A la Galerie Saladin : Ces femmes pour la paix…
Ouverte depuis le 14 mars, l’exposition « Femmes pour la paix » de Titanilla Eisenhart est une invitation pour le public afin de découvrir des œuvres célébrant la force et l’engagement des femmes.
La Galerie Saladin, à Sidi Bou Saïd, accueille cette exposition de la plasticienne autrichienne Titanilla Eisenhart, dans le cadre des activités liées à la Journée internationale des droits des femmes.
Cette exposition, soutenue par l’Ambassade d’Autriche en Tunisie et le Centre « NEW WAYS » pour le développement durable, rend hommage aux femmes engagées à travers une sélection d’œuvres reflétant leur force et leur créativité. Plateforme indépendante à but non lucratif, « NEW WAYS » promeut le développement durable à l’échelle européenne et internationale, en combinant approche sociale et artistique.
Artiste visuelle active sur la scène internationale, Titanilla Eisenhart développe une pratique pluridisciplinaire mêlant peinture, dessin, collage, sculpture, photographie et installations. Sa démarche conceptuelle explore notamment la représentation du corps féminin, l’identité, la mémoire, les rapports de pouvoir et les relations entre humanité et nature. Ses œuvres abordent des thématiques récurrentes telles que la condition des femmes, les dynamiques sociales contemporaines, le dialogue entre l’humain et le vivant, ainsi que l’expérimentation des formes visuelles dans l’espace.
Son parcours compte de nombreuses expositions à l’étranger, au Palais Kinsky à Vienne, à l’Austrian Cultural Forum de New York ou au Lentos Kunstmuseum de Linz, confirmant sa reconnaissance sur la scène artistique internationale.
L’exposition « Femmes pour la paix » se poursuit jusqu’au 7 avril, offrant au public l’occasion de découvrir une œuvre engagée et poétique, mêlant réflexion sociale et exploration artistique.
Festival du film arabe de Malmö : Trois cinéastes tunisiennes au rendez-vous
Le premier long-métrage de la cinéaste tunisienne Amel Guellaty « Where the Wind Comes From » poursuit sa trajectoire internationale lors de de la 16ème édition du Festival du film arabe de Malmö, qui se tiendra du 10 au 16 avril dans la ville suédoise de Malmö.
Cette présence s’inscrit dans une participation tunisienne plurielle à cette édition du festival, qui accueille également le documentaire « To Dream Perhaps » de Nidhal Guiga (Tunisie/France) dans la compétition documentaire, ainsi que le court-métrage « Salopette » de Feryel Ben Boubaker dans la section dédiée aux courts- métrages. Trois œuvres qui témoignent de la vitalité et de la diversité de la création cinématographique tunisienne contemporaine.
Coproduit entre la Tunisie, la France et le Qatar, « Where the Wind Comes From » (D’où vient le vent), qui figure dans la compétition officielle des longs-métrages de fiction, a entamé son parcours international en 2025 avec une première mondiale remarquée au Festival du film de Sundance, l’un des rendez-vous majeurs du cinéma indépendant. Le film a ensuite connu sa première européenne au Festival international du film de Rotterdam, avant d’être présenté en Tunisie dans le cadre des Journées cinématographiques de Carthage, où il a rencontré un accueil particulièrement chaleureux.
D’une durée de 99 minutes, ce premier long métrage de fiction propose un regard sensible sur les aspirations de la jeunesse tunisienne. Le récit suit Alyssa et Mehdi, deux amis qui décident de quitter momentanément leur quotidien pour entreprendre un road trip de Tunis à Djerba. Au fil de ce voyage, les paysages traversés deviennent le miroir d’un questionnement plus intime : celui d’une génération partagée entre incertitudes sociales, rêves d’ailleurs et désir d’émancipation. À travers cette errance lumineuse, la réalisatrice explore les tensions entre attachement au pays et quête d’horizons nouveaux.
Lors de sa présentation aux Journées cinématographiques de Carthage, le film a été distingué par plusieurs récompenses dans les sections parallèles, dont le Prix du public, le Prix du meilleur scénario et le Prix de la critique, confirmant l’écho rencontré auprès des spectateurs et des professionnels. Sa sortie dans les salles tunisiennes, le 14 janvier 2026, a également contribué à renforcer cette réception positive.
La sélection de « Where the Wind Comes From » au Festival du film arabe de Malmö vient ainsi prolonger la visibilité internationale du film et offrir une nouvelle vitrine au cinéma tunisien.
A l’affiche du Malmö 2026
Fondé en 2011, le Festival du film arabe de Malmö s’est imposé au fil des années comme la principale plateforme dédiée au cinéma arabe en Europe. L’événement constitue à la fois un espace de diffusion pour les œuvres venues du monde arabe et un lieu de rencontres et d’échanges entre professionnels des industries cinématographiques arabes et nordiques.
Pour cette 16ème édition, le festival a retenu 39 films, dont 22 longs métrages et 17 courts, représentant 14 pays arabes, avec des coproductions associant également 14 pays occidentaux. Les compétitions officielles comprennent dix longs métrages de fiction, sept documentaires et onze courts métrages, auxquels s’ajoutent plusieurs sections parallèles, notamment « Arab Nights », les projections scolaires, la section « Voix de Suède » et un programme familial, confirmant l’ambition du festival de toucher un public large et diversifié.
Ouverture des Journées francophones 2026
Des lettres et des cartes occupaient la galerie de l’Institut français de Tunisie (IFT) où le Mois de la Francophonie, s’est ouvert samedi soir comme une traversée de mots, de sons et d’histoires partagées.
Diplomates, artistes et étudiants ont pris part à l'ouverture pour marquer le lancement d'une saison culturelle des « Journées Francophones 2026 » en Tunisie qui, pendant plusieurs semaines, fera voyager la langue française à travers des concerts, des expositions et des rencontres.
La langue française : un héritage et une richesse
À travers les interventions des diplomates, un fil historique s’est dessiné rappelant l’œuvre des pères fondateurs de la Francophonie, de Habib Bourguiba à Léopold Sédar Senghor, pour lesquels la langue constituait un espace de dialogue entre les peuples. Aujourd’hui, cette vision s’inscrit dans un cadre multiculturel qui dépasse les frontières linguistiques et culturelles.
« La Francophonie est née, elle a grandi et elle a conquis le monde », rappelle l’ambassadeur de la République démocratique du Congo en Tunisie et président du Groupe des Ambassadeurs Francophones (GAF) en Tunisie, Désiré-Salomon Mwendanga Musengo. Avec près de 330 millions de locuteurs, le français circule désormais d’un continent à l’autre, a affirmé le diplomate.
Dans un paysage linguistique en constante évolution, où certains locuteurs se tournent vers d’autres langues internationales, il estime néanmoins que le français poursuit son expansion. Apprendre une langue supplémentaire constitue une richesse, souligne-t-il, tandis que négliger une langue comme le français, porteuse d’histoire et de pensée, pourrait conduire à un appauvrissement culturel.
La jeunesse et les artistes au coeur de la francophonie
La culture occupe une place centrale dans les activités prévues pour le Mois de la Francophonie, conçues comme autant de rencontres avec les imaginaires du monde francophone. Concerts, expositions, projections et débats composent cette programmation culturelle où la langue apparaît comme un point de convergence et les jeunes tiennent une place particulière.
À l’ère des réseaux sociaux et de la création numérique, un Prix des jeunes influenceurs francophones en Tunisie a été lancé afin d’encourager de nouvelles formes d’expression en français et de valoriser la créativité d’une nouvelle génération.
