnel hospitalier, « certes cette agression avait été fermement condamnée par le Ministère tunisien de la Santé, qui avait estimé qu’elle menaçait la dignité des soignants, le caractère sacré de l’institution hospitalière ainsi que le droit du citoyen à des soins sûrs, mais, l’agression de Kasserine » n’est qu’un épisode d’une longue série qui dure depuis des années en Tunisie », nous dira, Dr Ahmed Fouad Rekik.
Et d’ajouter : « Les réseaux sociaux ont documenté de nombreux cas similaires à travers des photos et des vidéos montrant des agressions contre les médecins et le personnel soignant au sein même des hôpitaux publics, là où devraient pourtant régner sécurité et respect ».
D’incidents isolés à un phénomène inquiétant…
Selon Dr Rekik : « Le phénomène n’est pas nouveau dans le système de santé. Les citoyens pensaient un temps que ces violences verbales et physiques n’étaient que des incidents isolés, mais elles se sont progressivement transformées en un phénomène alarmant qui fragilise chaque jour davantage le secteur de la santé, à cause de « comportements barbares » mettant en danger la sécurité des équipes médicales ainsi que la continuité des services de santé essentiels.
Pour rappel, ces dernières années, la Tunisie a enregistré une hausse spectaculaire des agressions visant médecins et infirmiers, qu’il s’agisse d’insultes, de menaces ou même de violences physiques. Certaines de ces attaques ont provoqué de graves blessures chez des médecins, comme cela a été signalé dans plusieurs hôpitaux universitaires, transformant ainsi ces établissements de soins en scènes de violence et d’agression, alors que le médecin est censé représenter la confiance et la sécurité.
Les exemples sont nombreux. Parmi les plus marquants figure l’agression subie il y a quelques années par un médecin résident du service de chirurgie orthopédique du centre des traumatismes et des grands brûlés de Ben Arous. Cette attaque violente avait causé des dommages matériels et moraux à l’ensemble de l’équipe médicale, après l’annonce du décès d’une victime d’un accident de la route et l’échec des tentatives de réanimation.
On peut également citer l’agression de deux médecins et la tentative de renverser un troisième à l’hôpital des Jasmins de Ben Arous, en juillet 2021, durant la période du COVID-19. Et les exemples ne manquent pas ».
Revenant, par ailleurs, sur les causes de ce fléau, Dr Rekik, nous a indiqué : « Des études antérieures ont attribué ces « comportements barbares » à la tension et à la colère des patients ou de leurs proches en raison du retard des soins ou de malentendus. Elles évoquent aussi l’absence de culture médicale chez certains citoyens qui considèrent le médecin comme responsable de toutes les défaillances du système, ainsi qu’un manque de conscience collective quant à l’importance du rôle du médecin et au respect dû à sa profession.
Les études ont également mis en avant d’autres facteurs favorisant ce phénomène dans les hôpitaux, notamment la détérioration des services de santé en raison du manque d’équipements et de médicaments, ce qui accentue la tension des patients et de leurs familles. Certains en viennent même à s’en prendre au médecin, considéré comme « le visage de l’autorité » le plus accessible.
Du coup, ces agressions contre le personnel médical risquent d’aggraver davantage la crise liée à la fuite des médecins tunisiens vers le secteur privé ou vers l’étranger, faisant du secteur public de la santé la première victime de ces violences. Elles peuvent aussi entraîner une baisse de la qualité des soins en raison d’un environnement de travail hostile et dépourvu de sécurité, ainsi qu’un effondrement de la confiance entre le médecin et le patient ».
Face à cette spirale de violences, l’hôpital public tunisien ne réclame plus seulement des moyens, mais aussi une véritable protection. Sécuriser les établissements de santé, sanctionner sévèrement les agressions et restaurer la confiance entre citoyens et soignants sont devenus des impératifs urgents. Car lorsque le médecin exerce dans la peur, c’est tout le droit du patient à des soins dignes et sûrs qui se retrouve menacé.
M.B.S.M.
