Editorial : Tirer les leçons … - Par Hassan GHEDIRI
Les oléiculteurs italiens seront très contents. Et pourquoi ne pas l’être après avoir obtenu la garantie de la plus haute autorité exécutive de l’Union Européenne de pouvoir écouler tranquillement leur huile sur les marchés de l’UE sans être inquiétés par les Tunisiens.
Selon le quotidien italien « Italia a Tavola », Bruxelles opposera un refus catégorique à une demande émise au début de l’année par la Tunisie en vue de la renégociation de l’accord sur le mécanisme de quota d’exportation de l’huile d’olive vers le marché européen. En janvier dernier, le gouvernement tunisien avait en effet exprimé son souhait de lancer des discussions avec Bruxelles afin de doubler ses exportations d’olive exonérées de droits de douane vers les marchés de l’Union.
Se positionnant cette année, grâce à une très bonne campagne, comme deuxième producteur mondial d’huile d’olive juste derrière l’Espagne, la Tunisie veut porter à 100 mille tonnes le volume de ses exportations dans le cadre des accords conclus avec l’UE aujourd’hui plafonnées à 56700 tonnes.
La démarche entamée par la Tunisie semble vouée à l’échec et ce d’après ce que vient de révéler le média italien qui cite une correspondance adressée par le commissaire luxembourgeois chargé de l’agriculture et de l’alimentation au sein de la Commission européenne.
Dans un article consacré au sujet des discussions entre la Tunisie et l’UE pour l’augmentation du quota des exportations oléicoles, Italia a Tavola a laissé entendre avant-hier, mardi, que la commission européenne n’entend pas satisfaire la demande de la Tunisie.
L’on explique ainsi que Bruxelles n’envisage pas (accorder) de nouvelles concessions commerciales susceptibles d’ouvrir la voie à une éventuelle augmentation du volume d’huile d’olive tunisienne pouvant être exportées vers le marché européen grâce aux droits de douanes à 0% établis par l’Accord d’Association de 1995.
Le refus de Bruxelles il faut le mettre dans son contexte, parce que, depuis la levée de bouclier des oléiculteurs italiens irrités par le prix extrêmement compétitif de l’huile d’olive tunisienne commercialisée depuis l’automne en Europe.
Après plus de 30 ans depuis la signature de l’accord commercial avec l’UE, la Tunisie se trouve confrontée à un protectionnisme commercial à peine caché et que l’on tend souvent à établir par des barrières normatives supposées garantir une concurrence équilibrée entre les produits européens et ceux importés.
Le problème est que le mécanisme de quota constitue un avantage majeur pour la filière oléicole tunisienne parce qu’il permettait au pays d’écouler l’essentiel des exportations d’autant plus que l’UE représente le premier marché de l’huile d’olive dans le monde.
Si elle verrait Bruxelles balayer d’un revers de main sa demande d’augmenter des exportations d’huile d’olive vers le marché européen, la Tunisie assumera les conséquences d’une dépendance commerciale à l’Europe. Ni la proximité géographique ni le partenariat historique ne justifient le choix de mettre tous ses œufs dans le même panier.
Il est donc grand temps que la Tunisie tire les leçons d'une relation commerciale qui, derrière les apparences d'un partenariat privilégié, n'a cessé de jouer en sa défaveur. La dépendance structurelle de la filière oléicole tunisienne vis-à-vis du marché européen, qui absorbe à lui seul plus de 80% des exportations nationales d'huile d'olive, empêche le déploiement vers de nouvelles perspectives commerciales beaucoup plus prometteuses.
Pendant que l’Europe joue le protectionnisme, très nombreux sont les marchés à fort potentiel attendent d'être sérieusement conquis. La Tunisie, qui rafle les premiers prix dans les concours des meilleures huiles d’olive dans le monde, ne peut pas continuer à brader son or vert pour satisfaire un partenaire qui, en retour, se permet de lui fermer ses portes. Diversifier les partenaires permet de se prémunir contre les caprices protectionnistes de l'Europe, et se libérer d’une tutelle commerciale qui a toujours imposé les règles du jeu.
H.G.
Au Théâtre de l’Opéra de Tunis : Zied Gharsa chante et enchante comme toujours
L’artiste Zied Gharsa a animé, mardi soir, à la grande salle de l’Opéra, un concert consacré au patrimoine musical tunisien, dans le cadre de la 6ème édition de la manifestation « Ramadan à la Cité », organisée par le Théâtre de l'Opéra de Tunis.
La soirée a rassemblé un public intergénérationnel venu assister à un programme en harmonie avec l’atmosphère du mois de Ramadan. Le musicien a proposé un répertoire alternant malouf, chants traditionnels tunisiens et compositions personnelles, suscitant une interaction soutenue avec l’assistance et illustrant la continuité du lien entre les générations et le patrimoine musical tunisien.
Le concert s’est ouvert par une pièce soufie, suivie d’une séquence de mouachahats introduisant le bachraf, forme instrumentale savante d’origine ottomane intégrée au patrimoine musical tunisien. Présentant ces repères au public, Zied Gharsa a souligné la place du malouf comme composante majeure de l’identité culturelle nationale.
Un istikhbar à l’oud tunisien a ensuite été interprété. Cet héritage instrumental demeure associé au maître disparu Khemaïs Tarnane, puis au regretté Taher Gharsa, qui en a transmis la technique à son fils, perpétuant ainsi une filiation artistique. L’artiste a été également bien accompagné par son fils Raouf sur l’oud, affirmant cette tradition musicale familiale et ce sens de transmission.
Le programme s’est poursuivi par une suite de mouachahats et de pièces du répertoire malouf, avant une séquence « Chouchana » réunissant des chants ancrés dans la mémoire collective tunisienne.
Parmi ses créations, l’artiste a présenté un zajal intitulé « el-Braken » (Les balcons), fusionnant arabe dialectal et arabe classique. L’œuvre, conçue et écrite par l’artiste Ali Louati, a été interprétée sur le maqâm sîka, ponctuée d’un istikhbar au banjo exécuté par Lotfi Hbaili. Zied Gharsa a également revisité plusieurs titres de son propre répertoire.
