Les panneaux solaires : Voilà pourquoi les prix devraient flamber en Tunisie…
Par Hassan GHEDIRI
L’ARP, qui a rejeté une disposition dans la LF2026 réduisant les droits de douanes sur l’importation des équipements photovoltaïques, doit s’en mordre les doigts…
A compter du 1 avril 2026, c’est-à-dire dans cinq jours, les installateurs de panneaux solaires tunisiens qui auraient peut-être manqué de passer leurs commandes au cours du premier trimestre verront leurs charges grimper nettement après un changement majeur sur le marché mondial.
Une hausse significative des prix des panneaux photovoltaïques est en effet inéluctable après la décision de la Chine, premier fabricant et fournisseur mondial des technologies solaires, de réduire progressivement jusqu’à l’élimination totale exonérations de l’exportation des produits photovoltaïques. Pékin a en effet annoncé début janvier la suppression à partir du 1er avril 2026 des exonérations d’impôt dont bénéficiaient les exportateurs chinois des panneaux solaires.
Une mesure qui va, aussitôt, priver le marché mondial du photovoltaïque d’un mécanisme qui a contribué pendant des années à la démocratisation des panneaux solaires dans beaucoup de pays engagés dans la transition énergétique.
Dans le cadre de cet ajustement, les remboursements de la TVA à l’exportation supportée jusqu’ici par l’Etat chinois au profit des exportateurs des produits solaires seront entièrement supprimés à compter du 1er avril 2026. Pour les produits liés aux batteries, le taux de remboursement à l’exportation sera quant à lui progressivement réduit pour être ramené de 9 % à 6 % entre le 1er avril et le 31 décembre 2026.
Cet avantage va être totalement supprimé à partir du 1er janvier 2027. D’après la liste des produits visés par cette disposition et qui a été publiée à la même occasion par l’autorité chinoise chargée des impôts, il s’avère en fait que les panneaux photovoltaïques couramment installés en Tunisie sont concernés par cet ajustement fiscal. Ils coûteront donc plus cher aux importateurs à partir du 1 avril prochain.
Sur le marché mondial, les analystes estiment que la suppression des subventions à l’exportation par la Chine entrainerait une hausse systématique du coût des équipements solaires pouvant avoisiner 10%. L’Empire du Milieu domine en effet le marché mondial du photovoltaïque en produisant plus de 80 % des composants solaires.
C'est le citoyen qui paie…
Une flambée des prix que les importateurs tunisiens n’hésiteront sans doute pas à transmettre aux installateurs qui, de leur côté, vont certainement les répercuter sur les prix de ventes au client final. En Tunisie, comme dans tous les pays qui investissent massivement dans le solaire, les règles du jeu sont appelées à changer radicalement en 2026.
La suppression des aides à l’exportation des panneaux solaires chinois, en plus des tensions géopolitiques qui montent dans le monde et le renchérissement des coûts des matières premières entraineront une hausse notable des prix du photovoltaïque. Une technologie qui a été considérée pendant des années comme un investissement sûr, synonyme de prix abordable et de rendement énergétique attractif et garanti.
Une hausse des prix est une très mauvaise nouvelle pour les particuliers et les entreprises en Tunisie ainsi que pour l’Etat qui mise beaucoup sur le photovoltaïque pour sortir progressivement de la dépendance aux importations du pétrole et du gaz et accélérer la transition énergétique.
Il est important de noter que le taux de maitrise de la technologie photovoltaïque en Tunisie ne dépasse pas 5%, c’est-à-dire que le pays importe quasiment toutes les composantes des installations. Il faut rappeler dans la même optique que lors de la discussion du projet de la loi de finances de 2026, la commission parlementaire chargée des finances a rejeté, à la dernière minute, l’article 47 proposé par le gouvernement et qui stipule une réduction de 15% des droits de douane appliqués aux importations de panneaux solaires.
Estimant que cette disposition est contreproductive pour l’industrie locale, les députés composant ladite commission parlementaire ont finalement voté à l’unanimité contre cet assouplissement fiscal. Les députés qui ont bloqué l’allégement tarifaire sur l’importation des équipements photovoltaïques et qui ont dû prêter une oreille attentive aux revendications des professionnels du secteur risquent désormais de s’en mordre les doigts en voyant l’envolée des prix des panneaux solaires dans le monde ralentir la transition énergétique dans notre pays.
H.G.
Editorial : Marché de dupes en quinze points…
Par Chokri Baccouche
Ainsi donc, les Etats-Unis viennent de transmettre à l’Iran une feuille de route en quinze points devant favoriser une désescalade au Moyen-Orient et peut-être mettre fin à la guerre. Transmis aux dirigeants iraniens via le Pakistan, ledit plan est truffé de conditions très strictes qui s’apparentent beaucoup plus à des oukases non négociables qu’à des propositions sérieuses pouvant réellement baliser le terrain pour une sortie de crise.
Les Etats-Unis exigent en effet que l’Iran renonce définitivement à se doter de l’arme nucléaire et démantèle ses installations de Natanz, Ispahan et Fordo. D'après ce plan, la République islamique doit également remettre prochainement à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) son stock d’environ 450 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %, selon un calendrier à convenir.
Washington demande également à Téhéran de réduire fortement ses capacités balistiques "à la fois en portée et en quantité". "Toute utilisation future de missiles serait limitée à l’autodéfense", précise le plan américain, mais aussi de cesser son soutien à des groupes armés alliés dans la région, comme le Hezbollah au Liban ou le Hamas dans la bande de Gaza.
