Prix Goncourt-Choix de la Tunisie : Les lycéens tunisiens consacrent Nathacha Appanah
Par Imen Abderrahmani
Avec « La nuit au cœur », Nathacha Appanah a conquis les lycéens tunisiens : un roman intense et sensible sur les violences conjugales qui s’impose comme le choix de la jeunesse pour la 10ème édition du Choix Goncourt de la Tunisie.
Après un marathon de lectures, des débats et des échanges, l’heure de la vérité est arrivée. Et c’est dans l’enthousiasme et la joie que la 10ème édition du Choix Goncourt de la Tunisie s’est tenue le samedi 11 avril à l’Institut français de Tunisie (IFT), rassemblant plus de 300 lycéennes et lycéens venus de 23 gouvernorats. Cette rencontre a marqué l’aboutissement d’une année de lectures, de discussions et de plaidoyers critiques menés dans les établissements scolaires à travers le pays. Au terme de débats nourris, les jurés- élèves ont élu Nathacha Appanah pour « La nuit au cœur » (Éditions Gallimard).
Le livre entremêle trois destins de femmes confrontées à la violence conjugale, inspirés de faits réels et d’une expérience intime de l’autrice. Entre mémoire, peur et résistance, l’écriture explore la mécanique de l’emprise et rend hommage aux victimes. Déjà couronné par le Prix Femina 2025 et le Prix Renaudot des lycéens 2025, le roman confirme ici sa forte résonance auprès d’un jeune lectorat sensible à ses enjeux humains et sociétaux. Ces histoires amères et terribles que raconte la journaliste et romancière Nathacha Appanah se déroulent partout dans le monde : aucune ville n’est épargnée par ces drames, qui peuvent surgir à tout moment, dans n’importe quel foyer, rappelant le caractère universel et tragiquement ordinaire de ces violences.
« La cérémonie a été ponctuée par une visioconférence avec Caroline Lamarche et par l’intervention de Philippe Claudel, président de l’Académie Goncourt, qui a salué l’enthousiasme et la rigueur des jurés tunisiens. Les résultats ont été annoncés par la romancière Amira Ghenim », lit-on dans le communiqué de l’IFT.
Il est à rappeler que ce prix a été créé en 2015 lors de la visite inaugurale de Bernard Pivot, et qu’il s’inscrit dans le réseau international des Choix Goncourt à l’étranger.
De la littérature à l’école
Au-delà du palmarès, cette manifestation s’affirme comme une véritable célébration de la lecture en milieu scolaire. En invitant les élèves à débattre, argumenter et défendre leurs choix, il transforme la littérature en espace d’expression et de réflexion collective. Les jeunes lecteurs y confrontent leurs sensibilités, affinent leur esprit critique et dialoguent autour des grands sujets de société portés par les romans contemporains.
Depuis sa création, le Prix Goncourt-Choix de la Tunisie a distingué plusieurs voix majeures de la rentrée littéraire francophone, parmi lesquelles nous citons Gaël Faye pour « Jacaranda », Brigitte Giraud pour « Vivre vite », Djaïli Amadou Amal pour « Les Impatientes », Jean-Paul Dubois pour « Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon »… et Tobie Nathan pour « Ce pays qui te ressemble ».
En dix ans, le Choix Goncourt de la Tunisie s’est imposé comme une passerelle vivante entre la jeunesse tunisienne et la création littéraire francophone.
Envie de découvrir ce roman bouleversant ? Retrouvez-le dans les médiathèques de l’Institut français de Tunisie, en vente à la Librairie Al Kitab, ou commandez-le dès sur ceresbookshop, cette librairie en ligne. Qui a dit alors que les lycéens sont déconnectés de ce monde, connectés toujours à leurs écrans et qui n’ont pas de position ni d’avis sur la violence conjugale, ou plus largement sur la violence en général ?
Imen. A.
Rencontre El Jem : Patrimoine, tourisme durable et développement local en débat
La quatrième édition de la Rencontre El Jem se tiendra les 18 et 19 avril 2026 au musée archéologique d’El Jem autour du thème « Patrimoine, tourisme durable et développement local ».
Co-organisé par l’Association de Développement Local d’El Jem (ADL), le Festival International de la Musique Symphonique d’El Jem (FIMSJ), l’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis (ENAU) et le Laboratoire de recherche en Patrimoine, Architecture et Ambiances (LarPAA), cet événement réunira chercheurs, professionnels, acteurs du patrimoine et passionnés autour de thématiques liées à la valorisation du patrimoine, au tourisme durable et au développement local.
Il est mené en coordination avec plusieurs institutions locales et nationales, notamment la municipalité d’El Jem, le ministère du Tourisme, le ministère des Affaires culturelles et l’Institut National du Patrimoine (INP).
Lancée en 2019, la Rencontre El Jem est un événement à la fois culturel et scientifique consacré aux études liées au patrimoine, à la ville et au développement local, en Tunisie comme à l’international. Elle prend la forme d’un colloque international dont les actes sont publiés après évaluation des articles par un comité scientifique.
Le cas d’El Jem
Accueillant chaque année des centaines de milliers de visiteurs, l’amphithéâtre d’El Jem, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979, constitue le monument historique le plus visité en Tunisie et le deuxième site le plus fréquenté par les touristes étrangers après Carthage.
A partir des années 1990, plusieurs initiatives ont cherché à promouvoir un tourisme culturel à travers des aménagements urbains, la valorisation du musée archéologique, agrandi en 2022, ainsi que l’encouragement de pratiques artisanales, notamment la mosaïque, et le développement d’une dynamique culturelle. Toutefois, comme le souligne le livret du colloque, ces efforts sont restés limités : le modèle dominant demeure celui du tourisme de masse, et la ville reste largement associée à son seul amphithéâtre dans l’imaginaire touristique.
Dès lors, lit-on encore dans le livret des résumés, plusieurs interrogations émergent : la ville d’El Jem peut-elle capitaliser sur son potentiel patrimonial et sur l’afflux de visiteurs ? Le tourisme peut-il constituer un levier de développement local durable ? Et selon quelles stratégies ?
