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Produits agricoles importés : Les nouvelles mesures, sont-elles suffisantes pour maîtriser les prix ?

Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

Importer des produits alimentaires agricoles, oui, mais à condition…telle est la nouvelle mesure prise par la SOTUMAG.

Quel est l’impact de ces mesures sur les prix et qu’en pensent les experts ? La Société tunisienne des marchés de gros (SOTUMAG) a annoncé, dans un communiqué, une série de nouvelles mesures organisationnelles destinées aux importateurs, dans le cadre du suivi des opérations d’approvisionnement du marché d’intérêt national de Bir El Kassaa Market en produits importés.

La société a précisé que tous les importateurs qui assurent l’approvisionnement des points de vente en produits importés sont tenus de déposer obligatoirement les dossiers des opérations d’importation auprès des agents de contrôle relevant de la société, au niveau de la porte principale du marché.

Selon toujours le même communiqué, ces dossiers doivent comporter un ensemble de documents, notamment les déclarations en douane relatives aux opérations d’importation, les factures d’achat des produits, ainsi que les certificats d’origine, les certificats phytosanitaires de transit et les fiches de traçabilité.

La société a également insisté, dans son communiqué signé par son président-directeur général, Soufiane Tarmiz, sur la nécessité pour les importateurs de fournir aux agents de vente des bons de livraison relatifs aux opérations d’approvisionnement, lesquels doivent inclure un détail précis des quantités distribuées selon le type de produit.

Ces mesures visent, en outre, à renforcer la transparence des transactions commerciales au sein du marché, à garantir le contrôle des circuits de distribution des produits importés, ainsi qu’à assurer la traçabilité de leur origine et leur conformité sanitaire, dans l’intérêt du consommateur et pour garantir la régularité de l’approvisionnement. Quel est, par ailleurs, l’impact de ces mesures sur les prix et qu'en pensent les experts ?

Pour l’expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi : « Je vois mal comment les agents de contrôle du marché du gros vont différencier entre les produits importés et locaux notamment pour les légumes comme les tomates, les pommes de terre, l’ail et autres. Du coup, il faut repenser tout le système de distribution en mettant en place des réformes adaptées aux besoins du marché.

Cela doit commencer par la suppression du monopole imposé par les coopératives et les intermédiaires et le remplacer par un cahier des charges permettant à des nouveaux grossistes de s’installer dans le marché.

Ouvrir la voie à la concurrence dans des règles bien définies est le seul moyen de lutter contre la spéculation et la hausse des prix ». 5 % Selon des chiffres fournis par la présidence de la République, seulement 5 % des marchandises entrent dans le marché de gros, tandis que le reste se perd en chemin entre les mains des spéculateurs.

« En effet, il y a quelques mois, le chef de l’Etat, Kaïs Saïed avait révélé lors d’une rencontre tenue mardi au palais de Palais de Carthage avec la ministre du Commerce et du Développement des exportations que les circuits illégaux visant à contrôler les prix cherchent à attiser la situation sociale dans le pays, et cela est documenté par des aveux », nous dira, l’expert Mohamed Salah Jennadi.

Et d’ajouter : « D’ailleurs, les récentes arrestations ont montré que plusieurs personnes gérant des sociétés travaillant sur le marché du gros sont derrière ces crises liées à la distribution des marchandises et à la hausse des prix. Le gouvernement est appelé, alors, à adresser un message fort à ceux qui contrôlent ce qu’on appelle les circuits de distribution, qui sont en réalité des circuits d’oppression et de famine.

Il convient de rappeler que les opérations de contrôle menées par le ministère du Commerce ont toujours révélé une hausse injustifiée des prix de certains produits malgré la disponibilité de l’offre, ce qui confirme, selon les données du ministère, une tentative de certains intervenants d’exploiter la situation pour réguler les prix, ainsi que l’apparition de pratiques de monopole et de spéculation ».

Les nouvelles mesures de traçabilité imposées par la SOTUMAG à Bir El Kassaa visent à réguler les produits importés, mais experts et officiels soulignent l'urgence de réformes structurelles pour contrer la spéculation, alors que 95 % des marchandises échapperaient aux circuits formels. Ces mesures administratives peineront à faire baisser les prix sans une lutte efficace contre le monopole et une refonte du système de distribution.

M.B.S.M.

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