Enfin, les Etats-Unis réclament expressément que soit établie une "zone maritime libre" dans le détroit d'Ormuz, qui doit ainsi rester ouvert.En contrepartie, l'Iran pourrait bénéficier d'une levée des sanctions internationales à son encontre, et d'un soutien pour son programme nucléaire civil. Le plan prévoit cependant un mécanisme de "réimposition automatique des sanctions" si Téhéran venait à ne pas respecter l'accord conclu.
Sans exagération aucune, le « plan de paix américain » ressemble plutôt et comme deux gouttes d’eau à une capitulation forcée. On comprend d’ailleurs pourquoi les dirigeants iraniens ont accusé une fin de non recevoir et rejeté cette prétendue feuille de route qui n’est ni plus ni moins qu’une obligation de soumission aux diktats et aux desideratas d’un belligérant ayant la ferme conviction d’avoir déjà gagné la guerre, ce qui est loin d’être le cas bien évidemment.
C’est un véritable marché de dupes en fait que proposent les Américains aux mollahs à qui ils demandent tout simplement de baisser leur froc et de rendre sans plus tarder leurs armes et plus particulièrement leurs missiles balistiques. Pourquoi Washington veut-il réduire drastiquement les capacités balistiques de Téhéran « en portée et en quantité » ?
Pour que le protégé israélien puisse dormir à l’avenir sur ses lauriers bien évidemment, et partant, avoir les coudées franches et agir à sa guise sans être inquiété le moins du monde pour mettre sous sa botte l’ensemble du Moyen-Orient.
Ce que Washington feint d’ignorer c’est que cette énième guerre qui embrase actuellement, et dont l’onde de choc se répercute aux quatre coins de la planète, est bien partie pour s‘installer dans une durée indéterminée. Malgré les bombardements massifs et aveugles de la coalition américano-sioniste, le régime iranien est loin d’accuser le coup.
Non seulement il tient tête à ses agresseurs mais il riposte également avec une redoutable résilience sur des cibles et des infrastructures stratégiques en Israël notamment qui subit les effets pervers de l’aventurisme suicidaire de son génocidaire Premier ministre.
Plus d’un mois après le début de cette sordide guerre, l’impression qui se dégage, corroborée du reste par des preuves formelles et des faits indiscutables, c’est que l’Iran est un pays structuré, idéologiquement mobilisé et surtout, surtout bien préparé à une guerre asymétrique. Le fait de penser que cette nation à la civilisation millénaire peut s’effondrer sous pression extérieure relève, par conséquent, du pur fantasme.
En soumettant un plan, véritable attrape-nigauds, diront les mauvaises langues, l’administration Trump tente de toute évidence à trouver une issue pour sortir d’une asphyxiante et non moins dangereuse impasse qu’elle a elle-même créée. Sans cohérence stratégique, sans crédibilité politique et sans compréhension des dynamiques iraniennes, cette supposée feuille de route était vouée dès le départ à l’échec.
Visiblement enlisé dans une guerre que d’aucuns diront qu’il n’a jamais voulue mais qui lui a été imposée de force par Israël et les soufifres de son administration à la solde du lobby sioniste, le président américain se retrouve dans une sacrée galère.
La question qui s’impose est de savoir s’il cherche réellement la paix ou une sortie honorable d’un conflit qu’il ne contrôle plus et fait peser une lourde menace sur sa carrière politique. Pour des considérations objectives, la deuxième hypothèse parait, à bien des égards, la plus proche de la réalité…
C.B.
FIESP II : Le partenariat public-privé, levier d’excellence pour l’industrie de la plasturgie
Dans le cadre du projet FIESP II, dédié à l’insertion professionnelle des jeunes et au renforcement de leurs compétences dans les secteurs industriels porteurs, la Chambre nationale syndicale des fabricants et transformateurs de plastique a organisé une cérémonie de remise de certificats aux lauréats du programme de formation. Placé sous l’égide de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), en partenariat avec le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle ainsi que l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ), l’événement s’est tenu le jeudi 26 mars 2026 au siège de l’UTICA.
Cette cérémonie a réuni les participants aux formations de courte durée organisées dans trois spécialités clés: l’injection, la rhéologie et la conception d’outillages et l’extrusion linéaire. Au total, 34 candidats, hommes et femmes, ont reçu leurs certificats à l’issue de ce parcours de formation.
D’une durée de six mois, ce parcours a été structuré en deux phases complémentaires : trois mois de cours théoriques et pratiques dispensés au sein des entreprises, suivis de trois mois de stage pratique en milieu professionnel. Cela permis aux participants d’acquérir des compétences techniques avancées, en adéquation avec les besoins réels de l’industrie.
À cette occasion, 35 formateurs et formatrices ont également été honorés, ayant préalablement suivi une formation spécialisée dans les logiciels de conception industrielle Fusion et Moldflow.
Cette initiative illustre la volonté de la Chambre nationale syndicale des fabricants et transformateurs de plastique de contribuer au développement des compétences locales dans le domaine de l’ingénierie industrielle, tout en veillant à ce que les cursus de formation répondent aux critères les plus stricts de qualité et d’innovation.
Lors de son intervention, M. Omar Chaqchaq, président de la Chambre nationale des fabricants de plastique et représentant de l’Union nationale de la chimie, a souligné que ce projet traduit une vision inédite de la formation de courte durée, conçue en étroite concertation avec les industriels pour répondre avec précision aux besoins du secteur des industries plastiques. Il a également insisté sur la nécessité de prévoir une durée de formation conséquente, propre à conférer au certificat délivré une valeur équivalente à celle d’un diplôme pleinement reconnu.
