A la Cité de la culture : Le jazz en partage
Tunis devient, le temps d’une résidence exceptionnelle, un véritable laboratoire sonore où se réinventent les langages du jazz, avec en point d’orgue un concert inédit le 28 mars à la Cité de la Culture.
Tunis accueille, depuis le 22 mars, une nouvelle session de formation et de création consacrée au jazz et aux musiques improvisées, à l’initiative de la Fondation Hasdrubal pour la culture et les arts. Menée en partenariat avec le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, le Théâtre de l’Opéra de Tunis et la Télévision Nationale Tunisienne, et soutenue par l’Institut français de Tunisie ainsi que l’Ambassade de France en Tunisie, cette résidence s’impose comme un espace privilégié d’échange artistique.
Sous la direction musicale de Laurent Jost, l’événement rassemble Stéphane Payen, directeur du département Jazz et musiques improvisées du CNSMDP, accompagné de onze musiciens, aux côtés du violoniste Zied Zouari et de vingt-deux artistes tunisiens. Une rencontre riche où se croisent expériences, sensibilités et horizons musicaux.
Tout au long de la semaine, artistes confirmés et jeunes talents explorent ensemble un vaste champ sonore, mêlant instruments occidentaux et traditionnels — de la batterie au oud, en passant par la contrebasse, le saxophone, la trompette, le qanun ou encore la voix. Cette immersion favorise une création vivante, fondée sur l’écoute, l’improvisation et le partage des savoirs.
Point culminant de cette résidence, le concert « Jazz et musiques improvisées » se tiendra ce samedi, le 28 mars à 19h30 au Théâtre des Régions, à la Cité de la culture. Réunissant plus de trente artistes sur scène, cette soirée exceptionnelle, enregistrée par la Télévision Nationale Tunisienne, promet une expérience musicale singulière où se rencontrent traditions, écritures contemporaines et liberté d’improvisation.
Accessible gratuitement aux étudiantes et étudiants tunisiens, sur présentation d’un justificatif de scolarité et dans la limite des places disponibles, ce rendez-vous s’annonce comme un moment fort de la scène culturelle, célébrant une musique en mouvement et ouverte sur le monde.
Editorial : Un piège nommé Ormuz …
C’est une situation bien cocasse dans laquelle se retrouve le président américain depuis la fermeture par l’Iran du détroit stratégique d’Ormuz. Comme diraient nos ancêtres à pareil imbroglio : si tu avances tu tomberas inévitablement dans le puits, si tu recules tu te retrouveras nez à nez avec un buffle en furie qui se fera un plaisir de te faire la peau.
Bref, on peut dire qu’à force de vouloir dominer le jeu en sous-estimant les capacités d’un pays qui lutte avec la force de la foi pour défendre son intégrité territoriale, Donald Trump s’est enfermé dans un piège qu’il a lui-même construit. Le locataire de la Maison Blanche ne sait plus d’ailleurs comment sortir indemne de ce traquenard qui génère des dégâts incommensurables au double plan économique et politique.
En raison de la flambée spectaculaire du prix du carburant à la pompe ainsi que la hausse de l’inflation, le président américain fait l’objet, ces derniers jours, de sévères critiques aux Etats-Unis. Même les citoyens « MAGA » qui constituent sa base électorale fervente montent de plus en plus au créneau et dénoncent sa politique hasardeuse qui ne sert, estiment-ils, nullement les intérêts de leur pays.
Et comme une désillusion n’arrive jamais seule, le blocage du détroit d’Ormuz par où transite près de 20% du pétrole mondial a impacté toute la planète, mettant à mal de très nombreuses économies et générant une flambée inédite des cours de l’or noir sur le marché international.
A l’approche des élections de mi-mandat et au rythme pas du tout rassurant où vont les choses, on peut dire que le président américain est dans la mouise et risque gros. Si une sortie de crise ne venait pas à être trouvée dans les plus brefs délais, la guerre contre l’Iran pourrait abréger logiquement la carrière politique tumultueuse du fantasque président américain dont le passage à la tête de l’exécutif U.S aura, à bien des égards, mis le monde sens dessus-dessous.
De plus en plus isolé aux Etats-Unis, Donald Trump est également largué par les alliés de son pays qui ont rejeté à l’unanimité sa demande expresse et désespérée de les impliquer de manière directe dans le conflit moyen-oriental. Une fois n’est pas coutume, les pays occidentaux membres de l’Otan semblent de plus en plus persuadés qu’il ne faille rien s’attendre de bon de ce président américain imprévisible dont le comportement irrationnel n’obéit à aucune logique.
Et surtout, surtout qui n’hésite pas à traiter avec mépris et dédain tous ses vis-à-vis qu’ils soient des têtes couronnées ou des chefs d’Etat et de gouvernement. Un président U.S qui fait peu de cas pour n’importe quel interlocuteur, y compris les alliés les plus proches.
En refusant de s’engager dans le bourbier moyen-oriental, les alliés des Etats-Unis semblent prendre un malin plaisir de voir Donald Trump s’enliser, chaque jour un peu plus, dans cet inextricable marécage. Il y a comme qui dirait dans cette position, somme toute logique et compréhensible, une volonté de revanche contre un président qui leur a fait voir de toutes les couleurs depuis son come-back fracassant à la Maison Blanche.
