Editorial : A bon entendeur, salut ! - Par Hassan GHEDIRI
Les patrons d’entreprises ne sont pas du tout satisfaits par la manière avec laquelle est géré le domaine des énergies renouvelables dans notre pays. Leur mécontentement, ils l’ont fait entendre très clairement devant la commission parlementaire chargée de l’industrie et de l’énergie lors d’une séance d’audition organisée récemment.
Des représentants des deux organisations patronales UTICA et CONECT ont fait part des difficultés que rencontrent les entrepreneurs souhaitant investir dans la production des énergies renouvelables.
La commission parlementaire qui a voulu prendre l’avis des spécialistes à propos des projets de lois relatifs à de cinq nouvelles autorisations d’investissement dans les énergies renouvelables, a pu prendre connaissance des principaux freins auxquels se heurtent les investisseurs tunisiens et étrangers et qui continuent à entraver la transition énergétique en Tunisie.
Les barrières au développement des alternatives aux énergies fossiles sont d’ordre juridiques et administratives ainsi que plusieurs autres complexités techniques concernant l’exploitation des infrastructures de la STEG, le raccordement aux réseaux et le stockage des énergies.
Tandis que le monde retient son souffle en priant pour que le conflit au Moyen-Orient ne se transforme pas en une guerre généralisée, l’énergie est plus que jamais placée au cœur des préoccupations de tous les pays. Depuis le début des hostilités, il y a exactement six semaines, tous les spécialistes ont mis en garde contre un embrasement durable de toute la région qui fournit environ 30% des besoins mondiaux de pétrole et du gaz.
Voyant le scénario catastrophique prendre forme après l’échec des négociations pour un cessez-le-feu et la détermination des Etats-Unis à semer le chaos dans la région, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a établi des prévisions très alarmistes pour les mois à venir.
Dans une note publiée avant-hier mardi, l’agence a dit craindre voir une part croissante de la population mondiale faire face à des pénuries d’énergies de plus en plus sévères à partir du deuxième trimestre de 2026.
Contraints de puiser dans leurs réserves stratégiques de pétroles, les pays importateurs vont tenter de trouver des barils dans une offre de plus en plus limitée. Des tensions qui font déjà envoler le prix de la livraison de barils de pétrole brut, atteignant avant-hier, d’après l’AIE, 150 dollars.
Cette guerre au Moyen-Orient qui enflamme les marchés de pétrole et du gaz dans le monde entier, serait en passe de pousser beaucoup de pays à se passer d’énergies fossiles. Elles se présente comme une occasion de rattrapage pour les pays dépendant énergétiquement et qui tardent à valoriser leur potentiel d’énergie renouvelables.
L’Etat tunisien qui observe, presque impuissant le déficit commercial historique du pays qui poursuit son creusement à cause de sa grande vulnérabilité énergétique, n’a aujourd’hui aucun prétexte pour ne pas enlever toutes les barrières réglementaires, administratives et techniques qui empêchent le développement des énergies renouvelables.
Il est complètement aberrant, en effet, de voir par exemple un pays comme l’Allemagne, avec un taux d’ensoleillement trois fois moins que celui de la Tunisie (1200 heures par an contre plus 3400 h/an) produire 60% de son électricité à partir des énergies propres, alors que ce taux ne dépasse pas 6% en Tunisie.
L’Allemagne ainsi que plusieurs autres pays ont su d’emblée que le soleil ne suffit pas pour réussir leur transition énergétique. Ils ont compris qu’il faut qu’il y a d’abord et avant tout une volonté politique forte. A bon entendeur salut !
H.G.
Mois du patrimoine 2026 : Le coup d’envoi régional sera donné à Siliana
La 35ème édition du Mois du patrimoine, organisée sous l’égide du ministère des Affaires culturelles du 18 avril au 18 mai dans les divers gouvernorats du pays, est placée cette année sous le thème « Patrimoine et architecture ». Le coup d’envoi régional sera donné à Siliana, à partir du Centre de stages, vacances et camping d’Aïn Bousaadia, à l’initiative de la Délégation régionale aux Affaires culturelles, du Complexe culturel et de la Maison de la culture de Siliana.
Ce rendez-vous culturel met en relief la richesse architecturale de la région à travers un programme varié mêlant ateliers, expositions et visites de terrain. Ces activités, complétées par une conférence sur le rôle de l’architecture dans le développement durable et divers spectacles, visent à réaffirmer l’architecture comme l’un des principaux piliers de l’identité culturelle.