La représentante de l’Organisation internationale de la Francophonie pour l’Afrique du Nord, Haoua Acyl, a rappelé pour sa part la place du français dans la région. « Dans cette vaste région de diversité et de richesse culturelle, la langue française est une langue de culture, d’administration et d’ouverture sur le monde, cohabitant harmonieusement avec des identités plurielles », a-t-elle déclaré.
Elle a également souligné que la Journée internationale de la Francophonie, célébrée le 20 mars, est placée cette année « sous le signe de la jeunesse et de sa capacité à imaginer et à innover face aux défis contemporains ».
Citant Léopold Sédar Senghor, qui définissait la Francophonie comme « cet humanisme intégral qui se tisse autour de la terre », elle a rappelé l’importance de la solidarité et du respect de la diversité culturelle comme principes fondateurs de cet espace de coopération.
Évoquant le contexte international marqué par les tensions et les conflits, l’ambassadeur congolais a estimé que la Francophonie pouvait contribuer à promouvoir des valeurs de solidarité et de compréhension mutuelle. « La Francophonie est là pour vulgariser des valeurs de solidarité et de compréhension entre les peuples », a-t-il souligné.
Le diplomate a également insisté sur la nécessité de soutenir la mobilité des artistes et des acteurs culturels, qu’il considère comme des vecteurs de dialogue. « Les artistes sont des ambassadeurs de paix. Ils portent des messages et des valeurs qui méritent d’être partagés au-delà des frontières », a-t-il déclaré.
Exploration d’une « langue-monde »
La soirée de lancement du Mois de la Francophonie a également pris un accent artistique et culturel. Dans la cour de l’Institut, les mots de la slameuse Lisette Lombé ont rencontré l’univers musical du rappeur Marc Nammour dans le spectacle "Ce que le ventre dit", présenté avec le soutien de la Délégation générale Wallonie-Bruxelles en Tunisie.
La poétesse nationale de Belgique (2024-2025), artiste belgo-congolaise, y déploie une parole mêlant slam, littérature et arts visuels autour des questions d’identité, de féminisme et de justice sociale, tandis que le rappeur et poète franco-libanais, cofondateur du groupe La Canaille, propose une écriture engagée à la croisée du rap et de la poésie.
À l’intérieur de la galerie, une autre exploration attend les visiteurs avec l’exposition « Le français, l’aventure d’une langue-monde », conçue avec la Cité internationale de la langue française et avec la participation d’étudiants de l’École nationale d’architecture et d’urbanisme de Tunis.
Présentant cette exposition consacrée à la langue française et aux cultures francophones, le chargé d’affaires de l’ambassade de France en Tunisie, Manuel Bufala, a évoqué un espace de diversité culturelle, de dialogue et de solidarité, illustrant « une Francophonie vivante et pleinement inscrite dans le monde ».
L’exposition met en lumière un français en constante évolution, nourri par les échanges avec d’autres langues et cultures. Des cartes et supports multimédias retracent notamment la diffusion progressive du français dans le monde depuis le XVIᵉ siècle jusqu’aux indépendances du XXᵉ siècle.
Le Mois de la Francophonie donnera lieu à une série d’événements culturels organisés à Tunis et dans plusieurs régions du pays. Pendant plusieurs semaines, la Francophonie continuera de se raconter à travers concerts, débats, projections et festivals, autant de rendez-vous où la langue française se partage à travers les expressions culturelles et artistiques.
Le Quotidien avec TAP
L’Académie japonaise décerne son prix pour le directeur de la photographie tunisien Sofiane El Fani
Le cinéaste tunisien Sofiane El Fani a remporté le prix du meilleur directeur de la photographie décerné par l’Académie japonaise pour sa participation à l’équipe du film japonais « Kokuho- Le maître de Kabuki », réalisé par Lee Sang-il.
Ce film, auquel Sofiane El Fani a contribué en tant que chef opérateur, a été largement salué lors de la 49ème édition des récompenses de l’Académie japonaise, remportant dix distinctions, dont celles du meilleur film et du meilleur réalisateur. Ce film qui plonge dans l’univers de Kabuki suit Kikuo qui après la mort de son père, alors qu’il n’avait que 14 ans a été confié à Hanjiro, monstre sacré du kabuki. Avec Shunsuke, le fils du maître, il se consacre corps et âme à cette forme épique de théâtre traditionnel japonais. Au fil du temps, les deux apprentis évoluent de l’école aux plus grandes scènes, entre gloires et scandales, fraternité et rivalité.
Ce nouveau prix s’ajoute à une carrière riche en consécrations. Il est à rappeler que ofiane El Fani a déjà remporté le César de la meilleure photographie en 2015 pour son travail sur le film « Timbuktu » d’Abderrahmane Sissako.
Cette consécration marque une reconnaissance internationale majeure pour le talent tunisien dans le domaine du cinéma et souligne la portée artistique et technique de sa contribution à un projet cinématographique d’envergure mondiale.
Ligue des champions- 1/4 de finale aller - Espérance- Al Ahly (1-0) : Une courte mais importante victoire des Sang et Or
Par Jamel Belhassen
Au prix d'une prestation pleine d'énergie et d'engagement, l'EST a pris un avantage sur Al Ahly tout en ratant de peu le break plus d'une fois face à un Al Ahly , toujours aussi difficile à manier.
Joué devant un public Sang et Or des grands jours, ce quart de finale aller promet d'être intense et disputé. Conquérants d'entrée, les camarades de Ben Hamida se créent une première occasion par Danoh mais le tir de près du Franco- Ivoirien est repoussé du pied par le gardien Shobir ( 11e).
S'en suit une réaction des Ahlaouis qui multiplient les centres et les tirs vers la cage de Ben Said. Le jeu devent équilibré au fil du temps. A la (20e), Trezeguet sollicite Ben Said qui détourné le cuir en corner. Riposte de Danoh, sans danger (26e).
Les duels au milieu sont acharnés. Tka, Ogbelu et Haj Ali ont fort à faire devant les Hany, Koka et Ben Charki. Avant la pause, Shobir sauve in-extremis un tir à bout portant de Danoh ( 45+2e).
La petite forme physique de Draguer et Sasse et l'absence d'un milieu offensif ont empêché l'EST de faire mieux. Pour y remédier, Beaumelle incorpore Keita et Konate ( 46e). Après la pause, le jeu est de plus en plus intense. Shobir arrête encore un tir de Sasse (57e). Dans l'autre camp, Ben Said repousse une tête de Achour ( 65e). A la (69e) l'arbitre accorde un penalty pour l'EST pour faute de main de Hany après consultation de la VAR.
Toughai donne l'avantage aussi siens (1-0). Sasse rate le break ( 80e). La réaction d'Al Ahly est fulgurante dans les dernières minutes mais l'EST tient bon et remporte une courte mais importante victoire avant le match retour.
Formation de l'Espérance
Ben Said, Draguer ( Keita 46e), Ben Hamida, Jelassi, Toughai, Ogbelu, Tka, Haj Ali ( Konate 46e). , Sasse ( Msakni 82), Diarra ( Boualia 62e) et Danoh.
J.B.
La vie de Mohamed - L’amour plus fort que la mort : Lorsque le sacrifice d’Uhud forgea l’âme de l’islam
La rumeur courut comme un vent de poussière brûlante sur les sentiers menant à Médine : le Prophète (s.a.w.) était tombé au combat. À Uhud, les épées s’étaient entrechoquées, le sang avait coulé, et le chaos de la dispersion s’était emparé des rangs musulmans.