Et qui ne rate aucune occasion pour les rapetisser et leur imposer des diktats et des desideratas prohibitifs et contraignants. Piqué au vif pour avoir été délaissé en plein gué par les alliés des Etats-Unis, l’égocentrique président américain tente de transformer comme à l’accoutumée son isolement en posture de défi.
En vain malheureusement : ses menaces de destructions massives, de frappes ciblées et de démonstrations navales n’ont pas eu plus d’effet qu’un simple coup d’épée dans l’eau.
Pis encore : loin d’intimider Téhéran, la rhétorique martiale de Donald Trump a paradoxalement renforcé la détermination du régime iranien en lui offrant exactement ce qu’il cherchait, à savoir un levier de résistance de premier choix capable de chambarder le rapport de force. Ce qui se joue actuellement au détroit d’Ormuz dépasse en fat et très largement le face-à-face entre la coalition américano-sioniste et l’Iran.
C’est une leçon géopolitique qui confirme des vérités immuables, à savoir que la puissance brute ne suffit plus face aux stratégies asymétriques, que la communication erratique devient une vulnérabilité stratégique et que l’économie mondiale peut être prise en otage par la faute d’incorrigibles va-t-en guerre qui ont délibérément ouvert la porte de l’enfer sous des prétextes fallacieux sans en mesurer les terribles conséquences pour l’ensemble de l’humanité.
En voulant éradiquer le régime des mollahs pour concrétiser le rêve sordide des dirigeants sionistes visant à mettre sous leurs bottes tout le Moyen-Orient, Donald Trump a gagné en fait un cocotier. Non seulement il a lamentablement échoué mais il a contribué à placer paradoxalement Téhéran dans une position de force qui lui permet désormais de peser lourd sur le cours des événements.
En dernier recours, le président américain serait bien inspiré de faire amende honorable et d’envisager les moyens devant permettre de mettre un terme à une guerre qu’il ne pourra pas logiquement gagner avant longtemps. Le plus tôt serait d’ailleurs le mieux aussi bien pour tout le monde…
C.B.
Premier League : Mohamed Salah annonce son départ de Liverpool
Mohamed Salah a annoncé dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux qu'il quitterait Liverpool à la fin de la saison. L'attaquant légendaire, à qui il restera une année de contrat une fois la saison 2025-26 terminée, a fait cette révélation dans une vidéo émouvante publiée sur ses réseaux sociaux peu après 18h30 le mardi 24 mars.
Salah a déclaré : « Bonjour à tous. Malheureusement, le jour est arrivé. Voici la première partie de mes adieux. Je quitterai Liverpool à la fin de la saison. »
« Je voulais commencer par dire que je n'avais jamais imaginé à quel point ce club, cette ville, ces gens, deviendraient une partie intégrante de ma vie. Liverpool n'est pas qu'un simple club de football, c'est une passion, une histoire, un esprit. Je ne peux pas l'expliquer avec des mots à quiconque ne fait pas partie de ce club. Nous avons célébré la victoire. Nous avons remporté les trophées les plus importants et nous avons combattu ensemble pendant la période la plus difficile de notre vie. »
« Grâce à vous tous, je ne marcherai jamais seul »
« Je tiens à remercier tous ceux qui ont fait partie de ce club durant mon passage ici, et plus particulièrement mes coéquipiers d'hier et d'aujourd'hui. Et à vous, les fans, les mots me manquent. Votre soutien indéfectible durant les plus beaux moments de ma carrière, et votre présence à mes côtés dans les plus difficiles, resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Partir n'est jamais facile. Vous m'avez offert les plus beaux moments de ma vie. Je serai toujours l'un des vôtres. Ce club restera toujours ma maison et celle de ma famille. Merci pour tout. Grâce à vous tous, je ne marcherai jamais seul. »
Liverpool a déclaré dans son propre communiqué : « Mohamed Salah mettra un terme à son illustre carrière avec le Liverpool FC à la fin de la saison 2025-26. L’attaquant a conclu un accord avec les Reds qui lui permettra de clore un chapitre remarquable de neuf ans à Anfield . Salah a exprimé le souhait de faire cette annonce à ses supporters le plus tôt possible afin d'assurer la transparence quant à son avenir, en signe de respect et de gratitude envers eux. »
Recruté en provenance de l'AS Roma à l'été 2017, le numéro 11 s'est fermement imposé comme l'un des plus grands joueurs de l'histoire de Liverpool, aidant le club à remporter deux titres de Premier League , la Ligue des champions , la Coupe du monde des clubs de la FIFA, la Supercoupe de l'UEFA, la FA Cup et deux Coupes de la Ligue, ainsi qu'un Community Shield.
Avec 255 buts en 435 apparitions à ce jour, l'Égyptien occupe la troisième place du classement des meilleurs buteurs de l'histoire des Reds, remportant le Soulier d'or de la Premier League à quatre reprises, en plus d'une multitude de distinctions personnelles.
Alors que la saison reste encore longue, Salah est pleinement concentré sur l'objectif d'offrir à Liverpool la meilleure fin de saison possible. Le moment de célébrer pleinement son héritage et ses succès viendra donc plus tard dans l'année, lorsqu'il fera ses adieux à Anfield.
Après avoir permis aux Reds de remporter un deuxième titre de Premier League en cinq ans, Salah, qui a marqué 29 buts la saison dernière, a signé un nouveau contrat de deux ans il y a 11 mois.