La soirée a en outre donné à entendre un florilège de la chanson tunisienne patrimoniale, salué par le public.
La manifestation se clôture le 15 mars avec à l’affiche la chanteuse libanaise Carole Samaha.
Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient : La Tunisie à l’honneur
Le nouveau long métrage « À voix basse » (In A Whisper) de Leyla Bouzid figure en compétition officielle de la 21ème édition du « Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient » (PCMMO) qui se tiendra à Paris du 25 mars au 12 avril 2026.
Cette édition présentera 33 longs-métrages, dont 12 avant-premières, ainsi qu’une dizaine de courts métrages venus de plusieurs pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. La programmation prévoit également rencontres, débats et événements culturels, affirmant le rôle du festival comme plateforme d’échanges autour du cinéma contemporain et de la création artistique.
La Tunisie occupe une place centrale avec plusieurs œuvres contemporaines et un segment patrimonial consacré à la mémoire du cinéma national. Parmi les films contemporains, on retrouve « Têtes Brûlées » de Maja Ajmia Zellama, une œuvre de la diaspora explorant l’adolescence à Bruxelles, entre deuil, quête d’identité et fractures culturelles.
Présenté en février à la Berlinale 2026, « À voix basse » suit Lilia, une trentenaire revenue de Paris pour les funérailles de son oncle. Dans la maison familiale, elle découvre des secrets enfouis et des silences profondément ancrés, au cœur d’un huis clos où cohabitent trois générations de femmes.
Ce troisième long- métrage de fiction de Leyla Bouzid, d’une durée de 1h53, est coproduit par Unité (France) et Cinétéléfilms (Tunisie). Le film réunit une distribution internationale, avec Hiam Abbass, Marion Barbeau, Eya Bouteraa, Feriel Chamari, Selma Baccar, Lassad Jamoussi, Younes Naouar, Karim Rmadi, Nedia Belhaj et Abdelkrim Bennani. Sa sortie en salles tunisiennes est prévue le 29 avril 2026, selon le distributeur Hakka Distribution.
Focus patrimonial et archives
En parallèle des œuvres contemporaines, le festival propose le segment « Focus Archives », réalisé en partenariat avec « Focus Gabès », « Plaine Commune » et le laboratoire « L’Abominable », mettant en valeur archives papier, audiovisuelles et photographiques comme ressources vivantes dialoguant avec le cinéma actuel. Trois films tunisiens emblématiques y seront présentés : « Les Sabots en or » de Nouri Bouzid (1989), « Les Zazous de la Vague » de Mohamed Ali Okbi (1992) et « Insurrection » de Jilani Saadi (2021).
Au-delà de la scène tunisienne, le PCMMO 2026 met à l’honneur plusieurs réalisateurs de la région. Le cinéaste marocain Hakim Belabbes, parrain de l’édition, présentera « Un nid dans la chaleur », œuvre méditative sur l’exil et la filiation. La programmation inclut également des productions libanaises et palestiniennes, dont « Et les poissons volent au-dessus de nos têtes » de Dima El-Horr et « With Hasan in Gaza » de Kamal Aljafari.
Déployé dans plusieurs salles parisiennes, le festival associe cinéma, arts visuels, musique et littérature, renforçant son rôle de passerelle culturelle entre les deux rives de la Méditerranée.
Quand les versets semblent toucher le ciel
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Depuis plusieurs décennies, un débat passionne croyants et chercheurs autour de certains passages du Coran que certains considèrent comme des indices étonnants sur l’avenir de l’humanité.
Parmi ces passages figurent deux versets souvent cités pour illustrer une idée intrigante : la possibilité que le texte sacré ait évoqué, bien avant les progrès technologiques modernes, la capacité de l’homme à atteindre le ciel. Pour certains croyants, ces versets seraient une forme de préfiguration des voyages aériens et même spatiaux. D’autres y voient plutôt une lecture spirituelle et symbolique, liée au contexte religieux et linguistique du VIIᵉ siècle.
Le premier verset évoqué se trouve dans le Qur’an (29:22) :
« Vous ne pouvez pas échapper à la puissance d’Allah ni sur la terre ni dans le ciel ; et vous n’avez, en dehors d’Allah, ni protecteur ni sauveur. »
Pour beaucoup de croyants, cette formulation attire l’attention sur un détail particulier : la mention du ciel comme un lieu où l’homme pourrait se trouver. À l’époque de la révélation du Coran, il y a environ quatorze siècles, les moyens techniques permettant de s’élever dans les airs n’existaient pas.
La plus grande hauteur qu’un être humain pouvait atteindre dépendait essentiellement de la topographie — une montagne, une colline — ou tout simplement de sa capacité à sauter. L’idée que l’homme puisse voyager dans le ciel relevait alors davantage de l’imaginaire que de la réalité.
Aujourd’hui, avec les progrès technologiques, la situation est évidemment différente. Les avions parcourent quotidiennement les cieux, transportant des millions de passagers. Les fusées permettent même à l’humanité de quitter l’atmosphère terrestre pour explorer l’espace. Certains croyants considèrent que la mention du ciel dans ce verset peut être interprétée comme une indication que l’homme finira un jour par s’y rendre. Dans cette perspective, le texte sacré aurait évoqué une réalité qui ne deviendrait concrète que des siècles plus tard.
Un autre verset est souvent cité dans ce débat. Il se trouve dans la sourate Al-Inshiqaq (84:19) du Qur’an : Traduction approximative : « Vous passerez d’un état à un autre » ou « couche après couche ».
Le mot arabe « tabak » (طبق) signifie littéralement « couche », « niveau » ou « strate ». Certains interprètes contemporains ont établi un parallèle entre ce terme et l’idée des différentes couches du ciel ou de l’atmosphère. Dans cette lecture moderne, l’expression pourrait évoquer la progression de l’homme à travers différents niveaux du ciel, un peu comme les avions et les engins spatiaux franchissent aujourd’hui plusieurs couches atmosphériques avant d’atteindre l’espace.