Le programme de l’ouverture régionale propose des visites guidées du village de Ballouta et d’Aïn Boussaadia, sous la direction de Zied Laabidli, conseiller en patrimoine, afin d’explorer les monuments de la région. Le public pourra notamment découvrir des expositions de photographies patrimoniales, les maquettes anciennes et modernes de l’architecte Assala Guitouni, les travaux de l’Institut Supérieur des Arts et Métiers de Siliana et la présentation d’œuvres sur l’architecture tunisienne. Ces moments seront rythmés par les intermèdes musicaux du saxophoniste Makrem Souai.
L’après-midi sera consacrée à des ateliers thématiques portant sur le moulage, la construction traditionnelle en terre et pierre, la création de maquettes de maisons d’hôtes, la décoration, le dessin et la photographie, avec une section spéciale pour les enfants. Une conférence sur la « Valorisation de l’architecture locale à Aïn Boussaadia » est aussi prévue.
La clôture de cette manifestation sera couronnée par le spectacle musical « Transhumance, les bergers de Sammama », célébrant les chants des bergers de Jbel Bargou avec l’artiste Adnen Helali à Aïn Bousaadia.
Déchets de soins à risques infectieux : Session d’initiation aux bonnes pratiques…
Par Hassan GHEDIRI
Les professionnels de santé chargés de la gestion des déchets d’activité de soins en Tunisie ont souvent tendance à négliger des règles élémentaires de sécurité lors de l’accomplissement de leurs taches…
Un tombeau sombre a été dressé l’année dernière par le Haut comité de contrôle administratif et financier (HCCAF) après avoir passé au peigne fin les mécanismes de traitement déchets médicaux dans les hôpitaux publics et les cliniques privées en Tunisie. Dans son 29 rapport rendu public début 2025, le HCCF a épinglé de nombreuses lacunes en ce qui concerne la surveillance et la prévention des risques liés à la gestion des déchets d’activités de soins (DAS).
Le rapport a notamment signalé l’absence, durant toute la dernière décennie, de suivi, de contrôle et de surveillance des centres de dialyse dans la région du Grand Tunis qui abrite le plus grand nombre de ces structures.
Un laisser-aller qui a conduit à une anarchie totale dans la gestion des DAS, comme l’a pu constater le HCCAF puisque plus de 72% des centres de dialyse et environ 60% des cliniques privées font fi aux règles relatives à la gestion sécurisée des déchets dangereux. Ce sont surtout les déchets à risques infectieux qui posent un vrai problème de santé publique étant un facteur de propagation et de transmission des maladies et de certains virus (Hépatite B et C, VIH Sida…).
Chaque année, environ 20 mille tonnes de déchets de santé sont générées par les établissements de soins partout en Tunisie, dont presque la moitié est composée de déchets dangereux, selon des statistiques officiels qui datent de 2020.
Il faut dire que l’arsenal juridique tunisien relatif à la gestion des DAS est assez étoffé. Au cours des deux dernières décennies, plusieurs lois régissant les déchets en général et les déchets dangereux en particulier ont été promulguées. C’est l’application défaillante des règlements qui pose toutefois problème comme a pu le constater le HCCF.
Pour remédier aux défaillances, et dans le cadre de son rôle vulgarisation des bonnes pratiques en ce qui concerne le traitement des déchets dangereux pour l’environnement et pour la santé publique, le Centre international des technologies de l’environnement de Tunis (CITET) abritera début mai prochain un cycle de formation dédié à la gestion des déchets d’activités de soins à risques infectieux.
Cette session qui cible tous les professionnels de santé opérant dans établissements de santé publics et privés et directement impliqués dans la gestion des déchets de soin vise à développer les compétences en matière d’identification, du tri, de collecte de stockage et de traitement des déchets à risques infectieux conformément aux normes sanitaires et environnementales nationales et internationales.
Il convient de souligner que généralement, sur la quantité totale de déchets produits par les activités de soins de santé, environ 85 % sont des déchets de type général qui ne sont pas dangereux, presque identiques aux déchets ménagers.
H.G.
Ligue des champions - L'Espérance s'envole aujourd'hui pour l'Afrique du Sud : Plus de droit à l'erreur
Par Jamel Belhassen
Après avoir raté la première manche face à Mamelodi Sundowns, dimanche à Rades. S'inclinant par un but à zéro, L'Espérance s'envole aujourd'hui pour l'Afrique du Sud sur un vol régulier Tunis- Dubai- Pretoria.
Un vol long et harassant et c'est pour cette raison que la direction du club a choisi de partir aujourd'hui, mercredi, question de trouver assez de temps pour récupérer de la fatigue du voyage , sachant que le match retour est programmé pour ce samedi à partir de 14 heures.
Chapitre effectif, Patrice Beaumelle ne pourra pas compter sur les sevices de Jebali, encore convalescent. Sur le plan mental, l'equipe est décidée à refaire le terrain perdu au match aller en jouant le tout pour le tout à Pretoria. Beaumelle est en train de mettre l'accent sur tous les aspects du jeu .