Coupe de Tunisie-Demi-finales - CSS- ESZ et JSO- EST : A chances égales, suspense garanti
Par Jamel Belhassen
L'épreuve coupe atteint cet après-midi son penultieme tour avec au programme deux oppositions qui paraissent équilibrées. A Sfax entre le CSS et l'ESZ et au Zouiten entre la JSO et l'EST.
Au Mhiri, les Sfaxiens qui ont attendu les prolongations pour se défaire d'un Stade Gabesien, club de Ligue 2, sont avertis. Les camarades de Maaloul sont appelés à se donner à fond et à exploiter leurs moments forts pour faire plier les Zarzissiens.
Ces derniers, habitués à poser des problèmes à leurs adversaires quand ils jouent à l'extérieur et optent pour le jeu en contres , se deplacent à Sfax avec l'intention de réussir un coup d'eclat. Les équipiers de Charfi et Rahmani possèdent assez d'arguments pour prétendre à une qualification en finale. On devrait s'attendre donc à un match équilibré avec un tout léger avantage aux Sfaxiens .
Au Zouiten, la JSOmrane qui a dû recourir aux tirs aux buts pour se qualifier aux dépens du PSSEddaier, qui vient d'assurer son accession en Ligue 1, aura à rencontrer l'Espérance de Tunis qui est encore sous le coup de la déception après avoir raté le titre de champion. Les Sang et Or retrouvent à cette occasion leurs joueurs étrangers à l'exception de Boualia et Toughai, suspendus.
Leurs dernière sortie à Bouhajla a laissé entrevoir des signes de redressement et à défaut de championnat auquels ils sont habitués, ils se contenteraient d'une victoire en coupe qui passe obligatoirement par une qualification aujourd'hui devant la JSO.
Celle-ci, hautement motivée et habituée à bien se comporter notamment au Zouiten face aux grosses écuries, jouera ses chances jusqu'au au bout comptant sur la classe de son gardien Essid et l'expérience de son attaquant Zoghlami. Et là aussi, les deux équipes partent à chances égales. Et que le meilleur gagne.
J.B.
Editorial : Les souffre-douleurs du système…
Par Chokri Baccouche
Le problème est récurrent et il revient à chaque fois avec fracas au devant de la scène nationale : dans les hôpitaux publics tunisiens, les jeunes médecins subissent une violence devenue presque banale. C’est tout juste d’ailleurs si on évoque de temps à autre ces agressions qui se répètent inlassablement. Méthodiquement et systématiquement et sans que les responsables concernés ne daignent, malheureusement, prendre les mesures nécessaires pour résoudre ce problème à la base.
Les chiffres sont têtus et révèlent un état des lieux le moins qu’on puisse dire alarmant et détestable. Une étude effectuée par l’Organisation des jeunes médecins rendue publique vendredi dernier nous apprend ainsi que plus de la moitié des 734 jeunes médecins sondés affirment avoir été agressés entre deux et cinq fois, tandis que 22% déclarent avoir subi plus de cinq agressions, signe d’une exposition répétée dans le cadre professionnel.
S’ils ne sont pas agressés physiquement, ces jeunes toubibs sont molestés verbalement 96,8% d’entre eux ont dû endurer ce « traitement de faveur » aussi humiliant que dégradant et inacceptable. Pis encore, 12,1% des jeunes médecins disent avoir fait face à une menace impliquant une arme sur leur lieu de travail.
Chiche alors serait-on tenté de dire : les têtes bien faites de chez nous qui figurent parmi l’élite sont traités comme des moins que rien. Non seulement ils sont exploités jusqu’à la moelle, reçoivent des salaires dérisoires, mais ils sont également violentés fréquemment dans l’exercice de leur travail qui se déroule dans des conditions piteuses et déplorables.
Le plus pathétique dans cette triste affaire c’est qu’on les appelle « soldats en blouse blanche » pour mieux masquer une réalité beaucoup plus brutale trahissant la faillite du système de santé tunisien qui fonctionne encore comme par miracle grâce notamment à une génération sacrifiée.
Les internes et résidents parmi les jeunes médecins sur le point de terminer leur long cursus universitaire assurent, en effet, l’essentiel du travail hospitalier sous une pression écrasante. Ils travaillent parfois plus de vingt-quatre heures d’affilée, dans des services saturés, sans sécurité suffisante et avec des moyens catastrophiques. Quand la colère des patients explose, c’est souvent sur eux qu’elle tombe. Le jeune médecin devient le visage visible d’un État absent.