Déjà joueur le mieux payé de l'histoire du club, sa prolongation de contrat récompensait encore davantage ses performances, mais cette saison est bien différente. L'Égyptien est en passe de réaliser son plus faible total de buts en neuf saisons, avec seulement 10 réalisations toutes compétitions confondues, dont la moitié en championnat.
Écarté de l'équipe fin novembre, Salah a lâché une bombe après un match nul 3-3 à Leeds United le 6 décembre, accusant le club de le « sacrifier » en raison des mauvais résultats de l'équipe d'Arne Slot.
Des discussions en coulisses avec l'entraîneur principal Slot ont finalement permis sa réintégration dans l'équipe six jours plus tard, après qu'il ait manqué un déplacement en milieu de semaine à l'Inter en Ligue des champions à cause de cet incident, avant de s'envoler pour le Maroc pour la Coupe d'Afrique des Nations avec l'Égypte.
Actuellement blessé, on ignore pour l'instant s'il sera apte à affronter Manchester City en quarts de finale de la FA Cup après la trêve internationale.
Barrages qualificatifs pour le Mondial 2026 : La Tunisie connaitra bientôt son 3e adversaire
Les six derniers billets pour la Coupe du monde 2026 seront attribués à l’issue de la dernière phase des barrages, qui aura lieu au cours de cette trêve FIFA. En effet, cette phase va déterminer les quatre derniers qualifiés européens pour le mondial, dont un des adversaires de la Tunisie en phase de groupes.
Voici, par ailleurs, le programme (heure de Tunis):
Toutes les demi-finales auront lieu le 26 mars 2026 à 20h45 alors que les finales se dérouleront le 31 du même mois à 19h45.
Voie 1: (Groupe B au Mondial)
Demi-finales :
Italie - Irlande du Nord
Pays de Galles - Bosnie-et-Herzégovine. .
Voie 2 : (Groupe F au Mondial)
Demi-finales :
Ukraine – Suède
Pologne – Albanie
Voie 3 : (Groupe D au Mondial)
Demi-finales :
Turquie – Roumanie
Slovaquie – Kosovo
Voie 4 : (Groupe A au Mondial)
Demi-finales :
Danemark - Macédoine du Nord
Tchéquie - République d'Irlande.
Les barrages intercontinentaux :
Demi-finale A :
27 mars 2026 :
A 04h00 : Nouvelle-Calédonie (Océanie) - Jamaïque (Concacaf).
Le vainqueur affrontera en finale la RD Congo (CAF) le 31 mars à 22h00
Demi-finale B :
26 mars 2026 :
A 23h00 : Bolivie (Conmebol) - Suriname (Concacaf).
Le vainqueur affrontera en finale l’Irak (AFC) le 1er avril à 04h00.
USBGuerdane: Sofiane Hidoussi remplace Karim Dalhoum
Par Jamel Belhassen
La défaite subie par l'USBGuerdane (1-4) Face au club divisionnaire, le CSMsake en coupe, a précipité le départ de l'entraîneur Karim Dalhoum. Il faut dire aussi que les résultats de l'equipe sont insuffisants depuis quelques temps. Les dirigeants ont vite fait de le remercier pour rappeler Sofiane Hidoussi qui a eu par le passé à diriger le club Sudiste.
Voilà une nouvelle expérience pour ce technicien habitué à passer d'un club à l'autre , pour battre des records de bancs sur le plan national avec parfois des passages ne dépassant pas deux ou trois mois.
J.B.
Congrès de l’UGTT : Justice saisie, sit in ouvert et appels à boycott …
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
92 candidats, sit in ouvert et saisie de la justice, tels sont les points forts marquant ces vingt-quatre heures précédant l’ouverture du congrès extraordinaire de l’UGTT prévu demain à Monastir. A quoi faut-il s’attendre au vu de ces données ?
Alors que l’opposition syndicale a décidé d’observer un sit in à la Place Mohamed Ali à Tunis là où siège l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), un autre groupe syndicaliste a saisi la justice dénonçant un congrès illégal et non conforme aux dispositions du règlement intérieur de l’organisation syndicale.
Entretemps, les préparatifs vont bon train pour l’ouverture de ce congrès extraordinaire prévu ce mercredi dans la ville côtière de Monastir et dont les travaux se poursuivront jusqu’à vendredi prochain avec l’élection du nouveau bureau exécutif et les membres du Comité du règlement intérieur ainsi que ceux du Comité du contrôle financier.
On retiendra également ce communiqué rendu public le weekend dernier par l’Union régionale de l’UGTT du Kef dans lequel les membres du bureau exécutif régional ont dénoncé les dépassements ayant accompagné les travaux de la Commission administrative nationale, laquelle a décidé la tenue du congrès extraordinaire.
De ce fait, l’Union régionale du Kef a décidé de boycotter le congrès. Idem pour plusieurs syndicats de base dont celui de l’enseignement secondaire de Menzel Temim, gouvernorat de Nabeul, qui a décidé de boycotter le congrès. Au vu de ces rebondissements, le secrétaire général, Noureddine Tabboubi, est allé jusqu’à demander samedi dernier le report de ce congrès à une date ultérieure.
Une demande rejetée par les membres de la Commission administrative et, d’ores et déjà, les 614 congressistes qui devraient élire le nouveau bureau exécutif ont commencé à arriver à Monastir.