Les erreurs commises à Rades sont revues à la loupe tout comme les caractéristiques de l'adversaire. Il appartient maintenant au Français de trouver la meilleure formule pour tenter de mener l'équipe vers une qualification tant attendue par les supporters car à l'aller, certains choix au milieu et en attaque laissaient à désirer.
En tout cas, les Sang et Or n'ont plus de droit à l'erreur s'ils veulent rééditer le coup du Caire face à Al Ahly et passer en finale.
J.B.
Officiel: le derby EST-CA de la 29e journée sera confié à des arbitres étrangers
Finalement, la Direction Nationale d'arbitrage a décidé dès maintenant de confier le match de la 29e journée de la Ligue 1 à des arbitres étrangers d'Europe, ceux de la VAR compris. Plusieurs demandes ont été envoyées à différentes fédérations.
Sage décisions après les erreurs commises ces derniers temps partout sur les terrains de la République d'autant plus que le derby entre l'Espérance et le Club Africain a de fortes chances d'être décisif dans la course au titre de champion.
J.B.
Le pain à base de son : Comment convaincre le consommateur ?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La Tunisie a officiellement adopté la production d’un nouveau type de pain subventionné, riche en fibres, comme alternative au pain blanc traditionnel, dans le but d’améliorer la santé publique et de lutter contre les maladies chroniques. Que pensent les experts de ce choix ?
Selon l'institut national de nutrition : "Ce pain est fabriqué à partir de farine riche en fibres et en son, avec un taux d’extraction atteignant 85 %, ce qui permet de préserver la valeur nutritionnelle complète du grain de blé". De son côté, le ministère du Commerce a indiqué que " l'État maintiendra les mêmes prix subventionnés : la baguette sera vendue à 0,190 dinar (0,066 dollar) et le grand pain à 0,230 dinar (0,080 dollar).
Le président par intérim de la Chambre nationale des propriétaires de boulangeries, Yahia Moussa, a, par ailleurs, déclaré que " l’orientation vers le remplacement du pain blanc classique par du pain au son riche en fibres permettra de distinguer la farine destinée au pain subventionné de celle utilisée pour la pâtisserie (non subventionnée), et de lutter contre la manipulation des produits subventionnés".
Moussa à également précisé que " le nouveau pain sera plus sain et moins coûteux" , affirmant que " le son utilisé pour sa fabrication est totalement différent de celui destiné à l’alimentation animale. Il aura de nombreux bienfaits pour la santé, notamment pour les personnes souffrant d’obésité, de diabète et de cholestérol ".
Il a aussi indiqué qu’aucune modification de prix ne sera appliquée, le pain restant subventionné, et que la production de ce nouveau type de pain a déjà commencé dans deux boulangeries du gouvernorat de Gafsa (sud-ouest de la Tunisie). Que pensent les experts de ce choix?
Oui, mais...
Interrogé à ce sujet, Dr Ahmed Fouad Rekik, nous a confié : " Cette décision constitue une étape positive vers l’amélioration de la qualité de l’alimentation quotidienne des Tunisiens. L'augmentation du taux d’extraction de la farine à 85 % permet de conserver une plus grande partie des composants du grain entier, augmentant ainsi la teneur en fibres et en minéraux.
Le pain riche en fibres améliore la digestion, procure une sensation de satiété plus durable et contribue à la prévention de maladies chroniques comme le diabète. La teneur en sel du nouveau pain sera également réduite d’environ 33 %, ce qui est très bénéfique pour la prévention des maladies". Reste à savoir si le consommateur va être convaincu ?
A cet effet, l'expert bancaire, Houssine Chalghaf:" Il faut mener des campagnes de sensibilisation afin d'expliquer ce choix aux consommateurs qui doit comprendre que cette option vers le pain à base de son n'affectera pas le pouvoir d'achat et n'aura aucun effet sur son budget". A noter que l’État tunisien détient le monopole de l’importation et de la distribution des produits céréaliers destinés à la fabrication du pain subventionné, via l’Office des céréales.
Cet organisme public gère exclusivement les achats de céréales, que ce soit auprès des agriculteurs tunisiens ou par importation sur le marché international. La production de pain en Tunisie est répartie entre deux types de boulangeries : celles qui reçoivent de la farine subventionnée et respectent les prix fixés par l’État, et celles qui produisent du pain à prix libre.
Les boulangeries tunisiennes produisent quotidiennement 6,7 millions de pains, dont 3,9 millions de grands pains et 2,7 millions de petits pains (appelés localement « baguette »). Environ 6,5 millions de quintaux (65 000 tonnes) de farine sont consommés, selon des données officielles. Au-delà de l'assiette, c'est une petite révolution économique qui s'opère.