Entre interprétation spirituelle et lecture moderne
Cependant, il est important de noter que les exégèses classiques du Coran ne donnent pas nécessairement cette interprétation technologique. Des commentateurs historiques comme Ibn Kathir ou Al-Tabari expliquent généralement ce verset autrement. Selon eux, l’expression « couche après couche » renvoie plutôt aux différentes étapes de la vie humaine ou aux transformations successives que traverse l’être humain. Elle peut aussi évoquer les épreuves, les changements de conditions ou encore les différentes phases que l’humanité vivra avant le Jour du Jugement.
Dans cette interprétation traditionnelle, il ne s’agit donc pas d’une description scientifique ou technologique, mais plutôt d’une métaphore décrivant la succession des situations et des états de l’existence humaine.
Malgré cela, la lecture moderne continue de susciter l’intérêt de nombreux croyants. Pour eux, certains versets du Coran possèdent une richesse de sens qui dépasse le contexte historique immédiat. Ils estiment que le texte sacré peut contenir des formulations suffisamment ouvertes pour être comprises différemment selon les époques.
Dans cette perspective, ce qui apparaissait autrefois comme une simple expression symbolique pourrait prendre une dimension nouvelle à la lumière des découvertes scientifiques et des progrès technologiques.
Cette réflexion s’inscrit dans un débat plus large sur ce que certains appellent les « miracles scientifiques » du Coran. Plusieurs passages sont parfois présentés comme faisant écho à des connaissances modernes sur l’univers, la biologie ou la formation de la Terre. Les partisans de cette approche considèrent que ces correspondances renforcent l’idée d’une origine divine du texte.
D’autres chercheurs, en revanche, invitent à la prudence. Ils soulignent que les textes anciens, religieux ou philosophiques, utilisent souvent des images et des métaphores qui peuvent être interprétées de multiples façons. Selon eux, il est possible que certaines lectures contemporaines projettent des connaissances modernes sur des textes qui avaient à l’origine une signification différente.
Quoi qu’il en soit, ces versets continuent d’alimenter une réflexion fascinante sur la relation entre foi, interprétation et progrès scientifique. Ils montrent aussi comment un même texte peut être compris de différentes manières selon l’époque, la culture et les convictions de ceux qui le lisent.
Pour les croyants, ces passages constituent souvent une source d’émerveillement et de méditation. Ils rappellent que le Coran, révélé selon la tradition au prophète Muhammad il y a plus de quatorze siècles, continue d’être étudié, commenté et interprété à travers les générations.
Qu’ils soient perçus comme des métaphores spirituelles ou comme des indications étonnantes sur l’avenir de l’humanité, ces versets témoignent en tout cas de la richesse du texte et de la profondeur des questions qu’il continue de soulever. Entre foi, histoire et science, la réflexion sur ces passages reste ouverte, invitant chacun à explorer le sens qu’il souhaite leur donner.
M.B.S.M.
Le bouclier de Médine : De la résistance spirituelle à la naissance d’un État de droit
L’histoire de la naissance de l’Islam est souvent réduite, dans certains récits simplistes, à une succession de conquêtes militaires.
Pourtant, un examen attentif des faits entourant l’émigration vers Médine (l’Hégire) révèle une réalité bien plus nuancée et profonde : celle d’une communauté aux abois, luttant pour sa survie face à une persécution systématique, et d’un leader, le Prophète Muhammad, contraint de passer du rôle de guide spirituel à celui de chef d’État et de stratège pour garantir l’existence même de ses disciples.
L’exil à Médine n’était pas une fin en soi, mais le début d’un bras de fer civilisationnel où la légitime défense est devenue l’unique rempart contre l’anéantissement.
Pendant treize longues années à La Mecque, les musulmans avaient subi l’insupportable : tortures, boycotts économiques, spoliations et assassinats. Lorsqu’ils choisirent l’exil vers Médine, ils ne le firent pas par désir d’expansion, mais pour trouver un souffle de liberté.
Cependant, la rancœur des chefs qurayshites ne s’arrêta pas aux frontières de la ville sainte. Pour l'aristocratie mecquoise, l’existence même d’une communauté musulmane autonome à Médine représentait une menace pour leur hégémonie religieuse et commerciale. Les hostilités ne cessèrent jamais réellement ; elles changèrent simplement de forme.
Les chefs de La Mecque, jusque sur leur lit de mort, exigeaient de leurs successeurs qu’ils poursuivent la traque. Ils envoyèrent des ultimatums aux habitants de Médine, les menaçant de massacres et d’esclavage s'ils continuaient à offrir l'asile au Prophète. Dans ce contexte de guerre froide imminente, l’inaction aurait été synonyme de suicide collectif.
C’est ici que se dessine la figure du Prophète comme un protecteur responsable. Conscient que les Mecquois préparaient une offensive d’envergure, il mit en place un système de reconnaissance sophistiqué. L’envoi d’éclaireurs et de petites patrouilles aux abords des routes caravanières n’était pas une provocation gratuite, mais une nécessité vitale de renseignement militaire.
Il s’agissait de savoir quand et comment l’ennemi frapperait. Les historiens critiques ont parfois qualifié ces mouvements d'agressions initiales, mais cette analyse fait fi de quatorze années de tyrannie préalable. En droit international moderne, la "légitime défense préventive" est un concept débattu, mais dans le désert de l’Arabie du VIIe siècle, face à un ennemi juré qui organisait ouvertement votre extermination, elle était le seul moyen de dissuasion.
Les musulmans avaient été chassés de leurs foyers ; ils avaient donc le droit moral et légal de contester la suprématie économique de leurs persécuteurs, notamment en surveillant les caravanes qui finançaient l’effort de guerre contre eux.
L’architecture d’une civilisation ou l’ordre au milieu du chaos
Pourtant, malgré l'imminence du péril militaire, le génie de cette période réside dans la transformation interne de la société médinoise. Tandis que les sabres s’aiguisaient à La Mecque, Muhammad jetait les bases d’une gouvernance civile révolutionnaire pour l’époque. Il ne s’agissait plus seulement de survivre à la guerre, mais de construire une paix durable fondée sur la justice.