La même Commission administrative nationale a choisi le secrétaire général de l’Union régionale de l’UGTT de La Mannouba, Hassane Arfaoui, comme président de ce congrès extraordinaire…. A quoi faut-il, alors, s’attendre au vu de ces données ?
Vers une nouvelle crise… ?
Interrogé sur le sort de ce congrès extraordinaire prévu pour les 25/26 et 27 mars, l’activiste Salem Chérif nous a confié : « Maintenant que nous sommes devant le fait accompli, il est certain que ce congrès va éterniser la crise actuelle et sauf un « grand compromis », le prochain bureau exécutif sera contesté voire rejeté par une grande partie de la base syndicale ».
Et d’ajouter : « Il faut retenir cependant quelques détails qui pèseront sur l’avenir de l’UGTT. A mon avis, la candidature à nouveau de six membres de l’actuel bureau exécutif, dont Taher Mezzi, Salah Eddine Salmi, Othman Jellouli, Farouk Ayari, Hedia Arfaoui et Siham Bousta est une erreur au vu de la grande contestation de la base syndicale du bureau sortant.
Aussi, on assiste ces derniers jours à des concertations entre les dirigeants syndicaux et les candidats, dans une tentative d’élaborer des listes consensuelles avant le début du congrès, ce qui est de nature à discréditer ces élections voire les travaux de ce congrès.
Cependant, la multiplicité des candidatures et la divergence des visions rendent difficile un verdict concernant la composition du nouveau bureau exécutif, ouvrant ainsi la voie à plusieurs scénarios, allant d’un consensus partiel à des élections fortement disputées ».
A noter, par ailleurs, que ce congrès extraordinaire accueillera 614 délégués, répartis entre 539 représentants des syndicats de base et 75 membres de l’Instance administrative nationale, ce qui reflète l’ampleur de la participation.
Les candidatures ont également atteint des chiffres sans précédent, avec un total de 92 candidats, répartis entre les différentes structures dirigeantes : environ 46 candidats au bureau exécutif national, 25 candidats à l’instance du règlement intérieur et 21 candidats à l’instance de contrôle financier.
À la veille du congrès extraordinaire de l’UGTT à Monastir, tensions, contestations et divisions internes laissent présager une crise durable, sauf compromis capable de rétablir l’unité syndicale.
M.B.S.M.
Editorial : Revoir ses ambitions à la hausse - Par Hassan GHEDIRI
Considéré, désormais, comme le véritable nouvel « épicentre de la mondialisation », Dubaï aurait attiré près de deux fois le nombre de missiles et drones iraniens tirés vers Israël depuis le début de la guerre au Moyen-Orient le 28 février dernier.
Paradis de l’immobilier de luxe, des affaires et du tourisme très haut de gamme, le joyau économique incontestable des Emirats arabes voit son image de havre de paix financier ébranlé par cette guerre qui embrase tout le Golfe.
Dans une analyse publiée la semaine dernière par Courrier International, l’on note que les attaques menées par l’Iran contre les pétromonarchies mettent leur économie en péril et menacFent leur modèle de développement dans son ensemble.
Dans la même optique, Les Echos, le quotidien français d’information économique et financière, avait estimé le 12 mars que « plus rien ne sera comme avant » au Moyen-Orient, pour décrire dans une tribune un « Eldorado économique perdu des pays du Golfe ».
Tandis que Capital, le mensuel dédié au monde du business, a souligné dans un autre article consacré à la guerre au Moyen-Orient que de nombreux investisseurs inquiets de la situation, cherchent à quitter la région et déplacer leurs actifs vers des places plus sûres.
Le climat d’incertitude créé par la guerre qui augmente la frilosité des capitaux et décourage les touristes à se rendre dans la région devrait inciter les pays. Les plateformes professionnelles constatent déjà un net retournement de tendance sur la plupart des destinations du Moyen-Orient et de sa périphérie, avec des chutes de réservation dépassant parfois 80%.
Beaucoup de pays éloignés de la zone de tension pourraient offrir un refuge à ces flux d’investisseurs et de touristes frileux. Pour ne pas être à la marge de cette opération de séduction qui serait, sans doute, déjà mise en œuvre dans beaucoup de régions du monde, la Tunisie doit sortir de l’expectative et passer à l’acte.
Notre pays peut en effet (et doit) convertir la crise du Moyen-Orient en accélérateur économique, touristique et énergétique. Pour ce qui est des investissements, l’enjeu consistera dans le très court terme de prendre les dispositions à même d’améliorer beaucoup plus le taux de concrétisation des intentions déclarées.
Car, à en croire les données communiquées par l’Agence de promotion des investissements étrangers (FIPA), les prévisions des IDE auraient frôlé les 8 milliards de dinars (MD) en 2025. Traditionnellement, l’on estime que la réalisation de 50% des intentions d’investissement est une bonne chose, pour la Tunisie c’est-à-dire des IDE de l’ordre de 4MD en 2026.
Ces ambitions sont néanmoins antérieures à la crise du Moyen-Orient qui, comme nous l’avons précédemment noté, est sur le point de provoquer de grandes vagues de redéploiement des flux d’investisseurs et de touristes internationaux. La Tunisie devait au moins améliorer son score en tirant vers le haut le taux de concrétisation des intentions d’investissements jusqu’alors limité à 50%.