En optimisant l'extraction de la farine, la Tunisie réduit non seulement sa facture d'importation céréalière, mais s'attaque aussi, à long terme, au coût colossal de la prise en charge des maladies chroniques. Un pari sur l'avenir où la santé publique devient le premier levier de la souveraineté alimentaire du pays.
M.B.S.M.
Editorial : Le blocus de tous les dangers…
Par Chokri Baccouche
Ainsi donc, et après l’échec des négociations tout à fait prévisibles du reste avec les Iraniens, les Etats-Unis ont imposé un blocus sur le détroit d’Ormuz. D'après le Wall Street Journal, plus de 15 navires de l’US.Navy seraient actuellement positionnés pour arrêter les cargos avant qu'ils n'atteignent les ports iraniens.
Entrée en vigueur depuis lundi dernier, cette mesure vise selon les responsables washingtoniens à couper les revenus pétroliers du régime des mollahs afin de le forcer à accepter les conditions de la Maison Blanche pour un accord de paix. Jusque-là, on le sait, l’Iran tolérait l’accès au détroit d’Ormuz aux seuls pétroliers battant pavillon de pays jugés non hostiles.
Moyennant un droit de passage, ces bateaux principalement chinois, indiens ou pakistanais, pouvaient charger leur précieuse cargaison et circuler librement dans cette artère maritime stratégique par où transitent quelque 20% des importations mondiales d’hydrocarbures.
Officiellement donc, l’objectif pour les Etats-Unis est d’assécher la manne financière du pétrole pour les Iraniens afin de leur forcer la main et les pousser à accepter les termes prohibitifs de l’accord qu’ils veulent leur imposer coûte que coûte.
Mais en réalité il ne s’agit que de la face visible de l’iceberg car cette manœuvre hasardeuse cache en effet une partie d’échec diplomatique à très haut risque mise en place par le président américain dans l’espoir hypothétique de sortir de la mauvaise passe et du piège, politiquement et économiquement mortel, qu’il a lui-même construit.
En imposant ce blocus de part et d’autre du détroit d’Ormuz, les États-Unis jouent, en effet, gros car leur décision met en jeu des intérêts économiques absolument énormes avec des puissances comme la Chine, l'Inde et le Pakistan.
Pékin qui importe d’Iran 40% de ses besoins en hydrocarbures ne manquera certainement pas de considérer le blocus américain d’Ormuz comme un acte hostile délibéré surtout si l’on tient compte bien évidemment des rivalités féroces opposant les deux pays pour le leadership mondial.
Après avoir été privée de la manne pétrolifère gigantesque du Venezuela, suite au récent coup d’Etat américain contre le régime de Maduro, la Chine, poussée cette fois-ci dans ses derniers retranchements, ne manquera pas de réagir en conséquence.
Il se pourrait d’ailleurs que les dirigeants chinois adoptent la même démarche en imposant à leur tour un blocus naval sur le détroit de Taïwan par où transitent les précieux microprocesseurs taïwanais sur lesquels repose toute l’industrie américaine.
En fermant le détroit dans l’espoir douteux de mettre au pas le régime iranien, le président américain risque non seulement de se mettre à dos des puissances géopolitiques à ne pas sous estimer mais également d’aggraver la crise économique qui sévit actuellement dans le monde. La décision léonine de Donald Trump a d’ailleurs fait flamber les cours du pétrole sur le marché international, boostant l’inflation dans de nombreux pays et mettant à mal bien des économies.
Et dire qu’on était à deux doigts de parvenir à un accord devant mettre un terme à cette sordide guerre, mais c’était sans compter les manigances vicieuses du Premier ministre israélien qui a tout fait pour torpiller les négociations entre Américains et Iraniens tenues il y a quelques jours à Islamabad au Pakistan.
Benjamin Netanyahu qui utilise les guerres comme combustible pour se maintenir indéfiniment au pouvoir et concrétiser ses objectifs expansionnistes ainsi que ses délires faussement messianiques, veut en fait maintenir la région sous tensions permanentes. Le plus grand danger pour les Américains c’est que le vicieux Premier ministre israélien cherche à les embarquer dans la galère des guerres non stop qui ne servent en réalité nullement les intérêts de leur pays.
La fermeture par Trump du Détroit d’Ormuz peut être considérée en définitive comme un jeu dangereux avec des allumettes dans un baril de poudre géopolitique. Non seulement elle met au défi plusieurs Etats et perturbe massivement les marchés énergétiques, mais elle risque de générer également une escalade dont personne ne peut maitriser l’issue.