L’analyse du paysage urbain et culturel de la ville met en évidence une richesse patrimoniale plurielle, à la fois matérielle et immatérielle, susceptible de soutenir des formes alternatives de tourisme. Ces potentialités s’inscrivent dans de nouveaux paradigmes touristiques -durable, responsable, équitable, expérientiel ou encore « slow tourisme »- qui ouvrent la voie à des modèles de développement fondés sur la durabilité environnementale, l’équité sociale et la viabilité économique.
Dans cette perspective, l’UNESCO a lancé en 2011 le programme « Patrimoine mondial et tourisme durable », visant à instaurer un dialogue entre gestionnaires de sites, opérateurs touristiques et communautés locales. Cette approche encourage une gouvernance renouvelée du patrimoine, conciliant sa préservation avec l’amélioration des conditions de vie des populations.
Dans le cas d’El Jem, la mise en œuvre de ces modèles se heurte toutefois à plusieurs contraintes, notamment une gouvernance centralisée limitant l’implication des acteurs locaux et du secteur privé, ainsi que la persistance de logiques liées au tourisme de masse.
Dans ce contexte, la rencontre vise à porter les réflexions autour de trois axes principaux, comme le souligne l’architecte Salim Ben Rejeb, coordinateur du colloque. La première porte sur les nouveaux paradigmes du patrimoine et du tourisme durable, en examinant l’évolution des modèles touristiques et leur articulation avec les enjeux territoriaux. Le deuxième s’intéresse aux technologies numériques, à l’intelligence artificielle et à la médiation patrimoniale, en explorant leur rôle dans la conservation, la valorisation et la transmission du patrimoine. Enfin, le troisième axe aborde les questions de gouvernance, de cadres réglementaires et de politiques inclusives, en mettant en lumière les enjeux institutionnels et participatifs liés au développement territorial.
Le Quotidien avec TAP
Editorial : Croisons les doigts et espérons… - Par Hassan GHEDIRI
Au regard du nouveau retournement de la situation au Moyen-Orient où la tension a remonté d’un cran le week-end dernier après l’échec des pourparlers entre les USA et l’Iran qui étaient à deux doit parvenir à un accord, nul ne sait désormais ce qu’il va advenir du cessez-le-feu qui doit expirer le 22 avril.
Le supposé espoir d’un arrêt définitif et irrévocable des hostilités n’était donc qu’un mirage alors que le soulagement ressenti dans les marchés mondiaux et qui n’a duré que quelques heures, laisse place à la méfiance alors que l’angoisse s’empare de nouveau des chaines d’approvisionnement.
Il est en effet devenu quasi-impossible, aujourd’hui, de prédire les conséquences de cette guerre sur les économies des pays, mais ce qui est sûr, c’est que chacun pourra très bientôt en mesurer les répercussions. Surtout que la situation sur le front énergétique demeurera particulièrement tendue après les destructions des infrastructures empêchent tout espoir de retour rapide à la normale.
Le baril de pétrole qui a montré des signes de fléchissement depuis l’annonce, mardi dernier d’un cessez-le-feu de deux semaines, a brusquement remonté au-dessus de la barre de 100 dollars, dimanche.
L’on peut affirmer qu’il n’avait pas réellement une volonté ferme de faire taire les armes et que les jeux sont encore loin d’être faits. L’échec des négociations entre les Etats-Unis et les Iraniens est de quoi provoquer de l’angoisse et le désespoir parce qu’il remet au grand jour des scénarios cauchemardesques qui hantent les économies en difficultés.
Le Fond monétaire international qui doit publier, aujourd’hui, mardi 14 avril une version actualisée de son rapport sur l’état de l’économie mondiale, estime déjà que la guerre au Moyen-Orient va peser durablement sur l’économie mondiale.
Dans un premier constat que l’institution de Bretton Woods a pu d’ores et déjà établir, l’on estime qu’environ 45 millions de personnes, soit quatre fois la population tunisienne, plongeront dans l’insécurité alimentaire à cause du conflit.
Le FMI qui dit anticiper une demande supplémentaire de soutien de la part des pays membres pouvant attendre les 50 milliards de dollars en cas d’un cessez-le-feu durable va devoir réviser ces financements à la hausse pour faire face à un conflit plus prolongé. Le Fonds pense, par ailleurs que la situation aurait été pire pour les économies émergentes ayant manqué de mettre en œuvre des politiques solides pour faire face aux chocs liés à la guerre au Moyen-Orient.
La Tunisie qui a choisi de rompre avec l’institution monétaire depuis bientôt plus de deux ans, ne sera logiquement pas concernée par les soutiens destinés à amortir le choc de la guerre sur les économies fragiles. Pour toutes les considérations que tout le monde est censé connaitre, un éventuel effondrement des chaines d’approvisionnement laissera donc des séquelles incicatrisables dans les équilibres économiques et financiers de notre pays.
Il faut attendre la publication dans les prochaines semaines des statistiques actualisés pour jauger les effets de la guerre sur l’économie tunisienne. L’Etat tunisien qui a clairement exprimé son refus des recettes du FMI pour faire sortir du marasme économique, a d’emblée déclaré vouloir voler de ses propres ailes.
« Des politiques solides » pour rétablir les équilibres et amortir les chocs économiques extérieurs, « sans lesquelles la situation aurait pu être pire » pour les économies émergentes, pour reprendre les termes du FMI, le gouvernement tunisien croit en avoir déjà mis en œuvre. Reste maintenant à juger de leur fiabilité.
Ce ne sera qu’à partir de l’été prochain que l’on doit normalement commencer à récolter les fruits de l’austérité imposée aux importateurs dans le but de combler un tant soit peu le déficit de la balance commerciale.
Dans son bulletin mensuel sur le commerce extérieur publié avant-hier 12 avril 2026, l’INS a fait état d’un creusement supplémentaire du déficit global de la balance commerciale au cours du premier trimestre de 2026 qui s’est établi fin mars à 5,2 milliards de dinars.
Le durcissement des conditions de financement des importations par le biais de la circulaire n°2026-04 qui a pris effet le 26 mars dernier est censé juguler l’importation des produits dits « non prioritaires » et « non essentiels » pour réduire le déficit commercial et préserver les réserves de devises.
L’impact attendu et souhaité de cette restriction (si impact y a), ne sera perceptible et quantifiable que dans la deuxième moitié de l’année. D’ici là croisons les doigts et espérons…
H.G.