M. Dieter Bräuer, responsable du projet FIESP II à la coopération internationale allemande (GIZ), a quant à lui affirmé : « Nous sommes honorés de contribuer à de telles initiatives, qui favorisent le développement de l’ensemble des parties prenantes du secteur et à l’enrichissement de leurs expertises ». Il a ajouté que le projet FIESP II constitue une plateforme privilégiée pour renforcer la coopération et les échanges d’expériences entre les différents acteurs de la filière. Grâce aux formations intensives qu’il propose, ce projet permet aux participants parmi lesquels figurent 34 jeunes soigneusement sélectionnés d’acquérir des compétences actualisées et un savoir-faire opérationnel, les préparant ainsi à relever les défis d’un marché en constante évolution. »
Le projet FIESP II est un modèle pertinent d'un partenariat efficace entre les secteurs public et privé en matière de qualification des ressources humaines et de promotion de l'emploi dans des filières industrielles porteuses.
Taoufik Jebali présente à partir de demain « Le 4ème humain »
À l’occasion de la Journée mondiale du théâtre, célébrée demain le 27 mars, l’Espace El Teatro vient d’annoncer une nouvelle production théâtrale intitulée « Le 4ème Humain », dont le texte, la conception et la mise en scène sont signés par le talentueux Taoufik Jebali, après des années consacrées à la mise en scène. Elle sera présentée au public à partir de demain, le 27 mars et jusqu’au 29 du même mois.
Cette œuvre présente une quadrilogie circonstancielle de récits inspirés de porteuses de sacs à main, traversée par un narrateur indésirable, un harceleur textuel, un acteur médiateur ayant renoncé à sa souveraineté, puis un quatrième humain dont l’identité n’est pas encore déclarée.
Les interprètes sont Amina Bdiri, Salima Ayari, Arwa Rahali, Hedy Hlel, Mehdi El Kamel, Sourour Jebali et Taoufik Jebali. L’assistante à la mise en scène est Yasmine Dimassi, en collaboration artistique avec Amel Laaouini. La réalisation scénographique est de Hela Ben Salah, les costumes sont créés par Besma Dhaouadi, et la supervision générale et image est assurée par Walid Hassir. Les lumières sont signées Mohamed Zidane Mehrez.
L’image numérique est le fruit de Mahmoud Essaidi et l’affiche est conçue par Hichem Chouaieb. La régie plateau est assurée par Wassef Ben Sadok et la direction de la production par Sourour Jebali.
Les représentations auront lieu à l’espace El Teatro les 27 et 28 mars 2026 à 19h30 et le 29 mars à 17h.
Réforme du Code des changes : Pour mieux s’adapter aux exigences des nouvelles économies…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le projet de la réforme du Code des changes est arrivé devant la Commission des finances et du budget relevant de l’ARP. Quels sont les points forts de cette réforme et qu’en pensent les experts ?
C’est le député et président de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Maher Ketari, qui l’a annoncé dans une déclaration à Radio Mosaïque fm.
Le projet portant sur la réforme du Code des changes est entre les mains de la Commission des finances et du budget, «cette révision vise à faciliter les paiements internationaux, à encourager l’investissement et à instaurer une meilleure répartition de la richesse, tout en renforçant le rôle social de l’Etat ». a indiqué Ketari.
Et d’ajouter : « Cette réforme entend offrir davantage de flexibilité aux citoyens et aux investisseurs, tout en préservant les garanties légales nécessaires à la sécurité des transactions ».
Attendue par les milieux économiques et présentée comme un facteur structurant pour améliorer l’attractivité de la Tunisie et stimuler l’investissement, cette réforme vise également à adapter les lois tunisiennes en matière des changes aux normes internationales et aux exigences de l’économie moderne.
Selon le député et président de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple : « L’une des nouveautés de cette réforme concernera l’article 6 de la proposition de loi qui redéfinit clairement les notions de résident et de non-résident. Cette clarification permettra de simplifier les transferts financiers entre la Tunisie et l’étranger, tout en maintenant un contrôle a posteriori assuré par la Banque centrale de Tunisie ».
La réforme inclut également une loi relative à la régularisation des infractions au change. Celle-ci permettra aux Tunisiens ayant étudié ou travaillé plusieurs années à l’étranger de déclarer leurs avoirs, de les rapatrier légalement et de les intégrer au système financier national.
Le député a toutefois précisé que ces dispositions ne s’appliquent pas aux infractions liées au terrorisme ou au blanchiment d’argent, qui restent strictement encadrées par la législation en vigueur. Qu’en pensent les experts ?
Adaptation…
Interrogé à ce sujet, le cadre bancaire Houssine Chalghaf nous a indiqué : « Le cadre réglementaire des changes dans notre pays remonte aux années soixante-dix du siècle dernier, lorsque le législateur a adopté des textes élaborés dans un contexte économique totalement différent de la réalité actuelle. À cette époque, l’économie était davantage dirigée, alors qu’aujourd’hui elle évolue dans un espace relativement ouvert.
Le commerce électronique s’est développé, de jeunes Tunisiens interagissent avec des plateformes internationales, et des services numériques sont fournis au-delà des frontières en quelques instants. Entre ces deux périodes, l’écart s’est creusé, et la pression en faveur d’une révision des règles s’est intensifiée ». Notre expert estime, en outre, que « la réalité actuelle impose une modernisation du système des changes.
En effet, des milliers de Tunisiens exercent aujourd’hui des activités numériques, génèrent des revenus en devises depuis l’étranger et recherchent des cadres juridiques clairs leur permettant d’ouvrir des comptes en devises et de les utiliser dans un cadre réglementé.
Or, les textes actuels les confrontent à des procédures complexes, et certaines opérations sont soumises à des autorisations dont les délais peuvent s’allonger, ce qui crée une insécurité juridique poussant certains à chercher des solutions en dehors du circuit officiel.