À force de transformer la politique internationale en spectacle, le président américain feint d’oublier que l’improvisation qui tient lieu de stratégie peut conduire à des impasses encore plus dangereuses et préjudiciables pour l’ensemble de la communauté internationale. Dans l’intérêt de tous, Etats-Unis en premier, il serait d’ailleurs bien inspiré de donner une chance réelle à la paix, sans ambages ni faux-fuyants.
Le monde ne lui sera que reconnaissant d’avoir enterré la hache d’une énième guerre qui menace de faire sombrer toute la planète dans les affres du chaos et de l’incertitude…
C.B.
La conférence internationale « Créativité, Numérique et Humanités » : Penser les transformations culturelles contemporaines
La station Yasmine Hammamet accueillera du 25 au 26 novembre prochain une conférence internationale autour des liens entre créativité, numérique et humanités, dans une perspective interdisciplinaire.
Ce rendez-vous interdisciplinaire réunira chercheurs, doctorants, artistes et professionnels des industries culturelles et créatives. Organisée par l’association AMAVI dans le cadre du programme TACIR, cette première édition, placée sous le thème « Approches interdisciplinaires », vise à instaurer un espace de dialogue entre recherche académique, création artistique et innovation technologique.
L’événement est organisé en partenariat avec l’Université de la Manouba, l’ISAMM, la Revue IBLA, l’Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain (IRMC), Microcred, l’association Nachaz Dissonances et le centre MEDINA-Mediterranea, renforçant ainsi une dynamique de coopération entre acteurs académiques, culturels et économiques.
La conférence propose une réflexion sur les profondes mutations des écosystèmes culturels et créatifs à l’ère du numérique. Les pratiques de création, de production, de diffusion et d’accès au savoir connaissent aujourd’hui des transformations rapides, portées notamment par l’intelligence artificielle, les technologies immersives et les plateformes numériques. Ces évolutions redéfinissent les rapports aux œuvres, aux récits, aux identités et aux patrimoines, tout en modifiant les modes d’attention, de mémoire et de transmission.
Dans ce contexte, l’événement met en avant la nécessité d’approches multi-, inter- et transdisciplinaires, capables d’articuler recherche, innovation technologique, pratiques artistiques et inclusion sociale. Les débats s’organiseront autour de plusieurs axes, notamment la durabilité des modèles culturels face à la plateformisation, la résilience des écosystèmes créatifs confrontés aux crises, ainsi que les effets des technologies numériques sur les inégalités culturelles et sociales.
Seront également abordées les conditions d’un accès équitable aux outils de création et aux technologies immersives, ainsi que les enjeux de gouvernance, de régulation et de protection des droits fondamentaux dans les espaces numériques.
Festival international Jean Rouch- Edition tunisienne : « La Bataille d’Alger » en ouverture
Le rideau se lève ce soir, à 18h30, au Cinéma Africa sur la 3ᵉ édition hors-les-murs à Tunis du Festival international Jean Rouch. Au programme : la projection de « La Bataille d’Alger, un film dans l’Histoire » de Malek Bensmaïl. La projection du film sera suivie d’un échange avec l’historienne Kmar Bendana et également le réalisateur.
Organisé par l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC) du 15 au 19 avril 2026 avec l’appui du Comité du film ethnographique du Festival Jean Rouch, le festival propose, durant cinq jours, une sélection de films documentaires lié aux sciences humaines et sociales. Les projections sont gratuites et ouvertes au public.
Au programme : neuf films, des débats avec les réalisateur (trice)s et des chercheur (e)s en sciences sociales, ainsi qu’une master-class ouverte au public animée par Malek Bensmaïl. En amont, des ateliers d’initiation à l’écriture documentaire et ethnographique ont réuni depuis le 14 avril des étudiant(e)s en cinéma et en anthropologie visuelle venus du Maghreb, d’Afrique de l’Ouest et d’Europe.
Fondé en 1982 par le cinéaste et ethnologue Jean Rouch, ce rendez-vous international poursuit ainsi son déploiement hors de France pour favoriser la circulation des regards et des pratiques documentaires. La clôture, dimanche 19 avril, proposera deux films tunisiens « Tomates maudites » de Marwa Tiba, puis « On the hill » de Belhassen Handous.
Programme des projections
-Mercredi 15 avril : 18h30 : « La Bataille d’Alger, un film dans l’Histoire » 18h30
- Jeudi 16 avril : 14h00 : Master-class de Malek Bensmaïl/ 16h00 : « Life is Salty »/ 18h00 : « La femme qui marche »/ 18h30 : « Where can I get lost »
-Vendredi 17 avril : 16h00 : « We are inside »
- Samedi 18 avril : 16h00 : « Rashid, l’enfant de Sinjar »/ 18h30 : « Buddha in Africa »
- Dimanche 19 avril : 16h00 : « Tomates maudites »/ 17h30 : « On the hill »
Justice : Mandat de dépôt à l'encontre de Chawki Tabib
Le premier juge d’instruction près le pôle judiciaire économique et financier a émis, ce mardi 14 avril, un mandat de dépôt en prison à l’encontre de l’ancien président de l’Instance de lutte contre la corruption, Chawki Tabib, dans une affaire liée à des accusations de dépassements commis lors de sa gestion de l’instance.