Tout en admettant la forte concurrence des autres pays de la région qui attirent des IDE plus importants que la Tunisie, la nouvelle donne économique et géopolitique internationale nous incitent à revoir nos ambitions à la hausse malgré les tenions grandissantes, dans le but de se repositionner en tant que site attractif, voire un « refuge » pour les investisseurs étrangers.
Ce repositionnement nécessite l’accélération des réformes et le démantèlement des obstacles administratifs et législatifs. Si, dans la région du Golfe plus rien ne sera plus comme avant la guerre qui ébranle l’eldorado de l’économie mondiale, les bouleversements en cours incitent la Tunisie à accélérer ses réformes et l’obligent en même temps à revoir ses ambitions à la hausse…
H.G.
« Les Carnets de Cerise » à Sfax et à Tunis : Une parenthèse enchantée pour les vacances de printemps
Entre musique, théâtre et images, « Les Carnets de Cerise » invitent petits et grands à une immersion poétique et sensible. Un rendez-vous culturel incontournable pour profiter autrement des vacances scolaires du printemps. Deux dates sont annoncées.
Adapté de la célèbre bande dessinée d’Aurélie Neyret et Joris Chamblain, le spectacle familial « Les Carnets de Cerise fera escale en Tunisie avec deux représentations : le 26 mars au Complexe Mohamed Jamoussi et le 28 mars à 16h à Institut français de Tunisie.
À Sfax, ce rendez-vous s’inscrit dans la programmation de la 9ème édition du Printemps de la bande dessinée, un événement désormais bien ancré dans le paysage culturel local et particulièrement attendu durant cette période de vacancess scolaires. Pensé pour un public à partir de 8 ans, le spectacle propose une expérience immersive où se rencontrent narration, musique et arts visuels.
Au cœur de cette création, Cerise, une fillette de dix ans, « curieuse et rêveuse, passionnée d’écriture et d’observation. À travers ses carnets, elle imagine des histoires, invente des vies et tente de percer les mystères du monde qui l’entoure ». Sur scène, cet univers délicat prend vie grâce à l’interprétation complice de Louise Didon et Fred Demoor. Les deux artistes, à la fois musiciens et narrateurs, mêlent jeu théâtral, violoncelle et guitare pour tisser une atmosphère à la fois intime et envoûtante.
Au plaisir des petits et des grands
Mise en scène par Mathieu Frey et portée par le collectif Improjection, cette adaptation se distingue par sa fidélité à l’esprit de l’œuvre originale tout en proposant une forme artistique hybride. Théâtre, musique et projections de dessins s’entrelacent pour donner naissance à un véritable « opéra-BD », sans artifices, où chaque élément contribue à l’émotion du récit. Le spectacle offre également aux enfants comme aux adultes l’occasion de découvrir une œuvre à succès, « Les Carnets de Cerise », cette série qui compte aujourd’hui six tomes qui suivent les enquêtes et l’évolution personnelle de la jeune héroïne : « Le Zoo pétrifié » (2012), « Le Livre d’Hector » (2013), « Le Dernier des Cinq Trésors » (2014), « La Déesse sans visage » (2016), « Des premières neiges aux Perséides » (2017) et « La Parenthèse d’oubli » (2024), marquant le retour de la série après plusieurs années d’absence. Un hors-série, « Les Carnets de Cerise et Valentin », complète cet univers. Saluée par la critique, la série a notamment reçu le « Prix Jeunesse du Festival d’Angoulême » en 2014 pour son premier tome.
Au-delà de l’imaginaire et de la poésie, « Les Carnets de Cerise » abordent également des thèmes plus profonds, notamment la résilience et le rapport à l’absence. Cette dimension initiatique confère au spectacle une portée universelle, capable de toucher autant les enfants que les adultes.
Produite par GoneProd en coproduction avec le Lyon BD Festival, cette création promet un moment de partage intergénérationnel, entre douceur et créativité. Une invitation à redécouvrir la bande dessinée autrement, le temps d’un spectacle accessible en entrée libre, idéal pour rythmer les journées des vacances de printemps.
Imen.A.
« La voix de Hind Rajab » interdit de projection en Inde
Les autorités indiennes ont empêché la projection du film « La Voix de Hind Rajab » de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania, une œuvre consacrée à une fillette palestinienne tuée dans la bande de Gaza par l’armée sioniste alors qu’elle attendait les secouristes du Croissant Rouge.
Inspiré d’un drame réel survenu en 2025, le film retrace les derniers moments de Hind Rajab, cinq ans. Salué à l’international et figurant parmi les cinq finalistes dans la course aux Academy Awards, dans la catégorie du long-métrage international, le film met en lumière la barbarie sioniste et la souffrance des enfants palestiniens privés de leurs droits fondamentaux même celui de vivre.
Selon le distributeur Manoj Nandwana, de Jay Viratra Entertainment, le refus de diffusion serait lié à des considérations diplomatiques. Un membre du Central Board of Film Certification aurait évoqué un risque pour les relations entre l’Inde et Israël. Bien qu’aucune interdiction officielle n’ait été notifiée, il apparaît que le film ne sera pas autorisé en salles.
Cette décision surprend d’autant plus que l’œuvre a déjà été projetée sans incident, notamment lors d’un festival à Kolkata en 2025. L’affaire relance ainsi le débat sur la liberté artistique face aux enjeux géopolitiques, en particulier lorsqu’il s’agit de traiter de conflits sensibles et surtout de la Palestine et de la souffrance qu’endurent les Palestiniens au quotidien.