Avant l'Islam, les litiges tribaux se réglaient par le sang et la vendetta aveugle. Le Prophète introduisit la notion de procédure juridique et la nomination de juges impartiaux. Désormais, la plainte devait être examinée et prouvée avant toute sentence. C’était l’acte de naissance de l’État de droit en Arabie, substituant la force de la loi à la loi du plus fort.
Cette révolution ne fut pas seulement judiciaire, elle fut profondément sociale et intellectuelle. Dans une culture où l’épée primait sur la plume, le Prophète fit de l’alphabétisation une priorité nationale. Il encouragea l'étude et imposa à ceux qui savaient écrire de transmettre leur savoir aux autres.
Il s'attaqua aux structures les plus sombres de la société préislamique : il établit les droits de la femme, protégea les travailleurs contre l'exploitation et créa des tutelles pour les orphelins afin que leurs biens ne soient plus spoliés. Il instaura une forme de solidarité organique où les riches contribuaient au bien-être des pauvres, non par simple charité, mais comme une obligation civique et religieuse destinée à assainir le tissu social.
Même l'urbanisme et l'hygiène publique devinrent des sujets d'État, avec l'élargissement des rues et la systématisation de la propreté. En somme, pendant que ses ennemis préparaient la destruction, il préparait la civilisation.
Ce contraste atteignit son paroxysme lors du dix-huitième mois après l’Hégire, avec la bataille de Badr. Ce moment charnière fut déclenché par le retour d’une caravane commerciale majeure dirigée par Abu Sufyan. Contrairement aux idées reçues, ces caravanes n’étaient pas des convois civils désarmés, mais des expéditions lourdement escortées par des centaines d’hommes d’élite.
Lorsque le Prophète sortit de Médine avec environ trois cents compagnons, la confusion régnait : allaient-ils intercepter la caravane pour récupérer une part de leurs biens spoliés, ou allaient-ils devoir affronter l’armée de mille hommes que La Mecque avait levée en renfort ?
Le sort trancha en faveur de la confrontation directe. Les musulmans, mal armés, en infériorité numérique flagrante (un contre trois), se retrouvèrent face à l'élite guerrière de Quraysh. Badr ne fut pas un simple pillage qui aurait mal tourné, mais le choc frontal entre deux visions du monde.
D’un côté, une aristocratie protégeant ses privilèges et son droit à opprimer ; de l’autre, une communauté naissante luttant pour son droit à l’existence et à l’application de ses nouvelles lois protectrices. La victoire des musulmans à Badr fut perçue non seulement comme un miracle, mais comme la validation d’un système qui préférait l’ordre au chaos.
En conclusion, la période de Médine illustre une vérité historique universelle : la paix ne peut être maintenue sans une force capable de la défendre, mais la force seule ne suffit pas à bâtir une nation. Muhammad a su conjuguer la vigilance du stratège et la sagesse du législateur. En relevant le défi de la guerre que les Mecquois lui imposaient depuis quatorze ans, il n'a pas seulement protégé des vies, il a protégé un idéal.
Les lois qu'il a instituées alors — sur les droits humains, la justice sociale et l'éthique de la guerre — allaient jeter les bases d'une civilisation qui influencerait l'humanité pour les siècles à venir. Badr fut le baptême du feu d'un État qui, pour la première fois en Arabie, faisait passer l'intérêt commun et la justice divine avant les liens du sang.
(A suivre...)
Indice mondial de compétitivité durable : La Tunisie au-dessous de la moyenne…
Par Hassan GHEDIRI
Notre pays ne coche pas la plupart des cases en ce qui concerne la performance économique, la protection de l’environnement et le bien-être social d’où son score très modeste en terme de compétitivité durable…
Avec un score de 45,12/100, la Tunisie fait partie des pays qui redoublent d’effort pour être capable de générer de la richesse de manière durable sans pour autant compromettre des ressources indispensables aux générations futures. C’est en effet ce qui ressort de la 14è édition de l’Indice mondial de la compétitivité durable (Global Sustainable Competiveness Index ; GSCI) nouvellement éditée par le think tank suisse-coréen Solability. Indice mondial de compétitivité durable : La Tunisie au-dessous de la moyenne…
Cet index, publié depuis 2012 et qui se veut une référence pour les chercheurs, les acteurs économiques et les décideurs politiques, mesure la compétitivité durable des pays à partir de plus de 250 indicateurs quantitatifs issus de sources reconnues (Banque mondiale, Nations unies, FMI, OCDE…).
Les données sont collectées à partir des dernières informations disponibles et de l’évolution des tendances (positives ou négatives) au cours de la dernière décennie afin de dégager les conclusions les plus pertinentes de la situation actuelle et les perspectives d’évolution future.
Le GSCI 2025 tente ainsi de mesurer la compétitivité économique de 192 pays dans le monde selon une approche axée sur la durabilité, c’est-à-dire la capacité de chaque pays à générer et à maintenir une richesse inclusive tout en préservant, et en renforçant, les fondements naturels, sociaux, intellectuels et institutionnels qui permettent la création de richesse.
Bien que mieux classée que beaucoup de pays en Afrique avec une place au top 10 (sixième place) à l’échelle du continent, la Tunisie peine à concilier performance économique à la protection de l’environnement et au développement du bien-être social. Notre pays, qui se contente du 105è rang au classement de 2025 établi par le think-tank suisse-coréen, affiche plusieurs faiblesses structurelles qui imitent sa compétitivité durable.
La première défaillance est naturelle, c’est-à-dire liée à la disponibilité des ressources stratégiques telles que l’eau et l’énergie. La raréfaction des ressources hydriques et énergétiques forme, en effet, selon le rapport, une contrainte majeure qui tend à être accentuée par une exploitation excessive des ressources disponibles, ce qui tend à accroitre la vulnérabilité du pays aux chocs extérieurs. L’autre faiblesse concerne l’investissement dans les ressources humaines.
L’indice met ainsi en lumière un déficit d’innovation et de valorisation du capital humain, lié à la faiblesse des investissements en recherche et développement et à des difficultés à adapter le système éducatif aux exigences économiques.