Il est à noter que Chawki Tabib est également concerné par une deuxième affaire, actuellement en cours devant la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière auprès du tribunal de première instance de Tunis, qui sera examinée lors de l’audience du 27 avril courant.
Justice : Renvoi du procès de Zeghidi et Bessaies et rejet de la demande de libération
La chambre criminelle de la Cour d’appel de Tunis a rejeté, mardi soir, la demande de remise en liberté des deux journalistes, Mourad Zeghidi et Borhen Bessaies dans le cadre de l’affaire pour laquelle ils sont poursuivis pour blanchiment d’argent. La nouvelle audience a été fixée au 28 avril courant.
Pour rappel, la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis avait condamné à trois ans et demi de prison les deux journalistes pour des faits liés à l’évasion fiscale et à des infractions à caractère financier. Les deux accusés ont fait appel de ce jugement.
Etats-Unis : Non content de critiquer le pape, Trump se prend aussi pour le Christ !
Après s’être déjà présenté comme protégé par une intervention divine, Donald Trump a déclenché une polémique en publiant puis supprimant une image générée par IA le représentant dans une posture inspirée de Jésus.
Après la protection divine suite à un attentat raté contre lui en juillet 2024 lors de la campagne présidentielle, Donald Trump a fait de nouveau parler lui. Une image générée par intelligence artificielle montrant le président des Etats-Unis dans une posture inspirée de Jésus a provoqué une vive polémique outre-Atlantique, conduisant le président à la supprimer lundi de son réseau Truth Social.
Diffusée dimanche, l’illustration reprenait les codes de la peinture chrétienne, avec Donald Trump drapé dans une toge rouge et blanche, auréolé de lumière, posant la main sur le front d’un homme allongé, entouré de figures et d’éléments patriotiques comme des aigles, un avion de combat ou la statue de la Liberté.
Face aux critiques, le président américain a rejeté toute intention religieuse. « Ce n’était pas une représentation. C’était moi. Je l’ai bien publiée, et je pensais que c’était moi », a-t-il déclaré, ajoutant : « C’est censé être moi en tant que médecin, soignant les gens. Et je soigne les gens. Je les soigne beaucoup ».
Cette publication était intervenue peu de temps après une attaque verbale du pape Léon XIV, qui avait critiqué la guerre en Iran. En réponse, Donald Trump s’en était pris au souverain pontife, affirmant qu’il ne voulait d’un pape qu’il le critique. Lundi, le président américain en a remis une couche en assurant qu’il ne présenterait pas d’excuses, qualifiant le chef de l’Eglise catholique de « très faible ».
Vive réaction des milieux conservateurs religieux
La réaction a été immédiate dans les milieux conservateurs religieux. L’ancienne élue Marjorie Taylor Greene a dénoncé une image « plus qu’un blasphème » évoquant « un esprit antéchrist », estimant que le président « a publié une photo de lui-même comme s’il prenait la place de Jésus ».
D’autres voix, dont l’écrivaine Megan Basham, ont également dénoncé un « outrageux blasphème », appelant au retrait du message, tandis que le pape Léon XIV avait lui-même lancé quelques jours plus tôt : « Assez de l’idolâtrie du moi et de l’argent ! Assez des démonstrations de force ! Assez de guerre ! », dans un contexte de tensions accrues autour de la guerre contre l’Iran.
Elles sont de plus en plus indiscrètes et fréquentes en Tunisie : Les maladies affectant les céréales sont à prendre très au sérieux
Par Hassan GHEDIRI
Tandis que les agriculteurs se débrouillent comme ils peuvent pour sauver leurs récoltes de blé, la propagation accélérée de certaines maladies rend incertain le résultat de leur labeur…
Après les rouilles du blé qui ont mis sur le qui-vive les autorités agricoles après la multiplication des infections dans de nombreuses exploitations de céréales au nord du pays depuis début mars, c’est désormais la septoriose, autre maladie particulièrement redoutée par les céréaliculteurs, qui commence à s’étendre progressivement dans les parcelles de blé en Tunisie.
Les agriculteurs qui ont vu leur campagne de semis entravée par les difficultés d’approvisionnement en engrais, se retrouvent doublement pénalisés à cause de cette explosion des maladies affectant leurs cultures. Changement climatique aidant, les champignons se font de plus en plus indiscrets dans les parcelles du blé.