Tunis à l’heure du jazz : Plus de 30 artistes réunis pour une création exceptionnelle
La Fondation Hasdrubal pour la Culture et les Arts Mohamed Amouri organise, du 22 au 28 mars 2026 à Tunis, une résidence artistique d’envergure consacrée au jazz et aux musiques improvisées, placée sous la direction musicale de Laurent Jost. Cet événement s’inscrit dans une volonté affirmée de promouvoir la transmission, le dialogue interculturel et l’excellence artistique.
Mis en œuvre en partenariat avec le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP), le Théâtre de l’Opéra de Tunis et la Télévision Nationale Tunisienne, et avec le soutien de l’Institut français de Tunisie ainsi que de l’Ambassade de France, ce projet réunit des artistes confirmés, des pédagogues et de jeunes talents autour d’une dynamique de création partagée.
Pour cette édition, Laurent Jost a invité Stéphane Payen, directeur du département Jazz et musiques improvisées du CNSMDP, accompagné de plusieurs musiciens issus de cette institution de référence. À leurs côtés, la scène tunisienne sera largement représentée, notamment par le violoniste Zied Zouari, ainsi que par plus de vingt musiciennes et musiciens sélectionnés pour participer à cette résidence.
Durant une semaine, artistes et étudiants partagent leurs pratiques, confrontent leurs esthétiques et explorent de nouvelles formes d’expression musicale. Cette immersion collective couvre un large éventail de disciplines instrumentales et vocales, allant de la batterie au piano, des cuivres aux bois, sans oublier les instruments traditionnels tels que l’oud et le qanûn.
Moment phare de cette résidence, la Fondation Hasdrubal produira un concert exceptionnel intitulé « Jazz et musiques improvisées », réunissant plus de 30 artistes sur scène. Ce concert se tiendra le samedi 28 mars 2026 à 19h30, à la Cité de la Culture de Tunis – Théâtre des Régions, et sera enregistré par la Télévision Nationale Tunisienne.
Cette soirée offrira au public une expérience musicale singulière, marquée par la rencontre de traditions, de sensibilités et de parcours artistiques variés, dans un esprit de liberté, d’écoute et d’invention.
Fidèle à ses engagements en faveur de l’accès à la culture, la Fondation Hasdrubal propose la gratuité aux étudiantes et étudiants tunisiens, sur présentation d’un justificatif, dans la limite des places disponibles.
Coupe de Tunisie - 1/16e de finale : Six clubs de Ligue 1 éliminés , exploit de US Jerba Ajim
Par Jamel Belhassen
Les seiziemes de finale de la coupe de Tunisie ne sont pas passés sans faire de victimes notables. A commencer par le Club Africain qui a laissé des plumes à Monastir, le Stade Tunisien qui a plié à Soliman aux tirs aux buts, tout comme l'AS Marsa à Bizerte et l'AS Gabes à Metlaoui ou la JSKairouan qui a été Éliminée in'extremis par le CS Sfaxien sur un penalty à la 122e minute sans oublier l'USBGuerdane qui a été battue par le CS Msaken par quatre buts à un.
Les autres clubs de l'élite la Ligue 1 ont passé le tour avec plus ou moins d'aisance. Les trois derniers matches joués ce lundi ont permis aux US Jerba Ajim,club amateurs, S.Gabesien et B.Bouhajla .
Résultats
USM- CA 1- 0
CAB- ASM 2- 2 TAB 5- 4
ASS -ST 2 -2 TAB 4- 1
ESZ -CSK 0- 0 TAB 4 -3
SS Mornag- OB 1- 1 TAB 3 -5.
JSK- CSS 0- 1
ESM -ASG 5 -2
PSS Eddaier- FS Sahline 6- 0
FSKG- ESS 0- 5
CSM- USBG 4- 1
JS- SRS 2 -0
OS Kebili- JSO 0- 1
ASAgareb- SG 1-4
USJerba Ajum- EMM 2-0
BBBouhaja- USKEssef 2-1 après prolongations.
N.B. : le match Widad Hammam- Espérance de Tunis est programmé pour samedi 28 mars au stade de Hamma.
J.B.
Marché du travail : Focus sur la création d’emplois et le développement des compétences en Tunisie
La Facilité Investissements pour l’emploi a lancé un nouvel appel à projets en Tunisie. Les entreprises privées, ainsi que les organisations publiques et à but non lucratif, peuvent solliciter des subventions de cofinancement. Pour en bénéficier, les projets d’investissement doivent créer des emplois dans le secteur privé en Tunisie. La date limite de candidature est le 1er juin 2026.
Cet appel à propositions est axé sur la création d'emplois sur le marché du travail national (volet « création d'emplois »). Le volet dédié à la création d’emplois soutient des investissements visant à générer des emplois durables en Tunisie et contribue à la levée des obstacles à l’investissement.
Elle comprend notamment des investissements dans les unités de production, les équipements, le développement de compétences ainsi que la formation de la main-d’œuvre en lien avec le projet de création d’emplois envisagé.
L’appel à propositions sollicite des candidatures pour quatre types de projets :
1. Projets à but non lucratif (sans aucune génération de revenus) : La facilité couvre jusqu’à 90 % des coûts d’investissement.
2. Projets à but non lucratif (avec génération de revenus) : La facilité couvre jusqu’à 75 % des coûts d’investissement.
3. Projets à but lucratif (la majorité des nouveaux emplois sont créés au sein d’entités tierces) : La facilité couvre jusqu’à 35 % des coûts d’investissement.