Alors que la nature des transactions économiques internationales exige rapidité et flexibilité, les procédures en vigueur aujourd’hui instaurent, selon les experts et les spécialistes, des circuits administratifs lourds.
Par ailleurs, des petites et moyennes entreprises aspirent à se développer à l’international et cherchent à transférer des fonds pour investir ou ouvrir des filiales, mais se heurtent à des délais imprécis et à un pouvoir discrétionnaire susceptible de perturber leurs stratégies de développement.
Les experts économiques constatent que lorsque les décisions tardent, les opportunités de marché diminuent, et lorsque les procédures se compliquent, les coûts indirects augmentent.
Enfin, la question des comptes en devises occupe une place sensible dans ce débat. Des professionnels des secteurs technologiques et du commerce en ligne demandent davantage de flexibilité dans l’ouverture et l’utilisation de ces comptes, y voyant un outil d’intégration de leurs activités dans le circuit formel.
En revanche, d’autres insistent sur la nécessité de préserver les équilibres financiers et de protéger les réserves en devises du pays, notamment face à un besoin urgent de financer des importations vitales telles que les médicaments, les équipements et l’énergie ».
À l’heure où les économies se digitalisent et s’ouvrent davantage sur le monde, la réforme du Code des changes apparaît comme une étape incontournable pour la Tunisie. Elle cristallise à la fois les espoirs d’un environnement plus attractif pour les investisseurs et les inquiétudes liées à la préservation des équilibres financiers du pays.
Entre volonté de simplification, besoin de transparence et exigence de contrôle, le défi sera de traduire les intentions en mesures concrètes et efficaces. Car, au-delà des textes, c’est leur application qui déterminera leur succès. Cette réforme ne pourra porter ses fruits que si elle parvient à instaurer un climat de confiance durable, aussi bien pour les acteurs économiques nationaux que pour les partenaires internationaux.
M.B.S.M.
La galerie Alexandre Roubtzoff rend hommage à Habib Bouabana
La Galerie Alexandre Roubtzoff accueille du 28 mars au 18 avril une exposition hommage dédiée à Habib Bouabana (1942–2002), figure incontournable de la peinture contemporaine en Tunisie. Surnommé le « Modigliani tunisien », l’artiste demeure une personnalité à part, bohème et farouchement indépendante, dont la trajectoire artistique a marqué durablement l’histoire de l’art national.
Grand portraitiste dans la lignée de Ammar Farhat, Bouabana a su imposer un langage pictural unique, mêlant poésie, spontanéité et révolte. Sa peinture, instinctive et indisciplinée, explore avec intensité formes et couleurs, donnant naissance à un univers troublant, vibrant et profondément humain.
L’exposition réunit un ensemble rare d’œuvres issues de collections privées, conservées pendant plus de trente ans par des amateurs et proches de l’artiste. Acryliques, dessins et œuvres sur papier composent une sélection riche qui témoigne de la diversité et de la force de sa production.
Plus qu’un hommage, cette manifestation se veut une véritable redécouverte d’un artiste qui a su dire « non » aux conventions et affirmer une vision personnelle de la création. Elle offre ainsi au public l’occasion de replonger dans une œuvre libre et rebelle, dont la modernité continue de résonner aujourd’hui.
Le vernissage est prévu le 28 mars à partir de 17h. La galerie sera ouverte tous les jours de 11h à 19h, sauf le dimanche.
Kaouther Ben Hania honorée au FIFF : une première pour le Fribourg Cinema Award
La cinéaste tunisienne poursuit son rayonnement international en devenant la toute première lauréate du Fribourg Cinema Award, nouvelle distinction créée par le Festival international du film de Fribourg et l’Université de Fribourg.
Dans le cadre de la 40e édition du Festival international du film de Fribourg, organisée du 20 au 29 mars 2026 à Fribourg, la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania recevra le tout premier Fribourg Cinema Award. Cette distinction, créée conjointement avec l’Université de Fribourg, récompense une contribution exceptionnelle au monde par l’art du cinéma.
La remise du diplôme universitaire aura lieu lors de la cérémonie de clôture, prévue le 28 mars au Théâtre Equilibre. Première lauréate de ce prix inédit, la cinéaste bénéficie également d’une carte blanche au sein du festival, à travers une sélection personnelle de films présentés dans la section Fribourg Cinema Award. Le public pourra ainsi découvrir notamment Sous les figues de Erige Sehiri, A World Not Ours de Mahdi Fleifel et Omar de Hany Abu-Assad. Une « conversation publique » avec la réalisatrice est également programmée le 27 mars à l’Université Miséricorde de Fribourg.
Distinction artistique et académique
À la croisée du monde universitaire et de la création, ce nouveau prix se distingue des récompenses honorifiques classiques en remettant un diplôme universitaire. Il salue la capacité singulière de la cinéaste à incarner des tragédies humaines avec une maîtrise remarquable du langage cinématographique, ainsi que son engagement en faveur de la tolérance, de la cohésion sociale et des droits humains.
La sélection a été décidée à l’unanimité par un jury transdisciplinaire réunissant l’équipe artistique du festival, dont Katharina Fromm, ainsi que des représentants de plusieurs facultés : Gregor Emmenegger, Mark Drenhaus, Emmanuel Alloa et Muriel Surdez. Pour le directeur artistique Thierry Jobin, il était essentiel que cette distinction récompense « une trajectoire en pleine évolution ».