Avant même que les premiers survivants n’atteignent les portes de la cité, la nouvelle du désastre et du martyre présumé du Messager avait déjà plongé les foyers dans une détresse indicible. Mais ce qui aurait pu être l'acte final d'une religion naissante devint, par la force d'âme de ses membres, le témoignage le plus vibrant d'un dévouement sans précédent dans l'histoire de l'humanité.
Alors que les guerriers revenaient, épuisés et couverts de poussière, les femmes et les enfants de Médine se précipitèrent à leur rencontre, non pas pour chercher le confort, mais pour quérir la vérité. Parmi cette foule éplorée se trouvait une femme de la tribu des Banū Dīnār. Son histoire, gravée dans les annales de l’Islam, dépasse les frontières du simple récit de guerre pour toucher à l’essence même de la foi mystique.
En chemin vers le champ de bataille, elle croisa un soldat qui lui annonça, la gorge nouée, que son propre père avait trouvé le martyre. Sa réaction fut immédiate et déconcertante : « Je ne me soucie pas de mon père ; parle-moi du Prophète (s.a.w.). »
Le soldat, sans doute troublé par cette abnégation, continua de lui énumérer ses pertes personnelles, pensant peut-être la préparer au pire : son frère était mort, son mari aussi. Certaines sources mentionnent même la perte de son fils. Pourtant, à chaque nouvelle qui aurait dû briser le cœur de n'importe quelle épouse ou fille, elle restait de marbre face à ses propres tragédies, répétant comme une litanie obsédante : « Qu’a fait le Prophète (s.a.w.) de Dieu ? ».
Cette question n'était pas une simple demande d'information ; c'était l'expression d'une âme qui avait transféré son propre centre de gravité vers l'existence du Messager. Pour elle, si le Prophète vivait, l'univers restait en ordre ; s'il tombait, le monde entier s'écroulait, emportant avec lui le sens de ses propres deuils.
Lorsqu'elle apprit enfin qu'il était sain et sauf, elle refusa de se contenter de mots.
Elle fendit la foule, s'avança au milieu des débris du champ de bataille et, apercevant enfin le visage du Prophète, elle saisit son manteau avec la ferveur d'une naufragée agrippant une bouée. Sa phrase finale résonne encore comme un hymne au dévouement : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés, ô Prophète de Dieu ! Si tu vis, peu m’importe qui meurt. » Ce courage dépasse les récits de bravoure classique.
Si les historiens louent la ferveur des compagnons de Marie-Madeleine au tombeau de Jésus, le dévouement de cette femme de Médine, qui sacrifie émotionnellement toute sa lignée masculine pour la survie d'un idéal incarné, représente un sommet de loyauté spirituelle.
La résilience d’une foi qui transmute la douleur en force
Ce dévouement n'était pas un cas isolé, mais le reflet d'une conscience collective qui transformait la souffrance en un outil de reconstruction. Un autre exemple marquant survint lors du retour définitif vers la cité.
Sa‘d bin Ma‘ādh, chef respecté de Médine, tenait fièrement la bride du dromadaire du Prophète, agissant comme un héraut annonçant au monde que l'Islam n'avait pas été décapité. Sur le chemin, il aperçut sa propre mère, une vieille femme à la vue affaiblie par l'âge, qui s'avançait péniblement vers eux.
Lorsque le Prophète (s.a.w.) s'arrêta devant elle pour lui exprimer ses condoléances pour la mort de son fils (le frère de Sa‘d), la réponse de la vieille dame fut d'une poésie brutale et magnifique. Elle utilisa une expression arabe unique : « J’ai rôti ma peine et je l’ai avalée. » Dans cette image saisissante, le chagrin n'est plus un fardeau que l'on porte ou une ombre qui vous consume de l'extérieur.
C'est un aliment que l'on transforme par le feu de la foi pour en faire une source d'énergie interne. Pour elle, voir le Prophète vivant était une nourriture si riche qu'elle rendait le deuil de son fils non seulement supportable, mais insignifiant. Cette capacité à "avaler sa douleur" illustre comment la communauté musulmane de l'époque a réussi à transformer un revers militaire en une victoire psychologique totale.
Cependant, le retour à Médine ne signifiait pas la fin des hostilités. Au contraire, la blessure d'Uhud enhardit les ennemis de l'intérieur. Les hypocrites et certaines tribus juives virent dans cet affaiblissement apparent une opportunité d'en finir avec la nouvelle religion. Les provocations se multiplièrent : poèmes satiriques insultants, agressions de femmes dans les rues, et même une tentative d'assassinat directe contre le Prophète par la chute d'une dalle de pierre.
Pourtant, loin de se replier sur eux-mêmes dans une attitude défensive, les musulmans firent preuve d'une discipline sociale et spirituelle accrue.
L'épisode le plus révélateur de cette emprise de la foi sur les cœurs est sans doute celui de l'interdiction de l'alcool. À une époque où la société arabe était littéralement imbibée de vin — consommé cinq fois par jour comme une norme sociale incontournable — l'ordre de la prohibition tomba.
Un messager parcourut les rues de Médine pour annoncer le nouveau décret divin. Ce qui se passa alors est sans équivalent dans l'histoire de la santé publique ou des réformes sociales.
Dans les maisons où les fêtes battaient leur plein, où les coupes étaient déjà aux lèvres et les jarres à moitié vides, le geste fut instantané. Les coupes furent reposées, les tonneaux furent brisés, et le vin coula dans les caniveaux de Médine. Il n'y eut ni période de transition, ni protestation, ni recherche de dérogations.
Cette obéissance immédiate prouve que les cœurs avaient été "rôtis" par l'épreuve d'Uhud. Une communauté capable de renoncer à ses addictions les plus profondes sur un simple mot est une communauté qui a compris que la vie du Prophète et son message étaient plus précieux que ses propres désirs ou ses propres traditions. Uhud n'avait pas seulement été une bataille pour un territoire ou une colline ; c'était une épreuve de feu qui avait purifié les rangs.
En conclusion, le récit des survivants d'Uhud et des femmes de Médine nous enseigne que la véritable force d'un mouvement ne réside pas dans son absence d'échecs, mais dans la manière dont il traite ses blessures. Les larmes de la femme des Banū Dīnār et la détermination des habitants à vider leurs coupes de vin sont les deux faces d'une même pièce : un amour inconditionnel pour le Divin et Son Messager.
C'est cet amour, plus puissant que les liens du sang et plus impérieux que les besoins de la chair, qui a permis à l'Islam de traverser les siècles. Uhud n'était pas la fin du voyage, mais le baptême de feu d'une nation qui, après avoir perdu ses pères, ses frères et ses fils, avait trouvé dans la survie de son Prophète une raison de vivre et de changer le monde à jamais.
(A suivre...)
Préparatifs pour l'Aid El Fitr : Les Tunisiens délaissent les magasins pour les marchés populaires...
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Qui dit Aid El Fitr dit forcément habits pour les enfants et gâteaux traditionnels pour les familles. Où en sommes-nous justement des préparatifs pour bien célébrer cette fête religieuse qui couronne le mois Saint?
En attendant de voir plus clair concernant la date exacte de l'Aid El Fitr, les Tunisiens se préparent à célébrer cette fête religieuse qui couronne le mois du jeûne. Et comme le veut la tradition, l'Aid El Fitr est plutôt la fête des enfants à qui on offre des nouveaux habits et des gâteaux traditionnels. Alors, c'est la ruée vers les magasins de prêt à porter et les pâtisseries.