Toujours selon le GSCI 2025, l’économie tunisienne demeure fragile et peu diversifiée, avec une croissance modeste et un chômage élevé, tandis que les défis de gouvernance et les disparités sociales et régionales continuent de peser sur l’environnement économique.
Ceci dit, et afin de consolider les bases d’une compétitivité durable à long terme, le think tank suisse-coréen croit que la Tunisie a plus que jamais besoin d’accélérer la transition énergétique, d’améliorer l’efficacité dans l’utilisation des ressources, de renforcer l’investissement dans l’innovation et la recherche, de moderniser la gouvernance économique et de réduire les inégalités territoriales.
H.G.
Congrès de l’UGTT : L’opposition accuse le bureau exécutif d’une nouvelle fuite en avant…
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Selon le dirigeant au sein de l’opposition syndicale, Habib Jerjir, le prochain congrès de l’UGTT va enliser les structures de l’organisation dans leurs divisions plutôt que de les résoudre. Quel avenir, alors, pour la Centrale syndicale au vu de ces accusations ?
Pendant que les préparatifs vont bon train à quelques jours de la tenue du prochain congrès de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) prévue pour les 25, 26 et 27 mars à Monastir, les tensions internes à se sont nettement ravivées. En témoigne ce statut posté sur sa page Facebook par le dirigeant au sein de l’opposition syndicale, Habib Jerjir, lequel n’a pas hésité de qualifier ce congrès de « rassemblement de tous les putschistes à l’origine de la crise qui secoue l’organisation depuis des années ».
Jerjir estime, en effet, que « ce congrès va enliser les structures de l’organisation dans leurs divisions plutôt que de les résoudre ». Et d’ajouter : « Il est évident que la bureaucratie syndicale cherche à se repositionner en usant tous les stratagèmes, y compris la fraude. Nous dénoncerons tous cela au moment opportun».
Pour le juriste et activiste Salem Cherif : « Nous assistons depuis l’annonce de la date de ce congrès à un dialogue de sourds. D’un côté, l’actuelle direction et à sa tête la Commission administrative et de l’autre, l’opposition syndicale. A noter que la Commission administrative a tenu vendredi dernier sa réunion hebdomadaire choisissant au passage le slogan général du congrès « Attachés aux principes et garants des droits et des libertés ».
Pour l’opposition syndicale, ce slogan doit être plutôt : « Attachés à l’esprit putschiste et déterminés à détruire l’héritage syndical de l’organisation du leader Farhat Hached. On voit, alors, mal comment rapprocher les uns des autres à la veille d’un congrès qui s’annonce très chaud ». Quel avenir, justement, pour la Centrale syndicale au vu de ces accusations ?
Un avenir flou …
«De l’avis de tous les observateurs, jamais l’Union générale tunisienne du travail n’a vécu une crise interne aussi grave, « D’habitude, l’UGTT est attaquée par les régimes en place depuis l’indépendance. Alors, aussi bien les dirigeants que la base syndicale faisaient toujours front et sortaient vainqueurs de toutes les épreuves. La donne a changé cette fois-ci et c’est de l’intérieur que la Centrale syndicale est visée », nous dira notre interlocuteur du jour, l’activiste Salem Chérif.
Et d’ajouter : « Au vu de la situation actuelle, on voit mal comment ce congrès va mettre fin à cette crise. Pis encore, si on n’agit pas à temps, la crise va s’enliser davantage. Alors, il faut, à mon avis, prendre des mesures exceptionnelles voire douloureuses comme l’intégration de l’opposition syndicale au sein des structures de l’Union générale tunisienne du travail et permettre à ses dirigeants de constituer des listes et se présenter aux élections. Ce congrès doit être le congrès de la réconciliation, si on veut sauver la Centrale syndicale et derrière les intérêts des milliers des travailleurs ».
Cela étant et afin d’éviter que les résultats de ce congrès ne soient contestés au niveau juridique, on croit savoir que le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Tabboubi, s’apprête à s’appuyer sur l’avis de quatre avocats dont le bâtonnier de l’Ordre national des avocats, Boubaker Ben Thabet, l’ancien bâtonnier Fadhel Mahfoudh, Abdeljaébbar Nsiri Yousfi et Abdessalem Nsiri, afin de s’assurer de la conformité des procédures juridiques portant sur l’organisation de ce congrès extraordinaire, d’autant qu’il s’agit d’un congrès électif.
Pour l’activiste Salem Chérif, « il faut que tous les membres du bureau exécutif démissionnent pour convoquer un congrès extraordinaire électif qui n’est pas par ailleurs le cas, d’où ces inquiétudes concernant ce congrès qui pourrait faire l’objet de plusieurs contestations, notamment au niveau juridique ».
Entre accusations d’intrigues internes et menaces de contestations juridiques, l’UGTT se tient à un carrefour décisif : réconcilier ses rangs ou risquer de perdre la confiance de ses milliers d’adhérents. Le congrès qui s’annonce pourrait bien décider de l’avenir immédiat de la Centrale syndicale.
M.B.S.M.
A l’Institut français de Tunisie : L’art de « Fleurir », ce soir, par Wafa Ghorbal
Par Imen Abderrahmani
La romancière et l’artiste Wafa Ghorbal sera ce soir l’invitée de l’Institut français de Tunisie (IFT) pour raconter « Fleurir » et ce à partir de 20h30. Une histoire toute en musique sur la dignité, la liberté et les chemins de résilience.
Comme des fleurs qui résistent aux tempêtes, les mots de « Fleurir » de Wafa Ghorbel célèbrent la force de renaître. S’inscrivant dans le cadre de « Layali Ramadan » (Soirées ramadanesques » de l’IFT et du programme « Kteb Tounsi », cette rencontre-performance prendra la forme d’une lecture musicale, où la voix de l’autrice dialoguera avec les notes du oud interprétées par le luthiste Hichem Ktari.
Entre littérature et musique, ce moment artistique promet une immersion sensible dans l’univers du roman, traversé par la mémoire, les fragments de vie et les chemins de guérison et de renaissance.