Une cinéaste au sommet de sa trajectoire
Nommée pour la troisième fois aux Oscars cette année pour « The Voice of Hind Rajab », projeté au FIFF dans la section « Coup de cœur », Kaouther Ben Hania poursuit un parcours marqué par des œuvres hybrides mêlant documentaire et fiction, interrogeant les frontières de l’éthique et de la représentation.
Considéré comme l’un des festivals européens majeurs dédiés aux cinémas d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, le FIFF attire chaque année plus de 52 000 spectateurs. Cette distinction confirme ainsi la place croissante du cinéma tunisien sur la scène internationale.
Editorial : On saura enfin de quoi l'avenir de l'UGTT sera fait …- Par Hassan GHEDIRI
Demain, la plus vieille organisation ouvrière en Tunisie accouchera d’une nouvelle direction et marquera, peut-être, la fin d’une longue et ô combien douloureuse gestation. Demain, devrait émerger le nouveau bureau exécutif de l’UGTT qui a soufflé le 20 mars son 80è anniversaire.
Huit décennies après le congrès constitutif tenu à l’Ecole Khaldounia le 20 mars 1946 et qui a vu l’élection de son Secrétaire général emblématique, Farhat Hachad, la très puissante centrale syndicale, qui a beaucoup perdu de son aura ces dernières années, tente aujourd’hui, quasiment, l’ultime chance de survie. C’est en effet tout l’héritage de l’UGTT qui se trouve aujourd’hui suspendu aux urnes du 26è congrès électif qui a démarré hier à Monastir.
Plus de 90 candidats sont déclarés en lice pour un mandat au sein du Bureau exécutif d’une l’Union plus que jamais minée par les querelles internes et complètement écartée du dialogue social et politique. Demain, lorsque seront proclamés les résultats du scrutin, l’on saura de quoi sera fait l’avenir de ce qui a très récemment été un acteur incontournable de la vie politique et un contre-pouvoir majeur de défense des droits économiques et sociaux dans notre pays.
Au-delà des personnes qui prendront demain la relève à la tête de l’organisation ouvrière, c’est bien l’avenir même du syndicalisme dans la Tunisie d’aujourd’hui qui semble se jouer dans ce congrès. Beaucoup d’observateurs estiment que l’UGTT joue aujourd’hui sa crédibilité historique. Si elle parvient à se réformer, elle pourra encore incarner le contre-pouvoir indispensable à toute société en mutation.
Si elle échoue, c’est le patrimoine syndical cumulé des décennies durant et l’incarnation de la lutte pour les droits économiques et sociaux, les libertés individuelles et collectives et la justice sociale qui vont être dilapidés.
Depuis le tournant du 25 juillet 2021 et l’installation progressive de nouveaux paradigmes de gouvernance politique et sociale par Kaïs Saïed, la centrale syndicale s’est retrouvée dans une position inconfortable, tiraillée entre le « devoir » de l’opposition et le « droit » à la contestation et au dialogue. Depuis toujours, les spécialistes croient que l’UGTT n’est pas un simple syndicat comme les autres. Elle est à la fois organisation de défense des travailleurs, acteur politique et éclaireur dans les moments de crise.
L'absence d'une centrale syndicale forte et unie constitue un vide dangereux. Un contre-pouvoir démocratique, légitime et organisé devient indispensable pour peser sur les orientations politiques et protéger les droits fondamentaux des travailleurs.
Le congrès de mars 2026 apparaît ainsi comme un moment de vérité. Parce qu’à l’heure où les défis se multiplient et les inégalités s'approfondissent, l'organisation syndicale aurait dû être au cœur des débats, mais c'est le contraire qui s'est produit. L'UGTT s'est isolée, déchirée par les divisions internes et incapable de proposer une vision claire adaptée aux défis économiques et sociaux du pays.
Demain, à Monastir, les urnes ptononceront le dernier mot. Elles diront si la plus ancienne organisation ouvrière de Tunisie a encore la force de se réinventer dans un pays qui cherche désespérément des repères et des garde-fous. La réponse à cette question dépasse de loin le seul cercle des syndicalistes, parce qu’elle intéresse quasiment tous les Tunisiens qui devaient savoir que sans un contre-pouvoir social solide, les droits économiques et sociaux sont compromis.
H.G.
Guerre contre l’Iran : Téhéran rejette la proposition de paix américaine
La télévision d'Etat iranienne, citant un responsable non identifié, a affirmé, ce mercredi, que l'Iran avait refusé le plan de paix proposé par les Etats-Unis pour mettre fin à près d'un mois de guerre.
"L'Iran a réagi négativement à la proposition américaine", a indiqué Press TV, chaîne publique en anglais et destinée à un public étranger.
"La guerre prendra fin lorsque l'Iran décidera d'y mettre fin, et non lorsque Trump le décidera", a-t-elle ajouté en relayant les propos du responsable iranien sous couvert d'anonymat.
Santé : Kaïs Saïed visite la policlinique d’El Omrane et la Pharmacie centrale
Le président de la République, Kaïs Saïed, a effectué, mercredi, une visite à la policlinique d’El Omrane, relevant de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), où il s’est enquis des préoccupations des citoyens et des dysfonctionnements affectant les services de cet établissement.
Selon la télévision publique Al Wataniya 1, le chef de l’État a pris connaissance des difficultés rencontrées par les usagers et le personnel, dans un contexte marqué par des critiques récurrentes sur la qualité des prestations de santé.
Le président Saïed s’est ensuite rendu au siège de la Pharmacie centrale de Tunisie, structure relevant du ministère de la Santé, où il a examiné les conditions de travail ainsi que les circuits de distribution des médicaments.