4. Projets à but lucratif (la majorité des nouveaux emplois sont créés au sein de l'entité/ des entités du candidat) : La Facilité couvre jusqu’à 25 % des coûts d’investissement.
La Facilité octroie des subventions allant de 800 000 à 10 millions d'euros par projet pour le volet création d'emplois.
L’IFE ne cofinance que des projets matures qui n’ont pas encore démarré et qui offrent des perspectives raisonnables de viabilité opérationnelle et financière. Il s’agit d’un cofinance- ment de projet, avec des apports propres de la part des candidats.
Outre la subvention à la création d'emplois, les candidats peuvent solliciter un cofinancement pour des mesures de formation visant à améliorer la qualité de la formation d’une main d’œuvre qualifiée, destinées principalement au marché du travail tunisien, avec une perspective supplémentaire d'opportunités d'emploi potentielles en Allemagne.
Alors que le volet « création d'emplois » est ouvert à tous les secteurs, ce volet cible les secteurs suivants : le secteur principal et secondaire de la construction, l'industrie métallurgique et électrique, l'éducation et les affaires sociales, la transformation alimentaire, les transports et la logistique, les technologies de l'information, ainsi que l'hôtellerie et la restauration.
Les activités éligibles comprennent, par exemple, la construction, la rénovation et l’équipement d’infrastructures de formation (bâtiments, salles de classe et ateliers), ainsi que la formation linguistique ou le perfectionnement technique en adéquation avec les besoins du marché du travail.
Les candidatures pour des projets en Tunisie peuvent être soumises du 20 mars au 1er juin 2026.
Dans un premier temps, l’IFE procédera à une présélection sur la base des propositions de projets soumises. Dans un second temps, les candidats présélectionnés seront invités à soumettre des propositions de projet détaillées, qui feront ensuite l’objet d’une évaluation approfondie.
Les candidats retenus se verront proposer un contrat de subvention.
Les Aigles de Carthage s'envolent pour le Canada : Pour un maximum de profit
Par Jamel Belhassen
La grande aventure avec le nouveau sélectionneur des Aigles de Carthage, Sabri Lamouchi, a commencé aujourd'hui. Dans la perspective de la Coupe du monde 2026, la délégation tunisienne s'est envolée à destination du Canada pour honorer deux engagements à Toronto. Le 29 mars courant à 1h du matin contre Haïti et le 1er avril à 00h30 contre le Canada.
Cette journée FIFA, la seule qui précédé la Coupe du monde de juin et juillet prochain sera une occasion propice pour Sabri Lamouchi et son staff de mettre sur pied un ensemble compétitif et porter un jugement objectif sur les dispositions des uns et des autres avant d'effectuer le dernier casting avant d'arrêter la liste finale. La balle est dans le camp des joueurs convoqués, anciens et nouveaux. Espérons que ce rassemblement canadien atteindra tous ses objectifs.
J.B.
Investissement dans l’hôtellerie : La Tunisie, une destination attractive en Afrique
Par Hassan GHEDIRI
Avec un peu plus d’une quinzaine de projets en cours, la Tunisie continue malgré tout à attirer les investissements internationaux dans l’hôtellerie…
Le dernier rapport du cabinet international W Hospitality Group sur le développement des chaines hôtelières en Afrique met en évidence une situation plutôt contrastée de la Tunisie. Notre pays figure en effet dans le top 10 des destinations africaines qui attirent le plus d’investissements dans l’hôtellerie.
Selon le rapport publié en mars, la Tunisie arrive septième des dix pays africains accaparant environ 80% des investissements dans la construction de nouveaux hôtels en 2026. Notre pays n’est pas donc à la marge de la grande dynamique qui caractérise les investissements internationaux dans ce secteur stratégique.
Cette présence confirme que le pays conserve une certaine attractivité et reste malgré tout visible comme une destination touristique importante à l’échelle du continent. Plusieurs projets d’hôtels sont en cours ou annoncés, portant sur des complexes balnéaires, des établissements exploités par des chaînes internationales et des unités de grande capacité.
Entre 15 et 17 nouveaux hôtels seraient actuellement en construction en Tunisie, d’après les données collectées par cabinet W Hospitality Group implanté au Nigeria. Les nouvelles créations formées de ressorts et des hôtels de chaines internationales totaliseront un peu plus de 4 mille chambres.
Une lecture plus détaillée du rapport montre néanmoins que la destination Tunisie ne joue pas dans la même catégorie des destinations les plus dynamiques du continent telles que l’Egypte et le Maroc. Ces deux pays comptabilisent à eux seuls plus de 55 mille chambres.
L’Égypte et le Maroc occupent les premières places avec des volumes d’investissement très largement supérieurs, suivis par des pays comme le Nigeria, le Kenya ou l’Éthiopie, qui attirent de plus en plus de projets grâce à des politiques volontaristes et à des programmes d’infrastructures ambitieux. Des marchés plus petits, à l’image du Cap-Vert, tirent leur épingle du jeu en affichant un rythme de développement plus soutenu.
Pour la Tunisie, la présence dans le Top 10 constitue une certaine résilience du secteur du tourisme dans un contexte économique marqué par une prudence accrue des investisseurs, liée à un climat d’affaires accablé par les lenteurs administratives et l’absence de grands projets structurants capables de relancer la confiance.