Publié en 2024 aux éditions Kalima Editions, « Fleurir » raconte l’histoire de Yasmine Ellil (qu’on peut traduire par Jasmin de nuit), une jeune insulaire tunisienne dont la vie bascule après un viol commis par son professeur. Pour préserver l’honneur familial, ses parents l’obligent à épouser son agresseur. D’abord résignée, la jeune femme finit par se révolter et choisit de partir pour tenter de se reconstruire et transformer la blessure en force.
Dans ce récit profondément marqué par la musique et l’art notamment le flamenco, Wafa Ghorbel explore la capacité de la création à ouvrir des voies de guérison lorsque tout semble perdu. La musique, tout comme le jasmin, imprègne profondément l’écriture de cette autrice qui a choisi de ce roman de faire fleuri Yasmine Ellil au fil des pages.
Romancière, universitaire et chanteuse franco-tunisienne, Wafa Ghorbal est l’une des voix littéraires francophones marquante. Ses œuvres ont été saluées par plusieurs distinctions, notamment avec « Le Jasmin noir », lauréat du Prix Comar d’Or « Découverte 2016 », et « Le Tango de la déesse des dunes », récompensé par le Prix du roman de la Foire Internationale du Livre de Tunis et le Prix du CREDIF en 2018. Son dernier roman « Fleurir » a remporté le Prix spécial du jury du Comar d’Or 2024.
La rencontre sera modérée par Myriam Bouabid, doctorante et lectrice attentive de l’œuvre de l’autrice. « Pour l’occasion, la médiathèque de l’Institut ouvrira exceptionnellement ses portes en nocturne afin d’accueillir le public, petits et grands, dans une ambiance conviviale avec jeux de société et contes au programme », précise le communiqué de l’IFT.
Placée sous le signe de la parole, de la musique et de la mémoire, cette soirée invite le public à découvrir un roman où la littérature devient un espace de traversée et de renaissance.
Imen. A.
Présentation ce soir « Si le Kef m’était conté » de Najet Ghariani, à la librairie Al Kitab de La Marsa
Une présentation suivie d’une séance de dédicace du nouvel ouvrage « Si le Kef m’était conté – Les Contes de l’Enchanteresse » de Najet Ghariani est prévue, ce soir, à partir de 21h00 à la librairie Al Kitab de La Marsa.
Publié en 2026 par Alperdaws Edition, l’ouvrage se présente comme un voyage littéraire au cœur de la ville du Kef, au nord-ouest tunisien, mêlant souvenirs personnels, récits inspirés, mythes et légendes locales. Le livre propose une exploration du patrimoine culturel et de la mémoire collective de la région.
L’auteure y évoque notamment le patrimoine immatériel, les récits liés à une génération révolue ainsi que des quartiers historiques de la ville. L’ouvrage met également en lumière les traditions sociales et culinaires locales, à travers l’évocation de spécialités emblématiques du Kef. La rencontre est ouverte au public, indique la librairie.
Lancement du Prix des Jeunes Influenceurs Francophones
Le Prix des Jeunes Influenceurs Francophones sera officiellement lancé samedi 14 mars à partir de 20h à l’Institut français de Tunisie, en ouverture des Journées de la Francophonie 2026.
L’initiative est portée par le Groupe des Ambassadeurs Francophones en Tunisie, en coordination avec la Représentation de l’Organisation internationale de la Francophonie pour l’Afrique du Nord.
Un point presse est prévu en début de soirée pour présenter le programme des Journées de la Francophonie et détailler les modalités du concours. Ce prix inédit vise à valoriser la créativité numérique des jeunes talents tunisiens âgés de 18 à 35 ans et à promouvoir l’usage de la langue française sur les réseaux sociaux.
Le concours est ouvert aux créateurs et créatrices de contenu de nationalité tunisienne disposant d’une communauté d’au moins 5 000 abonnés sur les principales plateformes numériques. Les participants doivent proposer une vidéo originale d’une durée inférieure à dix minutes, réalisée majoritairement en français, le sous-titrage étant encouragé. Les candidatures doivent être publiées en ligne au plus tard le 31 mars 2026.
Deux distinctions seront attribuées : le Prix Influenceur francophone et le Prix Influenceuse francophone. Chaque lauréat recevra une récompense financière minimale de 1 000 dinars, financée par l’Ambassade de France en Tunisie.
La soirée se poursuivra avec le spectacle « Ce que le ventre dit », présenté dans la cour de l’institut par la poétesse et slameuse belge Lisette Lombé et le rappeur franco-libanais Marc Nammour. Cette création scénique mêle slam et rap autour des thématiques des relations femmes-hommes, de l’identité sociale et de l’espoir.
Le spectacle est produit par l’association La Canaille et s’inscrit dans la programmation du Mois de la Francophonie.
Europe Créative Tunisie : session d’information en ligne aujourd'hui sur les résidences artistiques internationales
Le desk Europe Créative Tunisie (Creative Europe Tunisia) invite les structures culturelles tunisiennes à prendre part à une session d’information en ligne consacrée au programme « Culture Moves Europe ».
Selon un communiqué publié lundi sur sa page Facebook, cette rencontre portera sur l’appel à candidatures « Structures d’accueil de résidences 2025-2026 », relevant du programme Europe Créative.
La session d’information se tiendra aujourd’hui, de 11h à 13h, en visioconférence. Elle s’adresse aux associations, organisations culturelles, institutions publiques, fondations, entreprises et structures privées disposant d’une existence légale en Tunisie.
La session vise à présenter les modalités de participation, les mécanismes de financement et les opportunités offertes aux institutions culturelles souhaitant développer des programmes de résidences à dimension internationale.
L’inscription s’effectue via un formulaire en ligne, dont le lien est disponible sur la page offcielle du desk Europe Créative Tunisie. Le lien de connexion sera transmis par courrier électronique aux participants inscrits, le matin de la session.
La deuxième édition de « Culture Moves Europe », s’adresse aux structures établies dans les pays participants au programme Europe Creative. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 16 mars 2026.