L’augmentation de l’humidité après les précipitations enregistrées au cours des dernières semaines dans la plupart des régions agricoles favorisent l’apparition des maladies.
Après avoir détecté à partir de fin février, des foyers de la rouille jaune dans plusieurs exploitations de blé au nord du pays, le ministère de l’Agriculture a appelé les agriculteurs à redoubler de vigilance pour prévenir la prolifération des maladies capable d’endommager leurs récoltes.
Comme la rouille jaune qui continue à donner du fil à retordre aux céréaliculteurs, l’émergence de la septoriose met en évidence un défi des maladies agricoles qui ont tendance à devenir fréquents et précoces en raison du changement climatique.
Mise en garde
Dans un communiqué publié mercredi dernier, le ministère chargé de l’Agriculture a en effet annoncé que des cas de septoriose et de taches bronzées ont été détectés dans des champs de blé des principales zones de production céréalière au nord du pays.
Le ministère a estimé dans le même cadre que le niveau d’infection nécessite une intervention urgente avant la propagation de la maladie aux feuilles supérieures. Des pluies prévues en ce mois d’avril pourraient accélérer davantage la propagation de cette maladie, doit-on mettre garde dans le même communiqué.
Ce phénomène observé dans beaucoup de pays de la Méditerranée particulièrement exposée au réchauffement du climat, incite les autorités à adapter leur politique agricole pour anticiper ces nouveaux défis. Plusieurs études prospectives font état d’un changement radical de la distribution géographique et temporelle des maladies affectant les cultures.
Les spécialistes croient d’ailleurs que pour un pays comme la Tunisie qui espère augmenter sa production afin de renforcer sa sécurité alimentaire et réduire sa dépendance à l’importation, il est primordial de suivre de très près ces évolutions à venir et à adopter les solutions à mettre en place pour y faire face.
Les scientifiques sont en effet unanimes à considérer que l’activité agricole dans le monde va être confrontée à un risque de maladies globalement plus fort. Les simulations suggèrent que les impacts conjugués du changement climatique seraient le plus souvent négatifs sur le rendement des blés.
Ce constat s’expliquer par l’élévation des températures automnales et hivernales qui favoriserait le développement des champignons, notamment ceux qui se nour¬rissent au dépend d’une plante vivante comme les rouilles du blé. Tandis que l’augmentation d’épisodes de pluies intenses combinée à des températures plus douces au printemps sont en passe d’accélérer les cycles des champignons tels que la septoriose.
Pour toutes ces raisons, une surveillance des épidémies est primordiale pour anticiper les risques et prévenir la perte des récoltes. Pour la Tunisie, qui importe plus de 80% de ses besoins de consommation en blé et qui espère accroitre son autosuffisance doit améliorer ses modèles de lutter contre les maladies affectant les grandes cultures.
H.G.
Blocus du détroit d'Ormuz : Quand les Américains cherchent à impliquer tout le monde...
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
* L’échec des négociations a réintroduit le risque lié au détroit d’Ormuz dans les prix du pétrole, poussant le brut au-dessus de 100 $.
* Les marchés ont réagi malgré l’absence de fermeture totale du détroit, ce qui a montré à quel point Ormuz est vulnérable aux perturbations.
* L’évolution à venir dépendra de la mise en œuvre des mesures, du trafic maritime et du fait que cette prime de risque s’estompe ou se renforce
La décision du président américain Donald Trump d’imposer un blocus du détroit d'Ormuz et de poursuivre tous les navires qui paient des frais de passage à l’Iran interpellé les observateurs. Quel est l›objectif de cette nouvelle escalade américaine ?
L’armée américaine a annoncé qu’elle commencerait à mettre en œuvre un blocus de tout le trafic maritime entrant et sortant. Elle a précisé que les autres navires seraient toutefois autorisés à traverser le détroit d’Ormuz s’ils ne se dirigent pas vers des ports iraniens. La décision du président américain, Donald Trump, de fermer le détroit d’Ormuz a immédiatement entraîné une hausse des prix du pétrole et suscité des craintes de pressions économiques accrues à l’échelle mondiale.
De son côté, le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaee, a affirmé que son pays « ne permettra pas » un tel blocus, indiquant qu’il dispose de « leviers de pression importants encore inexploités » pour y faire face. Idem pour le porte-parole du commandement unifié des forces armées iraniennes, « Khatam al-Anbiya », qui a déclaré lundi dernier que « la sécurité des ports dans le Golfe arabe et la mer d’Oman doit être assurée pour tous ou pour personne », selon l’agence de presse Fars News Agency.