La dynamique des investissements hôteliers est souvent considérée comme un baromètre de l’attractivité globale d’un pays. Les destinations qui dominent aujourd’hui le classement sont celles qui ont mis en place des stratégies claires, modernisé leurs infrastructures et facilité l’accès au financement. A l’inverse, les pays où les réformes tardent à se concrétiser progressent plus lentement, même lorsqu’ils disposent d’un potentiel touristique reconnu.
La Tunisie, qui dispose d’un savoir-faire de haut niveau et d’une notoriété incontestable dans le marché touristique mondial mais qui traine à engager des réformes structurantes dans le secteur, risque de perdre progressivement du terrain face à des concurrents plus offensifs. Certes, le rapport de W Hospitality Group met en exergue une certaine dynamique de la destination Tunisie mais laisse aussi paraître une ruée spectaculaire des IDE touristiques sur les pays concurrents.
H.G.
Endettement des ménages : Tous les moyens sont bons pour survivre ...
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Vivre à crédit n'est pas un choix pour les Tunisiens, mais plutôt une obligation imposée par la crise socioéconomique qui secoue le pays depuis 2011. Que disent les chiffres et que pensent les experts de cette tendance ?
L'endettement des ménages tunisiens a atteint des niveaux records en raison de la baisse du pouvoir d'achat et de la hausse du coût de la vie. Les crédits bancaires non professionnels ont atteint environ 29,3 à 29,5 milliards de dinars fin 2024, avec une augmentation marquée des crédits à la consommation et un taux d'impayés en hausse.
Les experts expliquent cette tendance par la nécessité de soutenir la consommation courante à cause notamment de la baisse du pouvoir d'achat et le taux d'inflation qui a atteint des niveaux records au cours des quinze dernières années. Conjointement, la capacité d'épargne des ménages s'est fortement contractée, chutant de 8,6% en 2021 à 2,5% en 2024.
Pour l'expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi : " La situation financière des ménages reste fragile, le recours au crédit devenant un moyen de survie pour de nombreuses familles, avec un niveau d'impayés en augmentation, selon les données de la centrale des risques et de l'IACE.
A long terme, le taux de surendettement des ménages va conduire à une crise sociale très grave qui est de nature à générer de véritables drame comme la malnutrition, l’effritement familial voire l'effondrement de tout le système social".
En effet, selon les statistiques du ministère de la Santé : " La malnutrition en Tunisie est un défi croissant, marqué par une insécurité alimentaire touchant environ 3 % de la population en 2019. Près de la moitié (49 %) des enfants de 0 à 5 ans ne reçoivent pas les apports nutritionnels minimums requis, une situation aggravée par la pauvreté et les disparités régionales ".
S'endetter pour survivre...
Pour le Tunisien lambda, tous les moyens sont bons pour joindre les deux bouts, "Personnellement, je n'ai pas le choix. Vivre à crédit est le seul moyen pour nourrir les miens. Avec un seul salaire et deux enfants à charge en plus de leur mère, mon compte bancaire est toujours à découvert et pour mes besoins en alimentation, c'est l'épicier du quartier qui me fait crédit.
Il m'est arrivé même de contracter un crédit chez Enda pour ma femme afin de m'aider à payer le loyer et les factures de la STEG et de la SONEDE ", nous dira Ali, père de famille. Idem pour Zohra, mère de famille, qui nous a déclaré : " Même avec deux salaires, nous n'arrivons pas à nous en sortir moi et mon mari. Tout est cher, y compris le loyer qui représente 30% de nos deux salaires. Alors, on doit s'endetter pour assurer le minimum ".
Pour notre expert : " Le pouvoir d'achat en Tunisie traverse une période de forte érosion due à une inflation élevée (7-9% entre 2022-2024) dépassant la hausse des salaires, provoquant une perte de pouvoir d'achat d'environ 14 % pour les salariés ".
Et d'ajouter : "La structure des dépenses des ménages observée à travers la dernière enquête de l'Institut national de la statistique s’inscrit en rupture de tendance par rapport aux exercices précédents pour certaines rubriques. C’est notamment le cas de la part consacrée aux produits alimentaires dans le budget des ménages qui passe de 28,9% en 2015 à 30,1% en 2021, après une baisse tendancielle durant les dernières décennies.
Cette proportion consacrée aux produits alimentaires atteint même environ 35% chez les ménages du premier quintile de dépense. De même, la part des dépenses de transport, historiquement à la hausse, a baissé à 6,9% (contre 9,4% en 2015) alors que la part de dépenses allouées à d’autres rubriques, comme celles des produits de santé et d’hygiène, a marqué une augmentation substantielle, sans doute en raison de l’impact de la crise sanitaire ".
Face à cette spirale d’endettement, la situation des ménages tunisiens apparaît de plus en plus préoccupante. Entre inflation persistante, stagnation des revenus et hausse continue du coût de la vie, le recours au crédit n’est plus une option mais une nécessité pour survivre. Cette dépendance fragilise davantage l’équilibre financier et social des familles, déjà éprouvées par des années de crise.
Sans mesures structurelles pour relancer le pouvoir d’achat, maîtriser les prix et soutenir les plus vulnérables, le risque d’aggravation des inégalités et des tensions sociales demeure réel, menaçant à terme la cohésion du tissu économique et social du pays.
M.B.S.M.
