Le plus scandaleux est ailleurs : cette souffrance est devenue une habitude institutionnelle. On considère normal qu’un jeune médecin soit épuisé, insulté, menacé ou payé misérablement. Toute contestation est traitée comme de l’ingratitude. Puis on s’étonne que les médecins quittent massivement la Tunisie. Ces dernières années, ils sont des centaines à avoir fait leur valise pour tenter l’aventure ailleurs sous un ciel plus clément à la recherche d’une meilleure considération et des conditions de travail plus humaines et dignes.
Ces toubibs qui fuient massivement le pays sont bien évidemment une déplorable perte pour la Tunisie et la communauté nationale qui a financé et assuré leur formation au prix d’énormes sacrifices. C’est ce qu’on appelle l’art de soulager sa vessie dans le désert qui a tendance à devenir malheureusement chez nous un sport national pratiqué à grande échelle.
La vérité est simple et elle n’est pas du tout gratifiante : un pays qui humilie ses soignants détruit son propre avenir sanitaire. Car derrière chaque médecin qui part, il y a un hôpital qui s’affaiblit davantage et des patients qui paieront demain le prix de cette faillite. Demain, c’est déjà aujourd’hui malheureusement.
Pour s’en convaincre, il suffit tout juste d’effectuer une petite virée dans un de nos hôpitaux publics, choisi au hasard. Une fois sur place, on est accueilli à bras ouvert par la misère, le stress et le désespoir qui se mesurent d’un personnel médical débordé par l’ampleur de la tâche et le regard hagard des patients attendant impatiemment leur tour dans une cohue invraisemblable.
Dans ces établissements sanitaires qui manquent de tout et qui n’ont de sanitaire que le nom, il ne faut pas être surpris outre mesure si les nerfs soient à fleur de peau. Pour un oui ou pour un non, ça démarre au quart de tour et ce sont malheureusement les jeunes médecins qui en paient les pots cassés.
La brutalité subie par le cadre soignant dans les hôpitaux publics à pour nom ignorance et incivisme de certains patients et de leurs accompagnateurs qui ont pris l’habitude de déverser toute leur frustration et leur fiel sur ceux qui vont, paradoxalement, leur porter secours.
Le laxisme et la léthargie des autorités qui rechignent à prendre les dispositions nécessaires devant permettre de mieux sécuriser l’environnement des hôpitaux publics, ont fait le reste en encourageant certains énergumènes portés sur la violence à s’adonner, en toute impunité, à leur « jeu ludique » et fort dangereux.
Les jeunes médecins tunisiens ne demandent pas la lune mais seulement ce qui devrait être évident dans un État digne qui respecte son élite à savoir la sécurité, le respect, des conditions humaines et une reconnaissance réelle de leur travail. Et ce n’est certainement pas trop demandé…
C.B.
Crise libyenne : Que vaut la position de la Tunisie, l’Algérie et l’Egypte dans le règlement du conflit ?
Par Myriam Ben Salem-Missaoui
Bien que favorables à une solution « libyo-libyenne », la Tunisie, l’Égypte et l’Algérie adoptent des approches différentes pour tenter de résoudre la crise libyenne, mais ces efforts peuvent-ils réellement débloquer la situation ?
Les ministres des Affaires étrangères de Tunisie, d’Algérie et d’Égypte ont réaffirmé lors de la tenue de la dernière réunion ministérielle au Caire leur soutien à une solution politique « libyo-libyenne », le retrait des forces étrangères et le rejet de l'ingérence. Bien qu'unis, la déclaration finale masque des priorités divergentes, l'Égypte se concentrant sur la sécurité, l'Algérie sur la souveraineté et la Tunisie sur la stabilité économique.
Ce mécanisme tripartite vise à reprendre la main sur la crise, avec un prochain sommet prévu en Algérie. Du coup, certains observateurs plusieurs questions restent en suspens comme l’immigration et le terrorisme. En effet, nous savons que ces trois pays ont des frontières en commun avec la Libye, que peuvent faire, alors, ces trois pays pour mettre fin à cette crise alors qu'il y a deux gouvernements, l'un à l'est et l'autre à l'ouest. Aussi, est-ce que ces trois pays peuvent peser dans les négociations ?