Le programme panafricain « Ateliers Sud-Sud : Ici et Ailleurs » : Clôture à Dakar
Dans le cadre du programme panafricain « Ateliers Sud-Sud : Ici et Ailleurs », l’Association du Multimédia et de l’Audiovisuel (AMAVI) lance la troisième et dernière résidence de sa première cohorte à Dakar, marquant l’aboutissement d’un parcours intensif de co-création, de formation et de mentorat à destination de jeunes talents des Industries Culturelles et Créatives (ICC) en Afrique.
Après une première phase d’idéation et d’exploration menée à Tunis, puis une étape de prototypage et de structuration des projets à Rabat, cette résidence finale vient consolider les acquis des participants en les accompagnant vers la finalisation de projets solides, viables et prêts à être présentés à des partenaires potentiels, selon un communiqué de presse du programme TACIR (Talents-Arts-Créativité-Inclusion-Recherche).
Réunissant des participants issus de Tunisie, du Maroc et du Sénégal, cette dernière étape a démarré hier, le 13 pour se poursuivre jusqu’au 18 avril et s’inscrit comme une phase charnière dans le parcours des 13 projets sélectionnés. L’objectif principal est de renforcer la vision narrative et l’identité créative de chaque projet, tout en validant leur faisabilité à différents niveaux : technique, économique, humain et financier.
Durant six jours, les participants prennent part, ajoute la même source, à un programme intensif alternant ateliers pratiques, sessions de mentorat et accompagnement personnalisé. Les thématiques abordées couvrent des enjeux essentiels tels que le passage d’un prototype (MVP) à un produit « investor- ready », les tests utilisateurs et les itérations, la construction du modèle économique (Lean Canvas et Business Plan), ainsi que le développement du pitch et du storytelling.
Cette approche permet aux porteurs de projets d’affiner leurs propositions, de consolider leur stratégie de développement et d’anticiper les conditions réelles de mise en œuvre et de diffusion de leurs créations.
Au croisement de la créativité et de l’innovation
Les projets accompagnés reflètent la richesse et la diversité des pratiques créatives contemporaines en Afrique, allant de plateformes numériques et médias alternatifs à des expériences immersives (VR/AR/XR), en passant par des jeux vidéo, des projets transmédia, des podcasts et des webtoons.
Cette pluralité de formats témoigne de la vitalité des ICC sur le continent et de la capacité des jeunes créateurs à investir des formes innovantes pour raconter leurs réalités, leurs imaginaires et leurs territoires.
Le « Demo Day » prévu le 18 avril 2026 constitue un moment clé de restitution et de mise en visibilité. A cette occasion, les participants présenteront leurs projets devant un public de professionnels, de partenaires et d’acteurs de l’écosystème culturel et entrepreneurial.
Structuré en trois sessions dédiées aux cohortes de Tunisie, du Maroc et du Sénégal, cet événement permet de mettre en lumière l’évolution des projets tout au long du programme et de valoriser le travail accompli. Il se conclut par une remise des attestations de participation ainsi que l’annonce des lauréats bénéficiant de prix de soutien.
Au-delà de la présentation, le « Demo Day » offre également un espace de rencontre, d’échange et de réseautage, favorisant l’émergence de nouvelles opportunités de collaboration, de financement et de diffusion.
Ecosystème créatif africain interconnecté
A travers cette dernière résidence, le programme « Ateliers Sud-Sud : Ici et Ailleurs » confirme son ambition de structurer un réseau panafricain de jeunes talents, capable de porter des projets innovants et de contribuer activement au développement des Industries Culturelles et Créatives sur le continent.
En favorisant les dynamiques de co-développement entre les pays participants et en proposant un accompagnement à la fois artistique, technique et entrepreneurial, le programme pose les bases d’un écosystème créatif durable, fondé sur la collaboration, le partage d’expertises et la circulation des idées.
Cette étape à Dakar marque ainsi l’aboutissement de la première cohorte, tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour le déploiement futur du programme à l’échelle du continent.
Justice : Renvoi du procès de Zeghidi et Bessaies et rejet de la demande de libération
La chambre criminelle de la Cour d’appel de Tunis a rejeté, mardi soir, la demande de remise en liberté des deux journalistes, Mourad Zeghidi et Borhen Bessaies dans le cadre de l’affaire pour laquelle ils sont poursuivis pour blanchiment d’argent. La nouvelle audience a été fixée au 28 avril courant.
Pour rappel, la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis avait condamné à trois ans et demi de prison les deux journalistes pour des faits liés à l’évasion fiscale et à des infractions à caractère financier. Les deux accusés ont fait appel de ce jugement.
Et si la Journée de l’habit traditionnel devenait une leçon vivante ?
Par Imen Abderrahmani
Chaque année, les écoles primaires et les jardins d’enfants célèbrent avec enthousiasme la Journée nationale de l’habit traditionnel. Au programme des festivités : défilés de costumes traditionnels, chants du patrimoine musical tunisien (souvent de Lotfi Bouchnak ou Zied Gharsa), encens, et dégustation de quelques mets typiques. La célébration se déroule dans une ambiance festive et colorée, et chacun repart satisfait, en particulier les parents, souvent fiers de voir leurs enfants habillés comme de « petites princesses » ou de « petits princes ».
Pourtant, derrière cette mise en scène joyeuse, la journée tend parfois à se réduire à un simple événement folklorique.
Instaurée en 1996, cette journée avait pour ambition de renforcer les valeurs d’appartenance identitaire, culturelle et historique, tout en soutenant et valorisant les artisans et les métiers du patrimoine. Mais dans sa forme actuelle, centrée principalement sur l’apparat et la représentation, elle mérite aujourd’hui d’être repensée afin de préserver son sens et d’enrichir son impact éducatif.
Il devient en effet nécessaire de dépasser la seule logique du défilé pour inscrire cette journée dans une véritable démarche pédagogique, en lien direct avec les programmes scolaires. Ceux-ci abordent, à travers les matières de lecture, de compréhension et de production écrite et orale, en arabe comme en français et à différents niveaux, des thématiques liées au patrimoine, à l’artisanat et aux métiers traditionnels. Dès lors, pourquoi ne pas transformer cette célébration en une véritable expérience d’apprentissage active ?