Officiellement, les commentaires sont autorisés à ouvrir leurs portes de nuit à partir du 15ème jour de Ramadan et ce à partir de 21h ce qui explique cette forte effervescence nocturne observée ces derniers jours. Et pour veiller à ce que la loi soit respecter, les commerces sous surveillance nocturne afin d'éviter les dépassements et les abus.
Selon, en effet, le directeur des Recherches économiques au ministère du Commerce, Samir Khalfaoui : " 20 unités de contrôle ont été déployées sur tout le territoire pour surveiller les points de vente et le reste des circuits de distribution". Mais, qu'en est-il des prix, des tendances et des choix proposés par les professionnels du prêt à porter et des gâteaux ?
Un petit tour dans le centre-ville de Tunis est cependant suffisant pour avoir une idée sur les tendances et les prix, " les habits de qualités sont hors portée notamment ceux des grandes marques qui sont préférés par les enfants. Imaginez que les prix de certaines Baskets dépassent les 300 d. A cause des réseaux sociaux et de leurs influences sur les enfants, il est impossible de les convaincre d'acheter des espadrilles de qualité moyenne", nous dira, Ahlem, mère de famille.
Non loin de ce premier magasin, nous avons interrogé Mongi, gérant d'un point de vente relavant d'une grande enseigne. Ce dernier nous a confié : " Le marché est stable au niveau des prix et selon les bourses, on peut habiller ses enfants avec élégance et goût ".
A chacun son marché...
Face à la flambée des prix dans les magasins de prêt à porter, certains Tunisiens n'hésitent pas à fréquenter les marchés populaires tels le Souk Boumendil ou encore Sidi Bahri et la Médina de Tunis. Interrogé à ce sujet, Samia, femme au foyer, nous a déclaré : " Une grande majorité des Tunisiens et à cause de la dégradation de leur pouvoir d'achat fréquentent ces marchés populaires qui proposent des produits importés de Chine ou de Turquie.
Les prix sont à la portée de tout le monde et pour une famille nombreuse, ces marchés nous permettent de satisfaire tous les enfants". En effet, au marché Sidi Boumendil, par exemple, les pantalons Djeans sont proposés à des prix défiant toute concurrence à savoir entre 10 et 20 d. Pour les robes de fillettes, il faut compter entre 15 et 30 d. Pour les chaussures et autres espadrilles, les prix vont de 25 à 40 d.
D'autres Tunisiens plus branchés, préfèrent faire leurs emplettes sur le Net et les sites spécialisés ne manquent pas pour faire des bonnes affaires. Il faut faire attention cependant aux arnaques. En effet, les fraudeurs se multiplient et de plus en plus de produits interdits et dangereux sont accessibles d’un simple clic. Cela concerne aussi bien les jouets que les gâteaux traditionnels qui sont des produits très prisés à l'occasion de l'Aid El Fitr.
M.B.S.M.
Des millions de touristes renoncent à voyager dans les pays du Golfe : La Tunisie doit savoir saisir l’opportunité …
Par Hassan GHEDIRI
La guerre au Moyen-Orient, qui suscitent les inquiétudes et amplifie les incertitudes liées à l’envolée des prix du pétrole, pourrait offrir une opportunité inespérée à Tunisie.
C’est incontestablement le prix du pétrole qui suscite le débat dans le monde depuis le début de la guerre américano-sioniste contre l’Iran. Et ce sont des pays comme la Tunisie, qui importent la quasi-totalité de leurs hydrocarbures qui s’inquiètent le plus. Mais, le paradoxe, c’est que l’embrasement du Moyen-Orient est en passe de bouleverser le marché du tourisme international poussant les professionnels et les vacanciers à revoir leurs choix.
C’est ce que peuvent déjà confirmer les changements constatés par les tour-opérateurs européens qui évoquent déjà un phénomène d’annulations massives des réservations vers l’Egypte et les pays du Golfe au profit des pays jugés plus stables.
En France, par exemple, jusqu’à 1,3 million de voyageurs potentiels pourraient renoncer à leurs vacances à l’étranger au printemps et à l’été prochains en raison des inquiétudes liées à la sécurité dans plusieurs destinations traditionnelles du Proche et du Moyen-Orient.
C’est ce que vient de révéler une enquête réalisée par un cabinet spécialisé qui estime, dans le même contexte, que les arrivées touristiques dans la région pourraient reculer de 11 à 27 % en 2026, après plusieurs années de forte croissance.
Ce déplacement probable des flux touristiques représente une opportunité pour certaines destinations méditerranéennes, en particulier celles qui combinent proximité géographique, sécurité et prix compétitifs. La Tunisie apparaît, à cet égard, comme l’un des pays les mieux placés pour capter une partie de cette demande.
Située à moins de trois heures de vol de la plupart des capitales européennes, éloignée des zones de conflit et disposant d’une offre touristique diversifiée, notre pays peut se présenter comme une option sûre et abordable pour les vacanciers européens qui vont certainement renoncer à leurs vacances au Moyen-Orient.
La Tunisie peut s’estimer capable de s’imposer comme un choix incontournable pour ceux qui comptaient voyager dans le Golfe et qui cherchent aujourd’hui une destination de rechange. Le secteur touristique tunisien est déjà engagé dans une dynamique de reprise confirmée en 2025.
Il faut noter que cette dynamique n'est point conjoncturelle.
Notre pays a franchi le cap des 10 millions de visiteurs en 2024, puis atteint 10,033 millions en 2025 (+10,3 %), avec des recettes touristiques dépassant les 3 milliards de dinars. Les réservations des touristes français ont progressé de 13 % selon les chiffres du plus grand syndicat français des entreprises du tourisme et de voyage (SETO).
Un résultat qui positionne la Tunisie parmi les destinations moyen-courrier les plus demandées de la Méditerranée. Notre pays figure par exemple dans le Top 25 mondial «Best in Travel 2026 » de Lonely Planet, le premier éditeur de guides de voyage dans le monde.
Ce regain de confiance confirme que la Tunisie retrouve progressivement sa place parmi les destinations privilégiées des voyageurs européens, grâce à un bon rapport qualité-prix et à une perception sécuritaire nettement améliorée.
La guerre au Moyen-Orient, si elle devait se prolonger, les destinations situées dans la Méditerranée occidentale, telles que la Tunisie, devraient en tirer profit en cette saison 2026.
L’enjeu pour notre pays qui s’expose à une conjoncture économique internationale incertaine consiste donc à saisir l’opportunité qui s’offre dans le tourisme en renforçant sa promotion sur les marchés européens et en mettant en avant les atouts de la proximité, la stabilité et diversité de l’offre touristique.
Dans un contexte où de nombreux voyageurs chercheront avant tout la tranquillité, le pays pourrait se positionner comme l’une des principales alternatives aux destinations devenues trop risquées.
H.G.
Ligue des champions - quart de finale aller, à Rades - 22 h: Espérance- Al Ahly : Les Sang et Or pour prendre option
Par Jamel Belhassen
Ce soir, l'Espérance de Tunis va au devant d'un challenge exaltant, à savoir battre son rival de toujours sur plan continental, Al Ahly d'Égypte à Rades pour prendre option sur la qualification avant d'aller le défier dans don antre du Caire.
La préparation à ce rendez-vous s'est déroulée dans une ambiance folle, les premiers jours de la semaine en présence des fans Sang et Or puis à huis clos à partir de jeudi question s'assurer la concentration nécessaire aux joueurs mais aussi pour permettre à Patrice Beaumelle de mettre en place le schéma tactique adéquat en toute discrétion loin des curieux.