Le porte-parole a qualifié l’imposition par les États-Unis d’un blocus des ports iraniens d’« acte illégal s’apparentant à de la piraterie ». Il a ajouté que les forces iraniennes « mettront en œuvre de manière décisive un mécanisme permanent de contrôle du détroit d’Ormuz à la suite des menaces américaines », affirmant qu’elles n’autoriseront pas le passage de ce qu’il a décrit comme des « navires ennemis ». Il a précisé que « les autres navires pourront continuer à transiter par le détroit, à condition de respecter les règles imposées par les forces armées iraniennes ».
Cette nouvelle escalade intervient après l’échec des négociations d’Islamabad visant à conclure un accord entre Washington et Téhéran, ce qui menace le cessez-le-feu conclu la semaine dernière et qui avait suscité l’espoir d’une résolution rapide du conflit.
Les négociations, menées par le vice-président américain J. D. Vance et le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, ont échoué en raison de divergences concernant l’avenir du programme nucléaire iranien. De fait, les observateurs craignent que cette nouvelle escalade n›enflamme les marchés et ne provoque une hausse vertigineuse des cours du pétrole.
Les marchés s’enflamment ...
Pour l’expert, Mohamed Salah jennadi:» Il s’agit d’un véritable choc pétrolier provoqué par le blocus annoncé par les USA du détroit d’Ormuz et qui a frappé les marchés après que les discussions entre les États-Unis et l’Iran au Pakistan se sont terminées sans accord. Et même s’il ne s’agit pas d’une fermeture totale du détroit d’Ormuz. puisque les Américains ont indiqué que les navires circulant entre des ports non iraniens pouvaient toujours traverser le détroit, les marchés ont réagi comme s’il s’agissait d’un risque pour l’approvisionnement.
Le brut américain a, en effet, augmenté de 8 % pour atteindre 104,24 dollars le baril, tandis que le Brent a progressé de 7 % à 102,29 dollars. Par ailleurs, les contrats à terme sur les actions américaines se sont orientés à la baisse lors des premières transactions. Il faut savoir également que marchés ont réagi comme si les risques d’approvisionnement avaient fortement augmenté.
Les flux transitant par le détroit d’Ormuz en 2024 et au premier trimestre 2025 ont représenté plus d’un quart du commerce maritime mondial de pétrole et environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole et de produits pétroliers. Dés lors une voie d’une telle importance n’a pas besoin d’être totalement fermée pour faire grimper les prix : il suffit juste qu’elle paraisse moins fiable.
Ainsi le cours du pétrole n’a pas bondi parce que le détroit d’Ormuz a été totalement fermé, mais parce que le marché a cessé de faire confiance à la capacité de cette route à fonctionner normalement. En effet, la mesure américaine était limitée aux ports iraniens, mais les traders l’ont tout de même considérée comme un risque pour l’approvisionnement, car le détroit d’Ormuz est trop crucial pour pouvoir absorber de nouvelles perturbations sanréaction .
Et de conclure : «Les contrats à terme ont reculé car le marché a considéré la hausse soudaine du pétrole comme un choc macroéconomique, et non comme un mouvement limité au secteur de l’énergie. Les premières estimations ont montré une baisse des contrats à terme sur le Dow de 0,8 %, de 0,5 % pour les contrats à terme sur le S&P 500 et de 0,9 % pour ceux du Nasdaq, tandis que le pétrole brut est remonté au-dessus de 100 $. Il s’agit d’un mouvement d’aversion au risque, et non d’une rotation sectorielle».
M.B.S.M.
Mois du patrimoine célèbre l’art architectural
Le ministère des Affaires culturelles a dévoilé l’affiche officielle de la 35ème édition du Mois du Patrimoine, prévue du 18 avril au 18 mai 2026. Placée sous le slogan « Patrimoine et Architecture », cette édition mettra en lumière la richesse et la diversité des styles architecturaux du pays.
L’événement, co-organisé par l’Institut National du Patrimoine (INP) et l’Agence de Mise en Valeur du Patrimoine et de Promotion Culturelle (AMVPPC), s’appuie sur un visuel mettant en avant les façades typiques, les arcs en pierre et les détails de menuiserie artisanale.
Pour cette édition, le Centre international de Tunis pour l’économie culturelle numérique (TICDCE) renouvelle son appui à la valorisation du patrimoine à travers un appel à participation pour la production de contenus numériques et interactifs. Les propositions doivent être soumises au plus tard le 22 avril 2026 à 12h00.
La manifestation s’ouvrira le 18 avril, à l’occasion de la Journée internationale des monuments et des sites, pour se clôturer le 18 mai, coïncidant avec la Journée internationale des musées. À ces deux dates, l’accès aux sites archéologiques et aux musées publics sera gratuit pour les citoyens tunisiens et les résidents étrangers, sur présentation d’un justificatif.
Le programme complet des festivités sera communiqué prochainement par les institutions culturelles relevant du ministère.
