UGTT : Démarrage des travaux du 26e congrès ordinaire
Les travaux du 26e congrès ordinaire de l’Union générale tunisienne du travail ‘UGTT) placé sous le slogan : “Fidèles à nos principes, vainqueurs pour les droits et les libertés” ont démarré mercredi dans la ville de Monastir en présence de 614 délégués pour l’élection d’un nouveau bureau exécutif et deux instances nationales pour le règlement intérieur et le contrôle financier.
Le président du congrès et son porte-parole, le secrétaire général sortant de l’UGTT Noureddine Tabboubi, a souligné dans une déclaration aux médias que “la centrale syndicale traverse une période de turbulence, mais demeure solide grâce à la volonté de ses membres et aux décisions de ses structures”.
Concernant les opposants à la tenue du congrès dans le contexte actuel, Tabboubi a indiqué que “la présence d’une ligne syndicale opposante au sein de l’UGTT n’est pas récente”. “L’opposition positive stimule l’action syndicale pour un meilleur rendement” a-t-il dit, précisant que le raccourcissement de la durée du mandat “ne constitue pas un dépassement”.
Il a déclaré que la présidence du congrès “n’est ni une innovation ni une nouvelle mesure”, rappelant que ses prédécesseurs Abdessalem Jerad en 2011 et Houcine Abassi en 2017, avaient présidé les congrès de l’UGTT. La commission administrative de l’UGTT avait convenu, hier mardi, au cours de sa réunion, de désigner le secrétaire général Nourredine Taboubi en tant que président du congrès et son porte-parole officiel, après le retrait de Hassen Arfaoui secrétaire général de l’Union régionale du travail à Manouba de la présidence du congrès.
Le programme du premier jour du congrès, qui se poursuivra durant trois jours (25, 26 et 27 mars 2026) comprend l’élection du président du congrès, des vice- présidents, des rapporteurs et la composition des commissions du congrès dont notamment la commission de vérification des mandats et de dépouillement des votes, la commission de la motion générale, la commission de la motion professionnelle, la commission de la motion interne et la commission sur le conflit arabo- sioniste, mise à part la lecture des rapports moral et financier et la présentation du projet de restructuration.
La séance de l’après-midi a été consacrée aux interventions des délégués, qui se poursuivront jusqu’à demain jeudi, alors que la matinée de vendredi, dernier jour du congrès, sera consacrée aux réponses, à l’approbation du rapport général et du rapport financier, et à la présentation et l’approbation des projets de motions.
L’opération de vote démarre vendredi après- midi, dernier jour du congrès. A noter que 46 candidatures sont en lice pour le bureau exécutif dont neuf femmes parmi lesquelles deux femmes, membres du bureau exécutif sortant : Hedia Arfaoui et Sihem Bousetta.
La liste des candidats comprend également six membres du bureau exécutif sortant dont Slaheddine Selmi et Othman Jallouli ainsi que six secrétaires généraux des Unions régionales.
Par ailleurs, le congrès verra également l’élection de l’instance du règlement intérieur avec 24 candidats en lice, et l’instance du contrôle financier qui compte 21 candidats.
A noter qu’un certain nombre de syndicalistes de l’opposition se sont rassemblés devant l’hôtel qui abrite les travaux du congrès ordinaire de l’UGTT, appelant à son annulation et le qualifiant “d’illégitime”. Ils ont été autorisés à entrer dans le jardin de l’hôtel après avoir été initialement empêchés, où ils ont brandi des slogans contre “la bureaucratie syndicale”.
Augmentation salariale : Et si le pétrole freinait les ambitions du gouvernement… ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le chef de l’Etat a réaffirmé, lors de sa rencontre avec la cheffe du gouvernement, son engagement pour une politique sociale juste qui doit passer par la valorisation des salaires. Comment tenir cet engagement au vu de la conjoncture internationale actuelle ?
La situation économique et sociale du pays a été au cœur de la rencontre tenue dimanche dernier au Palais de Carthage entre le président de la République, Kais Saied, et la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, la ministre des Finances, Mechket Slama Khaldi, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, ainsi que le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar.
Le chef de l’Etat a rappelé à cette occasion que « la Tunisie fait face à de nombreux défis économiques et sociaux », appelant « à les surmonter malgré l’héritage lourd légué par des choix relevant du crime ».
L’application des dispositions de l’article 15 de la loi de finances 2026 a fait l’objet aussi d’une attention particulière du chef de l’Etat qui a réaffirmé sa position en vue d’une politique sociale juste et équitable. Comment, alors, la Tunisie pourrait relever ce défi au vu de la conjoncture internationale actuelle marquée par une envolée des cours du pétrole et du gaz ?
Pour l’expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi : « Il faut rappeler de prime abord que la Loi de finances de l’année en cours prévoit une revalorisation des salaires et des rémunérations dans les secteurs public et privé au titre des années 2026, 2027 et 2028. Cette mesure concerne également les pensions de retraite, dans une volonté affichée de soutenir le pouvoir d’achat de larges catégories de la population.
Seulement et avec le prix actuel du baril, à 113 dollars, cette hausse dépasse largement l’hypothèse retenue dans le budget de l’Etat tunisien, fixée à 63 dollars, avec une enveloppe de subventions d’environ 9,8 milliards de dinars.
Ce dépassement de 50 dollars pourrait engendrer une perte supplémentaire d’environ 8 milliards de dinars ». Où, alors, le gouvernement va chercher ses 8 milliards de dinars pour maintenir l’équilibre budgétaire et réaliser les objectifs prévus par la Loi de finances, notamment en matière de valorisation des salaires ?