Les organismes retenus pourront accueillir entre un et cinq artistes ou professionnels de la culture pour des résidences poursuivant au moins deux objectifs parmi l’apprentissage, la création, l’exploration, la mise en réseau et la transformation des pratiques.
La procédure se déroule en deux phases : une première étape consacrée au dépôt du projet de résidence par la structure d’accueil ; une seconde, réservée aux candidats présélectionnés, dédiée au choix des artistes et professionnels invités.
Les résidences devront être réalisées sur une période d’un an, entre le 8 juin 2026 et le 7 juin 2027. La durée de chaque résidence est comprise entre 21 et 90 jours.
Sont éligibles les personnes morales légalement constituées dans un pays participant au programme, y compris les régions ultrapériphériques et territoires associés, disposant de la capacité d’accueil requise. Les candidats, qu’ils soient émergents ou confirmés, doivent exercer dans l’un des secteurs suivants : architecture, patrimoine culturel, design et design de mode, littérature, musique, arts de la scène ou arts visuels.
Le dispositif prévoit un soutien financier à la fois pour les structures d’accueil et pour les artistes en résidence. Des compléments financiers sont prévus selon les situations, notamment pour la mobilité durable, les résidents issus de territoires éloignés, les charges familiales ou les frais de visa. Un appui spécifique à l’accessibilité peut également être accordé pour couvrir les besoins liés au handicap, à l’assistance personnelle ou à l’interprétation en langue des signes.
Editorial : Khamenei est mort, vive Khamenei…
Par Chokri Baccouche
Oups ! Les bulles du Champagne sablé par le président américain, Donald Trump, et son alter ego israélien, Netanyahu, après l’assassinat du guide suprême iranien donnent d’étranges hallucinations et ont un goût amer depuis quelques jours.
Non seulement elles renvoient aux missiles et aux drones qui s’abattent par centaines sur les villes israéliennes et les bases américaines dans le Golfe, mais, de plus, elles sont porteuses de bien mauvaises nouvelles sur le plan stratégique. La raison ?
Elle est simple comme hello ou shalom : en massacrant l’ayatollah Ali Khamenei, Trump et Netanyahu avaient cru que le régime des mollahs une fois «décapité» allait se désintégrer et partir en vrille pour ne plus être qu’un «mauvais souvenir».
Ils se sont mis en fait le doigt dans l’œil jusqu’à l’ombilic car non seulement il n’en fut rien mais de plus la disparition du vieux leader a fédéré les Iraniens qui se sont levés comme un seul homme pour défendre leur patrie contre ses agresseurs. Et comme une désillusion n’arrive jamais seule pour les va-t-en guerre américano-sionistes, c’est un autre Khamenei qui vient d’être élu par l’Assemblée des experts d’Iran au poste de guide suprême.
Le roi est mort, vive le roi ou, plutôt, vous n’êtes pas au bout de vos peines les méchants cocos : c’est le fils de son père qui assure la relève et il est prêt à croiser le fer avec les agresseurs de son pays. Ceux qui ont tué son paternel ainsi que de nombreux membres de sa famille et massacré des centaines de civils iraniens dont plusieurs dizaines de jeunes écolières qui ont été ensevelies sous les décombres de leur bahut, en cette journée fatidique du 28 février dernier.
Ah la poisse ! Depuis l’annonce du successeur du défunt Ali Khamenei, Trump et Netanyahu se morfondent et rongent leurs ongles. Ils ont d’autant plus raison de se faire du mauvais sang que les Gardiens de la Révolution, les forces armées, la police et la diplomatie ont immédiatement prêté allégeance au nouveau guide suprême.
Mieux encore : des milliers d’Iraniens en liesse ont investi les principales artères névralgiques des plus grandes villes du pays pour exprimer leur joie, agitant dans la nuit des drapeaux de la République islamique ou les lampes de leurs téléphones portables.
Malgré la brutalité des frappes aveugles américano-sionistes qui n’épargnent ni les populations civiles ni l’infrastructure, l’Iran est toujours debout et les Iraniens unis autour d’une noble cause, celle de préserver leur liberté et défendre l’intégrité territoriale et la souveraineté de leur pays.
L’élection de Mojtaba Khamenei au poste de guide suprême est porteuse de plusieurs messages politiques et stratégiques majeurs. Même si le régime le régime, diront les mauvaises langues, semble avoir opté pour une forme de "succession héréditaire" inédite depuis la révolution de 1979, ce choix vise à garantir la stabilité interne et la continuité de la ligne idéologique du défunt Guide.
La désignation de Mojtaba Khamenei qu’on décrit comme une figure très proche des Pasdaran, les gardiens de la révolution, vise également à consolider le pouvoir sécuritaire et militaire sur les institutions religieuses et civiles.
Enfin, et c’est là chose de la plus haute importance également, ce choix est perçu comme un message de fermeté et de puissance face aux pressions occidentales. Plus précisément, c’est un défi direct lancé aux Etats-Unis et notamment à Donald Trump, suggérant une posture iranienne qui marque un changement dans la continuité.
On l’aura certainement compris, rien ne va changer en fait en Iran. Le pays des mollahs qui refuse obstinément de se soumettre aux diktats américano-sionistes est prêt à tous les sacrifices et à tenir tête par tous les moyens à tous ceux qui cherchent à spolier sa liberté et son indépendance et asservir son peuple. Ce statu quo n’arrange pas bien évidemment les affaires du président américain qui semble éprouver toutes les peines du monde à trouver une solution pouvant lui permettre de sortir du bourbier moyen-oriental la tête haute.
Donald Trump, qui a essayé par tous les moyens de renverser rapidement le régime iranien, se retrouve actuellement dans la mouise pour ne pas dire dans un sacré pétrin. Non seulement il a lamentablement échoué mais, de plus, son expédition guerrière hasardeuse est en passe de créer une grave crise économique mondiale qui fait jaser aussi bien les citoyens américains que l’ensemble de la communauté internationale.
En raison de la flambée du prix du pétrole sur le marché international due notamment à la fermeture du détroit d’Ormuz, la colère gronde en effet au pays de l’oncle Sam où le prix du carburant à la pompe a sensiblement augmenté ces derniers jours, mettant encore plus à mal le pouvoir d’achat des contribuables américains, déjà érodé par une inflation galopante.
