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Editorial : Revoir ses ambitions à la hausse - Par Hassan GHEDIRI

Considéré, désormais, comme le véritable nouvel « épicentre de la mondialisation », Dubaï aurait attiré près de deux fois le nombre de missiles et drones iraniens tirés vers Israël depuis le début de la guerre au Moyen-Orient le 28 février dernier.

Paradis de l’immobilier de luxe, des affaires et du tourisme très haut de gamme, le joyau économique incontestable des Emirats arabes voit son image de havre de paix financier ébranlé par cette guerre qui embrase tout le Golfe.

Dans une analyse publiée la semaine dernière par Courrier International, l’on note que les attaques menées par l’Iran contre les pétromonarchies mettent leur économie en péril et menacFent leur modèle de développement dans son ensemble.

Dans la même optique, Les Echos, le quotidien français d’information économique et financière, avait estimé le 12 mars que « plus rien ne sera comme avant » au Moyen-Orient, pour décrire dans une tribune un « Eldorado économique perdu des pays du Golfe ».

Tandis que Capital, le mensuel dédié au monde du business, a souligné dans un autre article consacré à la guerre au Moyen-Orient que de nombreux investisseurs inquiets de la situation, cherchent à quitter la région et déplacer leurs actifs vers des places plus sûres. 

Le climat d’incertitude créé par la guerre qui augmente la frilosité des capitaux et décourage les touristes à se rendre dans la région devrait inciter les pays. Les plateformes professionnelles constatent déjà un net retournement de tendance sur la plupart des destinations du Moyen-Orient et de sa périphérie, avec des chutes de réservation dépassant parfois 80%.

Beaucoup de pays éloignés de la zone de tension pourraient offrir un refuge à ces flux d’investisseurs et de touristes frileux. Pour ne pas être à la marge de cette opération de séduction qui serait, sans doute, déjà mise en œuvre dans beaucoup de régions du monde, la Tunisie doit sortir de l’expectative et passer à l’acte.

Notre pays peut en effet (et doit) convertir la crise du Moyen-Orient en accélérateur économique, touristique et énergétique. Pour ce qui est des investissements, l’enjeu consistera dans le très court terme de prendre les dispositions à même d’améliorer beaucoup plus le taux de concrétisation des intentions déclarées.

Car, à en croire les données communiquées par l’Agence de promotion des investissements étrangers (FIPA), les prévisions des IDE auraient frôlé les 8 milliards de dinars (MD) en 2025. Traditionnellement, l’on estime que la réalisation de 50% des intentions d’investissement est une bonne chose, pour la Tunisie c’est-à-dire des IDE de l’ordre de 4MD en 2026. 

Ces ambitions sont néanmoins antérieures à la crise du Moyen-Orient qui, comme nous l’avons précédemment noté, est sur le point de provoquer de grandes vagues de redéploiement des flux d’investisseurs et de touristes internationaux.  La Tunisie devait au moins améliorer son score en tirant vers le haut le taux de concrétisation des intentions d’investissements jusqu’alors limité à 50%.

Tout en admettant la forte concurrence des autres pays de la région qui attirent des IDE plus importants que la Tunisie, la nouvelle donne économique et géopolitique internationale nous incitent à revoir nos ambitions à la hausse malgré les tenions grandissantes, dans le but de se repositionner en tant que site attractif, voire un « refuge » pour les investisseurs étrangers.

Ce repositionnement nécessite l’accélération des réformes et le démantèlement des obstacles administratifs et législatifs. Si, dans la région du Golfe plus rien ne sera plus comme avant la guerre qui ébranle l’eldorado de l’économie mondiale, les bouleversements en cours incitent la Tunisie à accélérer ses réformes et l’obligent en même temps à revoir ses ambitions à la hausse…     

H.G.

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