Cette réunion du 21 mai 2026 apporte-t-elle également un élément réellement nouveau, ou s'agit-il d'une énième déclaration de principe sans effet contraignant ? Enfin, une solution « libyo-libyenne » est-elle encore réaliste sans un accord préalable entre les parrains extérieurs du conflit ?
Officiellement, l’objectif principal de cette rencontre cruciale est d’examiner les moyens de soutenir et d’appuyer les efforts des Libyens afin de surmonter l’impasse politique actuelle, et de promouvoir l’élaboration d’une solution consensuelle émanant de la volonté des Libyens eux-mêmes.
Les ministres ont, en effet, réaffirmé la nécessité d’un leadership et d’une appropriation libyens du processus politique comme seule voie permettant d’aboutir à l’organisation des élections présidentielle et législatives reportées, ainsi qu’à l’unification de l’ensemble des institutions politiques, militaires et économiques du pays, tout en renforçant la coopération avec la Mission d'appui des Nations unies en Libye afin d’encourager le dialogue « inter-libyen » et d’impliquer les différentes forces vives de la société. Qu’en est-il des avis des analystes ?
Marge de manœuvre très limitée ?
Nous avons posé justement la question à Khaled Nouri, colonel à l'armée libyenne à la retraite. Ce dernier nous a confié : « À mon avis, le mécanisme tripartite Tunis-Alger-le Caire n’a pas la capacité de régler le conflit libyen. Les pays voisins n'ont pas les leviers nécessaires et se cantonnent à la sécurisation des frontières ou à la défense de micro intérêts commerciaux. La réalité est que la crise est bien plus profonde : ce sont les Américains qui détiennent la clé de la situation.
Si Washington le voulait réellement, la Libye s'engagerait enfin sur la voie de la guérison. Malheureusement, le statu-quo actuel profite à certaines grandes puissances et multinationales, qui tirent un profit bien plus immense de l'anarchie libyenne que d'un retour à l'ordre institutionnel. En 2011, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton affirmait déjà qu'il faudrait au moins quinze ans à la Libye pour se relever ; le temps lui donne raison.
L'installation récente de deux géants industriels étrangers, en plein blocage politique, démontre que la souveraineté du pays s'efface derrière le partage de ses richesses économiques par les véritables décideurs internationaux ».
De son côté, l’avocat, Me Houssem Eddine Ben Atiya, estime que « la crise libyenne souffre de la multiplicité des initiatives proposées pour parvenir à une solution, sans qu’il y ait une mise en œuvre réelle sur le terrain ». Et d’ajouter : « la crise s’est compliquée en raison du grand nombre d’intervenants, tant internes qu’externes, ainsi qu’à cause des rivalités régionales.
Ce qui caractérise la situation libyenne est l’absence d’un accord réel entre les différentes parties libyennes qui continuent à proposer des projets qui n’ont aucun véritable ancrage sur le terrain ». Entre rivalités régionales, intérêts internationaux et divisions internes persistantes, la crise libyenne demeure prisonnière d’un équilibre fragile.
Malgré les appels répétés au dialogue et à une solution « libyo-libyenne », la marge de manœuvre de la Tunisie, de l’Algérie et de l’Égypte reste limitée face au poids des puissances étrangères et à l’absence d’un consensus réel entre les acteurs libyens. Une réalité qui nourrit le scepticisme autour de ces sommets diplomatiques, souvent riches en déclarations, mais pauvres en avancées concrètes sur le terrain libyen.
M.B.S.M.
Fraude à la TVA : Voilà pourquoi le fisc doit faire très attention aux caisses enregistreuses…
Par Hassan GHEIRI
Par la généralisation d’ici 2028 des caisses enregistreuses, le gouvernement espère terminer une fois pour toute avec la fraude à la TVA dans les commerces. Ce qui n’est jamais gagné d’avance…
Pour la direction générale des impôts (DGI), les caisses enregistreuses constituent une arme absolue contre l’évasion fiscale devenue, au fil des ans, monnaie courante dans les commerces fournissant des services de consommation sur place. La fraude à la TVA dans le secteur de la restauration et des cafés, toutes catégories confondues, représente en effet un manque à gagner colossale dans les revenus fiscaux collectés par l’Etat.