Réalisme …
Selon notre expert : « Si on réfère aux déclarations du président de la République, Kais Saied, il semble que plusieurs lignes de financement ont déjà été mobilisées. Cela implique donc les dispositions prévues par la Loi de finances de 2026 portant sur la revalorisation des salaires et des rémunérations dans les secteurs public et privé au titre des années 2026, 2027 et 2028 ainsi que les pensions de retraite.
Alors pour faire face à cette hausse des prix de l’énergie, la Tunisie s’est bien préparée et c’est le secrétaire d’État auprès de la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, qui confirme ce constat.
Lors d’une séance d’audition, organisée mercredi dernier par la Commission des finances et du budget, relevant de l’Assemblée des Représentants du Peuple, Chouchane a, en effet, annoncé que le département de l’Industrie a finalisé la plupart des contrats d’approvisionnement en pétrole brut avec l’Azerbaïdjan et ceux d’approvisionnement en gaz de pétrole liquéfié (GPL) avec l’Algérie, ainsi que des accords avec des fournisseurs européens.
Evoquant l’interconnexion avec l’Algérie et la Libye, il a affirmé que cinq lignes sont actuellement en service avec l’Algérie et deux autres li avec la Libye, ajoutant
que d’autres projets sont programmés pour renforcer la connectivité régionale. Ces mesures pourraient aider la Tunisie à amortir le choc et préserver l’équilibre budgétaire ».
M.B.S.M.
Guerre au Moyen-Orient : La BCT concoctera-t-elle la (mauvaise) recette du durcissement ?
Par Hassan GHEDIRI
Toutes les banques centrales sont aujourd’hui dans une situation embarrassante face aux incertitudes liées à la guerre au Moyen-Orient, susceptibles de relancer le cycle de durcissement monétaire.…
Vingt jours de guerre au Moyen-Orient ont suffi à la Banque centrale européenne pour reconsidérer les perspectives de l’évolution de l’inflation et de la croissance dans le marché commun. « Ce qui est en train de se produire actuellement est un choc sévère », avait en effet estimé Christine Lagarde, la présidente de la BCE, la semaine dernière, pour résumer l’inquiétude de son institution face à la guerre au Moyen-Orient.
Bien que la plus haute autorité monétaire de la zone euro s’abstienne pour le moment de toucher à son taux directeur qui se maintient au niveau de 2%, l’envolée des prix du pétrole et du gaz rendra toutefois presque inévitable une, voire deux hausses des taux au cours des prochains mois.
C’est en effet ce que croient beaucoup d’analystes de l’autre côté de la Méditerranée au vu des grandes incertitudes que la guerre au Moyen-Orient fait planer sur la zone euro. Un conflit qui se durcit de jour en jour mais qui peut également s’arrêter rapidement rendant difficile de faire des prévisions précises.
Ce qui se passe dans la zone euro ne peut, néanmoins, pas ne pas avoir des répercussions directes ou indirectes sur les équilibres économiques et financiers en Tunisie.
Il faut aujourd’hui attendre la prochaine réunion du Conseil d’administration de la BCT pour voir plus clair quant aux perspectives de l’évolution de la politique monétaire dans un environnement géopolitique chaotique et devant le risque d’un emballement sans précédent des prix.
Statu quo
Dans le dernier communiqué datant du 11 février 2026, soit un peu plus de deux semaines avant le début de l’embrasement du Moyen-Orient, le Conseil d’administration de la BCT avait, rappelons-le, décidé de maintenir son taux directeur inchangé à 7%.
Il avait alors justifié sa prudence par la tendance, à l’échelle internationale, des banques centrales des principales économies à opter pour le statu quo au regard des incertitudes entourant les politiques commerciales et l’évolution des prix.
S’agissant du statu quo, la BCT, elle, l’a maintenu pendant deux longues années, en gardant son taux inchangé à 8% depuis fin2022/début2023 jusqu’au mois de mars 2025. Malgré les critiques de beaucoup de spécialistes et de vives contestations des opérateurs économiques, la BCT a obstinément gardé son taux d’intérêt élevé afin de juguler l’inflation.
Une autre baisse, la deuxième en 3 ans, de 50 points de base a été décidée par le conseil d’administration fin décembre dernier en portant taux à 7%. Un taux qui a continué à être jugé excessif par les acteurs économiques. Un mécontentement qui risque d’être prochainement accentué par un nouveau durcissement monétaire sur fond de la flambée de l’énergie provoquée par le conflit dans la région du Golfe.
Toutes les banques centrales sont aujourd’hui dans une situation très délicate a vu des incertitudes suscitées par le conflit au Moyen-Orient et le renchérissement du prix du pétrole qui peut constituer un choc majeur susceptible de bouleverser les politiques monétaires. La BCT ne fait pas l’exception.
Reste à savoir si, face à cette nouvelle poussée d’incertitudes, la BCT choisira encore la voie de la prudence, souvent considérée exagérée, en privilégiant la lutte contre l’inflation au détriment d’une reprise déjà fragile. Un éventuel relèvement des taux, dans un contexte de croissance encore précaire, risquerait d’alourdir davantage le fardeau des entreprises et des ménages.
H.G.
A la Cité des Sciences à Tunis : Regards documentaires sur une Tunisie en mutation
Entre mémoire, territoires et mutations contemporaines, la Cité des Sciences à Tunis consacre une journée au documentaire tunisien, invitant le public à explorer, à travers le regard des cinéastes, les multiples visages d’une Tunisie en pleine transformation.
Dans le cadre de son programme scientifique pour l’année 2026, la Cité des Sciences à Tunis organise, le samedi 28 mars, la deuxième édition de la Journée du Documentaire Tunisien. Fidèle à l’esprit du chapeau, cette manifestation propose une plongée au cœur des dynamiques qui traversent le pays, en mettant en lumière des œuvres qui interrogent à la fois la mémoire collective, les territoires et leurs évolutions.