Ainsi, la veillée d'armes s'est déroulée dans de bonnes conditions et il ne reste plus que l'application à l'heure H quand l'arbitre sénégalais aura donné le coup d'envoi de ce match très particulier entre deux grands du continent africain qui ne passent pas par par une période faste mais qui sont capables de sortir le grand jeu à n'importe quel moment, habitués comme ils sont des grands rendez-vous continentaux.
Toughai, Boualia et Sasse, operationnels
Chapitre effectif, après quelques jours de doute, le coach esperantiste a pu récupérer les Toughai, Boualia, Danoh et Sasse qui souffraient de blessures assez légères. A partir de jeudi, il avait à sa disposition une équipe complète à l'exception de Meriah, encore convalescent.
Et au vu des derniers entraînements, il semble de Beaumelle a , depuis vendredi fait le choix du onze rentrant face à Al Ahly. En défense, Draguer reprend sa place à droite, au milieu Haj Ali évoluera devant Tka et Ogbelu et en attaque, Boualia aurait été préféré à Sasse, et Diakite à Danoh. Bonne chance au représentant tunisien.
Formation probable : Ben Said, Draguer, Ben Hamida, Jelassi, Toughai, Ogbelu, Tka, Haj Ali, Boualia, Diakite, Diarra.
J.B.
« Jumpers » sur nos écrans : Une fable écologique pour ces vacances de printemps
Par Imen Abderrahmani
Avec le début des vacances de printemps, « Jumpers » arrive sur les écrans. Projeté aujourd’hui à 13h00 au CinéMadart et dans les salles du réseau Pathé, il invite petits et grands à plonger dans une fable écologique aussi drôle que touchante.
Après le rythme effréné des examens, les vacances de printemps arrivent à point nommé. Et quoi de mieux qu’un film d’animation pour se détendre en famille ? Avec « Jumpers » de Daniel Chong, le studio Pixar connu par des films à succès comme « Vice‑Versa » et « Toy Story » propose une aventure inventive où humour, technologie futuriste et défense de la nature se rencontrent.
Au cœur de l’histoire, Mabel, une adolescente fougueuse et passionnée par les animaux. Militante convaincue pour la protection de la faune et de la flore, elle ne supporte pas de voir un projet immobilier menacer un petit marais et un faisceau auxquels elle est profondément attachée.
Jusque- là, il faut noter qu’un bon nombre de fables ou films écologiques commencent ainsi mais que nous réserve « Jumpers » ? Quoi de neuf ? C’est cette technologie révolutionnaire capable de transférer la conscience humaine dans des robots-animaux d’un réalisme stupéfiant. Pour Mabel, c’est l’occasion à ne pas rater.
La jeune fille se retrouve alors… dans la peau d’un castor robot. Cette transformation inattendue lui ouvre les portes d’un univers fascinant : celui du règne animal, avec ses règles, ses alliances et ses secrets. « Entre rencontres improbables, poursuites déjantées et stratégies pour sauver l’écosystème menacé, l’adolescente découvre un monde qu’elle croyait connaître mais qui se révèle bien plus complexe ».
À mi-chemin entre récit initiatique et fable écologique, « Jumpers » joue avec les codes de l’animation pour proposer un spectacle aussi rythmé que coloré. L’énergie débordante de son héroïne, son humour parfois malicieux et cette riche galerie d’animaux donnent au film un ton à la fois tendre et hilarant. Derrière la comédie, le message reste clair : la défense de la biodiversité et la protection des milieux naturels.
Avec son mélange d’aventure écologique, de technologie futuriste et d’humour débridé, ce nouveau-né de Pixar s’impose comme une comédie familiale dynamique. Entre la jeune rebelle écolo, le monde animal en effervescence et un maire prêt à bétonner la région, le film promet un spectacle plein de rebondissements.
Un rendez-vous idéal pour célébrer l’arrivée des vacances… et rappeler que la biodiversité reste un trésor fragile qu’il faut savoir défendre.
I.A.
Editorial : Droit au précipice…
Par Chokri Baccouche
Depuis le déclenchement de la sordide guerre américano-sioniste contre l’Iran, le président américain est confronté à des opposants, de plus en plus critiques à son endroit au sein de son propre camp MAGA (Make America Great Again). Plusieurs influenceurs renommés, soutiens de la première heure, n’ont pas ménagé ces derniers jours le fantasque locataire de la Maison Blanche.
Il s’agit notamment de Marjolie Taylor Green, ex-élue républicaine qui est tombée en disgrâce pour avoir exprimé un point de vue au vitriol à l’adresse de Trump : «Le président n’a présenté aucun argument valable justifiant la guerre. On vit nos vies ordinaires et on ne se sent pas menacés par l’Iran. Make America Great Again, c'était supposé être l'Amérique d'abord, pas Israël d'abord, pas d'autres pays, mais le peuple américain et nos problèmes", a-t-elle déclaré.
Tucker Carlson vient lui aussi de créer une grande polémique au pays de l’Oncle Sam. L’ex-animateur vedette de Fox News a brisé un tabou en affirmant que le conflit en cours au Moyen-Orient ne sert pas les intérêts des États-Unis, mais exclusivement ceux d’Israël. Selon lui, la guerre n’est pas motivée par la sécurité nationale américaine ni par la question des armes de destruction massive.
Elle n'est pas menée au nom d’objectifs de sécurité américains, pour rendre l'Amérique plus sûre et plus riche. Elle est menée purement parce qu'Israël le voulait."
Connu pour son franc-parler, Tucker Carlson y a rajouté une bonne couche il y a quelques jours.
Il a déclaré que l’agression militaire américano-sioniste contre l’Iran est une « guerre religieuse lancée par les Evangéliques américains et les extrémistes religieux en Israël pour construire le Troisième Temple à Jérusalem en lieu et place de la Mosquée Al-Aqsa et pour établir le Grand Israël ». Mieux encore, il a fait des révélations fracassantes qui ont mis à nu les pratiques sournoises de l’entité sioniste et la bassesse extrême de ses dirigeants.
Le podcasteur conservateur américain a déclaré en effet que l'Arabie saoudite et le Qatar avaient capturé et "arrêté des agents du Mossad israélien prévoyant des attentats dans ces pays". Dans son émission, il a remis en question les motivations d'Israël, demandant : "Pourquoi les Israéliens commettraient-ils des attentats dans des pays du Golfe, qui sont également attaqués par l'Iran ?", soutenant qu'Israël attise délibérément l'instabilité parmi les alliés arabes de Washington.
Bref, on peut vraiment dire qu’au sein de la droite américaine, la vie est loin d’être un long fleuve tranquille et de profondes divisions commencent à se faire sentir. Les critiques à l’encontre d’Israël et des dérives de ses dirigeants se multiplient de plus en plus, annonçant un changement majeur dans les mentalités jusque-là totalement acquises à l’Etat hébreu.
Pour de très nombreux membres du mouvement MAGA, l’entité sioniste est devenue un allié encombrant qui ressemble de plus en plus à un engrenage dangereux dans lequel Washington s’enfonce sans véritable débat stratégique. Ils ont amplement raison car Israël, bien ancré au cœur même du pouvoir américain, mène à sa guise la dance macabre depuis des décennies, en soufflant dans l’oreille des dirigeants washingtoniens ce qu’il faut craindre, qui il faut battre et abattre et quelles guerres il faudrait préparer.