La Journée nationale de l’habit traditionnel pourrait ainsi devenir une occasion privilégiée de découverte du patrimoine vivant, à travers des ateliers pratiques de broderie, de tissage ou de fabrication de bijoux traditionnels. Les élèves pourraient également participer à des visites guidées auprès d’artisans et de maîtres détenteurs de savoir-faire ancestraux, véritables gardiens d’une mémoire vivante.
Ces rencontres permettraient aux enfants de toucher la matière, d’observer les gestes, de poser des questions et de mieux comprendre la valeur du travail artisanal. Ils pourraient également repartir avec de petits objets symboliques, mais surtout avec des souvenirs marquants et des émotions durables. Dans le même temps, ces expériences nourriraient leurs apprentissages scolaires : prise de notes, rédaction de textes descriptifs ou narratifs, expression orale… autant d’exercices concrets et significatifs.
Valoriser un patrimoine, un produit ou un savoir-faire ne peut se limiter à sa mise en scène : cela passe avant tout par sa transmission vivante et sa compréhension.
Ces visites et échanges pourraient également ouvrir des discussions autour de l’histoire de l’habit traditionnel, de la chéchia ou encore de la jebba, tout en permettant aux élèves de mieux appréhender certains aspects des programmes d’histoire et de géographie, notamment ceux liés à l’économie locale, aux médinas et aux métiers traditionnels.
Ainsi repensée, la Journée nationale de l’habit traditionnel ne serait plus seulement une fête de l’apparence, mais deviendrait un véritable outil éducatif, culturel et identitaire, ancré dans le réel et tourné vers la transmission.
Imen. A.
Festival international du film pour l’Enfance et la Jeunesse de Sousse (FIFEJ) : Clôture en apothéose
Le samedi dernier 11 avril 2026 était aussi un jour de fête à Sousse bien qu’il s’agisse de la clôture d’un événement qui a profondément animé la Perle du Sahel et ses environs s’agissant de la 15ème édition du Festival international du film pour l’Enfance et la Jeunesse de Sousse (le FIFEJ) qui s’est achevé en apothéose avec la remise des différents prix aux films primés.
Une semaine durant, une effervescence patente se faisait sentir dans la ville, avec les différentes activités et manifestations programmées à l’occasion dans ce festival, au grand bonheur des jeunes de tout âge à qui cet événement cinématographique est dédié.
Entre les nombreux ateliers animés par des professionnels, touchant le « Montage », le « Film d'une minute », la « Réalisation », le « Film documentaire », l’« Écriture de scénario », le « Films d'animation 1 », l’« Éclairage », la « Photographie » et l'atelier du « Jeu d'acteur », les jeunes cinéphiles et amateurs d’art et de l’image, des étudiants invités des Instituts des Beaux-Arts de quelques régions, ont eu l’occasion d’apprendre, d’échanger et de découvrir et de se découvrir…
Quant aux conférences, elles ont été d’un intérêt certain, car traitant, chacune dans un registre donné, de la violence et de l’atteinte aux droits des enfants et à la lutte contre toute forme de discrimination ou de haine.
Des sujets comme « Les enfants s’engagent : ensemble face aux discours de haine » ou « Les images qui protègent : médiation artistique et innovation contre les violences envers les adolescent.es », ont été développés et discutés, à l’Institut français de Sousse, en présence de jeunes collégiens, le premier groupe venu d’un établissement de Sousse et le second d’un autre de Sfax.
Le second ayant réuni au Centre culturel et universitaire Yahia Ibn Omar, à Sousse, une centaine d’élèves et autres jeunes venus du Grand Tunis, pour y participer et en discuter les volets développés par les différents intervenants.
Le cinéma pour tous
Car, l’art avec ses multiples expressions sera toujours un moyen d’extérioriser ses sensations et ses perceptions pour son environnement social, sans se cloîtrer dans certains tabous hérités. Le tout visant à l’intégration des jeunes vulnérables par la culture de l’image.
Le clou de cette édition, témoignant de l’engagement du festival en faveur des droits culturels, est la section « Cinéma pour Tous », en proposant aux jeunes malvoyants une projection en audio-description.
Une première au niveau national voire arabe et africain, car ce genre de projection n’existe tout simplement pas dans nos salles et les films proposés.
Ainsi, le public du Théâtre municipal de Sousse a pu assister à la projection du film « Ma Perception », de Benoît Maestre, un documentaire accompagné d’une audio-description, qui a donné lieu à un vif intérêt de la part de ces enfants en situation de handicap qui n’ont pas caché leur joie de découvrir cette expérience de l’audio-description, souhaitant voir prochainement plus de films dans ce genre, adaptés à leurs besoins, et en premier lieu ceux d’expression arabe. Tout comme leurs parents qui les ont accompagnés, saluant cette louable initiative du FIFEJ de Sousse et appelant à la multiplication de ce genre de projection afin que leurs enfants puissent profiter du cinéma comme tout un chacun parmi leurs camarades et partager ces moments de bonheur en famille.
D’autre part, le Centre culturel et universitaire Yahia Ibn Omar a accueilli le projet « From ground Zero », une initiative cinématographique lancée par le réalisateur et producteur palestinien Rashid Masharawi, qui vise à présenter et à documenter tout ce qui s’est déroulé dans la Bande de Gaza suite aux événements du 7 octobre 2023. Il comprend, entre autres, 22 courts-métrages mêlant fiction, documentaire et films expérimentaux. Toutes ces œuvres ont été tournées durant la guerre et sous le déluge des bombardements sionistes sur Gaza.
Les cinéphiles ont pu suivre par exemple « Gaza aux Oscars », d'Ola Damou, « Les Rêves de Farah et Zahra », de Mustafa Nabih, « Couleurs sous le ciel », de Rima Mahmoud, « Hassan », de Mohamed El Sherif, « Très petits rêves », d'Etemad Washah, « Histoires inachevées », de Nidhal Damou et « Le Vœu », de Rima Mahmoud.
