Par Hassan GHEDIRI
L’Etat espère alléger la facture énergétique des administrations publiques grâce à l’électrification progressive d’un parc de voiture de fonction qui pèse lourd sur le budget…
Tandis que le pétrole poursuit son envol en flirtant avec des niveaux records sur fond de la guerre contre l’Iran, la Tunisie qui importe la quasi-totalité de son carburant, se voit obligée d’accélérer la mise en œuvre des projets destinés à réduire le déficit énergétique et la dépendance aux hydrocarbures. Dans le contexte actuel, toutes les mesures d’austérités énergétiques deviennent cruciales.
L’un des programmes nécessitent une mise en œuvre immédiate, celui relatif à la promotion de l’utilisation des véhicules électriques au sein des établissements et entreprises publics adopté depuis 2024 et qui tarde encore à passer à l’étape de l’exécution.
L’Etat ambitionne en effet à travers ce programme d’entamer un processus d’électrification progressive son parc de véhicules qui pèse lourdement sur les finances publiques avec des dépenses de carburant qui dépasseraient les 500 millions de dinars par an et pouvant frôler les 750 si l’on prend en compte les subventions supportées par la caisse de compensation.
L’Agence nationale pour la maitrise de l’énergie (ANME) qui est l’organisme en charge de l’exécution dudit programme a lancé au mois de janvier un appel à manifestation d’intérêt à l’intention des institutions publiques et des collectivités locales pour permettre aux intéressés de bénéficier des subventions accordées par le Fonds de Transition Energétique pour l’électrification de leur parc automobile. Le mécanisme consiste à la prise en charge d’une partie du prix de l’achat à raison de 10 mille dinars par véhicule.
L’ANME qui devait avoir reçu le dernier dossier le 13 février 2026 conformément aux délais établi par l’appel à manifestation, devait accélérer les procédures de sélection et communiquer la liste des bénéficiaires le plus rapidement possible à même de mettre sur les rails une des plus importantes composantes de la stratégie de promotion de la mobilité électrique en Tunisie.
Bien que limité à un contingent d’une centaine de véhicules, le programme, une fois mis en exécution, ne manquera certainement pas à encourager tous les acteurs du public, du privé, à s’engager dans la transition vers la mobilité électrique.
Aujourd’hui l’Etat se trouve dans l’obligation de jouer le rôle de locomotive dans ce qui devait être une stratégie nationale de promotion de la mobilité électrique. Le défi consiste à mettre en œuvre un plan d’électrification progressif du parc de véhicules administratifs comptant près de 100 mille véhicules équipés de moteur thermique.
Il faut noter qu’au cours de ces dernières années et face à un déficit énergétique qui ne cesse de s’aggraver, les autorités publiques ont multiplié les mesures destinées à réduire les charges énergétiques liées à l’exploitation des voitures administratives.
Il était notamment question de limiter l’usage et de réviser les critères d’attribution. De telles mesures n’avaient toutefois pas changé grand-chose, en raison des difficultés d’application, du manque de mécanismes de contrôle efficaces et de la persistance de pratiques administratives peu compatibles avec les exigences de maîtrise des dépenses publiques.
Malgré les circulaires, les textes réglementaires et les annonces répétées en faveur d’une utilisation rationnelle des parcs de véhicules administratifs, les dépenses de carburant et de maintenances n’ont pas cessé d’augmenter.
H.G.