Et la plupart du temps pour ne pas dire toujours, les dirigeants américains appliquent à la lettre sans broncher les diktats et les desideratas de Tel-Aviv. A chaque crise, la mécanique est d’ailleurs la même : lorsque la situation explose à Gaza, que les tensions s’intensifient avec l’Iran ou que le front libanais menace de s’embraser, la diplomatie américaine s’aligne instantanément sur la lecture israélienne apocalyptique du monde.
Les priorités de Tel-Aviv deviennent celles de Washington et les peurs israéliennes deviennent des urgences stratégiques américaines. Dans les capitales africaines, arabes ou asiatiques, le spectacle est devenu familier : les États-Unis invoquent le droit international lorsqu’il s’agit de condamner un pays comme la Russie ou de contenir la Chine, mais découvrent soudain une étonnante souplesse juridique lorsqu’Israël est mis en cause. Ce double standard n’est plus seulement perçu comme une hypocrisie. Il est devenu la signature de la diplomatie américaine.
A force de prêter une oreille attentive aux murmures toxiques d’Israël, les Etats-Unis sont devenus l’instrument de répression privilégié des lobbies israéliens. Une sorte de gourdin au service des extrémistes sionistes dans leur quête désespérée de mettre sous leurs bottes l’ensemble de la région du Moyen-Orient et peut-être même bien au-delà comme l’avait répété à maintes reprises l’extrémiste Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
Rien de surprenant à cela si les Américains se retrouvent ainsi aspirés dans des crises et des guerres interminables qu’ils n’ont pas choisies et dont ils devront assumer les lourdes conséquences. Le paradoxe est saisissant : la première puissance mondiale, celle qui prétend organiser l’ordre international, surprend par son incapacité frustrante de fixer des limites à un allié israélien beaucoup plus petit mais politiquement intouchable à Washington.
L’Amérique est devenue, pour tout dire, l’otage de cet allié nocif qui manipule la puissance étasunienne uniquement pour servir ses sombres dessins au détriment des intérêts des citoyens américains. En se laissant conduire ainsi par le bout du nez, les Etats-Unis ont non seulement perdu leur crédibilité mais ils ont également accentué leur isolement vis-à-vis du reste du monde.
Dans le domaine de la géopolitique, on le sait, les chuchotements toxiques et vénéneux d’un allié psychopathe qui sème le fatras, la mort et la désolation partout où il passe finissent immanquablement par conduire… droit au précipice…
C.B.
A 10 jours du Congrès de l’UGTT : La liste des candidats est dévoilée…
L’Union générale tunisienne du travail a publié, ce samedi 14 mars, la liste des candidats en lice pour son congrès qui aura lieu du 25 au 27 du mois courant à Monastir.
Ci-après les noms des candidats :
Bureau exécutif :
Kacem Zemni, Jabrane Bouraoui, Samia Amid Hajji, Taïeb Bahri, Salah Hamed, Kamel Ghiloufi, Mabrouk Toumi, Nahla Sayadi, Arbi Ben Haji, Fathi Rouissi, Abdallah Gammoudi, Leïla Ben Khedher Seddik, Zakia Hafsi, Fakhreddine Aouiti, Sami Salhi, Salouen Smiri, Monther Ben Douissa, Hamadi Nahali, Mourad Jeridi, Taher Mezzi, Farouk Ayari, Hafedh Bouguerra, Sihem Bousetta, Mohamed Saidi, Abdelaziz Arfaoui, Mohamed Hedi Tarchouni, Hedia Arfaoui, Slaheddine Selmi, Othmane Jellouli, Ammar Ezzine, Zoubaïda Nakib, Boulbaba Selmi, Faouzi Kedidi, Bechir Sahbani, Makram Amaïria, Lotfi Ltifi, Hatem Ben Romdhane, Slim Bouzidi, Mofdi Oueslati, Habib Hlaïem, Abdelfattah Ayari, Khaled Obaïdi, Wajih Zidi, Ahmed Jaziri, Jouda Dahmane et Sonia Fathalli.
Règlement intérieur :
Mohamed Ali Sâadani, Mawhoub Bouarrouj, Neji Zenati Jouini, Fathi Zouaghi, Sonia Fathalli, Zied Khammassi, Sabri Mensi, Salah Jalel, Mourad Jeridi, Hammadi Boudriga, Mofdi Oueslati, Mohamed Marghni, Ezzeddine Dkhayli, Madiha Jemaï, Ghassen Rmili, Mondher Ben Douissa, Mohamed Saidi, Mohamed Thabet, Faouzi Kedidi, Imed Touaiti, Younes Aloui, Saleh Ansari, Hafedh Bouguerra et Arbi Yâakoubi.
Contrôle financier :
Mohamed Hlaïem, Fathi Zouaghi, Mouheb Bouarrouj, Zied Khamassi, Hammadi Boudriga, Habiba Ben Wada, Ghassen Rmili, Abdelhafidh Dineri, Arbi Ben Hajji, Mohamed Ali Sâadani, Mohamed Marghni, Anouar Chebbi, Mofdi Oueslati, Sabri Mensi, Hafedh Bouguerra, Ezzeddine Dkhaïli et Younes Aloui.
Éditorial : Comment Trump a ouvert la boîte de Pandore au Moyen-Orient ? - Par Jalel HAMROUNI
Il existe une règle élémentaire dans l’art de la guerre : on ne déclenche pas un conflit majeur sans savoir comment en sortir. En décidant de lancer une offensive contre l’Iran, Donald Trump semble avoir ignoré cette leçon pourtant vieille comme la stratégie elle-même.
Quelques semaines après les premières frappes, la situation apparaît déjà comme un avertissement brutal : une guerre lancée pour démontrer la puissance américaine risque de devenir le catalyseur d’une crise mondiale incontrôlable. Car ce conflit n’est plus seulement militaire. Il est désormais énergétique, économique et géopolitique.
La guerre s’est déplacée vers un point précis de la carte : le détroit of Hormuz. Ce passage maritime, étroit mais vital, constitue l’artère énergétique de la planète. Une part considérable du pétrole mondial y transite chaque jour, reliant les monarchies pétrolières du Golfe aux marchés internationaux. C’est aussi l’endroit où l’Iran possède son levier stratégique le plus redoutable.
Depuis le début des hostilités, Téhéran a transformé ce détroit en instrument de pression globale. Attaques contre des navires, menaces sur la navigation, perturbations du trafic maritime : la République islamique ne cherche pas nécessairement à vaincre militairement les États-Unis. Elle cherche à rendre la guerre trop coûteuse pour être soutenable. En quelques jours, le message est devenu clair : si l’Iran est attaqué, l’économie mondiale en paiera le prix.
La logique initiale de Washington semblait simple : frapper rapidement pour affaiblir les capacités militaires iraniennes et restaurer la dissuasion américaine au Moyen-Orient. Mais cette approche repose sur une vision classique de la guerre, celle des batailles décisives et des infrastructures détruites. Or l’Iran ne joue pas cette guerre selon les règles traditionnelles.
Face à une supériorité militaire écrasante, Téhéran applique une stratégie asymétrique : déplacer le champ de bataille vers les vulnérabilités de l’adversaire. Et la plus grande vulnérabilité de l’Occident n’est pas militaire. Chaque perturbation dans le détroit d’Ormuz agit comme une onde de choc sur les marchés mondiaux. Les prix du pétrole s’envolent, les marchés financiers vacillent, et le spectre d’une crise économique globale réapparaît.