La programmation s’articule autour d’un fil conducteur cohérent, conçu comme un voyage à travers le temps et l’espace. Des racines historiques aux pratiques culturelles, des liens entre communautés et ressources naturelles aux mutations urbaines, les films sélectionnés dessinent un portrait sensible et pluriel de la Tunisie contemporaine.
Ouverte au grand public comme aux professionnels, chercheurs et passionnés de cinéma, cette journée se veut un espace de partage et de réflexion. Elle ambitionne de valoriser la création documentaire tunisienne tout en favorisant les échanges directs entre réalisateurs et spectateurs autour des grandes problématiques culturelles, environnementales et territoriales.
Sept documentaires sont au programme : « Histoire des Villages Amazighs », « Paroles des pierres » et « Chtioua » d’Abdelhak Tarchouni ; « Raïs-Labhar / Ô ! Capitaine des mers » et « L’Alfa comme l’Or » de Hichem Ben Ammar ; « Seeds» de Fathia Khédir ; ainsi que « Le Grand Tunis : de capitale nationale à métropole régionale », réalisé par Mohamed Salah Argui et produit par l’Agence d’Urbanisme du Grand Tunis.
Les projections se dérouleront en présence des réalisateurs et seront suivies de débats avec le public. Le film « Histoire des Villages Amazighs » donnera lieu à un échange animé par Fethi Ben Maamar, spécialiste de l’histoire berbère. Quant au documentaire « Le Grand Tunis : de capitale nationale à métropole régionale », il sera présenté par Afef Binous, architecte à l’Agence d’Urbanisme du Grand Tunis.
À travers cette initiative, la Cité des Sciences à Tunis réaffirme son engagement en faveur de la diffusion du savoir et de la culture, en proposant un espace où cinéma documentaire et réflexion critique se rencontrent pour éclairer les enjeux d’une Tunisie en constante transformation.
Compétition nationale des clubs d’arts plastiques des maisons et centres culturels : une exposition au Centre culturel international de Hammamet et un hommage à feu Abderrazak Sahli
Le Centre culturel international de Hammamet (CCIH) accueille la cinquième édition de la compétition nationale des clubs d’arts plastiques des maisons et centres culturels.
Cette manifestation artistique d’envergure nationale, organisée par la Direction générale de l’action culturelle (DGAC) relevant du ministère des Affaires culturelles, se tiendra les 26, 27 et 28 mars 2026. Elle ambitionne de célébrer la création plastique et de mettre en lumière les talents de jeunes issus des différentes régions du pays.
Aymen Ben Youssef, président du comité d’organisation de cette édition, a indiqué que cette compétition se déroule chaque année en deux étapes : une phase régionale, suivie d’une phase nationale. Au début de chaque année, un appel à participation est ainsi lancé auprès des maisons et centres culturels.
Il a précisé que la phase régionale se tient dans les 24 gouvernorats, dans le cadre de manifestations dédiées aux arts plastiques. Elle couvre quatre disciplines principales : le dessin, la céramique et la sculpture, la photographie, ainsi que le recyclage artistique. Les participants sont répartis selon des catégories d’âge -enfants, adolescents, jeunes et adultes- afin de garantir une évaluation équitable des œuvres.
Au cours de la saison culturelle 2025-2026, cette phase régionale a enregistré la participation de 189 institutions culturelles et de 1 247 participants. Chaque gouvernorat a retenu trois œuvres pour la phase nationale, représentant les différentes catégories d’âge, tout en laissant aux régions le choix des disciplines.
Rendez-vous à la finale
La phase nationale réunira ainsi 72 œuvres représentant l’ensemble des gouvernorats, réparties équitablement entre les catégories : 24 pour les enfants, 24 pour les adolescents et 24 pour les jeunes et adultes. Certaines de ces œuvres pourront être collectives, associant plusieurs artistes.
Le nombre total de participants à la phase finale atteindra 105, dont 81 lauréats sélectionnés par les jurys régionaux, ainsi que 24 encadrants représentant les différentes régions. S’agissant des distinctions, neuf prix seront attribués, répartis par catégories d’âge, à raison de trois prix (premier, deuxième et troisième) pour chacune des catégories (enfants, adolescents et jeunes/adultes).
La phase nationale comprendra également une résidence artistique, réservée aux jeunes. Les participants seront accueillis à Hammamet et disposeront de tout le matériel nécessaire à la réalisation de leurs œuvres, autour d’un thème qui leur sera proposé. A l’issue de cette résidence, les travaux seront évalués par un jury spécialisé, et des prix seront décernés selon la même logique (premier, deuxième et troisième) pour chaque catégorie.
La manifestation comprend par ailleurs un volet de formation destiné aux encadrants des clubs d’arts plastiques. Celui-ci prévoit un programme de formation, des ateliers pratiques ainsi qu’une conférence scientifique, dans le but de renforcer leurs compétences pédagogiques et artistiques et de consolider leur rôle dans l’accompagnement des jeunes talents.
Dans ce cadre, Aymen Ben Youssef a également indiqué que cette cinquième édition rendra hommage à la mémoire de l’artiste plasticien feu Abderrazak Sahli, à travers une exposition de ses œuvres.
Cette manifestation vise à soutenir les clubs d’arts plastiques et à renforcer leur présence dans le paysage culturel, en offrant un espace de compétition créative et d’échange d’expériences, tout en encourageant les talents émergents à développer leurs compétences et à s’ouvrir à de nouvelles techniques et formes d’expression artistique.
Le Quotidien avec TAP
