Ce manque à gagner devrait se chiffrer à plusieurs milliards de dinars si l’on croit les chiffres rendus publics, en 2025, par la brigade des enquêtes et de lutte contre l’évasion fiscale. Ces chiffres font, en effet, état des pertes avoisinant les 2 milliards de dinars de fraude à la TVA rien que dans le segment relatif à la vente de boissons alcoolisées dans les bars et les restaurants.
Ces bars et restaurants qui fraudent le fisc à fond la caisse sur les revenus engrangés sur la vente d’alcool ne sont, cependant, que la partie émergée de l’iceberg d’une fraude fiscale globale estimée chaque année à environ 25 milliards de dinars.
En rendant obligatoire les caisses enregistreuses dans tous les commerces fournissant des services de consommation sur place, le gouvernement espère dissuader les commerçants à soustraire au fisc les recettes récoltées en liquide. Le ministère chargé des finances par le biais de la direction générale des impôts s’active ainsi à accélérer le déploiement de ces caisses à même de raccorder, d’ici juillet 2028, l’ensemble des commerçants assujettis à la TVA.
Une fois généralisé, il sera, normalement, impossible pour les professionnels de tromper le fisc avec des rentrées d’argent au noir. Normalement encore, et malgré les caisses enregistreuses, les propriétaires de restos et des cafés, du moins les malhonnêtes entre eux, tenteront toujours de passer à travers les mailles du filet fiscal. Les pays qui ont devancé la Tunisie dans l’adoption des caisses enregistreuses pour lutter contre la fraude à la TVA savent déjà quelque chose.
Etant donné qu’il s’agit d’un système de déclaration instantanée des revenus au moyen d’application électronique qui aide à la traçabilité, les logiciels de caisses peuvent toujours être manipulés pour supprimer quelques opérations et ainsi réduire le chiffre d’affaire déclaré.
En France, en 2025, les autorités fiscales ont mis la main sur plusieurs dizaines de restaurants et de bars qui se sont équipés de caisses dotés de logiciels permettant de supprimer, en deux clics des transactions et de brouiller les pistes et à rendre plus compliquer le contrôle du fisc.
Astuce
L’astuce élaboré par une microsociété spécialisée en logiciels de caisses, a permis de mettre en place un vaste réseau de caisses frauduleuses qui aurait privé l’Etat français pendant de longues années, de plusieurs millions d’euros de pertes fiscales. La défaillance se situait au niveau du contrôle technique des équipements.
C’est souvent lors des paiements par les cartes bancaires qui l’on pouvait mettre dans la poche une partie de la recette sans éveiller des soupçons. Cela se fait lorsque le commerce est équipé de plusieurs terminaux de paiement, dont un, non connecté à la caisse et qui envoie directement les règlements vers un compte bancaire non déclaré.
Il est vrai que les autorités fiscales en Tunisie ont pris les dispositions techniques permettant de vérifier la fiabilité et la conformité des caisses aux normes de sécurités et de transparence. Mais, comme peuvent l’attester tous les spécialistes en informatique, le risque zéro n’existe pas. Le ministère des Finances a pris en soin de mettre en place une plateforme d’accréditation des fournisseurs et d’homologation des caisses enregistreuses, mais les contrôleurs d’impôts ne vont pour autant pas crier vite victoire et dormir sur leurs lauriers.
La caisse enregistreuse n'est qu'un outil parmi d'autres dans l'arsenal de la lutte contre la fraude fiscale. Elle ne saurait, à elle seule, constituer la panacée universelle que certains lui prêtent. L'efficacité du dispositif reposera, en grande partie, sur la capacité des services fiscaux à maintenir une veille technologique permanente, à former des contrôleurs suffisamment aguerris pour déjouer les ruses d'une fraude qui se réinvente sans cesse, et à sanctionner sévèrement les contrevenants.
H.G.
