Comble de l’ironie et du cynisme, cette flambée est un « tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité des États-Unis et du monde », a assuré Donald Trump sur son réseau Truth Social. On ignore si le scandale Epstein laisse des séquelles irréversibles sur le psy des gentils membres du club mais, en tout cas, on peut dire que la savante réflexion du fantasque président U.S sort tout droit d’une orgie de mensonges, en passe de mener le monde… droit dans le mur…
C.B.
Ligue des champions (8es) : Le Bayern Munich réduit l’Atalanta en poussière !
Le Bayern Munich a balancé une gifle monumentale à l’Atalanta Bergame, comme on en voit rarement en huitièmes de finale de Ligue des champions (1-6). Les Bavarois ont – sauf miracle digne des plus grands exploits de l’histoire du foot – d’ores et déjà validé leur ticket pour les quarts avant le match retour mercredi. L’Italie, elle, regarde son dernier représentant en C1 se prendre une déculottée historique, et n’a certainement pas hâte d’assister au match retour à l’Allianz Arena.
Liverpool chute à Galatasaray
Déjà battu à Istanbul en phase de ligue cet automne, Liverpool s'est encore incliné sur la pelouse de Galatasaray (1-0) mardi en huitièmes de finale aller de la Ligue des champions. Les Reds avaient perdu sur le même score fin septembre face aux Turcs, qui s'offrent un nouveau succès contre un grand d'Europe après avoir éliminé la Juventus en barrages fin février. L'ancien Marseillais Mario Lemina a marqué le seul but du match (7e) pour les Turcs qui se rendront avec ce léger avantage à Anfield mercredi prochain.
L’Atlético se régale face à un Tottenham clownesque
Au Metropolitano, l’Atlético de Madrid a incarné le rôle du grand méchant, celui qui a mis un sac en plastique sur la tête des Spurs pour les faire définitivement agoniser. Ce mardi, en huitièmes de finale allers de la C1, les Colchoneros ont dévoré les Londoniens (5-2), plombés par des erreurs dignes des catégories de poussins en tout début de match. Les Madrilènes prennent déjà une sacrée option pour les quarts de finale avant le match retour mercredi prochain.
Le Barça sauvé par Yamal
Newcastle est l’unique pensionnaire de la Premier League à s’en être sorti en bousculant sérieusement le FC Barcelone (1-1). Les Magpies, toujours aussi acharnés à Saint James Park, ont pris les devants grâce à un but marqué dans les ultimes instants de la partie (86e) par Harvey Barnes mais un penalty transformé par Lamine Yamal à la dernière seconde (90e+6) a sauvé les apparences pour le Barça. Le champion d’Espagne et leader de la Liga n’a pas brillé mais reste grand favori pour l’accession au tour suivant.
Abou Dhabi : Des mesures pour faciliter le rapatriement des Tunisiens
L'ambassade de Tunisie à Abou Dhabi a annoncé une série de mesures pour faciliter le rapatriement des ressortissants tunisiens qui se trouvent aux Émirats d'Abou Dhabi ainsi que les zones y afférant à l'instar d'Al Ain et Al-Dhafra et qui sont venus avec des visas touristiques ou dans le cadre de visite familiale.
L'ambassade a fait savoir dans un communiqué publié, ce mardi, que ceux qui désirent entrer en Tunisie par avion depuis le Royaume d'Arabie saoudite peuvent soumettre leur demande par courriel à l'adresse suivante: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
La demande doit comprendre une copie du passeport, une copie du visa d'entrée aux Émirats et un document prouvant la présence de l'intéressé dans la circonscription consulaire de l'ambassade.
Ce document peut être une attestation d'hébergement dans un hôtel pour les personnes arrivant avec un visa touristique ou une copie du contrat de loyer pour les détenteurs d'un visa de visite familiale. De même, l'ambassade demande une copie de la réservation de vol, si disponible, ou les détails de l'itinéraire du vol prévu ainsi qu'un numéro de contact (téléphone ou WhatsApp).
L'ambassade explique que les demandes seront transmises aux autorités saoudiennes compétentes, en coordination avec la mission diplomatique tunisienne à Riyad, afin de faciliter la délivrance de visas de transit aux personnes concernées via les points de passage terrestres entre les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, pour assurer leur retour en Tunisie par voie aérienne.
Ligue des champions : dimanche soir à Rades: Espérance- Al Ahly à guichets fermés
Par Jamel Belhassen
Le représentant tunisien en Ligue des champions d'Afrique, l'Espérance de Tunis, recevra ce dimanche à partir de 22 heures à Rades, le club égyptien d'Al Ahly à guichets fermés. C'est que les trente cinq mille billets mis en vente ont été écoulés en quelques heures.
C'est dire que ce quart de finale aller de la joute continentale la plus prestigieuse suscite un engouement très particulier pour tous les Sang et Or.. sur le terrain, le Français Patrice Beaumelle qui connaît mieux désormais son effectif a mis en place un programme de préparation consistant susceptible de présenter dimanche soir une formation équilibrée, compétitive et surtout efficace.
L'effectif actuel mis à sa disposition lui offre bien des solutions dans les trois compartiments du jeu et les dernières informations émanant de l'infirmière font état du rétablissement de Boualia, sorti pour blessure, samedi dernier, de Haj Ali et peut-être bien de Sasse, absent contre l'ASMarsa.
D'ici, vendredi, les choses seront beaucoup plus claires au niveau des choix technico-tactiques et la forme du moment des Jelassi, Toughai, Boualia, Diarra et Danho est de nature à rassurer staff technique et public avant ce traditionnel rendez-vous africain avec Al Ahly qui ne brille pas particulièrement ces derniers temps en Egyote avec seulement quatre victoires lors des dix derniers matches dont une défaite dimanche dernier. Mais, disposant d'une grande expérience dans cette compétition, Al Ahly reste toujours performant et difficile à battre. Les Sang et Or sont avertis.
J.B.
















