Il continue à souffler le chaud et le froid, le locataire de la Maison Blanche. C’est regrettable de le dire, mais, il faut malheureusement l’avouer, lui seul est aujourd’hui capable de faire éviter ou pas au monde de s’enfoncer dans un apocalypse économique géopolitique et énergétique. Complètement imprévisible, Donald Trump a déjà montré à maintes reprises comment il peut chambarder les bourses et faire gagner ou perdre aux investisseurs des milliards de dollars par deux-trois phrases publiée sur les réseaux sociaux.
Il l’a déjà fait plusieurs fois, depuis le début de la guerre contre l’Iran en déclarant, tantôt, qu’un accord de paix permanant était certain, tantôt qu’il envisage de « faire disparaître » la civilisation iranienne.
Des phrases prononcées au gré de l’humeur de président étatsunien et de l’évolution de la guerre qu’il a délibérément déclenché sans savoir comment la terminer. Des incertitudes qui laissent peu de marge de manœuvre aux pays durement pénalisés par le choc énergétique et le grand bouleversement des chaines d’approvisionnement. En Asie, des pays ultradépendants de l’énergie du Golfe, où le choc pétrolier fait déjà envoler les prix à la pompe, se sont lancés dans la quête effrénée d’alternatives.
En France, le gouvernement va se réunir aujourd’hui, 21 avril, pour examiner les effets de la crise et les conséquences budgétaires de la guerre. Un comité d’alerte mis en branle pour empêcher les dérapages budgétaires a déjà livré une astuce pour tenter de tenir le budget : chaque euro dépensé à cause du choc énergétique, sera intégralement couvert par des réductions de dépenses se comptant en milliards d’euros.
Dans tous les pays, les gouvernements sont en train de déployer des mesures d’urgence pour faire face à la flambée des prix de l’énergie et aux risques d’approvisionnements liés à la guerre au Moyen-Orient. Des mesures de restrictions énergétiques mises en œuvre à travers de politiques budgétaires rigoureuses destinées à renforcer la résilience économique et financière et réduire le risque de perte de croissance.
En Tunisie, l’exécutif n’a annoncé jusque-là aucun plan d’actions spécial pour amortir le choc énergétique et contenir les effets collatéraux sur les équilibres budgétaires de la guerre au Moyen-Orient. Nous devons peut-être considérer le durcissement des conditions de financement des importations des produits considérés « non essentiels » et la « petite » révision du système de subvention du pain par le recours à une farine plus riche en son et fibres, comme des mesures d’urgence imposées par la guerre contre l’Iran.
Si c’est le cas, leur impact serait insignifiant. C’est du moins ce que pensent les spécialistes qui ne voient toujours pas comment le gouvernement compte agir dans le contexte de grandes tensions géopolitiques et énergétiques actuel pour remplir les engagements financiers définis dans le budget.
Des engagements qui avaient été établis selon des prévisions dont au moins deux, sont rendues quasiment caduques par la guerre. Il s’agit du taux de croissance du PIB, qui ne devait pas être inférieur à 3,3% selon les anticipations du gouvernement, et du sacro-saint prix du pétrole que l’on espérait se maintenir aux environs de 63,3 dollars le baril.
Maintenant, ces deux hypothèses ne tiennent plus la route comme le pense le professeur d’économie Ridha Chkoundali qui croit qu’il faut agir en urgence pour tenter de sauver ce qui pouvait être sauvé.
Pour rectifier le tir, une loi de finances complémentaire s’avère indispensable sans pour autant garantir les résultats escomptés ce qui obligerait peut-être le recours à une loi d’urgence financière dans le cadre de laquelle peuvent être prises des mesures exceptionnelles permettant d’atténuer les répercussions des chocs extérieurs sur la balances de paiement et les équilibres macroéconomiques. Agir maintenant, ce n’est pas laisser les choses se compliquer et éviter de se voir, un jour, se plier aux diktats du FMI que la Tunisie a su jusqu’ici brillement contourner.
H.G.