La cérémonie de clôture, quant à elle, a rendu un vibrant hommage, sur la voix du directeur du festival, Aymen Jlili, à tous ceux qui ont contribué à la réalisation de cette 15ème édition, entre ministère des Affaires culturelles, le CNCI, les partenaires et autres associations à l’instar de « Ado+ » et « Ibsar », et à ceux qui ont accompagné le festival durant cette semaine, membres des jurys, animateurs, journalistes et artistes. Sans oublier les efforts fournis par les nombreux participants, jeunes élèves, jeunes de la région et étudiants.
Après quoi, une cérémonie de remise des prix, les Perles d’0r, d’Argent et de Bronze, en plus ceux des jurys et des mentions spéciales, a eu lieu pour récompenser les meilleures œuvres désignées par les jurys des différentes compétitions.
Palmarès
· Compétition officielle des courts-métrages
Perle d’Or : « Cache-cache », de Rami Abbas (Palestine - Espagne)
Prix spécial du jury : « Mme Faiza & Dr Love », d'Anissa Daoud (France)
Perle d’Argent : « 32B », de Mohamed Taher (Egypte)
Perle de Bronze : « Oranges Road », de Sami Farah (Syrie)
· Compétition officielle des longs-métrages de Fiction
Mention spéciale du jury : pour la musique du film « Ali Primera » (Venezuela), pour l’actrice Carla Khouri du film « Sink » (Jordanie)
Perle de Bronze : « Belles de nuit », de Khedija Lemkecher (Tunisie)
Perle d’Argent : « Where The White Cranes Dance », de Michael Lukachevsky (Fédération de Russie)
Prix spécial du jury : « The Tale Of Daye's Family » de Karim Shenawy (Egypte)
Perle d’Or : « Irkalla : Le rêve De Gilgamesh », de Mohamed Jabarah Al-Daradji (Iraq)
· Compétition officielle des longs-métrages documentaires
Perle de Bronze : « Maradona du désert », d’Amina Chady (Maroc)
Perle d’Argent : « Nyota, les Enfants Lumières », de Vanessa Kabwela et Idriss Gabel (République Démocratique du Congo)
Prix spécial du jury : « Notre Semence », d’Anis Lassoued (Tunisie)
Perle d’Or : « Clown Of Gaza », d’Abdulrahman Sabbah (Palestine)
· Compétition officielle des films courts des jeunes (– 30 ans)
Premier Prix : « The Loop » de Wassim Amed (Tunisie)
Deuxième Prix : « Coop » de Mujtaba Alhejji (Arabie Saoudite)
Troisième Prix : « Investigation » de Marwan Chiguer (Maroc)
Prix spécial du jury : « Seau » de Adel Alhaimi (Yémen)
Ligue des champions- demi-finale aller - Espérance- Sundowns (0-1) : Des Sang et Or à court de solutions
Par Jamel Belhassen
Imposante mais inefficace en première période, l'EST a perdu ses repères après la pause pour encaisser un but , difficile à rattraper à Pretoria devant un Sundowns robuste et coriace.
Les débats ont commencé sur un rythme élevé avec des duels serrés et des Sud Africains très techniques qui affectionnent la possession de la balle. Les Sang et Or multiplient les assauts de toutes parts. A la (15e) Toughai, monté au créneau sollicite le gardien Williams. Riposte de Sundowns mais le tir de Sales est contré en corner (29e). Chaque accélération d'un côté comme de l'autre constitue une menace pour les défenses.
Mais c'est Danoh qui eut le but au bout du pied à la (33e). Son tir percute le poteau . Toughai, ne sera pas plus heureux. Sa reprise de la tête est arrêtée par Williams (37e). De retour des vestiaires, Sundowns se crée d'abord une occasion par Mokwena mais Ben Said sauve le but ( 47e) puis, sur centre de la droite, Leon trompe Ben Said de la tête et donne l'avantage aux siens (0-1) (52e).
L'EST répond par Diakite qui égalise dès sa rentrée en jeu mais le but est refusé après intervention de la VAR ( 67e). Le rythme baisse sensiblement. Sundowns garde son équilibre et l'Espérance redouble d'efforts pour égaliser. Kekana est exclu pour jeu dur (84e). Le score en reste là. La situation se complique pour le représentant tunisien avant le match retour.
Formation de L'Espérance
Ben Said, Keita, Ben Hamida, Toughai, Jelassi, Ogbelu, Tka ( Haj Ali 81e), Konate, Sasse ( Diakite 62e), Boualia ( Diarra 62e)., Danho.
J.B.
Ligue 1- 25e journée - ASSoliman - CSSfaxien (1-1) : Un résultat équitable
Par Jamel Belhassen
La troisième partie de la vingt-cinquieme journée n'a comporté qu'un seul match joué au stade du Kram entre l'ASSoliman qui lutte pour le maintien et le CSSfaxien, troisième au classement. Le match a été disputé et les Cap Bonais qui ont joué d'égal à égal avec les Sfaxiens ont ouvert le score par Bouassida après un cafouillage devant la cage de Dahmen ( 34e) avant de voir Mathlouthi remettre les pendules à l'heure sur penalty après une faute de main d'un défenseur ( 72e) (1-1). Mais avant la fin, le même Mathlouthi a été exclu après intervention de la VAR.
Un résultat de parité qui ne fait le bonheur d'aucune équipes. A signaler qu'après le sifflet final le CSS a formulé une réserve technique contre l'intervention tardive de la VAR concernant l'expulsion de Mathlouthi ( après le deuxième arrêt de jeu et non après le premier arrêt comme le stipule le protocole de la VAR).
J.B.
Parkinson : Le nombre de malades augmente de 40% par an en Tunisie...
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
La Tunisie a célébré hier la Journée mandiale de lutte contre la maladie de Parkinson alors que les personnes atteintes de cette maladie sont en nette hausse. Comment sont pris en charge ces patients ?
Selon Dr Ahmed Fouad Rekik : " La maladie de Parkinson est une affection dégénérative, rare avant 45 ans, touchant 1,5 % de la population de plus de 65 ans, qui atteint autant les hommes que les femmes. La lésion fondamentale est la dégénérescence d’un certain type de neurones : les neurones dopaminergiques. . Ces neurones produisent de la dopamine, qui est une des substances neurotransmettrices du système nerveux.