Dans ce contexte, la puissance militaire américaine se heurte à une réalité paradoxale : il est plus facile de frapper l’Iran que de stabiliser les conséquences de cette guerre. Le problème fondamental de cette intervention est désormais évident : personne ne semble savoir comment elle doit se terminer.
Détruire des bases, neutraliser des missiles ou cibler des infrastructures militaires ne résout pas la question centrale. Même affaibli, l’Iran conserve la capacité de perturber durablement le Golfe persique. La stratégie américaine apparaît ainsi prisonnière d’un dilemme : la fuite en avant au risque d’un embrasement régional impliquant d’autres puissances. Ou cessez les hostilités ce qui pourrait être perçu comme une défaite.
Dans les deux cas, le coût politique est immense. L’histoire militaire regorge d’exemples où une puissance gagne les batailles mais perd la guerre stratégique. Les États-Unis connaissent bien cette dynamique. L’Irak et l’Afghanistan ont montré que la supériorité militaire ne garantit pas la maîtrise politique d’un conflit.
La guerre contre l’Iran risque d’illustrer une version encore plus dangereuse de ce phénomène. Car contrairement aux conflits précédents, celui-ci touche directement le cœur du système énergétique mondial.
Chaque tension dans le détroit d’Ormuz agit comme un multiplicateur de crise : inflation énergétique, perturbations du commerce, tensions sur les marchés financiers, inquiétudes dans les économies dépendantes du pétrole.
Autrement dit, le champ de bataille dépasse désormais largement le Moyen-Orient. Paradoxalement, cette guerre pourrait renforcer la position géopolitique de l’Iran. Non pas parce que Téhéran serait militairement plus puissant que les États-Unis, mais parce qu’il a réussi à transformer sa faiblesse en levier stratégique.
En plaçant le détroit d’Ormuz au cœur du conflit, l’Iran oblige les grandes puissances, les marchés et les économies du monde entier à regarder vers le Golfe. Chaque tanker immobilisé, chaque cargaison retardée, chaque hausse du prix du baril rappelle la même réalité : l’Iran peut perturber le système mondial à un coût relativement faible.
La leçon la plus inquiétante de cette crise est : certaines guerres échappent rapidement à ceux qui les déclenchent. En lançant une offensive contre l’Iran sans stratégie claire pour stabiliser le Golfe persique, l’administration Trump a peut-être ouvert un conflit dont la dynamique dépasse désormais Washington comme Téhéran.
Dans une région où transitent les ressources énergétiques du monde, la moindre étincelle peut provoquer une tempête économique globale.
Et dans ce jeu dangereux, la véritable question n’est plus de savoir qui gagnera la prochaine bataille. La question est devenue bien plus grave : qui contrôlera l’escalade et combien de temps le monde pourrait-il en supporter le prix ?
J.H.
La vie de Mohamed - La bataille d’Uhud : L’éclat du sacrifice ultime
L’histoire de l’Islam est jalonnée de moments de bascule où le destin d’une communauté entière s’est joué sur le fil de la discipline et de la clairvoyance. La bataille d’Uhud, survenue un an après l’éclatante victoire de Badr, est sans doute l’épisode le plus poignant de cette épopée.
Ce n’est pas seulement le récit d’un affrontement entre deux armées, mais une leçon universelle sur la fragilité des succès humains face à l’impatience et à l’oubli des consignes stratégiques. À travers ce conflit, se dessine le portrait d’un Prophète (s.a.w.) tiraillé entre sa vision spirituelle et la ferveur démocratique de ses compagnons, aboutissant à un sacrifice physique et moral qui résonne encore aujourd’hui.
Tout commence par un désir de revanche. Humiliés à Badr, les Mecquois n’avaient qu’une obsession : laver l’affront. Sous le commandement d’Abū Sufyān, une machine de guerre se met en marche, financée par les bénéfices commerciaux des caravanes de Qoraïch. Trois mille hommes, équipés de sept cents armures et deux cents chevaux, marchent vers Médine. Face à cette menace imminente, le Prophète (s.a.w.) convoque un conseil.
Sa préférence est claire : rester à Médine, utiliser les rues étroites comme remparts naturels et laisser l’agresseur s’épuiser. Cette stratégie prudente était renforcée par une vision nocturne symbolique : une vache abattue, une épée épointée et une main glissée dans une armure. Pour lui, l’interprétation ne faisait aucun doute : des pertes parmi ses proches étaient à prévoir, et la sécurité résidait dans l’enceinte de la ville.
Pourtant, la ferveur l’emporta sur la prudence. De nombreux jeunes musulmans, n’ayant pas goûté à la gloire de Badr, brûlaient de prouver leur valeur en terrain découvert. Ils insistèrent pour sortir à la rencontre de l’ennemi. Dans un geste d’une profonde humilité politique, le Prophète (s.a.w.) accepta l’avis de la majorité, bien qu’il sût les risques encourus. Lorsqu’au moment du départ, les compagnons, réalisant leur erreur, tentèrent de le faire changer d’avis, sa réponse fut sans appel : un prophète qui a revêtu son armure ne recule plus.
La marche vers Uhud commença, mais elle fut immédiatement entachée par la trahison. ‘Abdullāh ibn Ubayy, chef des hypocrites, déserta avec trois cents hommes, laissant les musulmans à sept cents contre trois mille.
Discipline, faille et sang
Arrivé au pied du mont Uhud, le Prophète (s.a.w.) fit preuve d’un génie tactique pour compenser son infériorité numérique. Il repéra un défilé rocheux étroit sur une colline, une brèche qui permettait à l’ennemi de prendre l’armée musulmane à revers. Il y posta cinquante archers d’élite avec un ordre strict, répété avec une insistance solennelle : «Gardez ce poste. Ne bougez pas, même si vous nous voyez victorieux ou si les oiseaux commencent à dévorer nos cadavres.» Cet ordre était le verrou de la bataille.
Au début, la stratégie fonctionna à merveille. Malgré leur petit nombre, les musulmans chargèrent avec une telle détermination que l’armée mecquoise, pourtant supérieure, se brisa et prit la fuite. C’est à cet instant précis que le drame se noua.
Voyant l’ennemi battre en retraite et abandonner ses biens sur le champ de bataille, la majorité des archers sur la colline fut saisie par l’ivresse de la victoire et l’appât du gain. Convaincus que l’ordre du Prophète (s.a.w.) ne s’appliquait plus une fois l’ennemi en déroute, ils abandonnèrent leur poste malgré les supplications de leur commandant.
Cette faille fut l’occasion que Khālid ibn Walīd, génie militaire alors dans le camp mecquois, attendait. Voyant le défilé dégarni, il contourna la colline avec sa cavalerie, massacra les quelques gardes restés fidèles et fondit sur l’arrière des musulmans. Le chaos fut total. Les musulmans, dispersés dans la poursuite de l’ennemi, se retrouvèrent pris en étau. Les Mecquois, ralliés par les cris de guerre de leurs généraux, retournèrent au combat. En quelques minutes, la victoire certaine se transforma en un carnage désespéré.
C’est dans ce tumulte que s’illustra la figure de Talha (r.a). Alors que la rumeur de la mort du Prophète (s.a.w.) commençait à circuler, provoquant le désespoir de certains, un petit noyau de fidèles se regroupa autour de lui pour former un bouclier humain. Talha vit que les archers ennemis concentraient tous leurs tirs sur le visage du Prophète (s.a.w.).