Elle intervient notamment au niveau de neurones responsables du contrôle des mouvements du corps. Il y a, lors de la maladie de Parkinson, un déficit en dopamine dans le cerveau et cela se manifeste par des troubles des mouvements. La cause précise de la maladie de Parkinson est encore inconnue. De très rares cas sont héréditaires, et dans ce cas ce sont des maladies de Parkinson survenant chez des sujets très jeunes.
De même aucun facteur de risque n’est connu avec certitude, notamment aucun facteur alimentaire ou infectieux n’a été reconnu. Le début de la maladie est insidieux : réduction de l’activité, fatigabilité anormale, douleurs mal localisées, difficultés d’écriture, tremblement d’une main, raideur fluctuante, etc. Progressivement, les autres signes de la maladie vont apparaître". Qu'en est-il de la situation en Tunisie ?
En Tunisie, la maladie de Parkinson est une préoccupation de santé publique croissante, avec une hausse des cas de 30 à 40 % rapportée fin 2024, principalement due au vieillissement de la population.
L'âge moyen d'apparition est d'environ 55 ans, plus précoce qu'ailleurs, avec des formes génétiques fréquentes. L'âge moyen des symptômes moteurs est de 55 ans en Tunisie, plus précoce que la moyenne mondiale. En 2020, les décès liés à Parkinson représentaient environ 469 cas, soit 0,76 % du total des décès. Que fait, alors, la Tunisie pour lutter contre cette maladie ?
Espoir...
Des scientifiques du centre médical numérique de l’université médicale Université médicale Sechenov en Russie ont développé un réseau neuronal capable de détecter la maladie de maladie de Parkinson avec une précision allant jusqu’à 97 %, sur la base des résultats de l’électroencéphalogramme. La Tunisie, et en partenariat avec des équipes médicales américaines et européennes, est en train à son tour de développer sa propre thérapie.
En effet, des jeunes chercheurs du Centre médical numérique ont mis au point un réseau neuronal permettant d’analyser les caractéristiques de l’activité électrique du cerveau chez les patients atteints de la maladie de Parkinson. Le modèle présenté est capable d’identifier cette maladie à partir des données d’électroencéphalographie, avec une précision réelle avoisinant les 97 %.
A rappeler, par ailleurs, que la docteure en neurologie à l’Institut national des maladies neurologiques Institut national des maladies neurologiques Monji Ben Hmida, Samia Ben Hmida, avait déclaré en 2019, à la Cité des sciences de Tunis, que des laboratoires étrangers (américains et européens) cherchent à mener des recherches cliniques afin de développer une molécule pour traiter la maladie de Parkinson et à prouver son efficacité en Tunisie, après le succès des essais dans plusieurs pays.
La participation de la Tunisie à la recherche clinique constitue un tournant majeur dans le domaine médical. Ces recherches devraient aboutir à des résultats permettant de traiter le dysfonctionnement génétique lié à cette maladie, ce qui bénéficierait à l’ensemble de l’humanité en cas de succès. Selon Dr Rekik : " La prévention de cette maladie à un âge précoce, réside en l'adoption d'une alimentation saine et de pratiquer une activité physique régulière".
Une hausse inquiétante des cas de Parkinson en Tunisie, liée notamment au vieillissement de la population et à une meilleure détection des patients. La maladie neurodégénérative, qui touche les neurones producteurs de dopamine, provoque des troubles moteurs progressifs comme les tremblements, la raideur et la lenteur des mouvements. Les spécialistes estiment que la Tunisie connaît une progression rapide, avec une apparition parfois plus précoce que dans d’autres pays.
Face à cette évolution, les autorités sanitaires et les chercheurs multiplient les efforts pour améliorer le diagnostic et la prise en charge. De nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle et l’analyse des signaux cérébraux, ouvrent des perspectives encourageantes pour détecter la maladie plus tôt et avec davantage de précision.
Des collaborations internationales sont également en cours pour développer de futurs traitements. Les médecins insistent enfin sur l’importance de la prévention, basée sur une activité physique régulière et une alimentation saine, afin de limiter les facteurs aggravants et améliorer la qualité de vie des patients.
M.B.S.M.
"Gabès Cinéma Fen" : Raconter pour ne pas disparaître
Par Imen ABDERRAHMANI
Du 26 avril au 2 mai 2026, Gabès Cinéma Fen transformera la ville en carrefour de création et de réflexion, s’affirmant comme une forme de résistance culturelle où l’image devient un acte de mémoire, de dialogue et d’avenir.
Le coup d’envoi sera donné le 26 avril au Complexe culturel Mohamed Bardi avec le ciné-concert « Palestine : Une nouvelle narration », présenté pour la première fois en Tunisie par la compositrice libanaise Cynthia Zaven. Conçu avec la sound designer Rana Eid et sous le commissariat de Rabih El-Khoury, le projet revisite des images filmées entre 1914 et 1918, conservées par les "Imperial War Museums".
Commandée à l’origine par ALFILM, l’œuvre ouvre le festival sous le signe de la mémoire et de la relecture des récits historiques. S'agissant des compétitions, la sélection de longs- métrages arabes propose une traversée sensible des réalités contemporaines, entre récits personnels et bouleversements politiques.
Dans "The President’s Cake", Hassan Hadi suit les aventures d'une enfant, à la recherche de la farine, des œufs et du sucre pour préparer un cake, commandé par son instituteur pour la célébration de l'anniversaire du président. Dans "All That’s Left of You", Cherien Dabis suit le destin d’une famille originaire de Yafa contrainte à l’exil après avoir été forcée de quitter sa maison. Lors d’une manifestation contre la colonisation, l’un des enfants est grièvement blessé. Hospitalisé dans un établissement israélien, il est déclaré en état de mort cérébrale.
Face à cette tragédie, la famille envisage le don d’organes, une décision vertigineuse qui les confronte à des dilemmes moraux et politiques profonds, où l’intime se heurte à la réalité du conflit. Le déracinement traverse "Exil" du Tunisien Mehdi Hmili et "Yunan" du Syrien Ameer Fakher Eldin, où les paysages portent les traces d’un monde disloqué. Dans "Un monde fragile et merveilleux", Cyril Aris transforme l’histoire récente du Liban en fresque intime à travers une relation amoureuse qui s’étend sur trois décennies.
Les documentaires prolongent cette exploration du réel. "Khartoum" offre une vision poétique de la capitale soudanaise à travers les rêves de ses habitants. Dans "With Hassan in Gaza", Kamal Aljafari questionne la fabrication des images et notre manière de regarder les conflits. Enfin, "Souraya Mon Amour" de Nicolas Khoury mêle archives et correspondances pour composer une méditation sur la mémoire.
Ouverture internationale
La section Cinéma Monde accueille "Oh! What Happy Days" de Homayoun Ghanizadeh, "Afternoons of Solitude" de Albert Serra et "Memory" de Vlalena Sandu.
Côté installation, "Qui vit encore" de Nicolas Wadimoff donne la parole à neuf réfugiés de Gaza ayant échappé à l'enfer. Ce film de 1h54, récompensé aux Journées de Soleure, mêle témoignages poignants et rituels théâtraux pour préserver la mémoire collective. le film a été présenté à la précédente édition de Mostra de Venise.
Le programme de cette édition comporte également une rétrospective rendant hommage à Oliver Laxe, tandis qu’une séance spéciale est consacrée à "The Voice of Hind Rajab "de Kaouther Ben Hania.
La section Ciné-classiques, imaginée par la marraine Hend Sabri, célèbre la version restaurée de "La Noce" de Fadhel Jaziri et "Shafiqa et Metwalli" de Ali Badrakhan.
Quant à la section "Ciné-Promesse", elle met en lumière la jeune création tunisienne avec Dali Jannedi, Youssef Guermazi, Cherifa Benouda et Med Amine Khader.
Écologie et jeune public
La section "Ciné-Terre" aborde les enjeux environnementaux avec Syeyoung Park, Mériol Lehmann et Philippe Allard. dans cet ordre d'idées, l'affiche de cette 8ème édition a été conçue d’après une photo de Hichem Driss, plaçant l’eau au cœur du propos et mettant l'accent sur le lien profond entre l’homme et l’eau. Le souci écologique est toujours au coeur de ce festival.
Raison pour laquelle les organisateurs ont lancé un concours de photographie au profit des jeunes et émergents photographes avec comme thème "mémoire & histoire liée à l’eau", "résistance face à l’inéluctable", ou "l’eau comme récit de vie"...bref, l'eau comme récit de vie. Les enfants auront leur part du gâteau et ce grâce à "Ciné-Kid’z" qui propose aux plus jeunes deux films signés André Kadi et Karine Vézina.
Le programme comporte également un panel intitulé "Construction des corps et urgence d'archive : pour une archéologie du costume dans le cinéma tunisien" et une exposition exceptionnelle qui met le costume du cinéma tunisien à l’honneur. "Une célébration du savoir- faire, des histoires et des gestes qui font vivre le cinéma", lit-on sur la page facebook du festival.
Au fil de cette programmation, Gabès Cinéma Fen confirme sa singularité : faire du cinéma un espace de création et de résistance, où raconter des histoires revient à affirmer une présence et à réinventer l’avenir. Dans cette ville marquée par les défis environnementaux, l’image devient un geste de persévérance et de liberté.
I.A.
Éditorial : Le goulot d’étranglement de Trump - Par Jalel Hamrouni
Tous les projecteurs sont braqués sur la capitale pakistanaise , Islamabad, où un nouveau chapitre de la tension au Moyen-Orient est en train de s’écrire. En effet, le monde observe avec une attention particulière les récents développements diplomatiques autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique dont l’importance dépasse largement les frontières du Golfe persique.
Après l’échec retentissant de son offensive militaire contre l’Iran, Donald Trump semble désormais contraint de se tourner vers la diplomatie directe. C’est dans ce contexte que des pourparlers entre Washington et Téhéran sont prévus à Islamabad, une rencontre qui pourrait être décisive pour la sécurité énergétique mondiale… ou un nouvel exemple de dialogue infructueux.
L’enjeu est clair : le détroit d’Ormuz, étroit passage maritime par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial, doit rester ouvert. Pour Trump, la priorité absolue est d’éviter toute perturbation qui pourrait déstabiliser les marchés et miner son image de leader capable de garantir la sécurité internationale.
L’échec de sa tentative militaire a mis en lumière une réalité incontournable : la force seule ne suffit pas pour contrôler l’Iran ou assurer un passage sûr dans le détroit. Désormais, la diplomatie devient un impératif stratégique, et Washington est prêt à négocier, mais avec un objectif unique clairement affiché : le libre transit à travers Ormuz.
Les Iraniens, bien conscients de cette obsession américaine, approchent ces pourparlers avec prudence et calcul. Pour Téhéran, le détroit est autant un symbole de souveraineté nationale qu’un levier de négociation.
Le fait que Trump ait échoué dans sa stratégie militaire renforce encore leur position : ils savent que la priorité américaine est la navigation sécurisée et que tout échec de l’Iran dans ce dossier aurait des répercussions économiques et diplomatiques majeures. Cette connaissance confère à Téhéran un avantage stratégique certain, car elle leur permet de maintenir des exigences strictes tout en feignant la coopération.
Cependant, la question centrale reste : ces pourparlers peuvent-ils aboutir alors que les deux parties semblent campées sur leurs positions ? L’expérience historique suggère que la réponse n’est pas simple. Washington exige des garanties immédiates pour le passage sécurisé du détroit, tandis que l’Iran attend des concessions économiques et diplomatiques significatives. La ligne de crête entre ces objectifs est étroite.
Trop de concessions américaines seraient perçues comme un signe de faiblesse, mais aucun compromis limité pourrait convaincre l’Iran de lever ses restrictions ou d’agir de manière crédible pour sécuriser Ormuz.
La dynamique de cette rencontre à Islamabad repose donc sur une asymétrie claire : Trump est obsédé par l’ouverture du détroit, les Iraniens le savent, et cette connaissance façonne leur approche des négociations. La diplomatie devient un jeu de patience et de calcul, où chaque partie teste la résistance de l’autre.
Même si la rhétorique officielle évoque la coopération, les signaux envoyés par Téhéran sont prudents, parfois ambiguës, et parfois fermement contraires aux demandes américaines. Pour Trump, le défi est de transformer cette impasse en un résultat tangible sans sacrifier ses objectifs prioritaires.