Sans hésiter, il leva sa main nue pour intercepter les flèches. Une à une, les pointes d’acier transperçaient sa chair, lacéraient ses nerfs et brisaient ses os. Pourtant, il ne baissa pas le bras. Chaque flèche reçue était une blessure épargnée à celui qu’il considérait comme plus cher que sa propre vie.
La main de Talha finit par être totalement mutilée, le laissant handicapé pour le reste de ses jours. Ce sacrifice ne fut pas vain : il permit au Prophète (s.a.w.) de survivre à l’attaque et aux musulmans de se regrouper sur les pentes protectrices de la montagne. Uhud ne fut pas une défaite totale, car l’armée mecquoise ne parvint pas à détruire la communauté de Médine, mais ce fut une leçon sanglante sur le prix de l’insubordination.
L’histoire de cette bataille est celle d’une main perdue pour sauver une vie, et d’un poste abandonné pour perdre une victoire. Elle rappelle que dans la stratégie comme dans la foi, l’esprit de l’ordre compte autant que sa lettre. La blessure de Talha (r.a) devint, au fil des siècles, le symbole d’une dévotion qui ne crie pas de douleur, mais qui endure en silence pour protéger l’essentiel. Uhud reste gravé dans la mémoire collective comme le rappel que la force d’un groupe ne réside pas dans son nombre, mais dans sa capacité à rester immobile quand le monde entier semble s’agiter.
(A suivre...)
L'alchimie des Pharaons : Quand le microscope et les textes anciens révèlent des Pyramides en béton
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Comment une civilisation antique, dépourvue de poulies d’acier, de moteurs à combustion ou de grues hydrauliques, a-t-elle pu hisser des blocs de calcaire pesant jusqu’à 70 tonnes à plus de 140 mètres de hauteur ?
Pendant des siècles, l’humanité a contemplé les pyramides de Gizeh avec une stupeur mêlée d’incrédulité. L’explication classique, celle des manuels scolaires, repose sur une armée d’esclaves tirant des monolithes sur des rampes de sable infinies. Pourtant, cette vision « mécaniste » se heurte à des paradoxes logistiques insolubles.
Aujourd’hui, une révolution scientifique menée par la chimie des matériaux et la microscopie électronique propose une lecture radicalement différente, faisant écho à des textes anciens que l’on croyait purement métaphoriques. Le mystère des pyramides ne résiderait pas dans la force brute du ciselage, mais dans la maîtrise d’une alchimie complexe : le béton géo polymère.
L’histoire de cette découverte commence dans les laboratoires du Département de science et d'ingénierie des matériaux de l'Université de Drexel. Le professeur Michel Barsoum, chercheur émérite, a entrepris d’analyser la structure intime des pierres de parement des grandes pyramides.
Ce qu'il a découvert au microscope électronique a balayé des décennies de certitudes géologiques. Le calcaire naturel, formé sur des millions d’années au fond des mers, possède une signature cristalline précise. Or, les échantillons prélevés sur les parties supérieures et extérieures des pyramides révèlent une réalité tout autre.
Ces blocs présentent une chimie que l’on ne trouve nulle part dans la nature environnante. Les analyses montrent la présence de structures amorphes, c’est-à-dire des arrangements atomiques désordonnés, typiques d’un matériau ayant subi une transformation chimique rapide, comme le ciment moderne. Plus impressionnant encore, Barsoum et son équipe ont identifié des nano sphères de dioxyde de silicium, d’un diamètre d’un milliardième de mètre.
Ces nanostructures ne se forment pas par sédimentation naturelle ; elles sont le résultat d’une réaction de synthèse. En d’autres termes, les blocs au sommet des pyramides n’ont pas été taillés dans la roche : ils ont été cuits, mélangés, puis coulés.
Entre géo polymères et textes millénaires
Cette thèse du « calcaire reconstitué » change radicalement notre compréhension du chantier. Au lieu de s'épuiser à tailler des blocs parfaits au millimètre près dans des carrières lointaines, les ouvriers égyptiens auraient utilisé une forme primitive mais extrêmement sophistiquée de béton. Le procédé consistait à désagréger du calcaire tendre, abondant près du site, pour le mélanger à de l'eau et à des liants minéraux comme la chaux, le dioxyde de silicium ou des silicates de magnésium.
Cette mixture malléable était ensuite transportée dans des paniers, puis versée dans des coffrages en bois directement sur les hauteurs de la pyramide. En durcissant, ce mélange recréait une pierre artificielle d'une dureté exceptionnelle, indiscernable à l'œil nu du calcaire naturel, mais révélant ses secrets sous l'œil du microscope.
Cette découverte apporte une réponse élégante au défi logistique. Il est infiniment plus simple de monter des sacs de granulats et des jarres d'eau que de tracter des blocs de 70 tonnes sur des pentes glissantes. Elle explique aussi pourquoi les joints entre les blocs sont si serrés qu'on ne peut y glisser une lame de rasoir : la pierre liquide, en coulant contre le bloc voisin déjà sec, épouse parfaitement sa forme, créant un ajustement impossible à obtenir par le seul ciselage manuel.
C’est ici que la science moderne rencontre de manière troublante un texte sacré vieux de 1400 ans. Dans le Coran, au verset 38 de la sourate 28 (Al-Qasas), un récit mentionne une instruction de Pharaon à son ministre Haman : « Ô Haman, allume-moi un feu pour cuire de l'argile afin que je puisse construire une montée assez haute (un monument) ». Pendant longtemps, les commentateurs ont vu dans ce passage une référence classique à la brique de terre cuite.
Cependant, à la lumière des recherches de l'Université de Drexel et des théories du chimiste Joseph Davidovits sur les géo polymères, ce verset prend une dimension technique saisissante.
L'expression « cuire de l'argile » (ou chauffer sur l'argile) correspond précisément au processus de calcination nécessaire pour produire de la chaux et activer les liants minéraux du béton antique. L'utilisation du feu pour transformer une matière terreuse en une structure monumentale « élevée » décrit exactement la chaîne opératoire de la pierre synthétique.
Le texte pointe l'utilisation de la chaleur et d'un matériau malléable (l'argile ou le limon utilisé comme liant) pour ériger des sommets, là où le levage de pierres naturelles devient physiquement improbable.
L'étude de 2007 publiée dans Live Science confirme que les pierres de l'enveloppe intérieure et extérieure possèdent une teneur en eau anormalement élevée par rapport au calcaire sec du plateau de Gizeh, prouvant une réhydratation artificielle. Ce "ciment" liant l'agrégat de calcaire n'est rien d'autre qu'une prouesse d'ingénierie chimique.
Les bâtisseurs égyptiens ne maîtrisaient pas seulement la géométrie et l'astronomie ; ils étaient des maîtres de la science des matériaux.
En résumé, l'énigme des pyramides ne trouve pas sa solution dans la force musculaire brute, mais dans l'intelligence d'une humanité capable de transformer la poussière en montagne.
La convergence entre les nano sphères de silice observées par Michel Barsoum et les descriptions de cuisson des matériaux rapportées dans les sources anciennes dessine un nouveau portrait de l'Égypte antique : une civilisation de l'atome et de la molécule, capable de "cuire la terre" pour défier le temps.
Les pyramides ne sont pas seulement des tombeaux de pierre, elles sont les premiers monuments en béton de l'histoire, prouvant que la vérité scientifique finit toujours par rejoindre la mémoire des textes, pour peu que l'on sache regarder à l'échelle du milliardième de mètre.
M.B.S.M.