La perspective d’un accord rapide semble donc limitée.
Les pourparlers sont davantage une tentative de gérer une crise potentielle qu’une opportunité de compromis global. Ils offrent toutefois une chance unique de mesurer jusqu’où Washington est prêt à aller pour atteindre son objectif : la sécurité du détroit d’Ormuz.
Et malgré les apparences, il existe un potentiel pragmatique : si Trump accepte certaines concessions limitées—comme la suspension temporaire de sanctions ciblées—en échange d’un engagement iranien sur le passage libre, un accord partiel pourrait voir le jour. Mais il serait fragile et dépendant de la bonne foi des deux parties, laquelle reste sujette à caution.
Pour le monde entier, cette situation revêt une importance particulière. Le détroit d’Ormuz est une artère vitale pour l’économie régionale et mondiale, et toute perturbation aurait des effets directs sur les États exportateurs de pétrole et sur les marchés internationaux. L’échec ou le succès des pourparlers à Islamabad aura des répercussions bien au-delà de Washington et Téhéran.
Il montre aussi que la géopolitique du Golfe n’est pas seulement une question de force militaire, mais de calculs stratégiques subtils où chaque geste, chaque concession et chaque signe de fermeté peut modifier l’équilibre régional.
En conclusion, ces pourparlers incarnent la nouvelle réalité imposée par l’échec militaire de Trump : la diplomatie directe devient incontournable, mais elle est dominée par une asymétrie d’objectifs. La priorité américaine est le détroit d’Ormuz, et les Iraniens en ont pleinement conscience, ce qui rend tout compromis délicat.
Si les deux parties persistent dans leurs positions rigides, Islamabad pourrait marquer un échec de plus dans l’histoire des relations américano-iraniennes. Pourtant, la simple centralité du détroit dans l’agenda de Trump laisse entrevoir une possibilité pragmatique : la sécurité d’Ormuz pourrait contraindre même les plus inflexibles à négocier, ne serait-ce que pour éviter une crise énergétique globale.
J.H.
Ligue des champions- demi-finale aller- ce soir à 20h00 à Rades : Espérance- Sundowns: Les Sang et Or pour prendre option
Par Jamel Belhassen
Gonflée à bloc après avoir éliminé aux quarts de finale, Al Ahly d'Égypte, l'Espérance de Tunis aborde cette demi-finale aller à Rades face à Mamelodi Sundowns avec de grandes ambitions et une nette détermination d'assurer une avance consistante qui lui permettra de prendre option avant la seconde manche.
La préparation à ce rendez-vous continental à été très studieuse au Parc B. Seule la séance de mercredi à eu lieu en présence du public, venu motiver et encourager ses favoris. Le reste des entraînements s'est déroulé à huis clos. Les billets mis en vente ont été écoulés dès le premier jour et en une heure trente seulement. C'est dire combien ce match bénéficie d'un engouement particulier. C'est que face à ce club d'Afrique du Sud qui affectionne un football offensif et très technique , la tâche des camarades de Ben Hamida ne s'annonce pas de tout repos.
Patrice Beaumelle a sûrement étudié le jeu de l'adversaire qui est dirigé par Miguel Cardoso, ancien coach de l'Espérance et on est amené à assister à une bataille tactique entre les deux techniciens, ce soir, sur la pelouse de Rades.
Retour de Toughai et Diarra
Chapitre effectif, le Français a récupéré les absents du dernier match de Sousse. Toughai et Diarra alors que Boualia qui n'a repris les entraînements que le vendredi, il se contentera d'un poste de suppléant. Dans ces conditions, la défense retrouvera sa formule et équilibre habituels avec Toughai et Jelassi dans l'axe, Keita et Ben Hamida sur les flancs. Au milieu, Ogbelu sera associé à Tka et Konate (ou Haj Ali).
Enfin en attaque, on devrait retrouver Sasse, Danho et Diarra. Une formation qui a belle allure mais qui est appelée à se montrer dans un bon jour avec la vigilance derrière et la lucidité devant les buts, devant pour arriver à atteindre l'objectif fixé au départ, à savoir: remporter cette première manche avec au moins deux buts d'ecart, si possible, pour ne pas compliquer la seconde manche en Afrique du Sud.
Formation probable
Ben Said, Keita, Ben Hamida, Jelassi, Toughai, Ogbelu, Tka, Haj Ali, Sasse, Diarra et Danoh.
J.B.
Ligue 1- 25e J. : Le CA laisse deux points à Monastir, l'O.B surprend l'ESS
Par Jamel Belhassen
La seconde partie de la 25e journée a été marquée par la victoire éclatante de l'O.Beja contre l'Etoile du Sahel par trois buts à un. Pourtant ce sont les Saheliens qui ont ouvert la marque par Abid ( 32e) avant que les Cigognes ne marquent trois buts par Camara ( 35e), Chalghoumi sur penalty ( 56e) et Kechrida contre son camp ( 62e).
A Monastir, le Club Africain n'a pu aller au bout de ses intentions dans un match fermé face à l'USMonastir. La qualité du foot présentée n'a pas atteint les sommets et les occasions de buts étaient peu nombreuses.
Enfin, au Bardi, le Stade Tunien a fait match nul avec le CABizertin un but partout. Dhifallah (24e) a ouvert le score avant que le Bizertin Ayenda n'egalise ( 28e) pour les siens.
Au classement générale, le CA occupe seul le poste de leader d'une manière momentanée en attendant le match EST-ESZ alors que l'O.Beja a réussi une belle opération sur le chemin du maintien.
Résultats
USM- CA (0-0)
ST -CAB -(1 -1)
OB -ESS( 3- 1)
J.B.
Décès et condoléances
Nous avons appris avec consternation le décès de feue Mme Najet Jenzri, épouse de notre confrère et ami Kamel Zaiem
En cette douloureuse occasion, Le Quotidien s’associe à la peine de toute la famille de la défunte, particulièrement ses enfants Yosra, Mehdi et Marouen, leur présente ses sincères condoléances et priant Dieu le Tout-Puissant d’accueillir la chère disparue dans Son Infinie Paradis et lui accorde Sa large Miséricorde.
«Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous retournons».
















